{"id":359,"date":"2004-12-28T05:06:07","date_gmt":"2004-12-28T04:06:07","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=359"},"modified":"2021-05-04T06:12:34","modified_gmt":"2021-05-04T04:12:34","slug":"chronique-intime-de-pierre-alferi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2004\/12\/28\/chronique-intime-de-pierre-alferi\/","title":{"rendered":"[Chronique] Intime de Pierre Alferi"},"content":{"rendered":"<div class=\"single-post \">\n<p>La litt\u00e9rature de voyage est bien \u00e9videmment connue, d\u00e9j\u00e0 jou\u00e9e, et m\u00eame poss\u00e8de en France certains portes drapeaux tel Nicolas Bouvier et son <strong><em>Usage du monde.<\/em><\/strong> Et pourtant, la po\u00e9sie, ne s\u2019arr\u00eate pas \u00e0 ce qui est d\u00e9j\u00e0 jou\u00e9, mais par son travail de langue, elle se place en toute n\u00e9cessit\u00e9 dans un rapport de mouvement et de t\u00e9moignage du mouvement de celui qui parle, t\u00e9moignage qui n\u2019est aucunement seulement l\u2019indexation des choses vues, comme on le fait avec les photographies de vacances, mais la lente diction parfois de cette intimit\u00e9 du d\u00e9placement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le dernier travail de Pierre Alferi, tout \u00e0 la fois litt\u00e9raire et vid\u00e9opo\u00e9tique, justement se noue dans ce travail du t\u00e9moignage du voyage. Recherche dans le trajet de la langue, non pas du familier, des rep\u00e8res ethnocentristes du d\u00e9j\u00e0 connu, car similaire \u00e0 ce qui est familier, mais qui cherche \u00ab \u00e0 d\u00e9gager du sable \u00bb \u00ab des visages familiers \u00bb, et \u00e0 \u00ab les \u00e9clairer quand le vernis a bruni \u00bb (p.15).<\/p>\n<p>En effet, Pierre Alferi, l\u2019a d\u00e9j\u00e0 th\u00e9matis\u00e9, la langue se donne po\u00e9tiquement ou litt\u00e9rairement dans la transparence de phrases qui \u00e9clairent par leur nouveaut\u00e9. Qui \u00e9clairent non pas d\u2019abord et avant tout ce qui a lieu (relation d\u2019ad\u00e9quation de la repr\u00e9sentation \u00e0 son objet), ni non plus est claire au niveau de son intention (ad\u00e9quation intentionnelle du texte \u00e0 son projet), mais \u00e9claire la langue dans sa rencontre en surface avec ce qui la travaille tout \u00e0 la fois objet et intention. \u00ab La clart\u00e9 est la capacit\u00e9 du langage \u00e0 d\u00e9ployer, \u00e0 mettre \u00e0 plat ses propres possibilit\u00e9s : elle n\u2019a lieu qu\u2019en surface \u00bb (<em><strong>Chercher une phrase<\/strong><\/em>, Bourgois, 1991).<br \/>\n<strong><em>Intime<\/em><\/strong>, est tout \u00e0 la fois, trace d\u2019un p\u00e9riple, d\u2019une travers\u00e9e de lieu, de paysages qui se tressent dans les vers et les images de la vid\u00e9o, et de courtes lettres adress\u00e9es \u00e0 des anonymes, \u00e0 des destinataires dont seule la qualit\u00e9 les nomme : cher relatif, ch\u00e8re attach\u00e9e, ch\u00e8re lunatique, cher antiquaire, cher mentor \u2026 Intime est cette travers\u00e9e de la langue qui sans autre complexit\u00e9 que d\u2019anodines mentions, cherche \u00e0 s\u2019adresser, non plus \u00e0 des personnes en particulier, mais sans doute \u00e0 des caract\u00e8res, \u00e0 des tensions qui gouvernent l\u2019homme, tout \u00e0 la fois chacun d\u2019entre nous et celui-l\u00e0 m\u00eame qui nous adresse cette intimit\u00e9 du dire.<br \/>\nAinsi cette intimit\u00e9 dont il nous parle, n\u2019est pas celle du solipsisme, du noyau de soi pens\u00e9 comme l\u2019infragmentable monolithe de sa propre existence, mais, bien plus ontologiquement dans l\u2019horizon d\u2019Heidegger et sa d\u00e9finition des existantiaux fondamentaux, il pose l\u2019<em>intime<\/em> dans la relation au jettement et au dire qui na\u00eet de ce d\u00e9s\u00e9quilibre constant et irr\u00e9pressible de l\u2019existence. \u00ab Seul je perds l\u2019\u00e9quilibre \/ je n\u2019ai rien de plus intime \/ que d\u2019\u00eatre avec vous jet\u00e9 \/ dans les rapides \u00bb (p.17). D\u00e9s\u00e9quilibre qui trouve sa coh\u00e9sion d\u2019\u00eatre par l\u2019autre, par la liaison toujours n\u00e9cessaire de ce \u00ab tu \u00bb qui se lie \u00e0 \u00ab soi \u00bb. Les adresses prennent ici leur sens : chaque fragment de lieu se donne dans ces adresses. \u00c0 son cher mentor, il parle de cette ville \u00ab tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9e \/ par les d\u00e9calcomanies de notre esp\u00e8ce \u00bb (p.25). \u00c0 la lunatique, il exprime le caract\u00e8re duelle de la ville quant \u00e0 sa g\u00e9ographie d\u2019eau : \u00ab c\u2019est une ville d\u2019eaux vives \/ coup\u00e9s en deux \u00bb, caract\u00e8re duel qui peu \u00e0 peu se propage dans les associations nominales, celles-ci renvoyant \u00e0 des oxymores : \u00ab gare de n\u00e9cessit\u00e9 \/ gare de vertu \u00bb, \u00ab transport amoureux immobile \u00bb (p.19).<\/p>\n<p>Ce d\u00e9s\u00e9quilibre du trajet \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent dans l\u2019\u0153uvre d\u2019Alferi, d\u00e8s <strong><em>Le chemin familier du poisson combatif <\/em><\/strong>(POL, 1992), o\u00f9 il pouvait poser que \u00ab cheminant, c\u2019est-\u00e0-dire inventant son chemin comme suivi ou le suivant comme invent\u00e9 \u00bb (p.27) d\u00e9finissait le TRAIT HATIF SINUEUX. Le d\u00e9s\u00e9quilibre, comme il l\u2019indiquait alors n\u2019\u00e9tait pas de l\u2019ordre de la vue, mais du tactile, du touch\u00e9, de la contingence. Et c\u2019est bien de cela qu\u2019il s\u2019agit dans ce travail entre litt\u00e9rature et vid\u00e9o, ne pas soumettre le d\u00e9s\u00e9quilibre \u00e0 la loi de la vue, mais du touch\u00e9. De ce qui se touche en soi quand, \u00e0 la fois on touche et on est touch\u00e9 par ce qui nous rencontre. Car comme il l\u2019\u00e9non\u00e7ait, \u00ab la vue est ce pi\u00e8ge de la solide pr\u00e9sence \u00bb (p.90). La vue renvoie \u00e0 une sorte de stabilit\u00e9 du voir face aux choses vues, alors que le touch\u00e9 est variation infinie du sentir dans sa liaison au sensible. C\u2019est pour cela qu\u2019il pouvait dire que \u00ab voici la seule version habitable du corps : retourn\u00e9 comme un gant \u00bb (p.60). Le corps non plus pens\u00e9 comme un sentir int\u00e9rieur, sensation con\u00e7ue comme sans porte ni fen\u00eatre, mais sentir qui n\u2019est que cette lisi\u00e8re en surface de corps et de langue (c\u2019est-\u00e0-dire dans sa mani\u00e8re d\u2019appara\u00eetre par sa syntaxe et ses r\u00e9gimes nominaux et verbaux).<\/p>\n<p><em><strong>Intime<\/strong><\/em> se pr\u00e9sente alors comme le t\u00e9moignage tactile de ce qui touche aussi bien au niveau de la phrase que de l\u2019image. Les phrases du court texte sont tout \u00e0 la fois simples, de br\u00e8ves annotations qui impliquent une adresse \u00e0 un temp\u00e9rament, mais qui sont gouvern\u00e9es en elles-m\u00eames par une suspension constante. Cette suspension n\u2019est pas celle de la limite du langage face \u00e0 ce qu\u2019il y aurait \u00e0 dire ; car ext\u00e9rieur au probl\u00e9matique de la modernit\u00e9, Alferi ne pense pas que la langue ait \u00e0 rechercher, par une mim\u00e9sis de second degr\u00e9, \u00e0 repr\u00e9senter l\u2019insondable qui provoquerait l\u2019ab\u00eeme de la langue face \u00e0 l\u2019indicible. Loin de cette perspective, l\u2019instable de la langue est la chose m\u00eame t\u00e9moign\u00e9e, \u00e0 savoir la syntaxe de l\u2019instable de la langue qui se suspend \u00e0 elle-m\u00eame. Ce d\u00e9s\u00e9quilibre propre \u00e0 la langue est redoubl\u00e9e par les dessins qui viennent faire front au texte, non pas l\u2019illustrer mais le toucher, l\u2019interroger. En effet comme la quatri\u00e8me de couverture l\u2019exprime : \u00ab Intime peut-\u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme le sc\u00e9nario du film de Pierre Alferi \u00bb. Sc\u00e9nario \u00e0 la fois visuelle et textuelle, dont nous pouvons voir l\u2019incarnation dans le Cdrom Panoptic, un panorama de la po\u00e9sie contemporaine, \u00e9dit\u00e9 de m\u00eame par Inventaire\/invention.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moignage n\u2019est ni fiction, ni objectivit\u00e9, il est ce qui, \u00e0 la fois est la n\u00e9cessaire pr\u00e9sence v\u00e9cue et articul\u00e9e d\u2019un sujet et d\u2019autre part sa possible errance de jugement, la possible p\u00e9rip\u00e9tie d\u2019une d\u00e9formation imperceptible qui hanterait la trace. L\u2019intime ne peut se donner sans doute que l\u00e0, dans cette possibilit\u00e9 de ne pas se rencontrer, de ne pas se reconna\u00eetre \u00e0 travers le t\u00e9moignage donn\u00e9 aussi bien \u00e0 la ch\u00e8re voisine qu\u2019au cher cr\u00e9ancier. \u00ab Es-tu si s\u00fbre \/ qu\u2019on se reconna\u00eetra \u00bb (p.31) demande-t-il \u00e0 l\u2019intime dans sa derni\u00e8re adresse. En effet, faut-il attendre de se retrouver pour \u00eatre li\u00e9 ? Comme en \u00e9cho, le dessin et le plan dans la vid\u00e9o, renvoie \u00e0 des cha\u00eenes. L\u2019intime, toujours d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, dans le d\u00e9port de soi et la rencontre du monde. L\u2019intime non pas dans la pr\u00e9sence absolue de soi, mais dans cette diff\u00e9rance constitutive de l\u2019existence, cette instabilit\u00e9 qui ne n\u2019appara\u00eet qu\u2019au touch\u00e9 de la trace propre au mouvement.<br \/>\n\u00ab le rythme reste en disparaissant, non dans une transparence, une vision du dehors, mais au contraire dans une clart\u00e9 opaque et r\u00e9sistante, une pure surface : dans l\u2019impression. \u00bb (<strong><em>Chercher une phrase<\/em><\/strong>, p.62)<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La litt\u00e9rature de voyage est bien \u00e9videmment connue, d\u00e9j\u00e0 jou\u00e9e, et m\u00eame poss\u00e8de en France certains portes drapeaux tel Nicolas Bouvier et son Usage du monde. 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Ainsi cette intimit\u00e9 dont il nous parle, n\u2019est pas celle du solipsisme, du noyau de soi pens\u00e9 comme l\u2019infragmentable monolithe de sa propre existence, mais, bien plus ontologiquement dans l\u2019horizon d\u2019Heidegger et sa d\u00e9finition des existantiaux fondamentaux, il pose l\u2019intime dans la relation au jettement et au dire qui na\u00eet de ce d\u00e9s\u00e9quilibre constant et irr\u00e9pressible de l\u2019existence. \u00ab Seul je perds l\u2019\u00e9quilibre \/ je n\u2019ai rien de plus intime \/ que d\u2019\u00eatre avec vous jet\u00e9 \/ dans les rapides \u00bb (p.17). D\u00e9s\u00e9quilibre qui trouve sa coh\u00e9sion d\u2019\u00eatre par l\u2019autre, par la liaison toujours n\u00e9cessaire de ce \u00ab tu \u00bb qui se lie \u00e0 \u00ab soi \u00bb. 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La vue renvoie \u00e0 une sorte de stabilit\u00e9 du voir face aux choses vues, alors que le touch\u00e9 est variation infinie du sentir dans sa liaison au sensible. C\u2019est pour cela qu\u2019il pouvait dire que \u00ab voici la seule version habitable du corps : retourn\u00e9 comme un gant \u00bb (p.60). Le corps non plus pens\u00e9 comme un sentir int\u00e9rieur, sensation con\u00e7ue comme sans porte ni fen\u00eatre, mais sentir qui n\u2019est que cette lisi\u00e8re en surface de corps et de langue (c\u2019est-\u00e0-dire dans sa mani\u00e8re d\u2019appara\u00eetre par sa syntaxe et ses r\u00e9gimes nominaux et verbaux). Intime se pr\u00e9sente alors comme le t\u00e9moignage tactile de ce qui touche aussi bien au niveau de la phrase que de l\u2019image. Les phrases du court texte sont tout \u00e0 la fois simples, de br\u00e8ves annotations qui impliquent une adresse \u00e0 un temp\u00e9rament, mais qui sont gouvern\u00e9es en elles-m\u00eames par une suspension constante. 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