{"id":512,"date":"2017-04-29T06:44:28","date_gmt":"2017-04-29T04:44:28","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=512"},"modified":"2021-05-06T06:47:41","modified_gmt":"2021-05-06T04:47:41","slug":"entretien-linstranquile-agneau-entretien-de-francoise-favretto-avec-fabrice-thumerel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2017\/04\/29\/entretien-linstranquile-agneau-entretien-de-francoise-favretto-avec-fabrice-thumerel\/","title":{"rendered":"[Entretien] L&rsquo;instranquile Agneau, entretien de Fran\u00e7oise Favretto avec Fabrice Thumerel"},"content":{"rendered":"<p>Avant que de pr\u00e9senter quelques titres de la collection \u00ab\u00a0Architextes\u00a0\u00bb, nous remercions la passionn\u00e9e Fran\u00e7oise Favretto d\u2019avoir bien voulu r\u00e9pondre \u00e0 cinq questions sur les \u00e9ditions de l\u2019Agneau, leur revue L\u2019Intranquille et leurs collections.<\/p>\n<p>FT : On commencera par le commencement : pourquoi avoir choisi ce nom, l\u2019Atelier de l\u2019agneau ? Il est vrai que la Bergerie fran\u00e7aise de l\u2019\u00e9dition est envahie par les loups\u2026<\/p>\n<p>FF : N\u2019\u00e9tant pas \u00e0 l\u2019origine des \u00e9ditions, je les ai reprises avec leur nom que je n\u2019ai pas modifi\u00e9. C\u2019est dans l\u2019ancien atelier d\u2019un peintre que l\u2019Atelier de l\u2019agneau a vu le jour. Dans une rue au centre-ville de Li\u00e8ge, la rue de l\u2019agneau. Je n\u2019ai pas connu ce lieu mais je sais qu\u2019il y avait une presse \u00e0 gravure, des artistes, des \u00e9crivains, et comme figure fondatrice et unifiante Jacques Izoard. L\u2019\u00e9crivain Eug\u00e8ne Savitzkaya fait partie des fondateurs, il devint assez vite un auteur reconnu publi\u00e9 chez Minuit et il appr\u00e9cie que j\u2019aie pu continuer les \u00e9ditions.<\/p>\n<p>FT : Pourriez-vous retracer votre itin\u00e9raire personnel, puis votre parcours au sein de cette maison ?<\/p>\n<p>FF : Dipl\u00f4m\u00e9e en litt\u00e9rature et linguistique, je n\u2019ai enseign\u00e9 que de fa\u00e7on sporadique, trouvant davantage de libert\u00e9 dans le travail des revues (j\u2019en ai r\u00e9alis\u00e9 4), plus spontan\u00e9, qui privil\u00e9gie les \u00e9changes. J\u2019ai donc commenc\u00e9 avec la revue 25. Puis l\u2019\u00e9dition. J\u2019ai beaucoup \u00e9crit de critiques de livres et de revues, et je continue, lisant toujours un crayon \u00e0 la main\u2026 Parler de lectures\u2026 Annoter les manuscrits\u2026 J\u2019\u00e9cris aussi des textes personnels, je dessine, voyage, photographie et cr\u00e9e des livres d\u2019artistes\u2026 organise des lectures publiques. J\u2019essaie de cr\u00e9er un espace pour la litt\u00e9rature exigeante.<\/p>\n<p>FT : Sur votre site \u00e9ditorial est indiqu\u00e9 que vous pr\u00e9f\u00e9rez des textes qui privil\u00e9gient la \u00ab forme \u00bb \u2026 Qu\u2019entendez-vous par l\u00e0 ? De quelle \u00ab forme \u00bb s\u2019agit-il ?<\/p>\n<p>FF : Je ne parle pas, bien s\u00fbr, des formes fixes comme le sonnet, la ballade\u2026 Par exemple, si j\u2019aime les arbres, c\u2019est surtout pour leur forme, ovale ou \u00e9bouriff\u00e9e. Et leur ombre fantomatique dans la nuit, effrayante. L\u2019impact, l\u2019ombre, le contour\u2026 Je regarde d\u2019abord cela et ensuite ce qu\u2019ils produisent : des cerises, des kiwis\u2026<\/p>\n<p>De m\u00eame pour les textes, la narration ne m\u2019int\u00e9resse pas vraiment, n\u2019\u00e9tant pas lectrice de \u00ab romans \u00bb. La \u00ab forme \u00bb pour moi c\u2019est au sens sp\u00e9cifique de gestalt en allemand, qui vient du verbe gestalten, \u00ab mettre en forme mais en donnant une structure qui donne du sens \u00bb.<\/p>\n<p>La po\u00e9sie n\u2019advient qu\u2019avec le travail de la forme, qui peut s\u2019adjoindre le son. Qu\u2019on me raconte n\u2019importe quoi, je n\u2019y suis sensible que si je vois\/sens\/entends une construction, un mouvement, une intention, un rythme. Quelque chose de structur\u00e9. En ce sens, cela peut \u00eatre de la prose, je ne vois pas de grande diff\u00e9rence entre ces genres s\u2019il y a un travail de la p\u00e2te, soyez de bons boulangers\u2026<\/p>\n<p>A part quelques textes d\u2019art brut, directs, tellement bouleversants, o\u00f9 l\u2019on ne peut que s\u2019incliner \u2013 mais ils sont tr\u00e8s rares \u2013 je ne crois pas \u00e0 la po\u00e9sie spontan\u00e9e, au \u00ab jet fulgurant \u00bb. Le po\u00e8te doit trouver \u00ab sa \u00bb forme. Je dois parfois expliquer cela aux jeunes po\u00e8tes : \u00e9crire est un travail\u2026<\/p>\n<p>FT : Le nom de votre revue, L\u2019Intranquille, convient parfaitement \u00e0 votre projet \u00e9ditorial, non ?<\/p>\n<p>FF : Agit\u00e9s du bocal, poissons rouges dans une \u00e9cume blanche, rejetons de l\u2019impossible, traducteurs du miroitement, d\u00e9cal\u00e9s du corps et de l\u2019\u00e2me, revisit\u00e9s \u00e0 l\u2019aune de l\u2019intr\u00e9pide, remu\u00e9s et remuants, troubl\u00e9s et troublants, les auteurs de l\u2019intranquille vous saluent.<\/p>\n<p>Le livre de l\u2019intranquillit\u00e9 de Pessoa a donn\u00e9 son nom \u00e0 la revue. On a aussi pench\u00e9 pour \u00ab Le sel des Garamanthes \u00bb, symbole des longues marches des peuples du d\u00e9sert qui ne vivaient que de vente de sel. L\u2019image \u00e2pre qui y \u00e9tait connot\u00e9e r\u00e9v\u00e9lait une nostalgie premi\u00e8re et un peu trop asc\u00e9tique, alors que \u00ab l\u2019intranquille \u00bb dit bien l\u2019\u00e9poque. Des th\u00e9matiques ont surgi d\u2019embl\u00e9e : \u00ab d\u00e9gage \u00bb en 2011, \u00ab le triple A \u00bb (pour amuser les artistes visuels), \u00ab genres d\u2019apr\u00e8s \u00bb, \u00ab servitude volontaire \u00bb, \u00ab concr\u00e9tisez ! \u00bb par exemple. Pr\u00e9senter de nouveaux po\u00e8tes nous a sembl\u00e9 indispensable et aussi des traductions de tous pays : indiens d\u2019Am\u00e9rique (sioux), langue de Mauritanie, femmes d\u2019Iran et tous pays europ\u00e9ens. Une partie critique abondante termine le num\u00e9ro apr\u00e8s un passage dans l\u2019histoire litt\u00e9raire, du XVIIIe \u00e0 nos jours, en essais ou journaux intimes (Michel Valpr\u00e9my, Ford Madox Ford, Flaubert, Doris Lessing, etc.). Des artistes actuels illustrent ces 90 pages, surtout de dessins.<\/p>\n<p>FT : Pourriez-vous maintenant esquisser l\u2019arch\u00e9ologie de votre collection \u00ab architextes \u00bb, qui a une place particuli\u00e8re dans votre maison ? Quel a \u00e9t\u00e9 son fil rouge ? Quels liens \u00e9tablissez-vous entre des auteurs aussi diff\u00e9rents que Edith Azam, Jean-Pierre Bobillot, Jacques Demarcq, S\u00e9bastien Dicenaire, Philippe Jaffeux, Marius Loris, ou encore Sylvie N\u00e8ve ?<\/p>\n<p>D\u2019autres collections aussi : \u00ab transfert \u00bb, \u00ab 25 \u00bb, \u00ab Litt\u00e9-nature \u00bb (Virgile, Rousseau, Thoreau, Reclus), \u00ab archives \u00bb, \u00ab g\u00e9opo\u00e9tique \u00bb, \u00ab ethnopo\u00e9sie \u00bb\u2026<\/p>\n<p>Pour \u00ab architextes \u00bb, donc : une annonce parue dans un journal comportait une coquille \u00ab cherche architextes \u00bb au lieu de \u00ab architectes \u00bb. Alors je me suis mise \u00e0 en chercher\u2026 avec un pochoir (encore la forme), un crit\u00e8re : archi = exc\u00e8s, d\u00e9bordement\u2026<\/p>\n<p>J\u2019ai \u00e9tabli une r\u00e8gle interne et personnelle que voici :<\/p>\n<p>Les textes doivent d\u00e9border de la norme jusqu\u2019au syntagme. Le mot doit donc \u00eatre attaqu\u00e9 dans le proc\u00e8s de d\u00e9molition de l\u2019ordre langagier \u00e9tabli. A partir de cela, s\u2019est form\u00e9 (oui, encore la forme) un collectif de 29 auteurs, \u00ab ARCHITEXTES 2 \u00bb, pr\u00e9fac\u00e9e par Guilhem Fabre. Puis une collection du m\u00eame nom : 26 livres \u00e0 ce jour et plusieurs autres en cours.<\/p>\n<p>Les auteurs que vous citez dans votre question remuent les mots, peuvent casser \u00e0 outrance ou pas, mais s\u2019activent dans la destruction\/recomposition.<\/p>\n<p>Azam est l\u2019invention m\u00eame, achoppe sur les mots, tourbillonne et refait. Demarcq \u00e0 partir des bruits d\u2019oiseaux retrace des itin\u00e9raires po\u00e9tiques. Jaffeux qui scinde, troue et perce. Dicenaire imagine une \u00ab potentiologie \u00bb o\u00f9 la po\u00e9sie peut sauver le monde. Marius Loris tend \u00e0 l\u2019exc\u00e8s dans la retranscription sonore de ses textes : les lisant, il d\u00e9grade les syllabes par sa vitesse d\u2019\u00e9locution et finit sans plus pouvoir respirer\u2026<\/p>\n<p>Et Sylvie N\u00e8ve qui a toujours jou\u00e9 du langage comme d\u2019une scie, Bobillot, th\u00e9oricien savant, allant \u00e0 l\u2019extr\u00eame du verbe relook\u00e9\u2026<\/p>\n<p>De mon point de vue, ils ne sont donc pas diff\u00e9rents. Tous passent par la voix, le sonore. J\u2019en ajouterais quelques autres : les logorrh\u00e9es surinvesties du si discret Denis Ferdinande (5 livres), le multilinguisme de Christoph Bruneel \u00ab ga\u2019goes\u2019 goet\u2019 gro groins \u00bb, les ind\u00e9passables narrations de L.M. De Vaulchier envahies de dessins, Jandl et Mayr\u00f6cker traduits par Lucie Ta\u00efeb pouvant passer all\u00e8grement de la collection \u00ab transfert \u00bb (traductions donc) \u00e0 \u00ab architextes \u00bb tant les exp\u00e9riences comiques pour l\u2019un, sensuelles pour l\u2019autre, donnent mod\u00e8le aux nouveaux auteurs.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avant que de pr\u00e9senter quelques titres de la collection \u00ab\u00a0Architextes\u00a0\u00bb, nous remercions la passionn\u00e9e Fran\u00e7oise Favretto d\u2019avoir bien voulu r\u00e9pondre \u00e0 cinq questions sur les \u00e9ditions de l\u2019Agneau, leur revue L\u2019Intranquille et leurs collections. FT : On commencera par le commencement : pourquoi avoir choisi ce nom, l\u2019Atelier de l\u2019agneau ? Il est vrai que la Bergerie fran\u00e7aise de l\u2019\u00e9dition est envahie par les loups\u2026 FF : N\u2019\u00e9tant pas \u00e0 l\u2019origine des \u00e9ditions, je les ai reprises avec leur nom que je n\u2019ai pas modifi\u00e9. C\u2019est dans l\u2019ancien atelier d\u2019un peintre que l\u2019Atelier de l\u2019agneau a vu le jour. Dans une rue au centre-ville de Li\u00e8ge, la rue de l\u2019agneau. Je n\u2019ai pas connu ce lieu mais je sais qu\u2019il y avait une presse \u00e0 gravure, des artistes, des \u00e9crivains, et comme figure fondatrice et unifiante Jacques Izoard. L\u2019\u00e9crivain Eug\u00e8ne Savitzkaya fait partie des fondateurs, il devint assez vite un auteur reconnu publi\u00e9 chez Minuit et il appr\u00e9cie que j\u2019aie pu continuer les \u00e9ditions. FT : Pourriez-vous retracer votre itin\u00e9raire personnel, puis votre parcours au sein de cette maison ? FF : Dipl\u00f4m\u00e9e en litt\u00e9rature et linguistique, je n\u2019ai enseign\u00e9 que de fa\u00e7on sporadique, trouvant davantage de libert\u00e9 dans le travail des revues (j\u2019en ai r\u00e9alis\u00e9 4), plus spontan\u00e9, qui privil\u00e9gie les \u00e9changes. J\u2019ai donc commenc\u00e9 avec la revue 25. Puis l\u2019\u00e9dition. J\u2019ai beaucoup \u00e9crit de critiques de livres et de revues, et je continue, lisant toujours un crayon \u00e0 la main\u2026 Parler de lectures\u2026 Annoter les manuscrits\u2026 J\u2019\u00e9cris aussi des textes personnels, je dessine, voyage, photographie et cr\u00e9e des livres d\u2019artistes\u2026 organise des lectures publiques. J\u2019essaie de cr\u00e9er un espace pour la litt\u00e9rature exigeante. FT : Sur votre site \u00e9ditorial est indiqu\u00e9 que vous pr\u00e9f\u00e9rez des textes qui privil\u00e9gient la \u00ab forme \u00bb \u2026 Qu\u2019entendez-vous par l\u00e0 ? De quelle \u00ab forme \u00bb s\u2019agit-il ? FF : Je ne parle pas, bien s\u00fbr, des formes fixes comme le sonnet, la ballade\u2026 Par exemple, si j\u2019aime les arbres, c\u2019est surtout pour leur forme, ovale ou \u00e9bouriff\u00e9e. Et leur ombre fantomatique dans la nuit, effrayante. L\u2019impact, l\u2019ombre, le contour\u2026 Je regarde d\u2019abord cela et ensuite ce qu\u2019ils produisent : des cerises, des kiwis\u2026 De m\u00eame pour les textes, la narration ne m\u2019int\u00e9resse pas vraiment, n\u2019\u00e9tant pas lectrice de \u00ab romans \u00bb. La \u00ab forme \u00bb pour moi c\u2019est au sens sp\u00e9cifique de gestalt en allemand, qui vient du verbe gestalten, \u00ab mettre en forme mais en donnant une structure qui donne du sens \u00bb. La po\u00e9sie n\u2019advient qu\u2019avec le travail de la forme, qui peut s\u2019adjoindre le son. Qu\u2019on me raconte n\u2019importe quoi, je n\u2019y suis sensible que si je vois\/sens\/entends une construction, un mouvement, une intention, un rythme. 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FF : Agit\u00e9s du bocal, poissons rouges dans une \u00e9cume blanche, rejetons de l\u2019impossible, traducteurs du miroitement, d\u00e9cal\u00e9s du corps et de l\u2019\u00e2me, revisit\u00e9s \u00e0 l\u2019aune de l\u2019intr\u00e9pide, remu\u00e9s et remuants, troubl\u00e9s et troublants, les auteurs de l\u2019intranquille vous saluent. Le livre de l\u2019intranquillit\u00e9 de Pessoa a donn\u00e9 son nom \u00e0 la revue. On a aussi pench\u00e9 pour \u00ab Le sel des Garamanthes \u00bb, symbole des longues marches des peuples du d\u00e9sert qui ne vivaient que de vente de sel. L\u2019image \u00e2pre qui y \u00e9tait connot\u00e9e r\u00e9v\u00e9lait une nostalgie premi\u00e8re et un peu trop asc\u00e9tique, alors que \u00ab l\u2019intranquille \u00bb dit bien l\u2019\u00e9poque. Des th\u00e9matiques ont surgi d\u2019embl\u00e9e : \u00ab d\u00e9gage \u00bb en 2011, \u00ab le triple A \u00bb (pour amuser les artistes visuels), \u00ab genres d\u2019apr\u00e8s \u00bb, \u00ab servitude volontaire \u00bb, \u00ab concr\u00e9tisez ! \u00bb par exemple. Pr\u00e9senter de nouveaux po\u00e8tes nous a sembl\u00e9 indispensable et aussi des traductions de tous pays : indiens d\u2019Am\u00e9rique (sioux), langue de Mauritanie, femmes d\u2019Iran et tous pays europ\u00e9ens. Une partie critique abondante termine le num\u00e9ro apr\u00e8s un passage dans l\u2019histoire litt\u00e9raire, du XVIIIe \u00e0 nos jours, en essais ou journaux intimes (Michel Valpr\u00e9my, Ford Madox Ford, Flaubert, Doris Lessing, etc.). Des artistes actuels illustrent ces 90 pages, surtout de dessins. FT : Pourriez-vous maintenant esquisser l\u2019arch\u00e9ologie de votre collection \u00ab architextes \u00bb, qui a une place particuli\u00e8re dans votre maison ? Quel a \u00e9t\u00e9 son fil rouge ? Quels liens \u00e9tablissez-vous entre des auteurs aussi diff\u00e9rents que Edith Azam, Jean-Pierre Bobillot, Jacques Demarcq, S\u00e9bastien Dicenaire, Philippe Jaffeux, Marius Loris, ou encore Sylvie N\u00e8ve ? D\u2019autres collections aussi : \u00ab transfert \u00bb, \u00ab 25 \u00bb, \u00ab Litt\u00e9-nature \u00bb (Virgile, Rousseau, Thoreau, Reclus), \u00ab archives \u00bb, \u00ab g\u00e9opo\u00e9tique \u00bb, \u00ab ethnopo\u00e9sie \u00bb\u2026 Pour \u00ab architextes \u00bb, donc : une annonce parue dans un journal comportait une coquille \u00ab cherche architextes \u00bb au lieu de \u00ab architectes \u00bb. Alors je me suis mise \u00e0 en chercher\u2026 avec un pochoir (encore la forme), un crit\u00e8re : archi = exc\u00e8s, d\u00e9bordement\u2026 J\u2019ai \u00e9tabli une r\u00e8gle interne et personnelle que voici : Les textes doivent d\u00e9border de la norme jusqu\u2019au syntagme. 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