[NEWS] News du dimanche

mai 9, 2021
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[NEWS] News du dimanche

En ce deuxième dimanche de mai, chères et chers Libr-lecteurs, vous pouvez déjà constater les avancées dans les modifications du site actuel et dans l’exportation des divers posts de l’ancien site. Et c’est un redémarrage en trombe, avec un véritable feu d’artifices libr&critique !

Côté événementiel, c’est également l’embellie : se profilent à l’horizon des RV passionnants (cette semaine, pleins feux sur le « M’exposé n° 2 » de Julien Blaine).
Et en plus, ce soir découvrez six livres magnifiques, signés Éric AUVRAY, Jean-Pierre BOBILLOT, Alexander Dickow, Olivier Domerg, Armand Dupuy et Christian PRIGENT.
Enfin, retrouvez une nouvelle aventure d’Ovaine (Tristan Felix)…

 

Libr-événement à la UNE

► Aix-en-Provence, le 10 juin à 19h00, Fondation Vasarely :  Julien BLAINE, M’exposé n°2 sur la poésie contemporaine, à partir du Cours minimal sur la poésie contemporaine (Al dante, 2009) et de Introd@ction à la performance (Al dante, 2020).

 

Un jour pour désigner « ça » le mot

Performance

sʼest imposé. 

Soit !

Je suis resté sous des titres plus discrets ou clandestins :

poésie sémiotique ou poésie sémiologique
et
Poésie élémentaire(double sens)

puis

Poésie en chair et en os

Poëme à cor et à cri

Ensuite après mon bye bye la perf. en 2005, ayant abandonné la performance, j’ai retenu :

Déclar’action

Work in progress, Introd@ction à la performance a d’abord comme objectif de rappeler et d’enrichir sa vision de la performance : « la poésie / en chair & en os & à cor et à cri » (16)… « La performance (la perf) c’est l’expression de tout le corps : os, viande et sons. Un art absolument libre, soit, libéré sans aucune référence au théâtre, à la danse, à la musique, aux arts plastiques, au cabaret, au cinématographe… […] Une fois cette liberté acquise, alors la performance peut avoir des aspects musicaux, picturaux, sculpturaux, chorégraphiques, cinématographiques… » (59). « La performance devrait montrer notre force animale en dévoilant la spiritualité qui réside au fond de la bête, de l’anima’l » (71)… Sa poésie à outrance renvoie aussi bien à ses excès performatifs qu’à sa définition extensive de la poésie, qui englobe les pratiques les plus diverses (celles des rappeurs, slameurs, beat boxers, etc.)…

[Suite de la chronique de Fabrice Thumerel, qui a dépassé la barre des 5 000 vues sur l’ancien site ; reprise sur le nouveau].

 

Libr-livres reçus

► Éric AUVRAY, Tourner la page suivi de Hamlet divague, Atelier de l’Agneau, coll. « 25 », avril 2021, 90 pages, 17 €, ISBN : 978-2-37428-040-0.

Présentation éditoriale.

Tourner la page
C’est le récit d’un homme qui quitte l’être aimé sur une aire d’autoroute. Il fonce. Il veut s’arracher des restes de son attachement jusqu’au moment où le vide fait un appel d’air. Il veut retrouver le corps désiré. C’est le flux de ses pensées, un grand mouvement symphonique.

Hamlet divague
Le Prince Hamlet ne sait pas où aller dans Elseneur. Il a bien rendez-vous avec « O’Phélie » (O’folie), avec le fantôme de son père qui connaît maintenant ce qu’est la mort. C’est sans compter sur l’ennemi des Danois, Timbras. Cela finit par l’image éclatée d’Hamlet sur les rochers suite à un duel. La mélancolie du Prince bouleverse les repaires du temps. Dans ses divagations, il parle d’aujourd’hui et des figures symboliques abandonnées.

 

► Jean-Pierre BOBILLOT, Rimbaud, Thiers, Pétain & après, Patrick Fréchet éditeur / Les Presses du réel, printemps 2021, 128 pages, 17 €, ISBN : 978-2-37896-224-1.

Présentation éditorialeRimbaud – c’est là ce qui fait de lui un poète d’exception – a d’emblée conçu et pratiqué la poésie politiquement.
Lecteur impitoyable, il eut tôt fait de débusquer chez Romantiques et Parnassiens tout ce qui faisait de leur poésie – manières, propos et matières – une alliée ou complice de choix de toutes les oppressions : religieuse, morale, politique, sociale, économique, familiale, sexuelle, etc. De cette lucide négativité, il fit œuvre – dans le contexte historique troublé et conflictuel des années 1869-1875 –, mettant en pièces avec rage et méthode chacune des composantes du « langage poétique » hérité : autant – sous couvert d’Harmonie, de Beauté et d’Absolu – de conditionnements mortifères, d’impératifs ou d’interdits asphyxiant dans l’œuf la moindre prise de conscience ou velléité d’émancipation.

« POète bRuYant, chercheuR de POuX, POusseuR de bouchons », Jean-Pierre bobillot a publié Rimbaud : le meurtre d’Orphée. Crise de Verbe et chimie des vers ou la Commune dans le Poème (éd. Champion, 2004). Il aggrave son cas…

 

► Christian PRIGENT, Chino au jardin, P.O.L, en librairie depuis le 6 mai, 352 pages, 21 €, ISBN : 978-2-8180-5299-0.

Présentation éditorialeDans ce troisième volet d’un cycle amorcé par Les Enfances Chino (2013), Les Amours Chino (2016) et Chino aime le sport (2017), Chino visite les jardins de son enfance. Ce livre est un roman mais rien n’est chronologique. Entre 1950 et 2019, les époques se mêlent. N’apparaissent que des mondes furtifs, des souvenirs à trous. Tout se forme et se déforme dans une langue qui passe sans crier gare de l’élégiaque larmoyant au mirliton comique, du savant au populaire, du français grand style aux argots. C’est aussi un grand éloge du jardin. Pas de lieu plus fini qu’un jardin : clos, cadastré, et aucun qui soit davantage capable d’infini. Dans tous passent les odeurs, les couleurs et les bruits qui font resurgir par associations sensorielles la matière d’une vie. Dans ce monde « merveilleux » tout parle, les morts comme les vivants ; même les arbres, les sangliers, les biscottes, la confiture, le café au lait, la lune, les étoiles et les cailloux. L’Histoire s’y déploie parce qu’au fond du décor passent des personnages qui en portent les stigmates. En 1956, à la gadoue du jardin désaffecté de J., ex-parachutiste d’Indo, se superposent les tas de boue de Diên Biên Phu. En 1957, un réveillon en famille au bout d’un lopin glacé fait sortir des sabots des grands-parents les génies de leur monde rural agonisant ; quelques photos de morts ramènent des souvenirs de 14-18 ; la guerre d’Algérie s’incruste à cause de cousins absents, envoyés aux Aurès par la IVème République. Chino au jardin est aussi le conte d’une vocation : « Feras-tu poète ? » Aragon et André Breton reviennent tout salés de la pêche à pieds. Francis Ponge reçoit en short dans son bois de pins. Sur l’estran barbotent quelques Têtes-Molles : René Char, Saint-John-Perse, Eluard.

Premières impressions et extrait :

Dans un écrin élégant, avec une typographie plus aérée que d’habitude, ce dernier volet d’une série dont personne ne sait si elle est close − à commencer par son auteur − se dévore à un rythme effréné tant le plaisir des sens comme de l’esprit se révèle intense. Chino alias Prigent, tout en nous dévoilant ses jardins secrets, porte un regard sur le microcosme poétique comme sur notre monde (extraordinaire sotie sur la geste des Gilets Jaunes !) qui ne peut que nous parler… /FT/

« Pas besoin de s’asticoter les visions du monde avec du complexe : la perle de la pensée c’est comme celle de l’huître qui a même Q. I. Tu habites le monde poétiquement sur dossier dans des résidences. Ton instinct de ciel te vaut des invites à déployer devant les passionnés tes ailes à la pelle. Te voilà de la corporation. 15 000 000 d’auteurs au moins. Revues par charretées. Démocratie poétarienne en pleine forme festivalière égalitaire. Cent écoles rivales ! Cent chapelles épanouies ! Foison de griffes ! Style à gogo ! Lyriques printaniers, blancs métaphysiciens, performer survoltés, objectivistes des villes et des champs, monteurs situationnistes et élégiaques en retraite bucolique. Tout ça dans l’ouverture à l’autre. Sourires instinctivement célestes, gaz de sublimation à tous les étages. Et le petit robinet créatif qui goutte sans discontinuer son jus de nuées qu’on lyophilise pour gagner de la place en plaquettes » (p. 200).

De quoi ranimer « la bisbille avec la profession », jeter de l’huile sur le feu d’un milieu où règnent le Tout-à-l’Ego et son corollaire, la lutte des places…

 

Armand Dupuy, Van Gogh, Buraglio, mon père et les autres, L’atelier Contemporain, 96 pages, 12 €, ISBN : 978-2-85035-021-4.

Présentation éditoriale. J’aurais voulu savoir. Au moins pouvoir dire pourquoi cet irrépressible attrait pour la peinture, et pourquoi, dans le même élan, je doute tant de l’aimer.

C’est l’incertaine histoire d’une vocation ambiguë que relate celui à qui Bernard Noël écrit : Vous détestez la peinture pour l’exercer plus intimement, pour la peindre en vous et non plus hors de vous. Une vocation de peintre ? Non. D’amateur de peinture ? Ce n’est pas assuré. À mesure qu’Armand Dupuy dévide le complexe de son obsession pour la peinture, la série de rencontres que suggère le titre prendrait plutôt l’allure d’une course d’obstacles entamée à l’appel d’une voix introuvable, traîtresse ou trop lointaine, trop originelle peut-être.
Ce que ce livre donne à voir littéralement, c’est que le pictural commence toujours bien avant les tubes et les pinceaux, qu’il n’est même pas l’apanage de la peinture, mais qualifie un effort acharné pour arriver à voir, sentir, penser, parler, écrire avec une justesse dont les critères sont dérobés à l’analyse.

Olivier Domerg, Le manscrit, Le corridor bleu, 227 pages, 18€ ISBN : 978-2-914033-886.

Présentation éditoriale. La neige, subsistante, forme d’étranges rigoles, zébrant les flancs de Manse. Elle suinte en bandes obliques, délimitant stries blanches et larges tronçons bruns. N’allez pas croire pourtant qu’il s’agisse d’une ré-agglutination, quand c’est plutôt ici un effet de la fonte.
Au-dessus, claquent les sommets du Champsaur, hauts réflecteurs de lumière. Ils brandiront tout ce blanc encore longtemps, au-delà de la saison chaude.
Mais là n’est pas notre sujet. Récusant leur éminence, cette verve grandiloquente qui s’attache souvent à eux, nous avons élu un modeste, pour sa forme et sa situation manifestes !

Que peut une composition de mots, face à une montagne de pierres et d’herbes, à la matière muette, aussi humble que mystérieuse ? Le Manscrit est une proposition de réponse en acte à cette question : d’abord, le texte prend l’aspect d’une promenade autour et sur une petite montagne des Hautes-Alpes. Mais vite, c’est un corps à corps méthodique et joyeux qui se met en branle. Olivier Domerg, avec une opiniâtreté nimbée de facétie, convoque toutes les ressources du poème pour épuiser, faire passer dans la langue et célébrer le Puy de Manse dans un véritable gai savoir poétique.
À la fois sérieux et léger, Le Manscrit se déploie, avec méthode, dans trois dimensions du poème qui se complètent et se répondent, toujours identiques mais variant de focale au fil des épisodes : la prose, la note et le chant.

 

Alexander Dickow, Le premier souper, La Volte, 259 pages, 18€, ISBN : 978-2-37049-106-0.

Présentation éditoriale. Tant de rumeurs courent sur le compte de l’énigmatique Ronce Albène. Esprit retors, intendant du royaume, il a dédié sa vie à son grand œuvre, Le premier souper. Le livre du savant traverse des pays hallucinés – Taranque, où l’on se nourrit de silice et de caillasse et l’Empire phonide, où les humains mènent une lutte impitoyable contre des envahisseurs qui usurpent la chair des êtres vivants.

Ronde de cauchemars et de carnavals, travail de recherche ou tissu d’affabulations, le livre mystérieux de Ronce vient menacer les mœurs puritaines de la société aurède, dirigée par des hommes qui se nourrissent de leur propre corps, et qui condamnent les allophages, ceux qui osent ingérer d’autres créatures.

Un roman qui admet des physiologies autres, primitives ou inouïes. Un roman en éclats, à la langue torrentielle, qui creuse jusqu’à nos tréfonds la question de l’appétit insatiable de l’homme envers les autres, envers le monde − jusqu’à la dévoration.

 

Les nouvelles aventures d’Ovaine /Tristan Felix/

Ovaine, experte en points de suspension, est appelée au chevet d’une montagne en péril.
– Hum… votre pied branle drôlement du chef. Je vous le badigeonne de mort très fine, c’est indolore.
Et la Sierra de fondre en un sable plus fin que l’or du temps qui passe.
Ovaine dans ses mains recueille cette poudre lorsque, coup de théâtre!  surgit l’orpailleur Pepito à bord de sa bourrique pelée.
– Lache ton colt et ton tamis, l’horrible, ou je te mords la culotte, grince la montagne entre ses dents pleines de sable.
Ovaine, épatée, consigne cette pépite dans son journal des bords extrêmes.
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