{"id":5864,"date":"2025-01-25T17:35:40","date_gmt":"2025-01-25T16:35:40","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=5864"},"modified":"2025-01-25T17:36:25","modified_gmt":"2025-01-25T16:36:25","slug":"chronique-le-soc-de-yannick-fassier-le-style-et-lunite-par-jean-yves-guigot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2025\/01\/25\/chronique-le-soc-de-yannick-fassier-le-style-et-lunite-par-jean-yves-guigot\/","title":{"rendered":"[Chronique] Le Soc de Yannick Fassier \u2013 le style et l\u2019unit\u00e9, par Jean-Yves Guigot"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Yannick Fassier, <strong><em>Le Soc<\/em><\/strong>, Tarmac \u00e9ditions, automne 2024, 210 pages, 20 \u20ac, ISBN\u00a0: 979-10-96556-73-1.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La qualit\u00e9 de d\u00e9couvreur de vrais talents de Jean-Claude Goiri, directeur des \u00e9ditions Tarmac, m\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e9vidente, lorsque je re\u00e7us, voici peu, le livre de Yannick Fassier intitul\u00e9 <em>Le Soc<\/em>. Je ne connaissais pas encore l\u2019auteur. Je puis dire d\u00e9sormais qu\u2019une fois encore, Jean-Claude Goiri a mis en lumi\u00e8re une plume rare.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-5868\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Fassier_Soc.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"306\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Fassier_Soc.jpg 220w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Fassier_Soc-216x300.jpg 216w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Fassier_Soc-108x150.jpg 108w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/>Le Verbe de Yannick Fassier constitue en lui-m\u00eame une totalit\u00e9. \u00c0 l\u2019image des auteurs chez qui le style projette la mati\u00e8re sur la feuille blanche, Yannick Fassier plonge sa plume dans le r\u00e9el, la mati\u00e8re, la vie \u2013 \u00ab\u00a0Je cherche le <em>rappel<\/em> du r\u00e9el \u2013 cruel\u00a0\u00bb, proclame-t-il page 52. Son a\u00efeul, paysan, faisait ainsi, gravant dans la terre concr\u00e8te des veines purifiantes \u00e0 l\u2019aide de son soc. Le corps humain, la terre, la totalit\u00e9, cet auteur appartient \u00e0 la longue g\u00e9n\u00e9alogie des \u00ab\u00a0horribles travailleurs\u00a0\u00bb pour qui \u00ab\u00a0la main \u00e0 plume vaut la main \u00e0 charrue\u00a0\u00bb. Il est tant de m\u00e9diocres qui refusent le r\u00e9el qui les rattrapera n\u00e9cessairement. Yannick Fassier, lui, s\u2019y risque et, tel l\u2019agriculteur, l\u2019homme de la terre, en fait jaillir vie et lumi\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le Soc<\/em> exp\u00e9rimente de l\u2019int\u00e9rieur la totalit\u00e9 dans laquelle nous sommes \u2013 et que nous sommes. Il est bien connu que la conscience est \u00e0 la fois la force de l\u2019homme, mais aussi ce qui lui donne l\u2019illusion d\u2019\u00eatre s\u00e9par\u00e9 de son environnement. La plume devient ici le stylet qui se r\u00e9approprie son \u00eatre-dans-le-monde\u00a0: \u00ab\u00a0Quand le peintre r\u00e9alise une toile, il puise dans son inspiration pour donner forme \u00e0 sa peinture. \u00c0 nos yeux, la plante est en elle-m\u00eame une m\u00e9taphysique artiste \u00e0 l\u2019\u0153uvre\u00a0: son bourgeonnement\u00a0\u00bb (p. 66). V\u00e9rit\u00e9 absolue pour quiconque <em>sait<\/em> et <em>fait <\/em>l\u2019effort de regarder le monde avec amour, en se d\u00e9tachant du cancer de l\u2019utilitarisme niais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une des vertus qu\u2019offre la litt\u00e9rature la plus haute \u2013 et toute grande \u0153uvre efface certaines fronti\u00e8res st\u00e9riles s\u00e9parant po\u00e8me, essai et philosophie\u00a0; que celui qui en doute relise Victor Hugo, Jean Giono, Marcel Proust, Nietzsche ou encore Dante \u2013 est l\u2019offrande d\u2019un regard neuf, immacul\u00e9, na\u00eff sur l\u2019univers et sur les mots. Une m\u00e9lodie singuli\u00e8re vient nous unifier \u00e0 cette existence totale qu\u2019unifient les mots\u00a0; une existence vaste, universelle que composent notre \u00eatre et le monde. Cela s\u2019exprime magnifiquement dans ce court extrait, aux pages 24-25 du livre, o\u00f9 le lien intense et attentif \u00e0 l\u2019univers que nous sommes, nous et la nature, red\u00e9finit subtilement la notion de <em>Moi<\/em> :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Il s\u2019agit de nous <em>impr\u00e9gner<\/em> des musiques du monde. Les symphonies des m\u00e9tamorphoses r\u00e9sonnent et fa\u00e7onnent en profondeur, au c\u0153ur m\u00eame du ch\u0153ur de notre existence. La vue seule me fait oublier les longueurs d\u2019ondes color\u00e9es qui font vibrer les cordes de mon \u00eatre, au risque de rendre muets les instruments qui me jouent. Les sonorit\u00e9s qui vont et viennent me rappellent que je viens et que je vais, que je suis <em>issue<\/em> et que je me projette. Je ne suis pas un <em>Moi<\/em>, encore moins une <em>Essence<\/em>\u00a0: je suis un <em>Et aussi<\/em>, un <em>Et puis<\/em>, un <em>Avec<\/em>. Je suis une <em>Existence<\/em>, <em>une fabuleuse Exp\u00e9rience\u00a0<\/em>; un \u00eatre <em>non-inhumain<\/em> qui pense et danse et panse.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-5869\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Quatrieme-de-couverture.jpg\" alt=\"\" width=\"540\" height=\"746\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Quatrieme-de-couverture.jpg 540w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Quatrieme-de-couverture-217x300.jpg 217w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Quatrieme-de-couverture-109x150.jpg 109w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Quatrieme-de-couverture-366x506.jpg 366w\" sizes=\"auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme Yannick Fassier est un \u00e9crivain styliste, le Verbe unifiant le dire et ce qui est \u00e0 dire, la hargne, le rythme, l\u2019enveloppement du propos dans un \u00e9lan et une m\u00e9lodie nous rappelle certaines pages du Nietzsche du <em>Zarathoustra<\/em> o\u00f9 l\u2019approfondissement de l\u2019analyse est \u00e9clair\u00e9 par le phras\u00e9 po\u00e9tique. Il s\u2019agit ici de ce que nous appellerions une \u00e9criture de la n\u00e9cessit\u00e9. Nietzsche disait qu\u2019il faut \u00e9crire en engageant son \u00eatre total. Le philosophe allemand rejoint ici son contemporain Lautr\u00e9amont qui, dans la deuxi\u00e8me strophe du Chant deuxi\u00e8me des <em>Chants de Maldoror<\/em>, \u00e9nonce la m\u00eame injonction, liant cette n\u00e9cessit\u00e9 \u00e0 sa propre nature\u00a0: \u00ab\u00a0Je saisis la plume qui va construire le deuxi\u00e8me chant [\u2026] Mais\u2026 qu\u2019ont-ils donc mes doigts\u00a0? [\u2026] Cependant, j\u2019ai besoin d\u2019\u00e9crire\u2026 C\u2019est impossible\u00a0! Eh bien, je r\u00e9p\u00e8te que j\u2019ai besoin d\u2019\u00e9crire ma pens\u00e9e\u00a0: j\u2019ai le droit, comme un autre, de me soumettre \u00e0 cette loi naturelle\u2026\u00a0\u00bb. Quiconque lit <em>Le Soc<\/em> se sent de m\u00eame pris par le souffle qui s\u2019en d\u00e9gage. L\u2019\u00e9criture s\u2019engendre elle-m\u00eame et se fait n\u00e9cessit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais cette lucidit\u00e9 vis-\u00e0-vis de notre lien avec la totalit\u00e9 l\u2019est tout autant \u00e0 l\u2019\u00e9gard de notre \u00e9poque. Nous trouvons dans <em>Le Soc<\/em> des pages remarquables analysant la civilisation dans laquelle nous \u00e9voluons, civilisation cr\u00e9ant la dissolution de soi et d\u2019autrui dans la mort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce qui <em>n\u2019est pas<\/em> noble aujourd\u2019hui selon moi\u00a0? L\u2019avilissement de soi par le capitalisme <em>computationnel<\/em> et sa captation de nos d\u00e9sirs\u00a0: il <em>m\u00e9diocrise<\/em> l\u2019amour que nous avons envers nous-m\u00eames, les autres et le <em>monde<\/em> par la strangulation et l\u2019\u00e9touffement des rhizomes de possibles que nous pourrions explorer pour imaginer et po\u00e9tiser des <em>sympo\u00ef\u00e8ses<\/em>. Il <em>\u00e9trangle<\/em> et <em>dess\u00e8che<\/em>, il prend tout ce qui lui permet de continuer \u00e0 accumuler et ruine <em>notre<\/em> monde dans le but d\u2019alimenter sa seule puissance. C\u2019est son seul objectif, sa r\u00e9elle <em>bassesse<\/em> d\u2019esprit, la v\u00e9ritable \u00e9troitesse et petitesse de son <em>autopo\u00ef\u00e8se<\/em> destructrice envers son environnement\u00a0\u00bb (p. 146).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y aurait encore tant \u00e0 dire sur cette \u0153uvre qu\u2019il nous reste \u00e0 recommander vivement le lecteur de cette bien modeste chronique de se procurer <em>Le Soc<\/em> \u2013 et de le lire\u00a0!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Yannick Fassier, Le Soc, Tarmac \u00e9ditions, automne 2024, 210 pages, 20 \u20ac, ISBN\u00a0: 979-10-96556-73-1. &nbsp; La qualit\u00e9 de d\u00e9couvreur de vrais talents de Jean-Claude Goiri, directeur des \u00e9ditions Tarmac, m\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e9vidente, lorsque je re\u00e7us, voici peu, le livre de Yannick Fassier intitul\u00e9 Le Soc. Je ne connaissais pas encore l\u2019auteur. Je puis dire d\u00e9sormais qu\u2019une fois encore, Jean-Claude Goiri a mis en lumi\u00e8re une plume rare. Le Verbe de Yannick Fassier constitue en lui-m\u00eame une totalit\u00e9. \u00c0 l\u2019image des auteurs chez qui le style projette la mati\u00e8re sur la feuille blanche, Yannick Fassier plonge sa plume dans le r\u00e9el, la mati\u00e8re, la vie \u2013 \u00ab\u00a0Je cherche le rappel du r\u00e9el \u2013 cruel\u00a0\u00bb, proclame-t-il page 52. Son a\u00efeul, paysan, faisait ainsi, gravant dans la terre concr\u00e8te des veines purifiantes \u00e0 l\u2019aide de son soc. Le corps humain, la terre, la totalit\u00e9, cet auteur appartient \u00e0 la longue g\u00e9n\u00e9alogie des \u00ab\u00a0horribles travailleurs\u00a0\u00bb pour qui \u00ab\u00a0la main \u00e0 plume vaut la main \u00e0 charrue\u00a0\u00bb. Il est tant de m\u00e9diocres qui refusent le r\u00e9el qui les rattrapera n\u00e9cessairement. 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