{"id":525,"date":"2020-09-17T07:05:10","date_gmt":"2020-09-17T05:05:10","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=525"},"modified":"2021-05-06T07:06:11","modified_gmt":"2021-05-06T05:06:11","slug":"chronique-beatrice-douvre-la-passante-de-lexperience-par-germain-tramier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2020\/09\/17\/chronique-beatrice-douvre-la-passante-de-lexperience-par-germain-tramier\/","title":{"rendered":"[Chronique] B\u00e9atrice Douvre, La Passante de l\u2019exp\u00e9rience, par Germain Tramier"},"content":{"rendered":"<p class=\"Standard\" align=\"right\">\u00ab\u00a0Ce ne peut \u00eatre que la fin de moi-m\u00eame, en avan\u00e7ant\u00a0\u00bb<br \/>\nB\u00e9atrice Douvre \u2013 20 mars 1994<br \/>\n(<i>Journal de Belfort<\/i>, \u00e9dition de La Coop\u00e9rative, ao\u00fbt 2019, 192 pages)<\/p>\n<p class=\"Standard\">Les \u00e9ditions de la Coop\u00e9rative nous offrent la lecture d\u2019un manuscrit in\u00e9dit de B\u00e9atrice Douvre\u00a0: <i>Journal de Belfort<\/i>. Ce texte recouvre les 6 derniers mois de la vie de l\u2019autrice disparue en 1994, \u00e0 27 ans. Il s\u2019agit d\u2019un texte non-autoris\u00e9, c\u2019est \u00e0 dire n\u2019ayant pas \u00e9t\u00e9 revu par Douvre en vue d\u2019une publication future. Ce fait est surtout valable pour la premi\u00e8re partie intitul\u00e9e <i>Journal de <a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/DouvreBelfort1.jpg\" rel=\"prettyphoto[525]\" rel=\"prettyphoto[16924]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-16927\" src=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/DouvreBelfort1.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 210px) 100vw, 210px\" srcset=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/DouvreBelfort1.jpg 210w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/DouvreBelfort1-107x150.jpg 107w\" alt=\"\" width=\"210\" height=\"295\" \/><\/a>Belfort, <\/i>\u00e0 l\u2019\u00e9criture po\u00e9tique particuli\u00e8rement riche, mati\u00e8re brute, ressass\u00e9e, non-remodel\u00e9e. S\u2019il est certain que ces pages d\u00e9notent une recherche profonde sur les images, l\u2019\u00e9criture et les m\u00e9taphores, n\u00e9anmoins il ne fait aucun doute que B\u00e9atrice Douvre les aurait retravaill\u00e9es.<br \/>\nLa troisi\u00e8me partie du livre, <i>Po\u00e8mes en proses<\/i>, montre d\u00e9j\u00e0 le r\u00e9investissement du journal, en vue d\u2019en cr\u00e9er une suite po\u00e9tique plus serr\u00e9e, plus s\u00fbre \u2013 un autre exemple se trouve dans la premi\u00e8re publication de ses \u0153uvres, aux \u00e9ditions Voix d\u2019encre en l\u2019an 2000. <i>Journal de Belfort<\/i> nous plonge donc dans la forge de l\u2019autrice, lieu intime o\u00f9 germe la cr\u00e9ation et nous laisse lire aussi les fruits tardifs\u00a0: les <i>Po\u00e8mes en prose<\/i> et les <i>Derniers Po\u00e8mes<\/i>. Si ce journal a fait dire \u00e0 Juan Asensio : \u00ab\u00a0je crains qu\u2019il ne soit difficile d\u2019en dire quoi que ce soit de juste et d\u2019intelligent qui ne soit pas une explication maladroite et convenue\u00a0\u00bb et si j\u2019agr\u00e9e \u00e0 sa deuxi\u00e8me remarque : \u00ab\u00a0la parole po\u00e9tique est celle qui se suffit le plus amplement \u00e0 elle-m\u00eame\u00a0\u00bb, il me semble que le <i>Journal de Belfort<\/i> n\u00e9cessite une tentative d\u2019interpr\u00e9tation, m\u00eame risquant la maladresse, au vu des nombreux th\u00e8mes qu\u2019il explore.<\/p>\n<p class=\"Standard\" align=\"center\"><strong>La Passante du P\u00e9ril<\/strong><\/p>\n<p class=\"Standard\">Une locution a d\u00e9j\u00e0 circul\u00e9 pour qualifier Douvre, expression qui titre la deuxi\u00e8me partie du livre : <i>Passante du p\u00e9ril\u00a0: journal d\u2019une anorexique<\/i>. Si cette p\u00e9riphrase cerne la difficult\u00e9 premi\u00e8re (et source premi\u00e8re) de son \u00e9criture : l\u2019anorexie, le danger de mort<i>,<\/i> un d\u00e9tour par l\u2019\u00e9tymon latin permet d\u2019enrichir sa profondeur : \u00ab\u00a0p\u00e9ril\u00a0\u00bb vient de <i>periculum<\/i> qui signifie \u00ab\u00a0\u00e9preuve\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0exp\u00e9rience\u00a0\u00bb, le mot lui-m\u00eame d\u00e9rive du verbe <i>p\u00e9rior<\/i> \u00ab\u00a0\u00e9prouver\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0exp\u00e9rimenter\u00a0\u00bb. B\u00e9atrice Douvre se serait donc caract\u00e9ris\u00e9e comme la passante de l\u2019exp\u00e9rience, ou de l\u2019\u00e9preuve. C\u2019est par la souffrance, le rejet, l\u2019\u00e9chec, la diversification des \u00e9critures (les exp\u00e9riences litt\u00e9raires et corporelles dont t\u00e9moigne le livre) qu\u2019elle effectuerait sa travers\u00e9e du monde. Cette locution annonce une \u00e9criture exp\u00e9rimentale : <i>Journal de Belfort<\/i> n\u2019est pas un journal factuel, mais un recueil de proses, les <i>Proses<\/i> refondent le journal, <i>Journal d\u2019une anorexique<\/i> pr\u00e9sente une simplification de l\u2019\u00e9criture, enfin les <i>Derniers Po\u00e8mes<\/i> r\u00e9pondent par l\u2019apaisement (forc\u00e9, d\u00e9sir\u00e9, performatif ?) de l\u2019ensemble qui les pr\u00e9c\u00e8de. Ce manuscrit d\u00e9crit donc l\u2019itin\u00e9raire douloureux d\u2019une po\u00e9tesse lors des derniers mois de sa vie, une travers\u00e9e des ronces (le terme revient souvent et peut \u00eatre associ\u00e9 au p\u00e9ril), pour arriver \u00e0 l\u2019aube derni\u00e8re, nous le verrons.<\/p>\n<p class=\"Standard\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort2.jpg\" rel=\"prettyphoto[525]\" rel=\"prettyphoto[16924]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-16928\" src=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort2.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px\" srcset=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort2.jpg 540w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort2-242x300.jpg 242w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort2-121x150.jpg 121w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort2-366x454.jpg 366w\" alt=\"\" width=\"540\" height=\"670\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"Standard\" align=\"center\"><strong>L\u2019anorexique<\/strong><\/p>\n<p class=\"Standard\">L\u2019anorexie est un objet litt\u00e9raire (\u00e0 d\u00e9faut de pouvoir en parler de mani\u00e8re m\u00e9dicale) complexe et porteur de sens qui d\u00e9passe de loin la seule souffrance psychologique. L\u2019anorexique nie les besoins de son corps, qui \u00e9clipsent sa vie psychique et signalent sa part animale (biologique) :<\/p>\n<p class=\"Standard\">\u00ab\u00a0L\u2019anorexique refuse d\u2019incorporer ce qui lui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 avec trop d\u2019amour, un amour qui, ne se pr\u00e9occupant que du bon fonctionnement de son corps, ne r\u00e9pondait jamais \u00e0 sa demande d\u2019\u00eatre. Elle s\u2019acharne alors \u00e0 d\u00e9truire ce corps, objet de soins privil\u00e9gi\u00e9s aux d\u00e9pends de son \u00eatre (Ginette Raimbault, Caroline Eliacheff, <i>Les Indomptables figures de l\u2019anorexie<\/i>).\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"Standard\">Ce refus peut se comprendre comme le d\u00e9sir de figer la transformation physique, le vieillissement, une forme d\u2019ataraxie non plus \u00e9motionnelle mais physique : \u00ab\u00a0J\u2019ai ador\u00e9 ma maigreur d\u2019enfant, le sein creus\u00e9, la fesse absente, j\u2019\u00e9tais l\u2019anorexique aux faims sauvages, l\u2019animal rampant sur les tapis d\u2019\u00e9toiles, l\u2019ange imb\u00e9cile sur un sol absolu. M\u00e8re me rapportait les nourritures du monde et je crachais dessus en pleurant (17 f\u00e9vrier 1994)\u00a0\u00bb. L\u2019enfance est terre regrett\u00e9e de Douvre, pr\u00e9c\u00e9dant \u00ab\u00a0l\u2019adolescence hasardeuse\u00a0\u00bb, elle est le moment o\u00f9 les proportions du corps sont acceptables. La suite marque l\u2019entr\u00e9e dans le corps m\u00e2ture, d\u00e9test\u00e9 : \u00ab\u00a0Ses l\u00e8vres molles sur mon sexe m\u2019ont fait pleurer, il ignorait mes larmes et se sauvait dans son plaisir (\u2026), Ne me touche pas, je suis d\u2019un autre monde, je suis b\u00e9nie (11 mars 1994)\u00a0\u00bb. Les images obsessionnelles d\u2019anges et de statues montrent le d\u00e9sir de la cristallisation du corps (et du temps), tout comme un refus de l\u2019acte charnel (qui rencontre l\u2019asexualit\u00e9) et par extension le don de naissance. Dans <i>Journal de Belfort<\/i>, les pierres suent, comme le corps qu\u2019on voudrait d\u2019argile, les anges hermaphrodites accompagnent l\u2019acte d\u2019\u00e9criture et l\u2019objet de l\u2019amour est inaccessible (Michel, la muse masculine, est homosexuel). Mais l\u2019\u00e9criture tend vers le d\u00e9passement de ce refus de vivre, de la statufication du corps : \u00ab\u00a0Je suis vierge de peau de roc, une taille sertie de vergers \u00e9meraudes, le doigt purulent de beaut\u00e9 et l\u2019\u0153il sec de perfection (25 f\u00e9vrier 1994)\u00a0\u00bb. Cette lutte entre le pourrissement (signe paradoxal de ce qui vit, qui accepte de vivre) et la froidure des pierres existait d\u00e9j\u00e0 dans l\u2019enfance \u00ab\u00a0o\u00f9 les jardins pourrissent (23 f\u00e9vrier 1994)\u00a0\u00bb. Ici, la putr\u00e9faction est belle, comme les yeux dess\u00e9ch\u00e9s de perfection (l\u2019organique et le min\u00e9ral), Douvre vise, par l\u2019\u00e9criture, \u00e0 d\u00e9passer la simple beaut\u00e9 esth\u00e9tique, le classicisme, la phrase lim\u00e9e, menteuse, le fixe, l\u2019\u00e9ternel, pour entrer dans un temps \u00e9ph\u00e9m\u00e8re qui la d\u00e9go\u00fbte, domaine aqueux, d\u00e9ceptif mais r\u00e9el. L\u2019\u00e9criture s\u2019en ressent : foisonnante, elle \u00e9chappe dans cette partie aux tendance po\u00e9tiques de son \u00e9poque, qui ont parfois pu vouloir rejoindre l\u2019\u00e9pure et le resserrement. Au contraire, le flot est riche\u00a0; les mots ne sont jamais de trop pour d\u00e9crire ce qu\u2019elle ressent, les m\u00e9taphores fonctionnent ou non, mais participent toutes \u00e0 la nuanciation extr\u00eame de sa pens\u00e9e\u00a0; elles se compl\u00e8tent, cernent par l\u2019exploration ce que l\u2019\u00e9criture concert\u00e9e ne peut que r\u00e9duire.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort3.jpg\" rel=\"prettyphoto[525]\" rel=\"prettyphoto[16924]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-16929\" src=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort3.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px\" srcset=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort3.jpg 540w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort3-238x300.jpg 238w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort3-119x150.jpg 119w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort3-366x461.jpg 366w\" alt=\"\" width=\"540\" height=\"680\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"Standard\" align=\"center\">La terre \u00e9trang\u00e8re<\/p>\n<p class=\"Standard\">Refusant de se nourrir, ou refusant l\u2019acte charnel, c\u2019est aussi sa condition de femme que Douvre cherche \u00e0 \u00e9viter. Le corps f\u00e9minin, majoritairement d\u00e9crit par des hommes, est pour elle un pays \u00e9tranger, confisqu\u00e9, qu\u2019il faut pourtant habiter, refleurir, nommer : \u00ab\u00a0Foutre de fleurs, herbe irrit\u00e9e, g\u00e9antes, je nage aux mar\u00e9cages et mon pays n\u2019est pas le v\u00f4tre (3 mars 1994)\u00a0\u00bb. Douvre refuse de laisser entrer l\u2019homme, l\u2019autre, celui qui la d\u00e9sire, dans cette terre : \u00ab\u00a0Torrent d\u2019eau gravide, j\u2019ai des sueurs obsc\u00e8nes entre les cuisses, lorsqu\u2019il m\u2019embrasse, je suis femme et je meurs dans des parfums d\u2019\u00e9gouts (17 f\u00e9vier 1994)\u00a0\u00bb, pour elle son corps est \u00ab\u00a0un exil habit\u00e9 parfois par la chair d\u2019autrui (18 mars 1994)\u00a0\u00bb. L\u2019\u00e9criture du corps f\u00e9minin par un regard f\u00e9minin est apte \u00e0 revivifier la litt\u00e9rature ; elle est, dans <i>Journal de Belfort<\/i>, une exp\u00e9rience balbutiante, un p\u00e9ril \u00e0 tenter : \u00ab\u00a0La verge arr\u00eate l\u2019\u00e9criture, le vagin l\u2019alimente, l\u2019eau ruisselle dans l\u2019encre et r\u00e9concilie les nuages (21 f\u00e9vrier 1994)\u00a0\u00bb. Dans une formule antith\u00e9tique, elle dit avoir \u00ab\u00a0vein\u00e9 le n\u00e9ant\u00a0(9 mars 1994) \u00bb, faire du n\u00e9ant un corps vivant, parcouru de vaisseaux sanguins, c\u2019est faire de la statue d\u2019argile de l\u2019\u00e9criture, du corps anorexique, une forme d\u2019\u00eatre vivant, naissant au monde : \u00ab\u00a0Je r\u00eave un enfant pour le sexe ouvert \u00e0 la vie et pour le placenta sanglant (12 f\u00e9vrier 1994)\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"Standard\" align=\"center\"><a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort4.jpg\" rel=\"prettyphoto[525]\" rel=\"prettyphoto[16924]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-16930\" src=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort4.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px\" srcset=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort4.jpg 540w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort4-244x300.jpg 244w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort4-122x150.jpg 122w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort4-366x451.jpg 366w\" alt=\"\" width=\"540\" height=\"665\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"Standard\" align=\"center\">La coloriste<\/p>\n<p class=\"Standard\">La premi\u00e8re partie du journal se termine par un r\u00eave, un docteur demande \u00e0 B\u00e9atrice et \u00e0 sa cousine de dessiner une fleur. La cousine \u00e9choie de la fleur balbuti\u00e9e, Douvre, elle, ne peut tracer les contours de la sienne (bleue) car \u00ab\u00a0c\u2019est en enfant aux doigts immenses qui l\u2019a faite\u00a0\u00bb. L\u2019\u00e9criture hors-norme (dans tous les sens) rejoint ici les ailes de l\u2019albatros de Baudelaire. L\u2019expression juste, totale, est rendue impossible par l\u2019exigence personnelle qui d\u00e9passe la seule forme, touche \u00e0 la spiritualit\u00e9, \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Les couleurs \u00e9voqu\u00e9es sont primaires ou forment des clairs-obscurs (autre visage de son \u00e9criture antith\u00e9tique), et le soleil est le p\u00f4le heureux, lointain, f\u00e9condant de sa palette : \u00ab\u00a0C\u2019est mon amour p\u00e9nombr\u00e9 dans la ville, courageux, l\u2019avez-vous vu pass\u00e9 ? Il a du sel<a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort5.jpg\" rel=\"prettyphoto[525]\" rel=\"prettyphoto[16924]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-16931\" src=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort5.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" srcset=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort5.jpg 220w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort5-206x300.jpg 206w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Belfort5-103x150.jpg 103w\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"320\" \/><\/a> et des chemins sur le visage\u2026 un soleil bas t\u00e2ch\u00e9 autour de la taille.\u00a0\u00bb Dans <i>Po\u00e8mes en prose<\/i>, le th\u00e8me du dessin d\u2019enfant, na\u00eff, permet de dire \u00e0 la fois la simplicit\u00e9 vers laquelle tendra l\u2019\u00e9criture, mais aussi son inach\u00e8vement : \u00ab\u00a0Devant la feuille, l\u2019herbe est des b\u00e2tons verts, drus, presque des arbres, sauf que les arbres ont un chapeau rond, incolore\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s <i>Journal de Belfort<\/i>, c\u2019est cette justesse nouvelle, plus serr\u00e9e, qui marque un pas de plus sur son \u00ab\u00a0chemin de ronces\u00a0\u00bb. S\u2019\u00e9tant d\u00e9faite du baroque, Douvre parvient \u00e0 exprimer son d\u00e9chirement avec des touches de couleur suffisantes, elle se rapproche par l\u00e0 de l\u2019enfance. L\u2019\u00e9criture peut alors \u00eatre mise en rapport avec le dessin ou la peinture (les adjectifs de couleurs dominent souvent), les phrases sont des couches superpos\u00e9es, ajout\u00e9es, qui cherchent \u00e0 exprimer, en les exp\u00e9rimentant, toutes les parties du monde :<\/p>\n<p class=\"Standard\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0J\u2019avais invent\u00e9 la fl\u00fbte, les couleurs<br \/>\nDans l\u2019eau du fleuve immense<\/p>\n<p class=\"Standard\" align=\"center\">La disparue<\/p>\n<p class=\"Standard\">Apr\u00e8s <i>Journal d\u2019une anorexique<\/i>, plus factuel, sur les traitements hospitaliers que subissent les anorexiques, Douvre \u00e9crit une s\u00e9rie de douze po\u00e8mes qui d\u00e9notent une accalmie de sa recherche po\u00e9tique :<i> Derniers Po\u00e8mes<\/i>. Ici, elle ne cherche plus le printemps, mais l\u2019hiver, une terre absolue, purifi\u00e9e, de neige et de \u00ab\u00a0com\u00e8tes insoup\u00e7onn\u00e9es\u00a0\u00bb. Ces textes r\u00e9pondent \u00e0 plusieurs po\u00e8mes du <i>Journal<\/i> ou des <i>Proses<\/i>, en les vidant de leur tension. Si autrefois, les grilles marquaient, au m\u00eame titre que les pierres ou les ronces, le p\u00e9ril \u00e0 franchir pour arriver de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019existence, sur la terre commune de ceux qui ne sont pas effray\u00e9s par le r\u00e9el, Douvre finit par y devenir indiff\u00e9rente :<\/p>\n<p class=\"Standard\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0Mes mains glac\u00e9es hier<br \/>\nGalaxies lasses<br \/>\nMaintenant les grilles des jardins m\u2019indiff\u00e8rent<\/p>\n<p class=\"Standard\">Elle va m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 nier la difficult\u00e9 que fut le passage \u00e0 l\u2019adolescence :<\/p>\n<p class=\"Standard\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Nous avons fait le geste<br \/>\nSimple de vieillir<\/p>\n<p class=\"Standard\">ou :<\/p>\n<p class=\"Standard\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Nous avons construit notre logis<br \/>\nsur un escarpement de jours heureux<\/p>\n<p class=\"Standard\">\u00c0 quelques jours de sa mort (en juillet 1994), arriv\u00e9e au bout du parcours, de son chemin de croix, d\u2019\u00e9pines, elle signifie ici la r\u00e9solution de sa recherche. L\u2019\u00e9criture comme le corps ont pouss\u00e9 l\u2019exp\u00e9rience au dernier degr\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 des terres au calme d\u00e9rangeant, ce \u00ab\u00a0sol absolu\u00a0\u00bb, qui pr\u00e9c\u00e8de sa disparition.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Ce ne peut \u00eatre que la fin de moi-m\u00eame, en avan\u00e7ant\u00a0\u00bb B\u00e9atrice Douvre \u2013 20 mars 1994 (Journal de Belfort, \u00e9dition de La Coop\u00e9rative, ao\u00fbt 2019, 192 pages) Les \u00e9ditions de la Coop\u00e9rative nous offrent la lecture d\u2019un manuscrit in\u00e9dit de B\u00e9atrice Douvre\u00a0: Journal de Belfort. Ce texte recouvre les 6 derniers mois de la vie de l\u2019autrice disparue en 1994, \u00e0 27 ans. Il s\u2019agit d\u2019un texte non-autoris\u00e9, c\u2019est \u00e0 dire n\u2019ayant pas \u00e9t\u00e9 revu par Douvre en vue d\u2019une publication future. Ce fait est surtout valable pour la premi\u00e8re partie intitul\u00e9e Journal de Belfort, \u00e0 l\u2019\u00e9criture po\u00e9tique particuli\u00e8rement riche, mati\u00e8re brute, ressass\u00e9e, non-remodel\u00e9e. S\u2019il est certain que ces pages d\u00e9notent une recherche profonde sur les images, l\u2019\u00e9criture et les m\u00e9taphores, n\u00e9anmoins il ne fait aucun doute que B\u00e9atrice Douvre les aurait retravaill\u00e9es. La troisi\u00e8me partie du livre, Po\u00e8mes en proses, montre d\u00e9j\u00e0 le r\u00e9investissement du journal, en vue d\u2019en cr\u00e9er une suite po\u00e9tique plus serr\u00e9e, plus s\u00fbre \u2013 un autre exemple se trouve dans la premi\u00e8re publication de ses \u0153uvres, aux \u00e9ditions Voix d\u2019encre en l\u2019an 2000. Journal de Belfort nous plonge donc dans la forge de l\u2019autrice, lieu intime o\u00f9 germe la cr\u00e9ation et nous laisse lire aussi les fruits tardifs\u00a0: les Po\u00e8mes en prose et les Derniers Po\u00e8mes. Si ce journal a fait dire \u00e0 Juan Asensio : \u00ab\u00a0je crains qu\u2019il ne soit difficile d\u2019en dire quoi que ce soit de juste et d\u2019intelligent qui ne soit pas une explication maladroite et convenue\u00a0\u00bb et si j\u2019agr\u00e9e \u00e0 sa deuxi\u00e8me remarque : \u00ab\u00a0la parole po\u00e9tique est celle qui se suffit le plus amplement \u00e0 elle-m\u00eame\u00a0\u00bb, il me semble que le Journal de Belfort n\u00e9cessite une tentative d\u2019interpr\u00e9tation, m\u00eame risquant la maladresse, au vu des nombreux th\u00e8mes qu\u2019il explore. La Passante du P\u00e9ril Une locution a d\u00e9j\u00e0 circul\u00e9 pour qualifier Douvre, expression qui titre la deuxi\u00e8me partie du livre : Passante du p\u00e9ril\u00a0: journal d\u2019une anorexique. Si cette p\u00e9riphrase cerne la difficult\u00e9 premi\u00e8re (et source premi\u00e8re) de son \u00e9criture : l\u2019anorexie, le danger de mort, un d\u00e9tour par l\u2019\u00e9tymon latin permet d\u2019enrichir sa profondeur : \u00ab\u00a0p\u00e9ril\u00a0\u00bb vient de periculum qui signifie \u00ab\u00a0\u00e9preuve\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0exp\u00e9rience\u00a0\u00bb, le mot lui-m\u00eame d\u00e9rive du verbe p\u00e9rior \u00ab\u00a0\u00e9prouver\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0exp\u00e9rimenter\u00a0\u00bb. B\u00e9atrice Douvre se serait donc caract\u00e9ris\u00e9e comme la passante de l\u2019exp\u00e9rience, ou de l\u2019\u00e9preuve. C\u2019est par la souffrance, le rejet, l\u2019\u00e9chec, la diversification des \u00e9critures (les exp\u00e9riences litt\u00e9raires et corporelles dont t\u00e9moigne le livre) qu\u2019elle effectuerait sa travers\u00e9e du monde. Cette locution annonce une \u00e9criture exp\u00e9rimentale : Journal de Belfort n\u2019est pas un journal factuel, mais un recueil de proses, les Proses refondent le journal, Journal d\u2019une anorexique pr\u00e9sente une simplification de l\u2019\u00e9criture, enfin les Derniers Po\u00e8mes r\u00e9pondent par l\u2019apaisement (forc\u00e9, d\u00e9sir\u00e9, performatif ?) de l\u2019ensemble qui les pr\u00e9c\u00e8de. Ce manuscrit d\u00e9crit donc l\u2019itin\u00e9raire douloureux d\u2019une po\u00e9tesse lors des derniers mois de sa vie, une travers\u00e9e des ronces (le terme revient souvent et peut \u00eatre associ\u00e9 au p\u00e9ril), pour arriver \u00e0 l\u2019aube derni\u00e8re, nous le verrons. \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019anorexique L\u2019anorexie est un objet litt\u00e9raire (\u00e0 d\u00e9faut de pouvoir en parler de mani\u00e8re m\u00e9dicale) complexe et porteur de sens qui d\u00e9passe de loin la seule souffrance psychologique. L\u2019anorexique nie les besoins de son corps, qui \u00e9clipsent sa vie psychique et signalent sa part animale (biologique) : \u00ab\u00a0L\u2019anorexique refuse d\u2019incorporer ce qui lui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 avec trop d\u2019amour, un amour qui, ne se pr\u00e9occupant que du bon fonctionnement de son corps, ne r\u00e9pondait jamais \u00e0 sa demande d\u2019\u00eatre. Elle s\u2019acharne alors \u00e0 d\u00e9truire ce corps, objet de soins privil\u00e9gi\u00e9s aux d\u00e9pends de son \u00eatre (Ginette Raimbault, Caroline Eliacheff, Les Indomptables figures de l\u2019anorexie).\u00a0\u00bb Ce refus peut se comprendre comme le d\u00e9sir de figer la transformation physique, le vieillissement, une forme d\u2019ataraxie non plus \u00e9motionnelle mais physique : \u00ab\u00a0J\u2019ai ador\u00e9 ma maigreur d\u2019enfant, le sein creus\u00e9, la fesse absente, j\u2019\u00e9tais l\u2019anorexique aux faims sauvages, l\u2019animal rampant sur les tapis d\u2019\u00e9toiles, l\u2019ange imb\u00e9cile sur un sol absolu. M\u00e8re me rapportait les nourritures du monde et je crachais dessus en pleurant (17 f\u00e9vrier 1994)\u00a0\u00bb. L\u2019enfance est terre regrett\u00e9e de Douvre, pr\u00e9c\u00e9dant \u00ab\u00a0l\u2019adolescence hasardeuse\u00a0\u00bb, elle est le moment o\u00f9 les proportions du corps sont acceptables. La suite marque l\u2019entr\u00e9e dans le corps m\u00e2ture, d\u00e9test\u00e9 : \u00ab\u00a0Ses l\u00e8vres molles sur mon sexe m\u2019ont fait pleurer, il ignorait mes larmes et se sauvait dans son plaisir (\u2026), Ne me touche pas, je suis d\u2019un autre monde, je suis b\u00e9nie (11 mars 1994)\u00a0\u00bb. Les images obsessionnelles d\u2019anges et de statues montrent le d\u00e9sir de la cristallisation du corps (et du temps), tout comme un refus de l\u2019acte charnel (qui rencontre l\u2019asexualit\u00e9) et par extension le don de naissance. Dans Journal de Belfort, les pierres suent, comme le corps qu\u2019on voudrait d\u2019argile, les anges hermaphrodites accompagnent l\u2019acte d\u2019\u00e9criture et l\u2019objet de l\u2019amour est inaccessible (Michel, la muse masculine, est homosexuel). Mais l\u2019\u00e9criture tend vers le d\u00e9passement de ce refus de vivre, de la statufication du corps : \u00ab\u00a0Je suis vierge de peau de roc, une taille sertie de vergers \u00e9meraudes, le doigt purulent de beaut\u00e9 et l\u2019\u0153il sec de perfection (25 f\u00e9vrier 1994)\u00a0\u00bb. Cette lutte entre le pourrissement (signe paradoxal de ce qui vit, qui accepte de vivre) et la froidure des pierres existait d\u00e9j\u00e0 dans l\u2019enfance \u00ab\u00a0o\u00f9 les jardins pourrissent (23 f\u00e9vrier 1994)\u00a0\u00bb. Ici, la putr\u00e9faction est belle, comme les yeux dess\u00e9ch\u00e9s de perfection (l\u2019organique et le min\u00e9ral), Douvre vise, par l\u2019\u00e9criture, \u00e0 d\u00e9passer la simple beaut\u00e9 esth\u00e9tique, le classicisme, la phrase lim\u00e9e, menteuse, le fixe, l\u2019\u00e9ternel, pour entrer dans un temps \u00e9ph\u00e9m\u00e8re qui la d\u00e9go\u00fbte, domaine aqueux, d\u00e9ceptif mais r\u00e9el. L\u2019\u00e9criture s\u2019en ressent : foisonnante, elle \u00e9chappe dans cette partie aux tendance po\u00e9tiques de son \u00e9poque, qui ont parfois pu vouloir rejoindre l\u2019\u00e9pure et le resserrement. Au contraire, le flot est riche\u00a0; les mots ne sont jamais de trop pour d\u00e9crire ce qu\u2019elle ressent, les m\u00e9taphores fonctionnent ou non, mais participent toutes \u00e0 la nuanciation extr\u00eame de sa pens\u00e9e\u00a0; elles se compl\u00e8tent, cernent par l\u2019exploration ce que l\u2019\u00e9criture concert\u00e9e ne peut que r\u00e9duire. La terre \u00e9trang\u00e8re Refusant de se nourrir, ou refusant l\u2019acte&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":526,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[35,7,2],"tags":[596,597,598,599,600,601,602,603],"class_list":["post-525","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chronique","category-livres-recus","category-une","tag-beatrice-douvre","tag-douvre-anorexie","tag-douvre-ecriture-du-corps-feminin","tag-douvre-journal-dune-anorexique","tag-douvre-journal-de-belfort","tag-douvre-lyrisme","tag-edition-la-cooperative","tag-germain-tramier"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/525","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=525"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/525\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":527,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/525\/revisions\/527"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media\/526"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=525"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=525"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=525"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}