{"id":5877,"date":"2025-01-30T20:29:00","date_gmt":"2025-01-30T19:29:00","guid":{"rendered":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=5877"},"modified":"2025-01-30T20:30:26","modified_gmt":"2025-01-30T19:30:26","slug":"chronique-carole-pelloux-au-secours-de-langagement-verheggen-une-divagation-autour-de-la-lecture-de-lart-de-ne-pas-dire-de-clement-viktorovitch-et-ferdinand-barbet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2025\/01\/30\/chronique-carole-pelloux-au-secours-de-langagement-verheggen-une-divagation-autour-de-la-lecture-de-lart-de-ne-pas-dire-de-clement-viktorovitch-et-ferdinand-barbet\/","title":{"rendered":"[Chronique] Carole Pelloux, Au secours, de langagement (Verheggen) !  Une divagation autour de la lecture de L\u2019Art de ne pas dire  De Cl\u00e9ment Viktorovitch et Ferdinand Barbet"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Cl\u00e9ment Viktorovitch et Ferdinand Barbet, <strong><em>L\u2019Art de ne pas dire<\/em><\/strong><em>, Seuil, automne 2024, 168 pages, 16,50 \u20ac.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On sait le th\u00e9\u00e2tre, au meilleur de sa forme, proche de la po\u00e9sie. En attestent encore aujourd\u2019hui les nouvelles collections qui s\u2019ouvrent chez les \u00e9diteurs \u00ab\u00a0historiquement th\u00e9\u00e2traux\u00a0\u00bb\u00a0: <em>Des \u00e9crits pour la parole,<\/em> pour exemple chez L\u2019Arche \u00e9diteur, n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 publier (entre autres) la po\u00e9sie de Kae Tempest ou d\u2019Audre Lorde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si <strong><em>L\u2019Art de ne rien dire<\/em><\/strong> n\u2019entre pas dans ces lignes litt\u00e9raires (il s\u2019agit ici d\u2019un monologue empruntant \u00e0 ce que l\u2019on peut apparenter \u00e0 une conf\u00e9rence th\u00e9\u00e2tralis\u00e9e), il m\u00e9rite grandement de s\u2019y attarder en ce sens qu\u2019il propose une vaste plong\u00e9e dans la mati\u00e8re m\u00eame dont est faite la po\u00e9sie\u00a0: la langue. Et plus exactement, dans ce qu\u2019en font nos politiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-5880\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Art_de_ne_pas_direPF.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"313\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Art_de_ne_pas_direPF.jpg 220w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Art_de_ne_pas_direPF-211x300.jpg 211w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Art_de_ne_pas_direPF-105x150.jpg 105w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/>Aussi terrible que remarquable, <strong><em>L\u2019Art de ne pas dire<\/em><\/strong>\u00a0(\u00ab\u00a0<em>C\u2019est en cela que nous nous sommes distingu\u00e9s de nos pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Eux cherchaient comment dire ce qu\u2019ils allaient faire, tandis que ce que nous avons fait, nous ne l\u2019avons jamais dit\u00a0<\/em>\u00bb) d\u00e9cortique scrupuleusement les proc\u00e9d\u00e9s langagiers de la phras\u00e9ologie post-r\u00e9elle, et montre comment cette n\u00e9o-novlangue, v\u00e9hicul\u00e9e et relay\u00e9e \u00e0 l\u2019envi par les mondiaux-m\u00e9dias, s\u2019infiltre jusque dans nos cerveaux, comment elle contamine insidieusement notre pens\u00e9e et colonise nos imaginaires jusqu\u2019\u00e0 distordre notre perception du r\u00e9el. On appelle \u00e7a la propagande, c\u2019est ici que le texte prend ces meilleures allures philologiques versus Klemperer et sa <em>LTI<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><strong>[1]<\/strong><\/a><\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous connaissions la langue de bois et savions la d\u00e9busquer dans la vaste for\u00eat des discours dont nous sommes assomm\u00e9s\u00a0; nous \u00e9tions malheureusement accoutum\u00e9s aux n\u00e9oparleurs versus Orwelliens qui ont su vider de sa substance toute vell\u00e9it\u00e9 r\u00e9flexive\u00a0; nous pensions qu\u2019\u00e0 cet endroit de manipulation de et par la langue, il n\u2019\u00e9tait pas possible d\u2019aller plus loin\u2026 Na\u00effs que nous \u00e9tions\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>L\u2019Art de ne pas dire<\/em><\/strong> montre comment on a encore pass\u00e9 un cran suppl\u00e9mentaire\u00a0; et \u00e0 quel endroit du discours (story) nous avons, non pas gliss\u00e9 mais aussi vertigineusement qu\u2019abruptement chut\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cl\u00e9ment Viktorovitch et Ferdinand Barbet pointent donc la g\u00e9n\u00e9ralisation outranci\u00e8re d\u2019une \u00ab\u00a0anticatastase\u00a0\u00bb de premier degr\u00e9 dans les discours politiques\u00a0; et c\u2019est, selon eux, cette m\u00eame figure de style qui nous basculerait vers les r\u00e9alit\u00e9s alternatives\u00a0: \u00ab\u00a0<em>L\u2019anticatastase, c\u2019est la figure qui consiste \u00e0 contredire ouvertement la r\u00e9alit\u00e9. Nous regardons l\u2019auditoire dans les yeux, et nous lui donnons du monde une description radicalement diff\u00e9rente de ce qu\u2019il peut lui-m\u00eame observer. [Elle] revient \u00e0 forcer votre perception de la r\u00e9alit\u00e9. Par exemple\u00a0: ma chemise est rouge. Non\u00a0? Mais si. Mais si, elle est rouge. Elle est rouge, je vous dis, elle l\u2019a toujours \u00e9t\u00e9, elle le sera toujours, et si vous ne le voyez pas, c\u2019est vous qui avez un probl\u00e8me\u00a0!<\/em>\u00a0\u00bb\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; \u00a0Mais, \u00e7a me rappelle \u00e9trangement la puissance virtuelle de la po\u00e9sie\u00a0!\u00a0 (Pourrait s\u2019enthousiasmer l\u2019amateur de belles lettres) de la po\u00e9sie pure, du genre\u00a0: \u00ab\u00a0La Terre est bleue comme une orange\u00a0\u00bb (\u00c9luard) \u2013 non ?!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; Oui, oui, mon poteau, (pourrait-il lui \u00eatre r\u00e9torqu\u00e9), sauf qu\u2019ici, on n\u2019est pas dans la m\u00e9taphore, et encore moins dans la po\u00e9sie. Nous sommes ici dans le discours politique. Et, loin de pointer les plus obscures singularit\u00e9s humaines, ces discours, araseurs de langue, les voilent, et nous les d\u00e9robent\u2026 Si la po\u00e9sie peut \u00eatre, au meilleur de sa forme \u2013 dans sa chair m\u00eame \u2013 \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb\u00a0; jamais la politique, elle, ne pourra se targuer d\u2019\u00eatre po\u00e9tique (m\u00eame \u00ab\u00a0anti\u00a0\u00bb)\u00a0; c\u2019est ce qui fait toute la diff\u00e9rence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le parlant n\u2019est pas seulement le communiquant. La parole, \u00e7a n\u2019est pas que ce bruitage qui sous-titre d\u2019un murmure anodin l\u2019arrogance des images. Parler, \u00e7a n\u2019est pas qu\u2019\u00e9changer des informations dans un esp\u00e9ranto cathodique aux clich\u00e9s ind\u00e9finiment interchangeables. Le \u00ab\u00a0travail de la langue\u00a0\u00bb que propose la po\u00e9sie est un rappel de ces v\u00e9rit\u00e9s et une protestation contre la r\u00e9duction de la dimension linguistique \u00e0 celle de la \u00ab\u00a0communication\u00a0\u00bb. Il pose des t\u00e9moins\u00a0: les t\u00e9moins d\u2019une r\u00e9cusation du p\u00e2le idiome plan\u00e9taire qui s\u2019est vou\u00e9 \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition du m\u00eame et qui s\u2019appauvrit \u00e0 mesure qu\u2019il recherche, sur les canaux de l\u2019audio-visuel, le plus grand d\u00e9nominateur commun possible. Il peut peut-\u00eatre alors plus g\u00e9n\u00e9ralement s\u2019entendre comme une forme de r\u00e9sistance (\u2026).<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><strong>[2]<\/strong><\/a><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La po\u00e9sie pour sauver le monde\u00a0? Sans doute pas. Mais elle est \u00e0 reconna\u00eetre comme un des derniers lieux possibles de s\u00e9dition.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0&#8211; <em>Elle est \u00e0 qui la grammaire\u00a0?<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>&#8211; A nous\u00a0!<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>&#8211; Elle est \u00e0 qui la grammaire\u00a0?<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>&#8211; A nous.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>&#8211; Et elle est \u00e0 qui la grammaire\u00a0?<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>&#8211; A nous. A nous. A nous.\u00a0<\/em>\u00bb<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Viktor Klemperer, <em>LTI &#8211; <\/em><em>Lingua Tertii Imperii <\/em><em>: carnets d\u2019un philologue<\/em>, Pocket-Agora, 2003.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Christian Prigent, <em>TXT 1969-1993\u00a0: une anthologie des textes de fictions<\/em>, Christian Bourgois, 1995.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Nathalie Quintane, <em>Contre la litt\u00e9rature politique<\/em>, La Fabrique \u00e9ditions, 2024.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cl\u00e9ment Viktorovitch et Ferdinand Barbet, L\u2019Art de ne pas dire, Seuil, automne 2024, 168 pages, 16,50 \u20ac. &nbsp; On sait le th\u00e9\u00e2tre, au meilleur de sa forme, proche de la po\u00e9sie. En attestent encore aujourd\u2019hui les nouvelles collections qui s\u2019ouvrent chez les \u00e9diteurs \u00ab\u00a0historiquement th\u00e9\u00e2traux\u00a0\u00bb\u00a0: Des \u00e9crits pour la parole, pour exemple chez L\u2019Arche \u00e9diteur, n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 publier (entre autres) la po\u00e9sie de Kae Tempest ou d\u2019Audre Lorde. Si L\u2019Art de ne rien dire n\u2019entre pas dans ces lignes litt\u00e9raires (il s\u2019agit ici d\u2019un monologue empruntant \u00e0 ce que l\u2019on peut apparenter \u00e0 une conf\u00e9rence th\u00e9\u00e2tralis\u00e9e), il m\u00e9rite grandement de s\u2019y attarder en ce sens qu\u2019il propose une vaste plong\u00e9e dans la mati\u00e8re m\u00eame dont est faite la po\u00e9sie\u00a0: la langue. Et plus exactement, dans ce qu\u2019en font nos politiques. Aussi terrible que remarquable, L\u2019Art de ne pas dire\u00a0(\u00ab\u00a0C\u2019est en cela que nous nous sommes distingu\u00e9s de nos pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Eux cherchaient comment dire ce qu\u2019ils allaient faire, tandis que ce que nous avons fait, nous ne l\u2019avons jamais dit\u00a0\u00bb) d\u00e9cortique scrupuleusement les proc\u00e9d\u00e9s langagiers de la phras\u00e9ologie post-r\u00e9elle, et montre comment cette n\u00e9o-novlangue, v\u00e9hicul\u00e9e et relay\u00e9e \u00e0 l\u2019envi par les mondiaux-m\u00e9dias, s\u2019infiltre jusque dans nos cerveaux, comment elle contamine insidieusement notre pens\u00e9e et colonise nos imaginaires jusqu\u2019\u00e0 distordre notre perception du r\u00e9el. On appelle \u00e7a la propagande, c\u2019est ici que le texte prend ces meilleures allures philologiques versus Klemperer et sa LTI[1]. Nous connaissions la langue de bois et savions la d\u00e9busquer dans la vaste for\u00eat des discours dont nous sommes assomm\u00e9s\u00a0; nous \u00e9tions malheureusement accoutum\u00e9s aux n\u00e9oparleurs versus Orwelliens qui ont su vider de sa substance toute vell\u00e9it\u00e9 r\u00e9flexive\u00a0; nous pensions qu\u2019\u00e0 cet endroit de manipulation de et par la langue, il n\u2019\u00e9tait pas possible d\u2019aller plus loin\u2026 Na\u00effs que nous \u00e9tions\u00a0! L\u2019Art de ne pas dire montre comment on a encore pass\u00e9 un cran suppl\u00e9mentaire\u00a0; et \u00e0 quel endroit du discours (story) nous avons, non pas gliss\u00e9 mais aussi vertigineusement qu\u2019abruptement chut\u00e9. Cl\u00e9ment Viktorovitch et Ferdinand Barbet pointent donc la g\u00e9n\u00e9ralisation outranci\u00e8re d\u2019une \u00ab\u00a0anticatastase\u00a0\u00bb de premier degr\u00e9 dans les discours politiques\u00a0; et c\u2019est, selon eux, cette m\u00eame figure de style qui nous basculerait vers les r\u00e9alit\u00e9s alternatives\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019anticatastase, c\u2019est la figure qui consiste \u00e0 contredire ouvertement la r\u00e9alit\u00e9. Nous regardons l\u2019auditoire dans les yeux, et nous lui donnons du monde une description radicalement diff\u00e9rente de ce qu\u2019il peut lui-m\u00eame observer. [Elle] revient \u00e0 forcer votre perception de la r\u00e9alit\u00e9. Par exemple\u00a0: ma chemise est rouge. Non\u00a0? Mais si. Mais si, elle est rouge. Elle est rouge, je vous dis, elle l\u2019a toujours \u00e9t\u00e9, elle le sera toujours, et si vous ne le voyez pas, c\u2019est vous qui avez un probl\u00e8me\u00a0!\u00a0\u00bb\u2026 &#8211; \u00a0Mais, \u00e7a me rappelle \u00e9trangement la puissance virtuelle de la po\u00e9sie\u00a0!\u00a0 (Pourrait s\u2019enthousiasmer l\u2019amateur de belles lettres) de la po\u00e9sie pure, du genre\u00a0: \u00ab\u00a0La Terre est bleue comme une orange\u00a0\u00bb (\u00c9luard) \u2013 non ?! &#8211; Oui, oui, mon poteau, (pourrait-il lui \u00eatre r\u00e9torqu\u00e9), sauf qu\u2019ici, on n\u2019est pas dans la m\u00e9taphore, et encore moins dans la po\u00e9sie. Nous sommes ici dans le discours politique. Et, loin de pointer les plus obscures singularit\u00e9s humaines, ces discours, araseurs de langue, les voilent, et nous les d\u00e9robent\u2026 Si la po\u00e9sie peut \u00eatre, au meilleur de sa forme \u2013 dans sa chair m\u00eame \u2013 \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb\u00a0; jamais la politique, elle, ne pourra se targuer d\u2019\u00eatre po\u00e9tique (m\u00eame \u00ab\u00a0anti\u00a0\u00bb)\u00a0; c\u2019est ce qui fait toute la diff\u00e9rence. Le parlant n\u2019est pas seulement le communiquant. La parole, \u00e7a n\u2019est pas que ce bruitage qui sous-titre d\u2019un murmure anodin l\u2019arrogance des images. Parler, \u00e7a n\u2019est pas qu\u2019\u00e9changer des informations dans un esp\u00e9ranto cathodique aux clich\u00e9s ind\u00e9finiment interchangeables. Le \u00ab\u00a0travail de la langue\u00a0\u00bb que propose la po\u00e9sie est un rappel de ces v\u00e9rit\u00e9s et une protestation contre la r\u00e9duction de la dimension linguistique \u00e0 celle de la \u00ab\u00a0communication\u00a0\u00bb. Il pose des t\u00e9moins\u00a0: les t\u00e9moins d\u2019une r\u00e9cusation du p\u00e2le idiome plan\u00e9taire qui s\u2019est vou\u00e9 \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition du m\u00eame et qui s\u2019appauvrit \u00e0 mesure qu\u2019il recherche, sur les canaux de l\u2019audio-visuel, le plus grand d\u00e9nominateur commun possible. Il peut peut-\u00eatre alors plus g\u00e9n\u00e9ralement s\u2019entendre comme une forme de r\u00e9sistance (\u2026).[2] La po\u00e9sie pour sauver le monde\u00a0? Sans doute pas. Mais elle est \u00e0 reconna\u00eetre comme un des derniers lieux possibles de s\u00e9dition. \u00ab\u00a0&#8211; Elle est \u00e0 qui la grammaire\u00a0? &#8211; A nous\u00a0! &#8211; Elle est \u00e0 qui la grammaire\u00a0? &#8211; A nous. &#8211; Et elle est \u00e0 qui la grammaire\u00a0? &#8211; A nous. A nous. A nous.\u00a0\u00bb[3]. &nbsp; [1] Viktor Klemperer, LTI &#8211; Lingua Tertii Imperii : carnets d\u2019un philologue, Pocket-Agora, 2003. [2] Christian Prigent, TXT 1969-1993\u00a0: une anthologie des textes de fictions, Christian Bourgois, 1995. [3] Nathalie Quintane, Contre la litt\u00e9rature politique, La Fabrique \u00e9ditions, 2024.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5878,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[35,2],"tags":[2656,38,2658,40,2659,958,623,330,1187,2657],"class_list":["post-5877","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chronique","category-une","tag-carole-pelloux","tag-christian-prigent","tag-clement-viktorovitch","tag-editions-du-seuil","tag-ferdinand-barbet","tag-jean-pierre-verheggen","tag-nathalie-quintane","tag-orwell-1984","tag-paul-eluard","tag-viktor-klemperer"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5877","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5877"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5877\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5882,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5877\/revisions\/5882"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5878"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5877"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5877"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5877"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}