{"id":5439,"date":"2024-09-18T20:12:21","date_gmt":"2024-09-18T18:12:21","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=5439"},"modified":"2024-09-18T20:13:35","modified_gmt":"2024-09-18T18:13:35","slug":"chronique-pierre-gauyat-en-plein-dans-la-lucarne-a-propos-de-la-reedition-de-la-lucarne-de-jean-meckert","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2024\/09\/18\/chronique-pierre-gauyat-en-plein-dans-la-lucarne-a-propos-de-la-reedition-de-la-lucarne-de-jean-meckert\/","title":{"rendered":"[Chronique] Pierre Gauyat, En plein dans la lucarne (\u00e0 propos de la r\u00e9\u00e9dition de La Lucarne de Jean Meckert)"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Jean Meckert, <strong><em>La Lucarne<\/em><\/strong>, \u00e9ditions Jo\u00eblle Losfeld, printemps 2024, 256 pages, 16,70 \u20ac.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Jean Meckert, <strong><em>L\u2019Ange au combat<\/em><\/strong>, \u00e9ditions Joseph K., 2024, 112 pages, 12,50 \u20ac.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Patiemment, l\u2019\u00e9ditrice Jo\u00eblle Losfeld r\u00e9\u00e9dite les \u0153uvres de Jean Meckert parues dans les ann\u00e9es 1940 dans la collection blanche de Gallimard. Qu\u2019elle en soit remerci\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-5441\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/LucarneMeckert.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"320\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/LucarneMeckert.jpg 220w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/LucarneMeckert-206x300.jpg 206w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/LucarneMeckert-103x150.jpg 103w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/>Avec <em>La Lucarne<\/em>, elle met \u00e0 la disposition des admirateurs de Jean Meckert un livre indisponible depuis des d\u00e9cennies. Publi\u00e9 \u00e0 la fin de la Seconde Guerre mondiale, en avril 1945, il \u00e9tait devenu tr\u00e8s difficile \u00e0 trouver. Ce n\u2019est certes pas le texte le plus connu de l\u2019auteur, mais il rec\u00e8le de nombreux points d\u2019int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Dans ce roman, Meckert nous replonge dans l\u2019ambiance de l\u2019automne 1938 et de l\u2019\u00e9t\u00e9 1939, alors que le monde danse au bord du vide, \u00e0 quelques semaines de la d\u00e9claration de guerre, le 3 septembre 1939, \u00e0 la suite de l\u2019attaque allemande sur la Pologne.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">La pouss\u00e9e joyeuse du Front populaire a disparu dans les eaux glac\u00e9es du calcul \u00e9go\u00efste des accords de Munich, le ch\u00f4mage est reparti \u00e0 la hausse et les tensions sociales sont fortes. C\u2019est dans ce climat qu\u2019\u00c9douard Gallois, comptable au ch\u00f4mage depuis quinze mois, vit de petits boulots et d\u2019exp\u00e9dients qui lui permettent \u00e0 peine de ne pas sombrer.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Il est mari\u00e9 \u00e0 Gis\u00e8le, une jeune secr\u00e9taire qui s\u2019est vite lass\u00e9e de ce mari peu d\u00e9brouillard et ind\u00e9crottable r\u00eaveur qui ne fait rien de ses journ\u00e9es si ce n\u2019est le camelot \u00e0 la sortie des usines Renault de l\u2019\u00eele Seguin, sans grand succ\u00e8s.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">L\u2019oisivet\u00e9 forc\u00e9e d\u2019Edouard l\u2019am\u00e8ne \u00e0 faire des rencontres dans les milieux militants, comme cette cellule communiste situ\u00e9e dans la \u00ab\u00a0zone\u00a0\u00bb, la zone <em>non aedificandi<\/em>, qui s\u2019\u00e9tend au pied des fortifications enserrant Paris depuis 1844 et que l\u2019arm\u00e9e a abandonn\u00e9e apr\u00e8s 1870, sur laquelle s\u2019est install\u00e9 un immense bidonville o\u00f9 vivent tous ceux qui, trop mis\u00e9rables, n\u2019ont pas leur place dans la Ville Lumi\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Sa grande id\u00e9e au \u00ab\u00a0petit ch\u00f4meur\u00a0\u00bb Edouard, comme l\u2019appelle l\u2019auteur, c\u2019est la grande paix du monde. \u00c0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1939, il n\u2019en faut pas plus pour passer pour un d\u00e9rang\u00e9. Sa femme et sa belle-famille ne doutent pas qu\u2019en plus d\u2019\u00eatre un fain\u00e9ant, il est devenu fou.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>La Lucarne<\/em> n\u2019est pas sans lien avec les deux premiers romans de Jean Meckert, <em>Les Coups<\/em>, paru en 1942, et <em>L\u2019Homme au marteau<\/em>, publi\u00e9 en 1943, qui explorent, eux aussi, les relations tumultueuses d\u2019un couple mal assorti qui se d\u00e9chire. Mais dans<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-5442\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/MeckertAnge.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"310\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/MeckertAnge.jpg 220w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/MeckertAnge-213x300.jpg 213w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/MeckertAnge-106x150.jpg 106w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/> celui-ci, avec une tentative de meurtre, on franchit un cap, c\u2019est le d\u00e9but de la th\u00e9matique criminelle qui m\u00e8ne tout droit \u00e0 la mythique collection polici\u00e8re, cette S\u00e9rie noire dont Meckert, sous les traits de John Amila, deviendra l\u2019un des piliers.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>La Lucarne<\/em> n\u2019est pas non plus sans rappeler <em>Viande \u00e0 br\u00fbler<\/em> de C\u00e9sar Fauxbras, qui d\u00e9crit les affres du ch\u00f4mage, ou le recueil de chroniques, dont il partage le titre, <em>De ma lucarne<\/em>, d\u2019Henri Calet, lui aussi pi\u00e9ton du Paris populaire.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le roman conna\u00eetra une suite sous la forme d\u2019une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre, <em>L\u2019Ange au combat<\/em>, jou\u00e9e \u00e0 la Radiodiffusion fran\u00e7aise, en f\u00e9vrier 1950 par la troupe de Jean-Louis Barrault. Le texte de la pi\u00e8ce, in\u00e9dit \u00e0 ce jour, vient d\u2019\u00eatre publi\u00e9 par Franck Lhomeau, aux \u00e9ditions Joseph K.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean Meckert, La Lucarne, \u00e9ditions Jo\u00eblle Losfeld, printemps 2024, 256 pages, 16,70 \u20ac. Jean Meckert, L\u2019Ange au combat, \u00e9ditions Joseph K., 2024, 112 pages, 12,50 \u20ac. &nbsp; Patiemment, l\u2019\u00e9ditrice Jo\u00eblle Losfeld r\u00e9\u00e9dite les \u0153uvres de Jean Meckert parues dans les ann\u00e9es 1940 dans la collection blanche de Gallimard. Qu\u2019elle en soit remerci\u00e9e. Avec La Lucarne, elle met \u00e0 la disposition des admirateurs de Jean Meckert un livre indisponible depuis des d\u00e9cennies. Publi\u00e9 \u00e0 la fin de la Seconde Guerre mondiale, en avril 1945, il \u00e9tait devenu tr\u00e8s difficile \u00e0 trouver. Ce n\u2019est certes pas le texte le plus connu de l\u2019auteur, mais il rec\u00e8le de nombreux points d\u2019int\u00e9r\u00eat. Dans ce roman, Meckert nous replonge dans l\u2019ambiance de l\u2019automne 1938 et de l\u2019\u00e9t\u00e9 1939, alors que le monde danse au bord du vide, \u00e0 quelques semaines de la d\u00e9claration de guerre, le 3 septembre 1939, \u00e0 la suite de l\u2019attaque allemande sur la Pologne. La pouss\u00e9e joyeuse du Front populaire a disparu dans les eaux glac\u00e9es du calcul \u00e9go\u00efste des accords de Munich, le ch\u00f4mage est reparti \u00e0 la hausse et les tensions sociales sont fortes. C\u2019est dans ce climat qu\u2019\u00c9douard Gallois, comptable au ch\u00f4mage depuis quinze mois, vit de petits boulots et d\u2019exp\u00e9dients qui lui permettent \u00e0 peine de ne pas sombrer. Il est mari\u00e9 \u00e0 Gis\u00e8le, une jeune secr\u00e9taire qui s\u2019est vite lass\u00e9e de ce mari peu d\u00e9brouillard et ind\u00e9crottable r\u00eaveur qui ne fait rien de ses journ\u00e9es si ce n\u2019est le camelot \u00e0 la sortie des usines Renault de l\u2019\u00eele Seguin, sans grand succ\u00e8s. L\u2019oisivet\u00e9 forc\u00e9e d\u2019Edouard l\u2019am\u00e8ne \u00e0 faire des rencontres dans les milieux militants, comme cette cellule communiste situ\u00e9e dans la \u00ab\u00a0zone\u00a0\u00bb, la zone non aedificandi, qui s\u2019\u00e9tend au pied des fortifications enserrant Paris depuis 1844 et que l\u2019arm\u00e9e a abandonn\u00e9e apr\u00e8s 1870, sur laquelle s\u2019est install\u00e9 un immense bidonville o\u00f9 vivent tous ceux qui, trop mis\u00e9rables, n\u2019ont pas leur place dans la Ville Lumi\u00e8re. Sa grande id\u00e9e au \u00ab\u00a0petit ch\u00f4meur\u00a0\u00bb Edouard, comme l\u2019appelle l\u2019auteur, c\u2019est la grande paix du monde. \u00c0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1939, il n\u2019en faut pas plus pour passer pour un d\u00e9rang\u00e9. Sa femme et sa belle-famille ne doutent pas qu\u2019en plus d\u2019\u00eatre un fain\u00e9ant, il est devenu fou. La Lucarne n\u2019est pas sans lien avec les deux premiers romans de Jean Meckert, Les Coups, paru en 1942, et L\u2019Homme au marteau, publi\u00e9 en 1943, qui explorent, eux aussi, les relations tumultueuses d\u2019un couple mal assorti qui se d\u00e9chire. Mais dans celui-ci, avec une tentative de meurtre, on franchit un cap, c\u2019est le d\u00e9but de la th\u00e9matique criminelle qui m\u00e8ne tout droit \u00e0 la mythique collection polici\u00e8re, cette S\u00e9rie noire dont Meckert, sous les traits de John Amila, deviendra l\u2019un des piliers. 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