{"id":5641,"date":"2024-11-16T18:10:56","date_gmt":"2024-11-16T17:10:56","guid":{"rendered":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=5641"},"modified":"2024-11-16T18:16:59","modified_gmt":"2024-11-16T17:16:59","slug":"chronique-jean-yves-guigot-pascal-boulanger-lamour-malgre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2024\/11\/16\/chronique-jean-yves-guigot-pascal-boulanger-lamour-malgre\/","title":{"rendered":"[Chronique] Jean-Yves Guigot, Pascal Boulanger, L&rsquo;amour malgr\u00e9"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Pascal Boulanger, <strong><em>L\u2019Amour malgr\u00e9<\/em><\/strong>, recueil illustr\u00e9 des peintures de l\u2019artiste Nora Boulanger-Hirsch, \u00e9ditions Voix d\u2019Encre, octobre 2024, 116 pages, 19 \u20ac, ISBN\u00a0: 978-2-35128-222-9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le recueil du po\u00e8te Pascal Boulanger, <strong><em>L\u2019Amour malgr\u00e9<\/em><\/strong>, forme une unit\u00e9 se composant de quatre tableaux, tels des chants dont chacun aurait son propre rythme et sa propre m\u00e9lodie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le premier, qui donne son nom au recueil, est une longue anaphore \u00e9non\u00e7ant, semblable \u00e0 l\u2019expression de l\u2019infini insaisissable de l\u2019amour, nombre des attributs de celui-ci. On a rarement mieux approch\u00e9 la nature tant myst\u00e9rieuse qu\u2019essentielle de ce qui est tout \u00e0 la fois sentiment et \u00e9nergie, omnipr\u00e9sence et insatiabilit\u00e9. L\u2019extr\u00eame pointe avec laquelle le po\u00e8te porte son attention sur l\u2019amour est \u00e0 l\u2019image de ce dernier qui, lui-m\u00eame, aiguise le regard sur monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-5646\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Boulanger_Amour.jpg\" alt=\"\" width=\"210\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Boulanger_Amour.jpg 210w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Boulanger_Amour-105x150.jpg 105w\" sizes=\"auto, (max-width: 210px) 100vw, 210px\" \/>Comparable \u00e0 l\u2019amour lui-m\u00eame, le mouvement se fait tant\u00f4t h\u00e9raclit\u00e9en avec en son sein une opposition dialectique, tant\u00f4t le rythme d\u2019un battement ininterrompu semblable \u00e0 celui du c\u0153ur qui peut acc\u00e9l\u00e9rer, ralentir, mais sans jamais atteindre l\u2019arr\u00eat. S\u2019y vit ainsi le va-et-vient entre bassesse et force, ennui et l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, renoncement et inventivit\u00e9, entrelacement infini des possibilit\u00e9s offertes par la vie, celle-ci sans cesse enrichie de la force d\u2019\u00e9veil et d\u2019\u00e9tonnement universellement d\u00e9ploy\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le recueil se poursuit avec <em>Amants &amp; po\u00e8tes<\/em>, o\u00f9 le lecteur, exp\u00e9rimentant le dire du po\u00e8te, se sent se r\u00e9enraciner dans le monde. Avec des accents magnifiques qui nous font penser, parfois, \u00e0 Jean Giono \u2013 notamment celui du <em>Chant du monde\u00a0<\/em>; que ceux qui en doutent lisent entre autres les pages 46 et 47 \u2013, Pascal Boulanger donne \u00e0 entendre le chant de l\u2019incertain, de l\u2019indicible, de l\u2019inaccessible mais avec une certitude indestructible, celle de la beaut\u00e9 du monde sensible. Aussi affirme-t-il\u00a0: \u00ab\u00a0Je ne suis pas dans le monde mais du monde, avec et sans le nombre. \/ Tout \u00e7a dans le silence parlant du monde\u00a0\u00bb ou encore \u00ab\u00a0la lumi\u00e8re comme ouverture et accueille na\u00eff et aimant de la beaut\u00e9 du monde.\u00a0\u00bb De m\u00eame, nous retrouvons ce lien intrins\u00e8que, jamais rompu dans l\u2019histoire, entre po\u00e9sie et philosophie. Quand le Verbe se fait \u00e9tonnement et \u00e9veil ainsi qu\u2019expression de l\u2019intuition de l\u2019\u00e9nergie unique et intemporelle traversant la totalit\u00e9 du r\u00e9el, la longue g\u00e9n\u00e9alogie allant d\u2019H\u00e9raclite \u00e0 H\u00f6lderlin, de Heidegger \u00e0 Ren\u00e9 Char n\u2019est pas finie\u00a0: \u00ab\u00a0Si la po\u00e9sie est mode de vie \/ tout est proche &amp; proche \/ se fait lointain\u00a0\u00bb\u00a0; \u00ab\u00a0La surprise d\u2019\u00eatre l\u00e0 \/ quand se d\u00e9chire la pellicule du spectacle \/ voyeur voyant par l\u2019oreille \/ la force cach\u00e9e qui agit \/ du dedans, \/ Se d\u00e9ploie \/ chez l\u2019insecte comme au fond des mers.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La po\u00e9sie demeure cet \u00e9veil des sens, du regard, de l\u2019\u00eatre, \u00e0 l\u2019essence du monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>En chiffonnier du sens<\/em>, qui poursuit cet ancrage dans la totalit\u00e9, s\u2019attache \u00e0 chanter l\u2019\u00e9veil des cinq sens pour conserver, garder, faire entrer l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re dans l\u2019intemporel. L\u2019essentiel de ce qui fait \u0153uvre humaine est \u00e9nonc\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0il n\u2019est d\u2019heure heureuse qu\u2019\u00e9tonn\u00e9e\u00a0\u00bb et s\u2019ouvrir au monde est s\u2019ouvrir \u00e0 la joie\u00a0: \u00ab\u00a0\u00ab\u00a0L\u2019indice de la beaut\u00e9 survivra \/ comme v\u00e9rit\u00e9 voil\u00e9e \/ de brumes sanglantes \/ &amp; d\u2019aubes blanches\u00a0\u00bb, de m\u00eame\u00a0: \u00ab\u00a0qu\u2019importe [\u2026] que l\u2019ind\u00e9fini devienne l\u2019indiff\u00e9rent [\u2026] j\u2019ai la bible de l\u2019oc\u00e9an \/ l\u2019ab\u00eeme &amp; le gu\u00e9.\u00a0\u00bb. Comme cela a \u00e9t\u00e9 dit plus haut, il n\u2019est nul foss\u00e9 entre les activit\u00e9s philosophique et po\u00e9tique quand le cheminement sait plonger dans le plus profond, le plus essentiel. Pascal Boulanger le rappelle magnifiquement par son refus nietzsch\u00e9en de tout affaissement\u00a0: \u00ab\u00a0le m\u00eame oc\u00e9an traverse la pens\u00e9e \/ parfois des yeux se l\u00e8vent t\u00f4t &amp; disent oui.\u00a0\u00bb\u00a0; \u00ab\u00a0La pens\u00e9e on devrait \u2013 pour bien faire \u2013 \/ ne l\u2019\u00e9crire qu\u2019en po\u00e8me\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, les derni\u00e8res pages se composent d\u2019une <em>Fugue<\/em>, une s\u00e9rie de tercets exprimant l\u2019ironie \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ceux que nous pourrions nommer les \u00eatres du ressentiment, qui refuseront sans nul doute d\u2019admettre que \u00ab\u00a0la lumi\u00e8re se prouve elle-m\u00eame\u00a0\u00bb. Nombre de vers ont des accents proches des Moralistes du XVII<sup>e<\/sup> qu\u2019admirait tant Nietzsche, \u00e0 savoir l\u2019analyse de la psychologie humaine mise \u00e0 nue avec humour et pr\u00e9cision. Nous ne pourrons faire mieux que d\u2019illustrer notre propos par quelques-unes des p\u00e9pites qui s\u2019y trouvent\u00a0: \u00ab\u00a0Ceux qui cherchent un ma\u00eetre l\u2019auront \/ parmi les ronces et les chardons \/ dans le vacarme des paroles sans acte\u2026\u00a0\u00bb\u00a0; \u00ab\u00a0le vulgaire na\u00eet \u00e0 chaque instant \/ mais la gr\u00e2ce se venge dans l\u2019enfance\u2026\u00a0\u00bb\u00a0; \u00ab\u00a0Pourquoi s\u2019\u00e9terniser n\u00e9gativement\u00a0? \/ l\u2019oc\u00e9an sort indemne \/ de l\u2019enfermement\u2026\u00a0\u00bb et enfin, cette v\u00e9rit\u00e9 intemporelle illustrant bien l\u2019esprit gr\u00e9gaire\u00a0: \u00ab\u00a0La pens\u00e9e en dehors des consignes \/ ne pense plus \/ la libert\u00e9 leur semble une prison\u2026\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-5643\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Boulanger_PereFille.jpg\" alt=\"\" width=\"540\" height=\"530\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Boulanger_PereFille.jpg 540w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Boulanger_PereFille-300x294.jpg 300w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Boulanger_PereFille-150x147.jpg 150w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Boulanger_PereFille-366x359.jpg 366w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Boulanger_PereFille-75x75.jpg 75w\" sizes=\"auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Recueil de l\u2019affranchissement, du chant du monde et de la beaut\u00e9, <em>L\u2019amour malgr\u00e9<\/em> ouvre des perspectives en m\u00eame temps que le c\u0153ur humain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est pourquoi les tableaux qui l\u2019accompagnent, \u0153uvres de la jeune artiste Nora Boulanger-Hirsch, refl\u00e8tent le myst\u00e8re du c\u0153ur humain et du lien \u00e0 autrui, \u00e0 travers des teintes chaudes et une impr\u00e9cision des lignes qui forcent l\u2019\u0153il \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer loin dans l\u2019\u00eatre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pascal Boulanger, L\u2019Amour malgr\u00e9, recueil illustr\u00e9 des peintures de l\u2019artiste Nora Boulanger-Hirsch, \u00e9ditions Voix d\u2019Encre, octobre 2024, 116 pages, 19 \u20ac, ISBN\u00a0: 978-2-35128-222-9. Le recueil du po\u00e8te Pascal Boulanger, L\u2019Amour malgr\u00e9, forme une unit\u00e9 se composant de quatre tableaux, tels des chants dont chacun aurait son propre rythme et sa propre m\u00e9lodie. Le premier, qui donne son nom au recueil, est une longue anaphore \u00e9non\u00e7ant, semblable \u00e0 l\u2019expression de l\u2019infini insaisissable de l\u2019amour, nombre des attributs de celui-ci. On a rarement mieux approch\u00e9 la nature tant myst\u00e9rieuse qu\u2019essentielle de ce qui est tout \u00e0 la fois sentiment et \u00e9nergie, omnipr\u00e9sence et insatiabilit\u00e9. L\u2019extr\u00eame pointe avec laquelle le po\u00e8te porte son attention sur l\u2019amour est \u00e0 l\u2019image de ce dernier qui, lui-m\u00eame, aiguise le regard sur monde. Comparable \u00e0 l\u2019amour lui-m\u00eame, le mouvement se fait tant\u00f4t h\u00e9raclit\u00e9en avec en son sein une opposition dialectique, tant\u00f4t le rythme d\u2019un battement ininterrompu semblable \u00e0 celui du c\u0153ur qui peut acc\u00e9l\u00e9rer, ralentir, mais sans jamais atteindre l\u2019arr\u00eat. S\u2019y vit ainsi le va-et-vient entre bassesse et force, ennui et l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, renoncement et inventivit\u00e9, entrelacement infini des possibilit\u00e9s offertes par la vie, celle-ci sans cesse enrichie de la force d\u2019\u00e9veil et d\u2019\u00e9tonnement universellement d\u00e9ploy\u00e9e. Le recueil se poursuit avec Amants &amp; po\u00e8tes, o\u00f9 le lecteur, exp\u00e9rimentant le dire du po\u00e8te, se sent se r\u00e9enraciner dans le monde. Avec des accents magnifiques qui nous font penser, parfois, \u00e0 Jean Giono \u2013 notamment celui du Chant du monde\u00a0; que ceux qui en doutent lisent entre autres les pages 46 et 47 \u2013, Pascal Boulanger donne \u00e0 entendre le chant de l\u2019incertain, de l\u2019indicible, de l\u2019inaccessible mais avec une certitude indestructible, celle de la beaut\u00e9 du monde sensible. Aussi affirme-t-il\u00a0: \u00ab\u00a0Je ne suis pas dans le monde mais du monde, avec et sans le nombre. \/ Tout \u00e7a dans le silence parlant du monde\u00a0\u00bb ou encore \u00ab\u00a0la lumi\u00e8re comme ouverture et accueille na\u00eff et aimant de la beaut\u00e9 du monde.\u00a0\u00bb De m\u00eame, nous retrouvons ce lien intrins\u00e8que, jamais rompu dans l\u2019histoire, entre po\u00e9sie et philosophie. Quand le Verbe se fait \u00e9tonnement et \u00e9veil ainsi qu\u2019expression de l\u2019intuition de l\u2019\u00e9nergie unique et intemporelle traversant la totalit\u00e9 du r\u00e9el, la longue g\u00e9n\u00e9alogie allant d\u2019H\u00e9raclite \u00e0 H\u00f6lderlin, de Heidegger \u00e0 Ren\u00e9 Char n\u2019est pas finie\u00a0: \u00ab\u00a0Si la po\u00e9sie est mode de vie \/ tout est proche &amp; proche \/ se fait lointain\u00a0\u00bb\u00a0; \u00ab\u00a0La surprise d\u2019\u00eatre l\u00e0 \/ quand se d\u00e9chire la pellicule du spectacle \/ voyeur voyant par l\u2019oreille \/ la force cach\u00e9e qui agit \/ du dedans, \/ Se d\u00e9ploie \/ chez l\u2019insecte comme au fond des mers.\u00a0\u00bb La po\u00e9sie demeure cet \u00e9veil des sens, du regard, de l\u2019\u00eatre, \u00e0 l\u2019essence du monde. En chiffonnier du sens, qui poursuit cet ancrage dans la totalit\u00e9, s\u2019attache \u00e0 chanter l\u2019\u00e9veil des cinq sens pour conserver, garder, faire entrer l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re dans l\u2019intemporel. L\u2019essentiel de ce qui fait \u0153uvre humaine est \u00e9nonc\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0il n\u2019est d\u2019heure heureuse qu\u2019\u00e9tonn\u00e9e\u00a0\u00bb et s\u2019ouvrir au monde est s\u2019ouvrir \u00e0 la joie\u00a0: \u00ab\u00a0\u00ab\u00a0L\u2019indice de la beaut\u00e9 survivra \/ comme v\u00e9rit\u00e9 voil\u00e9e \/ de brumes sanglantes \/ &amp; d\u2019aubes blanches\u00a0\u00bb, de m\u00eame\u00a0: \u00ab\u00a0qu\u2019importe [\u2026] que l\u2019ind\u00e9fini devienne l\u2019indiff\u00e9rent [\u2026] j\u2019ai la bible de l\u2019oc\u00e9an \/ l\u2019ab\u00eeme &amp; le gu\u00e9.\u00a0\u00bb. Comme cela a \u00e9t\u00e9 dit plus haut, il n\u2019est nul foss\u00e9 entre les activit\u00e9s philosophique et po\u00e9tique quand le cheminement sait plonger dans le plus profond, le plus essentiel. Pascal Boulanger le rappelle magnifiquement par son refus nietzsch\u00e9en de tout affaissement\u00a0: \u00ab\u00a0le m\u00eame oc\u00e9an traverse la pens\u00e9e \/ parfois des yeux se l\u00e8vent t\u00f4t &amp; disent oui.\u00a0\u00bb\u00a0; \u00ab\u00a0La pens\u00e9e on devrait \u2013 pour bien faire \u2013 \/ ne l\u2019\u00e9crire qu\u2019en po\u00e8me\u00a0\u00bb. Enfin, les derni\u00e8res pages se composent d\u2019une Fugue, une s\u00e9rie de tercets exprimant l\u2019ironie \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ceux que nous pourrions nommer les \u00eatres du ressentiment, qui refuseront sans nul doute d\u2019admettre que \u00ab\u00a0la lumi\u00e8re se prouve elle-m\u00eame\u00a0\u00bb. Nombre de vers ont des accents proches des Moralistes du XVIIe qu\u2019admirait tant Nietzsche, \u00e0 savoir l\u2019analyse de la psychologie humaine mise \u00e0 nue avec humour et pr\u00e9cision. Nous ne pourrons faire mieux que d\u2019illustrer notre propos par quelques-unes des p\u00e9pites qui s\u2019y trouvent\u00a0: \u00ab\u00a0Ceux qui cherchent un ma\u00eetre l\u2019auront \/ parmi les ronces et les chardons \/ dans le vacarme des paroles sans acte\u2026\u00a0\u00bb\u00a0; \u00ab\u00a0le vulgaire na\u00eet \u00e0 chaque instant \/ mais la gr\u00e2ce se venge dans l\u2019enfance\u2026\u00a0\u00bb\u00a0; \u00ab\u00a0Pourquoi s\u2019\u00e9terniser n\u00e9gativement\u00a0? \/ l\u2019oc\u00e9an sort indemne \/ de l\u2019enfermement\u2026\u00a0\u00bb et enfin, cette v\u00e9rit\u00e9 intemporelle illustrant bien l\u2019esprit gr\u00e9gaire\u00a0: \u00ab\u00a0La pens\u00e9e en dehors des consignes \/ ne pense plus \/ la libert\u00e9 leur semble une prison\u2026\u00a0\u00bb. Recueil de l\u2019affranchissement, du chant du monde et de la beaut\u00e9, L\u2019amour malgr\u00e9 ouvre des perspectives en m\u00eame temps que le c\u0153ur humain. C\u2019est pourquoi les tableaux qui l\u2019accompagnent, \u0153uvres de la jeune artiste Nora Boulanger-Hirsch, refl\u00e8tent le myst\u00e8re du c\u0153ur humain et du lien \u00e0 autrui, \u00e0 travers des teintes chaudes et une impr\u00e9cision des lignes qui forcent l\u2019\u0153il \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer loin dans l\u2019\u00eatre.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5642,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[35,7,2],"tags":[1121,2567,2566,1733],"class_list":["post-5641","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chronique","category-livres-recus","category-une","tag-editions-voix-dencre","tag-jean-yves-guigot","tag-nora-boulanger-hirsch","tag-pascal-boulanger"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5641","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5641"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5641\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5647,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5641\/revisions\/5647"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5642"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5641"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5641"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5641"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}