[Chronique] Guillaume Decourt, À 80 km de Monterey, par Dan Ornik (mini-dossier 1/2)

[Chronique] Guillaume Decourt, À 80 km de Monterey, par Dan Ornik (mini-dossier 1/2)

mai 18, 2021
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[Chronique] Guillaume Decourt, À 80 km de Monterey, par Dan Ornik (mini-dossier 1/2)

Guillaume Decourt, À 80 km de Monterey, éditions Aethalidès, disponible en librairie à partir de ce jeudi 20 mai 2021, 96 pages, 16 €, ISBN : 978-2-491517-10-6.

 

  1. De qui Guillaume Decourt est-il la réincarnation ? Il ne faut pas s’y fier. L’on pense tout de suite à Valéry Larbaud. Voyages et rêveries désinvoltes d’un riche oisif à demi inventé. Bien sûr. Mais il faut aller voir du côté de Denis Roche. Le photographe, l’inadmissible poète. L’écriture diffère, oui. Mais Decourt manie sans en avoir l’air l’art du cadrage systématisé par l’auteur des Dépôts de savoir & de technique. Ce que l’on prélève du réel, là où l’on coupe, ce qu’on laisse en dehors. Et ce prélèvement qui change alors de forme, d’aspect, de sens. Ou pas. Et rentre dans le décor. Violemment ou en douceur.
  2. C’est ailleurs. Ailleurs que ça se passe. Autre chose qu’il faut lire. Le titre le dit bien. Les voyages imaginaires sont les plus réussis. Les détails vrais sonnent faux. La simplicité n’est qu’apparente. Si l’on croit comprendre, c’est qu’on n’a rien compris. Le poète n’est pas toujours très honnête et c’est un plaisir de se faire avoir.
  3. C’est un peu irritant, parfois. Et c’est si bon, d’être un peu irrité. Un bouquet d’orties avec un nœud rose.
  4. Pastiche et pistache. Des quatrains, des vers libres ciselés, du métier. Du soleil, de l’argent, des amours. Au temps d’aujourd’hui, au temps des désordres, des mensonges, des naufrages, des machines, de la sécheresse, des poisons. La douce pistache se coince parfois en travers de la gorge.
  5. L’humour n’est pas à la mode, l’élégance n’est plus de mise. On ne peut pas se balader comme ça. Et pourtant…
  6. Dirait-on un défi tard le soir en sortant du restaurant ? Tu n’oseras jamais raconter tes souvenirs de Californie ! Invente-toi une biographie. Souvent, le lendemain on ne se souvient plus.
  7. Tâchons pourtant de nous souvenir un peu, ne serait-ce que du livre précédent de Guillaume Decourt, l’impeccable Un gratte-ciel, des gratte-ciel (Lanskine, 2019).
  8. Monterey, la dernière fois que je m’y suis promené, j’habitais juste à côté, à Carmel. Les larges baies vitrées de la maison donnaient sur la plage et les vols de pélicans bruns. Pour se déplacer, on roulait en T-Bird décapotable. C’était pas mal. J’avais 17 ans – à 17 ans Dan Ornik n’était pas sérieux.
  9. Voilà : on devient quoi ? On écrit des livres. On lit des livres. On ne joue plus de piano. On ouvre l’œil, on dresse l’oreille, on est tendre quand il ne faudrait pas, à moins que ce ne soit l’inverse, la logique est fuyante. Bah, tant que les règles de la typographie et de la bienséance sont respectées.
  10. Guillaume Decourt aime nous mener en bateau. Vous parlez d’un voyage ! Les frontières sont fermées. À 80 km de Monterey ? C’est pas Google Maps qui vous dira où c’est. Faut aller y voir !
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