{"id":498,"date":"2020-09-30T04:50:43","date_gmt":"2020-09-30T02:50:43","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=498"},"modified":"2021-05-05T04:51:45","modified_gmt":"2021-05-05T02:51:45","slug":"chronique-fabienne-radi-email-diamant-par-jean-paul-gavard-perret","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2020\/09\/30\/chronique-fabienne-radi-email-diamant-par-jean-paul-gavard-perret\/","title":{"rendered":"[Chronique] Fabienne Radi, Email diamant, par Jean-Paul Gavard-Perret"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Fabienne Radi, <em><strong>\u00c9mail diamant<\/strong><\/em>, Art&amp;fiction, Lausanne, coll. \u00ab\u00a0SushLarry\u00a0\u00bb, en <a href=\"https:\/\/www.decitre.fr\/livres\/email-diamant-9782940570942.html\">librairie<\/a> ce vendredi 2 octobre 2020, 156 pages, 14 \u20ac, ISBN :\u00a0978-2-940570-94-2.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Fid\u00e8le \u00e0 son genre d\u2019\u00e9lection Fabienne Radi poursuit l\u2019\u00e9criture d\u2019essais tr\u00e8s particuliers et programmatifs \u00e0 la fois sp\u00e9cifiques et sp\u00e9culaires o\u00f9 celle qui \u00e9crit s\u2019interroge sur ce qu\u2019il faut \u00e9crire et d\u2019ailleurs s\u2019il faut vraiment \u00e9crire eu \u00e9gard \u00e0 son attrait pour les images qui deviennent pr\u00e9-textes et p\u00e9ri-textes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces livres sont des tentatives de d\u00e9tournements et un moyen d\u2019\u00eatre cr\u00e9atrice \u00e0 part enti\u00e8re par des voies d\u00e9tourn\u00e9es. Se sentant quasiment \u00ab\u00a0choisie\u00a0\u00bb par des oeuvres, des images et certains cas d\u2019esp\u00e8ce elle propose un champ particulier \u00e0 la culture comme \u00e0 l\u2019aventure humaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/RadiEmail.jpg\" rel=\"prettyphoto[498]\" rel=\"prettyphoto[16974]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-16977\" src=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/RadiEmail.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 215px) 100vw, 215px\" srcset=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/RadiEmail.jpg 215w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/RadiEmail-195x300.jpg 195w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/RadiEmail-98x150.jpg 98w\" alt=\"\" width=\"215\" height=\"330\" \/><\/a>En cons\u00e9quence, lorsque qu\u2019elle ressort avec une m\u00e2choire paralys\u00e9e \u2013 ce qui est tout de m\u00eame assez fr\u00e9quent \u2013 de chez son dentiste, puisque, \u00ab\u00a0enfant, je n\u2019ai pas eu droit au fluor dans le sel de table\u00a0\u00bb dit-elle \u2013 l\u2019auteure ne manque jamais, \u00e0 peine la porte du cabinet referm\u00e9e, de lire \u00e0 plus ou moins haute voix les textes qui apparaissent alors dans son champ de vision : \u00ab\u00a0OTICH ASCHENCHEUR, PHARMACHIE DE CHERVICHE ou encore D\u00c9FENCHE DE CHTACHIONNER, en produisant un filet de bave par la m\u00eame occasion\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fabienne Radi y trouve un certain plaisir, voire un plaisir certain qu\u2019elle ch\u00e9rit en oubliant sa souffrance : \u00ab\u00a0tout en me confortant dans l\u2019id\u00e9e que j\u2019ai bien fait de ne pas essayer de me lancer dans la performance\u00a0\u00bb ajoute-t-elle. Et ce en allusion \u00e0 une de ceux et celles qu\u2019elle \u00e9voque dans ce livre et \u00e0 laquelle elle pense \u00e0 chaque visite chez le dentiste : Hayley Newman dont elle a perdu la trace mais qui n\u2019eut jamais peu d\u2019aller au charbon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais ne s\u2019arr\u00eatant pas en si bon chemin, et depuis les bords du L\u00e9man, elle convoque outre la performeuse anglaise et son dentiste vaudois, une nonne belge, l\u2019Homme des glaces, Shelley Duvall, Peter Pan et Harry Dean Stanton, pour traiter d\u2019une partie singuli\u00e8re du corps mieux qu\u2019en dentiste pour les vivants ou si l\u2019on est mort, pour les servir \u00ab\u00a0aux inspecteurs de police et aux arch\u00e9ologues en indiquant l\u2019\u00e2ge approximatif du corps.\u00a0\u00bb Adepte des d\u00e9tails quasi documentaires, la cr\u00e9atrice m\u00eale le r\u00e9el et l\u2019imaginaire pour d\u00e9noncer les ombres de la petite histoire et les mythologies de notre \u00e9poque de mani\u00e8re plus ironique que fractale. S\u2019en suivent des r\u00e9flexions multiples. Fabienne Radi s\u2019interroge sur le sourire \u00e0 la fois de la Joconde \u00ab\u00a0sans que l\u2019on sache comment \u00e9taient ses dents, ni m\u00eame si elle en avait vraiment\u00a0\u00bb et sur celui de Julia Roberts qui semble avoir dans la bouche plus de dents que le commun des mortels.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chez elle, l\u2019\u00e9volution des formes peut donc d\u00e9pendre de la forme des dents et de leur couleur. Elle y d\u00e9couvre une racine m\u00e9taphysique au monde. Il y aura donc d\u00e9sormais un blanc \u00ab\u00a0\u00e9mail diamant\u00a0\u00bb dans l\u2019univers des signes tel que Fabienne Radi le m\u00e9diatise en des morceaux de bravoure faussement abracadabrants. Ils d\u00e9crivent un grand bain de bouche individuel et collectif qui ne fait que prolonger ses pr\u00e9occupations et ses obsessions ant\u00e9rieures.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fabienne Radi, \u00c9mail diamant, Art&amp;fiction, Lausanne, coll. \u00ab\u00a0SushLarry\u00a0\u00bb, en librairie ce vendredi 2 octobre 2020, 156 pages, 14 \u20ac, ISBN :\u00a0978-2-940570-94-2. Fid\u00e8le \u00e0 son genre d\u2019\u00e9lection Fabienne Radi poursuit l\u2019\u00e9criture d\u2019essais tr\u00e8s particuliers et programmatifs \u00e0 la fois sp\u00e9cifiques et sp\u00e9culaires o\u00f9 celle qui \u00e9crit s\u2019interroge sur ce qu\u2019il faut \u00e9crire et d\u2019ailleurs s\u2019il faut vraiment \u00e9crire eu \u00e9gard \u00e0 son attrait pour les images qui deviennent pr\u00e9-textes et p\u00e9ri-textes. Ces livres sont des tentatives de d\u00e9tournements et un moyen d\u2019\u00eatre cr\u00e9atrice \u00e0 part enti\u00e8re par des voies d\u00e9tourn\u00e9es. Se sentant quasiment \u00ab\u00a0choisie\u00a0\u00bb par des oeuvres, des images et certains cas d\u2019esp\u00e8ce elle propose un champ particulier \u00e0 la culture comme \u00e0 l\u2019aventure humaine. En cons\u00e9quence, lorsque qu\u2019elle ressort avec une m\u00e2choire paralys\u00e9e \u2013 ce qui est tout de m\u00eame assez fr\u00e9quent \u2013 de chez son dentiste, puisque, \u00ab\u00a0enfant, je n\u2019ai pas eu droit au fluor dans le sel de table\u00a0\u00bb dit-elle \u2013 l\u2019auteure ne manque jamais, \u00e0 peine la porte du cabinet referm\u00e9e, de lire \u00e0 plus ou moins haute voix les textes qui apparaissent alors dans son champ de vision : \u00ab\u00a0OTICH ASCHENCHEUR, PHARMACHIE DE CHERVICHE ou encore D\u00c9FENCHE DE CHTACHIONNER, en produisant un filet de bave par la m\u00eame occasion\u00a0\u00bb. Fabienne Radi y trouve un certain plaisir, voire un plaisir certain qu\u2019elle ch\u00e9rit en oubliant sa souffrance : \u00ab\u00a0tout en me confortant dans l\u2019id\u00e9e que j\u2019ai bien fait de ne pas essayer de me lancer dans la performance\u00a0\u00bb ajoute-t-elle. Et ce en allusion \u00e0 une de ceux et celles qu\u2019elle \u00e9voque dans ce livre et \u00e0 laquelle elle pense \u00e0 chaque visite chez le dentiste : Hayley Newman dont elle a perdu la trace mais qui n\u2019eut jamais peu d\u2019aller au charbon. Mais ne s\u2019arr\u00eatant pas en si bon chemin, et depuis les bords du L\u00e9man, elle convoque outre la performeuse anglaise et son dentiste vaudois, une nonne belge, l\u2019Homme des glaces, Shelley Duvall, Peter Pan et Harry Dean Stanton, pour traiter d\u2019une partie singuli\u00e8re du corps mieux qu\u2019en dentiste pour les vivants ou si l\u2019on est mort, pour les servir \u00ab\u00a0aux inspecteurs de police et aux arch\u00e9ologues en indiquant l\u2019\u00e2ge approximatif du corps.\u00a0\u00bb Adepte des d\u00e9tails quasi documentaires, la cr\u00e9atrice m\u00eale le r\u00e9el et l\u2019imaginaire pour d\u00e9noncer les ombres de la petite histoire et les mythologies de notre \u00e9poque de mani\u00e8re plus ironique que fractale. S\u2019en suivent des r\u00e9flexions multiples. Fabienne Radi s\u2019interroge sur le sourire \u00e0 la fois de la Joconde \u00ab\u00a0sans que l\u2019on sache comment \u00e9taient ses dents, ni m\u00eame si elle en avait vraiment\u00a0\u00bb et sur celui de Julia Roberts qui semble avoir dans la bouche plus de dents que le commun des mortels. Chez elle, l\u2019\u00e9volution des formes peut donc d\u00e9pendre de la forme des dents et de leur couleur. Elle y d\u00e9couvre une racine m\u00e9taphysique au monde. Il y aura donc d\u00e9sormais un blanc \u00ab\u00a0\u00e9mail diamant\u00a0\u00bb dans l\u2019univers des signes tel que Fabienne Radi le m\u00e9diatise en des morceaux de bravoure faussement abracadabrants. 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