{"id":561,"date":"2020-09-02T05:10:46","date_gmt":"2020-09-02T03:10:46","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=561"},"modified":"2021-05-07T05:11:53","modified_gmt":"2021-05-07T03:11:53","slug":"chronique-arno-bertina-lage-de-la-premiere-passe-par-jean-paul-gavard-perret","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2020\/09\/02\/chronique-arno-bertina-lage-de-la-premiere-passe-par-jean-paul-gavard-perret\/","title":{"rendered":"[Chronique] Arno, Bertina, L\u2019\u00c2ge de la premi\u00e8re passe, par Jean-Paul Gavard-Perret"},"content":{"rendered":"<p>Arno Bertina, <strong><em>L\u2019\u00c2ge de la premi\u00e8re passe<\/em><\/strong>, \u00e9ditions Verticales, printemps 2020,\u00a0260 pages,\u00a020.00 euros,\u00a0ISBN : 978-2-07-285160-5.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Quittant la fiction pour ce voyage aupr\u00e8s de vraies jeunes filles de joie du Congo, l\u2019\u00e9criture reste tout de m\u00eame pour Arno Bertina un moyen de d\u00e9truire certains clich\u00e9s. La mis\u00e8re est l\u00e0 telle quelle mais l\u2019auteur tente de cr\u00e9er son livre comme un lieu pour elle \u00a0o\u00f9 elles seront respect\u00e9s.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/BertinaPremi\u00e8rePasse.jpg\" rel=\"prettyphoto[561]\" rel=\"prettyphoto[16845]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-16850\" src=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/BertinaPremi\u00e8rePasse.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" srcset=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/BertinaPremi\u00e8rePasse.jpg 220w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/BertinaPremi\u00e8rePasse-206x300.jpg 206w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/BertinaPremi\u00e8rePasse-103x150.jpg 103w\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"320\" \/><\/a>Bertina ne les rabaisse pas, ne tombe ni dans le pittoresque ni dans la violence. Il diversifie les points de vue sans chercher \u00e0 bricoler des personnages. Existe l\u00e0 une forme hybride. En une telle h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9\u00eft\u00e9 en fragments la m\u00e9moire r\u00e9mont\u00e9e est fascinante.<\/p>\n<p>L\u00e0 o\u00f9 les m\u00e2les d\u00e9tricotent le coeur et le corps des femmes, et l\u2019auteur souverain se rapproche de ces derni\u00e8res pour faire corps avec un monde violent et dramatique, mais o\u00f9 existe parfois l\u2019attente d\u2019une forme de joie. Le tout sans morale dominante.<\/p>\n<p>Nous sommes dans une vision de la prostitution qui montre l\u2019esclavage et les r\u00e9seaux qu\u2019il faut combattre, mais aussi ce qui \u00e9chappe l\u00e0 o\u00f9 l\u2019auteur tente d\u2019accorder une place ouverte \u00e0 de telles femmes abandonn\u00e9es et traumatis\u00e9es quelques ann\u00e9es plut\u00f4t o\u00f9 elles furent d\u00e9clarer sorci\u00e8res pour qu\u2019on n\u2019ait plus \u00e0 s\u2019en occuper.<\/p>\n<p>Par l\u2019introspection et la m\u00e9morialisation Bertina via la voix d\u2019un narrateur propose un voyage au pays des jeunes femmes \u00ab\u00a0habit\u00e9es\u00a0\u00bb. Elles souffrent de la violence \u00e9conomiques et des hommes, et l\u2019usage du monde prend ici des visions qui refusent l\u2019universalisme des valeurs. Le voyage au Congo \u00e9vite ici tout pittoresque pour certes souligner la douleur, la victimisation mais pas seulement. Et c\u2019est l\u00e0 o\u00f9 le livre devient un gage de \u00ab\u00a0sur-vivance\u00a0\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Arno Bertina, L\u2019\u00c2ge de la premi\u00e8re passe, \u00e9ditions Verticales, printemps 2020,\u00a0260 pages,\u00a020.00 euros,\u00a0ISBN : 978-2-07-285160-5. &nbsp; Quittant la fiction pour ce voyage aupr\u00e8s de vraies jeunes filles de joie du Congo, l\u2019\u00e9criture reste tout de m\u00eame pour Arno Bertina un moyen de d\u00e9truire certains clich\u00e9s. La mis\u00e8re est l\u00e0 telle quelle mais l\u2019auteur tente de cr\u00e9er son livre comme un lieu pour elle \u00a0o\u00f9 elles seront respect\u00e9s. Bertina ne les rabaisse pas, ne tombe ni dans le pittoresque ni dans la violence. Il diversifie les points de vue sans chercher \u00e0 bricoler des personnages. Existe l\u00e0 une forme hybride. En une telle h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9\u00eft\u00e9 en fragments la m\u00e9moire r\u00e9mont\u00e9e est fascinante. 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