[Texte] Sébastien Ecorce, Dire l'à-dit (V)

[Texte] Sébastien Ecorce, Dire l’à-dit (V)

mai 11, 2024
in Category: Création, UNE
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[Texte] Sébastien Ecorce, Dire l’à-dit (V)

[Lire extrait IV]

 

 

le gouffre vertical du dire

n’effraie plus le récit

sa surface

le sens concret du plan

 

 

*

 

visant le centre

les diagonales

croisant les dires

au moment les traverser

elles à l’opposé

les pliures

les lisant

autres

 

 

*

 

si loin de nous étonner à la table du dire

sens-tu quel habile lecteur

sa nature rend

à l’acte de dire

le lisant

d’ouvrir un visage

une bouche

un regard inévitable

 

 

*

 

(encore une grappe de dire rompu)

et  de  ce  désir  grand

reste l’emplacement

un amas autour du

sphéroïde-vestibule

une pièce blanchie

le fond d’un fond

bande de feuilles

touchées régulières

le rebut d’un paysage

parce qu’autour c’est déjà habité

un dire autrement

 

 

*

 

ils disent

il n’y a pas d’ornement du dit

car il est une peste du goût

ils disent

il n’y a pas d’ornement du dire

car il est une peste de l’énonciation

ils disent

chercher un dire sans le dire

sans savoir quoi dire du moment sans dire

du dit

le lisant régénère la lisibilité

dans le dire sans en faire sans

l’annonce

le signe d’une

décadence ou d’une petite

régénération

 

 

*

 

le dire du dit est-il un ornement fixe

sous l’angle de son rapport définitionnel

tu cherches au moment du dire

comme tu cherches à dire un moment du dit

dans le dire

à ne croiser un dit qui ne dépend plus

d’un centre qui n’embellit plus –

n’embellir plus

designer

sans dit

le dire

une pure manifestation du

dire

 

 

*

 

le Dire

est un signe archaïque

du Dit

le Dire sans le dire

nous avance à

rien

des restes de ces signes

un certain ordonnancement mis au service de_

 

 

*

 

l’exposé

le dit

et le dire

de s’en délivrer

le poids faisant

l’aller le retour

au-dessus de ce

parallèle

la ligne d’audition

 

 

*

 

le dire

par  les  monts

eux  qui  se joignent  par  le  haut

l’empêchaient

l’exposer : la réserve distancielle

 

 

*

 

le parler bas

le poids d’un silence

le vernaculaire noir

qui écrase la langue

de morts tuméfiés

assieds-toi près du

lambeau

un ornement

qui nous coupe

des fuseaux du thorax

des navettes de l’immobile

du désordre des jambes

des fleuves fins

non pas que ce fut

la terre d’aucun homme

un dire

mais l’image

d’une pièce d’attente

dans les bouches frigides

l’éperdu

cette façon qu’ils ont de dire

un appui

sans le dire

ce tremblement

le ravissement

indivisiblement

brouillé

le régulier du touché

lampes éteintes

arrache les pousses

d’un dit

sans le dire

le lisant

remue un peu d’ombre

et disparaît

 

 

*

 

la capacité

tout aussi surprenante

du fruit

un dire

par l’action

relative

une conduite

nous pourrions

nous aussi

ajouter

le précieux d’un contour

la valeur éclatante

la répétition mobile

sans dire

donnera ça

un jour

(sans dire)

juxtapose

une fixation

dessus

 

 

*

 

dire glissé d’un dire

(sans dire)

juste l’épaisseur

un terme

lisant l’embrasure

au moment du dire

l’écart des universaux secs

ovarienne n’est pas cette prédisposition

mais la légèreté bondissante

enveloppe nue

pare-choc flexible contre les migrations

un peu de l’affleurement pris

le resserrement du mot

dans le coude ou la corne

une masse compacte

où s’enroule la désertion

une petite arène dans

le roux des lumières basses

 

 

*

 

dire

à coque dure

les ergots dressés

aux jeux

la technique de mixage

des mouvements

la suite

la répétition

on change de place

à l’incidence d’un dire

porté

l’unité construite

(sans dire)

déborde

image mobile

courbature

proportionnelle

sa courbe

à la raideur

les genoux

et alors le dire

installe encore

le dehors

cerveau archaïque

le reverse

et un dire

tombe

encore

 

 

*

 

un cas délimité

la caresse

borde

la reproduction

en bas

ainsi nous

vivons

le dire

le désert

sa généralité

l’idée

le bruit réduit

un tout petit dire

lâche les deux mains

et son risque à quoi

aussi bien

le détour

entre les logiques

marchant

entre les plus lents

mobiles naturels

un jour

donnera ça

 

 

*

 

rien de concret :

le dire

est réglable

dans le rétro

 

 

*

 

dit

je ne reconnais pas

le dire

rien

le lisant

sans

séparer des parties

prolonger

un faux

commencement

l’intonation

tu as bon espoir

tâtonner

prolonger l’arrière

vue

l’énigme

tu l’entends

première

un illusionnisme

qui n’est pas un dépit

si méconnaissable

prend la règle

générale

te soutenir

tout serait traduire

hors

du

juxtalinéaire

tout serait

pseudologique

soi-disant

charge

 

 

*

 

partition répétition

une question de cœur

repose à la bouche

un effet chimique

l’équilibre

qu’il fallait annuler

bâillon

ce déballé

double cœur

infinité (s)- cœur

infinité (t)- cœur

les deux irréductibles

faire votre petit diagramme

votre culotte

au-dessus du chemin

prenez les nombres au-dessus

de la ligne si

naturellement vient

décaler

l’arrêt

l’alignement

sous

un biais très

vertical

cette retenue

(ici)

diagramme

ne pas savoir

 

 

(…)

Sébastien Ecorce, Professeur de neurobiologie, Pitié-Salpêtrière,
Icm, co-responsable de la plateforme de financements,
gribouilleur, créateur graphique et sonore, pianiste.

 

© Bandeau et photo en arrière-plan : Evelyne Crozat Coulmont, La Petite Voix

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