{"id":2641,"date":"2022-04-19T20:13:47","date_gmt":"2022-04-19T18:13:47","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=2641"},"modified":"2022-04-19T20:15:11","modified_gmt":"2022-04-19T18:15:11","slug":"chronique-jean-guy-coulange-sillon-par-christophe-stolowicki","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2022\/04\/19\/chronique-jean-guy-coulange-sillon-par-christophe-stolowicki\/","title":{"rendered":"[Chronique] Jean-Guy Coulange, Sillon, par CHRISTOPHE STOLOWICKI"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400;\">Jean-Guy Coulange, <strong><em>Sillon<\/em><\/strong>, JCG et Le Village, distribu\u00e9 par Les Presses du r\u00e9el, avril 2022, 64 pages, 15 \u20ac, ISBN\u00a0: 978-2-9581609-0-6.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Scrut\u00e9es par Jean-Guy Coulange, happ\u00e9es soir et matin d\u2019une fen\u00eatre en premier plan de mer, la plage du Sillon de Saint-Malo et sa digue battue par les lames, se d\u00e9ploie ici un chef-d\u2019\u0153uvre d\u2019art total d\u00e9compos\u00e9 o\u00f9 s\u2019ensuivent po\u00e8me (mais centr\u00e9 sur son sujet visuel, \u00e9cart\u00e9es toutes radiances sonores, aux passages \u00e0 la ligne pr\u00e8s \u00e9crit comme d\u00e9crit et analyse Matisse), photographies en noir, en couleur, aquarelles, un commentaire d\u00e9cal\u00e9 du po\u00e9ticien de cin\u00e9ma qu\u2019est Jacques Sicard, et l\u2019\u00e9vocation de l\u2019\u00e9mission radiophonique des vents capt\u00e9s comme objet d\u2019<em>exposition. <\/em>Soit un mixage immobile.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Par un cin\u00e9aste de l\u2019arr\u00eat sur image<em>s, <\/em>le secret des salles obscures d\u00e9compos\u00e9 \u00e0 jour d\u2019oc\u00e9an.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Soir. \/ La digue s\u2019est \u00e9paissie d\u2019une strate gris noir \/ sous laquelle pleuvent des tra\u00een\u00e9es plus claires, comme floues, \/ perc\u00e9es par le rasant du soleil tel un projecteur de th\u00e9\u00e2tre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-2642\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/CoulongeSillon.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"220\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/CoulongeSillon.jpg 220w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/CoulongeSillon-150x150.jpg 150w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/CoulongeSillon-144x144.jpg 144w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/CoulongeSillon-75x75.jpg 75w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/>\u00c0 contre-jour de cr\u00e9puscule lumineux impr\u00e9gn\u00e9 d\u2019une longue attente, en noir &amp; blanc d\u00e9ferle, flocule la mer. Les silhouettes noires des joggeurs, promeneurs, se d\u00e9tachent sur l\u2019estran jonch\u00e9 de d\u00e9bris de roche comme de pr\u00e9cieux d\u00e9tritus tritur\u00e9s par la vague. S\u00e9quences de photogrammes.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Les photographies en couleur \u00e9tagent strate sur strate d\u2019un bleu vert vesp\u00e9ral, entre canard et calanque\u00a0; de derniers feux creusent leur <em>sillon\u00a0<\/em>; le couchant diffuse une onde de lune, poignante du silence d\u2019une mer coup\u00e9e de sa houle. La couleur rapport\u00e9e \u00e0 sa vibration.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Elle infuse couche sur couche dans les aquarelles, par bribes aimant\u00e9es improbables, plus vraies que l\u2019ivraie\u00a0; le gris canard flotte en turquoise ajour\u00e9\u00a0; une id\u00e9e de la mer transpara\u00eet dans la palette du spectre. \u00ab\u00a0Les couches successives ont laiss\u00e9 \/ une densit\u00e9 de mati\u00e8re et il est clairement apparu non plus une \u00e9paisseur \/ mais une profondeur, exactement comme une profondeur de champ, physique et acoustique\u00a0: \/ une polyphonie \/ [\u2026] lumineuse.\u00a0\u00bb Dans un cahier de nuances s\u00e9rielles, le nuancier infime d\u2019un for ext\u00e9rieur, Jean-Guy Coulange accomplit un travail compl\u00e9mentaire de photographe et de peintre, \u00e0 m\u00eame \u00e9tiage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">D\u2019autres jeunes ou moins jeunes po\u00e8tes contemporains (Lionel Fondeville, Armand Dupuy, Herv\u00e9 Brunaux), tirant leur \u00e9pingle de je de la foire de poigne m\u00e9diatique de crans sur \u00e9crans, ont d\u00e9velopp\u00e9 de proches pr\u00e9misses d\u2019artiste s\u00e9riel \u00e0 toutes mains. Livre ou livret, peu m\u2019ont nourri d\u2019une telle qualit\u00e9 de silence, mat\u00e9riel de tous ses \u00e9clats. \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean-Guy Coulange, Sillon, JCG et Le Village, distribu\u00e9 par Les Presses du r\u00e9el, avril 2022, 64 pages, 15 \u20ac, ISBN\u00a0: 978-2-9581609-0-6. &nbsp; Scrut\u00e9es par Jean-Guy Coulange, happ\u00e9es soir et matin d\u2019une fen\u00eatre en premier plan de mer, la plage du Sillon de Saint-Malo et sa digue battue par les lames, se d\u00e9ploie ici un chef-d\u2019\u0153uvre d\u2019art total d\u00e9compos\u00e9 o\u00f9 s\u2019ensuivent po\u00e8me (mais centr\u00e9 sur son sujet visuel, \u00e9cart\u00e9es toutes radiances sonores, aux passages \u00e0 la ligne pr\u00e8s \u00e9crit comme d\u00e9crit et analyse Matisse), photographies en noir, en couleur, aquarelles, un commentaire d\u00e9cal\u00e9 du po\u00e9ticien de cin\u00e9ma qu\u2019est Jacques Sicard, et l\u2019\u00e9vocation de l\u2019\u00e9mission radiophonique des vents capt\u00e9s comme objet d\u2019exposition. Soit un mixage immobile. Par un cin\u00e9aste de l\u2019arr\u00eat sur images, le secret des salles obscures d\u00e9compos\u00e9 \u00e0 jour d\u2019oc\u00e9an. \u00ab\u00a0Soir. \/ La digue s\u2019est \u00e9paissie d\u2019une strate gris noir \/ sous laquelle pleuvent des tra\u00een\u00e9es plus claires, comme floues, \/ perc\u00e9es par le rasant du soleil tel un projecteur de th\u00e9\u00e2tre.\u00a0\u00bb \u00c0 contre-jour de cr\u00e9puscule lumineux impr\u00e9gn\u00e9 d\u2019une longue attente, en noir &amp; blanc d\u00e9ferle, flocule la mer. Les silhouettes noires des joggeurs, promeneurs, se d\u00e9tachent sur l\u2019estran jonch\u00e9 de d\u00e9bris de roche comme de pr\u00e9cieux d\u00e9tritus tritur\u00e9s par la vague. S\u00e9quences de photogrammes. Les photographies en couleur \u00e9tagent strate sur strate d\u2019un bleu vert vesp\u00e9ral, entre canard et calanque\u00a0; de derniers feux creusent leur sillon\u00a0; le couchant diffuse une onde de lune, poignante du silence d\u2019une mer coup\u00e9e de sa houle. La couleur rapport\u00e9e \u00e0 sa vibration. 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