{"id":2006,"date":"2021-12-04T18:12:16","date_gmt":"2021-12-04T17:12:16","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=2006"},"modified":"2021-12-05T11:59:34","modified_gmt":"2021-12-05T10:59:34","slug":"chronique-anne-peslier-aphameres-par-guillaume-basquin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2021\/12\/04\/chronique-anne-peslier-aphameres-par-guillaume-basquin\/","title":{"rendered":"[Chronique] Anne Peslier, Apham\u00e8res, par Guillaume Basquin"},"content":{"rendered":"<p>Anne Peslier, <strong><em>Apham\u00e8res<\/em><\/strong>, PhB \u00e9ditions, octobre 2021, 160 pages, 12 \u20ac, ISBN\u00a0: 979-10-93732-54-1.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout d\u2019abord le titre\u00a0: <strong><em>Apham\u00e8res<\/em><\/strong>, contraction de \u00ab\u00a0alpha\u00a0\u00bb et m\u00e8re\u00a0\u00bb, mais o\u00f9 on entend aussi \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, l\u00e9ger, le contraire de lourd, d\u00e9finitif. La 4<sup>e<\/sup> de couverture donne une bonne indication\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Apham\u00e8res<\/em> est une <u>encyclop\u00e9die\u00a0<\/u>constitu\u00e9e d\u2019une suite de po\u00e8mes en prose qui sont des articles de dictionnaire imaginaires, n\u00e9s d\u2019une <u>langue maternelle\u00a0<\/u>r\u00e9invent\u00e9e\u00a0\u00bb (c\u2019est moi qui souligne). Po\u00e9sie en langue mineure\u00a0? En tout cas, chant des choses naturelles r\u00e9put\u00e9es mineures\u00a0: ortie, \u0153illet de printemps, chardon, \u00e9corce, ma\u00efs, oiseaux tomb\u00e9s ou bris\u00e9s, bras mort, etc. Les <em>apham\u00e8res\u00a0<\/em>peuvent aussi \u00eatre <em>aph\u00e9m\u00e8res<\/em>, morceaux de langage\u00a0: \u00ab\u00a0ce sont des atomes de vie, des points invisibles\u00a0\u00bb, dont l\u2019existence \u00ab\u00a0se situe entre l\u2019instant et l\u2019absence d\u2019\u00e9ternit\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0: \u00e9ph\u00e9m\u00e8re\u2026 insituable\u2026 non domesticable\u00a0: sauvage\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est la po\u00e8te Tristan Felix, laquelle figure dans les remerciements du livre sous ses diff\u00e9rents avatars et a m\u00eame tir\u00e9 le portrait photographique de l&rsquo;auteure (cf. ci-dessous), qui a pour l\u2019instant le mieux parl\u00e9 du livre, dans la revue en ligne <a href=\"https:\/\/www.en-attendant-nadeau.fr\/2021\/11\/10\/langue-mere-peslier\/\"><em>En attendant Nadeau<\/em><\/a>. Je n\u2019en retiendrai qu\u2019une seule phrase\u00a0: \u00ab\u00a0Ces r\u00eaveurs hallucin\u00e9s mais pr\u00e9cis dont l\u2019\u0153il est capable de diss\u00e9quer l\u2019invisible qui seul \u00e9chappe au regard fonctionnel.\u00a0\u00bb \u00c9crire sur ce livre apr\u00e8s cela sera difficile\u00a0; essayons quand m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re chose qui vient \u00e0 l\u2019esprit du lecteur de ce tr\u00e8s beau recueil de po\u00e8mes, c\u2019est la <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-2012\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/peslier-aphamere.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"330\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/peslier-aphamere.jpg 220w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/peslier-aphamere-200x300.jpg 200w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/peslier-aphamere-100x150.jpg 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/>mani\u00e8re de Francis Ponge\u00a0: une attention extr\u00eame aux plus petits d\u00e9tails formels de la r\u00e9alit\u00e9 des choses lui permet alors d\u2019approcher une sur-r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire un au-del\u00e0 du simple d\u00e9calque du r\u00e9el\u00a0: \u00ab\u00a0Les fleurs mentent parce qu\u2019elles savent rougir\u00a0\u00bb\u00a0: surr\u00e9alisme\u00a0? Oui, mais sans le c\u00f4t\u00e9 r\u00eaveur et\/ou fantastique parfois abscons\u00a0: plut\u00f4t le parti pris des choses. Voici l\u2019ortie la mal-aim\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Elle sait qu\u2019il est n\u00e9cessaire de fleurir pour \u00eatre aim\u00e9e mais elle ose \u00e0 peine \u00e9voquer ses p\u00e9tales. [\u2026] Elle se d\u00e9coupe en zigzags pour garder en creux les tendresses auxquelles elle aurait aim\u00e9 ne pas \u00e9chapper. Et comme personne ne pense \u00e0 venir la respirer, elle reste seule avec ses r\u00eaves de grand bouquet.\u00a0\u00bb Avait-on jamais mieux parler de cette modeste pr\u00e9tendante absente de tous bouquets\u00a0? L\u2019ortie est la palourde ou le galet d\u2019Anne Peslier. Nul besoin de stup\u00e9fiant pour stup\u00e9fier (le lecteur), le r\u00eave d\u2019ortie suffira\u00a0: \u00ab\u00a0On attend la pluie, la pluie tombe et les orties fleurissent.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un entretien avec Jacques Henric publi\u00e9 dans la revue <em>Art press<\/em> n\u00b0 365 (mars 2010), sous le titre \u00ab\u00a0Ce mal \u00e9trange de po\u00e9sie\u00a0\u00bb, le grand \u00e9crivain Pierre Guyotat rappelait l\u2019importance extr\u00eame de la Nature dans la litt\u00e9rature en g\u00e9n\u00e9ral et dans la po\u00e9sie en particulier\u00a0: \u00ab\u00a0La Nature accompagne, pr\u00e9c\u00e8de, suit, au-dessus, au-dessous, \u00e0 droite, \u00e0 gauche, les actes humains. Il peut<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-2010\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/AnnePeslier.jpg\" alt=\"\" width=\"180\" height=\"240\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/AnnePeslier.jpg 180w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/AnnePeslier-113x150.jpg 113w\" sizes=\"auto, (max-width: 180px) 100vw, 180px\" \/> s\u2019agir aussi bien du cosmos, du ciel, des autres plan\u00e8tes\u2026 Quand on a un esprit po\u00e9tique, tout vient de l\u00e0. On est \u00e0 l\u2019unisson de tout ce qui existe, du r\u00e9el [\u2026], comme de l\u2019invisible.\u00a0\u00bb Anne Peslier est \u00e0 l\u2019\u00e9coute de tous les petits riens du monde, les \u00ab\u00a0Peus\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0t\u00e9nors gracieux et malhabiles, ils refusent d\u2019\u00eatre des copies\u00a0\u00bb), les \u00ab\u00a0Accroupis\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0Pires\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0Automates\u00a0\u00bb, etc. Ce qui p\u00e8se le moins, ce qu\u2019il y a de plus \u00e9ph\u00e9m\u00e8re retient bien s\u00fbr toute son attention, ainsi la plume\u00a0: \u00ab\u00a0<em>[Elle]<\/em> tombe \u00e0 regret. Elle n\u2019esp\u00e8re qu\u2019une chose, c\u2019est retrouver sa place, une place excitante, en \u00e9quilibre.\u00a0\u00bb Les plus lourdes, si elles tombent, \u00ab\u00a0prot\u00e9geront un oiseau en son tombeau\u00a0\u00bb\u00a0: singe de peu de foi, ne va pas perturber l\u2019\u00e9quilibre du monde en soufflant dessus\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notons, avant de cl\u00f4turer ce texte et de renvoyer notre lecteur directement au volume, un usage fort savant (sans qu\u2019on sache s\u2019il s\u2019agit d\u2019une construction voulue d\u2019avance ou de repentirs constants\u00a0?) des notes de bas de page, qui deviennent comme autant de strates dans le discours po\u00e9tique \u2013 remont\u00e9es d\u2019anamn\u00e8se du texte\u00a0; ainsi, par exemple page 14 dans le po\u00e8me \u00ab\u00a0R\u00eave d\u2019ortie\u00a0\u00bb\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 peine une graine d\u2019ortie<sup>1<\/sup> frott\u00e9e, que tous les r\u00eaves, qui cr\u00e8vent leurs derniers instants<sup>2<\/sup>, s\u2019\u00e9battent vivement dans le ciel\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><sup>1 <\/sup>La graine d\u2019ortie est un r\u00e9servoir de r\u00eaves d\u00e9laiss\u00e9s et que l\u2019ortie fait du peu d\u2019amour qu\u2019on lui adresse [\u2026] une graine d\u2019ortie contient en elle des caresses in\u00e9dites que seul un abandonn\u00e9 sait \u00e9prouver.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><sup>2 <\/sup>Les r\u00eaves disparaissent au profit d\u2019images r\u00e9p\u00e9titives imprim\u00e9es en plein jour dans des cerveaux vivants\u00a0; beaucoup de r\u00eaves sont des chim\u00e8res frapp\u00e9es d\u2019images d\u00e9j\u00e0 oblit\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous n\u2019oublierons pas ces images \u2013 <em>coloured plates<\/em> \u2013 d\u2019Anne Peslier\u00a0: \u00ab\u00a0Un baiser s\u2019impatiente et il d\u00e9sire comme une fleur \u00e9tir\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Anne Peslier, Apham\u00e8res, PhB \u00e9ditions, octobre 2021, 160 pages, 12 \u20ac, ISBN\u00a0: 979-10-93732-54-1. &nbsp; Tout d\u2019abord le titre\u00a0: Apham\u00e8res, contraction de \u00ab\u00a0alpha\u00a0\u00bb et m\u00e8re\u00a0\u00bb, mais o\u00f9 on entend aussi \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, l\u00e9ger, le contraire de lourd, d\u00e9finitif. La 4e de couverture donne une bonne indication\u00a0: \u00ab\u00a0Apham\u00e8res est une encyclop\u00e9die\u00a0constitu\u00e9e d\u2019une suite de po\u00e8mes en prose qui sont des articles de dictionnaire imaginaires, n\u00e9s d\u2019une langue maternelle\u00a0r\u00e9invent\u00e9e\u00a0\u00bb (c\u2019est moi qui souligne). Po\u00e9sie en langue mineure\u00a0? En tout cas, chant des choses naturelles r\u00e9put\u00e9es mineures\u00a0: ortie, \u0153illet de printemps, chardon, \u00e9corce, ma\u00efs, oiseaux tomb\u00e9s ou bris\u00e9s, bras mort, etc. Les apham\u00e8res\u00a0peuvent aussi \u00eatre aph\u00e9m\u00e8res, morceaux de langage\u00a0: \u00ab\u00a0ce sont des atomes de vie, des points invisibles\u00a0\u00bb, dont l\u2019existence \u00ab\u00a0se situe entre l\u2019instant et l\u2019absence d\u2019\u00e9ternit\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0: \u00e9ph\u00e9m\u00e8re\u2026 insituable\u2026 non domesticable\u00a0: sauvage\u00a0! C\u2019est la po\u00e8te Tristan Felix, laquelle figure dans les remerciements du livre sous ses diff\u00e9rents avatars et a m\u00eame tir\u00e9 le portrait photographique de l&rsquo;auteure (cf. ci-dessous), qui a pour l\u2019instant le mieux parl\u00e9 du livre, dans la revue en ligne En attendant Nadeau. Je n\u2019en retiendrai qu\u2019une seule phrase\u00a0: \u00ab\u00a0Ces r\u00eaveurs hallucin\u00e9s mais pr\u00e9cis dont l\u2019\u0153il est capable de diss\u00e9quer l\u2019invisible qui seul \u00e9chappe au regard fonctionnel.\u00a0\u00bb \u00c9crire sur ce livre apr\u00e8s cela sera difficile\u00a0; essayons quand m\u00eame. La premi\u00e8re chose qui vient \u00e0 l\u2019esprit du lecteur de ce tr\u00e8s beau recueil de po\u00e8mes, c\u2019est la mani\u00e8re de Francis Ponge\u00a0: une attention extr\u00eame aux plus petits d\u00e9tails formels de la r\u00e9alit\u00e9 des choses lui permet alors d\u2019approcher une sur-r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire un au-del\u00e0 du simple d\u00e9calque du r\u00e9el\u00a0: \u00ab\u00a0Les fleurs mentent parce qu\u2019elles savent rougir\u00a0\u00bb\u00a0: surr\u00e9alisme\u00a0? Oui, mais sans le c\u00f4t\u00e9 r\u00eaveur et\/ou fantastique parfois abscons\u00a0: plut\u00f4t le parti pris des choses. Voici l\u2019ortie la mal-aim\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Elle sait qu\u2019il est n\u00e9cessaire de fleurir pour \u00eatre aim\u00e9e mais elle ose \u00e0 peine \u00e9voquer ses p\u00e9tales. [\u2026] Elle se d\u00e9coupe en zigzags pour garder en creux les tendresses auxquelles elle aurait aim\u00e9 ne pas \u00e9chapper. Et comme personne ne pense \u00e0 venir la respirer, elle reste seule avec ses r\u00eaves de grand bouquet.\u00a0\u00bb Avait-on jamais mieux parler de cette modeste pr\u00e9tendante absente de tous bouquets\u00a0? L\u2019ortie est la palourde ou le galet d\u2019Anne Peslier. Nul besoin de stup\u00e9fiant pour stup\u00e9fier (le lecteur), le r\u00eave d\u2019ortie suffira\u00a0: \u00ab\u00a0On attend la pluie, la pluie tombe et les orties fleurissent.\u00a0\u00bb Dans un entretien avec Jacques Henric publi\u00e9 dans la revue Art press n\u00b0 365 (mars 2010), sous le titre \u00ab\u00a0Ce mal \u00e9trange de po\u00e9sie\u00a0\u00bb, le grand \u00e9crivain Pierre Guyotat rappelait l\u2019importance extr\u00eame de la Nature dans la litt\u00e9rature en g\u00e9n\u00e9ral et dans la po\u00e9sie en particulier\u00a0: \u00ab\u00a0La Nature accompagne, pr\u00e9c\u00e8de, suit, au-dessus, au-dessous, \u00e0 droite, \u00e0 gauche, les actes humains. Il peut s\u2019agir aussi bien du cosmos, du ciel, des autres plan\u00e8tes\u2026 Quand on a un esprit po\u00e9tique, tout vient de l\u00e0. On est \u00e0 l\u2019unisson de tout ce qui existe, du r\u00e9el [\u2026], comme de l\u2019invisible.\u00a0\u00bb Anne Peslier est \u00e0 l\u2019\u00e9coute de tous les petits riens du monde, les \u00ab\u00a0Peus\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0t\u00e9nors gracieux et malhabiles, ils refusent d\u2019\u00eatre des copies\u00a0\u00bb), les \u00ab\u00a0Accroupis\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0Pires\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0Automates\u00a0\u00bb, etc. Ce qui p\u00e8se le moins, ce qu\u2019il y a de plus \u00e9ph\u00e9m\u00e8re retient bien s\u00fbr toute son attention, ainsi la plume\u00a0: \u00ab\u00a0[Elle] tombe \u00e0 regret. Elle n\u2019esp\u00e8re qu\u2019une chose, c\u2019est retrouver sa place, une place excitante, en \u00e9quilibre.\u00a0\u00bb Les plus lourdes, si elles tombent, \u00ab\u00a0prot\u00e9geront un oiseau en son tombeau\u00a0\u00bb\u00a0: singe de peu de foi, ne va pas perturber l\u2019\u00e9quilibre du monde en soufflant dessus\u00a0! Notons, avant de cl\u00f4turer ce texte et de renvoyer notre lecteur directement au volume, un usage fort savant (sans qu\u2019on sache s\u2019il s\u2019agit d\u2019une construction voulue d\u2019avance ou de repentirs constants\u00a0?) des notes de bas de page, qui deviennent comme autant de strates dans le discours po\u00e9tique \u2013 remont\u00e9es d\u2019anamn\u00e8se du texte\u00a0; ainsi, par exemple page 14 dans le po\u00e8me \u00ab\u00a0R\u00eave d\u2019ortie\u00a0\u00bb\u00a0: \u00c0 peine une graine d\u2019ortie1 frott\u00e9e, que tous les r\u00eaves, qui cr\u00e8vent leurs derniers instants2, s\u2019\u00e9battent vivement dans le ciel\u00a0: 1 La graine d\u2019ortie est un r\u00e9servoir de r\u00eaves d\u00e9laiss\u00e9s et que l\u2019ortie fait du peu d\u2019amour qu\u2019on lui adresse [\u2026] une graine d\u2019ortie contient en elle des caresses in\u00e9dites que seul un abandonn\u00e9 sait \u00e9prouver. 2 Les r\u00eaves disparaissent au profit d\u2019images r\u00e9p\u00e9titives imprim\u00e9es en plein jour dans des cerveaux vivants\u00a0; beaucoup de r\u00eaves sont des chim\u00e8res frapp\u00e9es d\u2019images d\u00e9j\u00e0 oblit\u00e9r\u00e9es. &nbsp; Nous n\u2019oublierons pas ces images \u2013 coloured plates \u2013 d\u2019Anne Peslier\u00a0: \u00ab\u00a0Un baiser s\u2019impatiente et il d\u00e9sire comme une fleur \u00e9tir\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":2008,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[35,7,2],"tags":[1410,1411,612,134,1412,1413,227,13],"class_list":["post-2006","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chronique","category-livres-recus","category-une","tag-anne-peslier","tag-artpress","tag-francis-ponge","tag-guillaume-basquin","tag-jacques-henric","tag-peslier-poesie-des-choses-naturelles","tag-phb-editions","tag-tristan-felix"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2006","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2006"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2006\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2016,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2006\/revisions\/2016"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2008"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2006"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2006"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2006"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}