{"id":3277,"date":"2022-10-19T20:18:56","date_gmt":"2022-10-19T18:18:56","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=3277"},"modified":"2022-10-19T20:19:44","modified_gmt":"2022-10-19T18:19:44","slug":"texte-mathieu-brosseau-des-mains","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2022\/10\/19\/texte-mathieu-brosseau-des-mains\/","title":{"rendered":"[Texte] Mathieu Brosseau, Des mains"},"content":{"rendered":"<p>&#8211; \u00a0Qu\u2019est-ce qu\u2019une question ?<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Un livre la pose. Il est ivre, chancelant, refuse,<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Ne pas, ne pas avancer, plus<br \/>\nNe plus marcher, \u00e9puis\u00e9, une boucle,<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">L\u2019insens\u00e9e offre sens, lait en neige, \u00e0 force de le battre, de le battre encore, et frotter le silex<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Sur la route, la science d\u00e9pass\u00e9e par une pens\u00e9e ahurie, puis d\u2019autres, mille autres<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Chaque seconde d\u00e9pass\u00e9e en conscience forme une page, \u00e0 force,<br \/>\nSe forme l\u2019\u00e9paisseur d\u2019un tome,<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Avance droitement de travers, livres dans tous les sens, dansent sur les anciennes boiseries<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">L\u2019un tient la pose, tente, bascule, le bois s\u2019effrite, se ronge, le sol vrillette<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Ici, en t\u00e9moigne cette montagne, un pas difficilement passe la cr\u00eate, et au-del\u00e0,<br \/>\nCe qui est vu retouche l\u2019\u0153il, ligature express,<br \/>\nR\u00e9pare ce mort,<\/p>\n<p>&#8211; Il n\u2019en est pas question, affirme la position d\u2019apr\u00e8s, une autre.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Quelques notes encha\u00een\u00e9es, entra\u00eene une perte, une nuit radicalise la posture,<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le livre partitionne, n\u2019offre plus ni sens ni doublement, il tremble dans un air trouble dont il ne pense rien,<br \/>\nPlus rien<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Rien qu\u2019une attente, celle d\u2019\u00eatre jou\u00e9, livre disparu, vanit\u00e9 craquel\u00e9e, l\u2019alun soluble<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Poussi\u00e8res de ponctuations racl\u00e9es, \u00e9t\u00eat\u00e9es \u00e0 taille humaine, morcel\u00e9es d\u2019un silence abscons,<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Un silence qu\u2019une pens\u00e9e d\u00e9borde,<\/p>\n<p>&#8211; Parce qu\u2019une pens\u00e9e d\u00e9passe toujours la pens\u00e9e,<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\u00c0 son insu, \u00e0 cause de son insuffisance, et surtout,<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\n<p style=\"font-weight: 400;\">Et surtout \u00e0 cause des pens\u00e9es,<br \/>\nD\u2019un autre qui dirait,<br \/>\nD\u2019un soi-m\u00eame ult\u00e9rieur qui reviendrait,<\/p>\n<p>&#8211; Alors qu\u2019il ne faudrait pas revenir, jamais,<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Puisque ce n\u2019est pas possible,<br \/>\nPossible, c\u2019est croire,<br \/>\nEsp\u00e9rer qu\u2019un livre pos\u00e9 pose cette question,<\/p>\n<p>&#8211; Quand il n\u2019y en a pas,<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Telle partition qu\u2019attend le vent, d\u00e9bord\u00e9e d\u2019une vie,<\/p>\n<p>&#8211; La vie seule d\u00e9passe pens\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Arbre de papier, ma\u00eetrise d\u2019un retour, r\u00e9p\u00e9tition des chocs min\u00e9raux, ces pierres allument,<br \/>\nUn retour absurde s\u2019est jou\u00e9,<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Un peuple coupeur de mains,<br \/>\nCivilisation du destin, celle-l\u00e0 endigue, et par-l\u00e0 r\u00e9p\u00e8te,<\/p>\n<p>&#8211; Conserv\u00e9 avec le sel, ce cimeti\u00e8re identitaire.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Il donne Nom b\u00e2tard, il donne,<br \/>\nEt redonne, non pour fuir, non,<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Mais pour empiler corps sur corps, pour<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Habiter sa dur\u00e9e, y croire c\u2019est possible pour<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">R\u00e9\u00e9crire ce livre, pour qu\u2019au r\u00e9veil, pens\u00e9es reviennent et doublent, et se reposent la question<\/p>\n<p>&#8211; Qu\u2019est-ce qu\u2019une\u2026<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Jusqu\u2019au jour, ce jour o\u00f9 tel clown, ou pitre, ou zouave maniaque, chauff\u00e9 au fer, sur son ressort tenu par l\u2019abime, il sourit, regarde ses mains faire<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Hors de sa t\u00eate,<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">S\u2019arr\u00eate, regarde ce point,<br \/>\nRetire son enjeu, la question,<br \/>\nS\u2019\u00e9loigne et moque l\u2019interrogation, se triple et se fout double, et revient et s\u2019arr\u00eate \u00e0 point,<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Jusqu\u2019\u00e0 rire et rire, macchab\u00e9e ou fant\u00f4me, l\u00e0 g\u00eet tous les ingr\u00e9dients pour ne<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Ne pas se r\u00e9veiller, ou plut\u00f4t pour ouvrir tel ou tel \u0153il sans plus,<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Sans tierce pens\u00e9e, sans,<br \/>\nLivre sans retour,<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Afin d\u2019ouvrir sans ouvrir telle ou telle main libre peuplant les biblioth\u00e8ques,<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Mains de mati\u00e8res, juste les serrer, les<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\n<p style=\"font-weight: 400;\">Les ouvrir et sentir,<br \/>\n\u00c9motion,<br \/>\nOu mourir, semblable \u00e0 un tremblement, \u00e0 une simple, si simple stup\u00e9faction,<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Mains adventices qui seules permettent un retour,<br \/>\nSans se voir, s\u2019\u00e9mouvoir de les \u00e9treindre,<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Sans se poser, ni poser,<br \/>\nNi \u00e9paisseur conservatrice, ni<br \/>\nquestion.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8211; \u00a0Qu\u2019est-ce qu\u2019une question ? Un livre la pose. Il est ivre, chancelant, refuse, Ne pas, ne pas avancer, plus Ne plus marcher, \u00e9puis\u00e9, une boucle, L\u2019insens\u00e9e offre sens, lait en neige, \u00e0 force de le battre, de le battre encore, et frotter le silex Sur la route, la science d\u00e9pass\u00e9e par une pens\u00e9e ahurie, puis d\u2019autres, mille autres Chaque seconde d\u00e9pass\u00e9e en conscience forme une page, \u00e0 force, Se forme l\u2019\u00e9paisseur d\u2019un tome, Avance droitement de travers, livres dans tous les sens, dansent sur les anciennes boiseries L\u2019un tient la pose, tente, bascule, le bois s\u2019effrite, se ronge, le sol vrillette Ici, en t\u00e9moigne cette montagne, un pas difficilement passe la cr\u00eate, et au-del\u00e0, Ce qui est vu retouche l\u2019\u0153il, ligature express, R\u00e9pare ce mort, &#8211; Il n\u2019en est pas question, affirme la position d\u2019apr\u00e8s, une autre. Quelques notes encha\u00een\u00e9es, entra\u00eene une perte, une nuit radicalise la posture, Le livre partitionne, n\u2019offre plus ni sens ni doublement, il tremble dans un air trouble dont il ne pense rien, Plus rien Rien qu\u2019une attente, celle d\u2019\u00eatre jou\u00e9, livre disparu, vanit\u00e9 craquel\u00e9e, l\u2019alun soluble Poussi\u00e8res de ponctuations racl\u00e9es, \u00e9t\u00eat\u00e9es \u00e0 taille humaine, morcel\u00e9es d\u2019un silence abscons, Un silence qu\u2019une pens\u00e9e d\u00e9borde, &#8211; Parce qu\u2019une pens\u00e9e d\u00e9passe toujours la pens\u00e9e, \u00c0 son insu, \u00e0 cause de son insuffisance, et surtout, Et surtout \u00e0 cause des pens\u00e9es, D\u2019un autre qui dirait, D\u2019un soi-m\u00eame ult\u00e9rieur qui reviendrait, &#8211; Alors qu\u2019il ne faudrait pas revenir, jamais, Puisque ce n\u2019est pas possible, Possible, c\u2019est croire, Esp\u00e9rer qu\u2019un livre pos\u00e9 pose cette question, &#8211; Quand il n\u2019y en a pas, Telle partition qu\u2019attend le vent, d\u00e9bord\u00e9e d\u2019une vie, &#8211; La vie seule d\u00e9passe pens\u00e9e. Arbre de papier, ma\u00eetrise d\u2019un retour, r\u00e9p\u00e9tition des chocs min\u00e9raux, ces pierres allument, Un retour absurde s\u2019est jou\u00e9, Un peuple coupeur de mains, Civilisation du destin, celle-l\u00e0 endigue, et par-l\u00e0 r\u00e9p\u00e8te, &#8211; Conserv\u00e9 avec le sel, ce cimeti\u00e8re identitaire. Il donne Nom b\u00e2tard, il donne, Et redonne, non pour fuir, non, Mais pour empiler corps sur corps, pour Habiter sa dur\u00e9e, y croire c\u2019est possible pour R\u00e9\u00e9crire ce livre, pour qu\u2019au r\u00e9veil, pens\u00e9es reviennent et doublent, et se reposent la question &#8211; Qu\u2019est-ce qu\u2019une\u2026 Jusqu\u2019au jour, ce jour o\u00f9 tel clown, ou pitre, ou zouave maniaque, chauff\u00e9 au fer, sur son ressort tenu par l\u2019abime, il sourit, regarde ses mains faire Hors de sa t\u00eate, S\u2019arr\u00eate, regarde ce point, Retire son enjeu, la question, S\u2019\u00e9loigne et moque l\u2019interrogation, se triple et se fout double, et revient et s\u2019arr\u00eate \u00e0 point, Jusqu\u2019\u00e0 rire et rire, macchab\u00e9e ou fant\u00f4me, l\u00e0 g\u00eet tous les ingr\u00e9dients pour ne Ne pas se r\u00e9veiller, ou plut\u00f4t pour ouvrir tel ou tel \u0153il sans plus, Sans tierce pens\u00e9e, sans, Livre sans retour, Afin d\u2019ouvrir sans ouvrir telle ou telle main libre peuplant les biblioth\u00e8ques, Mains de mati\u00e8res, juste les serrer, les Les ouvrir et sentir, \u00c9motion, Ou mourir, semblable \u00e0 un tremblement, \u00e0 une simple, si simple stup\u00e9faction, Mains adventices qui seules permettent un retour, Sans se voir, s\u2019\u00e9mouvoir de les \u00e9treindre, Sans se poser, ni poser, Ni \u00e9paisseur conservatrice, ni question.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3278,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9,2],"tags":[723,1647,1646],"class_list":["post-3277","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-creation","category-une","tag-brosseau-poesie-lyrique","tag-brosseau-poesie-spirituelle","tag-mathieu-brosseau"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3277","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3277"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3277\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3279,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3277\/revisions\/3279"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3278"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3277"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3277"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3277"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}