{"id":5445,"date":"2024-09-20T19:49:30","date_gmt":"2024-09-20T17:49:30","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=5445"},"modified":"2024-09-20T20:05:19","modified_gmt":"2024-09-20T18:05:19","slug":"chronique-carole-darricarrere-esquisses-ambiances-lignes-de-temps-a-propos-de-catherine-weinzaepflen-dailleurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2024\/09\/20\/chronique-carole-darricarrere-esquisses-ambiances-lignes-de-temps-a-propos-de-catherine-weinzaepflen-dailleurs\/","title":{"rendered":"[Chronique] Carole Darricarr\u00e8re, Esquisses, ambiances, lignes de temps&#8230; (\u00e0 propos de Catherine Weinzaepflen, D&rsquo;ailleurs)"},"content":{"rendered":"<p>Catherine WEINZAEPFLEN, <strong><em>D\u2019ailleurs<\/em><\/strong>, Lanskine, \u00e9t\u00e9 2024, 88 pages, 16 \u20ac, ISBN : 978-2-35963-138-8.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Pochette surprise\u00a0restituant\u00a0le monde dans le d\u00e9sordre, <em>\u00ab\u00a0D\u2019Ailleurs\u00a0\u00bb<\/em> est un r\u00e9servoir \u00e0 r\u00e9gurgitations spontan\u00e9es propice \u00e0 de nombreux raccourcis\u00a0et, la po\u00e9sie s\u2019apparentant \u00e0 une science des intervalles aux manifestations aussi al\u00e9atoires qu\u2019intempestives, <em>ailleurs<\/em> \u2013 l&rsquo;un des mots les plus suggestifs du r\u00e9pertoire \u2013 a valeur de s\u00e9same quand bien m\u00eame <em>d\u2019ailleurs<\/em> lui jouerait des tours.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Que celui qui n&rsquo;a jamais survol\u00e9 le continent africain de nuit s\u2019engage dans ce livre comme qui fait ses malles dans un trou d&rsquo;air \u00e0 multiples entr\u00e9es\u00a0; une partition dans laquelle chaque \u00e9pisode convoquerait tant\u00f4t les \u00e9chos d&rsquo;une filature d&rsquo;\u00e9toiles tant\u00f4t la m\u00e8che d&rsquo;un feu lointain autour duquel des fronts en goutte se rassembleraient\u00a0: \u00e0 la fa\u00e7on de ces drones qui papillonnant haut et large restituent l&rsquo;insaisissable, nos souvenirs ont l&rsquo;incomparable facult\u00e9 de compresser en un clin d&rsquo;\u0153il panoramique des espaces-temps infranchissables.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-5450\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/WeinzaepflenAilleurs.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"310\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/WeinzaepflenAilleurs.jpg 220w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/WeinzaepflenAilleurs-213x300.jpg 213w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/WeinzaepflenAilleurs-106x150.jpg 106w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/>\u00c9crire comme revoir, revoir comme mieux voir, s\u2019autorisant goutte \u00e0 goutte \u00e0 \u00e9crire comme s\u2019abstenir\u00a0: \u00e0 l\u2019oreille\u00a0\u2013 <em>\u00ab\u00a0ma propre fa\u00e7on \/ de me taire\u00a0\u00bb <\/em>; comme si chaque\u00a0lieu par l\u2019esprit revisit\u00e9\u00a0dans le recul sensiblement se refusait, solf\u00e8ge de lumi\u00e8re, bouquets secs de tonalit\u00e9s, r\u00e9sidus, sensations &amp; silhouettes confondus, bancs d\u2019algues rocking to &amp; fro \u00e0 l\u2019\u00e9preuve des mots dans la distance aspirant \u00e0 la vraisemblance, invitant la mobilit\u00e9 \u00e0 la motilit\u00e9 des jeux de correspondances, rappelant ces parts secr\u00e8tes de nous-m\u00eames qui \u00e0 notre insu ne sont jamais vraiment revenues\u00a0: mieux voir comme fredonner est une fa\u00e7on de d\u00e9tacher l\u2019air de la chanson.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">D\u2019une collection \u00e9parse de notes s\u00e8ches ne c\u00e9dant jamais \u00e0 la tendance des mots \u00e0 magnifier, d\u2019un herbier de trajectoires, infusent des \u00e9chelles de temps, des arr\u00eats sur image, des incapacit\u00e9s et des madeleines de Proust \u00e9gren\u00e9es \u00e0 l&rsquo;essence de la nostalgie &amp; figurant la face la plus intime du voyage : son encens, son aura.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Collant volontiers au plexus tels des points de c\u00f4t\u00e9, par ici se livrent et se d\u00e9livrent les souvenirs mezza voce \u00e0 la petite cuill\u00e8re\u00a0: reste<em> \u00ab\u00a0l&rsquo;art \/ pour penser le paysage\u00a0\u00bb <\/em>soit, in fine, la fonction intranquille des poup\u00e9es russes du Po\u00e8me pour penser l\u2019attente, le voyage &amp; la contrainte \u00e0 rebours de la surface, faisant retour sur la part incontr\u00f4lable de frustration qui guette l\u2019ajustement du je \u00e0 l\u2019autre, les r\u00eanes de la volont\u00e9 &amp; les courants autonomes adverses propres au sixi\u00e8me continent de la m\u00e9moire\u00a0; accent mis sur \u00ab\u00a0l&rsquo;entret\u00e9\u00a0\u00bb qui se joue des pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es du puzzle et \u00e0 bas bruit composte, recompose &amp; transpose l&rsquo;arri\u00e8re-saveur des lieux et des situations dans une temporalit\u00e9 alternative avec cette insistance malicieuse des reflets invitant les profondeurs ventre \u00e0 l\u2019air\u00a0; ainsi s&rsquo;atteint en demies-teintes et comme par inadvertance la tessiture du r\u00e9el \u2013 \u00e0 la faveur d\u2019un manque-par-addition de d\u00e9finition.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00c0 l\u2019oppos\u00e9 des cartes postales attendues et des photographies mensong\u00e8res, le charme discret d\u00e9sarmant d&rsquo;un certain regard : des photopo\u00e8mes \u00e0 la facture farin\u00e9e comme autant d&rsquo;instantan\u00e9s fig\u00e9s \u00e0 la vol\u00e9e on notera le grain silencieux d\u00e9nu\u00e9 d&rsquo;artifice \u00e0 l&rsquo;image du style, soit autant de pincements au c\u0153ur et de points d&rsquo;exclamation muets, apn\u00e9es min\u00e9rales du journal des jours d&rsquo;un ailleurs d\u00e9confin\u00e9 dont les contrastes chromatiques \u00e9tincelants auraient \u00e9t\u00e9 pass\u00e9s au tamis des trous de m\u00e9moire\u00a0: cendres durent d&rsquo;\u00e9motions anciennes si insol\u00e9es qu&rsquo;elles en deviennent m\u00e9connaissables.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-5452\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/WeinzaepflenAilleurs_image.jpg\" alt=\"\" width=\"540\" height=\"820\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/WeinzaepflenAilleurs_image.jpg 540w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/WeinzaepflenAilleurs_image-198x300.jpg 198w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/WeinzaepflenAilleurs_image-99x150.jpg 99w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/WeinzaepflenAilleurs_image-366x556.jpg 366w\" sizes=\"auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px\" \/><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Ces images symboliques de l&rsquo;effet-retard d&rsquo;un \u00e9tat second t\u00e9moignant d\u2019une euphorie douce, s\u2019accompagnent d\u2019un discret avertissement, <em>\u00ab\u00a0ne pas confondre image et vision\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0; et f\u00e9condent telles des apparitions le journal-po\u00e8me d\u2019un Ceci est\u2026, dans un d\u00e9j\u00e0-plus, ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre, au croisement de l\u2019avant et de l\u2019apr\u00e8s, \u2026l&rsquo;expression d&rsquo;une sensibilit\u00e9 traversante, pointilliste \u00e0 la mani\u00e8re animale des enfants qui voient mieux peau \u00e0 peau avec la truffe comme avec la langue en amont des mots.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Un ailleurs \u2013 une composition d\u2019ici-&amp;-maintenant plus lointains que jamais \u2013, tout en c\u00e9sures d&rsquo;\u00e9carts de la vue, fausses notes &amp; \u00ab\u00a0feel-back\u00a0\u00bb mettant en perspective l&rsquo;\u00e9nigmatique alt\u00e9rit\u00e9 des choses sour\u00e7ant de nulle part et des relations humaines, <em>\u00ab\u00a0dans le grand \u00e9loignement \/ le mal du monde \/ est sous la loupe \/ encore plus \/ patent\u00a0\u00bb<\/em>, aigre-doux \u00e0 notre corps d\u00e9fendant\u00a0: c\u2019est dire la fonction n\u00e9cessaire du retour et de ses d\u00e9tours.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Si depuis Milton <em>\u00ab\u00a0le paradis est toujours perdu\u00a0\u00bb<\/em>, en miroir le Po\u00e8me en restitue les ambiances et nous cicatrise, le voyage se versifie et se prolonge ne prenant ainsi jamais fin,\u00a0f\u00fbt-ce en chambre ou par procuration.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le <em>\u00ab\u00a0tout est vif \/ sur l&rsquo;\u00eele antique \/ j&rsquo;ai quitt\u00e9 \/ le troupeau inerte des villes\u00a0\u00bb<\/em> c\u00e9dant la place \u00e0 des \u00eatres singuliers &amp; des choses authentiquement vraies film\u00e9es mot \u00e0 mot \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019abstractions fixes, perdure en images poreuses relevant des lois simples d&rsquo;un suppl\u00e9ment d&rsquo;\u00e9coute.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Du texte l&rsquo;\u00e9pure d&rsquo;un carnet de voyage au bon parfum de fenouil et, minceur \u00e0 la ligne, <em>\u00ab\u00a0je suis v\u00e9g\u00e9tation\u00a0\u00bb<\/em> ne peut mieux dire par quelle op\u00e9ration soudaine, telles des \u00e9ponges, nous <em>\u00ab\u00a0sommes au pr\u00e9sent \/ pr\u00e9sent aveugle \/ heureux \/ dans ce po\u00e8me\u00a0\u00bb<\/em> post\u00e9 si pr\u00e8s de loin.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; 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Pochette surprise\u00a0restituant\u00a0le monde dans le d\u00e9sordre, \u00ab\u00a0D\u2019Ailleurs\u00a0\u00bb est un r\u00e9servoir \u00e0 r\u00e9gurgitations spontan\u00e9es propice \u00e0 de nombreux raccourcis\u00a0et, la po\u00e9sie s\u2019apparentant \u00e0 une science des intervalles aux manifestations aussi al\u00e9atoires qu\u2019intempestives, ailleurs \u2013 l&rsquo;un des mots les plus suggestifs du r\u00e9pertoire \u2013 a valeur de s\u00e9same quand bien m\u00eame d\u2019ailleurs lui jouerait des tours. Que celui qui n&rsquo;a jamais survol\u00e9 le continent africain de nuit s\u2019engage dans ce livre comme qui fait ses malles dans un trou d&rsquo;air \u00e0 multiples entr\u00e9es\u00a0; une partition dans laquelle chaque \u00e9pisode convoquerait tant\u00f4t les \u00e9chos d&rsquo;une filature d&rsquo;\u00e9toiles tant\u00f4t la m\u00e8che d&rsquo;un feu lointain autour duquel des fronts en goutte se rassembleraient\u00a0: \u00e0 la fa\u00e7on de ces drones qui papillonnant haut et large restituent l&rsquo;insaisissable, nos souvenirs ont l&rsquo;incomparable facult\u00e9 de compresser en un clin d&rsquo;\u0153il panoramique des espaces-temps infranchissables. \u00c9crire comme revoir, revoir comme mieux voir, s\u2019autorisant goutte \u00e0 goutte \u00e0 \u00e9crire comme s\u2019abstenir\u00a0: \u00e0 l\u2019oreille\u00a0\u2013 \u00ab\u00a0ma propre fa\u00e7on \/ de me taire\u00a0\u00bb ; comme si chaque\u00a0lieu par l\u2019esprit revisit\u00e9\u00a0dans le recul sensiblement se refusait, solf\u00e8ge de lumi\u00e8re, bouquets secs de tonalit\u00e9s, r\u00e9sidus, sensations &amp; silhouettes confondus, bancs d\u2019algues rocking to &amp; fro \u00e0 l\u2019\u00e9preuve des mots dans la distance aspirant \u00e0 la vraisemblance, invitant la mobilit\u00e9 \u00e0 la motilit\u00e9 des jeux de correspondances, rappelant ces parts secr\u00e8tes de nous-m\u00eames qui \u00e0 notre insu ne sont jamais vraiment revenues\u00a0: mieux voir comme fredonner est une fa\u00e7on de d\u00e9tacher l\u2019air de la chanson. D\u2019une collection \u00e9parse de notes s\u00e8ches ne c\u00e9dant jamais \u00e0 la tendance des mots \u00e0 magnifier, d\u2019un herbier de trajectoires, infusent des \u00e9chelles de temps, des arr\u00eats sur image, des incapacit\u00e9s et des madeleines de Proust \u00e9gren\u00e9es \u00e0 l&rsquo;essence de la nostalgie &amp; figurant la face la plus intime du voyage : son encens, son aura. Collant volontiers au plexus tels des points de c\u00f4t\u00e9, par ici se livrent et se d\u00e9livrent les souvenirs mezza voce \u00e0 la petite cuill\u00e8re\u00a0: reste \u00ab\u00a0l&rsquo;art \/ pour penser le paysage\u00a0\u00bb soit, in fine, la fonction intranquille des poup\u00e9es russes du Po\u00e8me pour penser l\u2019attente, le voyage &amp; la contrainte \u00e0 rebours de la surface, faisant retour sur la part incontr\u00f4lable de frustration qui guette l\u2019ajustement du je \u00e0 l\u2019autre, les r\u00eanes de la volont\u00e9 &amp; les courants autonomes adverses propres au sixi\u00e8me continent de la m\u00e9moire\u00a0; accent mis sur \u00ab\u00a0l&rsquo;entret\u00e9\u00a0\u00bb qui se joue des pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es du puzzle et \u00e0 bas bruit composte, recompose &amp; transpose l&rsquo;arri\u00e8re-saveur des lieux et des situations dans une temporalit\u00e9 alternative avec cette insistance malicieuse des reflets invitant les profondeurs ventre \u00e0 l\u2019air\u00a0; ainsi s&rsquo;atteint en demies-teintes et comme par inadvertance la tessiture du r\u00e9el \u2013 \u00e0 la faveur d\u2019un manque-par-addition de d\u00e9finition. \u00c0 l\u2019oppos\u00e9 des cartes postales attendues et des photographies mensong\u00e8res, le charme discret d\u00e9sarmant d&rsquo;un certain regard : des photopo\u00e8mes \u00e0 la facture farin\u00e9e comme autant d&rsquo;instantan\u00e9s fig\u00e9s \u00e0 la vol\u00e9e on notera le grain silencieux d\u00e9nu\u00e9 d&rsquo;artifice \u00e0 l&rsquo;image du style, soit autant de pincements au c\u0153ur et de points d&rsquo;exclamation muets, apn\u00e9es min\u00e9rales du journal des jours d&rsquo;un ailleurs d\u00e9confin\u00e9 dont les contrastes chromatiques \u00e9tincelants auraient \u00e9t\u00e9 pass\u00e9s au tamis des trous de m\u00e9moire\u00a0: cendres durent d&rsquo;\u00e9motions anciennes si insol\u00e9es qu&rsquo;elles en deviennent m\u00e9connaissables. Ces images symboliques de l&rsquo;effet-retard d&rsquo;un \u00e9tat second t\u00e9moignant d\u2019une euphorie douce, s\u2019accompagnent d\u2019un discret avertissement, \u00ab\u00a0ne pas confondre image et vision\u00a0\u00bb\u00a0; et f\u00e9condent telles des apparitions le journal-po\u00e8me d\u2019un Ceci est\u2026, dans un d\u00e9j\u00e0-plus, ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre, au croisement de l\u2019avant et de l\u2019apr\u00e8s, \u2026l&rsquo;expression d&rsquo;une sensibilit\u00e9 traversante, pointilliste \u00e0 la mani\u00e8re animale des enfants qui voient mieux peau \u00e0 peau avec la truffe comme avec la langue en amont des mots. Un ailleurs \u2013 une composition d\u2019ici-&amp;-maintenant plus lointains que jamais \u2013, tout en c\u00e9sures d&rsquo;\u00e9carts de la vue, fausses notes &amp; \u00ab\u00a0feel-back\u00a0\u00bb mettant en perspective l&rsquo;\u00e9nigmatique alt\u00e9rit\u00e9 des choses sour\u00e7ant de nulle part et des relations humaines, \u00ab\u00a0dans le grand \u00e9loignement \/ le mal du monde \/ est sous la loupe \/ encore plus \/ patent\u00a0\u00bb, aigre-doux \u00e0 notre corps d\u00e9fendant\u00a0: c\u2019est dire la fonction n\u00e9cessaire du retour et de ses d\u00e9tours. Si depuis Milton \u00ab\u00a0le paradis est toujours perdu\u00a0\u00bb, en miroir le Po\u00e8me en restitue les ambiances et nous cicatrise, le voyage se versifie et se prolonge ne prenant ainsi jamais fin,\u00a0f\u00fbt-ce en chambre ou par procuration. Le \u00ab\u00a0tout est vif \/ sur l&rsquo;\u00eele antique \/ j&rsquo;ai quitt\u00e9 \/ le troupeau inerte des villes\u00a0\u00bb c\u00e9dant la place \u00e0 des \u00eatres singuliers &amp; des choses authentiquement vraies film\u00e9es mot \u00e0 mot \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019abstractions fixes, perdure en images poreuses relevant des lois simples d&rsquo;un suppl\u00e9ment d&rsquo;\u00e9coute. Du texte l&rsquo;\u00e9pure d&rsquo;un carnet de voyage au bon parfum de fenouil et, minceur \u00e0 la ligne, \u00ab\u00a0je suis v\u00e9g\u00e9tation\u00a0\u00bb ne peut mieux dire par quelle op\u00e9ration soudaine, telles des \u00e9ponges, nous \u00ab\u00a0sommes au pr\u00e9sent \/ pr\u00e9sent aveugle \/ heureux \/ dans ce po\u00e8me\u00a0\u00bb post\u00e9 si pr\u00e8s de loin. Du mot ou de l&rsquo;image-mot lequel des deux \u00ab\u00a0endigue\u00a0\u00bb ici l&rsquo;autre sans jamais l&rsquo;illustrer, chacun vaquant en communion de silence \u00e0 sa propre autorit\u00e9 dans une unit\u00e9 de manque sous-jacente, \u00ab\u00a0me disant que \/ peut-\u00eatre \/ [l&rsquo;image] \/ laisse une empreinte plus durable\u00a0\u00bb qui, plus elle serait blanche, plus elle s\u2019av\u00e8rerait susceptible de \u00ab\u00a0revisite[r] \/ l\u2019affect\u00a0\u00bb ? Des images \u00e0 dire et \u00e0 lire, la plus solaire d&rsquo;entre toutes figurant victoire en premi\u00e8re de couverture sous le D&rsquo;A\u2026 majuscule du pr\u00e9cieux allant de la r\u00e9ciprocit\u00e9 comme de la nuance. 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