[Texte] Mathias Richard, Yeux Yeux - 3

[Texte] Mathias Richard, Yeux Yeux – 3

janvier 15, 2023
in Category: Création, UNE
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[Texte] Mathias Richard, Yeux Yeux – 3

Y a plein de gens, qu’ont plein de choses, mais ils en font RIEN.

*** 

Chuis bourré mais lucide !

Crever un pneu en bois. Rue des trois Fesses.
Il est allé se branler du côté des marécages. L’air est tout mouillé.
Une incompréhensible envie de faire caca. Le Sphynx dégueulasse.

Cette odeur, c’est l’odeur des choses en cours, des choses qui avancent, et elle me réjouit.

Il lit un journal trouvé dans la poubelle. Il le lit directement dans la poubelle.
(Ses cheveux sont en métal, en bois, en plastique.)
Il lit : « La vie c’est plus précieux que le pouvoir. »

Si l’on y regarde bien, un « M » est constitué de deux « A ». Oubliez les barres. M=AA !

Les voyageurs de la joie, les joie voyeurs, les joyeux voyageurs. Tous les feux deviennent verts devant nous.
Tu m’as jamais dit autant de fois « j’ai jamais vu ».

Souvenoir. Un Harem de Lumière, couronné de virus. Mon cœur est grand, comme le Temps.

***

Une personne c’est comme un goût. Dans une vie, on expérimente plein de goûts différents.
Quand le temps a passé, que toutes les bonnes et mauvaises humeurs et interactions sont passées, au-delà des amours et des détestations, tout ce qu’il nous reste d’une personne est une tonalité, un « goût », une configuration spécifique et inimitable du possible humain.

Tempête de blessures. Me sens amoché. Amoché par la vie. Mal à plein d’endroits. Au pied gauche, à l’épaule droite, à l’aine, à la tête, aux yeux, au nez, aux pensées.

Le caissier m’a rendu 6€06. Alors que nous sommes en 2022. Et 2+2+2=6 !

Des fois je me dis que le groupe que j’entends jouer est génial. Mais c’est parce qu’il y a plusieurs groupes qui jouent en même temps ! (Ce hasard crée des moments de musique fantasmatiques impensables).

***

Ces souvenirs passés, je crois que ce sont des bons souvenirs. À bien y réfléchir, ce ne sont pas de si bons souvenirs. Ce sont juste les seuls souvenirs que j’ai.

Je ne me reconnais pas dans le reste de l’humanité. Dans la plupart des gens que je suis amené à côtoyer. Ou que je vois dans les écrans.
Je ne me reconnais pas dans le reste de l’humanité. Et j’en souffre.
Pourquoi est-ce que je me sens à part, alors que j’aimerais être comme tout le monde, avec tout le monde.

Le problème, c’est que pour m’apprécier, apparemment, faut être un peu dingue.

Sauvé
par l’ennemi.

Aimé
par erreur.

  

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