{"id":76,"date":"2021-03-21T06:28:00","date_gmt":"2021-03-21T05:28:00","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=76"},"modified":"2021-04-27T06:30:03","modified_gmt":"2021-04-27T04:30:03","slug":"news-news-du-dimanche-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2021\/03\/21\/news-news-du-dimanche-3\/","title":{"rendered":"[News] News du dimanche"},"content":{"rendered":"\n<p>On pourrait avoir envie de raconter une fable intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;Le Coq confine ses ouailles en libert\u00e9 surveill\u00e9e&nbsp;\u00bb\u2026 Mais las, il n\u2019est que trop de fabulistes\u2026<br>Commen\u00e7ons plut\u00f4t par d\u00e9couvrir le Livre de la semaine (<strong><em>Marche-fronti\u00e8re<\/em><\/strong>), avant de retrouver les \u00ab&nbsp;nouvelles aventures d\u2019Ovaine&nbsp;\u00bb (Tristan Felix) et de noter les <strong>Libr-\u00e9v\u00e9nements<\/strong> \u00e0 venir en ligne\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le livre de la semaine \/Fabrice Thumerel\/<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u25ba&nbsp;<\/strong>Ahmed SLAMA, <a href=\"https:\/\/www.publie.net\/livre\/marche-frontiere-ahmed-slama\/\"><em><strong>Marche-fronti\u00e8re<\/strong><\/em><\/a>, \u00e9ditions Publie.net, mars 2021, 130 pages, 13 \u20ac, ISBN : 978-2-37177-607-4.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;\u2026 le pi\u00e8ge c\u2019est la plainte, pas la complainte&nbsp;\u00bb (108).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Devenir le sujet de ses pens\u00e9es, non plus subir&nbsp;\u00bb (109).<\/p>\n\n\n\n<p>Marche-fronti\u00e8re\u2026 tout le contraire du garde-fronti\u00e8re, donc : trou(v)er \/ for(c)er un passage, une ouverture dans un monde que les nationalismes et identitarismes ont cadenass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/SlamaMarche.jpg\" rel=\"prettyphoto[76]\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/SlamaMarche.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-17887\"\/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Qu\u2019on se rem\u00e9more ce passage de <em>Candide<\/em> dans lequel Dieu est compar\u00e9 \u00e0 un capitaine pour qui les hommes du navire n\u2019ont pas plus d\u2019importance que les rats de la cale\u2026 Aujourd\u2019hui, ce sont les occidentaux qui consid\u00e8rent comme des rats les migrants, ces \u00eatres qui sont assign\u00e9s \u00e0 l\u2019entre-deux, ni vraiment \u00e9migr\u00e9s ni vraiment immigr\u00e9s, entre deux pays et deux langues&nbsp;\u2013 ce dont rend compte le texte de cette \u00e9pop\u00e9e r\u00e9demptrice par une \u00e9criture du flux qui troue le fran\u00e7ais de mots arabes.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019identitarisme est un luxe de propri\u00e9taire : contre l\u2019Autre, il exhibe son identit\u00e9, son patrimoine, son Histoire ; comme le Salaud sartrien, il poss\u00e8de des droits, un permis d\u2019exister, une n\u00e9cessit\u00e9 \u2013 savoir, &nbsp;une justification qui l\u2019extirpe de sa contingence. Mais un migrant, qui plus est malchanceux, sans patrie ni papier : pas de papier, pas de travail ; pas de travail, pas de justification sociale et donc pas de permis de s\u00e9jour\u2026 telle est la spirale d\u00e9shumanisante.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019angoisse que l\u2019\u00e9tranger \u00e9prouve n\u2019a rien de m\u00e9taphysique : il se sent vraiment <em>en trop<\/em>. La confrontation au miroir r\u00e9v\u00e8le son ali\u00e9nation, lui qui est \u00e0 ce point d\u00e9poss\u00e9d\u00e9 de soi par l\u2019incorporation physique et mentale des repr\u00e9sentations dominantes qu\u2019il va jusqu\u2019\u00e0 s\u2019identifier \u00e0 un rat. Voici la fa\u00e7on dont il se per\u00e7oit comme autre dans le miroir :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab [\u2026] raciste envers moi-m\u00eame et les autres, pas ce racisme radical de la hi\u00e9rarchie des \u00eatres, non le racisme inconscient, insidieux, [\u2026] je refuse la couleur de ma peau, en me regardant comme \u00e7a, me suis dit que non, \u00e7a cadre pas, ces mots qui sortent, ils ne cadrent pas avec la couleur de ma peau, la forme de mon nez, non, le phras\u00e9, mon phras\u00e9, les tournures, les mots parfois recherch\u00e9s, comme si cette pigmentation, elle m\u2019obligeait \u00e0 parler \u00ab&nbsp;petit n\u00e8gre&nbsp;\u00bb, des mots et des expressions simples. D\u2019o\u00f9 \u00e7a pourrait venir ? les repr\u00e9sentations, enfin je crois. La t\u00e9l\u00e9, la presse, les discours. Partout, tout le temps et des deux c\u00f4t\u00e9s de la M\u00e9diterran\u00e9e. Repr\u00e9sentation de l\u2019africain et de l\u2019arabe. Une \u00e9ponge, j\u2019ai tout absorb\u00e9. L\u2019africain et l\u2019arabe, manutentionnaire ou violeur. Le nord-africain et l\u2019alg\u00e9rien, footballeur ou terroriste. Le berb\u00e8re ou le kabyle, sauvage et sans raison. Indig\u00e8ne sans cervelle. \u00bb&nbsp;(p. 105).<\/p>\n\n\n\n<p>Rien\u2026 l\u2019\u00e9tranger n\u2019a rien et n\u2019est rien. D\u00e9poss\u00e9d\u00e9 de tout, et m\u00eame de son Histoire par les biais culturels propres \u00e0 l\u2019arabe standard comme au fran\u00e7ais. D\u2019o\u00f9 un patient travail sur soi et en soi pour se lib\u00e9rer, au moyen d\u2019un parler populaire propre et d\u2019une m\u00e9thode : \u00ab&nbsp;R\u00e9pertorier, cat\u00e9goriser les discours, les images, les d\u00e9lires qui ont infl\u00e9chi et fl\u00e9chissent le comportement&nbsp;\u00bb (111).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les Nouvelles aventures d\u2019Ovaine \/Tristan Felix\/<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u25ca Sur la route, Ovaine distille ses pens\u00e9es \u00e0 un degr\u00e9 si \u00e9lev\u00e9 qu\u2019elle doit repasser son permis pour conduite en \u00e9tat d\u2019ivresse. L\u2019agent&nbsp; est formel.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, avec un fer \u00e0 repasser elle s\u2019applique \u00e0 bien d\u00e9chiffonner son document, sous l\u2019oeil vitreux de son alcoolyte de loup.<\/p>\n\n\n\n<p>De retour dans son auto, elle appuie sur le champignon si fort que le bolide bondit d\u2019un bond tandis qu\u2019Ovaine, rest\u00e9e sur place, m\u00e9dite sur le sens de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019agent furibond, du fin fond de l\u2019horizon, revient en tra\u00eenant une carcasse fumante.<\/p>\n\n\n\n<p>Ovaine lui tend bravement son permis tout neuf.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019agent, confondu, prend place \u00e0 cot\u00e9 d\u2019elle et, comme il a d\u00e9j\u00e0 de la bouteille, lui interdit le champignon \u00e0 tout jamais.<\/p>\n\n\n\n<p>\u25ca&nbsp;Ovaine s\u2019est entich\u00e9e d\u2019un revenant haut comme un dieu et maigre comme une feuille.<\/p>\n\n\n\n<p>Devant le poids de la t\u00e2che, Ovaine se r\u00e9fugie sous une pile de matelas.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle attend qu\u2019expire son \u00e9moi lorsqu\u2019elle sent au-dessus d\u2019elle un poids d\u00e9mesur\u00e9ment lourd.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce ne peut \u00eatre que le roi, au soir de sa vie, venu tout mouill\u00e9 reposer son vieux corps couvert de velours.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, c\u2019est le roi, mang\u00e9 de rides, avec ses mains tremblantes et ses dents qui chicotent.<\/p>\n\n\n\n<p>Ovaine, pour s\u2019assurer que c\u2019est bien lui, le prend en photo et (je vous jure que c\u2019est vrai), au d\u00e9clic, le voil\u00e0 qui se transforme en petit pois.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright\"><a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/TristanFelix.jpg\" rel=\"prettyphoto[76]\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/TristanFelix.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-16296\"\/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>\u25ca&nbsp;Ovaine sait fabriquer de l\u2019eau d\u00e9shydrat\u00e9e (voir son casier judiciaire) pour all\u00e9ger ses \u00e9vasions.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais pour p\u00e9tiller dans le d\u00e9sert o\u00f9 nul ne la pourra retrouver, elle r\u00eave d\u2019eau gazeuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment donc mettre les gaz sous vide ?<\/p>\n\n\n\n<p>Rien de plus simple : elle cesse de respirer et les bulles serrent les fessons. Un truc de r\u00e9cidiviste.<\/p>\n\n\n\n<p>Arriv\u00e9e dans le d\u00e9sert, o\u00f9 transhument les \u00e2mes galeuses, Ovaine sent qu\u2019il y a comme de l\u2019eau dans le gaz.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle fait alors appel du jugement dernier et la condamnation du Juge fait pschitt\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u25ca&nbsp;Coiff\u00e9e d\u2019un casque \u00e0 nattes, arm\u00e9e d\u2019une lance et d\u2019une cotte en alu, Ovaine se pr\u00e9sente au Concours National d\u2019Hallucinations.<\/p>\n\n\n\n<p>Au moment d\u2019entrer en lice, elle croit n\u2019en pas croire ses oreilles tant la voix qui retentit fait comme du tonnerre :<\/p>\n\n\n\n<p>Dieu lui parle en personne : elle doit brouter les Anglais hors de France.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a beau r\u00e9torquer que \u00e7a a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 fait, Il insiste.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans h\u00e9siter, elle fonce alors droit devant elle, nattes au vent, si vite que son cheval a peine \u00e0 la suivre.<\/p>\n\n\n\n<p>Illico recal\u00e9e pour avoir cru Dieu sur parole, elle s\u2019en retourne rallumer ses visions \u00e0 la lueur de son b\u00fbcher.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Libr-\u00e9v\u00e9nements<\/strong><strong>\u25ba&nbsp;<\/strong>Avec ses <em><strong>Donn\u00e9es du r\u00e9el<\/strong><\/em> (parues aux \u00e9ditions Ni fait ni \u00e0 faire), Johan Grzelczyk dresse le constat d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 (politique, esth\u00e9tique, sociale mais aussi sensible, autobiographique\u2026) en m\u00eame temps qu\u2019il tend \u00e0 la d\u00e9stabiliser en subvertissant la langue. La performance qui en est issue donne \u00e0 entendre les soubresauts de notre \u00e9poque sous la forme d\u2019un flux remis en cause \u00e0 mesure qu\u2019il s\u2019\u00e9nonce, chaque exp\u00e9rience du monde affirmant sa singularit\u00e9 et sa tonalit\u00e9 propre. Cette lecture est organis\u00e9e dans le cadre du 23e Printemps des Po\u00e8tes. L\u2019\u00e9v\u00e9nement aura lieu en ligne, retransmis en direct sur pod.uphf.fr &gt; Directs &gt; Biblioth\u00e8que universitaire.<br>L\u2019acc\u00e8s est libre et gratuit, sans inscription, pour tous. Pour toute question : anim-bu@uphf.fr<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/GrzyckDonn\u00e9esR\u00e9el.jpg\" rel=\"prettyphoto[76]\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/GrzyckDonn\u00e9esR\u00e9el.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-17889\"\/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><strong>\u25ba 8 et 9 avril 2021, Les \u00e9crits du num\u00e9rique #5 :&nbsp;<\/strong><strong>T\u00e9l\u00e9\/graphie(s)<\/strong> (<a href=\"https:\/\/alphabetville.org\/evenements\/\"><strong>Alphabetville<\/strong><\/a> et La Marelle, en partenariat avec l\u2019observatoire Leonardo, l\u2019Ensad, l\u2019IRI).<\/p>\n\n\n\n<p><em>Les \u00ab&nbsp;Ecrits du num\u00e9rique&nbsp;\u00bb sont des temps de rencontres, d\u2019\u00e9changes et d\u2019information sur ces pratiques, dont l\u2019objectif est de&nbsp;: transmettre autour des exp\u00e9riences r\u00e9centes de cr\u00e9ation et publication num\u00e9rique&nbsp;; consid\u00e9rer l\u2019actualit\u00e9 et les perspectives technologiques des supports d\u2019\u00e9dition num\u00e9rique&nbsp;; d\u00e9couvrir les formes litt\u00e9raires num\u00e9riques avec des auteurs et\/ou d\u00e9veloppeurs informatiques\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La crise sanitaire due au virus COVID-19 a g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 un fait d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s r\u00e9pandu \u2013 notamment apparu depuis le processus de num\u00e9risation et l\u2019acc\u00e8s public au web, accru par le d\u00e9veloppement exponentiel de ses applications et via nombre d\u2019objets techniques -, qu\u2019est le rapport r\u00e9current aux \u00e9crans, les activit\u00e9s et les relations par t\u00e9l\u00e9technologies. Ce dans un flux presque ininterrompu, incessant, promu par le capitalisme 24\/7 analys\u00e9 par Jonathan Crary, et le tout r\u00e9cent \u00ab&nbsp;screen new deal&nbsp;\u00bb d\u00e9nonc\u00e9 par Naomi Klein.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Morse-Numerique5.jpg\" rel=\"prettyphoto[76]\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Morse-Numerique5.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-17890\"\/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Cette tendance technique de la t\u00e9l\u00e9activit\u00e9 et de la r\u00e9ticulation (anti-)sociale a conduit \u00ab&nbsp;\u00e0 une nouvelle augmentation du temps pass\u00e9 devant des \u00e9crans de toutes sortes&nbsp;\u00bb, dont les fonctions se sont red\u00e9finies et \u00e9largies \u00ab&nbsp;\u00e0 mille activit\u00e9s, notamment professionnelles&nbsp;\u00bb (Bernard Stiegler, <em>La Technique et le Temps III<\/em>), mais aussi domestiques, indiff\u00e9remment, et parfois confus\u00e9ment, publiques et priv\u00e9es. Et g\u00e9n\u00e9rant un commerce et une \u00e9conomie des in-existences, absorb\u00e9es, d\u00e9sincarn\u00e9es et disloqu\u00e9es par le temps et l\u2019espace machiniques des r\u00e9seaux num\u00e9riques, installant une spectralit\u00e9, qualifi\u00e9e par Jacques Derrida d\u2019\u00ab&nbsp;hantologie&nbsp;\u00bb, une \u00ab&nbsp;logique de la hantise&nbsp;\u00bb, sans r\u00e9elle opposition entre pr\u00e9sence et absence, \u00ab&nbsp;non-pr\u00e9sence&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;vie et non-vie&nbsp;\u00bb,&nbsp;dont les t\u00e9l\u00e9technologies seraient la production sous forme de simulacre, et dont les formes d\u2019inscription produiraient une \u00ab&nbsp;spectrographie&nbsp;\u00bb&nbsp;(Jacques Derrida, <em>Spectres de Marx<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/ecrit-numerique-5.jpg\" rel=\"prettyphoto[76]\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/ecrit-numerique-5.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-17891\"\/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Or, ce\u00ab&nbsp;pan-\u00e9cranisme&nbsp;\u00bb semble devenu un espace et un temps subis, calcul\u00e9s, format\u00e9s, dans un ordre soumis \u00e0 la computation, de tout et en tout, c\u2019est-\u00e0-dire de toutes nos actions et de leurs traces, inscrites en tous medias, englob\u00e9es dans les m\u00e9moires de ces organes artificiels r\u00e9ticul\u00e9s, \u00ab&nbsp;technologies relationnelles&nbsp;\u00bb qui nous relient autant qu\u2019elles nous d\u00e9lient, capturant et capitalisant nos actes et nos pens\u00e9es, nos affects et nos psychismes, nos organes et leur sensorialit\u00e9, notre amicalit\u00e9 et ses signaux, dans une instrumentalit\u00e9 \u00ab&nbsp;d\u00e9j\u00e0-l\u00e0 et d\u00e9termin\u00e9e&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, sera pris en consid\u00e9ration le contexte de la grammatisation (technique de reproduction) num\u00e9rique telle qu\u2019elle discr\u00e9tise gestes et symboles sous le paradigme du traitement automatique et calculatoire de l\u2019information, et o\u00f9 toute \u00e9criture, naturelle (geste) ou artificielle (symbole), est donc engramm\u00e9e et transmise num\u00e9riquement.<\/p>\n\n\n\n<p>Des t\u00e9l\u00e9-grammes donc, ou de l\u2019extension du domaine de la t\u00e9l\u00e9graphie, accomplie par le temps de la pand\u00e9mie et de la distanciation sociale, temps maladif, retir\u00e9, isol\u00e9, confin\u00e9, o\u00f9 l\u2019attention est transform\u00e9e, l\u2019action appareill\u00e9e et la relation m\u00e9di\u00e9e, ou non imm\u00e9diate, li\u00e9e \u00e0 une machinisation, ou machination&nbsp;: o\u00f9 toute \u00e9criture, naturelle (geste) ou artificielle (symbole), est engramm\u00e9e et transmise num\u00e9riquement.<\/p>\n\n\n\n<p>Du grec ancien&nbsp;<em>t\u00e9l\u00e9<\/em>, loin, et&nbsp;<em>graphein<\/em>, \u00e9criture, c\u2019est \u00e0 ce(s) mode(s) de transmission \u00e0 longue distance que nous nous int\u00e9resserons lors de cette cinqui\u00e8me \u00e9dition des <strong>Ecrits du num\u00e9rique<\/strong>,&nbsp;en tentant d\u2019actualiser les aspects de leurs formalisations autant que le sens de leur performativit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors de cette \u00e9dition seront propos\u00e9s des dialogues entre praticiens (auteurs, artistes, metteurs en sc\u00e8ne, designers\u2026) et th\u00e9oriciens (philosophes, historiens, critiques\u2026) afin de donner des perspectives critiques, autant pratiques que th\u00e9oriques, face \u00e0 nos conditions m\u00e9diatiques et imm\u00e9diates, provoquant choc, d\u00e9sorientation et incertitude. Nous proposons ainsi de tenter de <em>panser<\/em> ce que nous faisons.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On pourrait avoir envie de raconter une fable intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;Le Coq confine ses ouailles en libert\u00e9 surveill\u00e9e&nbsp;\u00bb\u2026 Mais las, il n\u2019est que trop de fabulistes\u2026Commen\u00e7ons plut\u00f4t par d\u00e9couvrir le Livre de la semaine (Marche-fronti\u00e8re), avant de retrouver les \u00ab&nbsp;nouvelles aventures d\u2019Ovaine&nbsp;\u00bb (Tristan Felix) et de noter les Libr-\u00e9v\u00e9nements \u00e0 venir en ligne\u2026 Le livre de la semaine \/Fabrice Thumerel\/ \u25ba&nbsp;Ahmed SLAMA, Marche-fronti\u00e8re, \u00e9ditions Publie.net, mars 2021, 130 pages, 13 \u20ac, ISBN : 978-2-37177-607-4. \u00ab&nbsp;\u2026 le pi\u00e8ge c\u2019est la plainte, pas la complainte&nbsp;\u00bb (108). \u00ab&nbsp;Devenir le sujet de ses pens\u00e9es, non plus subir&nbsp;\u00bb (109). Marche-fronti\u00e8re\u2026 tout le contraire du garde-fronti\u00e8re, donc : trou(v)er \/ for(c)er un passage, une ouverture dans un monde que les nationalismes et identitarismes ont cadenass\u00e9. Qu\u2019on se rem\u00e9more ce passage de Candide dans lequel Dieu est compar\u00e9 \u00e0 un capitaine pour qui les hommes du navire n\u2019ont pas plus d\u2019importance que les rats de la cale\u2026 Aujourd\u2019hui, ce sont les occidentaux qui consid\u00e8rent comme des rats les migrants, ces \u00eatres qui sont assign\u00e9s \u00e0 l\u2019entre-deux, ni vraiment \u00e9migr\u00e9s ni vraiment immigr\u00e9s, entre deux pays et deux langues&nbsp;\u2013 ce dont rend compte le texte de cette \u00e9pop\u00e9e r\u00e9demptrice par une \u00e9criture du flux qui troue le fran\u00e7ais de mots arabes. L\u2019identitarisme est un luxe de propri\u00e9taire : contre l\u2019Autre, il exhibe son identit\u00e9, son patrimoine, son Histoire ; comme le Salaud sartrien, il poss\u00e8de des droits, un permis d\u2019exister, une n\u00e9cessit\u00e9 \u2013 savoir, &nbsp;une justification qui l\u2019extirpe de sa contingence. Mais un migrant, qui plus est malchanceux, sans patrie ni papier : pas de papier, pas de travail ; pas de travail, pas de justification sociale et donc pas de permis de s\u00e9jour\u2026 telle est la spirale d\u00e9shumanisante. L\u2019angoisse que l\u2019\u00e9tranger \u00e9prouve n\u2019a rien de m\u00e9taphysique : il se sent vraiment en trop. La confrontation au miroir r\u00e9v\u00e8le son ali\u00e9nation, lui qui est \u00e0 ce point d\u00e9poss\u00e9d\u00e9 de soi par l\u2019incorporation physique et mentale des repr\u00e9sentations dominantes qu\u2019il va jusqu\u2019\u00e0 s\u2019identifier \u00e0 un rat. Voici la fa\u00e7on dont il se per\u00e7oit comme autre dans le miroir : \u00ab [\u2026] raciste envers moi-m\u00eame et les autres, pas ce racisme radical de la hi\u00e9rarchie des \u00eatres, non le racisme inconscient, insidieux, [\u2026] je refuse la couleur de ma peau, en me regardant comme \u00e7a, me suis dit que non, \u00e7a cadre pas, ces mots qui sortent, ils ne cadrent pas avec la couleur de ma peau, la forme de mon nez, non, le phras\u00e9, mon phras\u00e9, les tournures, les mots parfois recherch\u00e9s, comme si cette pigmentation, elle m\u2019obligeait \u00e0 parler \u00ab&nbsp;petit n\u00e8gre&nbsp;\u00bb, des mots et des expressions simples. D\u2019o\u00f9 \u00e7a pourrait venir ? les repr\u00e9sentations, enfin je crois. La t\u00e9l\u00e9, la presse, les discours. Partout, tout le temps et des deux c\u00f4t\u00e9s de la M\u00e9diterran\u00e9e. Repr\u00e9sentation de l\u2019africain et de l\u2019arabe. Une \u00e9ponge, j\u2019ai tout absorb\u00e9. L\u2019africain et l\u2019arabe, manutentionnaire ou violeur. Le nord-africain et l\u2019alg\u00e9rien, footballeur ou terroriste. Le berb\u00e8re ou le kabyle, sauvage et sans raison. Indig\u00e8ne sans cervelle. \u00bb&nbsp;(p. 105). Rien\u2026 l\u2019\u00e9tranger n\u2019a rien et n\u2019est rien. D\u00e9poss\u00e9d\u00e9 de tout, et m\u00eame de son Histoire par les biais culturels propres \u00e0 l\u2019arabe standard comme au fran\u00e7ais. D\u2019o\u00f9 un patient travail sur soi et en soi pour se lib\u00e9rer, au moyen d\u2019un parler populaire propre et d\u2019une m\u00e9thode : \u00ab&nbsp;R\u00e9pertorier, cat\u00e9goriser les discours, les images, les d\u00e9lires qui ont infl\u00e9chi et fl\u00e9chissent le comportement&nbsp;\u00bb (111). Les Nouvelles aventures d\u2019Ovaine \/Tristan Felix\/ \u25ca Sur la route, Ovaine distille ses pens\u00e9es \u00e0 un degr\u00e9 si \u00e9lev\u00e9 qu\u2019elle doit repasser son permis pour conduite en \u00e9tat d\u2019ivresse. L\u2019agent&nbsp; est formel. Alors, avec un fer \u00e0 repasser elle s\u2019applique \u00e0 bien d\u00e9chiffonner son document, sous l\u2019oeil vitreux de son alcoolyte de loup. De retour dans son auto, elle appuie sur le champignon si fort que le bolide bondit d\u2019un bond tandis qu\u2019Ovaine, rest\u00e9e sur place, m\u00e9dite sur le sens de la vie. L\u2019agent furibond, du fin fond de l\u2019horizon, revient en tra\u00eenant une carcasse fumante. Ovaine lui tend bravement son permis tout neuf. L\u2019agent, confondu, prend place \u00e0 cot\u00e9 d\u2019elle et, comme il a d\u00e9j\u00e0 de la bouteille, lui interdit le champignon \u00e0 tout jamais. \u25ca&nbsp;Ovaine s\u2019est entich\u00e9e d\u2019un revenant haut comme un dieu et maigre comme une feuille. Devant le poids de la t\u00e2che, Ovaine se r\u00e9fugie sous une pile de matelas. Elle attend qu\u2019expire son \u00e9moi lorsqu\u2019elle sent au-dessus d\u2019elle un poids d\u00e9mesur\u00e9ment lourd. Ce ne peut \u00eatre que le roi, au soir de sa vie, venu tout mouill\u00e9 reposer son vieux corps couvert de velours. En effet, c\u2019est le roi, mang\u00e9 de rides, avec ses mains tremblantes et ses dents qui chicotent. Ovaine, pour s\u2019assurer que c\u2019est bien lui, le prend en photo et (je vous jure que c\u2019est vrai), au d\u00e9clic, le voil\u00e0 qui se transforme en petit pois. \u25ca&nbsp;Ovaine sait fabriquer de l\u2019eau d\u00e9shydrat\u00e9e (voir son casier judiciaire) pour all\u00e9ger ses \u00e9vasions. Mais pour p\u00e9tiller dans le d\u00e9sert o\u00f9 nul ne la pourra retrouver, elle r\u00eave d\u2019eau gazeuse. Comment donc mettre les gaz sous vide ? Rien de plus simple : elle cesse de respirer et les bulles serrent les fessons. Un truc de r\u00e9cidiviste. Arriv\u00e9e dans le d\u00e9sert, o\u00f9 transhument les \u00e2mes galeuses, Ovaine sent qu\u2019il y a comme de l\u2019eau dans le gaz. Elle fait alors appel du jugement dernier et la condamnation du Juge fait pschitt\u2026 \u25ca&nbsp;Coiff\u00e9e d\u2019un casque \u00e0 nattes, arm\u00e9e d\u2019une lance et d\u2019une cotte en alu, Ovaine se pr\u00e9sente au Concours National d\u2019Hallucinations. Au moment d\u2019entrer en lice, elle croit n\u2019en pas croire ses oreilles tant la voix qui retentit fait comme du tonnerre : Dieu lui parle en personne : elle doit brouter les Anglais hors de France. Elle a beau r\u00e9torquer que \u00e7a a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 fait, Il insiste. Sans h\u00e9siter, elle fonce alors droit devant elle, nattes au vent, si vite que son cheval a peine \u00e0 la suivre. Illico recal\u00e9e pour avoir cru Dieu sur parole, elle s\u2019en retourne rallumer ses visions \u00e0 la lueur de son b\u00fbcher. Libr-\u00e9v\u00e9nements\u25ba&nbsp;Avec ses Donn\u00e9es du r\u00e9el (parues aux \u00e9ditions&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":60,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10,2],"tags":[52,68,67,69,12,66,13],"class_list":["post-76","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-news","category-une","tag-ahmed-slama","tag-alphabetville","tag-ecrits-du-numerique-5","tag-editions-publie-net","tag-fabrice-thumerel","tag-johan-grzelczyk","tag-tristan-felix"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=76"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":77,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76\/revisions\/77"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media\/60"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=76"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=76"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=76"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}