{"id":5544,"date":"2024-10-25T09:19:52","date_gmt":"2024-10-25T07:19:52","guid":{"rendered":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=5544"},"modified":"2024-10-25T19:06:49","modified_gmt":"2024-10-25T17:06:49","slug":"correspondance-litteraire-jean-pascal-dubost-lettre-a-sophie-loizeau-sur-les-moines-de-la-pluie-lile-du-renard-polaire-de-to-kirsikka-et-poemes-paniques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2024\/10\/25\/correspondance-litteraire-jean-pascal-dubost-lettre-a-sophie-loizeau-sur-les-moines-de-la-pluie-lile-du-renard-polaire-de-to-kirsikka-et-poemes-paniques\/","title":{"rendered":"[Correspondance litt\u00e9raire] Jean-Pascal Dubost, Lettre \u00e0 Sophie Loizeau sur Les Moines de la pluie,  L\u2019\u00eele du renard polaire de To Kirsikka et Po\u00e8mes Paniques"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;\">Paimpont, le 24 septembre 2024<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ch\u00e8re Sophie,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voici pour moi l\u2019occasion, gr\u00e2ce \u00e0 la parution de trois titres en 2024, de parler un peu de ton \u00e9criture\u00a0; de tes livres\u00a0; de toncheminement. Cela m\u2019est d\u2019autant plus engageant que je te lis depuis ton premier livre, <em>Le Corps saisonnier<\/em> (Le D\u00e9 Bleu, 2001), sinon avant, puisqu\u2019il me souvient d\u2019un petit fascicule que tu m\u2019envoyas avant d\u2019\u00e9diter ce premier livre, dans les ann\u00e9es 90, titr\u00e9 <em>Po\u00e8mes \u00e0 barbe bleue<\/em>, dont d\u00e9j\u00e0 une \u00e9criture poignait, attach\u00e9e au corps \u00e9rotique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si<em> Les Moines de la pluie<\/em> se pr\u00e9sentent comme un ensemble de r\u00e9cits, j\u2019y suis entr\u00e9 comme on entre dans un livre de contes \u00e9tranges et fantastiques, \u00e0 la fois intrigu\u00e9 et h\u00e9sitant, attir\u00e9 par je ne sais quel myst\u00e8re, fascin\u00e9 assur\u00e9ment parce qu\u2019on se <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-5548\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LoizeauMoines.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"335\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LoizeauMoines.jpg 220w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LoizeauMoines-197x300.jpg 197w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LoizeauMoines-99x150.jpg 99w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/>demande vers quelle aventure on se dirige en s\u2019enfon\u00e7ant dans le livre. D\u2019autant que ces contes se r\u00e9pondent un peu comme les racines des arbres qui sous terre communiquent et sont solidaires, se soutiennent et font sentir sous nos pieds une for\u00eat qui vit. J\u2019ai eu le sentiment d\u2019entrer dans un livre-monde habit\u00e9 par un peuple qui, en libert\u00e9 dans les bois, for\u00eats et champs, tente de vivre loin des lieux habit\u00e9s par les hommes ; ce livre est le refuge litt\u00e9raire (mais impossible) de cette population. Ici, et c\u2019est ce qui g\u00e9n\u00e8re myst\u00e8re, l\u2019\u00e9tranget\u00e9 et le surnaturel s\u2019entrelacent dans le r\u00e9cit r\u00e9aliste, et op\u00e8rent des m\u00e9tamorphoses o\u00f9 la narratrice s\u2019\u00e9vertue \u00e0 quitter sa domestication pour adopter une nature sauvage ; c\u2019est un livre de contes de fantasmes f\u00e9raux et de m\u00e9tamorphoses. Par le moyen de ce livre et la force d\u2019une \u00e9criture rageuse, empathique et sauvage, voire assez combattive, tu transformes ton humaine nature en sauvagine figure, en b\u00eate humaine cherchant le repos dans les divers recois dont tu dis \u00eatre en qu\u00eate. On sent souventes fois une tentative de fusion avec les b\u00eates sauvages. Le motif du retrait file par tout le livre ; qui n\u2019est pas fuite, mais avanc\u00e9e, et \u00e0 l\u2019instar de la faune sauvage, tu te retires dans les profondeurs de l\u2019\u00e9criture. Il y a quelque chose de vital pour toi \u00e0 t\u2019\u00e9loigner de l\u2019humain, \u00ab Je venais peaufiner mes conclusions : l\u2019homme n\u2019avait qu\u2019\u00e0 rester sagement l\u00e0 o\u00f9 il \u00e9tait, dans les villes, pour qu\u2019advienne ailleurs le miracle de la vie \u00bb ; d\u2019ailleurs, il n\u2019y a quasi pas d\u2019humains dans ces contes farouches. Qui sont envo\u00fbtants parce que leur \u00e9criture va chercher dans les strates civilisationnelles, archa\u00efques et pa\u00efennes des mythes. Ainsi faisant, ton livre rel\u00e8ve d\u2019une sorte de rite ancestral destin\u00e9 \u00e0 entrer en communication avec l\u2019esprit des b\u00eates sauvages, \u00e0 redire et nous rappeler nos origines animales (le mythe est la narration de nos origines), \u00ab il s\u2019agit de ranimer nos anciennes paniques \u00bb, \u00e9cris-tu, de quoi une \u00ab \u00e9nergie psychique \u00bb en \u00e9mane, et le rend formidablement vivant ; cette \u00e9nergie qui fait \u00e9crire. Pour en revenir \u00e0 l\u2019\u00eatre humain, \u00e0 l\u2019\u00e9gard duquel tu ne caches pas un haut courroux, ces contes racontent la perte du myst\u00e8re naturel, \u00ab comment le monde a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9, enrichi ou appauvri \u00bb<a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\">[i]<\/a> par lui, et comment, je crois, tu cherches \u00e0 retrouver ce myst\u00e8re naturel. Ce livre est une tentative de te raccorder aux mythes animaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Regardant ton \u00e9volution, je per\u00e7ois un changement s\u2019effectuer\u00a0; la f\u00e9minit\u00e9 mythologique gourmande de sensations \u00e9rotiques qui \u00e9tait la tienne \u00e0 l\u2019origine s\u2019est transform\u00e9e peu \u00e0 peu en une \u00ab\u00a0femmalit\u00e9\u00a0\u00bb inqui\u00e8te, chagrin\u00e9e, \u00e9r\u00e9m\u00e9tique, qui s\u2019est radicalis\u00e9e au fil du temps, ou du moins s\u2019est-elle rang\u00e9e dans un militantisme qui te conduira vers une misanthropie (ou anthropophobie\u00a0?) dont <em>L\u2019\u00eele du renard polaire de To Kirsikka<\/em> est la chambre d\u2019\u00e9cho. Tu effectues un d\u00e9placement d\u2019identit\u00e9 en feignant de traduire<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-5549\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LoupsLoizeau.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"325\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LoupsLoizeau.jpg 220w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LoupsLoizeau-203x300.jpg 203w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LoupsLoizeau-102x150.jpg 102w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/> la po\u00e9sie d\u2019une po\u00e8te finlandaise, To Kirsikka, ce faisant, tu t\u2019inventes une double qui te ressemble et dans laquelle concomitamment tu te retrais, une \u00ab\u00a0grande femmelle misanthrope et sauvage [\u2026] confront\u00e9e \u00e0 la violence du monde et contrainte \u00e0 la marginalisation pour survivre\u00a0\u00bb\u00a0; voil\u00e0 un autoportrait \u00e0 peine voil\u00e9 (tu \u00e9cris ailleurs, dans <em>Les Loups<\/em> (<em>Les Loups<\/em>, \u00e9d. Corti, 2019) : \u00ab\u00a0La raison qui m\u2019a conduite ici \u2013 dans les bois \u2013 est la perte\/que je ressens\/de moi l\u2019usure et le chagrin\/le doute\u00a0\u00bb). La narratrice des <em>Moines de la pluie<\/em> a migr\u00e9 dans l\u2019instance narrative qu\u2019est cette po\u00e8te finlandaise. L\u2019\u00e2me migre de livre en livre. Ce livre, insaisissable pour raison d\u2019h\u00e9t\u00e9ronymie savamment orchestr\u00e9e, et formellement d\u00e9sorientant par la diversit\u00e9 des formes (vers, prose, fragments, images, couleurs, notes\u2026), ce livre nous entra\u00eene dans une for\u00eat \u00e9paisse de sens et au c\u0153ur d\u2019une foison de r\u00e9flexions sur le monde d\u2019aujourd\u2019huy, croisant les questions animale et f\u00e9ministe. Il y a un socle commun \u00e0 ces deux engagements qui te travaillent\u00a0: celui de la blessure, \u00ab\u00a0Ce que vivent\/les animaux\/je le vis\u00a0\u00bb\u00a0(et ce qui vivent les femmes, tu le vis) ; parce qu\u2019il y a un terreau commun de souffrances entre l\u2019animal et la femme, qui tous deux subissent l\u2019homme dominateur. En ce sens la magnifique invention de \u00ab\u00a0femmelle\u00a0\u00bb allie femme et animale autant qu\u2019il exprime une sauvagerie f\u00e9roce\u00a0; cette sauvagerie est une r\u00e9sistance. Aussi bien dans ce livre que dans <em>Les Moines de la pluie<\/em>, l\u2019\u00e9criture aide \u00e0 tisser des liens avec la vie cosmique des animaux, avec l\u2019\u00e2me animale peut-\u00eatre\u00a0; l\u2019<em>anima<\/em> et l\u2019<em>animus<\/em> semblent vouloir s\u2019accorder\u00a0; mais avec toujours une dose de bestialit\u00e9 et de rudesse primaire. Face \u00e0 une civilisation devenue outranci\u00e8rement civilis\u00e9e, l\u2019\u00e9criture met en place des rites refondateurs et semble vouloir renouer avec ce que nous avons perdu. Y a-t-il une nostalgie originelle\u00a0? Peut-\u00eatre. D\u00e9j\u00e0, dans <em>Les Loups<\/em>, tu t\u2019indignais f\u00e9rocement contre la capacit\u00e9 humaine \u00e0 d\u00e9truire la beaut\u00e9 (la nature c\u2019est-\u00e0-dire). Dans <em>L\u2019\u00eele du renard <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-5550\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LoizeauRenard.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"330\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LoizeauRenard.jpg 220w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LoizeauRenard-200x300.jpg 200w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LoizeauRenard-100x150.jpg 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/>polaire de To Kirsikka<\/em>, c\u2019est \u00e0 vif. Bestialit\u00e9 du corps, animalit\u00e9 de l\u2019\u00e2me, sauvagerie du comportement, femme et femelle, humaine et animale, ces fusions sont l\u2019expression de ta m\u00e9tamorphose de po\u00e8te s\u2019ensauvageant devant l\u2019esp\u00e8ce humaine et la fuyant (d\u2019o\u00f9 mon sentiment d\u2019anthropophobie plus que de misanthropie). Me demandant m\u00eame s\u2019il n\u2019y a pas essai de m\u00e9tempsychose, si ce n\u2019est pas une \u00e2me errante en recherche d\u2019un corps animal qui vagabonde dans tes livres. En cela, <em>Les Moines de la pluie<\/em> et le <em>L\u2019\u00eele du renard de To Kirsikka<\/em> sont appels sourds de libert\u00e9 sauvage. Quant au renard, si pr\u00e9sent, filant de pages en pages, il r\u00e9f\u00e8re, me semble-t-il, au renard-esprit de Ted Hughes, \u00e0 cette pr\u00e9sence fauve qui rappelle ce qu\u2019on doit aux animaux\u00a0; il est notre conscience. \u00ab\u00a0Je crois qu\u2019il en va ainsi\u00a0: il doit y avoir au d\u00e9part une exp\u00e9rience, une s\u00e9rie ou une constellation de perceptions pr\u00e9sentant assez d\u2019int\u00e9r\u00eat pour \u00eatre ressenties par le po\u00e8te avec une intensit\u00e9 telle qu\u2019elle exige de lui leur transcription verbale\u00a0: <em>il est contraint \u00e0 l\u2019expression<\/em>\u00a0\u00bb, \u00e9crivait Denise Levertov \u00e0 propos de la forme organique dans <em>La Forme organique<\/em> (trad. Isabelle Py Balibar, Atelier des Brisants, 2002) ; or, ton po\u00e8me, en vers ou en prose, est organique, il bouge sur la page telle la b\u00eate en for\u00eat, tel le renard sur la page de Ted Hughes du moins\u00a0; la forme est tributaire de ta perception de l\u2019animal\u00a0; elle est une constellation d\u2019exp\u00e9riences perceptives elles-m\u00eames le fruit de tes retranchements et observations-\u00e9coutes dans la for\u00eat\u00a0; c\u2019est un transfert d\u2019\u00e9nergie\u00a0; elle est instinctive et ton po\u00e8me est intuitif, insaisissable comme l\u2019animal sauvage.\u00a0\u00ab\u00a0Si le po\u00e8me est un animal, c\u2019est donc au sens o\u00f9 il parvient \u00e0 incarner dans le langage, sur une page, dans des vers, une pr\u00e9sence sauvage, brutale et opaque, qui bouge et qui vit \u2013 plut\u00f4t qu\u2019elle n\u2019a de sens\u00a0\u00bb, ces mots de Pierre Vinclair dans <em>Agir non agir<\/em> (Jos\u00e9 Corti, 2020) r\u00e9sumeraient \u00e0 eux seuls ta d\u00e9marche d\u2019\u00e9criture.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-5547\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Ecrire_cul_Loizeau.jpg\" alt=\"\" width=\"540\" height=\"360\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Ecrire_cul_Loizeau.jpg 540w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Ecrire_cul_Loizeau-300x200.jpg 300w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Ecrire_cul_Loizeau-150x100.jpg 150w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Ecrire_cul_Loizeau-366x244.jpg 366w\" sizes=\"auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ton anthologie personnelle, <em>Po\u00e8mes paniques<\/em>, si elle suit un parcours d\u2019\u00e9criture, suit aussi un cheminement mental parmi un monde d\u2019humains occup\u00e9s \u00e0 d\u00e9truire mythes et l\u00e9gendes (en tant qu\u2019habitant d\u2019une for\u00eat l\u00e9gendaire, je le v\u00e9rifie quotidiennement). L\u2019adjectif au titre bien entendu fait r\u00e9f\u00e9rence au dieu Pan que, dans cette anthologie, tu rapproches de Diane : ces deux divinit\u00e9s sont incarnations d\u2019un \u00e9rotisme sauvage, d\u2019une sexualit\u00e9 bestiale. Il n\u2019est pas question de peur panique, mais de<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-5551\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Loizeau_PoemesPaniques.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"297\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Loizeau_PoemesPaniques.jpg 200w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Loizeau_PoemesPaniques-111x150.jpg 111w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/> joie panique, de sexualit\u00e9 intense et joyeuse, de lubricit\u00e9 bestiale et divine. Le d\u00e9sir d\u2019\u00e9crire, chez toi, s\u2019origine dans le sexe, \u00ab\u00a0se mat\u00e9rialise dans mon cul\u00a0\u00bb (<em>Le Roman de Diane<\/em>, Rehauts, 2013, repris dans <em>Po\u00e8mes paniques<\/em>), il est li\u00e9 \u00e0 l\u2019excitation sexuelle, \u00ab\u00a0je dois ressentir mon excitation quand j\u2019\u00e9cris\u00a0\u00bb. Tu tends vigoureusement vers ce que tu appelles l\u2019instase, \u00ab\u00a0cet \u00e9tat de bien-\u00eatre extatique int\u00e9rieur, de connivence chamanique avec les esprits de la nature [\u2026] L\u2019instase c\u2019est la joie-source qui pr\u00e9c\u00e8de l\u2019\u00e9criture\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0Entretien avec Aur\u00e9lie Foglia\u00a0\u00bb, in revue <em>Nu(e)<\/em> n\u00b0 73). C\u2019est \u00e0 la joie panique de l\u2019\u00e9criture, \u00e0 quoi invite toute ton \u0153uvre. Avec toi, si l\u2019\u00e9criture est inspiration (\u00e9tat interm\u00e9diaire entre les dieux pa\u00efens et les hommes), c\u2019est parce qu\u2019elle est avant tout \u00e9nergie sexuelle, une \u00e9nergie que tu attribues \u00e0 ces deux divinit\u00e9s, Pan et Diane, dont l\u2019esprit issu de tes lectures plane sur tes livres. Mais j\u2019ai per\u00e7u l\u2019ombre d\u2019une autre divinit\u00e9, celle de Fascinus, figure mythologique dont Pascal Quignard \u00e9crira\u00a0: \u00ab Qu\u2019est-ce que le <em>Fascinus<\/em>\u00a0? C\u2019est la divinit\u00e9 des dieux d\u00e9v\u00eatue [\u2026] C\u2019est la sc\u00e8ne primitive incessante. La divinit\u00e9 des Grands Dieux est un co\u00eft infini\u00a0\u00bb (<em>Le Sexe et l\u2019Effroi<\/em>, Gallimard, 1994). Tu as divinis\u00e9 et animalis\u00e9 l\u2019\u00e9treinte sexuelle, et cette anthologie tente de renouer avec cette dynamique qu\u2019une certaine amertume aura pu alt\u00e9rer. Tu es une po\u00e8te indomptable, solitaire, farouche, femme du monde profond\u00e9ment femelle, aimant l\u2019homme viril, mais d\u00e9fiante de l\u2019homme patriarcal (il y a une nuance de taille). Po\u00e8te en qu\u00eate de joie, ta po\u00e9sie est faite de paganisme panth\u00e9iste (\u00ab\u00a0Regarde la nature au fond des yeux, enivre-toi d\u2019elle, de sa chair, de son encens\u00a0; seule d\u00e9esse qui vaille\u00a0\u00bb \u2013 in <em>La Chambre sous le saule<\/em>, PURH, 2017, repris dans <em>Po\u00e8mes paniques<\/em>), elle est une alliance de d\u00e9sir, de sexe et de nature. Rare \u0153uvre sent autant le vivant et la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00eatre que la tienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-5546\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Fascinus.jpg\" alt=\"\" width=\"540\" height=\"500\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Fascinus.jpg 540w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Fascinus-300x278.jpg 300w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Fascinus-150x139.jpg 150w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Fascinus-366x339.jpg 366w\" sizes=\"auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certes, on peut affirmer que ta po\u00e9sie transpire l\u2019\u00e9cof\u00e9minisme, combat la domination de l\u2019homme sur la nature et sur la femme. N\u00e9anmoins, je suis enclin \u00e0 consid\u00e9rer que, politiquement, l\u2019\u00e9cologie est anthropocentriste, qu\u2019elle tend au bien-\u00eatre de l\u2019humain dans un monde qui a perdu le sens de la nature, \u00e0 r\u00e9habiliter la place de l\u2019animal peut-\u00eatre, mais toujours dans une perspective anthropocentriste. Si l\u2019\u00e9cof\u00e9minisme lutte contre la domination de l\u2019homme sur la nature et sur la femme, il me semble que ton souci de la nature est visc\u00e9ralement li\u00e9 \u00e0 celui de l\u2019animal non humain, \u00e0 sa place dans la nature et que moins te pr\u00e9occupe le devenir humain. Je rapprocherais ton f\u00e9minisme de celui de Marie Huot, combattant un syst\u00e8me patriarcal opprimant et<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-5552\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LoizeauPortrait.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"220\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LoizeauPortrait.jpg 220w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LoizeauPortrait-150x150.jpg 150w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LoizeauPortrait-144x144.jpg 144w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/LoizeauPortrait-75x75.jpg 75w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/> dominant pareillement femmes et animaux, un syst\u00e8me qui leur assigne une place inf\u00e9rieure\u00a0; ta po\u00e9sie, comme le militantisme de Marie Huot, combat un double syst\u00e8me de domination et la hi\u00e9rarchisation des \u00eatres et des esp\u00e8ces pla\u00e7ant le m\u00e2le au sommet de la pyramide\u00a0; ta po\u00e9sie refuse cette hi\u00e9rarchie non seulement entre les esp\u00e8ces (antisp\u00e9cisme), mais \u00e9galement \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une m\u00eame esp\u00e8ce (f\u00e9minisme). Elle est un engagement dans lequel tu mets toutes tes forces animales. Elle est devenue beaucoup plus politique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je ne saurais dire avec justesse et exactitude cette sorte de joie communicative que provoque la lecture de tes livres, cette joie dont Deleuze disait si bien qu\u2019elle \u00e9tait r\u00e9sistance au pouvoir, car cette joie, ta joie panique, cette source de cr\u00e9ation qu\u2019il te faut absolument (re)trouver, elle est r\u00e9sistance \u00e0 la domestication. Pour cela\u00a0: merci.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Jean-Pascal Dubost<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Sophie Loizeau,<em> Les Moines de la pluie<\/em>, \u00e9d. Le Pommier, 2024.<\/p>\n<p>Sophie Loizeau,<em> L\u2019\u00eele du renard polaire de To Kirsikka<\/em>, \u00e9d. Champ Vallon, 2024.<\/p>\n<p>Sophie Loizeau,<em> Po\u00e8mes Paniques<\/em>, Lanskine, 2024.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\">[i]<\/a> Mircea Eliade, <em>Aspects du mythe<\/em>, Folio Essais\/Gallimard, 1963.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paimpont, le 24 septembre 2024 &nbsp; Ch\u00e8re Sophie, Voici pour moi l\u2019occasion, gr\u00e2ce \u00e0 la parution de trois titres en 2024, de parler un peu de ton \u00e9criture\u00a0; de tes livres\u00a0; de toncheminement. Cela m\u2019est d\u2019autant plus engageant que je te lis depuis ton premier livre, Le Corps saisonnier (Le D\u00e9 Bleu, 2001), sinon avant, puisqu\u2019il me souvient d\u2019un petit fascicule que tu m\u2019envoyas avant d\u2019\u00e9diter ce premier livre, dans les ann\u00e9es 90, titr\u00e9 Po\u00e8mes \u00e0 barbe bleue, dont d\u00e9j\u00e0 une \u00e9criture poignait, attach\u00e9e au corps \u00e9rotique. Si Les Moines de la pluie se pr\u00e9sentent comme un ensemble de r\u00e9cits, j\u2019y suis entr\u00e9 comme on entre dans un livre de contes \u00e9tranges et fantastiques, \u00e0 la fois intrigu\u00e9 et h\u00e9sitant, attir\u00e9 par je ne sais quel myst\u00e8re, fascin\u00e9 assur\u00e9ment parce qu\u2019on se demande vers quelle aventure on se dirige en s\u2019enfon\u00e7ant dans le livre. D\u2019autant que ces contes se r\u00e9pondent un peu comme les racines des arbres qui sous terre communiquent et sont solidaires, se soutiennent et font sentir sous nos pieds une for\u00eat qui vit. J\u2019ai eu le sentiment d\u2019entrer dans un livre-monde habit\u00e9 par un peuple qui, en libert\u00e9 dans les bois, for\u00eats et champs, tente de vivre loin des lieux habit\u00e9s par les hommes ; ce livre est le refuge litt\u00e9raire (mais impossible) de cette population. Ici, et c\u2019est ce qui g\u00e9n\u00e8re myst\u00e8re, l\u2019\u00e9tranget\u00e9 et le surnaturel s\u2019entrelacent dans le r\u00e9cit r\u00e9aliste, et op\u00e8rent des m\u00e9tamorphoses o\u00f9 la narratrice s\u2019\u00e9vertue \u00e0 quitter sa domestication pour adopter une nature sauvage ; c\u2019est un livre de contes de fantasmes f\u00e9raux et de m\u00e9tamorphoses. Par le moyen de ce livre et la force d\u2019une \u00e9criture rageuse, empathique et sauvage, voire assez combattive, tu transformes ton humaine nature en sauvagine figure, en b\u00eate humaine cherchant le repos dans les divers recois dont tu dis \u00eatre en qu\u00eate. On sent souventes fois une tentative de fusion avec les b\u00eates sauvages. Le motif du retrait file par tout le livre ; qui n\u2019est pas fuite, mais avanc\u00e9e, et \u00e0 l\u2019instar de la faune sauvage, tu te retires dans les profondeurs de l\u2019\u00e9criture. Il y a quelque chose de vital pour toi \u00e0 t\u2019\u00e9loigner de l\u2019humain, \u00ab Je venais peaufiner mes conclusions : l\u2019homme n\u2019avait qu\u2019\u00e0 rester sagement l\u00e0 o\u00f9 il \u00e9tait, dans les villes, pour qu\u2019advienne ailleurs le miracle de la vie \u00bb ; d\u2019ailleurs, il n\u2019y a quasi pas d\u2019humains dans ces contes farouches. Qui sont envo\u00fbtants parce que leur \u00e9criture va chercher dans les strates civilisationnelles, archa\u00efques et pa\u00efennes des mythes. Ainsi faisant, ton livre rel\u00e8ve d\u2019une sorte de rite ancestral destin\u00e9 \u00e0 entrer en communication avec l\u2019esprit des b\u00eates sauvages, \u00e0 redire et nous rappeler nos origines animales (le mythe est la narration de nos origines), \u00ab il s\u2019agit de ranimer nos anciennes paniques \u00bb, \u00e9cris-tu, de quoi une \u00ab \u00e9nergie psychique \u00bb en \u00e9mane, et le rend formidablement vivant ; cette \u00e9nergie qui fait \u00e9crire. Pour en revenir \u00e0 l\u2019\u00eatre humain, \u00e0 l\u2019\u00e9gard duquel tu ne caches pas un haut courroux, ces contes racontent la perte du myst\u00e8re naturel, \u00ab comment le monde a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9, enrichi ou appauvri \u00bb[i] par lui, et comment, je crois, tu cherches \u00e0 retrouver ce myst\u00e8re naturel. Ce livre est une tentative de te raccorder aux mythes animaux. Regardant ton \u00e9volution, je per\u00e7ois un changement s\u2019effectuer\u00a0; la f\u00e9minit\u00e9 mythologique gourmande de sensations \u00e9rotiques qui \u00e9tait la tienne \u00e0 l\u2019origine s\u2019est transform\u00e9e peu \u00e0 peu en une \u00ab\u00a0femmalit\u00e9\u00a0\u00bb inqui\u00e8te, chagrin\u00e9e, \u00e9r\u00e9m\u00e9tique, qui s\u2019est radicalis\u00e9e au fil du temps, ou du moins s\u2019est-elle rang\u00e9e dans un militantisme qui te conduira vers une misanthropie (ou anthropophobie\u00a0?) dont L\u2019\u00eele du renard polaire de To Kirsikka est la chambre d\u2019\u00e9cho. Tu effectues un d\u00e9placement d\u2019identit\u00e9 en feignant de traduire la po\u00e9sie d\u2019une po\u00e8te finlandaise, To Kirsikka, ce faisant, tu t\u2019inventes une double qui te ressemble et dans laquelle concomitamment tu te retrais, une \u00ab\u00a0grande femmelle misanthrope et sauvage [\u2026] confront\u00e9e \u00e0 la violence du monde et contrainte \u00e0 la marginalisation pour survivre\u00a0\u00bb\u00a0; voil\u00e0 un autoportrait \u00e0 peine voil\u00e9 (tu \u00e9cris ailleurs, dans Les Loups (Les Loups, \u00e9d. Corti, 2019) : \u00ab\u00a0La raison qui m\u2019a conduite ici \u2013 dans les bois \u2013 est la perte\/que je ressens\/de moi l\u2019usure et le chagrin\/le doute\u00a0\u00bb). La narratrice des Moines de la pluie a migr\u00e9 dans l\u2019instance narrative qu\u2019est cette po\u00e8te finlandaise. L\u2019\u00e2me migre de livre en livre. Ce livre, insaisissable pour raison d\u2019h\u00e9t\u00e9ronymie savamment orchestr\u00e9e, et formellement d\u00e9sorientant par la diversit\u00e9 des formes (vers, prose, fragments, images, couleurs, notes\u2026), ce livre nous entra\u00eene dans une for\u00eat \u00e9paisse de sens et au c\u0153ur d\u2019une foison de r\u00e9flexions sur le monde d\u2019aujourd\u2019huy, croisant les questions animale et f\u00e9ministe. Il y a un socle commun \u00e0 ces deux engagements qui te travaillent\u00a0: celui de la blessure, \u00ab\u00a0Ce que vivent\/les animaux\/je le vis\u00a0\u00bb\u00a0(et ce qui vivent les femmes, tu le vis) ; parce qu\u2019il y a un terreau commun de souffrances entre l\u2019animal et la femme, qui tous deux subissent l\u2019homme dominateur. En ce sens la magnifique invention de \u00ab\u00a0femmelle\u00a0\u00bb allie femme et animale autant qu\u2019il exprime une sauvagerie f\u00e9roce\u00a0; cette sauvagerie est une r\u00e9sistance. Aussi bien dans ce livre que dans Les Moines de la pluie, l\u2019\u00e9criture aide \u00e0 tisser des liens avec la vie cosmique des animaux, avec l\u2019\u00e2me animale peut-\u00eatre\u00a0; l\u2019anima et l\u2019animus semblent vouloir s\u2019accorder\u00a0; mais avec toujours une dose de bestialit\u00e9 et de rudesse primaire. Face \u00e0 une civilisation devenue outranci\u00e8rement civilis\u00e9e, l\u2019\u00e9criture met en place des rites refondateurs et semble vouloir renouer avec ce que nous avons perdu. Y a-t-il une nostalgie originelle\u00a0? Peut-\u00eatre. D\u00e9j\u00e0, dans Les Loups, tu t\u2019indignais f\u00e9rocement contre la capacit\u00e9 humaine \u00e0 d\u00e9truire la beaut\u00e9 (la nature c\u2019est-\u00e0-dire). Dans L\u2019\u00eele du renard polaire de To Kirsikka, c\u2019est \u00e0 vif. Bestialit\u00e9 du corps, animalit\u00e9 de l\u2019\u00e2me, sauvagerie du comportement, femme et femelle, humaine et animale, ces fusions sont l\u2019expression de ta m\u00e9tamorphose de po\u00e8te s\u2019ensauvageant devant l\u2019esp\u00e8ce humaine et la fuyant (d\u2019o\u00f9 mon sentiment d\u2019anthropophobie plus que de misanthropie). Me demandant m\u00eame s\u2019il n\u2019y a&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5545,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[35,2],"tags":[1745,2543,2542,2535,2538,1142,36,2539,265,2533,2534,985,1213,2537,2536,2541,527,281,2540,2532],"class_list":["post-5544","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chronique","category-une","tag-aurelie-foglia","tag-beaute-et-bestialite","tag-denise-levertov","tag-ecofeminisme","tag-ecriture-et-feminite","tag-editions-champ-vallon","tag-editions-lanskine","tag-erotisme","tag-gilles-deleuze","tag-humain-et-animal","tag-imaginaire-des-contes","tag-jean-pascal-dubost","tag-jose-corti","tag-le-pommier-editions","tag-marie-huot","tag-masculin-et-feminin","tag-pascal-quignard","tag-pierre-vinclair","tag-poesie-et-mythologie","tag-sophie-loizeau"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5544","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5544"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5544\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5558,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5544\/revisions\/5558"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5545"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5544"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5544"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5544"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}