{"id":92,"date":"2021-03-09T06:48:19","date_gmt":"2021-03-09T05:48:19","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=92"},"modified":"2021-04-27T11:36:53","modified_gmt":"2021-04-27T09:36:53","slug":"chronique-frederic-forte-nous-allons-perdre-deux-minutes-de-lumiere-par-dan-ornik","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2021\/03\/09\/chronique-frederic-forte-nous-allons-perdre-deux-minutes-de-lumiere-par-dan-ornik\/","title":{"rendered":"[Chronique] Fr\u00e9d\u00e9ric Forte, Nous allons perdre deux minutes de lumi\u00e8re, par Dan Ornik"},"content":{"rendered":"\n<p>Fr\u00e9d\u00e9ric Forte, <strong><em>Nous allons perdre deux minutes de lumi\u00e8re<\/em><\/strong>, \u00e9ditions\u00a0P.O.L, f\u00e9vrier 2021, 80 pages, 13 \u20ac, ISBN : 978-2-8180-5049-1.<\/p>\n\n\n\n<p>Repos\u00e9 le livre, et ce n\u2019est pas si souvent, un sourire \u2013 oh, \u00e0 peine \u2013 aux l\u00e8vres, en se disant&nbsp;: voil\u00e0, <em>c\u2019est \u00e7a<\/em>. Ni plus ni moins. <em>Perfect&nbsp;!<\/em> Bien jou\u00e9&nbsp;! Un livre dont on se sent d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre proche, le sentiment de comprendre les rouages, la place du moindre boulon, le jeu des allusions, la trace dans la suite des jours. Tout en sachant bien qu\u2019il n\u2019en est rien, le livre est l\u00e0 et fait bloc, il garde son myst\u00e8re, son \u00e9paisseur. Amical myst\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"220\" height=\"320\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/ForteLumiere.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-96\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/ForteLumiere.jpg 220w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/ForteLumiere-206x300.jpg 206w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/ForteLumiere-103x150.jpg 103w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Classe et modestie.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<p>Et puis l\u2019on se demande\u2026 qu\u2019y a-t-il&nbsp;? Si peu, dirait-on. Une forme, un ton, le quotidien, des ellipses, une d\u00e9marche. Ouais, pourquoi \u00e7a marche, pourquoi \u00e7a marche aussi bien&nbsp;? Quand tant d\u2019autres livres de po\u00e9sie qui pr\u00e9tendent partir du quotidien me tombent des mains. Manque de classe, manque de modestie. &nbsp;Mauvaise lorgnette, qu\u2019on la prenne par un bout ou par l\u2019autre. Ou c\u2019est le quotidien qui n\u2019est pas le bon. Ou moi pas le bon lecteur.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Pas grave, car avec <strong><em>Nous allons perdre deux minutes de lumi\u00e8re<\/em><\/strong>, j\u2019ai trouv\u00e9 une p\u00e9pite.<\/p>\n\n\n\n<p>Livre faussement na\u00eff. Qui avance tranquille, les mains dans les poches. La construction est r\u00e9gl\u00e9e au cordeau, et c\u2019est ce qui permet au texte d\u2019avancer avec autant de naturel et de d\u00e9sinvolture. C\u2019est l\u00e9ger&nbsp;: \u00e7a plonge au c\u0153ur des choses. (Et si c\u2019\u00e9tait \u00e7a qui manque \u00e0 tant d\u2019autres, les lourds qui retombent sur place, les creux d\u2019avance d\u00e9gonfl\u00e9s&nbsp;?).<\/p>\n\n\n\n<p>Avec Fr\u00e9d\u00e9ric Forte, les phrases toutes faites, les menus propos,&nbsp; les gros titres n\u2019ont qu\u2019\u00e0 bien se tenir. Il a invent\u00e9 une machine \u00e0 d\u00e9caper l\u2019ordinaire \u2013 mais avec tendresse, l\u2019air de ne pas y toucher. Nous laisse la musique de l\u2019\u00e9poque, le film abstrait de nos jours.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fr\u00e9d\u00e9ric Forte, Nous allons perdre deux minutes de lumi\u00e8re, \u00e9ditions\u00a0P.O.L, f\u00e9vrier 2021, 80 pages, 13 \u20ac, ISBN : 978-2-8180-5049-1. Repos\u00e9 le livre, et ce n\u2019est pas si souvent, un sourire \u2013 oh, \u00e0 peine \u2013 aux l\u00e8vres, en se disant&nbsp;: voil\u00e0, c\u2019est \u00e7a. Ni plus ni moins. Perfect&nbsp;! Bien jou\u00e9&nbsp;! Un livre dont on se sent d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre proche, le sentiment de comprendre les rouages, la place du moindre boulon, le jeu des allusions, la trace dans la suite des jours. Tout en sachant bien qu\u2019il n\u2019en est rien, le livre est l\u00e0 et fait bloc, il garde son myst\u00e8re, son \u00e9paisseur. Amical myst\u00e8re. Classe et modestie. Et puis l\u2019on se demande\u2026 qu\u2019y a-t-il&nbsp;? Si peu, dirait-on. Une forme, un ton, le quotidien, des ellipses, une d\u00e9marche. Ouais, pourquoi \u00e7a marche, pourquoi \u00e7a marche aussi bien&nbsp;? Quand tant d\u2019autres livres de po\u00e9sie qui pr\u00e9tendent partir du quotidien me tombent des mains. Manque de classe, manque de modestie. &nbsp;Mauvaise lorgnette, qu\u2019on la prenne par un bout ou par l\u2019autre. Ou c\u2019est le quotidien qui n\u2019est pas le bon. Ou moi pas le bon lecteur. Pas grave, car avec Nous allons perdre deux minutes de lumi\u00e8re, j\u2019ai trouv\u00e9 une p\u00e9pite. Livre faussement na\u00eff. Qui avance tranquille, les mains dans les poches. La construction est r\u00e9gl\u00e9e au cordeau, et c\u2019est ce qui permet au texte d\u2019avancer avec autant de naturel et de d\u00e9sinvolture. C\u2019est l\u00e9ger&nbsp;: \u00e7a plonge au c\u0153ur des choses. (Et si c\u2019\u00e9tait \u00e7a qui manque \u00e0 tant d\u2019autres, les lourds qui retombent sur place, les creux d\u2019avance d\u00e9gonfl\u00e9s&nbsp;?). Avec Fr\u00e9d\u00e9ric Forte, les phrases toutes faites, les menus propos,&nbsp; les gros titres n\u2019ont qu\u2019\u00e0 bien se tenir. Il a invent\u00e9 une machine \u00e0 d\u00e9caper l\u2019ordinaire \u2013 mais avec tendresse, l\u2019air de ne pas y toucher. Nous laisse la musique de l\u2019\u00e9poque, le film abstrait de nos jours.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":93,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[35,7,2],"tags":[95,41,94,96],"class_list":["post-92","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chronique","category-livres-recus","category-une","tag-dan-ornik","tag-editions-p-o-l","tag-forte-poesie-de-lordinaire","tag-frederic-forte"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/92","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=92"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/92\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":100,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/92\/revisions\/100"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media\/93"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=92"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=92"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=92"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}