{"id":6095,"date":"2025-04-24T20:18:19","date_gmt":"2025-04-24T18:18:19","guid":{"rendered":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=6095"},"modified":"2025-04-24T20:18:58","modified_gmt":"2025-04-24T18:18:58","slug":"texte-sebastien-ecorce-espace","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2025\/04\/24\/texte-sebastien-ecorce-espace\/","title":{"rendered":"[Texte] S\u00e9bastien Ecorce, (e)space"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Le probl\u00e8me espace : c\u2019est qu\u2019il ne recouvre pas le vivant, la surface du vivant mais qu\u2019il s\u2019\u00e9tend en lui. Il n\u2019est pas un rev\u00eatement. Il est un ouvert plac\u00e9 en lui. Un pavage qui le rythme. Un vivant qui ne tend pas vers l\u2019espace n\u2019est pas r\u00e9ellement un vivant. Un vivant qui ne s\u2019anime pas dans l\u2019espace n\u2019est pas non plus un vivant. L\u2019espace est une borne ouverte du vivant. Il est un vide orient\u00e9 par la m\u00e9canique du vivant. L\u2019horloge des tenseurs. L\u2019horloge des vecteurs. Mais il peut tr\u00e8s bien faire sans le vivant, l\u2019espace. Mais l\u2019espace, il peut se retirer du vivant. Il peut se retirer une main du vivant. Une oreille. Un point. Le vivant port\u00e9 m\u00eame pas ces ombres d\u00e9funtes ne pourra jamais crever l\u2019espace. Il pourra vivre de ses erreurs dans l\u2019espace. Car il se dit que l\u2019espace ne fait pas d\u2019erreurs. L\u2019erreur est contenue dans l\u2019espace par le vivant qui la reformule \u00e0 sa mani\u00e8re, en sa nature. Et ce ne sera pas un vide. Ni un vide dans l\u2019espace. Ce sera un espace d\u2019espace. Ou une esp\u00e8ce d\u2019espace, autre. Sans le rythme du vivant. Un espace pose toujours son propre espace. Un espace est une composition d\u2019espace. Mais quelle serait la nature de l\u2019espace sans le vivant. Sans le chant \u00ab\u00a0polytonique \/ polyphonique\u00a0\u00bb du vivant. L\u2019espace ainsi pos\u00e9 ne peut r\u00e9pondre \u00e0 cela. Il compose. Le vivant incarne, manipule des dimensions, les temporalit\u00e9s. L\u2019espace lui est stable, m\u00e9tastable, instable. Il touche au vivant comme le vivant s\u2019\u00e9tend en l\u2019espace. C\u2019est sa nature \u00ab d\u00e9naturante \u00bb de vivre dans les distances et les proximit\u00e9s dans l\u2019espace. Le vivant voudrait jouer \u00e0 l\u2019espace. Toujours. Il voudrait en faire des osselets dans les plis de sa main n\u00e9gative. C\u2019est la nature m\u00eame d\u2019une \u00ab d\u00e9formation \u00bb du temps dans l\u2019espace. Jouer \u00e0 l\u2019espace. Jouer dans l\u2019espace. Les pi\u00e8ces du vivant. Et si le vivant n\u2019\u00e9tait que le \u00ab nerf pinc\u00e9 \u00bb de l\u2019espace. Une rencontre avec l\u2019angoisse du \u00ab d\u00e9ferlement \u00bb qui ne cesse de faire reculer un espace sans horizon. On pourra toujours dire que pour le vivant, l\u2019espace est un \u00ab lointain-proche \u00bb en des bords qui n\u2019en finissent pas. Ne jamais finir l\u2019espace. Il ne pourra jamais r\u00e9pondre, l\u2019espace. Ou peut-\u00eatre d\u2019une \u00ab faille \u00bb soudaine. D\u2019une \u00ab conversion \u00bb d\u2019espace. D\u2019ailleurs, la mort ne finit pas son espace. M\u00eame le vivant est le \u00ab\u00a0sentiment d\u2019espace\u00a0\u00bb. Il voudrait interroger l\u2019espace. Pour le supplier, presque. L\u2019approcher d\u2019un mot \u00ab d\u2019espace \u00bb dans sa logique \u00ab d\u2019univers d\u2019espace \u00bb. Un mot. Un seul. L\u2019approcher. Dans le r\u00eave du vivant, l\u2019espace est un dr\u00f4le d\u2019oiseau de nuit. L\u2019espace est une dr\u00f4le de \u00ab\u00a0b\u00eate\u00a0\u00bb qui ensommeille le vivant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_6098\" style=\"width: 550px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-6098\" class=\"wp-image-6098 size-full\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Bouruissa.jpg\" alt=\"\" width=\"540\" height=\"503\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Bouruissa.jpg 540w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Bouruissa-300x279.jpg 300w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Bouruissa-150x140.jpg 150w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Bouruissa-366x341.jpg 366w\" sizes=\"auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px\" \/><p id=\"caption-attachment-6098\" class=\"wp-caption-text\">M. Bouruissa<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une \u00ab conjuration \u00bb de spectres d\u2019espace \u2013 \u00ab espace commun sans propri\u00e9t\u00e9 \u00bb.\u00a0 On voit d\u00e9j\u00e0 que c\u2019est le \u00ab sans propri\u00e9t\u00e9 \u00bb qui pose limite. Qui pose un terme \u00e0 l\u2019espace. Disons davantage que : \u00ab l\u2019espace commun \u00bb ferait advenir le \u00ab spectre \u00bb du \u00ab sans propri\u00e9t\u00e9 \u00bb. Cette voie-l\u00e0 serait plus admissible. Car l\u2019espace, et a fortiori, \u00ab l\u2019espace commun \u00bb, n\u2019est que proposition de \u00ab propri\u00e9t\u00e9s \u00bb \u00e0 d\u00e9finir, red\u00e9finir. Propri\u00e9t\u00e9s en son sens \u00ab attributif \u00bb, de l\u2019application, et de l\u2019action. C\u2019est d\u00e9j\u00e0, l\u00e0, la \u00ab preuve \u00bb d\u2019un \u00ab continuum \u00bb possible des \u00ab formes \u00bb d\u2019espaces, ou \u00ab d\u2019\u00e9tat d\u2019espace \u00bb. Le \u00ab spectre d&rsquo;espace \u00bb\u00a0 ne serait-il pas une formulation de ses \u00ab propri\u00e9t\u00e9s \u00bb, \u00e0 perturber ce \u00ab vieux r\u00eave \u00bb d\u2019un \u00ab intouchable \u00bb espace qui bougerait encore comme la \u00ab figure \u00bb \u00e9ternelle et r\u00e9manente de la \u00ab hantise \u00bb de tout espace \u00e0 d\u00e9terminer. \u00ab Ces lambeaux \u00bb. Ces \u00ab faisceaux. Ces \u00ab pelures \u00bb d&rsquo;espace.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Je lis les \u00ab gestes \u00bb d&rsquo;espace. Les images qui nous hantent, comme autant de r\u00e9seaux topologiques et r\u00e9ticulaires. Le spectre d&rsquo;espace, \u00ab\u00a0 le temps hors de ces gonds \u00bb, est-il repris ainsi de fa\u00e7on spectrale dans certaines formes de \u00ab th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 \u00bb spatiale. La \u00ab ruse \u00bb du spectre d\u2019espace est de ne jamais r\u00e9ellement nous mettre \u00ab hors \u00bb de l\u2019espace, \u00ab hors \u00bb de sa connaissance \u00ab situ\u00e9e \u00bb et \u00ab int\u00e9gr\u00e9e \u00bb. Ainsi, s\u2019il nous \u00ab d\u00e9-situe \u00bb sur la \u00ab sc\u00e8ne \u00bb de nos repr\u00e9sentations, c\u2019est pour mieux nous \u00ab replacer \/ d\u00e9placer \u00bb dans une suite d\u2019espace.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Ne voyez-vous pas qu&rsquo;il se d\u00e9ploie, mais dans quel espace ? Dans quel \u00ab espace d&rsquo;espace \u00bb qui serait \u00ab spectre d&rsquo;espace \u00bb et par l\u00e0-m\u00eame un \u00ab ailleurs \u00bb de l&rsquo;espace ? La virtualit\u00e9 a ses \u00ab fant\u00f4mes d&rsquo;espace \u00bb, la virtualit\u00e9 porte des croyances d&rsquo;espace qu&rsquo;elle relie \u00e0 des mati\u00e8res qu&rsquo;elle d\u00e9contextualise, les formes pr\u00e9cipit\u00e9es des disparitions. La \u00ab diss\u00e9mination \u00bb est un grain qui infuse la \u00ab capillarit\u00e9 \u00bb des espaces. Des espaces \u00e0 \u00e9puiser. Ne faudrait-il pas aller au-del\u00e0 de l\u2019id\u00e9e d\u2019un \u00ab ailleurs \u00bb dans l\u2019espace pour toucher r\u00e9ellement \u00e0 l\u2019espace, et \u00e0 ses \u00ab spectres \u00bb, en cette dynamique int\u00e9rieure. En cet espace qui n\u2019est jamais \u00ab identique \u00bb et \u00ab identifiable \u00bb \u00e0 lui-m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est l&rsquo;id\u00e9e \u00ab d&rsquo;ailleurs \u00bb qui \u00e9puise le \u00ab spectre d&rsquo;espace \u00bb. Pas l&rsquo;espace. L&rsquo;espace n&rsquo;\u00e9puise pas l&rsquo;espace. Il ne le fatigue pas. Mais la tentative forc\u00e9e, d\u00e9mesur\u00e9e, de la construction d&rsquo;un \u00ab ailleurs \u00bb l&rsquo;amenuise. Rien de plus \u00ab utopique \u00bb comme un \u00ab ailleurs \u00bb intouchable. Et projectivement, \u00ab oppositif \u00bb. \u00ab L&rsquo;ailleurs \u00bb intouchable est une \u00ab topique \u00bb pulsionnelle de la spatialit\u00e9 mal v\u00e9cue. On d\u00e9polarise ainsi les \u00ab conflictualit\u00e9s \u00bb de spectres en des \u00ab fictions \u00bb de luttes qui\u00a0 ne sont que le r\u00eave d&rsquo;images creuses aux pauvres repr\u00e9sentations. \u00ab On ne partage ainsi que les \u00ab mirages \u00bb que l&rsquo;on combat \u00bb. On ne substitue pas les mirages de l\u2019espace \u00e0 ses spectres : \u00eelot, oasis, cabane, refuge, non-lieu : \u00ab fata morgana \u00bb. On ne substitue pas l\u2019universel de l\u2019espace \u00e0 l\u2019absolu recours de ces reflets.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;espace \u00ab l\u00e0-bas \u00bb est illusoire. Le \u00ab l\u00e0-bas \u00bb est \u00ab l&rsquo;ailleurs \u00bb illusoire mobile dans l&rsquo;espace. Une feuille de repr\u00e9sentation prise et froiss\u00e9e dans le spectre d&rsquo;espace. Une \u00ab auto-plastie \u00bb d\u2019un \u00ab r\u00eave d\u2019espace \u00bb qui s\u2019annule dans l\u2019id\u00e9e m\u00eame de son \u00ab ailleurs \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: right;\">(\u2026)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">S\u00e9bastien Ecorce<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>Professeur de neurobiologie (Piti\u00e9 Salp\u00eatri\u00e8re, Icm),<br \/>\nco-responsable de la plateforme de financement, bricoleurs de mots, cr\u00e9ateur graphique, pianiste.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\u00a9 Bandeau et reproduction en arri\u00e8re-plan : Morellet et Kawabata<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le probl\u00e8me espace : c\u2019est qu\u2019il ne recouvre pas le vivant, la surface du vivant mais qu\u2019il s\u2019\u00e9tend en lui. Il n\u2019est pas un rev\u00eatement. Il est un ouvert plac\u00e9 en lui. Un pavage qui le rythme. Un vivant qui ne tend pas vers l\u2019espace n\u2019est pas r\u00e9ellement un vivant. Un vivant qui ne s\u2019anime pas dans l\u2019espace n\u2019est pas non plus un vivant. L\u2019espace est une borne ouverte du vivant. Il est un vide orient\u00e9 par la m\u00e9canique du vivant. L\u2019horloge des tenseurs. L\u2019horloge des vecteurs. Mais il peut tr\u00e8s bien faire sans le vivant, l\u2019espace. Mais l\u2019espace, il peut se retirer du vivant. Il peut se retirer une main du vivant. Une oreille. Un point. Le vivant port\u00e9 m\u00eame pas ces ombres d\u00e9funtes ne pourra jamais crever l\u2019espace. Il pourra vivre de ses erreurs dans l\u2019espace. Car il se dit que l\u2019espace ne fait pas d\u2019erreurs. L\u2019erreur est contenue dans l\u2019espace par le vivant qui la reformule \u00e0 sa mani\u00e8re, en sa nature. Et ce ne sera pas un vide. Ni un vide dans l\u2019espace. Ce sera un espace d\u2019espace. Ou une esp\u00e8ce d\u2019espace, autre. Sans le rythme du vivant. Un espace pose toujours son propre espace. Un espace est une composition d\u2019espace. Mais quelle serait la nature de l\u2019espace sans le vivant. Sans le chant \u00ab\u00a0polytonique \/ polyphonique\u00a0\u00bb du vivant. L\u2019espace ainsi pos\u00e9 ne peut r\u00e9pondre \u00e0 cela. Il compose. Le vivant incarne, manipule des dimensions, les temporalit\u00e9s. L\u2019espace lui est stable, m\u00e9tastable, instable. Il touche au vivant comme le vivant s\u2019\u00e9tend en l\u2019espace. C\u2019est sa nature \u00ab d\u00e9naturante \u00bb de vivre dans les distances et les proximit\u00e9s dans l\u2019espace. Le vivant voudrait jouer \u00e0 l\u2019espace. Toujours. Il voudrait en faire des osselets dans les plis de sa main n\u00e9gative. C\u2019est la nature m\u00eame d\u2019une \u00ab d\u00e9formation \u00bb du temps dans l\u2019espace. Jouer \u00e0 l\u2019espace. Jouer dans l\u2019espace. Les pi\u00e8ces du vivant. Et si le vivant n\u2019\u00e9tait que le \u00ab nerf pinc\u00e9 \u00bb de l\u2019espace. Une rencontre avec l\u2019angoisse du \u00ab d\u00e9ferlement \u00bb qui ne cesse de faire reculer un espace sans horizon. On pourra toujours dire que pour le vivant, l\u2019espace est un \u00ab lointain-proche \u00bb en des bords qui n\u2019en finissent pas. Ne jamais finir l\u2019espace. Il ne pourra jamais r\u00e9pondre, l\u2019espace. Ou peut-\u00eatre d\u2019une \u00ab faille \u00bb soudaine. D\u2019une \u00ab conversion \u00bb d\u2019espace. D\u2019ailleurs, la mort ne finit pas son espace. M\u00eame le vivant est le \u00ab\u00a0sentiment d\u2019espace\u00a0\u00bb. Il voudrait interroger l\u2019espace. Pour le supplier, presque. L\u2019approcher d\u2019un mot \u00ab d\u2019espace \u00bb dans sa logique \u00ab d\u2019univers d\u2019espace \u00bb. Un mot. Un seul. L\u2019approcher. Dans le r\u00eave du vivant, l\u2019espace est un dr\u00f4le d\u2019oiseau de nuit. L\u2019espace est une dr\u00f4le de \u00ab\u00a0b\u00eate\u00a0\u00bb qui ensommeille le vivant. &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Une \u00ab conjuration \u00bb de spectres d\u2019espace \u2013 \u00ab espace commun sans propri\u00e9t\u00e9 \u00bb.\u00a0 On voit d\u00e9j\u00e0 que c\u2019est le \u00ab sans propri\u00e9t\u00e9 \u00bb qui pose limite. Qui pose un terme \u00e0 l\u2019espace. Disons davantage que : \u00ab l\u2019espace commun \u00bb ferait advenir le \u00ab spectre \u00bb du \u00ab sans propri\u00e9t\u00e9 \u00bb. Cette voie-l\u00e0 serait plus admissible. Car l\u2019espace, et a fortiori, \u00ab l\u2019espace commun \u00bb, n\u2019est que proposition de \u00ab propri\u00e9t\u00e9s \u00bb \u00e0 d\u00e9finir, red\u00e9finir. Propri\u00e9t\u00e9s en son sens \u00ab attributif \u00bb, de l\u2019application, et de l\u2019action. C\u2019est d\u00e9j\u00e0, l\u00e0, la \u00ab preuve \u00bb d\u2019un \u00ab continuum \u00bb possible des \u00ab formes \u00bb d\u2019espaces, ou \u00ab d\u2019\u00e9tat d\u2019espace \u00bb. Le \u00ab spectre d&rsquo;espace \u00bb\u00a0 ne serait-il pas une formulation de ses \u00ab propri\u00e9t\u00e9s \u00bb, \u00e0 perturber ce \u00ab vieux r\u00eave \u00bb d\u2019un \u00ab intouchable \u00bb espace qui bougerait encore comme la \u00ab figure \u00bb \u00e9ternelle et r\u00e9manente de la \u00ab hantise \u00bb de tout espace \u00e0 d\u00e9terminer. \u00ab Ces lambeaux \u00bb. Ces \u00ab faisceaux. Ces \u00ab pelures \u00bb d&rsquo;espace. Je lis les \u00ab gestes \u00bb d&rsquo;espace. Les images qui nous hantent, comme autant de r\u00e9seaux topologiques et r\u00e9ticulaires. Le spectre d&rsquo;espace, \u00ab\u00a0 le temps hors de ces gonds \u00bb, est-il repris ainsi de fa\u00e7on spectrale dans certaines formes de \u00ab th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 \u00bb spatiale. La \u00ab ruse \u00bb du spectre d\u2019espace est de ne jamais r\u00e9ellement nous mettre \u00ab hors \u00bb de l\u2019espace, \u00ab hors \u00bb de sa connaissance \u00ab situ\u00e9e \u00bb et \u00ab int\u00e9gr\u00e9e \u00bb. Ainsi, s\u2019il nous \u00ab d\u00e9-situe \u00bb sur la \u00ab sc\u00e8ne \u00bb de nos repr\u00e9sentations, c\u2019est pour mieux nous \u00ab replacer \/ d\u00e9placer \u00bb dans une suite d\u2019espace. Ne voyez-vous pas qu&rsquo;il se d\u00e9ploie, mais dans quel espace ? Dans quel \u00ab espace d&rsquo;espace \u00bb qui serait \u00ab spectre d&rsquo;espace \u00bb et par l\u00e0-m\u00eame un \u00ab ailleurs \u00bb de l&rsquo;espace ? La virtualit\u00e9 a ses \u00ab fant\u00f4mes d&rsquo;espace \u00bb, la virtualit\u00e9 porte des croyances d&rsquo;espace qu&rsquo;elle relie \u00e0 des mati\u00e8res qu&rsquo;elle d\u00e9contextualise, les formes pr\u00e9cipit\u00e9es des disparitions. La \u00ab diss\u00e9mination \u00bb est un grain qui infuse la \u00ab capillarit\u00e9 \u00bb des espaces. Des espaces \u00e0 \u00e9puiser. Ne faudrait-il pas aller au-del\u00e0 de l\u2019id\u00e9e d\u2019un \u00ab ailleurs \u00bb dans l\u2019espace pour toucher r\u00e9ellement \u00e0 l\u2019espace, et \u00e0 ses \u00ab spectres \u00bb, en cette dynamique int\u00e9rieure. En cet espace qui n\u2019est jamais \u00ab identique \u00bb et \u00ab identifiable \u00bb \u00e0 lui-m\u00eame. C&rsquo;est l&rsquo;id\u00e9e \u00ab d&rsquo;ailleurs \u00bb qui \u00e9puise le \u00ab spectre d&rsquo;espace \u00bb. Pas l&rsquo;espace. L&rsquo;espace n&rsquo;\u00e9puise pas l&rsquo;espace. Il ne le fatigue pas. Mais la tentative forc\u00e9e, d\u00e9mesur\u00e9e, de la construction d&rsquo;un \u00ab ailleurs \u00bb l&rsquo;amenuise. Rien de plus \u00ab utopique \u00bb comme un \u00ab ailleurs \u00bb intouchable. Et projectivement, \u00ab oppositif \u00bb. \u00ab L&rsquo;ailleurs \u00bb intouchable est une \u00ab topique \u00bb pulsionnelle de la spatialit\u00e9 mal v\u00e9cue. On d\u00e9polarise ainsi les \u00ab conflictualit\u00e9s \u00bb de spectres en des \u00ab fictions \u00bb de luttes qui\u00a0 ne sont que le r\u00eave d&rsquo;images creuses aux pauvres repr\u00e9sentations. \u00ab On ne partage ainsi que les \u00ab mirages \u00bb que l&rsquo;on combat \u00bb. On ne substitue pas les mirages de l\u2019espace \u00e0 ses spectres : \u00eelot, oasis, cabane, refuge, non-lieu : \u00ab fata morgana \u00bb. On ne substitue pas l\u2019universel de l\u2019espace \u00e0 l\u2019absolu recours de ces reflets. 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