{"id":6463,"date":"2025-10-19T09:44:45","date_gmt":"2025-10-19T07:44:45","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=6463"},"modified":"2025-10-25T12:39:37","modified_gmt":"2025-10-25T10:39:37","slug":"creation-daniel-cabanis-pas-dans-la-dentelle-saynetes-2-6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2025\/10\/19\/creation-daniel-cabanis-pas-dans-la-dentelle-saynetes-2-6\/","title":{"rendered":"[Cr\u00e9ation] Daniel Cabanis, PAS DANS LA DENTELLE, SAYN\u00c8TES (2\/6)"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: center;\"><strong>2\u00a0\u2014 Gueuss va au cin\u00e9ma<\/strong><\/p>\n<div id=\"attachment_6467\" style=\"width: 550px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-6467\" class=\"wp-image-6467 size-full\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DENTELLES2_DC.jpg\" alt=\"\" width=\"540\" height=\"386\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DENTELLES2_DC.jpg 540w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DENTELLES2_DC-300x214.jpg 300w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DENTELLES2_DC-150x107.jpg 150w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/DENTELLES2_DC-366x262.jpg 366w\" sizes=\"auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px\" \/><p id=\"caption-attachment-6467\" class=\"wp-caption-text\">Bianca Saldine\u00a0\/ Eau de savon II \/ Aquarelle num\u00e9rique \/ Coll. Marcel Navas<\/p><\/div>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00c7a secouait dans la cagna. Bombes et fum\u00e9es. Les G.I. vocif\u00e9raient. Bouh, t\u00eates de chas\u00a0! Tergal d\u2019attaque\u00a0! Nylon B\u00a0! \u00c9lasto-m\u00e9m\u00e8re\u00a0! Mais ce n\u2019\u00e9tait qu\u2019un film, une parodie de guerre, avec des guignols fran\u00e7ais mal sous-titr\u00e9s. Ces bleus-nazes tiraient dans les coins, non stop. \u00c7a s\u2019effondrait ici et l\u00e0\u00a0: patatras\u00a0! T\u00f4les pli\u00e9es, poutres en feu et poussi\u00e8res. Sur ce boum\u00a0! Et les idiots \u00e0 la gueulade redoublaient de traits intraduisibles\u00a0: Tricote-foin\u00a0! Slip-serpilli\u00e8re\u00a0! Vieux chintz OAB\u00a0! D\u00e9pose-ruflette\u00a0! Torchon \u00e0 jouir\u00a0! Etc.\u00a0: de pire en pire. On peine \u00e0 croire que des soldats am\u00e9ricains en action aient un langage si peu ordurier, mais admettons. Cela dit, quand le sous-titrage de sc\u00e8nes chocs, o\u00f9 fusent cris et jurons, est \u00e0 ce point approximatif, il y a d\u00e9sinvolture\u00a0: le compte s\u00e9mantique n\u2019y est pas, c\u2019est du vol\u00a0! Forc\u00e9ment le cin\u00e9phile pur\/dur, ce travail b\u00e2cl\u00e9 le jette en transe. Et voil\u00e0 l\u2019esclandre\u00a0: Gueuss, exc\u00e9d\u00e9, soudain se dresse dans le noir et se met \u00e0 hurler son so\u00fbl. Gant d\u2019sommeil\u00a0! T\u00e9tine de Fr\u00e9do Garcia\u00a0! Tous les gars s\u2019appellent Pattemouille\u00a0! T\u2019as que six draps Yves R\u00a0! Paul chez Vita\u00a0! Serre ton linge chaud\u00a0! Et etc. Il balance ce hachis sans reprendre souffle. Ah le pauvre Gueuss, il d\u00e9bloque s\u00e9v\u00e8re. La lumi\u00e8re s\u2019\u00e9tant rallum\u00e9e, j\u2019essaie de le rasseoir. Trop tard. Des pop-cornistes n\u00e9o-nazis l\u2019ont pris en grippe\u00a0: Salaud\u00a0! Raca\u00a0! Sous-cul\u00e9\u00a0! Toi fermer gueule\u00a0! Faute de s\u2019\u00eatre tu, Gueuss prend des bourre-pifs et, jet\u00e9 entre deux rang\u00e9es de fauteuils, se fait gaver de ma\u00efs comme une foutue poule. \u00c7a barde long. Enfin\u00a0: la police arrive. Gueuss est sorti sur une civi\u00e8re. Il saigne, r\u00e2le, et rend des gerbes de pop-corns.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>2\u00a0\u2014 Gueuss va au cin\u00e9ma \u00c7a secouait dans la cagna. Bombes et fum\u00e9es. Les G.I. vocif\u00e9raient. Bouh, t\u00eates de chas\u00a0! Tergal d\u2019attaque\u00a0! Nylon B\u00a0! \u00c9lasto-m\u00e9m\u00e8re\u00a0! Mais ce n\u2019\u00e9tait qu\u2019un film, une parodie de guerre, avec des guignols fran\u00e7ais mal sous-titr\u00e9s. Ces bleus-nazes tiraient dans les coins, non stop. \u00c7a s\u2019effondrait ici et l\u00e0\u00a0: patatras\u00a0! T\u00f4les pli\u00e9es, poutres en feu et poussi\u00e8res. Sur ce boum\u00a0! 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Serre ton linge chaud\u00a0! Et etc. Il balance ce hachis sans reprendre souffle. Ah le pauvre Gueuss, il d\u00e9bloque s\u00e9v\u00e8re. La lumi\u00e8re s\u2019\u00e9tant rallum\u00e9e, j\u2019essaie de le rasseoir. Trop tard. Des pop-cornistes n\u00e9o-nazis l\u2019ont pris en grippe\u00a0: Salaud\u00a0! Raca\u00a0! Sous-cul\u00e9\u00a0! Toi fermer gueule\u00a0! Faute de s\u2019\u00eatre tu, Gueuss prend des bourre-pifs et, jet\u00e9 entre deux rang\u00e9es de fauteuils, se fait gaver de ma\u00efs comme une foutue poule. \u00c7a barde long. Enfin\u00a0: la police arrive. Gueuss est sorti sur une civi\u00e8re. 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