{"id":3689,"date":"2023-02-19T09:47:34","date_gmt":"2023-02-19T08:47:34","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=3689"},"modified":"2023-02-19T09:59:37","modified_gmt":"2023-02-19T08:59:37","slug":"texte-sebastien-ecorce-notes-semailles-partie-i","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2023\/02\/19\/texte-sebastien-ecorce-notes-semailles-partie-i\/","title":{"rendered":"[Texte] S\u00e9bastien Ecorce, Notes, Semailles (partie I)"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Je n\u2019allais pas loin. Mais ce fut un petit commencement<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Il ne pouvait r\u00e9gler cette langue que par le poids de cette peau qui raclait toute la crasse du monde<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Refaire les chemins. En sens inverse. C&rsquo;\u00e9tait cette mani\u00e8re de jouer en solitaire. Et de faire collectif<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Une fleur qui fleurit sur une ruine est d\u00e9j\u00e0 un voyage lointain, ou une pause sur une \u00e9tendue bleue<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. La position du bleu. Du rouge. Une trame. Une trajectoire. Et pourtant, je ne vois que du bleu, du bleu, et de la cendre. Entre id\u00e9al et abject.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. La nature est d\u00e9serte. C\u2019est une hypoth\u00e8se. Un vide op\u00e9ratoire. Elle sera d\u00e9serte, apr\u00e8s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Je compte les troncs pour m\u2019assoir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des trous commis par des taupes. C\u2019est un calcul par composition.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Le bornage est une langue satur\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. La conduite dynamique, un train pour un po\u00e8me.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Il manque un \u00e9l\u00e9ment. Est-ce l\u2019espace du po\u00e8me ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Il s\u2019accoutuma au fracas des lies, au fracas des m\u00eal\u00e9es in\u00e9dites, \u00e0 l\u2019aspect tendre des moribonds. Puis, le vent tanna sa peau.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Je voudrais \u00e9crire comme si j\u2019avais gard\u00e9 le silence.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Se d\u00e9placer sous la surface du po\u00e8me peut apporter un certain soutien.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Il se sentait tellement sensible et affaibli, malgr\u00e9 ses heures de sommeil, qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 capable d\u2019entendre le son des couleurs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00a0. La taille droite, le geste mesur\u00e9. Une lumi\u00e8re s\u00e8che. Aigu\u00eb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. On ne pi\u00e8ge pas une voix. C\u2019est elle qui vous pi\u00e8ge. Sans appel.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Nulle neige. Rien venu du ciel, rien venu de soi. Ni d\u2019ailleurs. Ou plut\u00f4t, si. Un mot. Une erreur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Nous rep\u00e9rons l\u2019oubli d\u2019apr\u00e8s la direction de la fum\u00e9e dans la m\u00e9moire des villes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. L\u2019attente, ou l\u2019attente de la pens\u00e9e \u00e0 se d\u00e9voiler, est une \u00e9tape d\u2019apparence subjective et dilettante, vers la plus objective et croyante des conclusions.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Mon travail d\u2019aiguille, de micro-localisation, d\u2019incision fine, est un exercice mental. J\u2019enfonce l\u2019aiguille puis je la retire, et c\u2019est comme si je retirais quelque chose de mon cerveau<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Une vie de silence, cela laisse le temps de chercher ses mots. Monodie des latences. Ou du murmure.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. L\u2019onde est un cri qui perce le manteau du d\u00e9ni.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Les secousses de l\u2019inattendu, c\u2019est un peu la g\u00e9o-graphie qui tremble.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Au pas cadenc\u00e9, est un contre-rythme, une contre-vue dans l\u2019empaquetage des fr\u00e9quences.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Un corps ne se renferme pas. Il s\u2019\u00e9teint.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Tout est m\u00e9lang\u00e9. Il croyait que la couleur \u00e9tait phytosanitaire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Ils ne savent pas tuer sous protocoles. Ils sont hors champs. Des ramassis. Des recal\u00e9s de toute structure. Des ordures bris\u00e9es de leur isolement. Des petites masses m\u00eal\u00e9es que tout referme. Sans rigueur. Sans \u00e2me. Ils ajoutent de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 \u00e0 la fixit\u00e9 de cet ordre m\u00eame de mise \u00e0 mort.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Le bien \u00eatre d\u2019une tranch\u00e9e. La derni\u00e8re expiration.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Il faut ordonner l\u2019espace. Mais c\u2019est l\u2019espace qui d\u00e9cide. Qui cr\u00e9e. Toujours. De cette forme de d\u00e9cidable dans l\u2019ind\u00e9cidabilit\u00e9. Tu ne fais de fait que l\u2019habiller.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Les on-dit ne produisent pas d\u2019\u00e9nonciation. Tout au plus, ils ne cr\u00e9ent qu\u2019une masse d\u2019opinions, d\u2019oripeaux serviles, d\u2019histoires officielles, d\u2019illuminations cathodiques, et de fautes d\u00e9guis\u00e9es en v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. La vulve est une petite bouche, ou un petit phon\u00e8me de salive. Elle recartographie le corps en y mettant du d\u00e9sordre<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Le po\u00e8me n\u2019est pas la d\u00e9votion d\u00e9finissant l&rsquo;identit\u00e9 du langage, mais la langue m\u00eame, la langue se faisant langue, la langue s\u2019op\u00e9rant d\u2019elle-m\u00eame, soustraite de cette valeur sacr\u00e9e qu\u2019il voudrait lui accorder en lui exigeant une reconnaissance universelle<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. On parle d\u2019une blessure. Quelle couleur ?\u00a0 Quelle densit\u00e9 ? Quelle intensit\u00e9 ? Ferait-elle support, \u00e0 sa mani\u00e8re. Nous ne le savons toujours pas. Elle serait au fond d\u2019un temps. A pincer les plis d\u2019une m\u00e9moire. Quelque part, tapie sous la langue. Festonne l\u2019incertain. Elle aurait cette pr\u00e9sence de l\u2019\u0153il aveugle nou\u00e9 \u00e0 des mots perdus.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00a0. Mettre sa langue au clou permet de retrouver un vocabulaire<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Du silence derri\u00e8re les dents. Le rien. Une amorce. Peut-\u00eatre. Comme une salive tire sur la forme.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Tu crois toujours pouvoir finir un po\u00e8me avec des points de suture<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Si une rose tombe dans l\u2019eau encore rouge \u00e7a troue l\u2019imparfait d\u2019une m\u00e9moire \u00e7a troue nos peaux nos racines nos r\u00eaves \u00e7a troue le d\u00e9sir<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. \u00c7a fait partie de l\u2019existence d\u2019une forme que d\u2019\u00eatre le parasite des m\u00e9taphores<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. La pu\u00e9rilit\u00e9 implique une susceptibilit\u00e9 \u00e0 l\u2019absorption et \u00e0 l\u2019enchantement que l\u2019on associe aux intoxicants chez l\u2019adulte<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Exp\u00e9dier le r\u00eave. Suturer la plaie de vivre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Les mains qui se d\u00e9tachent du visage forment un nouveau visage. Sans terreur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Il faut attribuer ce regard animal dans son extase.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Il y a des enfantillages des b\u00eatises, des manques de sagesse, des fantasmes ; en m\u00eame temps, c\u2019est l\u00e0 que se trouve ma cr\u00e9ativit\u00e9. Si j\u2019essayais de la contr\u00f4ler, et de la rendre plus mature, ce ne serait pas bon du tout. Ce serait sans int\u00e9r\u00eat, sans aucune vivacit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00ab L\u2019absurde est essentiellement un divorce \u00bb (Camus)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. L\u2019erreur comme une faillite d\u2019actions plus ou moins programm\u00e9es pour atteindre des buts souhait\u00e9s, en dehors de toute intervention d\u2019\u00e9v\u00e9nements impr\u00e9vus<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. La d\u00e9cision absurde comme une action radicale et persistante contre le but qu\u2019il veut atteindre, dans un cadre de rationalit\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rence (individu ou groupe)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">. Nous faisons semblant d&rsquo;\u00eatre l\u00e0, n&rsquo;est-ce pas ? Et parfois, peut-\u00eatre, nous le sommes vraiment. Mais seulement dessin\u00e9s, \u00e9bauch\u00e9s : dans l&rsquo;instant m\u00eame de nos propres extractions \u2013 le dedans, c&rsquo;est-\u00e0-dire le dehors<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00a9 Bandeau : Y. Klein ; en arri\u00e8re-plan, V. Molnar<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>. Je n\u2019allais pas loin. Mais ce fut un petit commencement &nbsp; . Il ne pouvait r\u00e9gler cette langue que par le poids de cette peau qui raclait toute la crasse du monde &nbsp; . Refaire les chemins. En sens inverse. C&rsquo;\u00e9tait cette mani\u00e8re de jouer en solitaire. Et de faire collectif &nbsp; . Une fleur qui fleurit sur une ruine est d\u00e9j\u00e0 un voyage lointain, ou une pause sur une \u00e9tendue bleue &nbsp; . La position du bleu. Du rouge. Une trame. Une trajectoire. Et pourtant, je ne vois que du bleu, du bleu, et de la cendre. Entre id\u00e9al et abject. &nbsp; . La nature est d\u00e9serte. C\u2019est une hypoth\u00e8se. Un vide op\u00e9ratoire. Elle sera d\u00e9serte, apr\u00e8s. &nbsp; . Je compte les troncs pour m\u2019assoir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des trous commis par des taupes. C\u2019est un calcul par composition. &nbsp; . Le bornage est une langue satur\u00e9e. &nbsp; . La conduite dynamique, un train pour un po\u00e8me. &nbsp; . Il manque un \u00e9l\u00e9ment. Est-ce l\u2019espace du po\u00e8me ? &nbsp; . Il s\u2019accoutuma au fracas des lies, au fracas des m\u00eal\u00e9es in\u00e9dites, \u00e0 l\u2019aspect tendre des moribonds. Puis, le vent tanna sa peau. &nbsp; . Je voudrais \u00e9crire comme si j\u2019avais gard\u00e9 le silence. &nbsp; . Se d\u00e9placer sous la surface du po\u00e8me peut apporter un certain soutien. &nbsp; . Il se sentait tellement sensible et affaibli, malgr\u00e9 ses heures de sommeil, qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 capable d\u2019entendre le son des couleurs. &nbsp; \u00a0. La taille droite, le geste mesur\u00e9. Une lumi\u00e8re s\u00e8che. Aigu\u00eb. &nbsp; . On ne pi\u00e8ge pas une voix. C\u2019est elle qui vous pi\u00e8ge. Sans appel. &nbsp; . Nulle neige. Rien venu du ciel, rien venu de soi. Ni d\u2019ailleurs. Ou plut\u00f4t, si. Un mot. Une erreur. &nbsp; . Nous rep\u00e9rons l\u2019oubli d\u2019apr\u00e8s la direction de la fum\u00e9e dans la m\u00e9moire des villes. &nbsp; . L\u2019attente, ou l\u2019attente de la pens\u00e9e \u00e0 se d\u00e9voiler, est une \u00e9tape d\u2019apparence subjective et dilettante, vers la plus objective et croyante des conclusions. &nbsp; . Mon travail d\u2019aiguille, de micro-localisation, d\u2019incision fine, est un exercice mental. J\u2019enfonce l\u2019aiguille puis je la retire, et c\u2019est comme si je retirais quelque chose de mon cerveau &nbsp; . Une vie de silence, cela laisse le temps de chercher ses mots. Monodie des latences. Ou du murmure. &nbsp; . L\u2019onde est un cri qui perce le manteau du d\u00e9ni. &nbsp; . Les secousses de l\u2019inattendu, c\u2019est un peu la g\u00e9o-graphie qui tremble. &nbsp; . Au pas cadenc\u00e9, est un contre-rythme, une contre-vue dans l\u2019empaquetage des fr\u00e9quences. &nbsp; . Un corps ne se renferme pas. Il s\u2019\u00e9teint. &nbsp; . Tout est m\u00e9lang\u00e9. Il croyait que la couleur \u00e9tait phytosanitaire. &nbsp; . Ils ne savent pas tuer sous protocoles. Ils sont hors champs. Des ramassis. Des recal\u00e9s de toute structure. Des ordures bris\u00e9es de leur isolement. Des petites masses m\u00eal\u00e9es que tout referme. Sans rigueur. Sans \u00e2me. Ils ajoutent de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 \u00e0 la fixit\u00e9 de cet ordre m\u00eame de mise \u00e0 mort. &nbsp; . Le bien \u00eatre d\u2019une tranch\u00e9e. La derni\u00e8re expiration. &nbsp; . Il faut ordonner l\u2019espace. Mais c\u2019est l\u2019espace qui d\u00e9cide. Qui cr\u00e9e. Toujours. De cette forme de d\u00e9cidable dans l\u2019ind\u00e9cidabilit\u00e9. Tu ne fais de fait que l\u2019habiller. &nbsp; . Les on-dit ne produisent pas d\u2019\u00e9nonciation. Tout au plus, ils ne cr\u00e9ent qu\u2019une masse d\u2019opinions, d\u2019oripeaux serviles, d\u2019histoires officielles, d\u2019illuminations cathodiques, et de fautes d\u00e9guis\u00e9es en v\u00e9rit\u00e9. &nbsp; . La vulve est une petite bouche, ou un petit phon\u00e8me de salive. Elle recartographie le corps en y mettant du d\u00e9sordre &nbsp; . Le po\u00e8me n\u2019est pas la d\u00e9votion d\u00e9finissant l&rsquo;identit\u00e9 du langage, mais la langue m\u00eame, la langue se faisant langue, la langue s\u2019op\u00e9rant d\u2019elle-m\u00eame, soustraite de cette valeur sacr\u00e9e qu\u2019il voudrait lui accorder en lui exigeant une reconnaissance universelle &nbsp; . On parle d\u2019une blessure. Quelle couleur ?\u00a0 Quelle densit\u00e9 ? Quelle intensit\u00e9 ? Ferait-elle support, \u00e0 sa mani\u00e8re. Nous ne le savons toujours pas. Elle serait au fond d\u2019un temps. A pincer les plis d\u2019une m\u00e9moire. Quelque part, tapie sous la langue. Festonne l\u2019incertain. Elle aurait cette pr\u00e9sence de l\u2019\u0153il aveugle nou\u00e9 \u00e0 des mots perdus. &nbsp; \u00a0. Mettre sa langue au clou permet de retrouver un vocabulaire &nbsp; . Du silence derri\u00e8re les dents. Le rien. Une amorce. Peut-\u00eatre. Comme une salive tire sur la forme. &nbsp; . Tu crois toujours pouvoir finir un po\u00e8me avec des points de suture &nbsp; . Si une rose tombe dans l\u2019eau encore rouge \u00e7a troue l\u2019imparfait d\u2019une m\u00e9moire \u00e7a troue nos peaux nos racines nos r\u00eaves \u00e7a troue le d\u00e9sir &nbsp; . \u00c7a fait partie de l\u2019existence d\u2019une forme que d\u2019\u00eatre le parasite des m\u00e9taphores &nbsp; . La pu\u00e9rilit\u00e9 implique une susceptibilit\u00e9 \u00e0 l\u2019absorption et \u00e0 l\u2019enchantement que l\u2019on associe aux intoxicants chez l\u2019adulte &nbsp; . Exp\u00e9dier le r\u00eave. Suturer la plaie de vivre. &nbsp; . Les mains qui se d\u00e9tachent du visage forment un nouveau visage. Sans terreur. &nbsp; . Il faut attribuer ce regard animal dans son extase. &nbsp; . Il y a des enfantillages des b\u00eatises, des manques de sagesse, des fantasmes ; en m\u00eame temps, c\u2019est l\u00e0 que se trouve ma cr\u00e9ativit\u00e9. Si j\u2019essayais de la contr\u00f4ler, et de la rendre plus mature, ce ne serait pas bon du tout. Ce serait sans int\u00e9r\u00eat, sans aucune vivacit\u00e9. &nbsp; \u00ab L\u2019absurde est essentiellement un divorce \u00bb (Camus) &nbsp; . L\u2019erreur comme une faillite d\u2019actions plus ou moins programm\u00e9es pour atteindre des buts souhait\u00e9s, en dehors de toute intervention d\u2019\u00e9v\u00e9nements impr\u00e9vus &nbsp; . La d\u00e9cision absurde comme une action radicale et persistante contre le but qu\u2019il veut atteindre, dans un cadre de rationalit\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rence (individu ou groupe) &nbsp; . Nous faisons semblant d&rsquo;\u00eatre l\u00e0, n&rsquo;est-ce pas ? Et parfois, peut-\u00eatre, nous le sommes vraiment. Mais seulement dessin\u00e9s, \u00e9bauch\u00e9s : dans l&rsquo;instant m\u00eame de nos propres extractions \u2013 le dedans, c&rsquo;est-\u00e0-dire le dehors &nbsp; \u00a9 Bandeau : Y. Klein ; en arri\u00e8re-plan, V. 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