{"id":6739,"date":"2026-01-25T13:27:36","date_gmt":"2026-01-25T12:27:36","guid":{"rendered":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=6739"},"modified":"2026-01-25T16:59:44","modified_gmt":"2026-01-25T15:59:44","slug":"chronique-les-carnets-deucharis-sur-les-routes-du-monde-volume-iv-par-pascal-boulanger","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2026\/01\/25\/chronique-les-carnets-deucharis-sur-les-routes-du-monde-volume-iv-par-pascal-boulanger\/","title":{"rendered":"[Chronique] Les carnets d\u2019Eucharis, sur les routes du monde \u2013 Volume IV, par Pascal Boulanger"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Les carnets d\u2019Eucharis<\/em><\/strong>, <em>sur les routes du monde \u2013 Volume IV<\/em>, hiver 2025-2026, ISBN : 978-2-491778-05-7. Commander <a href=\"http:\/\/lescarnetsdeucharis.hautetfort.com\/media\/00\/00\/3515924761.pdf\"><strong>ici<\/strong><\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Revue en ligne depuis 2008, <strong><em>Les Carnets d\u2019Eucharis<\/em><\/strong><em>, <\/em>se sont enrichis, depuis 2013, de volumes annuels. Po\u00e9sie, prose, arts visuels, Nathalie Riera et son comit\u00e9 de r\u00e9daction ne cessent d\u2019ouvrir des perspectives, en s\u2019attachant aux formes, en revisitant des auteurs parfois oubli\u00e9s et en s\u2019attachant aux \u00e9critures nouvelles, sans manifeste ni parti pris mais dans l\u2019ouverture la plus grande et la plus audacieuse possible. Ce travail de longue haleine \u00e9clipse d\u2019ailleurs les propres travaux d\u2019\u00e9criture et de photographie de Nathalie Riera, je pense notamment \u00e0 ses <em>Instantan\u00e9s des g\u00e9ographies de l\u2019amour <\/em>(L\u2019Atelier les carnets d\u2019Eucharis, collection \u00ab\u00a0Au pas du lavoir\u00a0\u00bb), splendides courtes proses <em>\u00e0 la bouche l\u2019or roul\u00e9 par les eaux. <\/em>Les quelques pages qu\u2019elle publie dans ce num\u00e9ro de son <em>Journal de Trieste <\/em>r\u00e9v\u00e8lent tout l\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019elle porte aux rumeurs du monde et aux t\u00e9moignages litt\u00e9raires qui les supportent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-6742\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Eucharis_2026.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"322\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Eucharis_2026.jpg 225w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Eucharis_2026-210x300.jpg 210w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Eucharis_2026-105x150.jpg 105w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/>Ce quatri\u00e8me volume de <em>Sur les routes du monde, <\/em>m\u00eale des rubriques et des registres d\u2019\u00e9criture riches en diversit\u00e9 et qui tous questionnent l\u2019habitation et l\u2019exploration litt\u00e9raires. Fractionn\u00e9 par s\u00e9quences\u00a0: <em>Au pas du lavoir, Par monts et par vaux, Clairvision etc., <\/em>ce volume \u2013 qui propose aussi un cahier visuel \u2013 forme un jardin en archipel dans lequel chaque approche et chaque entretien sont porteurs d\u2019enjeux et de paradoxes. Mais ce qui f\u00e9d\u00e8re les lignes esth\u00e9tiques et philosophiques vari\u00e9es, c\u2019est l\u2019amour de la langue et de l\u2019image par la reprise en main d\u2019un paysage d\u00e9vast\u00e9 par la fureur du monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il serait fastidieux de citer tous les auteurs, les entretiens et les dossiers de ce volume, mais ceux qui se passionnent pour l\u2019\u00e9criture trouveront leur compte. Pour ma part, j\u2019ai appr\u00e9ci\u00e9 les po\u00e8mes de Dominique Qu\u00e9len, de Bernard Grasset, de Jean-Charles Vegliante, de Iren Mihaylova ou encore de Martine Konorski (1). Chez eux, on entend toujours les cris effac\u00e9s du silence et on voit des ciels surgir des draps de la terre. Ce sont <em>les oiseaux qui s\u2019abritent dans ces cages en porcelaine qui sont nos sourires <\/em>(I. Mihaylova), ce sont <em>Une nuit \u00e0 la d\u00e9rive \/ Un souffle de d\u00e9livrance <\/em>(M. Konorski) ou bien <em>Une nuit peupl\u00e9e d\u2019\u00e9toiles \/ de songes et d\u2019oublis <\/em>(Pierre-Julien Brunet). Dans la rubrique\u00a0: <em>Par monts &amp; par vaux, <\/em>je recommande les \u00e9tudes de Claude Darras sur Charles-Albert Cingria <em>un des lutins insaisissables de qui on peut toujours attendre de l\u2019inattendu <\/em>(Claudel), de Peter Handke par Laurent Margantin et je d\u00e9couvre Ella Maillart, \u00e9tonnante voyageuse et navigatrice. Un entretien avec G\u00e9rard Netter par Martine Konorski et la lecture du livre de Marielle Mac\u00e9\u00a0: <em>Une pluie d\u2019oiseau <\/em>(Corti) par Nathalie Riera, pr\u00e9c\u00e8dent la s\u00e9quence <em>Clairvision <\/em>et notamment l\u2019entretien men\u00e9 par Richard Skryzak avec Jean-Paul Fargier et son concept de<em> film-moins, <\/em>un des pionniers de l\u2019art vid\u00e9o en France, auteur d\u2019essais sur Godard et Jean-Daniel Pollet et \u00e0 qui on doit <em>Sollers au paradis <\/em>en 1983, que j\u2019ai eu la chance de visionner d\u00e8s sa projection. C\u2019est enfin <em>Le labo des langues <\/em>qui conclut le volume par la publication de po\u00e8mes traduits de po\u00e8tes allemands, anglais et italiens parmi lesquels\u00a0: Judith Bishop, Anne Seidel et Mara Venuto.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les pistes d\u2019exploration et de creusement des <strong><em>Carnets d\u2019Eucharis<\/em><\/strong> constituent bien un laboratoire essentiel. Le temps des querelles et des oppositions entre avant-garde \/ arri\u00e8re-garde, formalisme ou lyrisme est depuis longtemps d\u00e9pass\u00e9. Ce volume, comme ceux qui les pr\u00e9c\u00e8dent, \u00e9largissent le champ d\u2019investigation en int\u00e9grant. C\u2019est la notion d\u2019impuret\u00e9, telle que l\u2019envisageait Guy Scarpetta, qui op\u00e8re. Il s\u2019agit de saisir, par photographies verbales et visuelles, le monde entier dans son \u00e9paisseur et dans sa l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. Il n\u2019y a ici aucune mystification id\u00e9ologique ou philosophique, avec son lexique univoque, aucun manifeste acad\u00e9mique ou rebelle. A l\u2019inverse, toutes les esth\u00e9tiques sont crois\u00e9es et questionn\u00e9es, \u00e0 condition qu\u2019elles se portent sur les ressources du langage et sur une parole qui parle avec le monde.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(1) Martine Konorski publie, par ailleurs, un splendide recueil po\u00e9tique\u00a0: <em>Amazones, cavali\u00e8res de l\u2019exil, <\/em>avec des peintures de Colette Ottmann, dans les \u00e9l\u00e9gantes \u00e9ditions L\u2019Atelier des Noyers.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les carnets d\u2019Eucharis, sur les routes du monde \u2013 Volume IV, hiver 2025-2026, ISBN : 978-2-491778-05-7. Commander ici. &nbsp; Revue en ligne depuis 2008, Les Carnets d\u2019Eucharis, se sont enrichis, depuis 2013, de volumes annuels. Po\u00e9sie, prose, arts visuels, Nathalie Riera et son comit\u00e9 de r\u00e9daction ne cessent d\u2019ouvrir des perspectives, en s\u2019attachant aux formes, en revisitant des auteurs parfois oubli\u00e9s et en s\u2019attachant aux \u00e9critures nouvelles, sans manifeste ni parti pris mais dans l\u2019ouverture la plus grande et la plus audacieuse possible. Ce travail de longue haleine \u00e9clipse d\u2019ailleurs les propres travaux d\u2019\u00e9criture et de photographie de Nathalie Riera, je pense notamment \u00e0 ses Instantan\u00e9s des g\u00e9ographies de l\u2019amour (L\u2019Atelier les carnets d\u2019Eucharis, collection \u00ab\u00a0Au pas du lavoir\u00a0\u00bb), splendides courtes proses \u00e0 la bouche l\u2019or roul\u00e9 par les eaux. Les quelques pages qu\u2019elle publie dans ce num\u00e9ro de son Journal de Trieste r\u00e9v\u00e8lent tout l\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019elle porte aux rumeurs du monde et aux t\u00e9moignages litt\u00e9raires qui les supportent. 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Pour ma part, j\u2019ai appr\u00e9ci\u00e9 les po\u00e8mes de Dominique Qu\u00e9len, de Bernard Grasset, de Jean-Charles Vegliante, de Iren Mihaylova ou encore de Martine Konorski (1). Chez eux, on entend toujours les cris effac\u00e9s du silence et on voit des ciels surgir des draps de la terre. Ce sont les oiseaux qui s\u2019abritent dans ces cages en porcelaine qui sont nos sourires (I. Mihaylova), ce sont Une nuit \u00e0 la d\u00e9rive \/ Un souffle de d\u00e9livrance (M. Konorski) ou bien Une nuit peupl\u00e9e d\u2019\u00e9toiles \/ de songes et d\u2019oublis (Pierre-Julien Brunet). Dans la rubrique\u00a0: Par monts &amp; par vaux, je recommande les \u00e9tudes de Claude Darras sur Charles-Albert Cingria un des lutins insaisissables de qui on peut toujours attendre de l\u2019inattendu (Claudel), de Peter Handke par Laurent Margantin et je d\u00e9couvre Ella Maillart, \u00e9tonnante voyageuse et navigatrice. Un entretien avec G\u00e9rard Netter par Martine Konorski et la lecture du livre de Marielle Mac\u00e9\u00a0: Une pluie d\u2019oiseau (Corti) par Nathalie Riera, pr\u00e9c\u00e8dent la s\u00e9quence Clairvision et notamment l\u2019entretien men\u00e9 par Richard Skryzak avec Jean-Paul Fargier et son concept de film-moins, un des pionniers de l\u2019art vid\u00e9o en France, auteur d\u2019essais sur Godard et Jean-Daniel Pollet et \u00e0 qui on doit Sollers au paradis en 1983, que j\u2019ai eu la chance de visionner d\u00e8s sa projection. C\u2019est enfin Le labo des langues qui conclut le volume par la publication de po\u00e8mes traduits de po\u00e8tes allemands, anglais et italiens parmi lesquels\u00a0: Judith Bishop, Anne Seidel et Mara Venuto. Les pistes d\u2019exploration et de creusement des Carnets d\u2019Eucharis constituent bien un laboratoire essentiel. 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A l\u2019inverse, toutes les esth\u00e9tiques sont crois\u00e9es et questionn\u00e9es, \u00e0 condition qu\u2019elles se portent sur les ressources du langage et sur une parole qui parle avec le monde. &nbsp; (1) Martine Konorski publie, par ailleurs, un splendide recueil po\u00e9tique\u00a0: Amazones, cavali\u00e8res de l\u2019exil, avec des peintures de Colette Ottmann, dans les \u00e9l\u00e9gantes \u00e9ditions L\u2019Atelier des Noyers.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":6740,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[35,7,2],"tags":[2858,2854,2859,1625,2857,2856,2855,2853,1733],"class_list":["post-6739","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chronique","category-livres-recus","category-une","tag-atelier-des-noyers","tag-carnets-eucharis","tag-colette-ottmann","tag-dominique-quelen","tag-iren-mihaylova","tag-jean-charles-vegliante","tag-martine-konorski","tag-nathalie-riera","tag-pascal-boulanger"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6739","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6739"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6739\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6747,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6739\/revisions\/6747"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6740"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6739"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6739"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6739"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}