{"id":587,"date":"2020-08-17T05:21:33","date_gmt":"2020-08-17T03:21:33","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=587"},"modified":"2021-05-07T05:22:41","modified_gmt":"2021-05-07T03:22:41","slug":"livres-news-libr-5","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2020\/08\/17\/livres-news-libr-5\/","title":{"rendered":"[Livres \u2013 news] Libr-5"},"content":{"rendered":"<p>\u00c0 quinze jours du non-\u00e9v\u00e9nement qu\u2019on nomme rentr\u00e9e-litt\u00e9raire, 5 livres comme des chemins de traverse dans ce no man\u2019s land commercial : <strong><em>Saturne<\/em><\/strong> de S. Chiche, <strong><em>S\u0153ur(s)<\/em><\/strong> de Ph. Aigrain, <strong><em>Album photo<\/em><\/strong> de J. Game, <strong><em>Contrari\u00e9t\u00e9s<\/em><\/strong> de Beno\u00eet Toqu\u00e9 et <em><strong>Centre \u00e9pique<\/strong><\/em> de Jean-Michel Espitallier.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Libr5-O82020.jpg\" rel=\"prettyphoto[587]\" rel=\"prettyphoto[16740]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-16759\" src=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Libr5-O82020.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 539px) 100vw, 539px\" srcset=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Libr5-O82020.jpg 539w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Libr5-O82020-300x209.jpg 300w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Libr5-O82020-150x104.jpg 150w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/Libr5-O82020-366x255.jpg 366w\" alt=\"\" width=\"539\" height=\"375\" \/><\/a><\/p>\n<p>\u25ba Sarah CHICHE, <em><strong>Saturne<\/strong><\/em>, Seuil, \u00e0 para\u00eetre le 20 ao\u00fbt, 208 pages, 18 \u20ac.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9sentation \u00e9ditoriale<\/strong>. Automne 1977 : Harry, trente-quatre ans, meurt dans des circonstances tragiques, laissant derri\u00e8re<a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/ChicheSaturne.jpg\" rel=\"prettyphoto[587]\" rel=\"prettyphoto[16740]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-16748\" src=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/ChicheSaturne-205x300.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 205px) 100vw, 205px\" srcset=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/ChicheSaturne-205x300.jpg 205w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/ChicheSaturne-102x150.jpg 102w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/ChicheSaturne-366x537.jpg 366w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/ChicheSaturne.jpg 409w\" alt=\"\" width=\"205\" height=\"300\" \/><\/a> lui sa fille de quinze mois. Avril 2019 : celle-ci rencontre une femme qui a connu Harry enfant, pendant la guerre d\u2019Alg\u00e9rie. Se d\u00e9ploie alors le roman de ce p\u00e8re amoureux des \u00e9toiles, issu d\u2019une grande lign\u00e9e de m\u00e9decins. Exil\u00e9s d\u2019Alg\u00e9rie au moment de l\u2019ind\u00e9pendance, ils reb\u00e2tissent un empire m\u00e9dical en France. Mais les pr\u00e9mices du d\u00e9sastre se nichent au coeur m\u00eame de la gloire. Harry croise la route d\u2019une femme \u00e0 la beaut\u00e9 incendiaire. Leur passion fera voler en \u00e9clats les reliques d\u2019un royaume o\u00f9 l\u2019argent coule \u00e0 flots. \u00c0 l\u2019autre bout de cette l\u00e9gende noire, la personne qui a \u00e9crit ce livre raconte avec f\u00e9rocit\u00e9 et dr\u00f4lerie une enfance hant\u00e9e par le deuil, et d\u00e9voile comment, \u00e0 l\u2019image de son p\u00e8re, elle faillit \u00eatre engloutie \u00e0 son tour.<br \/>\nRoman du cr\u00e9puscule d\u2019un monde, de l\u2019\u00e9preuve de nos deuils et d\u2019une maladie qui fut une damnation avant\u00a0d\u2019\u00eatre une chance,\u00a0<i>Saturne<\/i> est aussi une grande histoire d\u2019amour : celle d\u2019une enfant qui aurait d\u00fb mourir, mais\u00a0qui est devenue \u00e9crivain parce que, une nuit, elle en avait fait la promesse au fant\u00f4me de son p\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>En bref<\/strong>. Ce r\u00e9cit de deuil qui offre une d\u00e9ambulation m\u00e9lancolique dans un d\u00e9dale de lieux et de moments, entre r\u00e9el et imaginaire, est un <em>roman familial<\/em> singulier dans lequel la qu\u00eate de soi repose sur l\u2019opposition entre \u00ab\u00a0Je\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0On\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Un passage :\u00a0<\/strong>\u00ab\u00a0Toute naissance est la mort naissante d\u2019un id\u00e9al\u00a0: les enfants ne ressembleront jamais trait pour trait \u00e0 la fa\u00e7on dont leurs parents et leurs grands-parents les ont r\u00eav\u00e9s. Toute \u00e9ducation est un \u00e9chec : les parents et les grands-parents blessent toujours, souvent m\u00eame sans le vouloir, un enfant\u00a0\u00bb. Peut-\u00eatre que dans notre famille les choses se passaient d\u2019une mani\u00e8re plus grotesque [\u2026]\u00a0\u00bb (p. 134).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u25ba Philippe AIGRAIN, <strong><em>S\u0153ur(s)<\/em><\/strong>, <a href=\"https:\/\/www.publie.net\/livre\/soeurs-philippe-aigrain\/\"><strong>Publie.net<\/strong><\/a>, coll. \u00ab\u00a0Temps r\u00e9el\u00a0\u00bb, \u00e0 para\u00eetre le 23 septembre, 256 pages, 17 \u20ac.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9sentation \u00e9ditoriale<\/strong>. Je<em> suis en moi comme dans un pays \u00e9tranger.<\/em><\/p>\n<p>On peut na\u00eetre \u00e0 soi-m\u00eame \u00e0 d\u00e9j\u00e0 38 ans, sans savoir qui on a pu \u00eatre avant. Avant quoi\u202f? On peut recevoir un jour un mail d\u2019une pr\u00e9tendue s\u0153ur dont on se sait d\u00e9pourvu et esp\u00e9rer sa pr\u00e9sence. Pourquoi\u202f? On peut enqu\u00eater sur des identit\u00e9s suspectes qui semblent fictives sans parvenir \u00e0 savoir si ces femmes, soup\u00e7onn\u00e9es d\u2019<em>\u00e9bahissement<\/em>, sont ou non une menace pour la s\u00e9curit\u00e9 de <a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/AigrainSoeurs.jpg\" rel=\"prettyphoto[587]\" rel=\"prettyphoto[16740]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-16747\" src=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/AigrainSoeurs.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" srcset=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/AigrainSoeurs.jpg 220w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/AigrainSoeurs-200x300.jpg 200w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/AigrainSoeurs-100x150.jpg 100w\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"330\" \/><\/a>l\u2019\u00c9tat. Comment\u202f?<\/p>\n<p>Ces personnages, et bien d\u2019autres, se rencontrent, se cherchent et se d\u00e9couvrent dans le monde de <em>S\u0153ur(s)<\/em>. Il est aussi le n\u00f4tre, celui dont le r\u00e9el a tr\u00e8s largement rattrap\u00e9 les dystopies et les anticipations de la fiction. Celui qui a fait de la solidarit\u00e9 entre les \u00eatres un d\u00e9lit.<\/p>\n<p>Se jouant des genres et des registres, m\u00e9langeant l\u2019enqu\u00eate avec le politique, la technologie et la com\u00e9die, la philosophie et la sensualit\u00e9 du d\u00e9sir amoureux, les personnages de <em>S\u0153ur(s)<\/em> osent r\u00e9inventer des espaces de vie dans lesquels l\u2019espoir de la fraternit\u00e9 et de la sororit\u00e9 est possible. Dans cette polyphonie de voix, le myst\u00e8re de l\u2019identit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e8re de la surveillance g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e se reconnecte \u00e0 son essence premi\u00e8re : l\u2019humanit\u00e9 de celles et ceux qui se demandent, bien plus l\u00e9gitimement que les services de police, qui suis-je \u202f?<\/p>\n<p><strong>En bref<\/strong>. Ce r\u00e9cit tripartite se pr\u00e9sente sous la forme d\u2019une polyphonie qui permet de porter un regard d\u00e9cal\u00e9 et critique\u00a0\u2013 <em>\u00e9bahi<\/em> !\u00a0\u2013 sur \u00ab\u00a0notre grand camp de consommation forc\u00e9e et de travaux bureaucratis\u00e9s\u00a0\u00bb (p. 167).<\/p>\n<p><strong>Un passage :\u00a0<\/strong>\u00ab\u00a0Un intellectuel local demande en quoi consistent les pratiques d\u2019\u00e9bahissement dans la ZEL, et cette fois c\u2019est le zadiste, pour l\u2019occasion z\u00e9liste, qui r\u00e9pond qu\u2019il s\u2019agit d\u2019apprendre \u00e0 s\u2019\u00e9tonner des choses consid\u00e9r\u00e9es comme les plus naturelles, par exemple les conf\u00e9rences de presse ou la politique s\u00e9curitaire\u00a0\u00bb (p. 177).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u25ba J\u00e9r\u00f4me GAME, <strong><em>Album photo<\/em><\/strong>, \u00e9ditions de l\u2019Attente, Bordeaux, \u00e0 para\u00eetre le 25 septembre, 144 pages, 13 \u20ac.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9sentation \u00e9ditoriale<\/strong>.\u00a0Traversant le flux des images qu\u2019on produit et re\u00e7oit en continu aujourd\u2019hui et sur lesquelles nos yeux glissent \u00e0 vive allure, ce<a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/GameAlbum.jpg\" rel=\"prettyphoto[587]\" rel=\"prettyphoto[16740]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-16753\" src=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/GameAlbum.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 195px) 100vw, 195px\" srcset=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/GameAlbum.jpg 195w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/GameAlbum-109x150.jpg 109w\" alt=\"\" width=\"195\" height=\"268\" \/><\/a> livre cherche \u00e0 ralentir notre regard, \u00e0 lui redonner une prise concr\u00e8te sur le monde via une multitude de photopo\u00e8mes. Ces images-r\u00e9cits sonnent comme des d\u00e9buts, ouvrent sur des possibles, invitent \u00e0 faire un pas de c\u00f4t\u00e9 hors de la fr\u00e9n\u00e9sie pour retrouver un regard sensoriel et critique. Dans ce livre comme tremp\u00e9 dans du r\u00e9v\u00e9lateur po\u00e9tique, un contrechamp s\u2019ouvre \u00e0 m\u00eame la photog\u00e9nie de la globalisation.<\/p>\n<p><strong>En bref<\/strong>. Dans un monde-immondialis\u00e9 dynamis\u00e9\/dynamit\u00e9 par des flux de passagers et de migrants, d\u2019images dont certaines font le tour du monde avec leurs l\u00e9gendes\u00a0\u2013 \u00e9pop\u00e9e de l\u2019\u00e8re hypermoderne !\u00a0\u2013, J\u00e9r\u00f4me Game interroge le visible par le biais de ses textes ico\/\u00f4niques (photopo\u00e8mes).<\/p>\n<p><strong>Un passage :<\/strong>\u00a0\u00ab\u00a0Coca-Cola. Coke zero. \/ Coca light. 7 Up. Fanta. \/ Sprite. Diet Sprite. Diet \/ Pepsi. Pepsi Max. Pepsi \/ Cola. Dr. Pepper. Mountain \/ Dew. Hawaiian Punch. \/ San Miguel. Heineken. \/ Asahi Super Dry. Kirin \/ Lager. Tsing Tao Beer. \/ Carlsberg. Budweiser. \/ Miller. Nesquik Choco Milk. \/ Snapple. Lipton Ice Tea\u00a0\u00bb (p. 102).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u25ba Beno\u00eet TOQU\u00c9, <strong><em>Contrari\u00e9t\u00e9s<\/em><\/strong>, \u00e9ditions du Dernier T\u00e9l\u00e9gramme, 25 septembre, 80 pages, 11,50 \u20ac.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9sentation \u00e9ditoriale<\/strong>.\u00a0L\u2019 \u00e9criture de Beno\u00eet Toqu\u00e9 est plurielle. Elle alterne entre po\u00e9sie, r\u00e9cit, autofiction et fiction critique,<a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/ToqueContrarietes.jpg\" rel=\"prettyphoto[587]\" rel=\"prettyphoto[16740]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-16757\" src=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/ToqueContrarietes.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" srcset=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/ToqueContrarietes.jpg 220w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/ToqueContrarietes-110x150.jpg 110w\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"300\" \/><\/a> et Beno\u00eet Toqu\u00e9 s\u2019ing\u00e9nie fr\u00e9quemment \u00e0 les hybrider au sein de ses <em>Contrari\u00e9t\u00e9s<\/em>, en cultivant un art de l\u2019\u00e9cart et du d\u00e9bordement. Tout \u00e0 la fois journal d\u2019\u00e9criture, encyclop\u00e9die personnelle des mondes de la cr\u00e9ation artistique c\u2019est encore un regard sur l\u2019invention de la fiction. Et tout cela n\u2019est pas d\u00e9nu\u00e9 d\u2019humour.<\/p>\n<p><strong>En bref<\/strong>. Soit un stock\u00a0\u2013 un nuage, comme on voudra\u00a0\u2013 de r\u00e9f\u00e9rences culturelles (noms propres, \u00e9v\u00e9nements et citations)\u2026 Le mat\u00e9riau fait l\u2019objet d\u2019un exercice de virtuose : un agencement r\u00e9p\u00e9titif souvent loufoque, plein d\u2019humour dans tous les cas.<\/p>\n<p><strong>Un passage : <\/strong>\u00ab\u00a0Il para\u00eetrait, un \u00e9diteur m\u2019a dit \u00e7a, que cette accumulation de noms propres crois\u00e9s dans la sc\u00e8ne po\u00e9tique ou litt\u00e9raire est carr\u00e9ment aga\u00e7ant, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un name-dropping underground mondain.<br \/>\nPour un autre \u00e9diteur, l\u2019hypoth\u00e9tique publication de mon texte dans sa collection d\u00e9pend de l\u2019\u00e9volution de la s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9visuelle <em>Plus belle la vie<\/em>.<br \/>\nLa vie est fantastique, le plastique aussi\u00a0\u00bb (74).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u25ba Jean-Michel ESPITALLIER,\u00a0<strong><em>Centre \u00e9pique<\/em><\/strong>, \u00e9ditions de l\u2019Attente, Bordeaux, \u00e0 para\u00eetre le 9 octobre, 104 pages, 13 \u20ac.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9sentation \u00e9ditoriale<\/strong>.\u00a0R\u00e9cit-documentaire \u00e9crit en r\u00e9sidence dans l\u2019agence <a href=\"https:\/\/livre.ciclic.fr\/vie-du-livre\/projets-d-auteurs\/les-auteurs-soutenus-cette-saison\/centre-epique-de-jean-michel-espitallier-derapages-controles-dans-les-films-d-archives-de-centre-val-de-loire\"><strong>Ciclic<\/strong><\/a> Centre-Val de Loire, autour de films<a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/EspitallierCentrEpique.jpg\" rel=\"prettyphoto[587]\" rel=\"prettyphoto[16740]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-16755\" src=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/EspitallierCentrEpique.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 210px) 100vw, 210px\" srcset=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/EspitallierCentrEpique.jpg 210w, http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/EspitallierCentrEpique-111x150.jpg 111w\" alt=\"\" width=\"210\" height=\"285\" \/><\/a> d\u2019archive sur les us et coutumes dans les villages \u00e0 travers le vingti\u00e8me si\u00e8cle, de la premi\u00e8re guerre mondiale aux grandes gr\u00e8ves de 1995. Le texte est ponctu\u00e9 de photogrammes et de codes QR qui permettent de visionner les films.<\/p>\n<p><strong>En bref<\/strong>. Non pas l\u2019histoire d\u2019un centre hippique, mais l\u2019\u00e9pop\u00e9e illustr\u00e9e de la r\u00e9gion Centre \u2013 Val de Loire \u00e0 partir d\u2019archives du film amateur qui constituent une partie de son \u00ab\u00a0patrimoine m\u00e9moriel\u00a0\u00bb (Avant-propos, p. 7). L\u2019extrait ci-dessous donnera un aper\u00e7u de la m\u00e9canique spitalienne dans un r\u00e9cit qui exhale un parfum aussi envo\u00fbtant que celui des <em>Ann\u00e9es<\/em> d\u2019Annie Ernaux.<\/p>\n<p><strong>Un passage :\u00a0<\/strong>\u00ab\u00a0Plus une \u00e9poque comm\u00e9more, plus elle a de choses \u00e0 se reprocher. Plus elle se souvient du pass\u00e9, plus elle a de choses pr\u00e9sentes \u00e0 oublier. On comm\u00e9more. On n\u2019oublie pas de comm\u00e9morer. On se souvient de ne pas oublier. On n\u2019oublie pas qu\u2019il faut se souvenir de ne pas oublier\u00a0\u00bb (31-32).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 quinze jours du non-\u00e9v\u00e9nement qu\u2019on nomme rentr\u00e9e-litt\u00e9raire, 5 livres comme des chemins de traverse dans ce no man\u2019s land commercial : Saturne de S. Chiche, S\u0153ur(s) de Ph. Aigrain, Album photo de J. Game, Contrari\u00e9t\u00e9s de Beno\u00eet Toqu\u00e9 et Centre \u00e9pique de Jean-Michel Espitallier. &nbsp; \u25ba Sarah CHICHE, Saturne, Seuil, \u00e0 para\u00eetre le 20 ao\u00fbt, 208 pages, 18 \u20ac. Pr\u00e9sentation \u00e9ditoriale. Automne 1977 : Harry, trente-quatre ans, meurt dans des circonstances tragiques, laissant derri\u00e8re lui sa fille de quinze mois. Avril 2019 : celle-ci rencontre une femme qui a connu Harry enfant, pendant la guerre d\u2019Alg\u00e9rie. Se d\u00e9ploie alors le roman de ce p\u00e8re amoureux des \u00e9toiles, issu d\u2019une grande lign\u00e9e de m\u00e9decins. Exil\u00e9s d\u2019Alg\u00e9rie au moment de l\u2019ind\u00e9pendance, ils reb\u00e2tissent un empire m\u00e9dical en France. Mais les pr\u00e9mices du d\u00e9sastre se nichent au coeur m\u00eame de la gloire. Harry croise la route d\u2019une femme \u00e0 la beaut\u00e9 incendiaire. Leur passion fera voler en \u00e9clats les reliques d\u2019un royaume o\u00f9 l\u2019argent coule \u00e0 flots. \u00c0 l\u2019autre bout de cette l\u00e9gende noire, la personne qui a \u00e9crit ce livre raconte avec f\u00e9rocit\u00e9 et dr\u00f4lerie une enfance hant\u00e9e par le deuil, et d\u00e9voile comment, \u00e0 l\u2019image de son p\u00e8re, elle faillit \u00eatre engloutie \u00e0 son tour. Roman du cr\u00e9puscule d\u2019un monde, de l\u2019\u00e9preuve de nos deuils et d\u2019une maladie qui fut une damnation avant\u00a0d\u2019\u00eatre une chance,\u00a0Saturne est aussi une grande histoire d\u2019amour : celle d\u2019une enfant qui aurait d\u00fb mourir, mais\u00a0qui est devenue \u00e9crivain parce que, une nuit, elle en avait fait la promesse au fant\u00f4me de son p\u00e8re. En bref. Ce r\u00e9cit de deuil qui offre une d\u00e9ambulation m\u00e9lancolique dans un d\u00e9dale de lieux et de moments, entre r\u00e9el et imaginaire, est un roman familial singulier dans lequel la qu\u00eate de soi repose sur l\u2019opposition entre \u00ab\u00a0Je\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0On\u00a0\u00bb. Un passage :\u00a0\u00ab\u00a0Toute naissance est la mort naissante d\u2019un id\u00e9al\u00a0: les enfants ne ressembleront jamais trait pour trait \u00e0 la fa\u00e7on dont leurs parents et leurs grands-parents les ont r\u00eav\u00e9s. Toute \u00e9ducation est un \u00e9chec : les parents et les grands-parents blessent toujours, souvent m\u00eame sans le vouloir, un enfant\u00a0\u00bb. Peut-\u00eatre que dans notre famille les choses se passaient d\u2019une mani\u00e8re plus grotesque [\u2026]\u00a0\u00bb (p. 134). &nbsp; \u25ba Philippe AIGRAIN, S\u0153ur(s), Publie.net, coll. \u00ab\u00a0Temps r\u00e9el\u00a0\u00bb, \u00e0 para\u00eetre le 23 septembre, 256 pages, 17 \u20ac. Pr\u00e9sentation \u00e9ditoriale. Je suis en moi comme dans un pays \u00e9tranger. On peut na\u00eetre \u00e0 soi-m\u00eame \u00e0 d\u00e9j\u00e0 38 ans, sans savoir qui on a pu \u00eatre avant. Avant quoi\u202f? On peut recevoir un jour un mail d\u2019une pr\u00e9tendue s\u0153ur dont on se sait d\u00e9pourvu et esp\u00e9rer sa pr\u00e9sence. Pourquoi\u202f? On peut enqu\u00eater sur des identit\u00e9s suspectes qui semblent fictives sans parvenir \u00e0 savoir si ces femmes, soup\u00e7onn\u00e9es d\u2019\u00e9bahissement, sont ou non une menace pour la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat. Comment\u202f? Ces personnages, et bien d\u2019autres, se rencontrent, se cherchent et se d\u00e9couvrent dans le monde de S\u0153ur(s). Il est aussi le n\u00f4tre, celui dont le r\u00e9el a tr\u00e8s largement rattrap\u00e9 les dystopies et les anticipations de la fiction. Celui qui a fait de la solidarit\u00e9 entre les \u00eatres un d\u00e9lit. Se jouant des genres et des registres, m\u00e9langeant l\u2019enqu\u00eate avec le politique, la technologie et la com\u00e9die, la philosophie et la sensualit\u00e9 du d\u00e9sir amoureux, les personnages de S\u0153ur(s) osent r\u00e9inventer des espaces de vie dans lesquels l\u2019espoir de la fraternit\u00e9 et de la sororit\u00e9 est possible. Dans cette polyphonie de voix, le myst\u00e8re de l\u2019identit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e8re de la surveillance g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e se reconnecte \u00e0 son essence premi\u00e8re : l\u2019humanit\u00e9 de celles et ceux qui se demandent, bien plus l\u00e9gitimement que les services de police, qui suis-je \u202f? En bref. Ce r\u00e9cit tripartite se pr\u00e9sente sous la forme d\u2019une polyphonie qui permet de porter un regard d\u00e9cal\u00e9 et critique\u00a0\u2013 \u00e9bahi !\u00a0\u2013 sur \u00ab\u00a0notre grand camp de consommation forc\u00e9e et de travaux bureaucratis\u00e9s\u00a0\u00bb (p. 167). Un passage :\u00a0\u00ab\u00a0Un intellectuel local demande en quoi consistent les pratiques d\u2019\u00e9bahissement dans la ZEL, et cette fois c\u2019est le zadiste, pour l\u2019occasion z\u00e9liste, qui r\u00e9pond qu\u2019il s\u2019agit d\u2019apprendre \u00e0 s\u2019\u00e9tonner des choses consid\u00e9r\u00e9es comme les plus naturelles, par exemple les conf\u00e9rences de presse ou la politique s\u00e9curitaire\u00a0\u00bb (p. 177). &nbsp; \u25ba J\u00e9r\u00f4me GAME, Album photo, \u00e9ditions de l\u2019Attente, Bordeaux, \u00e0 para\u00eetre le 25 septembre, 144 pages, 13 \u20ac. Pr\u00e9sentation \u00e9ditoriale.\u00a0Traversant le flux des images qu\u2019on produit et re\u00e7oit en continu aujourd\u2019hui et sur lesquelles nos yeux glissent \u00e0 vive allure, ce livre cherche \u00e0 ralentir notre regard, \u00e0 lui redonner une prise concr\u00e8te sur le monde via une multitude de photopo\u00e8mes. Ces images-r\u00e9cits sonnent comme des d\u00e9buts, ouvrent sur des possibles, invitent \u00e0 faire un pas de c\u00f4t\u00e9 hors de la fr\u00e9n\u00e9sie pour retrouver un regard sensoriel et critique. Dans ce livre comme tremp\u00e9 dans du r\u00e9v\u00e9lateur po\u00e9tique, un contrechamp s\u2019ouvre \u00e0 m\u00eame la photog\u00e9nie de la globalisation. En bref. Dans un monde-immondialis\u00e9 dynamis\u00e9\/dynamit\u00e9 par des flux de passagers et de migrants, d\u2019images dont certaines font le tour du monde avec leurs l\u00e9gendes\u00a0\u2013 \u00e9pop\u00e9e de l\u2019\u00e8re hypermoderne !\u00a0\u2013, J\u00e9r\u00f4me Game interroge le visible par le biais de ses textes ico\/\u00f4niques (photopo\u00e8mes). Un passage :\u00a0\u00ab\u00a0Coca-Cola. Coke zero. \/ Coca light. 7 Up. Fanta. \/ Sprite. Diet Sprite. Diet \/ Pepsi. Pepsi Max. Pepsi \/ Cola. Dr. Pepper. Mountain \/ Dew. Hawaiian Punch. \/ San Miguel. Heineken. \/ Asahi Super Dry. Kirin \/ Lager. Tsing Tao Beer. \/ Carlsberg. Budweiser. \/ Miller. Nesquik Choco Milk. \/ Snapple. Lipton Ice Tea\u00a0\u00bb (p. 102). &nbsp; \u25ba Beno\u00eet TOQU\u00c9, Contrari\u00e9t\u00e9s, \u00e9ditions du Dernier T\u00e9l\u00e9gramme, 25 septembre, 80 pages, 11,50 \u20ac. Pr\u00e9sentation \u00e9ditoriale.\u00a0L\u2019 \u00e9criture de Beno\u00eet Toqu\u00e9 est plurielle. Elle alterne entre po\u00e9sie, r\u00e9cit, autofiction et fiction critique, et Beno\u00eet Toqu\u00e9 s\u2019ing\u00e9nie fr\u00e9quemment \u00e0 les hybrider au sein de ses Contrari\u00e9t\u00e9s, en cultivant un art de l\u2019\u00e9cart et du d\u00e9bordement. Tout \u00e0 la fois journal d\u2019\u00e9criture, encyclop\u00e9die personnelle des mondes de la cr\u00e9ation artistique c\u2019est encore un regard sur l\u2019invention de la fiction. Et tout cela n\u2019est pas d\u00e9nu\u00e9 d\u2019humour. En bref. Soit un stock\u00a0\u2013 un nuage, comme on voudra\u00a0\u2013 de r\u00e9f\u00e9rences culturelles (noms propres, \u00e9v\u00e9nements et&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":40,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7,2],"tags":[379,44,667,40,69,12,336,318,668,659],"class_list":["post-587","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-livres-recus","category-une","tag-benoit-toque","tag-editions-de-lattente","tag-editions-dernier-telegramme","tag-editions-du-seuil","tag-editions-publie-net","tag-fabrice-thumerel","tag-jean-michel-espitallier","tag-jerome-game","tag-philippe-aigrin","tag-sarah-chiche"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/587","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=587"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/587\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":588,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/587\/revisions\/588"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media\/40"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=587"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=587"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=587"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}