{"id":1644,"date":"2021-09-18T08:39:20","date_gmt":"2021-09-18T06:39:20","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=1644"},"modified":"2021-09-18T08:57:11","modified_gmt":"2021-09-18T06:57:11","slug":"chronique-jean-paul-gavard-perret-dominique-preschez-au-royaume-des-ombres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2021\/09\/18\/chronique-jean-paul-gavard-perret-dominique-preschez-au-royaume-des-ombres\/","title":{"rendered":"[Chronique] Jean-Paul Gavard-Perret, Dominique Preschez au royaume des ombres"},"content":{"rendered":"<p>Dominique Preschez, <em><strong>Le\u00e7ons de t\u00e9n\u00e8bres<\/strong><\/em>, Tinbad, Paris, en librairie depuis le septembre 2021, 184 pages, 19 \u20ac, ISBN : 979-10-96415-39-7.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Preschez &#8211; au del\u00e0 de sa disparition pr\u00e9matur\u00e9e &#8211; d\u00e9die ses 14 nouvelles sorte de courts-m\u00e9trages, \u00e0 \u00ab\u00a0ses fr\u00e8res au lait d&rsquo;h\u00e9ro\u00efnes\u00a0\u00bb au corps bless\u00e9 \u00ab\u00a0projections des communaut\u00e9s de la nuit&#8230; beaut\u00e9 du r\u00eave \u00e9veill\u00e9\u00a0\u00bb. De tels semblables y affrontent des monstres, des fous et des criminels dans des voyages au bout de la nuit, au bout de l&rsquo;enfer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce sont autant\u00a0 \u00ab\u00a0d&rsquo;histoires d&rsquo;une ali\u00e9nation, de notre mal\u00e9diction d&rsquo;\u00e9crire\u00a0\u00bb. Chacune histoire s&rsquo;impose aux lecteurs en une langue aussi ma\u00eetris\u00e9e qu&rsquo;en folie l\u00e0 o\u00f9 la nostalgie reste l&rsquo;id\u00e9al de la litt\u00e9rature : mais ici elle n&rsquo;est possible que dans une progression qui n&rsquo;a rien de purificatrice mais o\u00f9 la honte n&rsquo;existe plus pour \u00e9viter certaines douleurs \u00e0 la respiration.<\/p>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-1651\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Lecon-de-tenebres.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"325\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Lecon-de-tenebres.jpg 220w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Lecon-de-tenebres-203x300.jpg 203w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Lecon-de-tenebres-102x150.jpg 102w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/>Cette avanc\u00e9e seule la mort de l&rsquo;auteur en a stopp\u00e9 la trajectoire. Les textes d\u00e9filent\u00a0 par une perp\u00e9tuelle multiplication, une perp\u00e9tuelle destruction de tout ce qui risquerait d&rsquo;immobiliser les personnages centraux dans quelque figure d\u00e9termin\u00e9e. Si bien que ces textes sont par essence r\u00e9volutionnaires dans leur alternance d&rsquo;auto-cr\u00e9ation et d&rsquo;auto-n\u00e9gation et une violente manifestation de l&rsquo;\u00e9crivain lui-m\u00eame saisi sans doute inconsciemment d&rsquo;une urgence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les nouvelles, par del\u00e0 leur imaginaire fantasmagorique, accomplissent la multiplication de l&rsquo;auteur dans une \u00e9criture de r\u00e9flexion invent\u00e9e \u00e0 mesure qu&rsquo;elle se cr\u00e9e. \u00a0D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;apparition d&rsquo;une litt\u00e9rature de l&rsquo;aveu. \u00a0S&rsquo;y \u00a0reconnaissent certains paysages et situations, mais vus avec un \u00e9clairage et un point de vue auxquels nous n&rsquo;avons pas acc\u00e8s le plus souvent .<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;auteur distord les corps, perce la psych\u00e9 et renverse le portrait afin d&rsquo;y joindre l&rsquo;humour , le mixage des genres et le brouillage des m\u0153urs avec un go\u00fbt pour le c\u00f4t\u00e9 noir du psychisme et de la condition humaine.\u00a0 Par le grotesque, le macabre, le monstrueux et le sinistre il s&rsquo;en joue \u00a0afin de cr\u00e9er une beaut\u00e9 dysmorphique. Et m\u00eame si le livre traite &#8211; aussi &#8211; de l&rsquo;\u00e9criture, celle-ci n&rsquo;est pas objet pour elle-m\u00eame .<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La litt\u00e9rature t\u00e9moigne \u00e0 sa fa\u00e7on du \u00a0\u00ab\u00a0plus abstrait des arts\u00a0\u00bb (Schopenhauer) qui accompagna Preschez : la musique. Ici c&rsquo;est celle de bien des silences au sein de rituels barbares . Tout ne cesse de s&rsquo;y manifester en mouvements o\u00f9 se donnent en partage des r\u00e9v\u00e9lations de merveilleux myst\u00e8res et d&rsquo;aust\u00e8res \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9s\u00a0\u00bb en des couleurs \u00e9tranges o\u00f9 les h\u00e9ros m\u00eame bafou\u00e9s gardent leur dignit\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dominique Preschez, Le\u00e7ons de t\u00e9n\u00e8bres, Tinbad, Paris, en librairie depuis le septembre 2021, 184 pages, 19 \u20ac, ISBN : 979-10-96415-39-7. &nbsp; Preschez &#8211; au del\u00e0 de sa disparition pr\u00e9matur\u00e9e &#8211; d\u00e9die ses 14 nouvelles sorte de courts-m\u00e9trages, \u00e0 \u00ab\u00a0ses fr\u00e8res au lait d&rsquo;h\u00e9ro\u00efnes\u00a0\u00bb au corps bless\u00e9 \u00ab\u00a0projections des communaut\u00e9s de la nuit&#8230; beaut\u00e9 du r\u00eave \u00e9veill\u00e9\u00a0\u00bb. 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Si bien que ces textes sont par essence r\u00e9volutionnaires dans leur alternance d&rsquo;auto-cr\u00e9ation et d&rsquo;auto-n\u00e9gation et une violente manifestation de l&rsquo;\u00e9crivain lui-m\u00eame saisi sans doute inconsciemment d&rsquo;une urgence. Les nouvelles, par del\u00e0 leur imaginaire fantasmagorique, accomplissent la multiplication de l&rsquo;auteur dans une \u00e9criture de r\u00e9flexion invent\u00e9e \u00e0 mesure qu&rsquo;elle se cr\u00e9e. \u00a0D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;apparition d&rsquo;une litt\u00e9rature de l&rsquo;aveu. \u00a0S&rsquo;y \u00a0reconnaissent certains paysages et situations, mais vus avec un \u00e9clairage et un point de vue auxquels nous n&rsquo;avons pas acc\u00e8s le plus souvent . L&rsquo;auteur distord les corps, perce la psych\u00e9 et renverse le portrait afin d&rsquo;y joindre l&rsquo;humour , le mixage des genres et le brouillage des m\u0153urs avec un go\u00fbt pour le c\u00f4t\u00e9 noir du psychisme et de la condition humaine.\u00a0 Par le grotesque, le macabre, le monstrueux et le sinistre il s&rsquo;en joue \u00a0afin de cr\u00e9er une beaut\u00e9 dysmorphique. Et m\u00eame si le livre traite &#8211; aussi &#8211; de l&rsquo;\u00e9criture, celle-ci n&rsquo;est pas objet pour elle-m\u00eame . La litt\u00e9rature t\u00e9moigne \u00e0 sa fa\u00e7on du \u00a0\u00ab\u00a0plus abstrait des arts\u00a0\u00bb (Schopenhauer) qui accompagna Preschez : la musique. Ici c&rsquo;est celle de bien des silences au sein de rituels barbares . 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