{"id":424,"date":"2020-11-18T17:23:34","date_gmt":"2020-11-18T16:23:34","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=424"},"modified":"2021-05-04T17:25:00","modified_gmt":"2021-05-04T15:25:00","slug":"chronique-eric-chevillard-et-philippe-favier-zoologiques-par-jean-paul-gavard-perret","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2020\/11\/18\/chronique-eric-chevillard-et-philippe-favier-zoologiques-par-jean-paul-gavard-perret\/","title":{"rendered":"[Chronique] Eric Chevillard et Philippe Favier, Zoologiques, par Jean-Paul Gavard-Perret"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/livre-chevillard-ses-etats\/\">Eric Chevillard<\/a> &amp; Philippe Favier, <em><strong>Zoologiques<\/strong><\/em>, Fata Morgana, Fontfroide le Haut, automne 2020, 96 pages, 18 \u20ac, ISBN : 978-2-37792-052-5.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ce qui habite l\u2019\u00eatre n\u2019a rien \u00e0 voir avec dieu sauf\u00a0\u00e0 estimer que l\u2019animal poss\u00e8de lui-m\u0090\u00eame une spiritualit\u00e9 vagissante, qu\u2019il est un Narcisse m\u00e9lancolique ou une mante religieuse hant\u00e9e par la maladie de l\u2019id\u00e9alit\u00e9. C\u2019est pourquoi, et face \u00e0 cette h\u00e9r\u00e9sie d\u2019interpr\u00e9tation, \u00c9ric Chevillard peuple son texte de toutes sortes de cr\u00e9atures. Et Philippe Favier cr\u00e9e des collages pour en ajouter une bonne louche en guise de meute grouillante.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/ChevillardZoologiques.jpg\" rel=\"prettyphoto[424]\" rel=\"prettyphoto[17211]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-17214\" src=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/ChevillardZoologiques.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" srcset=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/ChevillardZoologiques.jpg 220w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/ChevillardZoologiques-197x300.jpg 197w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/ChevillardZoologiques-99x150.jpg 99w\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"335\" \/><\/a>Le bestiaire fourmille de crabes, punaises, h\u00e9rissons, orangs-outans, tortues. Ces cr\u00e9atures plus ou moins hirsutes peuplent la m\u00e9nagerie de l\u2019auteur. Il y a l\u00e0 dix-huit cages et autant de sc\u00e8nes ou cavalcades intempestives. Dans un tel zoo peu logique chaque couple d\u2019une esp\u00e8ce diff\u00e9rente \u00e9voque des questions de s\u00e9duction, de territoire ou de mort. On peut d\u2019autant plus trouver de telles consid\u00e9rations anecdotiques ou essentielles que l\u2019auteur laisse la serrure des grilles\u00a0ouvertes.<\/p>\n<p>Le discours des animaux produit un effet loupe ou miroir sur les vert\u00e9br\u00e9s que nous sommes. Ils sont scrut\u00e9s par un langage vicieux voire scrofuleux. L\u2019auteur s\u2019amuse \u00e0 appuyer l\u00e0 o\u00f9 \u00e7a (nous) fait mal, quitte \u00e0 noyer notre imaginaire souffreteux.<\/p>\n<p>C\u2019est sans doute le signe que Chevillard n\u2019esp\u00e8re rien des hommes. Car, dans ses textes, l\u2019animal renvoie \u00e0 deux chaos . Celui de nos marais, celui des nos \u00e9tendues continentales. Nous sommes en de tels territoires, conquis (et non pas en territoire conquis).<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, des sortes d\u2019archipt\u008f\u00e8res et de thysanoures peuplent l\u2019antre que nous habitons . Ils sont nos h\u00f4tes innombrables et accouchent notre chim\u008f\u00e8re. Nous en restons p\u00e9tris. Notre merde et notre sang qui tendent toujours\u00a0\u00e0 refroidir les nourrissent. Ce n\u2019est peut-\u0090\u00eatre pas beaucoup, mais \u008d\u00e7a leur suffit . Ils se seraient content\u00e9s de moins.<\/p>\n<p>Preuve que l\u2019imaginaire humain est soluble dans les animaux. Ceux-l\u00e0 ne nous apprennent pas \u00e0 vivre et les \u00ab\u00a0lire\u00a0\u00bb dans le verbe de Chevillard n\u2019apprend pas \u00e0 penser. Celui-l\u00e0 est fait non seulement pour nous amuser, mais encore pour nous plonger dans une fi\u00e8\u008fvre de cheval, m\u00eame s\u2019il est remplac\u00e9 ici par d\u2019autres quadrup\u00e8des.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Eric Chevillard &amp; Philippe Favier, Zoologiques, Fata Morgana, Fontfroide le Haut, automne 2020, 96 pages, 18 \u20ac, ISBN : 978-2-37792-052-5. &nbsp; Ce qui habite l\u2019\u00eatre n\u2019a rien \u00e0 voir avec dieu sauf\u00a0\u00e0 estimer que l\u2019animal poss\u00e8de lui-m\u0090\u00eame une spiritualit\u00e9 vagissante, qu\u2019il est un Narcisse m\u00e9lancolique ou une mante religieuse hant\u00e9e par la maladie de l\u2019id\u00e9alit\u00e9. C\u2019est pourquoi, et face \u00e0 cette h\u00e9r\u00e9sie d\u2019interpr\u00e9tation, \u00c9ric Chevillard peuple son texte de toutes sortes de cr\u00e9atures. Et Philippe Favier cr\u00e9e des collages pour en ajouter une bonne louche en guise de meute grouillante. Le bestiaire fourmille de crabes, punaises, h\u00e9rissons, orangs-outans, tortues. Ces cr\u00e9atures plus ou moins hirsutes peuplent la m\u00e9nagerie de l\u2019auteur. Il y a l\u00e0 dix-huit cages et autant de sc\u00e8nes ou cavalcades intempestives. Dans un tel zoo peu logique chaque couple d\u2019une esp\u00e8ce diff\u00e9rente \u00e9voque des questions de s\u00e9duction, de territoire ou de mort. On peut d\u2019autant plus trouver de telles consid\u00e9rations anecdotiques ou essentielles que l\u2019auteur laisse la serrure des grilles\u00a0ouvertes. Le discours des animaux produit un effet loupe ou miroir sur les vert\u00e9br\u00e9s que nous sommes. Ils sont scrut\u00e9s par un langage vicieux voire scrofuleux. L\u2019auteur s\u2019amuse \u00e0 appuyer l\u00e0 o\u00f9 \u00e7a (nous) fait mal, quitte \u00e0 noyer notre imaginaire souffreteux. C\u2019est sans doute le signe que Chevillard n\u2019esp\u00e8re rien des hommes. 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