[Texte] Sébastien Ecorce, VARIA (I)

[Texte] Sébastien Ecorce, VARIA (I)

avril 22, 2022
in Category: Création, UNE
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[Texte] Sébastien Ecorce, VARIA (I)

Mais toujours

Est une extinction

De la répétition même

Du procédé successif

 

 

L’obsession, un rapport plus étroit avec la vie

 

 

Sur la route, l’esprit, un animal mort,

l’éviter-

 

 

Logorrhée

ça parle dans ça parle dans ça parle

ça colle aux bifurcations

ça crache du sang

 

 

C’est trop fragile

on tisse

on ne tisse rien du tout

 

 

La précision d’un détail est ce qui rend paradoxalement la mémoire insignifiante. On le garde, le préserve, et nous ne savons pas quoi en faire

 

 

Une petite usine de l’imaginaire

 

 

«  La poésie n’est pas un dîner de gala »

 

 

Quand je me réveille, je change de rêve

 

 

Microgouttelette est un poème court

une machine stérile

une écriture inclusive dans la dispersion d’air

 

 

Il y avait un LED

et ce serait un neurone volatil

 

 

La règle est un ballet fort bien chorégraphié, elle empêche l’errance de la foulée, avec son geste tentaculaire des petites choses. Elle court-circuite la pensée qu’elle détourne de ne pas penser

L’écologie sociale est une hygiène de vie

 

 

Une abstraction est une attraction qui s’est désarrimée à la structure, un vertige de la praticabilité dans l’inouï de la forme

 

 

Le film de la mémoire est une musique placentaire, des bouts de langues qui attisent les capsules d’une scène qui ne se déroule jamais

 

 

La virilité est cette déchèterie du sensible, une extrémité qui recule devant son rêve de lucidité

 

 

Ce serait une révolution que d’entendre vraiment sa voix

 

 

Et je change de stratégie, je lui ai dit que l’on buvait des corps

 

 

Et il y eut de la rosée sur le bout de sa langue

 

 

Travailler le son, comme la terre effritée, glisse entre les doigts

 

 

On ne parle pas de corpulence du son, mais de son gras

Il y a à l’intérieur du son, un corps : petit groove

 

 

Pour rendre sensible la pulpe du doigt, tu dois mettre en valeur l’articulation, sa fluidité

 

 

On ne traduit pas un son, car il est un bulbe qui se rétracte

 

 

Ça prend du temps une idée à devenir vraie – pour le son, c’est encore plus long – plus lointain –

 

 

Nettoie ton jeu, qu’il soit grand et maigre

 

 

Il ne faut pas de son qui serait un arbre mort sur pied

 

 

Un code est aussi un petit son, réduit

 

 

L’image contient peut-être un son dans sa gueule

 

 

L’image contient peut-être un son : c’est ce monde qui doit tomber

Un son n’est jamais vide, il est plein du vide – le réchauffe –

 

 

Si tu ne danses pas, tu meurs

 

 

Dépressions sur-mesure ou dépressions a-typiques, il vous faudra choisir

 

 

On est là dehors, mais encore dans la langue qui nous coupe

 

 

La beauté du geste est une fiction que la technique opère sous différentes parenthèses, une frontière ténue entre l’idée et le théâtre de l’idée

 

 

Ecrire plus vite que toute la vie passée dans un son

 

 

Déjouer la physique et se placer sous les tourbillons

 

 

Je suis une vague avec le dérèglement climatique

 

 

La mélancolie vient peut-être de là, de ce trop d’attention à, cet excès – on ne quitte jamais ce lieu de pouvoir qu’elle exerce –

Instaurer le flux enfantin comme principe inductif à l’effondrement déductif du vieux monde industriel

 

 

Il remue avec l’énergie de la fatigue

 

 

« La pédale, la pédale », n’oubliez pas son mouvement lourd mais vivant

 

 

Les sons, je les cogne les uns contre les autres, ce serait presque l’animal dont tu te sens proche

 

 

Un son projeté en ombre de son, cette luxation de l’âme, cette impression d’être démuni

 

 

De la linéarité au fragment, mais il y a de la linéarité en tout fragment, ces glissements

 

 

Il était là avec ses pancartes autour du cou, droit, les inscriptions à peine formées en sus, les petites phrases de la néo-ruralité

 

 

Déprimé par anticipation, le mélancolique ne l’est jamais. Il ne l’est que par cette impossible traversée d’un présent, qu’il sonde comme personne

 

 

Aurait-il découvert le bruit de la tristesse ?

 

 

Le son comme un nuancier de la tristesse

 

 

Il y aurait un classement des larmes, le signe d’une empreinte de l’archive lacrymale

 

 

Il est un accordement dans l’espace divisé des objets

 

 

Travaille ta langue, travaille ta bio-masse : on comprend que ce sont les vers, les insectes et les racines qui aèrent le vivant

 

 

Je voudrais de l’œil dans l’inconsistance des mâchoires, dans les boucles de localisations

 

 

Le bord est un secours de la forme indépliée

 

 

Le son est une fonction d’un indéplié qui se soulève

(…)

 

Inédit, 2022

Sébastien Ecorce, prof de neurobiologie, Salpetrière / ICM, co-responsable du financement de projet et de la plateforme neurocytolab,créateur graphique, poète.

Bandeau et reproduction en arrière-plan : © S. Jaffe

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