{"id":1458,"date":"2021-07-18T19:16:49","date_gmt":"2021-07-18T17:16:49","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=1458"},"modified":"2021-07-18T19:16:49","modified_gmt":"2021-07-18T17:16:49","slug":"chronique-nathalie-b-plon-faire-le-mort-et-aboyer-par-christophe-stolowicki","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2021\/07\/18\/chronique-nathalie-b-plon-faire-le-mort-et-aboyer-par-christophe-stolowicki\/","title":{"rendered":"[Chronique] Nathalie B. Plon, Faire le mort et aboyer, par Christophe Stolowicki"},"content":{"rendered":"<p>Nathalie B. Plon,<strong> <em>Faire le mort et aboyer<\/em><\/strong><em>,<\/em> Isabelle Sauvage, coll. \u00ab\u00a0pr\u00e9sent (im)parfait\u00a0\u00bb, printemps 2021, 82 pages, 14 \u20ac, ISBN\u00a0: 978-2-490385-15-7.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De Nathalie B. Plon, n\u00e9e en 1969, <strong><em>Faire le mort et aboyer<\/em><\/strong><em>, <\/em>une premi\u00e8re plaquette (au diable les premiers romans) para\u00eet \u00e0 la cinquantaine aboutie\u00a0; d\u2019avoir tant amass\u00e9 avant jaillir coupe le souffle. \u00c0 flux tendu, pis serr\u00e9 dans la machine \u00e0 traire, taire soi o\u00f9 <em>faire le mort <\/em>abonde dans le d\u00e9sir de maman. Par cagnard, sous la constellation du Chien, l\u2019aile du cynisme la fr\u00f4le dans cet <em>aboi.<\/em><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<em>Quand je serai grande j\u2019aboierai \/ Quand je serai grande j\u2019aboierai \/\/\/\/ Quand je serai<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-1461\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Plon_NB.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Plon_NB.jpg 225w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Plon_NB-150x133.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/> grande j\u2019aboierai \/\/\/\/ <\/em>On m\u2019a dit de la pluie \u2013 <em>Elle se suicide quand elle tombe\u00a0\u00bb. <\/em>Sur les bris\u00e9es d\u2019Agn\u00e8s Rouzier, de m\u00eame souffle implacable. Se promenant pieds nus o\u00f9 le cynisme mord. Non celui des mots crus mais la crudit\u00e9\u00a0pass\u00e9e en langue. Quand \u00ab\u00a0la pluie se tord comme du chien mouill\u00e9\u00a0\u00bb. La langue d\u2019abois seule \u00e0 pouvoir jaillir parmi les d\u00e9bris de celle de bois, \u00ab\u00a0bouches cousues plein les poches \u00e0 crever les yeux\u00a0\u00bb. Insoutenable, cinglant toute connaissance de soi par le travers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 lire \u00e0 tr\u00e8s petites gorg\u00e9es sur le long cours, afin qu\u2019au plus t\u00e9nu cela s\u2019immisce et s\u2019impr\u00e8gne. Une double page matin et soir \u2013 de lecture sauvage dans ma virginit\u00e9 reform\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Avoir pleur\u00e9 m\u00eame dans le ventre \u00e0 coups de hache\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0veine \u00e9br\u00e9ch\u00e9e\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0la m\u00e9lasse des marais en cage tisse la diagonale des fous \/ Des pieds de grue dans un huis clos\u00a0\u00bb, \u00ab \u00e0\u00a0la marelle \u00e0 contre-sens, \u00e0 contre-all\u00e9e\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0mordre les n\u0153uds \u00e0 la glaise\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0toute la t\u00eate en friche des saisons\u00a0\u00bb de celle qui <em>ne meurt pas sur les saisons.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Amours conjugales de la m\u00e8re \u00ab\u00a0venir vomir corps us\u00e9 sans alphabet tout cela \u00e0 jongler apr\u00e8s le film du soir quand l\u2019enfant dort \/ Apr\u00e8s au plus vite aller droit et faire t\u00eate de bak\u00e9lite\u00a0\u00bb \u2013 le <em>catleya <\/em>du pauvre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Se profile la folie qu\u2019on enferme\u00a0: \u00ab\u00a0Des sonnettes pour la nuit des blouses bien lav\u00e9es blanc comme linge des ordonnances pour dire au revoir \/ Des visites au pavillon des fous \/ Des milliers de pattes blanches \u00e0 double tour\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0s\u2019orienter en chaussons dans la nef des fous\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfant peu d\u00e9sir\u00e9e (\u00ab\u00a0me centrer avec ses aiguilles \u00e0 tricoter le fer dans le rouge de la cible si elle avait pu soustraire dans son ventre la g\u00eane\u00a0\u00bb), surnum\u00e9raire d\u2019un premier lit \u00e0 qui est interdit le deuil, \u00ab\u00a0on fait semblant d\u2019\u00eatre n\u00e9e avec les autres\u00a0\u00bb. Quand \u00ab\u00a0c\u2019est f\u00eate du quartier des reines mes s\u0153urs sur une gondole de papier m\u00e2ch\u00e9 \/ Marche derri\u00e8re et avale les confettis\u00a0\u00bb. Avant de vendre le lopin am\u00e9nag\u00e9 pour les vacances par le p\u00e8re de Nathalie (\u00ab\u00a0la baraque en parpaings construite pour des \u00e9t\u00e9s la fiert\u00e9 de mon p\u00e8re\u00a0\u00bb), sa m\u00e8re l\u2019emploie avec \u00ab\u00a0une faux pour couper l\u2019herbe haute et monter la balan\u00e7oire rire au ciel\u00a0\u00bb. Nathalie B. Pion\u00a0: l\u2019initiale au c\u0153ur d\u2019un nom d\u2019autrice.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0B\u00e2tir un appui-t\u00eate et regarder le soleil de biais\u00a0\u00bb : entre psychoth\u00e9rapie de confort et vraie psychanalyse, le pur po\u00e8me \u2013 qui a fait son plein d\u2019ann\u00e9es<em>.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La compression, la <em>condensation <\/em>du r\u00eave ch\u00e8re \u00e0 Freud et pass\u00e9e en po\u00e9sie fran\u00e7aise, notamment par la grande boucle qu\u00e9b\u00e9coise de Roland Gigu\u00e8re (1929 \u2013 2003), en premi\u00e8re pression \u00e0 froid contractant deux syntagmes en un hybride ternaire (\u00ab\u00a0for\u00eat vierge folle\u00a0\u00bb), fonction vitale du r\u00eave et de la po\u00e9sie, denr\u00e9e premi\u00e8re, seconde \u2013 ici irrespirable comme il est rare\u00a0: \u00ab\u00a0il pleut des cordes vocales sur la t\u00f4le plastique\u00a0\u00bb\u00a0, \u00ab\u00a0Pas vu pas pris dans les bras\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Des r\u00eaves noirs \u00e0 vomir les agrafes \u00e0 poings ferm\u00e9s\u00a0\u00bb. Les m\u00e9taphores se r\u00e9tractent se soudent comme si c\u2019\u00e9tait sa propre vie qu\u2019on expulsait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 cette \u00ab\u00a0sosie du pain noir germ\u00e9\u00a0\u00bb, r\u00e9duite \u00e0 \u00ab\u00a0exister tant bien que mal sur le rebord\u00a0\u00bb, cette <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-1462\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Faire-le-mort-et-aboyer.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Faire-le-mort-et-aboyer.jpg 220w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Faire-le-mort-et-aboyer-110x150.jpg 110w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/>enfance sous pression existentielle n\u2019est pas sans cons\u00e9quence\u00a0: \u00ab\u00a0vasculariser au bloc ses propres aboiements pour tenter l\u2019irrigation d\u2019une cage thoracique\u00a0\u00bb\u00a0; \u00ab\u00a0ma bouche se recoud sous les grimaces des AVC [\u2026] \/ souffle au c\u0153ur [\u2026] \/\/ Des b\u00eates \u00e0 bon Dieu grondent contre les parois du ventricule gauche [\u2026] de la gouaille plein la pl\u00e8vre\u00a0\u00bb. L\u2019amour les amours qui la r\u00e9parent mal en portent la marque ind\u00e9l\u00e9bile\u00a0: \u00ab\u00a0Les venelles de lit ont le go\u00fbt de la chute les reins lamin\u00e9s au scalpel\u00a0\u00bb. Mais \u00ab\u00a0quand la vie se vieillit toute seule se sevrer le jour m\u00eame \u00e0 na\u00eetre\u00a0\u00bb, de Zola la lumineuse <em>Faute de l\u2019abb\u00e9 Mouret <\/em>reste l\u2019\u00e9claircie dans les friches du r\u00e9alisme, f\u00fbt-ce pour <em>Ouvrir le baiser qui asphyxie<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lisant \u00ab\u00a0de biais pour ne pas suffoquer\u00a0\u00bb \u2013 ainsi devenue biblioth\u00e9caire,\u00a0l\u2019un des rares m\u00e9tiers <em>compatibles avec la noblesse <\/em>du po\u00e8me.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour cette petite plaquette je donnerais toute l\u2019\u0153uvre de Th\u00e9r\u00e8se Leduc que pourtant j\u2019aime bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur les chemins du deuil, \u00ab\u00a0avec une poign\u00e9e de terre dans la main d\u00e9plier son sang en tenant sa parole [\u2026] repass\u00e9 \u00e0 la javel un costume dans un fant\u00f4me tuteur [\u2026] il \u2013 <em>lui<\/em> \u2013 du biologique \u00e0 la courte \u00e9chelle bouch\u00e9e de pain dur [\u2026] Du sillon sans r\u00e9colte \u00e0 venir [\u2026] \u00e9mietter devant nous de la v\u00e9rit\u00e9 fan\u00e9e [\u2026] pister l\u2019alphabet des cimeti\u00e8res\u00a0\u00bb, l\u2019authentique, cruelle t\u00e2che de la po\u00e9sie, la violence contenue ne permettant autre ponctuation que quelques grands tirets dans le vers \u00e0 vers et tout ce blanc\u00a0; tirant un \u00e0 un les mots justes \u00e0 la courte paille, par grappes \u00e0 l\u2019arc d\u2019une vie ceux transmut\u00e9s de l\u2019enfant (\u00ab\u00a0compter sur le dos des coccinelles\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0aller avec le mors \u00e0 cloche-pied\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au jeu des sept erreurs (\u00ab\u00a0Quand je serai grande je demanderai le p\u00e8re\u00a0\u00bb), \u00e0 bout de bras de d\u00e9cennies (une ou deux sur divan\u00a0? ou le divan des si\u00e8cles\u00a0?) tenir la promesse faite \u00e0 l\u2019enfant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0La comtoise grippe aux tempes la contraction du temps quelqu\u2019un m\u00e8nera son ventre par le bout du nez\u00a0\u00bb, non la po\u00e9sie n\u2019est pas po\u00e9tique mais pr\u00e9cise comme l\u2019huisserie du temps pris \u00e0 la gorge des seuls mots qui font foi, de densit\u00e9 sans r\u00e9pit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et, bien \u00e9videmment, \u00ab\u00a0<em>Elle <\/em>du bloc \u00e0 l\u00e2cher prise <em>elle <\/em>s\u2019impasse son regard vert dor\u00e9 ses heures tomb\u00e9es \u00e0 terre sa panoplie guerri\u00e8re l\u2019enfant \u00e9ponge dans le bras console\u00a0\u00bb, un \u00ab\u00a0<em>je <\/em>t\u2019aime au museau \u2013 <em>aimer maman \u2013 pleurer maman <\/em>\u2013 juste l\u2019id\u00e9e de la col\u00e8re\u00a0\u00bb. Pour r\u00e9parer \u00ab\u00a0Suivre maman \u00e0 peine marcher Petit Poucet avec des pinces \u00e0 linge [\u2026] \u00eatre enfant docile [&#8230;] coller aux basques\u00a0 coller sur cahier de belles images [\u2026] greffer ses baisers sa joue pour mieux s\u2019endormir\u00a0\u00bb \u00a0quand la d\u00e9chirure n\u2019est plus reprisable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Na\u00eetre \u00e0 bout portant\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nathalie B. Plon, Faire le mort et aboyer, Isabelle Sauvage, coll. \u00ab\u00a0pr\u00e9sent (im)parfait\u00a0\u00bb, printemps 2021, 82 pages, 14 \u20ac, ISBN\u00a0: 978-2-490385-15-7. &nbsp; De Nathalie B. Plon, n\u00e9e en 1969, Faire le mort et aboyer, une premi\u00e8re plaquette (au diable les premiers romans) para\u00eet \u00e0 la cinquantaine aboutie\u00a0; d\u2019avoir tant amass\u00e9 avant jaillir coupe le souffle. \u00c0 flux tendu, pis serr\u00e9 dans la machine \u00e0 traire, taire soi o\u00f9 faire le mort abonde dans le d\u00e9sir de maman. Par cagnard, sous la constellation du Chien, l\u2019aile du cynisme la fr\u00f4le dans cet aboi.\u00a0 \u00ab\u00a0Quand je serai grande j\u2019aboierai \/ Quand je serai grande j\u2019aboierai \/\/\/\/ Quand je serai grande j\u2019aboierai \/\/\/\/ On m\u2019a dit de la pluie \u2013 Elle se suicide quand elle tombe\u00a0\u00bb. Sur les bris\u00e9es d\u2019Agn\u00e8s Rouzier, de m\u00eame souffle implacable. Se promenant pieds nus o\u00f9 le cynisme mord. Non celui des mots crus mais la crudit\u00e9\u00a0pass\u00e9e en langue. Quand \u00ab\u00a0la pluie se tord comme du chien mouill\u00e9\u00a0\u00bb. La langue d\u2019abois seule \u00e0 pouvoir jaillir parmi les d\u00e9bris de celle de bois, \u00ab\u00a0bouches cousues plein les poches \u00e0 crever les yeux\u00a0\u00bb. Insoutenable, cinglant toute connaissance de soi par le travers. \u00c0 lire \u00e0 tr\u00e8s petites gorg\u00e9es sur le long cours, afin qu\u2019au plus t\u00e9nu cela s\u2019immisce et s\u2019impr\u00e8gne. Une double page matin et soir \u2013 de lecture sauvage dans ma virginit\u00e9 reform\u00e9e. \u00ab\u00a0Avoir pleur\u00e9 m\u00eame dans le ventre \u00e0 coups de hache\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0veine \u00e9br\u00e9ch\u00e9e\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0la m\u00e9lasse des marais en cage tisse la diagonale des fous \/ Des pieds de grue dans un huis clos\u00a0\u00bb, \u00ab \u00e0\u00a0la marelle \u00e0 contre-sens, \u00e0 contre-all\u00e9e\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0mordre les n\u0153uds \u00e0 la glaise\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0toute la t\u00eate en friche des saisons\u00a0\u00bb de celle qui ne meurt pas sur les saisons. Amours conjugales de la m\u00e8re \u00ab\u00a0venir vomir corps us\u00e9 sans alphabet tout cela \u00e0 jongler apr\u00e8s le film du soir quand l\u2019enfant dort \/ Apr\u00e8s au plus vite aller droit et faire t\u00eate de bak\u00e9lite\u00a0\u00bb \u2013 le catleya du pauvre. Se profile la folie qu\u2019on enferme\u00a0: \u00ab\u00a0Des sonnettes pour la nuit des blouses bien lav\u00e9es blanc comme linge des ordonnances pour dire au revoir \/ Des visites au pavillon des fous \/ Des milliers de pattes blanches \u00e0 double tour\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0s\u2019orienter en chaussons dans la nef des fous\u00a0\u00bb. Enfant peu d\u00e9sir\u00e9e (\u00ab\u00a0me centrer avec ses aiguilles \u00e0 tricoter le fer dans le rouge de la cible si elle avait pu soustraire dans son ventre la g\u00eane\u00a0\u00bb), surnum\u00e9raire d\u2019un premier lit \u00e0 qui est interdit le deuil, \u00ab\u00a0on fait semblant d\u2019\u00eatre n\u00e9e avec les autres\u00a0\u00bb. Quand \u00ab\u00a0c\u2019est f\u00eate du quartier des reines mes s\u0153urs sur une gondole de papier m\u00e2ch\u00e9 \/ Marche derri\u00e8re et avale les confettis\u00a0\u00bb. Avant de vendre le lopin am\u00e9nag\u00e9 pour les vacances par le p\u00e8re de Nathalie (\u00ab\u00a0la baraque en parpaings construite pour des \u00e9t\u00e9s la fiert\u00e9 de mon p\u00e8re\u00a0\u00bb), sa m\u00e8re l\u2019emploie avec \u00ab\u00a0une faux pour couper l\u2019herbe haute et monter la balan\u00e7oire rire au ciel\u00a0\u00bb. Nathalie B. Pion\u00a0: l\u2019initiale au c\u0153ur d\u2019un nom d\u2019autrice. \u00ab\u00a0B\u00e2tir un appui-t\u00eate et regarder le soleil de biais\u00a0\u00bb : entre psychoth\u00e9rapie de confort et vraie psychanalyse, le pur po\u00e8me \u2013 qui a fait son plein d\u2019ann\u00e9es. La compression, la condensation du r\u00eave ch\u00e8re \u00e0 Freud et pass\u00e9e en po\u00e9sie fran\u00e7aise, notamment par la grande boucle qu\u00e9b\u00e9coise de Roland Gigu\u00e8re (1929 \u2013 2003), en premi\u00e8re pression \u00e0 froid contractant deux syntagmes en un hybride ternaire (\u00ab\u00a0for\u00eat vierge folle\u00a0\u00bb), fonction vitale du r\u00eave et de la po\u00e9sie, denr\u00e9e premi\u00e8re, seconde \u2013 ici irrespirable comme il est rare\u00a0: \u00ab\u00a0il pleut des cordes vocales sur la t\u00f4le plastique\u00a0\u00bb\u00a0, \u00ab\u00a0Pas vu pas pris dans les bras\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Des r\u00eaves noirs \u00e0 vomir les agrafes \u00e0 poings ferm\u00e9s\u00a0\u00bb. Les m\u00e9taphores se r\u00e9tractent se soudent comme si c\u2019\u00e9tait sa propre vie qu\u2019on expulsait. \u00c0 cette \u00ab\u00a0sosie du pain noir germ\u00e9\u00a0\u00bb, r\u00e9duite \u00e0 \u00ab\u00a0exister tant bien que mal sur le rebord\u00a0\u00bb, cette enfance sous pression existentielle n\u2019est pas sans cons\u00e9quence\u00a0: \u00ab\u00a0vasculariser au bloc ses propres aboiements pour tenter l\u2019irrigation d\u2019une cage thoracique\u00a0\u00bb\u00a0; \u00ab\u00a0ma bouche se recoud sous les grimaces des AVC [\u2026] \/ souffle au c\u0153ur [\u2026] \/\/ Des b\u00eates \u00e0 bon Dieu grondent contre les parois du ventricule gauche [\u2026] de la gouaille plein la pl\u00e8vre\u00a0\u00bb. L\u2019amour les amours qui la r\u00e9parent mal en portent la marque ind\u00e9l\u00e9bile\u00a0: \u00ab\u00a0Les venelles de lit ont le go\u00fbt de la chute les reins lamin\u00e9s au scalpel\u00a0\u00bb. Mais \u00ab\u00a0quand la vie se vieillit toute seule se sevrer le jour m\u00eame \u00e0 na\u00eetre\u00a0\u00bb, de Zola la lumineuse Faute de l\u2019abb\u00e9 Mouret reste l\u2019\u00e9claircie dans les friches du r\u00e9alisme, f\u00fbt-ce pour Ouvrir le baiser qui asphyxie. Lisant \u00ab\u00a0de biais pour ne pas suffoquer\u00a0\u00bb \u2013 ainsi devenue biblioth\u00e9caire,\u00a0l\u2019un des rares m\u00e9tiers compatibles avec la noblesse du po\u00e8me. Pour cette petite plaquette je donnerais toute l\u2019\u0153uvre de Th\u00e9r\u00e8se Leduc que pourtant j\u2019aime bien. Sur les chemins du deuil, \u00ab\u00a0avec une poign\u00e9e de terre dans la main d\u00e9plier son sang en tenant sa parole [\u2026] repass\u00e9 \u00e0 la javel un costume dans un fant\u00f4me tuteur [\u2026] il \u2013 lui \u2013 du biologique \u00e0 la courte \u00e9chelle bouch\u00e9e de pain dur [\u2026] Du sillon sans r\u00e9colte \u00e0 venir [\u2026] \u00e9mietter devant nous de la v\u00e9rit\u00e9 fan\u00e9e [\u2026] pister l\u2019alphabet des cimeti\u00e8res\u00a0\u00bb, l\u2019authentique, cruelle t\u00e2che de la po\u00e9sie, la violence contenue ne permettant autre ponctuation que quelques grands tirets dans le vers \u00e0 vers et tout ce blanc\u00a0; tirant un \u00e0 un les mots justes \u00e0 la courte paille, par grappes \u00e0 l\u2019arc d\u2019une vie ceux transmut\u00e9s de l\u2019enfant (\u00ab\u00a0compter sur le dos des coccinelles\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0aller avec le mors \u00e0 cloche-pied\u00a0\u00bb). Au jeu des sept erreurs (\u00ab\u00a0Quand je serai grande je demanderai le p\u00e8re\u00a0\u00bb), \u00e0 bout de bras de d\u00e9cennies (une ou deux sur divan\u00a0? ou le divan des si\u00e8cles\u00a0?) tenir la promesse faite \u00e0 l\u2019enfant. \u00ab\u00a0La comtoise grippe aux tempes la contraction du temps quelqu\u2019un m\u00e8nera son ventre par le bout du nez\u00a0\u00bb, non la po\u00e9sie n\u2019est pas po\u00e9tique mais pr\u00e9cise comme l\u2019huisserie du temps pris \u00e0 la gorge des seuls mots qui font foi, de densit\u00e9 sans r\u00e9pit. Et, bien \u00e9videmment, \u00ab\u00a0Elle&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1459,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[35,7,2],"tags":[71,1201,1204,1205,1206],"class_list":["post-1458","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chronique","category-livres-recus","category-une","tag-christophe-stolowicki","tag-editions-isabelle-sauvage","tag-nathalie-b-plon","tag-plon-lyrisme","tag-poesie-et-ecriture-de-soi"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1458","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1458"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1458\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1464,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1458\/revisions\/1464"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1459"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1458"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1458"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1458"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}