{"id":1322,"date":"2021-06-29T20:39:48","date_gmt":"2021-06-29T18:39:48","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=1322"},"modified":"2021-06-29T20:51:33","modified_gmt":"2021-06-29T18:51:33","slug":"chronique-eric-auvray-tourner-la-page-suivi-de-hamlet-divague-par-christophe-stolowicki","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2021\/06\/29\/chronique-eric-auvray-tourner-la-page-suivi-de-hamlet-divague-par-christophe-stolowicki\/","title":{"rendered":"[Chronique] \u00c9ric Auvray, Tourner la page suivi de Hamlet divague, par Christophe Stolowicki"},"content":{"rendered":"<p>\u00c9ric Auvray,<strong> <em>Tourner la page<\/em><\/strong><em>, suivi de<\/em> <strong><em>Hamlet divague<\/em><\/strong>, Atelier de l\u2019agneau, \u00ab\u00a0collection 25\u00a0\u00bb, photo de couverture de Nicolas Vermeulin, avril 2021, 90 pages, 17 \u20ac, ISBN\u00a0: 978-2-37428-040-0.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un d\u00e9but prometteur. De toute l\u2019ambivalence masculine, par une dramatisation de bel aloi. D\u00e8s les premi\u00e8res lignes coupe le souffle un texte serr\u00e9, \u00e0 seule respiration de prosim\u00e8tre contemporain, sans autre ponctuation que des majuscules \u2013 dans ce bloc les trou\u00e9es de quelques vers, de prose s\u2019entend. Sans temps morts. Cent ans et des poussi\u00e8res de si\u00e8cles on poursuivrait sur ce tempo si le sujet s\u2019y pr\u00eatait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-780\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/AuvrayTournerPage.jpg\" alt=\"\" width=\"210\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/AuvrayTournerPage.jpg 210w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/AuvrayTournerPage-105x150.jpg 105w\" sizes=\"auto, (max-width: 210px) 100vw, 210px\" \/>Quitter son amour. Attendus \u00e0 un vernissage, s\u2019arr\u00eater sur une aire d\u2019autoroute et lui dire Descends. Car \u00ab\u00a0\u00e7a ne m\u00e8ne nulle part cette fusion des corps insatiables Cette passion ne vaut pas la d\u00e9sinvolture de respirer \u00e0 son rythme de remplir \u00e0 plein ses poumons\u00a0\u00bb. La silhouette s\u2019amenuise insupportablement tandis que le remords fait feu de tous abois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Sur l\u2019A10 m\u00eame les tournants sont \u00e0 trajectoires infl\u00e9chies\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tester toutes postures. Convoquer ses anc\u00eatres \u00e0 la place du mort. Mais tr\u00e8s vite la langue fourche\u00a0dans le trivial : \u00ab\u00a0Ce squelette qu\u2019on s\u2019est trimbal\u00e9 toute sa vie voil\u00e0 qu\u2019il perce la peau de toutes parts se fait sentir de plus en plus et l\u00e0 il ne s\u2019agit plus trop de rigoler de se donner des vertiges du style tourbillon de renaissance du corps ou on ne sait quoi\u00a0\u00bb. L\u2019inspiration est tomb\u00e9e comme un fruit sec. Il ne reste plus qu\u2019\u00e0 conclure sur un ch\u00e2timent d\u2019autoroute qui n\u2019est pas vol\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019autre port\u00e9e, d\u2019autre escrime, <em>Hamlet divague. <\/em>Le chef d\u2019\u0153uvre de la langue anglaise, <em>in cute<\/em> prise \u00e0 larges brass\u00e9es de m\u00e9taphores philosophes, ce th\u00e9\u00e2tre de la d\u00e9robade retournant <em>Les Cho\u00e9phores <\/em>et la vengeance d\u2019Oreste comme un gant de fumet, marquant du sceau du g\u00e9nie de Shakespeare un changement d\u2019\u00e8re quand malgr\u00e9 tout son talent Racine reste un classique, le tragique ne craignant pas de c\u00f4toyer la d\u00e9rision pour y gagner un tour plus poignant \u2013 inspire \u00e0 \u00c9ric Auvray, com\u00e9dien po\u00e8te, une\u00a0 mise en sc\u00e8ne \u00e0 la mesure du r\u00f4le, cons\u00e9cration pour tout acteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019embl\u00e9e est Hamlet assailli avec irr\u00e9v\u00e9rence, livr\u00e9 aux \u00ab\u00a0spectateurs de la t\u00e9l\u00e9r\u00e9alit\u00e9 [\u2026] amateurs du r\u00e9el et du r\u00eave\u00a0\u00bb, <em>Le Pr\u00e9sentateur <\/em>et <em>La Psy, <\/em>plus vendeur tu meurs, se partageant ses d\u00e9pouilles. Un Hamlet contemporain, amoureux d\u2019une m\u00e8re lubrique autant que de sa fianc\u00e9e, pas misogyne pour deux sous, dans une France rest\u00e9e celle de Bernanos, de trente-huit (sur quarante) millions de p\u00e9tainistes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Oui, <em>Hamlet <\/em>est l\u00e0, hasardeusement, impeccablement traduit en contemporain, tra\u00eetre \u00e0 lui-<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-1326\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/AuvrayTournerpageVrac.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"285\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/AuvrayTournerpageVrac.jpg 220w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/AuvrayTournerpageVrac-116x150.jpg 116w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/>m\u00eame, un qui \u00ab\u00a0Tra\u00eene ma vie alors que d\u2019autres brouillonnent un po\u00e8me\u00a0\u00bb. Hamlet dont \u00ab\u00a0L\u2019Oncle biaise se transforme en miteux dans la crainte des coups brandis par Brando [\u2026] P\u00e9tainiste engonc\u00e9 dans sa veste chaude de confection allemande il ob\u00e9it \u00e0 ce dicton \u201cPour \u00e9liminer un dominant il faut le sacrifier dans son sommeil\u201d [\u2026] \/ Le Collabo tend un pi\u00e8ge au Roi dans la ge\u00f4le Collabo est l\u2019empoisonneur au profil sadien qui glisse le venin dans l\u2019oreille du Roi assoupi il saute le corps de Reine [\u2026] Cette vision me d\u00e9chire le c\u0153ur Lambeau de viande p\u00e9trin d\u2019\u00e9pines\u00a0\u00bb. <em>Le Pr\u00e9sentateur <\/em>et <em>La psy <\/em>se repassent le mistigri du commentaire, entre deux publicit\u00e9s et les infos.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 deux voix, bient\u00f4t Hamlet y m\u00ealant la sienne, le r\u00e9cit se poursuit et le bloc s\u2019\u00e9claire, tourne au pur po\u00e8me, ga\u00eement, outrageusement digressif. \u00ab\u00a0La voix des mers folles occupe l\u2019oreille d\u2019Hamlet. \/ Qui tombe coup\u00e9e \u00e0 ras. \/ Celle du peintre qui r\u00e2le \u00e0 Arles.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Le Pr\u00e9sentateur \/ Il sort du cimeti\u00e8re en dansant, Andalouse offrant son corps. \/\/ Hamlet \/ Autrefois j\u2019\u00e9tais fou des belles Andalouses et je dansais je dansais\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 l\u2019\u00c9cran vole aux yeux de milliards de personnes leurs lueurs \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 Elseneur se meurt\u00a0\u00bb, au \u00ab\u00a0coup de sang \u00e0 l\u2019\u00e9viction des fant\u00f4mes en fonction des quotas\u00a0\u00bb, port\u00e9 par sa verve de faconde en performance mu\u00e9e, \u00c9ric Auvray ne barguigne pas \u00e0 passer du chant du coq Hamlet \u00e0 l\u2019\u00e2ne de l\u2019almanach Vermot, la sc\u00e8ne est sa trampoline de po\u00e8te o\u00f9 d\u2019avant-bond en rebond s\u2019encha\u00eenent ses trouvailles de trouv\u00e8re du trou vermiculaire de souffleur d\u2019o\u00f9 Hamlet lance son c\u00e9l\u00e8bre monologue.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1328\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/Eric-auvray.jpg\" alt=\"\" width=\"540\" height=\"460\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/Eric-auvray.jpg 540w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/Eric-auvray-300x256.jpg 300w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/Eric-auvray-150x128.jpg 150w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/Eric-auvray-366x312.jpg 366w\" sizes=\"auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9pisode des com\u00e9diens, que Marcel Pagnol voit comme une longueur, une faiblesse coupant le cours de l\u2019action \u2013 mise en abyme essentielle, est ici gard\u00e9 pour le d\u00e9nouement. \u00ab\u00a0Hamlet voit le spectre faire ses ablutions au puits.[\u2026] Le fant\u00f4me d\u00e9guis\u00e9 en vieux cabot se m\u00eale \u00e0 la troupe. [\u2026] Ce libidineux r\u00e9clame justice dans de grandes tirades. Il vocif\u00e8re devant les com\u00e9diens effray\u00e9s par ce hurlement de mort \u00e0 l\u2019h\u00e9mistiche.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le commentaire conclut sur Oreste recouvr\u00e9. La trag\u00e9die d\u2019Hamlet per\u00e7ue dans son retour de si\u00e8cles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La photographie de couverture de Nicolas Vermeulin, captant <em>et <\/em>stylisant contre ses parois de n\u00e9ant embu\u00e9es le liquide d\u2019un verre que l\u2019on vide \u2013 dit bien celui-ci, d\u00e9j\u00e0 vide, presque plein.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9ric Auvray, Tourner la page, suivi de Hamlet divague, Atelier de l\u2019agneau, \u00ab\u00a0collection 25\u00a0\u00bb, photo de couverture de Nicolas Vermeulin, avril 2021, 90 pages, 17 \u20ac, ISBN\u00a0: 978-2-37428-040-0. &nbsp; Un d\u00e9but prometteur. 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Un Hamlet contemporain, amoureux d\u2019une m\u00e8re lubrique autant que de sa fianc\u00e9e, pas misogyne pour deux sous, dans une France rest\u00e9e celle de Bernanos, de trente-huit (sur quarante) millions de p\u00e9tainistes. Oui, Hamlet est l\u00e0, hasardeusement, impeccablement traduit en contemporain, tra\u00eetre \u00e0 lui-m\u00eame, un qui \u00ab\u00a0Tra\u00eene ma vie alors que d\u2019autres brouillonnent un po\u00e8me\u00a0\u00bb. 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La photographie de couverture de Nicolas Vermeulin, captant et stylisant contre ses parois de n\u00e9ant embu\u00e9es le liquide d\u2019un verre que l\u2019on vide \u2013 dit bien celui-ci, d\u00e9j\u00e0 vide, presque plein.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1324,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[35,7,2],"tags":[1155,1154,1157,1158,71,874,1156],"class_list":["post-1322","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chronique","category-livres-recus","category-une","tag-atelier-de-lagneau","tag-auvray-critique-sociale","tag-auvray-hamlet-contemporain","tag-auvray-tragique","tag-christophe-stolowicki","tag-eric-auvray","tag-nicolas-vermeulin"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1322","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1322"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1322\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1330,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1322\/revisions\/1330"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1324"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1322"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1322"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1322"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}