{"id":3432,"date":"2022-12-18T11:25:25","date_gmt":"2022-12-18T10:25:25","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=3432"},"modified":"2022-12-18T12:39:04","modified_gmt":"2022-12-18T11:39:04","slug":"chronique-autrices-ces-grandes-effacees-qui-ont-fait-la-litterature-par-marie-josee-desvignes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2022\/12\/18\/chronique-autrices-ces-grandes-effacees-qui-ont-fait-la-litterature-par-marie-josee-desvignes\/","title":{"rendered":"[Chronique] AUTRICES. Ces grandes effac\u00e9es qui ont fait la litt\u00e9rature, par Marie-Jos\u00e9e Desvignes"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong><em>AUTRICES. Ces grandes effac\u00e9es qui ont fait la litt\u00e9rature<\/em><\/strong>. Textes choisis et pr\u00e9sent\u00e9s par Daphn\u00e9 Ticrizenis, pr\u00e9face Titiou Lecoq, illustrations de Marie Fr\u00e9 Dhal. Tome 1\/ du Moyen-Age au XVIIe si\u00e8cle, \u00e9ditions Hors d&rsquo;atteinte, septembre 2022, 304 pages, 26 euros, ISBN\u00a0: 978-2-38257-063-0.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">La prise de conscience depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es de l\u2019absence des femmes dans les manuels d\u2019histoire litt\u00e9raire suscite de plus en plus de recherches. De nombreux ouvrages universitaires et colloques sur les femmes en litt\u00e9rature leur sont consacr\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Comment doit-on appeler les femmes qui \u00e9crivent\u00a0? Sont-elles des autrices ou des \u00e9crivaines\u00a0? Telle \u00e9tait la question qui s\u2019est pos\u00e9e apr\u00e8s l\u2019av\u00e8nement de <em>#MeToo.<\/em> Rappelons toutefois qu\u2019en 2019 l\u2019Acad\u00e9mie donnait toujours un avis d\u00e9favorable \u00e0 l\u2019emploi du mot \u00ab\u00a0autrice\u00a0\u00bb, terme pourtant couramment utilis\u00e9 jusqu\u2019au XVIIe si\u00e8cle. Avec pour mission de d\u00e9finir le bon usage de la langue, celle-ci avait d\u00e9j\u00e0 opt\u00e9 pour la fameuse r\u00e8gle du \u00ab\u00a0masculin (\u00ab\u00a0genre plus noble\u00a0\u00bb) qui l\u2019emporte sur le f\u00e9minin\u00a0\u00bb et \u00e9vacu\u00e9 la pr\u00e9c\u00e9dente r\u00e8gle dite de proximit\u00e9 (<em>ex\u00a0: les hommes et les femmes sont belles<\/em>).<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Il y a une vingtaine d\u2019ann\u00e9es, je participais \u00e0 un colloque intitul\u00e9 \u00ab\u00a0E comme \u00e9crivaine\u00a0\u00bb organis\u00e9 par le GRAIF, organisme f\u00e9ministe, autour de la question de la place des femmes en litt\u00e9rature et il y \u00e9tait exactement question de l\u2019effacement de celles-ci dans les manuels d\u2019histoire litt\u00e9raire au fil des si\u00e8cles. Les recherches pour sa th\u00e8se, que nous avait pr\u00e9sent\u00e9es Audrey Lasserre, portaient pr\u00e9cis\u00e9ment sur ce processus d\u2019effacement qui \u00e9tait d\u00fb, selon elle, au fait que les manuels d\u2019Histoire litt\u00e9raire \u00e9taient essentiellement \u00e9crits par des hommes, alors qu\u2019ils sont \u00e9tudi\u00e9s dans le second cycle et \u00e0 l\u2019Universit\u00e9. D\u00e8s leur d\u00e9but, ces manuels n\u2019ont eu de cesse de minorer ou de discr\u00e9diter les autrices apr\u00e8s leur mort, ce qui perdurera jusqu\u2019\u00e0 nos jours, comme en t\u00e9moigne la plus connue et la plus lue \u00e0 l\u2019Universit\u00e9, l<em>\u2019Histoire de la Litt\u00e9rature fran\u00e7aise au XVIIe si\u00e8cle<\/em> d\u2019Antoine Adam, publi\u00e9e en 1948 (dont <em>\u00ab\u00a0seulement quelques pages sont consacr\u00e9es aux autrices de la fin du si\u00e8cle et uniquement pour s\u2019en moquer ou les condamner\u00a0\u00bb<\/em>).<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Car ce n\u2019est pas tant leur pr\u00e9sence dans le champ litt\u00e9raire d\u2019aujourd\u2019hui qui pose probl\u00e8me que leur difficult\u00e9 \u00e0 durer et une volont\u00e9 d\u2019effacer leurs noms de nos m\u00e9moires et de nos biblioth\u00e8ques depuis des si\u00e8cles.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Les \u00e9ditions Hors d\u2019atteinte, avec ce premier tome intitul\u00e9 <em>Autrices, ces grandes effac\u00e9es qui ont fait la litt\u00e9rature, <\/em>consacrent une \u00e9tude importante \u00e0 une premi\u00e8re p\u00e9riode allant du Moyen Age au XVIIe si\u00e8cle. Deux autres tomes sont \u00e0 venir en septembre 2023 pour le XVIIIe et le XIXe, et septembre 2024, pour le XXe si\u00e8cle \u00e0 nos jours.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Cette anthologie de textes d\u2019autrices depuis le Moyen-\u00c2ge construite en deux grandes parties <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-3435\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Autrices.jpg\" alt=\"\" width=\"210\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Autrices.jpg 210w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Autrices-105x150.jpg 105w\" sizes=\"auto, (max-width: 210px) 100vw, 210px\" \/>(biographies et textes) d\u00e9fend chaque autrice dans son style propre, ses exigences et m\u00eame parfois sa g\u00e9nialit\u00e9. Et non \u2013 comme ont voulu le v\u00e9hiculer quelques-uns \u2013 ces femmes n\u2019ont pas \u00e9crit des \u0153uvres qui se ressembleraient par leur forme et leur contenu.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">On y apprend par exemple que la premi\u00e8re \u0153uvre \u00e9crite est celle d\u2019une femme, Enheduanna, une po\u00e9tesse de l\u2019extr\u00eame sud de la M\u00e9sopotamie vers 2300 avant notre \u00e8re. On y d\u00e9couvre l\u2019engagement ent\u00eat\u00e9 d\u2019autrices comme, entre autres, Christine de Pizan qui, en prenant la d\u00e9fense des femmes contre les misogynes, initiera une des pol\u00e9miques les plus longues\u00a0: <em>la Querelles des femmes<\/em> (quoique la plus vite oubli\u00e9e).<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00c0 chaque pol\u00e9mique sur l\u2019\u00e9criture des femmes se pose la question du \u00ab\u00a0genre\u00a0\u00bb en litt\u00e9rature contre l\u2019essentialisme des misogynes qui aimeraient bien continuer \u00e0 cantonner les femmes dans leur cuisine. Faire retour sur l\u2019histoire litt\u00e9raire des autrices permet de v\u00e9rifier et de diffuser leur combat pour exister. Car leur existence au fil des si\u00e8cles demeure un sujet br\u00fblant<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-3204\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/NobelAEBackG-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/NobelAEBackG-300x300.jpg 300w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/NobelAEBackG-150x150.jpg 150w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/NobelAEBackG-144x144.jpg 144w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/NobelAEBackG-366x366.jpg 366w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/NobelAEBackG-75x75.jpg 75w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/NobelAEBackG.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/> comme en t\u00e9moigne l\u2019actualit\u00e9 du Prix Nobel de litt\u00e9rature 2022, d\u00e9cern\u00e9 \u00e0 Annie Ernaux. Tr\u00e8s vite, la <a href=\"https:\/\/aoc.media\/analyse\/2022\/12\/07\/passions-ernaux-sur-le-nobel-de-litterature-2022\/\"><strong>pol\u00e9mique<\/strong> <\/a>a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la fragilit\u00e9 de la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u2019un auteur femme. Celle-ci se trouve aussit\u00f4t remise en doute, voire vilipend\u00e9e, ici, parce que son \u00e9criture blanche renverrait \u00e0 quelque chose de trop intime du genre de la confession quand il s\u2019agit bien moins d\u2019autobiographie que de rendre compte d\u2019une intimit\u00e9 qui appelle \u00e0 l\u2019universalit\u00e9. Annie Ernaux n\u2019\u00e9crit-elle pas, d\u2019ailleurs\u00a0: \u00ab\u00a0Je ne suis pas une femme qui \u00e9crit, je suis quelqu\u2019un qui \u00e9crit\u00a0\u00bb (<em>Le Vrai Lieu<\/em>, Gallimard). Vou\u00e9e aux g\u00e9monies des r\u00e9seaux sociaux tout autant, elle est, bien heureusement, \u00e0 l\u2019inverse, acclam\u00e9e et reconnue dans sa grande l\u00e9gitimit\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 des USA ou du jury su\u00e9dois qui l\u2019a consacr\u00e9e contre l\u2019id\u00e9e que se font certains encore en France du <a href=\"https:\/\/diacritik.com\/2022\/10\/10\/tribune-heureusement-annie-ernaux-nest-pas-un-grand-ecrivain\/\">\u00ab\u00a0Grand \u00e9crivain\u00a0\u00bb<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: center;\"><span style=\"background-color: #ff0000; color: #ffffff;\"><strong>La litt\u00e9rature, une affaire d\u2019hommes\u00a0?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Si donc, les hommes \u00e9taient plus repr\u00e9sent\u00e9s en litt\u00e9rature au Moyen Age, c\u2019est du seul fait ind\u00e9niable que les femmes \u00e9taient \u00ab\u00a0emp\u00each\u00e9es\u00a0\u00bb. Et du fait qu\u2019elles \u00e9taient assign\u00e9es aux t\u00e2ches m\u00e9nag\u00e8res, elles y \u00e9taient d\u2019autant plus facilement renvoy\u00e9es. Virginia Woolf, avec <em>Une chambre \u00e0 soi, <\/em>avait d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9 l\u2019acc\u00e8s difficile, voire interdit \u00e0 l\u2019\u00e9ducation des filles, les conditions mat\u00e9rielles inadapt\u00e9es et le d\u00e9faut d\u2019ind\u00e9pendance financi\u00e8re, les entraves li\u00e9es \u00e0 la condition maritale et la maternit\u00e9, les discours misogynes etc., tout comme l\u2019a montr\u00e9 Annie Ernaux encore dans<em> La Femme gel\u00e9e <\/em>et quelques autres de ses livres.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">L\u2019anthologie ne manque pas de rappeler qu\u2019au Moyen \u00c2ge, celles qui ont \u00e9crit \u00e9taient issues de la noblesse, religieuses ou veuves. Certaines ont pu obtenir une certaine reconnaissance de leur vivant, depuis Marie de France et avant elle, la Comtesse de Die, Na Castelosa ou Azala\u00efs de Porcairagues, effac\u00e9es des anthologies avec entre autres, Marguerite Porete, religieuse, Marie de Cl\u00e8ves, Jeanne Filleul. Ainsi, saviez-vous que les premiers \u00e9crits en langue vulgaire est le fait des femmes-troubadours du Sud de la France\u00a0: les trobairitz\u00a0? Il reste peu de manuscrits de po\u00e9sie m\u00e9di\u00e9vale et seulement une vingtaine de noms de trobairitz qui ne sont pas de simples interpr\u00e8tes, mais bien des po\u00e9tesses et compositrices. Elles \u00e9crivent la souffrance d\u2019aimer en vers et en chanson dans ce genre troubadour tant pris\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Quant aux religieuses, elles explorent les textes spirituels et avancent lentement vers les domaines plus savants.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3440\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/trobairitz.jpg\" alt=\"\" width=\"540\" height=\"275\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/trobairitz.jpg 540w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/trobairitz-300x153.jpg 300w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/trobairitz-150x76.jpg 150w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/trobairitz-366x186.jpg 366w\" sizes=\"auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px\" \/><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">La talentueuse et savante Christine de Pizan (1365-vers 1430) sera m\u00eame la premi\u00e8re \u00e0 vivre de sa plume. Premi\u00e8re voix f\u00e9ministe et autrice prolifique courageuse, de 1399 \u00e0 1429, elle signe trente ouvrages et s\u2019occupe elle-m\u00eame de la production et de la diffusion de son \u0153uvre. Rien ne l\u2019impressionne, elle n\u2019h\u00e9sitera pas \u00e0 d\u00e9noncer les propos misogynes d\u2019Ovide dans<em> l\u2019Art d\u2019aimer<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-3439\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/christine_de_pisan_auteur_poete_philosophe_monde_medieval_moyen-age.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"340\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/christine_de_pisan_auteur_poete_philosophe_monde_medieval_moyen-age.jpg 220w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/christine_de_pisan_auteur_poete_philosophe_monde_medieval_moyen-age-194x300.jpg 194w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/christine_de_pisan_auteur_poete_philosophe_monde_medieval_moyen-age-97x150.jpg 97w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/><\/em> ou de Guillaume de Lorris dans<em> Le Roman de la Rose<\/em>. Son \u00e9criture bouscule par sa verve et sa brillance.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00ab<em>\u00a0En rendant publiques ses lettres priv\u00e9es, Christine de Pizan devient la premi\u00e8re voix f\u00e9ministe \u00e0 sortir du rang et \u00e0 faire sa place sur la sc\u00e8ne publique. [\u2026] Elle met son \u00e9criture au service des femmes, promeut l\u2019\u00e9ducation des jeunes filles et condamne la violence des hommes.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Elle est aussi la premi\u00e8re \u00e9crivaine \u00e0 conqu\u00e9rir l\u2019\u00e9criture savante loin de l\u2019amour courtois ou de la po\u00e9sie lyrique tr\u00e8s pris\u00e9s \u00e0 la Cour du Moyen Age, et \u00e0 attester que les femmes ont des capacit\u00e9s intellectuelles qu\u2019il revient \u00e0 l\u2019\u00e9cole d\u2019honorer.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Tr\u00e8s controvers\u00e9e, elle sera la <em>\u00ab\u00a0premi\u00e8re victime d\u2019une vaste campagne de m\u00e9pris et de discr\u00e9dit\u00a0\u00bb<\/em> et d\u2019une censure tr\u00e8s \u00e9tendue de son \u0153uvre majeure. Elle demeurera absente tr\u00e8s longtemps des ouvrages d\u2019histoire litt\u00e9raire du vingti\u00e8me si\u00e8cle. Le p\u00e8re de cette discipline, G. Lanson, a appel\u00e9 \u00e0 la m\u00e9priser dans son <em>Histoire de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise<\/em> (1895), lequel attaquait les autrices sur leur pr\u00e9tendues limites intellectuelles et immoralit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le sort des femmes \u00e9crivains s\u2019aggrave paradoxalement dans ce si\u00e8cle de Renaissance qui voit na\u00eetre le mouvement humaniste. Elles voient leurs droits se restreindre, leurs pouvoirs contest\u00e9s, et l\u2019acc\u00e8s aux \u00e9tudes ferm\u00e9. Souvent isol\u00e9es, c\u00e9libataires, veuves, soignantes, environ 100 000 femmes seront jug\u00e9es pour sorcellerie, d\u00e9capit\u00e9es, br\u00fbl\u00e9es, victimes d\u2019un f\u00e9minicide de masse qui se prolonge jusqu\u2019au XVIIIe si\u00e8cle. La Reine Anne Boleyn, ou encore L\u00e9onora Dori, sont les premi\u00e8res \u00e0 critiquer la chasse aux sorci\u00e8res. L\u2019invention de l\u2019imprimerie sera une r\u00e9volution qui donnera aux femmes l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la publication, au savoir, \u00e0 l\u2019alphab\u00e9tisation et \u00e0 la culture de l\u2019\u00e9crit.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-3444\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Marguerite-de-Navarre.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"230\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Marguerite-de-Navarre.jpg 225w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Marguerite-de-Navarre-147x150.jpg 147w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/>Marguerite de Navarre a \u00e9t\u00e9 une \u00ab\u00a0pionni\u00e8re\u00a0\u00bb en publiant ses \u00e9crits et a connu un grand succ\u00e8s qui a inspir\u00e9 beaucoup d\u2019autrices. Son <em>Heptam\u00e9ron<\/em> dont les nouvelles rapportent autant <em>\u00ab\u00a0d\u2019agressions sexuelles, viols, harc\u00e8lement, f\u00e9minicides, mariages impos\u00e9s, misogynie assum\u00e9e\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0plaidoyer obstin\u00e9 contre les violences faites aux femmes a longtemps \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme une \u0153uvre l\u00e9g\u00e8re voire grivoise\u00a0\u00bb. <\/em>C\u2019est d\u00e9sormais la premi\u00e8re \u0153uvre d\u2019une femme de la Renaissance \u00e0 avoir figur\u00e9 \u00e0 l\u2019agr\u00e9gation en 1991 puis en 2020, tout comme Louise Labb\u00e9 en 2006.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Outre les nouvelles et le roman, la po\u00e9sie est un genre tr\u00e8s pris\u00e9 par les femmes. Louise Labb\u00e9 en demeure la plus connue et la plus \u00e9tudi\u00e9e de nos jours. Elle a fait l\u2019objet d\u2019attaques sur sa l\u00e9gitimit\u00e9 d\u2019autrice et sa r\u00e9putation personnelle.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">On d\u00e9couvre une constante d\u00e9j\u00e0, toutes ces femmes exhortent les femmes \u00e0 \u00e9crire et \u00e0 \u0153uvrer pour leur reconnaissance. Le combat f\u00e9ministe va de pair avec le d\u00e9sir des hommes de les \u00e9vincer.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0Nous tenons les hommes<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>Des lieux o\u00f9 nous sommes,<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>Tous emp\u00each\u00e9s \u00e0 filer\u00a0;<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>Leur l\u00e2che courage<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>D\u2019un plus bel ouvrage<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>N\u2019est digne de se m\u00ealer\u00a0;<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>Si quelqu\u2019un de vous<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>S\u2019en f\u00e2che contre nous<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>Qu\u2019il vienne quereller\u00a0\u00bb<\/em><em>,<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00e9crit Catherine Fradonnet dans sa \u00ab\u00a0<em>Chanson des Amazones\u00a0<\/em>\u00bb (<em>Les Oeuvres<\/em>, Droz) dont les pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre se sont vu attribu\u00e9es apr\u00e8s sa mort \u00e0 Jules Guersens, un po\u00e8te ami.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Car si les femmes \u00e9taient ridiculis\u00e9es, ni\u00e9es, et jug\u00e9es indignes d\u2019\u00e9crire, leur talent sit\u00f4t qu\u2019il se r\u00e9v\u00e9lait ne pouvait leur \u00eatre attribu\u00e9. Si le texte est bon c\u2019est qu\u2019un homme se cachait derri\u00e8re, n\u2019est-ce pas, autre proc\u00e9d\u00e9 tout aussi ignoble que cette r\u00e9-attribution de leurs \u0153uvres \u00e0 des auteurs.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Faire l\u2019\u00e9loge des femmes, \u00e0 la mani\u00e8re de Boccace le po\u00e8te florentin (1313-1375), entrer dans la \u00ab\u00a0Querelle des femmes\u00a0\u00bb et prendre leur d\u00e9fense contre les misogynies qui les d\u00e9claraient incapables, en c\u00e9l\u00e9brant des figures f\u00e9minines mythologiques, Catherine Fradonnet y excellera avec sa m\u00e8re Madeleine Neveu, indissociables l\u2019une de l\u2019autre dans toutes les biographies.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0Les hommes ont de l\u2019autorit\u00e9,<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>Contre raison et contre l\u2019\u00e9quit\u00e9.<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>Mais envers toi, fille qui m\u2019es si proche,<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>Ce me serait un grand bl\u00e2me et reproche<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>De te conduire au sentier plus battu,<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>Vu que ton c\u0153ur est n\u00e9 \u00e0 la vertu.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">(Madeleine Neveu, \u00ab\u00a0Ep\u00eetre \u00e0 ma fille\u00a0\u00bb qui dans ses po\u00e8mes comme dans ses lettres, d\u00e9fend l\u2019\u00e9ducation des femmes, en particulier l\u2019enseignement des lettres).<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Outre la po\u00e9sie, les chansons, le th\u00e9\u00e2tre, la fiction narrative est \u00e9galement attaqu\u00e9e, surtout quand le sujet en est pr\u00e9cis\u00e9ment la prudence vis-\u00e0-vis des hommes et de leur pouvoir sur les femmes, en amour comme en soci\u00e9t\u00e9. Ainsi l\u2019exemple de \u00ab\u00a0<em>Angoisses douloureuses qui proc\u00e8dent d\u2019amour<\/em>\u00a0\u00bb, de Helisenne de Crenne, qui s\u2019inscrit dans la veine psychologique, \u00ab<em>\u00a0Instruction pour les jeunes dames\u00a0<\/em>\u00bb de Marie de Romieu, \u00ab\u00a0<em>Apologie des dames de Jacqueline de Miremont\u00a0\u00bb<\/em> ou encore \u00ab<em>\u00a0Les Mis\u00e8res de la femme mari\u00e9e<\/em>\u00a0\u00bb de Nicole Estienne et son \u00ab<em>\u00a0Apologie ou d\u00e9fense pour les femmes contre ceux qui les m\u00e9prisent\u00a0<\/em>\u00bb\u00a0:<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00ab<em>\u00a0Non les femmes ne s\u2019accommodaient pas de leurs mariages forc\u00e9s avec les hommes deux ou trois fois plus vieux qu\u2019elles ni de la soumission qu\u2019on attendait d\u2019elles par respect des coutumes\u00a0<\/em>\u00bb et oui, leurs voix s\u2019\u00e9levaient d\u00e9j\u00e0 contre ces souffrances et ces in\u00e9galit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Charlotte de Brochat, religieuse, r\u00e9dige en 1604 une Harangue adress\u00e9e <em>\u00ab\u00a0aux hommes qui veuillent d\u00e9fendre la science aux femmes\u00a0\u00bb <\/em>et Marie de Gournay \u00e9galement, \u00e0 qui on a reproch\u00e9 de s\u2019en \u00eatre inspir\u00e9e pour r\u00e9diger son \u00ab<em>\u00a0Egalit\u00e9 des hommes et des femmes\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Ce n\u2019est qu\u2019au d\u00e9but du XVIIe si\u00e8cle que la situation commence \u00e0 \u00e9voluer, avec les nouveaux ordres f\u00e9minins catholiques (Ursulines, Visitandines) qui ouvrent des classes aux femmes.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">L\u2019engagement politique est un autre point important de leur l\u00e9gitimit\u00e9, d\u00e8s le 16e si\u00e8cle, si\u00e8cle riche en \u00e9v\u00e9nements historiques et religieux dont se sont empar\u00e9s nombre d\u2019\u00e9crivains, puis le th\u00e9\u00e2tre et le cin\u00e9ma. Dans ce contexte de guerre de religion, les femmes s\u2019engagent pour d\u00e9noncer la violence et exprimer leur indignation, elles r\u00e9clament leur participation aux d\u00e9bats qui opposent les deux clans, protestants et catholiques, voire appellent \u00e0 la r\u00e9bellion.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Marguerite de Valois, figure majeure du XVIe, bien connue par le public comme la Reine Margot, est aussi une femme politique et une autrice majeure de son temps. Ses M\u00e9moires inciteront nombre de femmes et d\u2019hommes \u00e0 r\u00e9diger les leurs et sera l\u2019initiatrice d\u2019un genre nouveau, les M\u00e9moires aristocratiques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: center;\"><span style=\"background-color: #ff0000; color: #ffffff;\"><strong>Innovations du Grand Si\u00e8cle<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le XVIIe si\u00e8cle est un si\u00e8cle d\u2019innovatrices. Madeleine de Scud\u00e9ry, Mme de Lafayette, Marie de S\u00e9vign\u00e9. C\u2019est aussi l\u2019\u00e9poque o\u00f9 un groupe de femmes surnomm\u00e9es \u00ab\u00a0Les Amazones de la fronde\u00a0\u00bb s\u2019habillent en homme et participent aux combats. Peu \u00e0 peu, les <em>\u00ab\u00a0autrices devenues plus nombreuses ont du succ\u00e8s et concurrencent les hommes\u00a0<\/em>\u00bb. Ces derniers accusent leurs romans d\u2019immoralit\u00e9 et leur reprochent de pervertir la langue. Elles innovent de nouveau en cr\u00e9ant un genre litt\u00e9raire qui se r\u00e9v\u00e8le des plus rentables\u00a0: le conte de f\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Fin XVIIe si\u00e8cle, dans un contexte d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, le public raffole du merveilleux. On comptera<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-3442\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Mme-Aulnoy.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Mme-Aulnoy.jpg 225w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Mme-Aulnoy-150x150.jpg 150w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Mme-Aulnoy-144x144.jpg 144w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Mme-Aulnoy-75x75.jpg 75w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/> parmi les magiciennes du genre\u00a0: Marie-Catherine D\u2019Aulnoy, la premi\u00e8re \u00e0 utiliser le terme \u00ab\u00a0conte de f\u00e9es\u00a0\u00bb\u00a0; Henriette-Julie de Castelnau de Murat qui s\u2019inspire du roman pastoral\u00a0; Charlotte-Rose de Caumont de la Force, autrice de nombreuses Histoires secr\u00e8tes, fictions et amours des puissants\u00a0; Catherine Durand qui aime d\u00e9crire des sc\u00e8nes de d\u00e9bauche et d\u00e9peindre les vices des puissants\u00a0; Louise d\u2019Arneuil marque la fin de l\u2019engouement pour les contes merveilleux qui laissent place \u00e0 un nouveau ph\u00e9nom\u00e8ne litt\u00e9raire\u00a0: <em>Les Mille et une nuits<\/em>.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Perrault, en d\u00e9fenseur de la pr\u00e9sence des femmes dans le domaine litt\u00e9raire, fera publier anonymement dans le <em>Mercure Galant<\/em>, un des siens, en laissant croire qu\u2019il s\u2019agit de celui d\u2019une femme. <em>\u00ab\u00a0Toutefois si les critiques des si\u00e8cles suivants, en particulier Antoine Adam au XXe si\u00e8cle, pour ne citer que lui, ne s\u2019\u00e9taient pas attach\u00e9s \u00e0 rabaisser les contes \u00e9crits par des autrices en leur reprochant leur \u00ab\u00a0fadeur\u00a0\u00bb et en qualifiant la vie de ces derni\u00e8res de scandaleuse et d\u2019immorale (donc indigne d\u2019\u00eatre connue), nous nous souviendrions sans doute aussi de \u00ab\u00a0L\u2019Oiseau bleu\u00a0\u00bb de Marie-Catherine d\u2019Aulnoy, du \u00ab\u00a0Prince des feuilles\u00a0\u00bb d\u2019Henriette-Julie de Murat ou encore de \u00ab\u00a0Persinette\u00a0\u00bb de Charlotte-Rose de Caumont de la Force.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le roman de Mademoiselle de Scudery, de 13 000 pages, est le roman le plus long de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise, v\u00e9ritable best-seller, il remporte un vif succ\u00e8s commercial et celle qu\u2019on appellera Sapho r\u00e9unira les femmes de la noblesse dans son Salon. Ce sont les \u00ab\u00a0Pr\u00e9cieuses\u00a0\u00bb (du nom du courant de la pr\u00e9ciosit\u00e9 qui recherche un id\u00e9al de raffinement des relations et du langage).\u00a0Parce qu\u2019elles recherchent un raffinement du vocabulaire, des critiques reprochent alors aux pr\u00e9cieuses du XVIIe si\u00e8cle, de mettre en danger la langue fran\u00e7aise.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3436\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/AutricesPanorama.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/AutricesPanorama.jpg 450w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/AutricesPanorama-300x167.jpg 300w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/AutricesPanorama-150x83.jpg 150w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/AutricesPanorama-366x203.jpg 366w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px\" \/><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Ensuite, il sera question de th\u00e9oriser les principes d\u2019\u00e9galit\u00e9 hommes\/femmes et de poser les conditions de l\u2019\u00e9mancipation des femmes. C\u2019est \u00e0 un homme qu\u2019on doit le premier trait\u00e9 de l\u2019<em>Egalit\u00e9 des deux sexes<\/em>, Fran\u00e7ois Poullain de La Barre qui va nourrir le travail de Simone de Beauvoir. Mais on compte aussi la discr\u00e8te Marie de Gournay, \u00e9ditrice de Montaigne qui a \u00e9galement \u00e9crit un trait\u00e9 de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes, ainsi que Gabrielle Suchon avec son <em>\u00ab\u00a0Petit Trait\u00e9 de la faiblesse, de la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et de l\u2019inconstance qu\u2019on attribue aux femmes mal \u00e0 propos\u00a0<\/em>\u00bb, ou son \u00ab<em>\u00a0Trait\u00e9 de la morale et de la politique\u00a0<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">On se souvient de la phrase assassine de N. Sarkozy \u00e0 propos de la Princesse de Cl\u00e8ves de Mme de La Fayette, c\u2019est pourtant ce roman, centr\u00e9 sur l\u2019introspection des personnages qui influencera par la suite bon nombre de romanciers et de romanci\u00e8res. Le <em>Mercure Galant<\/em>, journal de l\u2019\u00e9poque contribuera \u00e0 la promotion des autrices et sera \u00e0 l\u2019avant-garde concernant le conte de f\u00e9es initi\u00e9 par les femmes de cette fin de si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Une autrice comme Anne de la Roche-Guilhen (<em>Histoire des favorites<\/em>) est \u00e9galement pass\u00e9e \u00e0 la trappe, pourtant ses romans t\u00e9moignent de l\u2019influence qu\u2019ont exerc\u00e9 les relations sentimentales des puissants souverains de France au temps des pers\u00e9cutions contre les protestants.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">L\u2019\u00e9pistolaire n\u2019est pas en reste et devient au XVIIe si\u00e8cle, un genre \u00e0 part enti\u00e8re. On compte parmi les plus c\u00e9l\u00e8bres Mme de S\u00e9vign\u00e9, \u0153uvre incontournable du Grand si\u00e8cle mais aussi la Duchesse de Montpensier, dont les M\u00e9moires demeurent une \u00ab\u00a0<em>autobiographie des plus modernes \u00e9crite bien avant Rousseau et ses Confessions<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0Fran\u00e7oise Pascal est la premi\u00e8re dramaturge fran\u00e7aise \u00e0 \u00eatre jou\u00e9e par des com\u00e9dien.nes professionnel.les \u00bb<\/em> devant le roi et \u00e0 avoir compos\u00e9 pour Moli\u00e8re. Le th\u00e9\u00e2tre qui est, en ce XVIIe si\u00e8cle, le genre par excellence, compte une quinzaine de femmes dramaturges. La<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-3441\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Catherine-Bernard.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"290\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Catherine-Bernard.jpg 225w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Catherine-Bernard-116x150.jpg 116w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/> premi\u00e8re d\u2019entre elles \u00e0 signer de son nom une trag\u00e9die chr\u00e9tienne est Alberte-Barbe d\u2019Ern\u00e9court. Mais les autrices de th\u00e9\u00e2tre sont particuli\u00e8rement vis\u00e9es et menac\u00e9es d\u2019effacement. On les accuse d\u2019\u00eatre incapables d\u2019\u00e9crire du th\u00e9\u00e2tre, ou de ne pas \u00eatre autrices de leurs pi\u00e8ces qui seront r\u00e9attribu\u00e9es \u00e0 des hommes, c\u2019est le cas de Catherine Bernard, sans doute la \u00ab\u00a0<em>plume le plus injustement oubli\u00e9e\u00a0<\/em>\u00bb, dont les \u0153uvres ont \u00e9t\u00e9 minor\u00e9es, en particulier ses pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre. Elle r\u00e9interpr\u00e8te des genres traditionnels et traite, par exemple dans<em> Laodamie<\/em><em>,<\/em> <em>\u00ab\u00a0d\u2019un sujet politique \u2013 le gouvernement des femmes- th\u00e8me encore plus inaccessible pour ces derni\u00e8res, afin d\u2019explorer l\u2019exercice du pouvoir au f\u00e9minin.\u00a0\u00bb<\/em> Marie-Catherine Desjardins, la plus prolifique, fait scandale avec un sonnet dont le titre \u00ab<em>\u00a0Jouissance\u00a0<\/em>\u00bb est clairement \u00e0 caract\u00e8re \u00e9rotique et fait scandale\u00a0; et Madame Ulrich est pr\u00e9sent\u00e9e comme femme de petite vertu apr\u00e8s sa mort alors que c\u2019\u00e9tait une femme de lettres hors du commun, grande amie de La Fontaine dont elle se fit l\u2019\u00e9ditrice apr\u00e8s la mort de celui-ci. Marie-Anne Barbier est une autrice \u00e0 l\u2019oeuvre impressionnante par ses choix artistiques, et ce, malgr\u00e9 la place que tient son action dans la d\u00e9nonciation de la spoliation des \u0153uvres, elle y d\u00e9nonce les critiques \u00ab<em>\u00a0envieux de [sa] gloire<\/em>\u00a0\u00bb et d\u00e9fend le talent des \u00e9crivaines de son si\u00e8cle. Marie-Ang\u00e9lique de Gomez se distingue, quant \u00e0 elle, par ses sujets historiques.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Ma recension est certes longue et d\u00e9taill\u00e9e mais la lecture de cet ouvrage est v\u00e9ritablement passionnante et instructive. Il faut transmettre ces textes, faire conna\u00eetre ces autrices. Ce manuel en proposant des extraits tr\u00e8s longs s\u2019y emploie magnifiquement et donne envie d\u2019aller lire plus loin les \u00e9ditions cit\u00e9es. S\u2019il n\u2019est pas encore \u00e0 l\u2019ordre du jour d\u2019int\u00e9grer de tels ouvrages dans les programmes scolaires, gageons que leur existence contribuera \u00e0 la reconnaissance de ces autrices aupr\u00e8s d\u2019un public \u00e9largi compos\u00e9 d\u2019hommes et de femmes, de professeur.e.s, ayant \u00e0 c\u0153ur de faire passer cette histoire des autrices injustement oubli\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Il convient en effet de se r\u00e9approprier et de mettre en lumi\u00e8re notre matrimoine litt\u00e9raire commun.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>AUTRICES. Ces grandes effac\u00e9es qui ont fait la litt\u00e9rature. Textes choisis et pr\u00e9sent\u00e9s par Daphn\u00e9 Ticrizenis, pr\u00e9face Titiou Lecoq, illustrations de Marie Fr\u00e9 Dhal. Tome 1\/ du Moyen-Age au XVIIe si\u00e8cle, \u00e9ditions Hors d&rsquo;atteinte, septembre 2022, 304 pages, 26 euros, ISBN\u00a0: 978-2-38257-063-0. &nbsp; La prise de conscience depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es de l\u2019absence des femmes dans les manuels d\u2019histoire litt\u00e9raire suscite de plus en plus de recherches. De nombreux ouvrages universitaires et colloques sur les femmes en litt\u00e9rature leur sont consacr\u00e9s. Comment doit-on appeler les femmes qui \u00e9crivent\u00a0? Sont-elles des autrices ou des \u00e9crivaines\u00a0? Telle \u00e9tait la question qui s\u2019est pos\u00e9e apr\u00e8s l\u2019av\u00e8nement de #MeToo. Rappelons toutefois qu\u2019en 2019 l\u2019Acad\u00e9mie donnait toujours un avis d\u00e9favorable \u00e0 l\u2019emploi du mot \u00ab\u00a0autrice\u00a0\u00bb, terme pourtant couramment utilis\u00e9 jusqu\u2019au XVIIe si\u00e8cle. Avec pour mission de d\u00e9finir le bon usage de la langue, celle-ci avait d\u00e9j\u00e0 opt\u00e9 pour la fameuse r\u00e8gle du \u00ab\u00a0masculin (\u00ab\u00a0genre plus noble\u00a0\u00bb) qui l\u2019emporte sur le f\u00e9minin\u00a0\u00bb et \u00e9vacu\u00e9 la pr\u00e9c\u00e9dente r\u00e8gle dite de proximit\u00e9 (ex\u00a0: les hommes et les femmes sont belles). Il y a une vingtaine d\u2019ann\u00e9es, je participais \u00e0 un colloque intitul\u00e9 \u00ab\u00a0E comme \u00e9crivaine\u00a0\u00bb organis\u00e9 par le GRAIF, organisme f\u00e9ministe, autour de la question de la place des femmes en litt\u00e9rature et il y \u00e9tait exactement question de l\u2019effacement de celles-ci dans les manuels d\u2019histoire litt\u00e9raire au fil des si\u00e8cles. Les recherches pour sa th\u00e8se, que nous avait pr\u00e9sent\u00e9es Audrey Lasserre, portaient pr\u00e9cis\u00e9ment sur ce processus d\u2019effacement qui \u00e9tait d\u00fb, selon elle, au fait que les manuels d\u2019Histoire litt\u00e9raire \u00e9taient essentiellement \u00e9crits par des hommes, alors qu\u2019ils sont \u00e9tudi\u00e9s dans le second cycle et \u00e0 l\u2019Universit\u00e9. D\u00e8s leur d\u00e9but, ces manuels n\u2019ont eu de cesse de minorer ou de discr\u00e9diter les autrices apr\u00e8s leur mort, ce qui perdurera jusqu\u2019\u00e0 nos jours, comme en t\u00e9moigne la plus connue et la plus lue \u00e0 l\u2019Universit\u00e9, l\u2019Histoire de la Litt\u00e9rature fran\u00e7aise au XVIIe si\u00e8cle d\u2019Antoine Adam, publi\u00e9e en 1948 (dont \u00ab\u00a0seulement quelques pages sont consacr\u00e9es aux autrices de la fin du si\u00e8cle et uniquement pour s\u2019en moquer ou les condamner\u00a0\u00bb). Car ce n\u2019est pas tant leur pr\u00e9sence dans le champ litt\u00e9raire d\u2019aujourd\u2019hui qui pose probl\u00e8me que leur difficult\u00e9 \u00e0 durer et une volont\u00e9 d\u2019effacer leurs noms de nos m\u00e9moires et de nos biblioth\u00e8ques depuis des si\u00e8cles. Les \u00e9ditions Hors d\u2019atteinte, avec ce premier tome intitul\u00e9 Autrices, ces grandes effac\u00e9es qui ont fait la litt\u00e9rature, consacrent une \u00e9tude importante \u00e0 une premi\u00e8re p\u00e9riode allant du Moyen Age au XVIIe si\u00e8cle. Deux autres tomes sont \u00e0 venir en septembre 2023 pour le XVIIIe et le XIXe, et septembre 2024, pour le XXe si\u00e8cle \u00e0 nos jours. Cette anthologie de textes d\u2019autrices depuis le Moyen-\u00c2ge construite en deux grandes parties (biographies et textes) d\u00e9fend chaque autrice dans son style propre, ses exigences et m\u00eame parfois sa g\u00e9nialit\u00e9. Et non \u2013 comme ont voulu le v\u00e9hiculer quelques-uns \u2013 ces femmes n\u2019ont pas \u00e9crit des \u0153uvres qui se ressembleraient par leur forme et leur contenu. On y apprend par exemple que la premi\u00e8re \u0153uvre \u00e9crite est celle d\u2019une femme, Enheduanna, une po\u00e9tesse de l\u2019extr\u00eame sud de la M\u00e9sopotamie vers 2300 avant notre \u00e8re. On y d\u00e9couvre l\u2019engagement ent\u00eat\u00e9 d\u2019autrices comme, entre autres, Christine de Pizan qui, en prenant la d\u00e9fense des femmes contre les misogynes, initiera une des pol\u00e9miques les plus longues\u00a0: la Querelles des femmes (quoique la plus vite oubli\u00e9e). \u00c0 chaque pol\u00e9mique sur l\u2019\u00e9criture des femmes se pose la question du \u00ab\u00a0genre\u00a0\u00bb en litt\u00e9rature contre l\u2019essentialisme des misogynes qui aimeraient bien continuer \u00e0 cantonner les femmes dans leur cuisine. Faire retour sur l\u2019histoire litt\u00e9raire des autrices permet de v\u00e9rifier et de diffuser leur combat pour exister. Car leur existence au fil des si\u00e8cles demeure un sujet br\u00fblant comme en t\u00e9moigne l\u2019actualit\u00e9 du Prix Nobel de litt\u00e9rature 2022, d\u00e9cern\u00e9 \u00e0 Annie Ernaux. Tr\u00e8s vite, la pol\u00e9mique a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la fragilit\u00e9 de la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u2019un auteur femme. Celle-ci se trouve aussit\u00f4t remise en doute, voire vilipend\u00e9e, ici, parce que son \u00e9criture blanche renverrait \u00e0 quelque chose de trop intime du genre de la confession quand il s\u2019agit bien moins d\u2019autobiographie que de rendre compte d\u2019une intimit\u00e9 qui appelle \u00e0 l\u2019universalit\u00e9. Annie Ernaux n\u2019\u00e9crit-elle pas, d\u2019ailleurs\u00a0: \u00ab\u00a0Je ne suis pas une femme qui \u00e9crit, je suis quelqu\u2019un qui \u00e9crit\u00a0\u00bb (Le Vrai Lieu, Gallimard). Vou\u00e9e aux g\u00e9monies des r\u00e9seaux sociaux tout autant, elle est, bien heureusement, \u00e0 l\u2019inverse, acclam\u00e9e et reconnue dans sa grande l\u00e9gitimit\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 des USA ou du jury su\u00e9dois qui l\u2019a consacr\u00e9e contre l\u2019id\u00e9e que se font certains encore en France du \u00ab\u00a0Grand \u00e9crivain\u00a0\u00bb. &nbsp; La litt\u00e9rature, une affaire d\u2019hommes\u00a0? Si donc, les hommes \u00e9taient plus repr\u00e9sent\u00e9s en litt\u00e9rature au Moyen Age, c\u2019est du seul fait ind\u00e9niable que les femmes \u00e9taient \u00ab\u00a0emp\u00each\u00e9es\u00a0\u00bb. Et du fait qu\u2019elles \u00e9taient assign\u00e9es aux t\u00e2ches m\u00e9nag\u00e8res, elles y \u00e9taient d\u2019autant plus facilement renvoy\u00e9es. Virginia Woolf, avec Une chambre \u00e0 soi, avait d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9 l\u2019acc\u00e8s difficile, voire interdit \u00e0 l\u2019\u00e9ducation des filles, les conditions mat\u00e9rielles inadapt\u00e9es et le d\u00e9faut d\u2019ind\u00e9pendance financi\u00e8re, les entraves li\u00e9es \u00e0 la condition maritale et la maternit\u00e9, les discours misogynes etc., tout comme l\u2019a montr\u00e9 Annie Ernaux encore dans La Femme gel\u00e9e et quelques autres de ses livres. L\u2019anthologie ne manque pas de rappeler qu\u2019au Moyen \u00c2ge, celles qui ont \u00e9crit \u00e9taient issues de la noblesse, religieuses ou veuves. Certaines ont pu obtenir une certaine reconnaissance de leur vivant, depuis Marie de France et avant elle, la Comtesse de Die, Na Castelosa ou Azala\u00efs de Porcairagues, effac\u00e9es des anthologies avec entre autres, Marguerite Porete, religieuse, Marie de Cl\u00e8ves, Jeanne Filleul. Ainsi, saviez-vous que les premiers \u00e9crits en langue vulgaire est le fait des femmes-troubadours du Sud de la France\u00a0: les trobairitz\u00a0? Il reste peu de manuscrits de po\u00e9sie m\u00e9di\u00e9vale et seulement une vingtaine de noms de trobairitz qui ne sont pas de simples interpr\u00e8tes, mais bien des po\u00e9tesses et compositrices. Elles \u00e9crivent la souffrance d\u2019aimer en vers et en chanson dans ce genre troubadour tant pris\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Quant aux religieuses, elles explorent les textes spirituels et avancent lentement vers les domaines plus savants&#8230;.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3433,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[35,2],"tags":[1847,1845,1843,1848,1844,1842,1846],"class_list":["post-3432","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chronique","category-une","tag-daphne-ticrizenis","tag-editions-hors-datteinte","tag-femmes-dans-histoire-litteraire","tag-marie-fre-dhal","tag-marie-josee-desvignes","tag-statut-des-femmes-en-litterature","tag-titiou-lecoq"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3432","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3432"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3432\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3446,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3432\/revisions\/3446"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3433"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3432"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3432"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3432"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}