{"id":930,"date":"2021-05-28T06:35:18","date_gmt":"2021-05-28T04:35:18","guid":{"rendered":"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/?p=930"},"modified":"2021-06-09T20:51:19","modified_gmt":"2021-06-09T18:51:19","slug":"chronique-revue-cockpit-n12-par-philippe-boisnard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2021\/05\/28\/chronique-revue-cockpit-n12-par-philippe-boisnard\/","title":{"rendered":"[chronique] revue Cockpit n\u00b0 12 par Philippe Boisnard"},"content":{"rendered":"<p><em><strong>Revue mensuelle de po\u00e9sie <a href=\"https:\/\/www.entrevues.org\/aufildeslivraisons\/cockpit-voice-recorder-numeros-1-2-et-3-mai-juin-et-juillet-aout-2020\/\">Cockpit &#8211; voice recorder<\/a> , num\u00e9ro 12<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au 11\u00e8me num\u00e9ro, Christophe Fiat, qui est \u00e0 la r\u00e9daction, inaugurait la revue qu&rsquo;il anime avec Charlotte Roland qui en est la directrice, par un anniversaire : celui de Baudelaire. Et chemin faisant citait pour finir un passage <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-1079\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/COCKPIT12.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"285\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/COCKPIT12.jpg 220w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/COCKPIT12-116x150.jpg 116w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/>d&rsquo;<strong><em>Assommons les pauvres<\/em><\/strong>, o\u00f9 il soulignait plusieurs extraits significatifs pour les temps pr\u00e9sents, plusieurs assertions montrant comment Baudelaire confin\u00e9 dans sa chambre s&rsquo;amusait de livres plein d&rsquo;\u00e9lucubrations sur le bonheur et autres d\u00e9veloppements des peuples. Au num\u00e9ro 10, en seconde page, au titre de<strong><em> Lire dans un monde cr\u00e9pusculaire<\/em><\/strong>, Christophe Fiat, apr\u00e8s avoir indiqu\u00e9 par touche ce que serait lire, ce que serait rencontrer une voix qui pourrait \u00eatre une arme (Burroughs),\u00a0 il indiquait comment, revenant sur Amanda Gorman et de son po\u00e8me lors de l&rsquo;investiture de Joe Biden, il faudrait que cette jeunesse sage, ouvre la voie.x vers des po\u00e8mes : \u00ab\u00a0louches, gauches, maladroits, m\u00ealant d\u00e9penses et exc\u00e8s\u00a0\u00bb.\u00a0 Non pas \u00ab\u00a0lyrico-mystiques\u00a0\u00bb, mais des po\u00e8mes \u00ab\u00a0rentre-dedans, longtemps travaill\u00e9s dans une solitude insupportable\u00a0\u00bb. Et nous retrouvons l\u00e0, Baudelaire. Le rire critique (Baudelaire) comme ouverture \u00e0 des agencements critiques (Burroughs).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au num\u00e9ro 12. Pour les un an : pas d&rsquo;exorde. Car comme il me l&rsquo;a dit, il n&rsquo;y a pas de n\u00e9cessit\u00e9 \u00e0 ce qu&rsquo;il \u00e9crive \u00e0 chaque sortie. Il a bien d&rsquo;autres places pour exprimer ce rentre-dedans pour lui-m\u00eame, comme le montre son actualit\u00e9 en ce printemps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi le num\u00e9ro 12 prend le pas de ce que Christophe Fiat indiquait : \u00e0 commencer\u00a0 par la s\u00e9quence 4 de <em><strong>Fragments\/ Forme<\/strong><\/em> de Pavel Hak. Texte politique, sur le \u00ab\u00a0chaos de perceptions, chaos d&rsquo;images, chaos d&rsquo;id\u00e9es, chaos social\u00a0\u00bb. Texte politique, \u00e0 la langue sans fioriture, \u00e0 la m\u00e9canique formelle, o\u00f9 les individus sont traqu\u00e9s, et o\u00f9 les lecteurs s&rsquo;identifient aux personnages poursuivis. \u00ab\u00a0On a la tr\u00e8s d\u00e9sagr\u00e9able impression qu&rsquo;elle r\u00e9v\u00e8le quelque chose de la soci\u00e9t\u00e9 actuelle\u00a0\u00bb. Ce texte de Pavel Hak, s&rsquo;\u00e9tend sur 5 pages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On retrouve par la suite Daniel Foucard, qui poursuit son travail d&rsquo;auto-investigation, s&rsquo;interrogeant sur la fictionnalisation de son nom dans les fictions de quatre autres \u00e9crivains : Christophe Hanna, Manuel Joseph, H\u00e9l\u00e8na Villovitch et Emmanuelle Pireyre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis et encore Manuel Joseph, Battiste Fanesi, Alexandre P\u00e9rigot, Valentina Traianova, Rainier Lericolais, Jimmie Durham, Jos\u00e9 Eugenio S\u00e1nchez, L\u00e9a Bismuth, Louise Armand, Fred Nevche, AC Hello, Herv\u00e9 Micolet, Clarisse Tranchard, Jean-Michel Espitallier, Joseph Ghosn, Christine Lapostolle, Laure Gauthier, Liliane Giraudon.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1078\" src=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/SOmmaire-C12.jpg\" alt=\"\" width=\"520\" height=\"750\" srcset=\"https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/SOmmaire-C12.jpg 520w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/SOmmaire-C12-208x300.jpg 208w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/SOmmaire-C12-104x150.jpg 104w, https:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/SOmmaire-C12-366x528.jpg 366w\" sizes=\"auto, (max-width: 520px) 100vw, 520px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La grande majorit\u00e9 des textes qui apparaissent en effet se d\u00e9gage de toute emprunte lyrico-mystique. Un certain nombre ont m\u00eame des propos politiques : violences sociales, violences politiques, rapport \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture. La langue, si elle s&rsquo;\u00e9carte des r\u00e9gimes m\u00e9taphoriques, n&rsquo;en sacrifie pas pour autant ses jeux. Car ce qu&rsquo;elle poursuit, c&rsquo;est\u00a0 souvent une strat\u00e9gie de logiques d\u00e9tourn\u00e9es, de mise en liaison d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments formels qui a priori ne sont pas en relation. Ces textes sont aussi des miroirs de ce temps de suspension, de ce temps de ralenti historique d\u00fb \u00e0 la pand\u00e9mie. C&rsquo;est ce que rend parfaitement le texte \u00ab\u00a0Nocturne\u00a0\u00bb de Joseph Goshn. Litt\u00e9rature (je ne peux adh\u00e9rer aux deux th\u00e8ses de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/t-pas-net.com\/librCritN\/2021\/05\/16\/news-news-du-dimanche-30\/\">apr\u00e8s-litt\u00e9rature<\/a>) qui interroge l&rsquo;\u00e9poque, les comportements, nos gesticulations, nos pens\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>Cockpit<\/strong><\/em>, ce ZNI (Zingue Non Identifi\u00e9) lanc\u00e9 il y a tout juste un an par Charlotte Rolland et Christophe Fiat,\u00a0poursuit son travail de r\u00e9union, de textes litt\u00e9raires et po\u00e9tiques, qui poursuivent la tentative d&rsquo;exprimer un monde, dans la r\u00e9\u00e9laboration po\u00e9tique et politique de la langue. Certes, on reste toujours plus touch\u00e9 par tel texte ou tel autre, mais chacun \u00e0 leur mani\u00e8re s&rsquo;essaie \u00e0 cette pratique. Car, face \u00e0 ce qui est, ce n&rsquo;est que par la recherche assidue de la langue et de ses armes, qu&rsquo;il est possible de red\u00e9finir celle-ci.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Revue mensuelle de po\u00e9sie Cockpit &#8211; voice recorder , num\u00e9ro 12 Au 11\u00e8me num\u00e9ro, Christophe Fiat, qui est \u00e0 la r\u00e9daction, inaugurait la revue qu&rsquo;il anime avec Charlotte Roland qui en est la directrice, par un anniversaire : celui de Baudelaire. Et chemin faisant citait pour finir un passage d&rsquo;Assommons les pauvres, o\u00f9 il soulignait plusieurs extraits significatifs pour les temps pr\u00e9sents, plusieurs assertions montrant comment Baudelaire confin\u00e9 dans sa chambre s&rsquo;amusait de livres plein d&rsquo;\u00e9lucubrations sur le bonheur et autres d\u00e9veloppements des peuples. Au num\u00e9ro 10, en seconde page, au titre de Lire dans un monde cr\u00e9pusculaire, Christophe Fiat, apr\u00e8s avoir indiqu\u00e9 par touche ce que serait lire, ce que serait rencontrer une voix qui pourrait \u00eatre une arme (Burroughs),\u00a0 il indiquait comment, revenant sur Amanda Gorman et de son po\u00e8me lors de l&rsquo;investiture de Joe Biden, il faudrait que cette jeunesse sage, ouvre la voie.x vers des po\u00e8mes : \u00ab\u00a0louches, gauches, maladroits, m\u00ealant d\u00e9penses et exc\u00e8s\u00a0\u00bb.\u00a0 Non pas \u00ab\u00a0lyrico-mystiques\u00a0\u00bb, mais des po\u00e8mes \u00ab\u00a0rentre-dedans, longtemps travaill\u00e9s dans une solitude insupportable\u00a0\u00bb. Et nous retrouvons l\u00e0, Baudelaire. Le rire critique (Baudelaire) comme ouverture \u00e0 des agencements critiques (Burroughs). Au num\u00e9ro 12. Pour les un an : pas d&rsquo;exorde. Car comme il me l&rsquo;a dit, il n&rsquo;y a pas de n\u00e9cessit\u00e9 \u00e0 ce qu&rsquo;il \u00e9crive \u00e0 chaque sortie. Il a bien d&rsquo;autres places pour exprimer ce rentre-dedans pour lui-m\u00eame, comme le montre son actualit\u00e9 en ce printemps. Ainsi le num\u00e9ro 12 prend le pas de ce que Christophe Fiat indiquait : \u00e0 commencer\u00a0 par la s\u00e9quence 4 de Fragments\/ Forme de Pavel Hak. Texte politique, sur le \u00ab\u00a0chaos de perceptions, chaos d&rsquo;images, chaos d&rsquo;id\u00e9es, chaos social\u00a0\u00bb. Texte politique, \u00e0 la langue sans fioriture, \u00e0 la m\u00e9canique formelle, o\u00f9 les individus sont traqu\u00e9s, et o\u00f9 les lecteurs s&rsquo;identifient aux personnages poursuivis. \u00ab\u00a0On a la tr\u00e8s d\u00e9sagr\u00e9able impression qu&rsquo;elle r\u00e9v\u00e8le quelque chose de la soci\u00e9t\u00e9 actuelle\u00a0\u00bb. Ce texte de Pavel Hak, s&rsquo;\u00e9tend sur 5 pages. On retrouve par la suite Daniel Foucard, qui poursuit son travail d&rsquo;auto-investigation, s&rsquo;interrogeant sur la fictionnalisation de son nom dans les fictions de quatre autres \u00e9crivains : Christophe Hanna, Manuel Joseph, H\u00e9l\u00e8na Villovitch et Emmanuelle Pireyre. Puis et encore Manuel Joseph, Battiste Fanesi, Alexandre P\u00e9rigot, Valentina Traianova, Rainier Lericolais, Jimmie Durham, Jos\u00e9 Eugenio S\u00e1nchez, L\u00e9a Bismuth, Louise Armand, Fred Nevche, AC Hello, Herv\u00e9 Micolet, Clarisse Tranchard, Jean-Michel Espitallier, Joseph Ghosn, Christine Lapostolle, Laure Gauthier, Liliane Giraudon. La grande majorit\u00e9 des textes qui apparaissent en effet se d\u00e9gage de toute emprunte lyrico-mystique. Un certain nombre ont m\u00eame des propos politiques : violences sociales, violences politiques, rapport \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture. La langue, si elle s&rsquo;\u00e9carte des r\u00e9gimes m\u00e9taphoriques, n&rsquo;en sacrifie pas pour autant ses jeux. Car ce qu&rsquo;elle poursuit, c&rsquo;est\u00a0 souvent une strat\u00e9gie de logiques d\u00e9tourn\u00e9es, de mise en liaison d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments formels qui a priori ne sont pas en relation. Ces textes sont aussi des miroirs de ce temps de suspension, de ce temps de ralenti historique d\u00fb \u00e0 la pand\u00e9mie. C&rsquo;est ce que rend parfaitement le texte \u00ab\u00a0Nocturne\u00a0\u00bb de Joseph Goshn. Litt\u00e9rature (je ne peux adh\u00e9rer aux deux th\u00e8ses de l&rsquo;apr\u00e8s-litt\u00e9rature) qui interroge l&rsquo;\u00e9poque, les comportements, nos gesticulations, nos pens\u00e9es. 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