{"id":4979,"date":"2024-04-03T18:10:37","date_gmt":"2024-04-03T16:10:37","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=4979"},"modified":"2024-04-03T18:11:32","modified_gmt":"2024-04-03T16:11:32","slug":"chronique-francois-crosnier-le-theatre-des-quatre-operations-a-propos-de-jules-vipaldo-on-ne-badine-pas-avec","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2024\/04\/03\/chronique-francois-crosnier-le-theatre-des-quatre-operations-a-propos-de-jules-vipaldo-on-ne-badine-pas-avec\/","title":{"rendered":"[Chronique] Fran\u00e7ois Crosnier, \u00ab Le th\u00e9\u00e2tre des (quatre) op\u00e9rations \u00bb (\u00e0 propos de Jules Vipaldo, On ne badine pas avec)"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Jules Vipaldo, <strong><em>On ne badine pas avec<\/em><\/strong> \/ ou\/ La DeuXi\u00e8me Ann\u00e9e d\u2019AritThm\u00e9tique \/ d\u2019Aride M\u00e9TRIQUE <em>\/ [Manuel \u00e0 l\u2019usage des primaires, des pou\u00ebtes et des pitres]<\/em> \/Avec trente-huit planches originales de Jean-Marc Pontier, \u00e9ditions TINBAD, janvier 2024, 141 pages, 23 \u20ac, ISBN\u00a0: 979-10-96415-64-9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>Op\u00e9ra-bouffon<\/em> selon l\u2019auteur, <strong><em>On ne badine pas<\/em><\/strong><em> avec <\/em>appara\u00eet comme un trait\u00e9 arithm\u00e9tico-th\u00e9ologique \u00e0 forte composante <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-4982\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/JV_Badine.jpg\" alt=\"\" width=\"210\" height=\"265\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/JV_Badine.jpg 210w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/JV_Badine-119x150.jpg 119w\" sizes=\"auto, (max-width: 210px) 100vw, 210px\" \/>lubrique\u00a0: Dieu, Diable et <em>Sain-Sexprit<\/em>, second\u00e9s par l\u2019ang(l)e Gabriel et Marie-Sainte-Nitouche, ainsi que par <em>quelques figures de [la] mythologie intime <\/em>de Jules Vipaldo, s\u2019y livrent \u00e0 un sabbat plac\u00e9 sous le signe conjoint de Jean-Pierre Brisset et de Nicolas Cirier (plus quelques autres).<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Mettons, s\u2019il vous pla\u00eet, un peu d\u2019ordre \u00e0 ces orgies (comme disait Sade) et reprenons depuis le d\u00e9but. Le pr\u00e9texte du livre est un manuel intitul\u00e9 \u00ab\u00a0la deuxi\u00e8me ann\u00e9e d\u2019arithm\u00e9tique\u00a0\u00bb qui pourrait \u00eatre (disons) celui de Leyssenne (1875) et dont quelques d\u00e9finitions et probl\u00e8mes figurent en exergue de plusieurs chapitres, pour \u00eatre comment\u00e9s plus ou moins burlesquement. Voil\u00e0 pour l\u2019arithm\u00e9tique. Quant \u00e0 la dimension religieuse, elle appara\u00eet d\u00e8s les premi\u00e8res pages avec insistance, d\u2019embl\u00e9e m\u00eal\u00e9e au sexe (la tentation du pieux par le d\u00e9mon, qui est partout, qui <em>est partouze<\/em>) pour culminer (cul-miner\u00a0?) dans les chapitres hautement blasph\u00e9matoires de <em>L\u2019annonciation faite \u00e0 Marie<\/em> et <em>L\u2019ang(l)e Gabriel.<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Pour le dire vite, l\u2019auteur tire le meilleur parti du potentiel lubrique de l\u2019arithm\u00e9tique et de l\u2019histoire sainte, et dieu sait que ces deux disciplines n\u2019en manquent pas. \u00c0 la mani\u00e8re de cet <em>Euclidtoris <\/em>\u00e9voqu\u00e9 parmi d\u2019autres \u00ab\u00a0matheux bossus\u00a0\u00bb, Vipaldo nous offre un <em>trait\u00e9 de masturbation des nombres et introduit la m\u00e9thode axioma<strong>trique<\/strong>.<\/em> Dans le m\u00eame temps, il se propose d\u2019introduire de <em>fines allusions\/illusions (\u2026) \u00e0 quelques hauts faits de l\u2019histoire sainte et de l\u2019arithm\u00e9t(r)ique. <\/em>En somme,<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>(\u2026) le peintre s\u2019interroge, dans le d\u00e9sordre de ses sens rompus aux plai(zi)sirs les plus intenses, sur le myst\u00e8re de la foi, l\u2019annonce faite \u00e0 Marie et la sainte trique-niqu\u00e9e appliqu\u00e9s aux math\u00e9mat(r)iques\u2026 <\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">D\u2019embl\u00e9e, le lecteur est pris dans un flux sans retenue de jeux de mots sexuels qui n\u2019est pas sans faire penser \u00e0 Brisset (\u00e9videmment) mais aussi \u00e0 quelques-uns des fous litt\u00e9raires recens\u00e9s par Queneau, puis Blavier, notamment le quadrateur J.P. Lucas, avec une diff\u00e9rence fondamentale qui est celle de l\u2019humour dont le livre d\u00e9borde.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>On voit par l\u00e0 que tout glisse, <\/em>dans la langue, <em>tout glisse et d\u00e9visse (\u2026) Que la langue est lubrique (\u2026) Que la langue, c\u2019est le vice (..) Et que s\u2019ouvrent, \u00e0 chaque mot, les plus <\/em><strong>chaudes <\/strong><em>trappes, qui soient (n\u2019est-ce pas)\u00a0<strong>!<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-4984\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Vipaldo_detail.jpg\" alt=\"\" width=\"540\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Vipaldo_detail.jpg 540w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Vipaldo_detail-203x300.jpg 203w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Vipaldo_detail-101x150.jpg 101w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/Vipaldo_detail-366x542.jpg 366w\" sizes=\"auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px\" \/><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Que le lecteur lettr\u00e9 (sensible aux mille allusions litt\u00e9raires dont la reconnaissance ou l\u2019\u00e9lucidation font ind\u00e9niablement partie des charmes de la lecture) et bien d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 braver <em>pruderie &amp; pudibonderie (\u2026) toujours rimant avec bondieuserie<\/em>, donc, n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 y aller voir lui-m\u00eame. Dans ce livre marqu\u00e9 au coin d\u2019une fr\u00e9n\u00e9sie certaine, impossible \u00e0 r\u00e9sumer mais extr\u00eamement euphorisant, il apprendra de surcro\u00eet <em>in fine <\/em>(s\u2019il ne le sait d\u00e9j\u00e0) que<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>Le po\u00e8te n\u2019amuse \/ n\u2019abuse (plus) personne (\u2026)<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>L\u2019inspi<strong>rat<\/strong>ion est une foutaise (un truc \u00e9vent\u00e9 qui ne fait plus bander\/mouiller d\u00e9gun)<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Ajoutons (et ce n\u2019est pas une mince remarque) que depuis les superbes r\u00e9\u00e9ditions du \u00ab\u00a0correcteur fou \u00e0 l\u2019Imprimerie royale\u00a0\u00bb Nicolas Cirier (1792-1869), procur\u00e9es par les \u00c9ditions des Cendres \u00e0 la fin du XXe si\u00e8cle et au d\u00e9but du XXIe, je n\u2019avais pas pris un tel plaisir typographique, dont il faut f\u00e9liciter \u2013 outre l\u2019auteur \u2013 les \u00e9ditions Tinbad qui ont r\u00e9alis\u00e9 un magnifique travail.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jules Vipaldo, On ne badine pas avec \/ ou\/ La DeuXi\u00e8me Ann\u00e9e d\u2019AritThm\u00e9tique \/ d\u2019Aride M\u00e9TRIQUE \/ [Manuel \u00e0 l\u2019usage des primaires, des pou\u00ebtes et des pitres] \/Avec trente-huit planches originales de Jean-Marc Pontier, \u00e9ditions TINBAD, janvier 2024, 141 pages, 23 \u20ac, ISBN\u00a0: 979-10-96415-64-9. &nbsp; Op\u00e9ra-bouffon selon l\u2019auteur, On ne badine pas avec appara\u00eet comme un trait\u00e9 arithm\u00e9tico-th\u00e9ologique \u00e0 forte composante lubrique\u00a0: Dieu, Diable et Sain-Sexprit, second\u00e9s par l\u2019ang(l)e Gabriel et Marie-Sainte-Nitouche, ainsi que par quelques figures de [la] mythologie intime de Jules Vipaldo, s\u2019y livrent \u00e0 un sabbat plac\u00e9 sous le signe conjoint de Jean-Pierre Brisset et de Nicolas Cirier (plus quelques autres). Mettons, s\u2019il vous pla\u00eet, un peu d\u2019ordre \u00e0 ces orgies (comme disait Sade) et reprenons depuis le d\u00e9but. Le pr\u00e9texte du livre est un manuel intitul\u00e9 \u00ab\u00a0la deuxi\u00e8me ann\u00e9e d\u2019arithm\u00e9tique\u00a0\u00bb qui pourrait \u00eatre (disons) celui de Leyssenne (1875) et dont quelques d\u00e9finitions et probl\u00e8mes figurent en exergue de plusieurs chapitres, pour \u00eatre comment\u00e9s plus ou moins burlesquement. Voil\u00e0 pour l\u2019arithm\u00e9tique. Quant \u00e0 la dimension religieuse, elle appara\u00eet d\u00e8s les premi\u00e8res pages avec insistance, d\u2019embl\u00e9e m\u00eal\u00e9e au sexe (la tentation du pieux par le d\u00e9mon, qui est partout, qui est partouze) pour culminer (cul-miner\u00a0?) dans les chapitres hautement blasph\u00e9matoires de L\u2019annonciation faite \u00e0 Marie et L\u2019ang(l)e Gabriel. Pour le dire vite, l\u2019auteur tire le meilleur parti du potentiel lubrique de l\u2019arithm\u00e9tique et de l\u2019histoire sainte, et dieu sait que ces deux disciplines n\u2019en manquent pas. \u00c0 la mani\u00e8re de cet Euclidtoris \u00e9voqu\u00e9 parmi d\u2019autres \u00ab\u00a0matheux bossus\u00a0\u00bb, Vipaldo nous offre un trait\u00e9 de masturbation des nombres et introduit la m\u00e9thode axiomatrique. Dans le m\u00eame temps, il se propose d\u2019introduire de fines allusions\/illusions (\u2026) \u00e0 quelques hauts faits de l\u2019histoire sainte et de l\u2019arithm\u00e9t(r)ique. En somme, (\u2026) le peintre s\u2019interroge, dans le d\u00e9sordre de ses sens rompus aux plai(zi)sirs les plus intenses, sur le myst\u00e8re de la foi, l\u2019annonce faite \u00e0 Marie et la sainte trique-niqu\u00e9e appliqu\u00e9s aux math\u00e9mat(r)iques\u2026 D\u2019embl\u00e9e, le lecteur est pris dans un flux sans retenue de jeux de mots sexuels qui n\u2019est pas sans faire penser \u00e0 Brisset (\u00e9videmment) mais aussi \u00e0 quelques-uns des fous litt\u00e9raires recens\u00e9s par Queneau, puis Blavier, notamment le quadrateur J.P. Lucas, avec une diff\u00e9rence fondamentale qui est celle de l\u2019humour dont le livre d\u00e9borde. On voit par l\u00e0 que tout glisse, dans la langue, tout glisse et d\u00e9visse (\u2026) Que la langue est lubrique (\u2026) Que la langue, c\u2019est le vice (..) Et que s\u2019ouvrent, \u00e0 chaque mot, les plus chaudes trappes, qui soient (n\u2019est-ce pas)\u00a0! Que le lecteur lettr\u00e9 (sensible aux mille allusions litt\u00e9raires dont la reconnaissance ou l\u2019\u00e9lucidation font ind\u00e9niablement partie des charmes de la lecture) et bien d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 braver pruderie &amp; pudibonderie (\u2026) toujours rimant avec bondieuserie, donc, n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 y aller voir lui-m\u00eame. Dans ce livre marqu\u00e9 au coin d\u2019une fr\u00e9n\u00e9sie certaine, impossible \u00e0 r\u00e9sumer mais extr\u00eamement euphorisant, il apprendra de surcro\u00eet in fine (s\u2019il ne le sait d\u00e9j\u00e0) que Le po\u00e8te n\u2019amuse \/ n\u2019abuse (plus) personne (\u2026) L\u2019inspiration est une foutaise (un truc \u00e9vent\u00e9 qui ne fait plus bander\/mouiller d\u00e9gun) Ajoutons (et ce n\u2019est pas une mince remarque) que depuis les superbes r\u00e9\u00e9ditions du \u00ab\u00a0correcteur fou \u00e0 l\u2019Imprimerie royale\u00a0\u00bb Nicolas Cirier (1792-1869), procur\u00e9es par les \u00c9ditions des Cendres \u00e0 la fin du XXe si\u00e8cle et au d\u00e9but du XXIe, je n\u2019avais pas pris un tel plaisir typographique, dont il faut f\u00e9liciter \u2013 outre l\u2019auteur \u2013 les \u00e9ditions Tinbad qui ont r\u00e9alis\u00e9 un magnifique travail.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4981,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[35,7,2],"tags":[28,2372,152,2373,2311,2374],"class_list":["post-4979","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chronique","category-livres-recus","category-une","tag-editions-tinbad","tag-fous-litteraires","tag-francois-crosnier","tag-jean-claude-brisset","tag-jules-vipaldo","tag-plaisirs-sextuels"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4979","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4979"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4979\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4986,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4979\/revisions\/4986"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4981"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4979"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4979"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4979"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}