{"id":2687,"date":"2022-04-30T18:34:01","date_gmt":"2022-04-30T16:34:01","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=2687"},"modified":"2022-04-30T19:51:09","modified_gmt":"2022-04-30T17:51:09","slug":"entretien-creation-ce-que-les-femmes-font-a-la-poesie-6-elsa-boyer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2022\/04\/30\/entretien-creation-ce-que-les-femmes-font-a-la-poesie-6-elsa-boyer\/","title":{"rendered":"[Entretien &#8211; cr\u00e9ation] Ce que les femmes font \u00e0 la po\u00e9sie (6) : Elsa Boyer"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Suite \u00e0 la parution en d\u00e9cembre dernier de <a href=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2022\/02\/15\/chronique-ce-que-les-femmes-font-a-la-poesie-2-a-propos-de-liliane-giraudon-polyphonie-penthesilee-par-fabrice-thumerel\/\"><em><strong>Polyphonie Penth\u00e9sil\u00e9e <\/strong><\/em><\/a>(P.O.L, 144 pages), mais \u00e9galement, en ce d\u00e9but janvier 2022, d\u2019une anthologie propos\u00e9e par Marie de Quatrebarbes aux \u00e9ditions du Corridor bleu, <strong><em>Madame tout le monde<\/em><\/strong>, ce dossier qui emprunte son titre \u00e0 l\u2019une<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-2153\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/FemmeFeu.jpg\" alt=\"\" width=\"160\" height=\"240\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/FemmeFeu.jpg 160w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/FemmeFeu-100x150.jpg 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 160px) 100vw, 160px\" \/><br \/>\ndes sections de <strong><em>Polyphonie Penth\u00e9sil\u00e9e<\/em><\/strong> pour r\u00e9unir entretiens, extraits (in\u00e9dits pour la plupart) et chroniques, vise \u00e0 donner un aper\u00e7u compl\u00e9mentaire de la cr\u00e9ation actuelle au f\u00e9minin, tout en donnant la parole \u00e0 des po\u00e9tesses sur leurs pratiques comme sur les conditions qui leur sont faites dans cet espace \u00e9ditorial de circulation restreinte : environ deux tiers d\u2019entre elles (61,5% exactement) ont particip\u00e9 \u00e0 l\u2019une ou l\u2019autre de ces deux aventures collectives cruciales que sont <em><strong>Lettres aux jeunes po\u00e9tesses\u00a0<\/strong><\/em>(L\u2019Arche, 2021) et <em><strong>Madame tout le monde\u00a0<\/strong><\/em> ; ajoutons deux autres variables, l\u2019\u00e2ge (pour l\u2019instant : une septuag\u00e9naire, une sexag\u00e9naire, une quinquag\u00e9naire, six quadrag\u00e9naires et quatre trentenaires) et les lieux d\u2019\u00e9dition (une petite trentaine).\u00a0Les trois m\u00eames questions sont pos\u00e9es \u00e0 chacune afin de construire un \u00e9ventail de r\u00e9ponses qui, \u00e0 d\u00e9faut de constituer une enqu\u00eate conforme \u00e0 tous les crit\u00e8res propres aux sciences sociales, n\u2019en est pas moins significative.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s l\u2019<a href=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2022\/01\/12\/entretien-ce-que-les-femmes-font-a-la-poesie-1-entretien-de-fabrice-thumerel-avec-liliane-giraudon\/\"><strong>entretien de Liliane Giraudon<\/strong><\/a>,\u00a0de <a href=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2022\/02\/24\/entretien-creation-ce-que-les-femmes-font-a-la-poesie-3-sandra-moussempes\/\"><strong>Sandra MOUSSEMP\u00c8S<\/strong><\/a>,\u00a0d&rsquo;<a href=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2022\/03\/20\/entretien-ce-que-les-femmes-font-a-la-poesie-4-entretien-de-fabrice-thumerel-avec-aurelie-olivier\/\"><strong>Aur\u00e9lie Olivier<\/strong><\/a>, qui a dirig\u00e9 le volume <em><strong>Lettres aux jeunes po\u00e9tesses\u00a0<\/strong><\/em>(L\u2019Arche, 2021), et de <a href=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2022\/03\/24\/entretien-creation-ce-que-les-femmes-font-a-la-poesie-5-virginie-lalucq\/\"><strong>Virginie Lalucq<\/strong><\/a>, voici celui d&rsquo;Elsa Boyer.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-2689\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Boyer_ElsaPF.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"330\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Boyer_ElsaPF.jpg 220w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Boyer_ElsaPF-200x300.jpg 200w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Boyer_ElsaPF-100x150.jpg 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/>Elsa Boyer est \u00e9crivaine, th\u00e9oricienne et traductrice. Elle enseigne la th\u00e9orie des m\u00e9dias, les humanit\u00e9s num\u00e9riques et les questions d\u2019\u00e9criture exp\u00e9rimentale \u00e0 l\u2019\u00e9cole des arts d\u00e9coratifs de Paris. Elle a publi\u00e9 un essai intitul\u00e9<em>\u00a0Le Conflit des perceptions <\/em>(MF, 2015) et sept r\u00e9cits (P.O.L et MF). Le dernier,\u00a0<em>Orbital<\/em>, est paru en novembre 2021 aux \u00e9ditions MF. Ces r\u00e9cits interrogent chacun \u00e0 leur mani\u00e8re notre environnement m\u00e9diatique contemporain, que ce soient les images du sport, de la politique des r\u00e9seaux sociaux. En s\u2019effor\u00e7ant d\u2019int\u00e9grer l\u2019influence du num\u00e9rique et des jeux vid\u00e9o dans la litt\u00e9rature, ces textes explorent des formes de narration po\u00e9tique qui privil\u00e9gient la boucle, la s\u00e9rie, la bribe, la r\u00e9p\u00e9tition. Ces narrations minimalistes et fragmentaires sont l\u2019occasion d\u2019entrer dans les textures de la langue, les structures des phrases, pour essayer de figurer les effets du capitalisme contemporain et de ses images sur nos perceptions, nos corps et nos d\u00e9sirs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce temps de chasse au \u00ab\u00a0wokisme\u00a0\u00bb, comment traiter encore les rapports de domination ? Sans tomber dans l\u2019id\u00e9ologie et en maintenant le cap : LIBR-CRITIQUE s\u2019est toujours inscrite dans le prolongement de la pens\u00e9e critique des Modernes, ce qui suppose le refus de tout identitarisme. Dans <em>Soi-m\u00eame comme un roi. Essai sur les d\u00e9rives identitaires<\/em>(Seuil, 2021), \u00c9lisabeth Roudinesco montre lumineusement en quoi diff\u00e8rent les luttes \u00e9mancipatrices du si\u00e8cle dernier et celles men\u00e9es actuellement au nom de telle ou telle soi-disant \u00ab\u00a0identit\u00e9\u00a0\u00bb (raciale, nationale ou sexuelle) : les premi\u00e8res visent un <em>universel singulier<\/em> (Sartre) ; les secondes, un particularisme sectaire. \/FT\/<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"background-color: #ff0000; color: #ffffff;\"><strong>Entretien d&rsquo;Elsa Boyer avec Fabrice Thumerel<\/strong><\/span><\/p>\n<div>\n<p class=\"Standard\" style=\"text-align: justify;\"><b>FT.<\/b> Aujourd&rsquo;hui, que font les femmes \u00e0 la po\u00e9sie\u00a0?<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p class=\"Standard\"><b>EB.<\/b> Je pourrais dire ce que certaines font dans la po\u00e9sie mais pas dire ce que les femmes font \u00e0<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-2186\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Madame-tout-le-monde.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"330\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Madame-tout-le-monde.jpg 220w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Madame-tout-le-monde-200x300.jpg 200w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Madame-tout-le-monde-100x150.jpg 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/> la po\u00e9sie. Il y a l\u00e0 deux cat\u00e9gories qui posent d\u00e9j\u00e0 question, celle des femmes, celle de la po\u00e9sie. Et je ne suis pas s\u00fbre que ces deux cat\u00e9gories permettent d&rsquo;op\u00e9rer. Je n&rsquo;aimerais pas non plus verser dans l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;une position qui a \u00e9t\u00e9 minoris\u00e9e, en l&rsquo;occurrence qui porte la marque de son genre, doit du coup forc\u00e9ment produire une contre position, affirmer des formes ou des ruptures. C&rsquo;est pour cela aussi que le titre de l&rsquo;anthologie <i>Madame Tout le monde<\/i> qu&rsquo;a choisi Marie de Quatrebarbes me semble bienvenu, dans sa mani\u00e8re de rappeler une assignation et d&rsquo;entrem\u00ealer sur un mode non spectaculaire, tr\u00e8s banal en fait, les f\u00e9minins et masculins dans une forme de continuum.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p class=\"Standard\">\u00c0 la limite, on aurait bien aim\u00e9 pouvoir reprendre la phrase de Monique Wittig dans <i>La Pens\u00e9e straight<\/i>, \u00ab\u00a0les lesbiennes ne sont pas des femmes\u00a0\u00bb, et dire que les po\u00e8tes ne sont pas des <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-2691\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/PodolskiPays.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"310\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/PodolskiPays.jpg 220w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/PodolskiPays-213x300.jpg 213w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/PodolskiPays-106x150.jpg 106w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/>femmes. Mais on ne peut pas prendre cette phrase qui vaut sp\u00e9cifiquement pour les lesbiennes politiques. On peut juste s&rsquo;en inspirer. Ou alors on pourrait peut-\u00eatre commencer par \u00e9crire autrement ce terme de \u00ab\u00a0femmes\u00a0\u00bb, et le transformer en \u00ab\u00a0phemmes\u00a0\u00bb, par exemple, pour reprendre un mot qu&rsquo;on trouve dans <i>Le Pays o\u00f9 tout est permis<\/i> de Sophie Podolski.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p class=\"Standard\">Disons qu&rsquo;elles font des choses extr\u00eamement diff\u00e9rentes les unes des autres, elles ne sont pas sur une m\u00eame ligne parce qu&rsquo;elles ne cherchent pas \u00e0 s&rsquo;aligner sur une identit\u00e9 homog\u00e8ne qui inclurait de force ou qui exclurait d&rsquo;autres positions. Elles font des po\u00e8mes en short pour reprendre un vers de la po\u00e8te Anne Portugal dans <i>Et comment nous voil\u00e0 moins \u00e9pais<\/i>. Elles cherchent des phrases et o\u00f9 situer un corps dans le quadrillage des mots. Elles exp\u00e9rimentent entre formes po\u00e9tiques et formes narratives, entre formes abstraites ou m\u00e9ta et formes incarn\u00e9es, entre concepts et ultra sensuel. Elles font des revues entre anglais et fran\u00e7ais comme Jackqueline Frost avec Luc B\u00e9nazet. Elles font des anthologies qui interrogent le geste de l&rsquo;anthologie, avec Marie de Quatrebarbes, mais aussi \u00c9lodie Petit et Marguerin Louvier. Elles traduisent aussi.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p class=\"Standard\">Aujourd&rsquo;hui ce que les po\u00e8tes.ses font plus facilement dans la po\u00e9sie, c&rsquo;est peut-\u00eatre se glisser dans des filiations, des affinit\u00e9s, lire des po\u00e8tes.ses, leurs travaux d&rsquo;\u00e9dition, de traduction, de revues, et d\u00e9cider que c&rsquo;est ce travail-l\u00e0 qu&rsquo;on choisit de transmettre en priorit\u00e9 \u00e0 des \u00e9tudiant.es, par exemple. Il est sans doute plus facile aujourd&rsquo;hui d&rsquo;exister dans des g\u00e9n\u00e9alogies ou bien, d&rsquo;ailleurs, de se construire contre elles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p class=\"Standard\"><b>FT.<\/b> Remise en question, la domination masculine est encore d&rsquo;actualit\u00e9 dans le milieu po\u00e9tique. Est-ce \u00e0 dire qu&rsquo;un #MeToo y serait \u00e9galement n\u00e9cessaire\u00a0?<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p class=\"Standard\"><b>EB.<\/b> S&rsquo;il s&rsquo;agit de reconna\u00eetre que dans le champ po\u00e9tique aussi ont eu lieu et perdurent des pratiques de domination, effectivement c&rsquo;est n\u00e9cessaire. S&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;avoir un #metoo pour rejoindre les autres secteurs institutionnalis\u00e9s de la culture, \u00e7a l&rsquo;est sans doute moins. Mais peut-\u00eatre faut-il aller au bout de cet activisme de hashtag pour voir aussi ce qu&rsquo;il ne r\u00e9sout pas. Et on peut se demander si le hashtag n&rsquo;induit pas un certain formatage dans les mani\u00e8res de constituer les paroles. Sur ce point il faut pr\u00e9ciser que le premier \u00ab\u00a0Me Too Movement\u00a0\u00bb \u00e9tant le fruit de la travailleuse sociale et militante africaine am\u00e9ricaine Tarana Burke, on peut aussi s&rsquo;interroger sur le fait de reprendre par le biais du hashtag cette initiative pens\u00e9e pour soutenir les victimes d&rsquo;agressions sexuelles qui subissent des oppressions crois\u00e9es qu&rsquo;en tant que po\u00e8tes blanches de classe moyenne plus ou moins sup\u00e9rieure nous ne connaissons pas. On peut \u00e9galement s&rsquo;interroger sur le fait de r\u00e9v\u00e9ler l&rsquo;ampleur des ph\u00e9nom\u00e8nes de dominations \u00e0 travers des plateformes qui appliquent des logiques propri\u00e9taires et d&rsquo;extraction de valeurs envers les donn\u00e9es qui y sont d\u00e9pos\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2430\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/MeTooAime.jpg\" alt=\"\" width=\"540\" height=\"370\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/MeTooAime.jpg 540w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/MeTooAime-300x206.jpg 300w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/MeTooAime-150x103.jpg 150w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/MeTooAime-366x251.jpg 366w\" sizes=\"auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px\" \/><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p class=\"Standard\">Au niveau des effets, si on regarde le cas du cin\u00e9ma, il est int\u00e9ressant de voir aujourd&rsquo;hui les formes de r\u00e9actions que #metoo a produites dans une s\u00e9rie de films sortis r\u00e9cemment, et de constater que certains r\u00e9agissent \u00e0 ces effets de dominations en reposant la question de la parole (<i>Annette <\/i>de Leos<i> <\/i>Carax, <i>Titane <\/i>de Julia Ducournau, <i>Black Widow <\/i>de Cate Shortland), en inventant des formes pour cette adresse, alors que d&rsquo;autres r\u00e9agissent en r\u00e9affirmant les hi\u00e9rarchies en place (<i>The Last Duel <\/i>de Ridley Scott).<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p class=\"Standard\">\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p class=\"Standard\"><b>FT.<\/b> En fin de compte, bien qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas d&rsquo;\u00e9criture f\u00e9minine (\u00e0 bas l&rsquo;essentialisme !), en quoi peut consister cette \u00ab\u00a0langue \/ introuvable\u00a0\u00bb qui serait celle des femmes selon Liliane Giraudon\u00a0?<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p class=\"Standard\"><b>EB. <\/b>Elle peut consister en beaucoup de choses. Je retiens par exemple le piratage ou le bodybuilding de Kathy Acker qui casse de mani\u00e8re contr\u00f4l\u00e9e le muscle de la tradition litt\u00e9raire masculine dont elle est exclue, \u00e9tant assign\u00e9e femme, pour ensuite y introduire des facteurs de croissance et le faire repousser plus gros. Cette langue ce serait donc celle de Don Quichotte qui devient chevali\u00e8re en devenant folle, c&rsquo;est-\u00e0-dire en se faisant avorter d\u00e8s le d\u00e9but du livre pour ensuite partir en qu\u00eate de l&rsquo;amour.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p class=\"Standard\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-2692\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/RobertsonBaudelaire.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"320\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/RobertsonBaudelaire.jpg 220w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/RobertsonBaudelaire-206x300.jpg 206w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/RobertsonBaudelaire-103x150.jpg 103w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/>On en trouve aussi un exemple chez Lisa Robertson qui, dans <i>The Baudelaire fractal<\/i>, revient sur cette forme de police des textes litt\u00e9raires et po\u00e9tiques excluant les lectrices. Elle cite notamment les pages qu&rsquo;\u00e9crivait Baudelaire dans son journal \u00e0 propos de la jeune fille et explique qu&rsquo;elle en est venue \u00e0 consid\u00e9rer ces exclusions non plus comme une s\u00e9rie de coups de poing d\u00e9coch\u00e9s \u00e0 l&rsquo;estomac, mais plut\u00f4t comme des sortes d&rsquo;invitations perverses. Elle lie aussi cette \u00ab\u00a0langue introuvable\u00a0\u00bb \u00e0 une \u00e9tymologie du terme \u00ab\u00a0auteur\u00a0\u00bb qu&rsquo;elle se souvient avoir lu quelque part et dont elle ne cherche pas \u00e0 v\u00e9rifier l&rsquo;authenticit\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0auctore\u00a0\u00bb, augmenter. \u00c9crire ce serait donc augmenter, et \u00ab\u00a0l&rsquo;augmenteuse inclut les parties d\u00e9plac\u00e9es parce qu&rsquo;elles procurent du plaisir\u00a0\u00bb (p. 141).<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p class=\"Standard\">Dans le sillage de Kathy Acker et de Lisa Robertson, c&rsquo;est aussi la litt\u00e9rature de Claire Finch qui cherche comment, entre th\u00e9orie et narration, entre humour et pr\u00e9cision analytique, les r\u00e9cits de sexualit\u00e9s f\u00e9ministes queer \u00e9quip\u00e9es de sex toys (car comme l&rsquo;\u00e9crit Sam Bourcier dans <i>Queer zones<\/i>, p. 195\u00a0: \u00ab\u00a0Quitte \u00e0 garder un fantasme ontologique\u00a0: mieux vaut \u00eatre un gode qu&rsquo;une goddess\u00a0\u00bb) peuvent augmenter nos identit\u00e9s et nos corps toujours trop restreints.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p class=\"Standard\">Afin de poursuivre et d\u00e9placer cette id\u00e9e d&rsquo;augmentation, si la temporalit\u00e9 induite par la domination fait que les \u00e9crits des femmes ont \u00e9t\u00e9 invisibilis\u00e9s, ou dans certains cas n&rsquo;ont litt\u00e9ralement pas pu exister, que cette \u00e9criture arriverait donc apr\u00e8s, alors c&rsquo;est sans doute aussi cette temporalit\u00e9 qu&rsquo;il faut remanier. Car sinon nous restons de toute fa\u00e7on sans cesse prises dans cette temporalit\u00e9 du retard construite par la domination. Peut-\u00eatre faut-il inventer une nouvelle logique du suppl\u00e9ment, comme le faisait Derrida pour les rapports entre \u00e9criture et parole.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"Standard\" style=\"text-align: justify;\">Mais il faut dire aussi que cette langue, malgr\u00e9 tout, on la trouve. En revanche on peut s&rsquo;interroger sur toute une s\u00e9rie d&rsquo;invisibilisations et de censures de v\u00e9cus non binaires, non blancs, et de personnes contraintes de quitter un pays pour entrer dans un autre. Ces langues-l\u00e0 ne sont pas seulement introuvables, elles sont emp\u00each\u00e9es et occult\u00e9es par les repr\u00e9sentations impos\u00e9es des m\u00e9dias.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"background-color: #ff0000; color: #ffffff;\"><strong>In\u00e9dit : po\u00e8me sans titre<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2696\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Texte-Boyer.jpg\" alt=\"\" width=\"540\" height=\"790\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Texte-Boyer.jpg 540w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Texte-Boyer-205x300.jpg 205w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Texte-Boyer-103x150.jpg 103w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Texte-Boyer-366x535.jpg 366w\" sizes=\"auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px\" \/><\/p>\n<div><\/div>\n<div>\n<p class=\"Standard\">\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Suite \u00e0 la parution en d\u00e9cembre dernier de Polyphonie Penth\u00e9sil\u00e9e (P.O.L, 144 pages), mais \u00e9galement, en ce d\u00e9but janvier 2022, d\u2019une anthologie propos\u00e9e par Marie de Quatrebarbes aux \u00e9ditions du Corridor bleu, Madame tout le monde, ce dossier qui emprunte son titre \u00e0 l\u2019une des sections de Polyphonie Penth\u00e9sil\u00e9e pour r\u00e9unir entretiens, extraits (in\u00e9dits pour la plupart) et chroniques, vise \u00e0 donner un aper\u00e7u compl\u00e9mentaire de la cr\u00e9ation actuelle au f\u00e9minin, tout en donnant la parole \u00e0 des po\u00e9tesses sur leurs pratiques comme sur les conditions qui leur sont faites dans cet espace \u00e9ditorial de circulation restreinte : environ deux tiers d\u2019entre elles (61,5% exactement) ont particip\u00e9 \u00e0 l\u2019une ou l\u2019autre de ces deux aventures collectives cruciales que sont Lettres aux jeunes po\u00e9tesses\u00a0(L\u2019Arche, 2021) et Madame tout le monde\u00a0 ; ajoutons deux autres variables, l\u2019\u00e2ge (pour l\u2019instant : une septuag\u00e9naire, une sexag\u00e9naire, une quinquag\u00e9naire, six quadrag\u00e9naires et quatre trentenaires) et les lieux d\u2019\u00e9dition (une petite trentaine).\u00a0Les trois m\u00eames questions sont pos\u00e9es \u00e0 chacune afin de construire un \u00e9ventail de r\u00e9ponses qui, \u00e0 d\u00e9faut de constituer une enqu\u00eate conforme \u00e0 tous les crit\u00e8res propres aux sciences sociales, n\u2019en est pas moins significative. Apr\u00e8s l\u2019entretien de Liliane Giraudon,\u00a0de Sandra MOUSSEMP\u00c8S,\u00a0d&rsquo;Aur\u00e9lie Olivier, qui a dirig\u00e9 le volume Lettres aux jeunes po\u00e9tesses\u00a0(L\u2019Arche, 2021), et de Virginie Lalucq, voici celui d&rsquo;Elsa Boyer. Elsa Boyer est \u00e9crivaine, th\u00e9oricienne et traductrice. Elle enseigne la th\u00e9orie des m\u00e9dias, les humanit\u00e9s num\u00e9riques et les questions d\u2019\u00e9criture exp\u00e9rimentale \u00e0 l\u2019\u00e9cole des arts d\u00e9coratifs de Paris. Elle a publi\u00e9 un essai intitul\u00e9\u00a0Le Conflit des perceptions (MF, 2015) et sept r\u00e9cits (P.O.L et MF). Le dernier,\u00a0Orbital, est paru en novembre 2021 aux \u00e9ditions MF. Ces r\u00e9cits interrogent chacun \u00e0 leur mani\u00e8re notre environnement m\u00e9diatique contemporain, que ce soient les images du sport, de la politique des r\u00e9seaux sociaux. En s\u2019effor\u00e7ant d\u2019int\u00e9grer l\u2019influence du num\u00e9rique et des jeux vid\u00e9o dans la litt\u00e9rature, ces textes explorent des formes de narration po\u00e9tique qui privil\u00e9gient la boucle, la s\u00e9rie, la bribe, la r\u00e9p\u00e9tition. Ces narrations minimalistes et fragmentaires sont l\u2019occasion d\u2019entrer dans les textures de la langue, les structures des phrases, pour essayer de figurer les effets du capitalisme contemporain et de ses images sur nos perceptions, nos corps et nos d\u00e9sirs. En ce temps de chasse au \u00ab\u00a0wokisme\u00a0\u00bb, comment traiter encore les rapports de domination ? Sans tomber dans l\u2019id\u00e9ologie et en maintenant le cap : LIBR-CRITIQUE s\u2019est toujours inscrite dans le prolongement de la pens\u00e9e critique des Modernes, ce qui suppose le refus de tout identitarisme. Dans Soi-m\u00eame comme un roi. Essai sur les d\u00e9rives identitaires(Seuil, 2021), \u00c9lisabeth Roudinesco montre lumineusement en quoi diff\u00e8rent les luttes \u00e9mancipatrices du si\u00e8cle dernier et celles men\u00e9es actuellement au nom de telle ou telle soi-disant \u00ab\u00a0identit\u00e9\u00a0\u00bb (raciale, nationale ou sexuelle) : les premi\u00e8res visent un universel singulier (Sartre) ; les secondes, un particularisme sectaire. \/FT\/ Entretien d&rsquo;Elsa Boyer avec Fabrice Thumerel FT. Aujourd&rsquo;hui, que font les femmes \u00e0 la po\u00e9sie\u00a0? EB. Je pourrais dire ce que certaines font dans la po\u00e9sie mais pas dire ce que les femmes font \u00e0 la po\u00e9sie. Il y a l\u00e0 deux cat\u00e9gories qui posent d\u00e9j\u00e0 question, celle des femmes, celle de la po\u00e9sie. Et je ne suis pas s\u00fbre que ces deux cat\u00e9gories permettent d&rsquo;op\u00e9rer. Je n&rsquo;aimerais pas non plus verser dans l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;une position qui a \u00e9t\u00e9 minoris\u00e9e, en l&rsquo;occurrence qui porte la marque de son genre, doit du coup forc\u00e9ment produire une contre position, affirmer des formes ou des ruptures. C&rsquo;est pour cela aussi que le titre de l&rsquo;anthologie Madame Tout le monde qu&rsquo;a choisi Marie de Quatrebarbes me semble bienvenu, dans sa mani\u00e8re de rappeler une assignation et d&rsquo;entrem\u00ealer sur un mode non spectaculaire, tr\u00e8s banal en fait, les f\u00e9minins et masculins dans une forme de continuum. \u00c0 la limite, on aurait bien aim\u00e9 pouvoir reprendre la phrase de Monique Wittig dans La Pens\u00e9e straight, \u00ab\u00a0les lesbiennes ne sont pas des femmes\u00a0\u00bb, et dire que les po\u00e8tes ne sont pas des femmes. Mais on ne peut pas prendre cette phrase qui vaut sp\u00e9cifiquement pour les lesbiennes politiques. On peut juste s&rsquo;en inspirer. Ou alors on pourrait peut-\u00eatre commencer par \u00e9crire autrement ce terme de \u00ab\u00a0femmes\u00a0\u00bb, et le transformer en \u00ab\u00a0phemmes\u00a0\u00bb, par exemple, pour reprendre un mot qu&rsquo;on trouve dans Le Pays o\u00f9 tout est permis de Sophie Podolski. Disons qu&rsquo;elles font des choses extr\u00eamement diff\u00e9rentes les unes des autres, elles ne sont pas sur une m\u00eame ligne parce qu&rsquo;elles ne cherchent pas \u00e0 s&rsquo;aligner sur une identit\u00e9 homog\u00e8ne qui inclurait de force ou qui exclurait d&rsquo;autres positions. Elles font des po\u00e8mes en short pour reprendre un vers de la po\u00e8te Anne Portugal dans Et comment nous voil\u00e0 moins \u00e9pais. Elles cherchent des phrases et o\u00f9 situer un corps dans le quadrillage des mots. Elles exp\u00e9rimentent entre formes po\u00e9tiques et formes narratives, entre formes abstraites ou m\u00e9ta et formes incarn\u00e9es, entre concepts et ultra sensuel. Elles font des revues entre anglais et fran\u00e7ais comme Jackqueline Frost avec Luc B\u00e9nazet. Elles font des anthologies qui interrogent le geste de l&rsquo;anthologie, avec Marie de Quatrebarbes, mais aussi \u00c9lodie Petit et Marguerin Louvier. Elles traduisent aussi. Aujourd&rsquo;hui ce que les po\u00e8tes.ses font plus facilement dans la po\u00e9sie, c&rsquo;est peut-\u00eatre se glisser dans des filiations, des affinit\u00e9s, lire des po\u00e8tes.ses, leurs travaux d&rsquo;\u00e9dition, de traduction, de revues, et d\u00e9cider que c&rsquo;est ce travail-l\u00e0 qu&rsquo;on choisit de transmettre en priorit\u00e9 \u00e0 des \u00e9tudiant.es, par exemple. Il est sans doute plus facile aujourd&rsquo;hui d&rsquo;exister dans des g\u00e9n\u00e9alogies ou bien, d&rsquo;ailleurs, de se construire contre elles. &nbsp; FT. Remise en question, la domination masculine est encore d&rsquo;actualit\u00e9 dans le milieu po\u00e9tique. Est-ce \u00e0 dire qu&rsquo;un #MeToo y serait \u00e9galement n\u00e9cessaire\u00a0? EB. S&rsquo;il s&rsquo;agit de reconna\u00eetre que dans le champ po\u00e9tique aussi ont eu lieu et perdurent des pratiques de domination, effectivement c&rsquo;est n\u00e9cessaire. S&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;avoir un #metoo pour rejoindre les autres secteurs institutionnalis\u00e9s de la culture, \u00e7a l&rsquo;est sans doute moins. Mais peut-\u00eatre faut-il aller au bout de cet activisme de hashtag pour voir aussi ce qu&rsquo;il ne r\u00e9sout pas. Et on peut se demander&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":2183,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9,570,2],"tags":[1522,1587,1274,1462,1585,1456,41,47,1414,12,1588,1584,877,1273,189,1583,1424,1062,1415,1589,215,1582,1586,1548],"class_list":["post-2687","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-creation","category-entretien","category-une","tag-metoo-de-la-poesie","tag-anne-portugal","tag-aurelie-olivier","tag-ce-que-les-femmes-font-a-la-poesie","tag-claire-finch","tag-editions-de-larche","tag-editions-p-o-l","tag-elisabeth-roudinesco","tag-elsa-boyer","tag-fabrice-thumerel","tag-jackqueline-frost","tag-kathy-acker","tag-le-corridor-bleu","tag-lettres-aux-jeunes-poetesses","tag-liliane-giraudon","tag-lisa-robertson","tag-luc-benazet","tag-marie-de-quatrebarbes","tag-mf-editions","tag-monique-wittig","tag-sandra-moussempes","tag-sophie-podolski","tag-tarana-burke","tag-virginie-lalucq"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2687","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2687"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2687\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2698,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2687\/revisions\/2698"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2183"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2687"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2687"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2687"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}