[NEWS] NEWS DU DIMANCHE

mars 1, 2026
in Category: livres reçus, News, UNE
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[NEWS] NEWS DU DIMANCHE

En ce premier dimanche de mars, en UNE l’événement que constitue la parution de l’anthologie JAVA… Suivront une nouvelle rubrique, le Libr-regard d’Éric PESSAN, et les Nouvelles aventures d’Ovaine (Tristan Felix), puis nos Libr-événements

 

UNE : refaisons la Java… /Fabrice Thumerel/

Jean-Michel Espitallier, Vannina Maestri, Jacques Sivan & leurs complices, Java 1989-2006 : l’anthologie, Flammarion, en librairie depuis le 25 février 2026, 492 pages, 28 €, ISBN : 978-2-0804-3707-5. [Lire mon entretien avec Jean-Michel Espitallier ; RV mercredi 20 mai à la Maison de la poésie pour faire la Java toutes et tous ensemble – soirée que j’animerai avec Anne-Christine Royère]

En 1989, Jean-Michel Espitallier et Jacques Sivan (1955-2016), tous deux vite rejoints par Vannina Maestri, se lancent dans ce qu’ils n’imaginent pas être une longue aventure qui marquera l’histoire de la poésie contemporaine : Java, ce sera 28 numéros (dont cinq doubles) en une bonne quinzaine d’années (1989-2005). Ce semestriel qui obtiendra en 1998 le Prix de la revue de création se distingue d’emblée par son titre, empreint de légèreté : à l’enseigne JAVA, on n’est pas sérieux quand on a trente ans… On y danse, on y danse… tous en rond. Point. Mais est-ce une carmagnole littéraire en cette fin de siècle où l’on commémore en grande pompe le bicentenaire de la Révolution française ? Autrement dit, la France littéraire s’emmerde-t-elle à ce point qu’il faille la faire danser ? À qui fait-on danser la carmagnole ? D’emblée, le ton est donné, avec un programme minimum : « Si créer une revue relève forcément du « faire », disons sans ambages qu’il sera ici question de « faire la java ». Et si dans le « faire » il y a forcément la notion de lieu, il va sans dire que dans « faire la java », c’est la multiplicité des lieux de paroles qui fera Java. » Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les premières livraisons affichent une désinvolture certaine : « revue de mauvais genre », « Revue garantie sans couenne », « revue qui met les boules »…

Chaque numéro comporte un ou plusieurs petit(s) dossier(s), des textes de création et de réflexion critique, des discussions(s) et/ou entretien(s)… Au sommaire des premiers numéros : Zanzotto, Ernaux, Maulpoix, etc. (n° 1) ; Portugal, Lucot, Jouet, Joyce, etc. (n° 2) ; Butor, Trakl, Parant, etc. (n° 3) ; dossier sur les objectivistes américains (n° 4) ; Safran, Prigent, etc. (n° 5)… En une décennie, Java a contribué à faire connaître une nouvelle génération de poètes, dont certains sont aujourd’hui reconnus comme majeurs : en plus du trio fondateur, Pierre Alferi, Philippe Beck, Olivier Cadiot, Anne-James Chaton, Christophe Fiat, Jérôme Game, Katalin Molnár, Charles Pennequin, Anne Portugal, Nathalie Quintane, Christophe Tarkos…

C’est bel et bien au tournant des vingtième et vingt-et-unième siècles que tout se décante. Les jeunes revuistes prennent une telle place dans l’espace poétique que Christian Prigent en interpelle certains dans Salut les modernes (POL, 2000). Quoique n’étant pas vraiment la cible, mais accueillant quasiment tous les poètes interpellés, Java décide de répliquer en ouverture du numéro 21-22 (printemps-été 2001) par un anonyme « fax-simulé d’une lettre de Christian Prigent à ses amis de Java », qui caricature l’avant-gardiste en lui faisant tenir un discours dont l’extrême naïveté se retourne contre lui. Un discours qui, bien entendu, met en valeur la revue : « Voici que votre Java, dont le titre annonce la couleur, se met à casser les jouets bien solides des années 70. Veut tout remettre à plat sans rien mettre de côté. Pour qui chapelle littéraire et a priori politique ne présentent aucun intérêt. […]. Pas une couverture identique à l’autre. Pas de manifeste (ou si peu) affiché à l’entrée. Le lecteur est condamné à se faire lui-même son opinion au fil des parutions. Nos positions, autrefois, avaient au moins l’avantage d’être claires […]. De-ci de-là, on pouvait même en changer lorsqu’on se trompait (l’erreur est humaine). » Comme l’affirme malicieusement Jean-Michel Espitallier dans « Après les avant-gardes » (n° 16), ce « bordel organisé » vise à « inventer aujourd’hui l’invention de l’après-invention qui est dans aujourd’hui ». Histoire de se démarquer des années Tel quel et TXT (60-80), tout en se situant en droite ligne des pratiques de détournement dadaïstes et du cut-up (Burroughs et Cummings)…

C’est ainsi tout un monde créatif qui reprend vie dans cette somme regroupant plus de quatre-vingts écrivains et enrichie grâce à la reproduction de nombreux documents d’époque.

 

Le Libr-regard d’Éric PESSAN

JEU DOMINICAL : relie les points entre eux et tu obtiendras un joli dessin…

1 – Jeffrey Epstein était un pédocriminel et il demeure le symbole d’un système où les puissants s’accordent pour bafouer le droit.
2 – Je me f*us de savoir comment se prononce son nom.
3 – Alors que le fascisme s’approche du pouvoir, tout est bon pour attaquer les forces de gauche.
4 – Je n’ai jamais caché combien Jean-Luc Mélenchon m’agace parfois.
5 – LFI ne se résume pas à Mélenchon.
6 – Je n’en peux plus de voir l’accusation d’antisémitisme instrumentalisée depuis octobre 2023.
7 – Il se passe des choses plus importantes dans le monde en ce moment que de commenter jusqu’à la nausée la bonne façon de prononcer le mot d’un sal*pard.

ɹnǝuuoɥ,p ʇƃıop un ɹǝuıssǝp ǝp suǝıʌ nʇ ‘oʌɐɹq : uoıʇnןoS

 

Nouvelles aventures d’Ovaine /Tristan Felix/

Autorecrutée pour sa resplendeur, Ovaine fait flash sur l’autoroute aux heures de pointe.

Les automobilistes éblouis freinent tous en même temps dans un fracas biblique.

Épuisée par son succès, Ovaine commence à clignoter.

Faute d’une prise urgente pour recharger sa batterie, elle se met à taper comme une dégondée sur les grosses caisses.

Alors… à la vitesse de la lenteur, un chauffeur de son 15 tonnes sort en dandinant gravement du galbe.

Ovaine au quart de tour se renflamme mais le loup grêle, de dépit, lui colle un pévé pour tapage nocturne.

 

♦♦♦♦♦

 

Ovaine soudain en arrêt devant un chou-fleur le requiert :

– Avec ta rotondité retorse et tes bubons terreux ne te serais-tu sustenté de quelque cadavre ?

Le loup avec circonspection le hume… et sa bave au soleil étincelle.

– Hélas, j’ai poussé sur un Noir bio, un Blanc durable et un Peau-Rouge vert. Je suis tout en viande délabrée et ton loup… l’a pas l’air végétarien !

– Et si j’te proposais à ma place la tête en chou-fleur du Marchand de Morts, hein ?

Alléché par la négo, le loup part en chasse tandis qu’Ovaine et son chou-fleur, pris d’un vertige fractal, se demandent si les morts qui fleurissent fanent.

 

Libr-événements

► Mercredi 4 mars à 19h30 : REVUE NIOQUES, N° 33 / TRNC – Reprise & suites
AVEC SARAH KÉRYNA, CLARISSE PILLARD ET JEAN-MARIE GLEIZE

À l’occasion de la sortie de Nioques 33 et de la parution de TRNC – Reprise & suites, dernier livre de Jean-Marie Gleize, fondateur de la revue, une soirée de lectures nioquiennes à Zoème (8, rue Vian 13006 Marseille), avec Sarah Kéryna, Clarisse Pillard et Jean-Marie Gleize.

► Éditions MF : Rencontres du mois de mars
QUE RESTE-T-IL DE LA FICTION ?

Le jeudi 5 mars à 19h30, Librairie L’Atelier
(2bis rue du Jourdain Paris 20)

Rencontre avec Dominiq Jenvrey, Éric Méchoulan et Émilie Notéris
Dans le cadre du cycle organisé conjointement avec la revue Les Temps qui restent

CHAMBRE(S) À ÉCHO(S) 

Le jeudi 12 mars à 19h30, Librairie L’Atelier (2bis rue du Jourdain Paris 20)

Rencontre avec Jocelyn Mienniel et Virginie Poitrasson avec une lecture de Nathalie Richard

 

SE RENIFLER QUASI BESTIAL

Le mardi 24 mars à 19h, Librairie Michèle Ignazi
(17 rue de Jouy Paris 04)
Rencontre avec Fanny Lambert

 

CHAMBRE OBSCURA (ANTHOLOGIE AUGMENTÉE)
Le jeudi 25 mars à 19h, Librairie Charybde
Ground Control (81 rue du Charolais Paris 12)
Rencontre avec Sandra Moussempès

 

    POÉSIE COMMUNE / SAISON 2

Le jeudi 26 mars à 19h, Centrale Librairie
(161 rue Saint-Martin Paris 03)
Rencontre avec Katia Bouchoueva, Elke de Rijcke, Fanny Lambert et Lucile Leloup

 

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Fabrice Thumerel

Critique et chercheur international spécialisé dans le contemporain (littérature et sciences humaines).

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