{"id":6749,"date":"2026-01-29T12:15:59","date_gmt":"2026-01-29T11:15:59","guid":{"rendered":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=6749"},"modified":"2026-01-29T12:19:04","modified_gmt":"2026-01-29T11:19:04","slug":"chronique-reponse-divar-chvavar-a-jean-pascal-dubost","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2026\/01\/29\/chronique-reponse-divar-chvavar-a-jean-pascal-dubost\/","title":{"rendered":"[Chronique] R\u00e9ponse D\u2019Ivar Ch\u2019Vavar \u00e0 Jean-Pascal Dubost"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;\">4 janvier 2026<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>D\u2019Ivar Ch\u2019Vavar \u00e0 Jean-Pascal Dubost<\/strong> [<a href=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2025\/12\/21\/chronique-jean-pascal-dubost-lettre-a-ivar-chvavar-a-propos-de-filles-bleues\/\"><strong>lire le texte de Jean-Pascal Dubost<\/strong><\/a>]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>[1] \u00ab\u00a0Cessation d\u2019activit\u00e9 po\u00e9tique\u00a0\u00bb <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mon activit\u00e9 po\u00e9tique aura \u00e9t\u00e9 une assez triste histoire, m\u00ealant volontarisme idiot, aveuglement, paresse abyssale. J\u2019avan\u00e7ais tr\u00e8s difficilement et pourtant je ne pensais qu\u2019\u00e0 la po\u00e9sie. Mais j\u2019y pensais de la pire fa\u00e7on possible\u00a0: sans me poser jamais les bonnes questions.<br \/>\nJ\u2019avais re\u00e7u quelques violentes pouss\u00e9es au d\u00e9but\u00a0: Rimbaud (1965, quatorze ans), Mallarm\u00e9 (hiver 65-66), Lautr\u00e9amont (\u00e9t\u00e9 66, quinze ans), puis le surr\u00e9alisme, <em>dont <\/em>Artaud. Ces pouss\u00e9es avaient \u00e9t\u00e9 si fortes que je ne pouvais pas m\u2019arr\u00eater. Mais je p\u00e9dalais dans le vide. J\u2019\u00e9tais un po\u00e8te mis\u00e9rable qui n\u2019\u00e9tait pas capable de reconna\u00eetre sa maladresse et d\u2019essayer d\u2019en faire quelque chose.<br \/>\nTr\u00e8s t\u00f4t j\u2019avais compris qu\u2019un jour j\u2019arr\u00eaterais d\u2019\u00e9crire. Un po\u00e8te digne de ce nom \u00ab\u00a0arr\u00eatait d\u2019\u00e9crire\u00a0\u00bb, comme Rimbaud, et il n\u2019\u00e9tait pas pensable que la mort le surpr\u00eet \u00ab\u00a0la plume \u00e0 la main\u00a0\u00bb, etc. Toutefois, pour arr\u00eater, il fallait avoir commenc\u00e9, et j\u2019en \u00e9tais loin. Mon programme \u00e9tait donc tout trac\u00e9\u00a0: \u00e9crire enfin quelques grands textes, et <em>arr\u00eater<\/em>.<br \/>\n(Je n\u2019aurais jamais pu le mettre en \u0153uvre sans Martial Lengell\u00e9, qui me donna les deux premi\u00e8res bonnes id\u00e9es. La toute premi\u00e8re\u00a0: \u00e9crire de fa\u00e7on irresponsable, <em>via<\/em> des h\u00e9t\u00e9ronymes, fous ou idiots qui plus est, et ce fut <em>Cadavre grand m\u2019a racont\u00e9<\/em>. La seconde\u00a0: recourir \u00e0 une contrainte d\u2019\u00e9criture. La contrainte (me disait Martial) <em>lib\u00e9rait<\/em>. Ainsi avait-il <em>invent\u00e9<\/em> ce que j\u2019ai appel\u00e9 plus tard la <em>justification<\/em>\u00a0: tous les vers d\u2019un po\u00e8me devaient avoir la m\u00eame longueur millim\u00e9trique. Cependant\u2026 \u00e7a demandait un travail qui me parut au-dessus de mes forces et j\u2019inventai ma propre contrainte\u00a0: l\u2019arithmonymie\u00a0: tous les vers devaient avoir le m\u00eame <em>nombre de mots<\/em>. Et ce fut <em>H\u00f6lderlin au mirador<\/em>.<br \/>\nJe reviens maintenant \u00e0 cette histoire de <em>cessation de l\u2019activit\u00e9 po\u00e9tique<\/em>.<br \/>\nL\u2019injonction, venue de Rimbaud et d\u2019Andr\u00e9 Breton, se dressait toujours devant moi\u00a0: un vrai po\u00e8te arr\u00eate d\u2019\u00e9crire. C\u2019est en quelque sorte une question de morale.<br \/>\nApr\u00e8s le <em>Mirador<\/em>, je voulus \u00e9crire le livre que je croyais devoir \u00e0 un temps\u00a0: la jeunesse (mais plut\u00f4t, dans ce temps, la jeunesse comme principe) et \u00e0 un lieu\u00a0: Berck. Je pensais que ce serait mon <em>dernier<\/em> livre. Il se produisit alors ceci, \u00e0 quoi je ne m\u2019attendais pas vraiment\u00a0: je n\u2019arrivais pas \u00e0 <em>commencer<\/em> ce livre. J\u2019avais pourtant du mat\u00e9riau\u00a0: des souvenirs puissants et pr\u00e9cis, m\u00eame des \u00e9crits, des documents, laiss\u00e9s par des ami(e)s de ma jeunesse \u00e0 Berck. Il fallut un rude coup de <em>chance<\/em> pour que je me mette au travail. Il le fallut vraiment, parce que d\u00e8s que cette chance s\u2019\u00e9loigna, l\u2019\u00e9criture s\u2019arr\u00eata (2010). Et je publiai inachev\u00e9 ce tr\u00e8s long po\u00e8me, de fait narratif\u00a0: cette \u00e9pop\u00e9e d\u2019une jeunesse \u00e0 Berck.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-6653\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Filles-bleues_BackG.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"500\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Filles-bleues_BackG.jpg 500w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Filles-bleues_BackG-300x300.jpg 300w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Filles-bleues_BackG-150x150.jpg 150w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Filles-bleues_BackG-144x144.jpg 144w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Filles-bleues_BackG-366x366.jpg 366w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Filles-bleues_BackG-75x75.jpg 75w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Titre<\/em> \u00e9tait bien fait pour \u00eatre mon dernier livre\u00a0: c\u2019\u00e9tait un po\u00e8me <em>n\u00e9cessaire<\/em> (je ne <em>pouvais pas ne pas <\/em>l\u2019\u00e9crire), vrai, r\u00e9ussi (son inach\u00e8vement \u00e9tait, je m\u2019en avisai, la preuve m\u00eame de cette <em>r\u00e9ussite<\/em>).<br \/>\nOui, je n\u2019avais pu le terminer, la force cr\u00e9atrice s\u2019\u00e9tait comme recul\u00e9e, mise \u00e0 distance.<br \/>\nJe ne pouvais m\u00eame trouver le titre de ce livre, et ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s plusieurs jours que je mis sur la page de couverture ce mot souffl\u00e9 par l\u2019impatience et l\u2019esprit de d\u00e9rision\u00a0: <em>Titre<\/em>. Dans un acc\u00e8s soudain de m\u00e9tacratylisme (ou de cratylisme \u00e0 rebours\u00a0?) je rempla\u00e7ais donc le titre manquant par le <em>mot <\/em>\u00ab\u00a0titre\u00a0\u00bb\u00a0!<br \/>\nPour moi, donc, pas de doute possible\u00a0: <em>Titre<\/em> \u00e9tait mon meilleur et mon <em>dernier<\/em> livre.<br \/>\nEt en r\u00e9alit\u00e9 l\u2019inach\u00e8vement de ce \u00ab\u00a0meilleur et dernier livre\u00a0\u00bb n\u2019apportait-il pas la preuve, \u00e9vidente pour tous, que j\u2019\u00e9tais bel et bien et malgr\u00e9 tout un po\u00e8te, frapp\u00e9 par la <em>n\u00e9cessit\u00e9<\/em> d\u2019\u00e9crire et d\u2019arr\u00eater\u00a0? J\u2019arr\u00eatais donc. Pour peu de temps\u00a0: Florence Trocm\u00e9 me demanda de lui donner quelque chose de long pour Poezibao, son site, au moment m\u00eame o\u00f9 me venait l\u2019id\u00e9e (que je commen\u00e7ais par repousser) d\u2019une \u00e9pop\u00e9e en vers justifi\u00e9s sur mon enfance dans les bois de Wailly-Beaucamp. Je me d\u00e9cidai tr\u00e8s vite, et <em>Mont-Ruflet<\/em>, \u00e9crit assez facilement, parut en feuilleton dans Poezibao.<br \/>\nApr\u00e8s quoi je traversai une p\u00e9riode tr\u00e8s difficile, et repoussai \u00e0 plus tard la <em>cessation de (mon) activit\u00e9 po\u00e9tique<\/em>. Il me fallait d\u2019abord gu\u00e9rir, l\u2019\u00e9criture devint une th\u00e9rapie \u2013 apr\u00e8s quoi je pourrais repenser \u00e0 arr\u00eater.<br \/>\nJ\u2019en suis l\u00e0, apr\u00e8s avoir \u00e9crit <em>L\u2019Arche<\/em>, <em>Ajustement<\/em>, et un court po\u00e8me intitul\u00e9 <em>La Mouette<\/em> (ao\u00fbt 2018), commande de Pierre Vinclair pour sa<em> Sauvagerie<\/em>. Quant \u00e0 <em>Filles bleues<\/em>, ce n\u2019est qu\u2019une r\u00e9\u00e9criture, on n\u2019y trouve que <em>dix <\/em>vers in\u00e9dits\u00a0: le second dizain de ce po\u00e8me offert \u00e0 Pierre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>[2] \u00ab\u00a0Ne plus avoir l\u2019\u00e9nergie d\u2019\u00eatre\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais en r\u00e9alit\u00e9 <em>Filles bleues<\/em>, plut\u00f4t qu\u2019une r\u00e9\u00e9criture, est un recyclage. J\u2019ai s\u00e9lectionn\u00e9, reniflant ici, soupesant l\u00e0, un tiers, peut-\u00eatre, des textes que j\u2019avais produit sur la <em>plage<\/em> de Berck \u2013 pour n\u2019en faire, en r\u00e9alit\u00e9, qu\u2019un SEUL po\u00e8me \u2013 de deux-cents pages.<br \/>\nTa formule sur le retrait de \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9nergie d\u2019\u00eatre\u00a0\u00bb a retenu mon attention.<br \/>\nJ\u2019\u00e9cris en r\u00e9alit\u00e9 quand la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9crire se manifeste. Ce peut \u00eatre pour des raisons pr\u00e9cises (qui peuvent \u00eatre circonstancielles, et dont la profondeur ne m\u2019appara\u00eet pas tout de suite). Si je prends le cas de <em>Filles bleues<\/em>, c\u2019est le titre lui-m\u00eame qui vient me chercher, \u00ab\u00a0toque au carreau\u00a0\u00bb et m\u2019appelle. Pour moi c\u2019est un signal, que je n\u2019attendais pas forc\u00e9ment. Alors <em>Filles bleues<\/em> (ce titre) me dit tout de suite que ce qui va \u00eatre en jeu dans ce po\u00e8me c\u2019est la vieillesse, le retrait de \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9nergie d\u2019\u00eatre\u00a0\u00bb. Il n\u2019est pas question pour moi d\u2019en parler, quel int\u00e9r\u00eat\u00a0? mais il faut que je commence un nouveau travail, qui m\u2019engage enti\u00e8rement, et que je puisse trouver assez vite le niveau d\u2019\u00e9nergie minimal pour le faire.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-6650\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Plath_Berck.jpg\" alt=\"\" width=\"540\" height=\"302\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Plath_Berck.jpg 540w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Plath_Berck-300x168.jpg 300w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Plath_Berck-150x84.jpg 150w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Plath_Berck-366x205.jpg 366w\" sizes=\"auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai compris tr\u00e8s vite (je savais d\u00e9j\u00e0) que je n\u2019\u00e9crirais pas de nouveaux textes, je n\u2019en ai plus la force. Le titre donn\u00e9 indique la voie\u00a0: la jeunesse, les filles, la pouss\u00e9e vitale, la r\u00e9volte, un \u00e9lan sacrificiel. Voil\u00e0 <em>le temps<\/em>, le temps que je dois n\u00e9cessairement retrouver. Puis <em>le lieu<\/em>, puissant, et c\u2019est la plage de Berck, o\u00f9 je suis n\u00e9 (\u00e0 un hectom\u00e8tre pr\u00e8s), lieu stri\u00e9 de vie (le soleil, la vague, les mouettes\u2026 les filles).<br \/>\nSi je ne peux pas \u00e9crire de nouveaux textes, je me mets en qu\u00eate de ceux que je peux recycler (il n\u2019est pas m\u00eame question de r\u00e9\u00e9crire) et, \u00e0 partir du moment o\u00f9 je vois qu\u2019il y a de la mati\u00e8re, et dans cette mati\u00e8re, m\u00eame <em>d\u00e9pos\u00e9e<\/em>, de l\u2019\u00e9nergie, une pr\u00e9disposition \u00e0 bouger, \u00e0 se m\u00ealer, \u00e0 grouiller\u2026\u00a0 \u00e0 ce moment pr\u00e9cis j\u2019ai compris\u00a0: il faut faire de tous ces \u00e9crits, disparates, appartenant \u00e0 des \u00e9poques fort diff\u00e9rentes, UN po\u00e8me, un seul po\u00e8me, sous le titre nouveau de <em>Filles bleues<\/em>.<br \/>\nLa t\u00e2che n\u2019est pas \u00e9vidente et elle va demander une \u00e9nergie \u00e9norme, <em>dont je ne dispose plus moi, Ivar Ch\u2019Vavar<\/em>, mais qui court dans les textes eux-m\u00eames qui la stockent, mais surtout, potentiellement, dans leur mise en relation hasard\u00e9e et dans la configuration nouvelle. (J\u2019ajoute que plusieurs secteurs de ce grand po\u00e8me<em> ne sont pas de moi<\/em>, le <em>Berck-Plage<\/em> de Sylvia, des passages \u00e9clairs de Konrad Schmitt, des restes du roman <em>Les Allong\u00e9s<\/em> de Jeanne Galzy, prix F\u00e9mina 1923 \u2013 je ne compte pas mes h\u00e9t\u00e9ronymes).<br \/>\nLa mise en place, ou plut\u00f4t mise en circuit de <em>Filles bleues<\/em> n\u00e9cessite un travail de r\u00e9flexion si j\u2019ose dire tous azimuts, et tout particuli\u00e8rement sur les vecteurs de cr\u00e9ation que sont, parall\u00e8lement (ou perpendiculairement\u00a0?), la r\u00e9alit\u00e9 plastique (l\u2019image, dans son d\u00e9roul\u00e9) et la r\u00e9alit\u00e9 musicale (le vers, ou quelquefois la phrase, la ligne de prose).<br \/>\nLe texte lui-m\u00eame, pr\u00e9existant, du po\u00e8me, fonctionne alors comme un producteur d\u2019\u00e9nergie, et notamment de celle qu\u2019il tire de ses nouveaux branchements.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>[3] Sylvia Plath <\/strong>(\u00ab\u00a0la rumeur sourde d\u2019une plage fr\u00e9quent\u00e9e, au c\u0153ur de laquelle on entend la voix de la po\u00e8te am\u00e9ricaine, qui vient s\u2019engouffrer comme le vent dans les moindres interstices de ce monument bleu\u00a0\u00bb\u2026 \u00ab\u00a0On pourra aussi consid\u00e9rer <em>Filles bleues <\/em>comme un exercice d\u2019admiration de Sylvia Plath\u00a0\u00bb\u2026 \u00ab\u00a0N\u2019\u00e9difies-tu point l\u00e0 un monument au (futur) mort\u00a0?\u00a0\u00bb<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-6651\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Icv_filles_bleues.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"308\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Icv_filles_bleues.jpg 220w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Icv_filles_bleues-214x300.jpg 214w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/Icv_filles_bleues-107x150.jpg 107w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/>Comme tu sais j\u2019ai traduit trois fois le po\u00e8me de Sylvia, deux fois en fran\u00e7ais, la troisi\u00e8me fois en berckois \u2013 je ne pouvais pas ne pas le faire\u00a0! Mais, vu du c\u00f4t\u00e9 travail \u00e0 produire, cela n\u2019avait rien d\u2019\u00e9vident.<br \/>\nD\u2019abord il y a ce probl\u00e8me qu\u2019on conna\u00eet bien\u00a0: la po\u00e9sie anglo-saxonne, j\u2019en parle dans les notes de <em>Filles bleues<\/em>, est difficilement traduisible en fran\u00e7ais\u00a0: elle fonctionne sur un rythme press\u00e9 qui l\u2019enl\u00e8ve\u00a0; elle am\u00e8ne et fait passer des images quelquefois impossibles \u00e0 reprendre dans notre langue.<br \/>\nSecondement, il y a le cas Sylvia. Il y a dans son emportement quelque chose qui m\u2019\u00e9meut (me bouleverse) mais en m\u00eame temps me <em>braque<\/em>, et que j\u2019appellerai l\u2019auto-focalisation\u00a0! On remarquera que son texte, que je fais entrer trois fois dans <em>Filles bleues<\/em>, s\u2019y installe de fa\u00e7on un peu brutale, sans \u00e9gard pour les autres, et comme s\u2019ils n\u2019existaient pas, \u00e0 vrai dire\u00a0! <em>Mes<\/em> filles bleues sont un peu plus d\u00e9licates, dans leur brutalit\u00e9 m\u00eame. Cependant Sylvia est bien l\u00e0 et \u00e0 sa place, et je baise l\u2019empreinte de ses pas sur mes sables\u00a0! Voil\u00e0 mon \u00ab\u00a0exercice d\u2019admiration de Sylvia Plath\u00a0\u00bb.<br \/>\nQuant \u00e0 ta troisi\u00e8me question \u00e0 propos de Sylvia\u00a0: \u00ab\u00a0N\u2019\u00e9difies-tu point l\u00e0 un monument au (futur) mort\u00a0?\u00a0\u00bb, je ne suis pas certain de bien la comprendre. Je hasarderais bien qu\u2019il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019un monument <em>au pass\u00e9 vivant<\/em>\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>[4] La vibration <\/strong>(\u00ab\u00a0On a continuellement une sensation de hors-temps, mais un hors-temps ancr\u00e9 dans le pass\u00e9\u00a0\u00bb\u2026 \u00ab\u00a0Le titre <em>Filles bleues<\/em> se justifie parce que celles qui extendent le po\u00e8me de Sylvia sur la plage\/page sont tes h\u00e9t\u00e9ronymes f\u00e9minins\u00a0\u00bb\u2026 \u00ab\u00a0et parce qu\u2019elles ont pris en passant les couleurs du ciel et de la mer\u00a0\u00bb\u2026 \u00ab\u00a0Ces po\u00e8mes disparates rassembl\u00e9s en un nouvel opus, dans un nouveau contexte, ne sont-ils pas de nouveaux po\u00e8mes\u00a0?\u00a0\u00bb<br \/>\nLe po\u00e8me est hors-temps m\u00eame s\u2019il vient du pass\u00e9, passe par aujourd\u2019hui (le cadre de la page), et vise demain (le vers, unit\u00e9 de base du texte, \u00ab\u00a0va vers\u00a0\u00bb). Myst\u00e9rieusement, il \u00e9chappe cependant \u00e0 la succession. Parce que chaque page repr\u00e9sente une unit\u00e9 de temps. Tourner la page arr\u00eate et relance le temps. \u2013 Lequel n\u2019est pas \u00ab\u00a0ancr\u00e9 dans le pass\u00e9\u00a0\u00bb (il n\u2019a jamais fait que passer, m\u00eame dans le moment o\u00f9 on l\u2019a cru suspendu). L\u2019\u00eatre du temps est de passer. C\u2019est la tension du <em>passer<\/em> que ce po\u00e8me essaie de saisir. Y compris dans la vibration que chaque fille bleue ressent, voit peut-\u00eatre \u2013 \u00e9coute, s\u00fbrement. Les filles sont bleues parce la Terre est bleue, parce que les <em>sables<\/em> sont bleus (avec pelures d\u2019oranges). Elles n\u2019ont pas \u00e0 \u00ab\u00a0extendre\u00a0\u00bb le po\u00e8me de Sylvia, mais \u00e0 lui faire place, sororalement.<br \/>\nCes po\u00e8mes disparates ne sont pas devenus \u00ab\u00a0de nouveaux po\u00e8mes\u00a0\u00bb. Plut\u00f4t les parties, aux formes et aux contenus vari\u00e9s, d\u2019UN po\u00e8me, qui emporte avec lui les strophes du <em>Berck-Plage<\/em> de Sylvia.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>4 janvier 2026 D\u2019Ivar Ch\u2019Vavar \u00e0 Jean-Pascal Dubost [lire le texte de Jean-Pascal Dubost] &nbsp; [1] \u00ab\u00a0Cessation d\u2019activit\u00e9 po\u00e9tique\u00a0\u00bb Mon activit\u00e9 po\u00e9tique aura \u00e9t\u00e9 une assez triste histoire, m\u00ealant volontarisme idiot, aveuglement, paresse abyssale. J\u2019avan\u00e7ais tr\u00e8s difficilement et pourtant je ne pensais qu\u2019\u00e0 la po\u00e9sie. Mais j\u2019y pensais de la pire fa\u00e7on possible\u00a0: sans me poser jamais les bonnes questions. J\u2019avais re\u00e7u quelques violentes pouss\u00e9es au d\u00e9but\u00a0: Rimbaud (1965, quatorze ans), Mallarm\u00e9 (hiver 65-66), Lautr\u00e9amont (\u00e9t\u00e9 66, quinze ans), puis le surr\u00e9alisme, dont Artaud. Ces pouss\u00e9es avaient \u00e9t\u00e9 si fortes que je ne pouvais pas m\u2019arr\u00eater. Mais je p\u00e9dalais dans le vide. J\u2019\u00e9tais un po\u00e8te mis\u00e9rable qui n\u2019\u00e9tait pas capable de reconna\u00eetre sa maladresse et d\u2019essayer d\u2019en faire quelque chose. Tr\u00e8s t\u00f4t j\u2019avais compris qu\u2019un jour j\u2019arr\u00eaterais d\u2019\u00e9crire. Un po\u00e8te digne de ce nom \u00ab\u00a0arr\u00eatait d\u2019\u00e9crire\u00a0\u00bb, comme Rimbaud, et il n\u2019\u00e9tait pas pensable que la mort le surpr\u00eet \u00ab\u00a0la plume \u00e0 la main\u00a0\u00bb, etc. Toutefois, pour arr\u00eater, il fallait avoir commenc\u00e9, et j\u2019en \u00e9tais loin. Mon programme \u00e9tait donc tout trac\u00e9\u00a0: \u00e9crire enfin quelques grands textes, et arr\u00eater. (Je n\u2019aurais jamais pu le mettre en \u0153uvre sans Martial Lengell\u00e9, qui me donna les deux premi\u00e8res bonnes id\u00e9es. La toute premi\u00e8re\u00a0: \u00e9crire de fa\u00e7on irresponsable, via des h\u00e9t\u00e9ronymes, fous ou idiots qui plus est, et ce fut Cadavre grand m\u2019a racont\u00e9. La seconde\u00a0: recourir \u00e0 une contrainte d\u2019\u00e9criture. La contrainte (me disait Martial) lib\u00e9rait. Ainsi avait-il invent\u00e9 ce que j\u2019ai appel\u00e9 plus tard la justification\u00a0: tous les vers d\u2019un po\u00e8me devaient avoir la m\u00eame longueur millim\u00e9trique. Cependant\u2026 \u00e7a demandait un travail qui me parut au-dessus de mes forces et j\u2019inventai ma propre contrainte\u00a0: l\u2019arithmonymie\u00a0: tous les vers devaient avoir le m\u00eame nombre de mots. Et ce fut H\u00f6lderlin au mirador. Je reviens maintenant \u00e0 cette histoire de cessation de l\u2019activit\u00e9 po\u00e9tique. L\u2019injonction, venue de Rimbaud et d\u2019Andr\u00e9 Breton, se dressait toujours devant moi\u00a0: un vrai po\u00e8te arr\u00eate d\u2019\u00e9crire. C\u2019est en quelque sorte une question de morale. Apr\u00e8s le Mirador, je voulus \u00e9crire le livre que je croyais devoir \u00e0 un temps\u00a0: la jeunesse (mais plut\u00f4t, dans ce temps, la jeunesse comme principe) et \u00e0 un lieu\u00a0: Berck. Je pensais que ce serait mon dernier livre. Il se produisit alors ceci, \u00e0 quoi je ne m\u2019attendais pas vraiment\u00a0: je n\u2019arrivais pas \u00e0 commencer ce livre. J\u2019avais pourtant du mat\u00e9riau\u00a0: des souvenirs puissants et pr\u00e9cis, m\u00eame des \u00e9crits, des documents, laiss\u00e9s par des ami(e)s de ma jeunesse \u00e0 Berck. Il fallut un rude coup de chance pour que je me mette au travail. Il le fallut vraiment, parce que d\u00e8s que cette chance s\u2019\u00e9loigna, l\u2019\u00e9criture s\u2019arr\u00eata (2010). Et je publiai inachev\u00e9 ce tr\u00e8s long po\u00e8me, de fait narratif\u00a0: cette \u00e9pop\u00e9e d\u2019une jeunesse \u00e0 Berck. Titre \u00e9tait bien fait pour \u00eatre mon dernier livre\u00a0: c\u2019\u00e9tait un po\u00e8me n\u00e9cessaire (je ne pouvais pas ne pas l\u2019\u00e9crire), vrai, r\u00e9ussi (son inach\u00e8vement \u00e9tait, je m\u2019en avisai, la preuve m\u00eame de cette r\u00e9ussite). Oui, je n\u2019avais pu le terminer, la force cr\u00e9atrice s\u2019\u00e9tait comme recul\u00e9e, mise \u00e0 distance. Je ne pouvais m\u00eame trouver le titre de ce livre, et ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s plusieurs jours que je mis sur la page de couverture ce mot souffl\u00e9 par l\u2019impatience et l\u2019esprit de d\u00e9rision\u00a0: Titre. Dans un acc\u00e8s soudain de m\u00e9tacratylisme (ou de cratylisme \u00e0 rebours\u00a0?) je rempla\u00e7ais donc le titre manquant par le mot \u00ab\u00a0titre\u00a0\u00bb\u00a0! Pour moi, donc, pas de doute possible\u00a0: Titre \u00e9tait mon meilleur et mon dernier livre. Et en r\u00e9alit\u00e9 l\u2019inach\u00e8vement de ce \u00ab\u00a0meilleur et dernier livre\u00a0\u00bb n\u2019apportait-il pas la preuve, \u00e9vidente pour tous, que j\u2019\u00e9tais bel et bien et malgr\u00e9 tout un po\u00e8te, frapp\u00e9 par la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9crire et d\u2019arr\u00eater\u00a0? J\u2019arr\u00eatais donc. Pour peu de temps\u00a0: Florence Trocm\u00e9 me demanda de lui donner quelque chose de long pour Poezibao, son site, au moment m\u00eame o\u00f9 me venait l\u2019id\u00e9e (que je commen\u00e7ais par repousser) d\u2019une \u00e9pop\u00e9e en vers justifi\u00e9s sur mon enfance dans les bois de Wailly-Beaucamp. Je me d\u00e9cidai tr\u00e8s vite, et Mont-Ruflet, \u00e9crit assez facilement, parut en feuilleton dans Poezibao. Apr\u00e8s quoi je traversai une p\u00e9riode tr\u00e8s difficile, et repoussai \u00e0 plus tard la cessation de (mon) activit\u00e9 po\u00e9tique. Il me fallait d\u2019abord gu\u00e9rir, l\u2019\u00e9criture devint une th\u00e9rapie \u2013 apr\u00e8s quoi je pourrais repenser \u00e0 arr\u00eater. J\u2019en suis l\u00e0, apr\u00e8s avoir \u00e9crit L\u2019Arche, Ajustement, et un court po\u00e8me intitul\u00e9 La Mouette (ao\u00fbt 2018), commande de Pierre Vinclair pour sa Sauvagerie. Quant \u00e0 Filles bleues, ce n\u2019est qu\u2019une r\u00e9\u00e9criture, on n\u2019y trouve que dix vers in\u00e9dits\u00a0: le second dizain de ce po\u00e8me offert \u00e0 Pierre. [2] \u00ab\u00a0Ne plus avoir l\u2019\u00e9nergie d\u2019\u00eatre\u00a0\u00bb Mais en r\u00e9alit\u00e9 Filles bleues, plut\u00f4t qu\u2019une r\u00e9\u00e9criture, est un recyclage. J\u2019ai s\u00e9lectionn\u00e9, reniflant ici, soupesant l\u00e0, un tiers, peut-\u00eatre, des textes que j\u2019avais produit sur la plage de Berck \u2013 pour n\u2019en faire, en r\u00e9alit\u00e9, qu\u2019un SEUL po\u00e8me \u2013 de deux-cents pages. Ta formule sur le retrait de \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9nergie d\u2019\u00eatre\u00a0\u00bb a retenu mon attention. J\u2019\u00e9cris en r\u00e9alit\u00e9 quand la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9crire se manifeste. Ce peut \u00eatre pour des raisons pr\u00e9cises (qui peuvent \u00eatre circonstancielles, et dont la profondeur ne m\u2019appara\u00eet pas tout de suite). Si je prends le cas de Filles bleues, c\u2019est le titre lui-m\u00eame qui vient me chercher, \u00ab\u00a0toque au carreau\u00a0\u00bb et m\u2019appelle. Pour moi c\u2019est un signal, que je n\u2019attendais pas forc\u00e9ment. Alors Filles bleues (ce titre) me dit tout de suite que ce qui va \u00eatre en jeu dans ce po\u00e8me c\u2019est la vieillesse, le retrait de \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9nergie d\u2019\u00eatre\u00a0\u00bb. Il n\u2019est pas question pour moi d\u2019en parler, quel int\u00e9r\u00eat\u00a0? mais il faut que je commence un nouveau travail, qui m\u2019engage enti\u00e8rement, et que je puisse trouver assez vite le niveau d\u2019\u00e9nergie minimal pour le faire. J\u2019ai compris tr\u00e8s vite (je savais d\u00e9j\u00e0) que je n\u2019\u00e9crirais pas de nouveaux textes, je n\u2019en ai plus la force. Le titre donn\u00e9 indique la voie\u00a0: la jeunesse, les filles, la pouss\u00e9e vitale, la r\u00e9volte, un \u00e9lan sacrificiel. Voil\u00e0 le temps, le temps que je dois n\u00e9cessairement retrouver. Puis le lieu, puissant, et c\u2019est la plage de Berck, o\u00f9 je suis n\u00e9 (\u00e0 un&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":6647,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[35,7,2],"tags":[2829,2830,37,918,985,2826],"class_list":["post-6749","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chronique","category-livres-recus","category-une","tag-chvavar-berck","tag-chvavar-recyclage","tag-editions-lurlure","tag-ivar-chvavar","tag-jean-pascal-dubost","tag-sylvia-plath"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6749","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6749"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6749\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6752,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6749\/revisions\/6752"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6647"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6749"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6749"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6749"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}