[NEWS] NEWS DU DIMANCHE

avril 12, 2026
in Category: livres reçus, News, UNE
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[NEWS] NEWS DU DIMANCHE

En UNE comme dans nos Libr-livres reçus, découvrez des choix de lecture en dehors des chantiers battus, juste avant nos Libr-événements et de nouvelles aventures d’Ovaine (Tristan Felix)…

 

Le livre à la UNE /Éric Pessan/

Sandra Moussempès, Chambre obscura. Anthologie augmentée, MF éditions, 2026, 272 pages, 20 €.

On dit des fous : ce qu’ils n’entendent pas

soyez soyeux
scindés en deux
soyez la forme miraculée

viendront à vous les haies de l’embellie
deux petites mésanges piégées dans le ciel

 

Le poème recopié ci-dessus provient d’un ensemble de textes inédits nommé « installations fantômes », le reste de ce livre est (re)composé à partir de poèmes déjà publiés (chez Flammarion, Fourbis, l’Attente, MF). La composition de l’anthologie n’est pas chronologique, le parti pris a été de recomposer des ensembles de poèmes liés par des échos en piochant ça et là. L’effet est troublant : à la fois celui de parcourir un ouvrage extrêmement cohérent (qui pourtant aboute des textes publiés entre 1994 et 2025), celui de redécouvrir des poèmes déjà lus qui paraissent recolorés par leur proximité avec d’autres textes, et – enfin – celui de littéralement toucher du doigt les thématiques propres à l’autrice.

Dans l’une des 6 postfaces qui enrichissent le recueil (qui sont à la fois des textes critiques – Johan Faerber, des poèmes écrits en écho – Lénaïg Cariou, voire des cut-up – Liliane Giraudon), Carrie Chappell (qui a traduit Sandra Moussempès en anglais) écrit : « La poète n’exorcise rien », je me suis arrêté sur cette formule, parce qu’elle ouvre – à mes yeux – une porte dans l’œuvre de Sandra Moussempès : la poète n’exorcise rien, bien au contraire, elle envoûte, elle ajoute des ombres aux ombres, elle peuple ses poèmes de fantômes et d’esprits, de fillettes victoriennes inquiétantes, d’énigmes, de starlettes déchues – ou en phase de l’être, de médiums, de devineresses et de chanteuses. Avec la force d’une évidence m’apparait combien chaque poème de Sandra Moussempès pourrait être la trame évidée d’un roman à écrire, un roman qui parlerait de l’enfance, de nostalgie, d’un père trop vite disparu, d’abus, de figures iconiques, de doubles que l’on s’invente comme l’on cherche à bâtir un lieu sûr où se cacher, de musiques (de l’arrière grand-tante cantatrice au poème dédié à Hope Sandoval (la chanteuse de Mazzy Star), tout est là, dans cette anthologie qui remixe en un geste époustouflant 30 ans d’écriture. Et un petit mot sur l’ouvrage en lui-même : ses photos diaphanes, sa couverture-poster, comme toujours MF réalise des livres impeccables d’une inventivité et d’une immense justesse.

 

Libr-livres reçus (printemps 2026)

 

 

N. NESCIO, J’ai donné trois valium à l’humaniste qui sommeillait en moi, éditions Louise Bottu, 134 pages, 14 €.

Virginie POITRASSON, Chambre(s) à écho(s), journal d’une traversée, partitions de Jocelyn Mienniel, photographies de Jutta Strohmaier, s. p., 22 €.

Jules VIPALDO, Monsieur Vert, Tinbad, 44 pages, 5 €.

 

Libr-événements

Samedi 18 avril à 20H, Maison de la poésie Paris : Virginie Poitrasson, Jocelyn Mienniel – Chambre(s) à écho(s), journal d’une traversée

Avec Jocelyn Mienniel, Virginie Poitrasson, Nathalie Richard, Julia Robert, Aurélie Saraf
Textes : Virginie Poitrasson – Musique : Jocelyn Mienniel – Vidéos : Jutta Strohmaier
Entretien mené par Bastien Gallet

Cette narration quotidienne et poétique évoque le franchissement constant des frontières entre le dedans et le dehors, entre soi et le monde, entre le corps et les objets. Porté par la comédienne Nathalie Richard et construit en sept miniatures pour flûte, violon alto, harpe, c’est un journal sur l’érosion du temps et la dilatation des heures, un journal de la contemplation et de l’écoute attentive.

 

Samedi 25 avril, la revue Nioques vous invite à la troisième édition du Salon de Poésie Latérale et Sauvage PLS : 9, rue François Debergue à Montreuil (93100).

De 14h à 22h tables d’éditeurs, lectures, cantine, un temps commun autour de la poésie, de l’écriture et de la lecture, ouvert à tous et toutes (entrée libre).

Salon du livre avec les éditions Nous, l’oie de cravan, les éditions du Sabot, Dernier Télégramme, les éditions du dé rouge, les lisières, Zoème éditions, Héros limite, La grange batelière, Brook éditions, Blast éditions, L’angle mort, l’Arche, Rotolux press, Dépense défensive, La moitié du fourbi, le Maintien de la Reine, la revue mouche, la Revue Muscle, Burn-août, la revue chiche, Tango Girafe, les éditions Al Dante, Le facteur galop, la revue Soldes, l’Écharde et la revue modesta (liste non-exhaustive à ce jour).

Lectures avec : Roxana Hashemi, Virginie Beauregard D. Mira Mattar, Julie Sas, Camille Kingué, Revue Café, Jorge V., Fanny Garin, Fanzine Modesta, Camille Paule, Ghosoun Qtifan, Julie Matlosz, Lucien Brelok, Charlie Demoulin et Arnaud, Katia Bouchoueva, Oxni, Mia Trabalon.

 

Les Nouvelles Aventures d’Ovaine /Tristan Felix/

Dans la tête d’Ovaine, depuis qu’elle trinque avec les locos, c’est la Taverne d’Ali Baba.

Balivernes d’Ali Caca, Caverne de cabalistes, Babil des Carnavals, Bible des crânes avares, ça fuse de partout, même la Bave de carne libre… Tournée générale !

Rien ne va plus. Le loup grêle est à deux doigts de faire la poule allègre de la très fameuse pègre Oulala.

C’est la guerre des mots, à qui sera le plus renversant.

Soudain s’en vient au compte-goutte un vieil escargot, chenu, frissonnant, dur de la feuille, tatoué, tirant son ombre rétive au bout d’une laisse.

Nul ne sait ce qu’il est venu faire dans cette histoire.

♦♦♦♦♦

Un beau jour de printemps, Ovaine s’imagine croiser un gorille dans la forêt lorsque tout soudain apparaît derrière les feuillages un spécimen de la plus troublante espèce.

Pour faire connaissance, elle lui tend fébrilement les morilles de sa cueillette mais soudain se ravise : et si c’était une grosse morille, dis ? Ça mange des morilles, une morille ?

Alors, penchée sur son panier, elle distingue comme des petites têtes froissées, agglutinées dans tous les sens.

Han ! Et si elle venait d’arracher de leur terre toute une nichée de gorilles ?

Pour réparer sa bévue, elle remet en place ses petits gorilles et la grosse morille, là, derrière les feuillages la met sur le gril, lui glissant dans l’oreille :

– Cela te tuerait de me délier de l’horrible sort que tu m’as jeté ?

 

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Fabrice Thumerel

Critique et chercheur international spécialisé dans le contemporain (littérature et sciences humaines).

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