{"id":1740,"date":"2021-10-13T20:39:14","date_gmt":"2021-10-13T18:39:14","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=1740"},"modified":"2021-10-14T07:55:18","modified_gmt":"2021-10-14T05:55:18","slug":"chronique-christophe-stolowicki-en-hommage-a-gherasim-luca","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2021\/10\/13\/chronique-christophe-stolowicki-en-hommage-a-gherasim-luca\/","title":{"rendered":"[Chronique] Christophe Stolowicki, En hommage \u00e0 Gh\u00e9rasim Luca"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Ses <em>tendres boutons <\/em>ont \u00e9clos, Gertrude appelle et Gertrude a trouv\u00e9 son alt\u00e8re \u00e9cho\u00a0: un <em>h\u00e9ros-limite,<\/em> Gh\u00e9rasim Luca, de langue en langue sa r\u00e9plique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Trope sur trope \u00e9clatent se d\u00e9robent, ceux dont aucun po\u00e9ticien ne trouvera l\u2019appellation hell\u00e8ne contr\u00f4l\u00e9e, d\u2019autre et de part d\u2019une nouvelle mer int\u00e9rieure dont les greniers \u00e0 ma\u00efs situent les nouveaux riches parmi lesquels Gertrude Stein est l\u2019exception\u00a0<em>raisonnablement pauvre<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lui finira sa vie dans les eaux d\u2019un fleuve dont Paul Celan a d\u00e9j\u00e0 t\u00e2t\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1742\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Gherasim-LUCA-LE-TON-ERRE-CONFIT-DANS-CIEL-_1.jpg\" alt=\"\" width=\"540\" height=\"330\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Gherasim-LUCA-LE-TON-ERRE-CONFIT-DANS-CIEL-_1.jpg 540w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Gherasim-LUCA-LE-TON-ERRE-CONFIT-DANS-CIEL-_1-300x183.jpg 300w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Gherasim-LUCA-LE-TON-ERRE-CONFIT-DANS-CIEL-_1-150x92.jpg 150w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Gherasim-LUCA-LE-TON-ERRE-CONFIT-DANS-CIEL-_1-366x224.jpg 366w\" sizes=\"auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand \u00ab\u00a0le on du violon\u00a0\u00bb culmine en coda, en queue de rat, sur \u00ab\u00a0qui d\u00e9joue ainsi le jeu androgyne \/ du on et de la ine [\u2026] \/ le i du o du o du n \/ du haut de la haine\u00a0\u00bb, l\u2019impur jeu consonantique et vocalique, l\u2019allit\u00e9ration joueuse dans tous ses \u00e9tats fait imploser le sens. Ce qui en nous fait rage comme du grand jazz est l\u2019allit\u00e9ration s\u00e9quentielle, digressive bout \u00e0 bout jusqu\u2019\u00e0 se mordre l\u2019aqueux nombre d\u2019or, d\u2019or et d\u2019or dur \u2013 sec en ciel de lit o\u00f9 se lient se d\u00e9nouent les accords. Si la rage nous porte, ou la terreur, on peut continuer ainsi quelque temps jusqu\u2019\u00e0 pause respiratoire, \u00ab\u00a0ainsi le sein est bien oblig\u00e9 de verser son lait dans une autre version de la hantise qui est inn\u00e9e \u00e0 sa n\u00e9antisation\u00a0\u00bb, autre que \u00ab\u00a0la vip\u00e8re dans la vie du p\u00e8re\u00a0\u00bb taisant celle qu\u2019est le vit du p\u00e8re. Cela dans <em>La voie lact\u00e9e, <\/em>cette s\u0153ur lumineuse de celle d\u00e9butant la mise en verbe, en verve dont vers veine mitent de la fin au si\u00e8cle dernier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout en acomptes, arrhes, tout en racontars, rencontres d\u2019art un b\u00e9gaiement existentiel existe en ciel, en selles, \u00e9trons de tronc majeur, comme un hal\u00e8tement de contrebasse\u00a0; en ciel de lit, de lie en soi, de soi la soif inextinguible\u00a0: \u00ab\u00a0comme une com\u00e8te en coma dans le ventre de la terre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-1743\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Portrait-Gherasim-Luca.jpg\" alt=\"\" width=\"210\" height=\"190\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Portrait-Gherasim-Luca.jpg 210w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Portrait-Gherasim-Luca-150x136.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 210px) 100vw, 210px\" \/>Ma d\u00e9raison d\u2019\u00eatre <\/em>un jeu mais non gratuit, co\u00fbteux \u00e0 couteaux tir\u00e9s d\u2019un trait. La paronomase adjonctive une valse sans temps, sentant que sentencieuse elle jalonne d\u2019yeuses, d\u2019yeux de chat ses quatre temps. Propositions loufoques entre fou et loques d\u00e9tissant ce peu de lien logique qui loge, inique, dans notre \u00e9quanimit\u00e9\u00a0; \u00ab\u00a0herm\u00e9tiquement ouverte\u00a0\u00bb la femme aim\u00e9e, qui rappelle celle courant <em>dans les rues de la ville <\/em>o\u00f9<em> chacun peut lui parler.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La redondance sur\u00e9quip\u00e9e, le re don d\u2019anse et de broc, ce don des dieux dont ils ont fait \u00e0 l\u2019homme l\u2019offrande m\u00e9taphysique comme \u00e0 un <em>h\u00e9ros-limite <\/em>forant et m\u00e9taphorisant. Cela en langue de mise en bouche, de mise en boucle. Une m\u00e9taphysique \u00e9rotique o\u00f9 le pr\u00e9fixe suffit \u00e0 tout nommer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un hymne \u00e0 la langue dans tous ses soubresauts \u00e0 la ligne, de tous ses sombres sots d\u00e9gag\u00e9e \u00e0 la ligne, celle de flottaison. On est sans mots devant ces jeux d\u2019\u00e9maux aiguis\u00e9s \u00e0 plaisir, rong\u00e9s \u00e0 g\u00e9sir de toute la g\u00eete imprim\u00e9e. De tout le roulis en roue de paon de Pan. Paronomastique comme est paroxystique la mendicit\u00e9, l\u2019\u00e2me en dit si tait, l\u2019amant dit cent fois cit\u00e9. La mendicit\u00e9 \u00e9rotique, n\u2019en parlons pas\u00a0: erre, \u00f4 tique, aire aux tics, air \u00f4te hic et\u00a0nunc de son champ de vision.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis Villon et Agrippa d\u2019Aubign\u00e9 rarement po\u00e9sie aussi masculine n\u2019a agit\u00e9 son oriflamme, son or en flammes de femme aim\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ses tendres boutons ont \u00e9clos, Gertrude appelle et Gertrude a trouv\u00e9 son alt\u00e8re \u00e9cho\u00a0: un h\u00e9ros-limite, Gh\u00e9rasim Luca, de langue en langue sa r\u00e9plique. Trope sur trope \u00e9clatent se d\u00e9robent, ceux dont aucun po\u00e9ticien ne trouvera l\u2019appellation hell\u00e8ne contr\u00f4l\u00e9e, d\u2019autre et de part d\u2019une nouvelle mer int\u00e9rieure dont les greniers \u00e0 ma\u00efs situent les nouveaux riches parmi lesquels Gertrude Stein est l\u2019exception\u00a0raisonnablement pauvre. Lui finira sa vie dans les eaux d\u2019un fleuve dont Paul Celan a d\u00e9j\u00e0 t\u00e2t\u00e9. Quand \u00ab\u00a0le on du violon\u00a0\u00bb culmine en coda, en queue de rat, sur \u00ab\u00a0qui d\u00e9joue ainsi le jeu androgyne \/ du on et de la ine [\u2026] \/ le i du o du o du n \/ du haut de la haine\u00a0\u00bb, l\u2019impur jeu consonantique et vocalique, l\u2019allit\u00e9ration joueuse dans tous ses \u00e9tats fait imploser le sens. Ce qui en nous fait rage comme du grand jazz est l\u2019allit\u00e9ration s\u00e9quentielle, digressive bout \u00e0 bout jusqu\u2019\u00e0 se mordre l\u2019aqueux nombre d\u2019or, d\u2019or et d\u2019or dur \u2013 sec en ciel de lit o\u00f9 se lient se d\u00e9nouent les accords. Si la rage nous porte, ou la terreur, on peut continuer ainsi quelque temps jusqu\u2019\u00e0 pause respiratoire, \u00ab\u00a0ainsi le sein est bien oblig\u00e9 de verser son lait dans une autre version de la hantise qui est inn\u00e9e \u00e0 sa n\u00e9antisation\u00a0\u00bb, autre que \u00ab\u00a0la vip\u00e8re dans la vie du p\u00e8re\u00a0\u00bb taisant celle qu\u2019est le vit du p\u00e8re. Cela dans La voie lact\u00e9e, cette s\u0153ur lumineuse de celle d\u00e9butant la mise en verbe, en verve dont vers veine mitent de la fin au si\u00e8cle dernier. Tout en acomptes, arrhes, tout en racontars, rencontres d\u2019art un b\u00e9gaiement existentiel existe en ciel, en selles, \u00e9trons de tronc majeur, comme un hal\u00e8tement de contrebasse\u00a0; en ciel de lit, de lie en soi, de soi la soif inextinguible\u00a0: \u00ab\u00a0comme une com\u00e8te en coma dans le ventre de la terre\u00a0\u00bb. Ma d\u00e9raison d\u2019\u00eatre un jeu mais non gratuit, co\u00fbteux \u00e0 couteaux tir\u00e9s d\u2019un trait. La paronomase adjonctive une valse sans temps, sentant que sentencieuse elle jalonne d\u2019yeuses, d\u2019yeux de chat ses quatre temps. Propositions loufoques entre fou et loques d\u00e9tissant ce peu de lien logique qui loge, inique, dans notre \u00e9quanimit\u00e9\u00a0; \u00ab\u00a0herm\u00e9tiquement ouverte\u00a0\u00bb la femme aim\u00e9e, qui rappelle celle courant dans les rues de la ville o\u00f9 chacun peut lui parler. La redondance sur\u00e9quip\u00e9e, le re don d\u2019anse et de broc, ce don des dieux dont ils ont fait \u00e0 l\u2019homme l\u2019offrande m\u00e9taphysique comme \u00e0 un h\u00e9ros-limite forant et m\u00e9taphorisant. Cela en langue de mise en bouche, de mise en boucle. Une m\u00e9taphysique \u00e9rotique o\u00f9 le pr\u00e9fixe suffit \u00e0 tout nommer. Un hymne \u00e0 la langue dans tous ses soubresauts \u00e0 la ligne, de tous ses sombres sots d\u00e9gag\u00e9e \u00e0 la ligne, celle de flottaison. On est sans mots devant ces jeux d\u2019\u00e9maux aiguis\u00e9s \u00e0 plaisir, rong\u00e9s \u00e0 g\u00e9sir de toute la g\u00eete imprim\u00e9e. De tout le roulis en roue de paon de Pan. Paronomastique comme est paroxystique la mendicit\u00e9, l\u2019\u00e2me en dit si tait, l\u2019amant dit cent fois cit\u00e9. La mendicit\u00e9 \u00e9rotique, n\u2019en parlons pas\u00a0: erre, \u00f4 tique, aire aux tics, air \u00f4te hic et\u00a0nunc de son champ de vision. 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