{"id":452,"date":"2020-10-29T17:39:56","date_gmt":"2020-10-29T16:39:56","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=452"},"modified":"2021-05-04T17:41:21","modified_gmt":"2021-05-04T15:41:21","slug":"chronique-valere-novarina-qui-sont-les-ombres-ou-comment-prolonger-livresse-des-temps-par-jean-paul-gavard-perret","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2020\/10\/29\/chronique-valere-novarina-qui-sont-les-ombres-ou-comment-prolonger-livresse-des-temps-par-jean-paul-gavard-perret\/","title":{"rendered":"[Chronique] Val\u00e8re Novarina : qui sont les ombres ? ou comment prolonger l\u2019ivresse des temps, par Jean-Paul Gavard-Perret"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Les <a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/news-les-tourbillons-de-valere-novarina\/\">prochains \u00e9v\u00e9nements pr\u00e9vus<\/a> \u00e9tant annul\u00e9s, en ces temps obscurs pour la culture comme pour le politique, restent \u00e0 d\u00e9couvrir le volume collectif <a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/news-les-tourbillons-de-valere-novarina\/\"><strong><em>Val\u00e8re Novarina : Les Tourbillons de l\u2019\u00e9criture<\/em><\/strong> <\/a>et le virevoltant <strong><em>Jeu des ombres<\/em><\/strong>\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Val\u00e8re Novarina, <strong><em>Le<\/em><i> Jeu des ombres<\/i><\/strong>, P.O.L, 15 octobre 2020, 272 pages, 17 \u20ac, ISBN : 978-2-8180-5098-9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la derni\u00e8re pi\u00e8ce de Novarina, l\u2019acte cr\u00e9ateur recouvre le plateau de th\u00e9\u00e2tre \u00e0 la fois d\u2019ombres et de m\u00e9tamorphoses. Le spectateur en devenant \u00ab\u00a0spectrateur\u00a0\u00bb va pouvoir changer d\u2019identit\u00e9 au sein de \u00ab\u00a0m\u00eames\u00a0\u00bb qu\u2019il conna\u00eet et qui appartiennent \u00e0 sa m\u00e9moire : celle \u00a0des mythes\u00a0comme d\u2019une actualit\u00e9 plus ou moins d\u00e9cal\u00e9e. Sont r\u00e9unis Orph\u00e9e, Eurydice, Cerb\u00e8re, Charon, H\u00e9cate, Pluton et ce qui est plus \u00e9tonnant Sosie, Flipote, les Machines \u00e0 dire beaucoup, Robert Le Vigan, Michel Baudinat, Gaston Modot, Anne Wiazemski, Louis de Fun\u00e8s, Christine Fersen et Daniel Znyk.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/livre-jeu-des-ombres.jpg\" rel=\"prettyphoto[452]\" rel=\"prettyphoto[17126]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-17075\" src=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/livre-jeu-des-ombres.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 230px) 100vw, 230px\" srcset=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/livre-jeu-des-ombres.jpg 180w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/livre-jeu-des-ombres-98x150.jpg 98w\" alt=\"\" width=\"230\" height=\"351\" \/><\/a>A la sortie\u00a0des enfers, une fois l\u2019Ach\u00e9ron retravers\u00e9, tout se produit par les truchements de \u00ab\u00a0passes\u00a0\u00bb et de passages o\u00f9 le th\u00e9\u00e2tre devient aussi comique que tragique au sein d\u2019un langage qui lui aussi se transforme en une cr\u00e9ature hybride et effront\u00e9e. Cela ne date pas d\u2019hier chez le dramaturge. Le drame humain (en son animalit\u00e9 m\u00eame) est la com\u00e9die des mots. Ils grouillent au sein m\u00eame de leur r\u00e9incarnation en entrelacs, anagrammes, acrostiches, monocondyles, etc., pour br\u00fbler les fronti\u00e8res des temps comme du corps et de l\u2019esprit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le th\u00e9\u00e2tre n\u2019est plus habit\u00e9 de mots, ce sont eux qui l\u2019habillent et tout autant le mettent \u00e0 nu \u00e0 travers des inventions centrifuges en une \u00ab\u00a0affection\u00a0\u00bb g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. La pi\u00e8ce devient l\u2019endroit o\u00f9 danse la langue et o\u00f9 se consume la mort dans une irradiation vertigineuse. Les personnages veillent \u00e0 la naissance d\u2019autre chose l\u00e0 o\u00f9 l\u2019animal humain\u00a0au moyen de\u00a0sa voix tente de reconqu\u00e9rir une force sacrificielle au moment o\u00f9 les esprits parlent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Existe l\u00e0 un voyage farcesque des mots au bord du vaisseau fant\u00f4me de la langue.\u00a0 Celui-ci d\u00e9rive sur le plateau chahut\u00e9 par tous les revenants qui flottent \u2013 forc\u00e9ment \u2013 \u00e0 corps perdus. Mais la d\u00e9mat\u00e9rialisation de l\u2019\u00eatre via les ombres n\u2019est l\u00e0 que pour sauver l\u2019envie d\u2019exister dans cette polyphonie puissante du langage. Novarina reste plus que jamais po\u00e8te et philosophe. Il enrichit la connaissance par une langue d\u2019un comique tragique confondant o\u00f9 se gueule ce qui jusque l\u00e0 \u00e9tait rest\u00e9 dans le silence de mort de l\u2019enfer ou des bas-fonds de l\u2019inconscient.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les prochains \u00e9v\u00e9nements pr\u00e9vus \u00e9tant annul\u00e9s, en ces temps obscurs pour la culture comme pour le politique, restent \u00e0 d\u00e9couvrir le volume collectif Val\u00e8re Novarina : Les Tourbillons de l\u2019\u00e9criture et le virevoltant Jeu des ombres\u2026 Val\u00e8re Novarina, Le Jeu des ombres, P.O.L, 15 octobre 2020, 272 pages, 17 \u20ac, ISBN : 978-2-8180-5098-9. Dans la derni\u00e8re pi\u00e8ce de Novarina, l\u2019acte cr\u00e9ateur recouvre le plateau de th\u00e9\u00e2tre \u00e0 la fois d\u2019ombres et de m\u00e9tamorphoses. Le spectateur en devenant \u00ab\u00a0spectrateur\u00a0\u00bb va pouvoir changer d\u2019identit\u00e9 au sein de \u00ab\u00a0m\u00eames\u00a0\u00bb qu\u2019il conna\u00eet et qui appartiennent \u00e0 sa m\u00e9moire : celle \u00a0des mythes\u00a0comme d\u2019une actualit\u00e9 plus ou moins d\u00e9cal\u00e9e. Sont r\u00e9unis Orph\u00e9e, Eurydice, Cerb\u00e8re, Charon, H\u00e9cate, Pluton et ce qui est plus \u00e9tonnant Sosie, Flipote, les Machines \u00e0 dire beaucoup, Robert Le Vigan, Michel Baudinat, Gaston Modot, Anne Wiazemski, Louis de Fun\u00e8s, Christine Fersen et Daniel Znyk. A la sortie\u00a0des enfers, une fois l\u2019Ach\u00e9ron retravers\u00e9, tout se produit par les truchements de \u00ab\u00a0passes\u00a0\u00bb et de passages o\u00f9 le th\u00e9\u00e2tre devient aussi comique que tragique au sein d\u2019un langage qui lui aussi se transforme en une cr\u00e9ature hybride et effront\u00e9e. Cela ne date pas d\u2019hier chez le dramaturge. Le drame humain (en son animalit\u00e9 m\u00eame) est la com\u00e9die des mots. Ils grouillent au sein m\u00eame de leur r\u00e9incarnation en entrelacs, anagrammes, acrostiches, monocondyles, etc., pour br\u00fbler les fronti\u00e8res des temps comme du corps et de l\u2019esprit. Le th\u00e9\u00e2tre n\u2019est plus habit\u00e9 de mots, ce sont eux qui l\u2019habillent et tout autant le mettent \u00e0 nu \u00e0 travers des inventions centrifuges en une \u00ab\u00a0affection\u00a0\u00bb g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. La pi\u00e8ce devient l\u2019endroit o\u00f9 danse la langue et o\u00f9 se consume la mort dans une irradiation vertigineuse. Les personnages veillent \u00e0 la naissance d\u2019autre chose l\u00e0 o\u00f9 l\u2019animal humain\u00a0au moyen de\u00a0sa voix tente de reconqu\u00e9rir une force sacrificielle au moment o\u00f9 les esprits parlent. Existe l\u00e0 un voyage farcesque des mots au bord du vaisseau fant\u00f4me de la langue.\u00a0 Celui-ci d\u00e9rive sur le plateau chahut\u00e9 par tous les revenants qui flottent \u2013 forc\u00e9ment \u2013 \u00e0 corps perdus. Mais la d\u00e9mat\u00e9rialisation de l\u2019\u00eatre via les ombres n\u2019est l\u00e0 que pour sauver l\u2019envie d\u2019exister dans cette polyphonie puissante du langage. Novarina reste plus que jamais po\u00e8te et philosophe. Il enrichit la connaissance par une langue d\u2019un comique tragique confondant o\u00f9 se gueule ce qui jusque l\u00e0 \u00e9tait rest\u00e9 dans le silence de mort de l\u2019enfer ou des bas-fonds de l\u2019inconscient.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":453,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[35,7,2],"tags":[41,64,473,474,475,476,174],"class_list":["post-452","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chronique","category-livres-recus","category-une","tag-editions-p-o-l","tag-jean-paul-gavard-perret","tag-novarina-drame-de-la-langue","tag-novarina-farcesque","tag-novarina-jeu-des-ombres","tag-novarina-orphee","tag-valere-novarina"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/452","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=452"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/452\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":454,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/452\/revisions\/454"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media\/453"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=452"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=452"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=452"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}