Libr-critique

25 mars 2021

[Création] Joël Hubaut, Épidémik (28)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 8:52

Pour mai 2021, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire/voir le vingt-septième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

..… Carbone d’urine se collant à la paroi les membranes déchiquetées par la touffe des tuyaux du projecteur dans la poche cancérigène du stimulateur de réalité filtrée par coïncidence avec le laser romantique instable l’épidémie appliquant la topographie du cinéma à la lettre fond négatif hurlement des morpions torturés dans la touffe vidange grappe déviation flottement des étoiles dans la crème peinture mélangée dans le sang avec les poils de lapin lettres phosphorescentes dans la cervelle avec gélules particules pilules molécules crachant les signaux épidémiques dans la transe des cris animaux du clapier invasion des lapins sauvages révolutionnaires anti-lapins domestiques serviles contaminant aussi les vaches pour traire les déesses avec fromage coulant dans biberons……

Répulsion des lapins stupides domestiques à la moutarde civet étron populo respirant dans les bouteilles avec les tubes de plastique fixés aux tablettes de commandes fixées à l’ordre nouveau militaire morale des lapins/ moutons esclaves volontaires dans le confort du foin gratuit des zones de sécurité du travail garanti avec la soupe dans les taudis de merde avec les bagnoles de merde et la télé de merde et les progénitures de merde pour les allocations de merde avec la retraite de merde et les vacances de merde dans les taupettes de merde de pavillons hideux avec le foot de merde pour une armée de lapins collabos apprivoisés soumis couchés et totalement anti-lapin d’Alice sautillant dans la luzerne imaginaire renouvelée par les rêves et les désirs vigoureux contre-lapins à clapier pour décoller dans les réseaux des machines à rêves anti-peigne-cul……

« Bee-Bee » (série artsecticide épidémik), dessin/collage, 50 cm x 65 cm. Joël Hubaut, 1975.

14 mars 2021

[Création] Joël Hubaut, ÉpidémiK (27)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 21:27

Pour le printemps 2021, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire/voir le vingt-sizième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

….. Bactéries broyées dans les couilles du metteur en scène de la vie filmée en permanence dans l’espace invisible greffé aux bobines électriques du tableau de bord fragments collés à la mue du film métamorphose du film précipité avec les déchets contagieux vieillissement des péloches grasses de film dans la matrice cinématographique viscérale astrale tropicale dévorée par les insectes gloutons robotisés grouillement des micros-bestiaux mécaniques sur l’écran pullulement dans le hors champ mixte des films mélangés dans le film invisible mixte…………………………

Abeilles collées comme des actrices de cinéma dans le circuit imprimé pré-digestion des tickets musique broyée concassée avec le hurlement de quelques poètes en combinaison de centrale nucléaire bruit des poèmes projetés à la bombe étranglement du souffle éclaté dans la bouche concentrée par la muselière la langue perforée par les lacets de caoutchouc bouche fourrée de mousse et d’écume les dents fracassées dans l’enclume avec les batteries invasion des microbes dans la sculpture de jambon vaporisation du parfum gazeux liquide avec débris de corps morcelés dans le boîtier électrique comme une panse flottant dans le paradis envahi d’extra-terrestres gris clair luisant avec l’enregistrement des défécations quotidiennes comme opé-rat futur entre diarrhée et constipation piano fortissimo allégro rythmé rigoureusement par une chasse d’eau comme tempo d’évacuation concrète avec le transit émotionnel des flux de la vie comme musique cool de déchet vital qui coule de source …………………………………………………………………….

Expulsant les signaux croix croix croix gonflant le tube imprimé dans la peau arrachant le slip des stars avec le dé-serre-joint enfonçant les triangles dans l’espace visuel avec les cartouches bourrées de fourmis magnétiques téléguidées dans les rainures des ongles les tuyaux s’enfonçant dans la moquette avec les vers grouillants dans l’infinitude la pâte coulant dans les yeux iris noyés dans la buée universelle convulsions des champignons vampires en cercle le cœur crachant du sang vachement vert fluorescent nacré les triangles de la peau se détachant laissant apparaître des boudins d’inox creux reluisants comme des sardines fraîches volantes dans une nappe sonore de Tangerine dream avec l’overdose d’images que tu crois crois crois voir en expulsant les signaux sons…..

(Suite du poème « envahissement des pellicules de réalité dans la brèche souterraine épidémique »), Volcanville – Joël Hubaut, 1976

Visuel (EPIDEMIA Radio-Activity ) Central épidémik, Joël Hubaut, 1977.

6 mars 2021

[Création] Joël Hubaut, ÉpidémiK (26)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 19:30

Pour le printemps 2021, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire/voir le vingt-cinquième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

….. Manger les noyaux du film de la vie suçant les atomes mouillant dans l’anus de l’orbite de tes larmes cinématographiques spectre supérieur dans le musée avec les animaux vivants installés sur les socles comme des sculptures avec la série des mâles et des femelles mélangées sur les grands socles avec les gamelles moulées dans les képis pour faire laper les bêtes sur les socles avec les chaînes et l’abreuvoir programmé dans la centrale téléphonique du zoo de l’art vivant avec le caca dégoulinant autour des socles l’odeur de l’art vivant dans la galerie avec la pisse bestiale exposée dans la lumière rose pour tous les marsupiaux bagués sur les socles pleins de pâtée et de théorie de contamination attaquant les crabes au marteau piqueur avec un sommeil hyper calculé au médoc…………………………………

Émission stimulée par l’invasion des projecteurs planant les barres émises aux niveaux 47 émettant l’information pourrie dans la cuvette avec le dégueulis de vinasse coulant sur l’écran dans la fente explose percute le caisson épidémik augmente l’intensité de chaleur du film spontané avec les bobines embobinées aux neurones contigus bec fouillant le fond de l’orifice branché sur les batteries de tissus réticulé décharge l’écriture vernaculaire sur l’écran avec la lumière calquant les signaux parasites comme une onde dans le rayonnement des mouches pissant avec le jus qui dégouline nouilles holographiques encore molles dans le fond du trou avec les insectes qui avancent dans le tube fluorescent écran détruit par l’explosion du tourbillon invasion des virus violets envahisseurs pellicule infra rouge avec croix cercles flèches carrés gravés sur la monnaie blanchie ……………………………

Les gaz des branchies avec la graisse et la mémoire attaquée par les cellules infectées épidémie des plantes roses du cinéma spécial bouche à bouche par répétition des répétitions des films en temps réel avalant le poisson-chat aspirant la pisse par le trou de bite avalant les algues épidémiques accrochées au drapeau bleu blanc rouge couvert de pustules envahissantes avec les têtards qui jaillissent des camemberts du gouvernement anti-synthétiseur avec les renseignements généraux et les fantômes d’indiens reproduisant la démangeaison sur les étiquettes …………………………… (suite du poème « envahissement des pellicules de réalité dans la brèche souterraine épidémique »)

Joël Hubaut, 1976 …..

Amulettes épidémik de protection. Joël Hubaut, 1976

28 février 2021

[Création] Joël Hubaut, ÉpidémiK (25)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 13:42

Pour le printemps 2021, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire/voir le vingt-quatrième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

….. les bactéries grouillant dans la cave avec la morve du film de réalité comme un jet scriptural projeté dans la moule factice de la factrice qui ne porte jamais de petite culotte et les hélices giclant dans la masse hyper réelle peau écaillée sur-réelle avec les vergetures des lettres fourrées dans la lumière des néons plantés dans le ventre du projecteur les poils électriques claquant le rythme tempo po po po clignotant comme une enseigne dans le ventre du rythme des poils ail ail ail avec la lumière noire de la viande qui se répand han han han dans les flaques des timbres par avion en léchant les enveloppes hop hop hop pour la factrice qui pédale dans la campagne avec le vélo bandant auto-vibreur dans les côtes pour l’écologie de l’amour horripilateur des martiens qui jaillissent des yaourts en pleine nuit illuminée de pores d’où jaillissent les gros vers luisants extensibles ……………………………………………

Des bobines de mots tamponnés reluisant par saccades crachats éparpillés dans poussière de rêve tumeur d’image de neige éblouissante dans le blanc du lait écran vierge sacrifiée sur l’écran souillé écran blanc sur fond d’écran blanc sale convulsion des illusions au travers des lunettes rock n’ roll spirale poupée en cuir avec grosse moto plastique vroum vroum dans l’armoire à glace faux symptôme de liberté artificielle entre les housses en écoutant chanter les hippocampes électriques bande-image crachant sur la pyramide de fiole bourrée de fœtus……………………..

L’uranium qui s’échappe de l’organe la lèvre ouverte queue enflée dans trou trou écarté bave panse sperme radio actif couilles de neurones vésicules fistules tentacules testicules mandibules visuelles désintégrées dans le faisceau avec ton amour dans la répulsion électrique des robots en mutation dans la peinture des actionnistes avec pinceaux de reproduction poils-haschich automatique directement injectés dans les tubes acryliques pour calquer les images décollées dans la masse du réseau des artistes créateurs de cicatrices esthétiques au cutter avec cette image d’anglais descendant du car ferry avec des cheveux-balayette raides comme une torche vive sur le crâne avec épingles nourrices plantées dans la joue et vieille odeur de thé rose amoniaqué du cowboy sale ……………………. (suite du poème « envahissement des pellicules de réalité dans la brèche souterraine épidémique »)

Joël Hubaut 1976…..

Visuel = CROIX  de sable avec Colette de Lacroix. Joël Hubaut, 1976.

24 février 2021

[Texte] Christophe Esnault, Psychopathologies de mes éditeurs (extraits)

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Fin observateur, l’éditeur dit que les poètes sont très durs entre eux. Et en s’appuyant sur son expérience en Syrie, il dit aussi qu’il y a davantage de solidarité chez DAESH.

L’éditeur insulte les rares chroniqueurs qui ont parlé de ses livres. Les plus dithyrambiques sont menacés de se faire loger très délicatement, et avec une grande science des huiles, des rats vivants dans le cul.

Les libraires sont plus pignoufs que nazis, mais ça ira toutefois mieux quand ils auront tous disparu. L’idéal serait que la petite édition travaille en direct avec Uber avec livraison H + 4 voire H + 1. Uber. Eux ils assurent. Comme les libraires, ils n’ont pas la moindre notion de ce qu’est la littérature. Sans se fâcher pour autant si on leur en fait la remarque.

Montrer le lapin, sorti de sa cage qui est au fond du jardin, le nommer et dire que c’est le lapin de la maison d’éditions suscite enfin un début d’intérêt pour ladite maison d’éditions sur les réseaux sociaux.

L’éditeur sponsorise la publication d’une notule encourageante parue dans le journal local par un journaliste qui n’a pas eu le livre en main et qui a – ah oui quand même – laissé cinq fautes et coquilles dans son très approximatif résumé du livre emprunté à une quatrième de couv’ trop longue pour être recopiée entièrement.

Après la rédaction d’un ou deux superlatifs, l’éditeur s’engage dans un texte à paraître prochainement, puis il bloque l’adresse mail de l’auteur (il a beau avoir fait cette blague plus de deux cents fois, elle le fait toujours autant rire).

Au salon de L’autre livre, sous son nez une femme vend comme des petits pains son livre auto-édité sur les petits chats mignons. Le livre est laid, mais elle, elle sait écouler sa marchandise. Avec art.

L’éditeur aime vraiment ce texte, mais en pistant l’auteure sur Facebook, il se rend compte qu’elle n’est pas vraiment sexy, et ça le dissuade immédiatement de lui proposer un contrat.

L’éditeur aurait dû recruter des hôtesses en décolleté plongeant, des étudiantes en force de vente, mais non il est venu tout seul pour attendre vainement derrière son stand que quelqu’un approche.

Le prix des envois postaux, tout le monde s’offusque et dit que c’est l’assassinat, ça tue les revuistes et la petite édition, mais quand l’éditeur propose de cramer une Poste pour faire entendre les revendications, il n’y a plus personne.

Le fichier d’un copier-coller opéré sans aucune relecture du texte et envoyé hâtivement à l’imprimeur avec minimum deux cents coquilles, fera littérature.

L’éditeur a la liste des libraires qui ne paient pas les très petits éditeurs et il menace de la diffuser pour flinguer leur image de librairies indépendantes hyper sympas qui sauvent la planète.

L’éditeur donne un coup de pied dans un buisson et il y a deux millions d’auteurs qui sortent pour lui dire qu’ils ont adoré son recueil de poésie (tiré à 50 exemplaires (et vendu à 4 exemplaires). Et aussi qu’ils ont un tapuscrit à offrir à sa curiosité. 

L’éditeur supprime le Facebook de la maison, aucun intérêt à rester parmi ce ramassis de débiles.

20 février 2021

[Création] Joël Hubaut, Épidémik (24)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 12:55

Pour le printemps 2021, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire/voir le vingt-troisième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

….. la vision toujours plus enfoncée vers le fond sans fond avec les vibrations de l’écho des images miroitantes hors de l’écran avec le bruit des effets hors-vue claquant les tempes à l’extrémité des tubes d’illusion comme-si les images invisibles étaient plus bruyantes dans la non-visibilité avec le rugissement des stérilets du studio coinçant les vulves d’illusions dans la sous-couche des plans mobiles plongeant dans le champ des caméras vidées dans la gélatine avec les transistors harnachés aux tétons flash-back avalant la bouillie de merde grise mécanique dans le cadrage contre plongée bourré d’épissures et de microscopes parlant le langage des molécules ivres…

Images panoramiques éclatées au-dessus des bidons explosifs plan-séquence épidémique avec la mousse visuelle dans le travelling bobine buccale dégoulinée dans le hasard des séquences-cul pellicule épidémique entre les jambes dans les viscères boulonnées avec les anneaux écartant la chair dans les images écartées rongeant la langue sexe révoltée dans les raccords provocation du metteur en scène dans le ventre de la star révolutionnaire qui se fait enculer par un cheval du parti communiste sur le bureau du ministre attaché culturel se branlant à vif dans un torchon support surface travaillé à la rondelle de concombre tamponnée en monotype bleu espadrille pétanque béret français enregistrement des hurlements de la gonzesse qui se fourre avec le téléphone….. (suite du poème « envahissement des pellicules de réalité dans la brèche souterraine épidémique »)…

Joël Hubaut, 1976

Visuel « Portrait-mutation en lapin » (photo de P. Victor, rehaussée à la gouache par Joël Hubaut)

14 février 2021

[Texte] Sébastien Ecorce, Parlez-moi…

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Revoici Sébastien Ecorce – professeur de Neurobio à ICM, Salpètrière, écrivain-poète –, que nous remercions pour ce nouvel inédit. [Lire son dernier texte poétique sur LIBR-CRITIQUE]

 

Parlez à partir d’un babillage et d’un interrupteur. Parlez à partir d’un nÅ“ud. Ou d’une déchirure métatextuelle. Pissez dans une cabine téléphonique. Faire pousser un arbre. Faites pousser si vous voulez apprendre à parler une langue aussi brisée

Parlez-moi dans les bois. Dans ma poitrine. Avec vos doigts.

Parlez-moi des caresses brutales
Parlez-moi de la zone humide
Parlez-moi de l’arme qui est dans votre œsophage
Parlez –moi si vous voulez claquer dans une malle comme un sac de pierres

Même si tu enfonces les sols, que tu déchires des câbles,
Si ta parole brûle des berceaux de verges de sang et de chair
Ta commotion cérébrale est toujours un hôtel

(…)

© W. Y. Chun, 2000

 

30 janvier 2021

[Création] Joël Hubaut, ÉpidémiK (23)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 14:51

Pour le printemps 2021, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire/voir le vingt-deuxième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

Avalement de la projection avalant l’air par les poches des hernies blessant la moelle des nuages d’ADN géo-imprimés en aplat cinématographique avec des taches géométriques noires et des contre-reliefs raplatis sur l’écran avalé dans les nuages d’ADN entre les taches noires du cinéma avec l’ombre blouson noir des grilles sous-cutanées tordues comme du Mondrian ramolli par la bio-chaleur des micros entortillant l’écran avec les couleurs méningées des décibels qui explosent débordant des cloisons de l’hypophyse du cadrage du film épidémique orange vert rose doré dans la vitesse supersonique des méthodes de prolifération artificielle de l’or… La peau greffée au ventilo téléguidé attaquant les rebords de l’écran avec le couteau à cran d’arrêt des hommes noirs automatiques qui traversent l’écran avec les super gonzesses pupilles rimmel vulve mouillante épilation absolue grandes lèvres imberbes gros bébé fille chatte géante enfouie entre les cuisses odeur de réséda chewing gum pisse clito jusqu’au bas des jambes translucides avec bottines en skaï rose argenté envahissant les surfaces lisses anémiées du cinéma pour sucer loin comme la crème fraiche de Normandie dans la bouche en inoculant le brouillage avec la musique de Varèse et de Nino Rota dans le four électrique blanc… Le grouillement polluant des signes grafo-cytoplasmiques tatouant les ventricules du cervelet vacillant frottant glissant fracassant la marge pariétale pour se répandre sur les photographies radiographiées en mordant les images / ovaires dans l’épaisseur de la vision radiographique jusqu’à entamer les sous-couches en rognant les strates glissant dans le vide du fond des images au rayon x sans fond à perte de vue dans la non-vue plus lumineuse que la vue-vue ultra violette hors-écran où le renoncement des images induit des images absentes décalottées dans la vision cinématographique plus profonde encore vers le non-fond total absolu de l’espace sans fond à perte de vue de l’imaginaire mycosé sans limite dans les bas fonds du fond sans fond radiographié en copulant dans la vaisselle avec les furoncles qui coulent dans l’embrayage avec les 47 scarabées …………. (suite du poème « Envahissement des pellicules de réalité dans la brèche souterraine épidémique » )…

Joël Hubaut, 1976

« Brindilles épidémik sur neige » : Photo, Jean-Pierre Chambon. /Joël Hubaut, 1976/

    « Brindilles épidémik sur neige » : Photo, Jean-Pierre Chambon. /Joël Hubaut, 1976/

24 janvier 2021

[News] News du dimanche

LIBR-CRITIQUE n’a pas vocation à aligner sempiternellement les mêmes chroniques pseudo-libres et pseudo-critiques sur les mêmes livres dans l’aire du temps, mais, en tant qu’outil dans la mêlée, se doit de s’interroger et de prendre part à son temps, par le prisme de pratiques exigeantes. D’où notre nouvel Édito et la suite des « nouvelles aventures d’Ovaine » – avant notre dernière Libr-rétrospective

Édito : Des « mots du pouvoir » au « pouvoir des mots »/FT/

Dans la lignée d’un excellent numéro de Lignes, on commencera par s’interroger sur les mots du pouvoir. Les forces néo-libérales ayant envahi quasiment tout l’espace public, ils ont en effet remporté la lutte sociale pour la conquête de labels valorisants : innovation versus conservation ; réforme vs conservatisme ; moderne vs archaïsme ; humanisme vs anti-humanisme ; anticonformisme vs conformisme ; individualisme vs étatisme ; libéralisme vs totalitarisme… C’est ainsi que se sont progressivement imposés les nouveaux mots du pouvoir qu’ont d’abord analysés les sociologues ayant participé à l’ouvrage collectif dirigé par Pascal Durand (éditions Aden, Bruxelles, 2007), puis les intellectuels invités par Michel Surya dans le numéro 62 de Lignes (août 2020).

Dans le monde de plus en plus complexe qu’est celui de notre modernité, il faut saluer l’avènement de la société de la connaissance, et donc faire confiance à nos compétences, nos performances, notre compétitivité, notre créativité, en un mot à notre excellence*, pour favoriser la transparence, le bien-être et le vivre-ensemble. Maintenant que prédomine le sociétal – c’est-à-dire « le social moins le conflit » (P. Durand) –, il nous faut faire collectif*, faire preuve de bienveillance* (Jacob Rogozinski souligne que désormais même les sanctions et licenciements sont bienveillants !) et encourager la résilience (en couverture d’un magazine cuculturel millésime 2021 : « Soyez heureux, soyez résilients » !)… Jacques Brou avance cette explication : « Nos vies sont des lignes qui ne mènent nulle part et s’emmêlent assez vite pour former de curieux dessins et de vilains signes. C’est pourquoi régulièrement nous traduisons nos vies dans le langage de l’entreprise, dans la langue de la TV et du JT » (Lignes, p. 34).

Aussi notre rôle consiste-t-il à proposer des fictions et réflexions pour empêcher de tourner en rond cette langue dominatrice. On terminera donc par cette double définition qui détourne un tout nouveau mot du pouvoir :

Séparatisme :
1. Fait de subordonner l’intérêt général aux intérêts particuliers. Concerne essentiellement les gens de pouvoir et de finance.
2. Fait de faire prévaloir les activités humaines sur les activités planétaires.

* Les astérisques ajoutés aux mots en italiques renvoient au numéro 62 de Lignes, les autres étant traités dans le volume de Pascal Durand.

 

Les nouvelles aventures d’Ovaine, par Tristan Felix

♦ Un jour de pénurie, Ovaine observe le monde par le petit bout de la lorgnette.

Elle le voit qui tout au bout la lorgne intensément. Elle se demande si elle n’a pas fauté.

Son petit loup de la borgnette l’apaise d’un cliquetis de dents.

Pensivement lucide, elle déducte qu’elle est matée par ce qu’elle voit.

Avide alors d’éberluer, elle se lance dans un street-peas qui l’écosse intégralement.

Son loup tout en pudeur picore ses pois qui dans la rue pleine de monde roulent leurs petits yeux verts.

 

â—Š Depuis qu’Ovaine respire une fois sur deux, elle vit deux fois plus longtemps.

Du coup, les fleurs se retiennent de faner, le soleil de se coucher, et même les petits de naître.

Le monde vit au ralenti comme dans le rêve d’une anémone de mer.

Un jour, un danseur, immobilisé dans son saut de biche, demande à Ovaine d’accélérer sa respiration. Il voudrait finir sa figure.

Mais elle a peur qu’il tombe.

Alors son collant finit par tomber en poussière et les grands yeux des biches restent ouverts toute la nuit.

Libr-rétrospective 2020 (4)

â–º Chroniques : Ahmed Slama, « Juliette Mézenc, Journal du brise-glace«  [> 6 000] et sur Yoga de Carrère [1 500 vues] ; Fabrice Thumerel, « L’univers réticulaire selon Bernard Stiegler »Â et « Libr-5 » [> 1 500 vues] + sur Album photo de Jérôme Game ; Jalil Bennani sur R. Gori, Et si l’effondrement avait déjà eu lieu ; Christophe Stolowicki sur Pages de Philippe Jaffeux ; Guillaume Basquin sur Covid 19(84)… de Michel Weber…

â–º NEWS : « Poésie et humour : Tristan Felix et Daniel Cabanis à la MPP » ; « News du dimanche du 15/11 » [1 000 vues] ; Les Tourbillons de Valère Novarina…

â–º Créations : CUHEL, « Bienvenue à USINAREVA ! »

10 janvier 2021

[Texte] Christophe Esnault, Laisseriez-vous votre fille sortir avec un thésard ?

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 21:11

La thèse professionnalisante sera lue en diagonale (12 minutes maxi) par un directeur de recherche fatigué, puis conquis intellectuellement quand il aura vérifié que ses deux livres parus chez L’Harmattan ont bien été cités dans la bibliographie. Le propos défendra un consensus mou et une caresse poussive sur l’Institution, bien dilués et annexés en un nombre de pages standard. Aucune publication satellite dans des revues en amont. Pas d’éditeur qui pourrait être lointainement intéressé par ces « travaux ». En Allemagne et au Japon, la bouillie du thésard n’aurait pas pu être validée. En France, le curseur est bas (tout en bas), ce serait bête de ne pas en profiter. Cette thèse lui ouvrira en grand la porte d’un poste de communicant ou de conseil-manager à l’université. Être là pour faire appliquer les directives économiques, c’est un métier. Savoir créer un QCM qui mette tout le monde d’accord sur le télétravail, l’opportunité incroyable de pérenniser le télétravail, c’est un art. Être l’homme de la situation et œuvrer pour un monde meilleur. Le parc informatique : six millions d’euros par an et des partenariats (marchés, appels d’offre). Méta-important pour les séjours à l’hôtel avec piscine, en Tunisie (voire Dubaï). Le bétail (les salariés) devra baisser la tête à l’écoute de « c’est la directive », « c’est comme ça et pas autrement », « désolé, mais ce n’est pas négociable », ou encore « ces mesures ont été votées en conseil d’administration, merci de respecter les nouveaux protocoles ». La TINA attitude, il n’y aura que des syndicalistes outranciers ou des sociologues post-marxistes pour y déceler un discours idéologique prétendument aussi chargé qu’un discours de Bruno Mégret. Ne vous laissez pas influencer par des éléments déviants et excessifs pillant les gamelles de chantier d’Hannah Arendt et Günther Anders. Doctorat, doctorant, vous l’entendez, nous emmène vers le monde du soin. L’expression « soigner ses employés », pour les plus paranoïaques, évoquera les heures empathiques de France Télécom et de ses équipes de managers-soignants. Une entreprise ressemble souvent à une autre entreprise. Les lois de l’entreprise sont nommées « directives ». Elles remplacent les vérités biologiques. Un bon manager le sait. Un bon communicant le sait. Les directives de l’entreprise, vous le comprenez enfin, sont un soin prodigué avec amour. Le meilleur management est un management sans management. Le salarié comprend de lui-même qu’il n’existe pas en tant qu’individu et qu’être pris pour un imbécile fait partie implicitement de sa fiche de poste. S’exprimer (revendiquer / contester / émettre une idée / dire non), tout cela ferait trop de mal à son corps, à son dos en particulier, il évitera de lui-même et en pleine conscience de commettre cette sottise. De ce gendre-là ? Oui, revenons à lui, cet homme sous sa thèse moisie et ses nouvelles fonctions est bien celui qui va féconder votre fille si vous n’intervenez pas promptement. Cela dit, Dubaï et/ou Tunis, il y aura des vols et une chambre premium pour vous et votre femme. Vous avez été l’une et l’autre du bétail, vous l’êtes encore cinq jours par semaine. Prendre une décision ne va pas être facile. Vous auriez besoin d’une séance de coaching. En distanciel, en vingt minutes maximum l’histoire serait pliée. Vous pourriez boire des cocktails et en croquer des gambas grillées, au soleil. À propos, je viens de monter ma micro-entreprise de coaching en développement personnel. Voici mon mail. Ce sera une alternative à la joie éphémère de soumettre le thésard au taser.

3 janvier 2021

[Texte] Patrick Beurard-Valdoye, Antonin Artaud & Ghérasim Luca volatilés sur le même méridien

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 21:03

Nous sommes très heureux de commencer cette année 2021 avec un extrait de Lamenta des murs (huitième volume du Cycle des exils, à paraître). 

 

à Micheline Catti-Ghérasim-Luca

ÀL’ASILEDEFOUS hurle Artaud frappant sur le capot du taxi qui se barre , on le verrait disséquer des yeux affutés au vrai l’ouvrage vert cobalt de Ghérasim Luca , que Bricianer en visiteur du matin tient en mains , Çac’estpourmoI [Artaudit] , Bricianer un peu protocolaire n’a guère le choix , c’est comme pour la canne de saint Patrick avec un autre , Ellen’estplusàvouS [Artaudit] , l’horloge de la mairie , les tomates à peine mûres , le buste de Socrate , la loge du portier manchot , le rang de peupliers endierlés , raides témoins aux cimes ployant sous la remembrance , car le vivant c’est de la mémoire infusée dans l’inerte prenant des couleurs , la femme en noire immobile le soir , la voyez-vous , voilette sur les yeux doigts gantés crispés tenant une lettre , devant la grille dissuasive , et qui attend quand l’air obscurci laisse filtrer entre ses yeux ce qu’il a caché , l’espèce de pavillon moche et dénué en bout de cour , la porte d’entrée vitrée et le grand arbre quelle espèce ? devant le banc , et le divan , Le moine sur le divan , le séjour avec la grande cheminée , le tisonnier tordu sous coups assénés , fer serpentiforme asquendit Prevel , un portrait en buste d’Artaud par Denise Colomb sur la cheminée , photo courbée tenue par un flacon d’encre et le marteau à gauche , deux billots bien amochés , une hache plantée dans l’un , le marteau à scander posé sur l’autre , manche pas encore cassé , le lit au milieu là , le fauteuil Voltaire , la commode , et les feuilles canson au mur , sans clou c’est quoi qui tient le dessin , feuil-murail , tantôt fusainées tantôt vierges , remisées à même la vue , et les taches de sang séché dont il faut comprendre le dedans , partout le temps emprisonné , séjour c’est autant du temps que du lieu , revient Prevel qui arrache et engloutit les tomates pas mûres , il repère sur le divan à droite Cuventatorul iubirii de Ghérasim Luca , merveille , ce pendant qu’Artaud écrit dans le cahier 334 INIANIU / I / DI / I SFARIGLI / SI SFARIGLI , il a ses idées , Denise Colomb dit que Luca lui rappelle Artaud , Artaud dit à Prevel qu’il n’aime pas les portraits de Denise Colomb , trop théâtral , Prevel recopie dans MOARTEA MOARTA Cini tentative de sinucidere non-oedipiana de Luca les hors-textes en français , le premier CES LARMES TON PARFUM TON DÉSESPOIR M’ATTIRE , le deuxième LA FATALITÉ M’ATTIRE PAR SON INEXISTENCE PAR SES GRANDS YEUX NOIRS le troisième JE SUIS INSPIRÉ PAR UN GRAND OISEAU ROUGE QUI DÉCHIRE DEUX GRANDS OISEAUX POURRIS QUI DÉCHIRENT À LEUR TOUR UN GRAND PIANO À QUEUE , Artaud annonce d’ailleurs qu’il ne sait plus écrire , Denise la Colomba déroule une grande feuille au mur , le flash éclate quelle erreur , rien ne se déroule comme prévu , les bris de verre volent errent et navrent la fumée blanche , Monsieur Artaud épris de terreur , la photo c’est le diable , ses tics ses heurts son brusq , quelque chose de plus que de la brusquerie , station assise entre lit et cheminée à la place des billots , la serviette d’Ur-bain pliée posée sur le battant en tête de lit , le parement droit de la cheminée échue , notre Colomba offre un tirage du portrait d’Artaud à Micheline , Ghérasim Luca annonce à Micheline Tu ne verras plus l’ami bricianeR , malentendu brouille gros problème de clef , le lit n’est plus au milieu , Pichette assis sur un billot pose pour Artaud , Maurice Roche s’inquiète de la chute du fusain , en lave Monsieur A.A. arrache la hache , il joint le geste à la parole fonce hurle vers le billot , crie d’encré , donne forme au gesticule , gélifie la parole , tape à la porte de la maison à coups de heurtoir OU NOU NA OUNAPIAN lève le tranchant menaçant Pichette visé sans broncher qui martèle en répons dans la langue d’Artaud le poussant du bras , il plante dans le charmetronc sa rage , complétement frappé , l’écriture c’est de la frappe , multiplicité broyée , qu’est-ce à dire , de la tape à la machine qu’il dicte plus prompt que le cliquetis des type-marteaux , ça ne badine pas , sous la dictée des blancs sont laissés , les fautes de frappe servent d’amorces , coups en vocifer frappant pour extraire du rythme le limon des noms , même inspirer fait gesture , FautmangertouslesjoursmauriceRochE [Artaudit] Momo sidéré a de visu la canne de saint Patrick qu’il n’a jamais vue , perdue à jamais de vue , c’est fou , la crosse de Patrick circonférant le puits d’espurgatoire

31 décembre 2020

[Création] Joël Hubaut, ÉpidémiK (22)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 16:33

Après avoir franchi le cap de 2021, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire le vingt et unième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

… Envahissement des pellicules de réalité dans la brèche souterraine épidémique……………………………..
A travers les lunettes noires qui se déportent vers la lumière future le chaos des images tisse une paupière artificielle transparente qui irise la vue intégralement dans les croisements en glissant entre les faisceaux de la réalité déchiquetée dans l’angoisse des réalités artificiellement hyper réelles et croisées….
L’obscurité crucifiant les images falsifiées dans l’angoisse allume le fond sans fond du monde angoissant d’une lueur parodique merveilleusement enchantée glaçant la monotonie du quotidien dans le noir entre les faisceaux artificiels du cauchemar dans une flaque saignante ignoble puis la pâleur du fond sans fond s’illumine sur un trou mixte béant jaune électrifié avec des vitesses inouïes de super chaos lumineux et joyeux éclatant en lambeaux jaunes dans l’artifice de la lumière réelle arrondie par le miroitement larvaire des os de poussins jaunes nivelés dans la bouillie de nicotine jaunie des pertes blanches des nymphes en chaleur….
Eclatement du rideau du jour et de la nuit sordide morose étouffante convenue en giclant par tous les spots de la pensée frénétiquement récalcitrante et furieuse loin du cloaque terminal noir suicide monotone fade banal amère tiède mou insipide de l’angoisse déportée expulsée de la paupière pour étaler la vue à plat avec les flashs dans l’écho des galaxies gonflées de néons lasers et injectées de rêve de lumière flash éclaboussant les étoiles du crâne allumé avec les bonbons du rire en décollant à fond hors du fond nyctalope………………………………………………………………………..
Vision à fond d’une épidémie broyant la normalité comme une écume polynucléaire du langage contaminé par des virus envahissant le ciel propulsé dans l’abîme avec les becs des voyelles et les griffes de toutes les lettres mutilées concassées recollées découpées recousues ébréchées combinées avec les alvéoles progressives de l’alphabet et les pinces graphiques et les tétines d’enzymes s’enfonçant lentement dans les gouffres pour faire jaillir des mots nouveaux comme des masou toïvôcche pruri claire hràüttùtes bübrhquaê jô bô ùbô näaàcjjeytù dehgà kkevâ bsùût cfjô ahsgè ettërdfs jûfùt avec d’autres mots encore plus recollés comme jegsûe büb bdgaàts hdfj guëerin jkïskà bô ü üzeïnskldsd lé lé suïè zuzôoù siéhïfn bô siéhïfn bô jnvèuû lélédaâ aqskl bô bô iëtttè kxi kxk-kqôpz jà ôoifgs lélé ùxvbcrè jsuûè jjxôîsyàô zyäfm fopo jjàénï ràtjbtùf zbô bôchre àî ght ght équïètt bvdh ôù bcù àjduebdô bnaé jjfureùlfh duènléûgf enbe hùùlf jaos gxx fqsgwwb xhsh ê xxùeô nckdh zôbbb ffsfk aga aga ……….
alors l’épidémie est une guerre de la pensée bio-chimique qu’il faut étendre à l’infini en s’infiltrant atomiquement dans tous les blocs nucléaires de l’ordre établi pour une action vive bariolée imprévisible et épidémique…..

Joël Hubaut 1976 …………………………………

Visuel  « Feux épidémik » ( photos-tranchées épidémik de fioul, dessin crayon sur papier, écriture) : Joël Hubaut, 1976.

27 décembre 2020

[Texte] Christophe Esnault, Working class chocolates

Le cadeau de fin d’année, bouge-pas, c’est toi qui vas le manger. Nous, les agents d’entretien, d’accueil et de maintenance, tu ne nous regardes même pas. Quand tu passes devant l’accueil, pas un bonjour, pas un regard, tu cherches l’auditorium où on t’attend, tu as une heure et demie de retard, ça c’est sûr tout le monde sera content de te voir arriver. Tu as été élu sans nos voix, ça fait longtemps qu’on ne joue plus le jeu de défendre des candidats interchangeables. Des pourritures avides de pouvoir et qui deux fois sur trois se retrouvent avec des casseroles judiciaires au cul tellement la malversation financière est monnaie courante dans la fonction occupée. Tellement que pour ne pas trop se faire remarquer il faut avoir des procès en cours pour des histoires à six chiffres, des histoires allant jusqu’à dix millions d’euros, des histoires de détournement ordinaires où les gars en belle chemise conservent leur salaire, leurs vacances en Polynésie ou au Sénégal pendant que Romain à cause de son bas salaire, avec sa femme sans emploi et ses quatre enfants, bah la banque elle dit non à son crédit pour l’achat d’un appartement de vingt-deux mètres carrés. Ne cours pas comme ça, on veut juste t’apprendre à dire bonjour. À nous considérer. C’est de l’éducation de base tout à fait nécessaire pour rétablir tes manquements les plus élémentaires aux règles de savoir-vivre. On a bien compris qu’on n’est pas de ton monde, mais tu vas voir Wilfrid il a d’énormes paluches. À la première claque tu vas vite comprendre qu’on s’intéresse à toi et qu’on a été émus aux larmes quand tu as décidé de nous offrir à chacun, non pas une prime pour offrir des cadeaux à nos gosses ou pour changer l’embrayage sur la Renault, mais une boîte de chocolats. Avec la camionnette, on t’emmène en forêt. Oublie ta réunion. Sur les dix-neuf employés que l’entreprise paie le moins, c’est-à-dire des clopinettes, tous te redonnent les chocolats. Regarde un peu ce mouvement de solidarité unanime. On ne va pas te parler de nos comptes en banque à découvert dès le six du mois. Ni des virements à faire sur le compte de nos gosses pour leur éviter d’être expulsés de leur logement quand les violences sociales et économiques touchent douze millions de personnes dans ce pays. Tu n’aimes pas la vérité, on ne va pas t’en gaver promis. On va te gaver de chocolat. Si tu les boudes, grande claque dans la gueule. Tu vas voir tu as super faim. Dix-neuf boîtes. Tu vas avaler 4750 grammes de chocolats. Tu les mangeras, nu, attaché à un arbre dans la forêt de Rambouillet. Si tu as peur d’une fulgurante constipation, si tu es inquiet pour tes maux de ventre, on te proposera une trêve des confiseurs bien à nous. Un super échange : la revalorisation conséquente de nos salaires et une prime de 3000 euros contre une plaquette de laxatif pour acter notre réconciliation.

24 décembre 2020

[Création] Joël Hubaut, Epidémik (21 : « infiltration d’épidémie », suite et fin)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 13:03

Après avoir franchi le cap de 2021, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire le vingtième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]


… contre les électrons amoureux-bariolés martyrs dans le remplissage orbital infectieux hyper rock’ n’ roll hyper bariolage couleur d’indiens couleur de fête couleur de désir couleur de vie non-prévisible anti-coco anti droite pourrie défoncé à la guitare électrique avec la bonne herbe rebelle hyper subjective entre les couilles-télévision / messe / loterie nationale et dans la chatte moto-cross pour fumer avec le groin hyper libéré branché à la ligne haute tension directement sur le téléphone international des caméléons contre toute la mafia spectacle-marchandise / patrimoine / nation / territoire fête des mères mono-culture ligne droite obligatoire du théâtre de théâtreux monuments aux morts anti-dérive anti-happening légion d’honneur du foot alors l’épidémie s’étend lentement dans la gangrène télévision post-France occupée sous Vichy avec fric politico-friqué théâtre-verrou d’Avignon de merde et l’épidémie plante ses volutes de résistance dans la rate normale sport marron collabo-populo pour décharger ces cellules vivantes anti-théâtre en libérant la semence folle qui s’égare sans aucune retenue en giclant à travers les clochers-miradors de la connerie insupportable normale télévisuelle théâtreuse scout M.J.C. cultureuse marron de la peinture abstraite marron friquée caricature de créativité et la décharge épidémique bariolée anti-épidémie marron se répand dans les H.L.M. cantine de la pensée marron Léo Lagrange avec l’optimisme et le plaisir de la différence incalculable et imprévisible et dans le bonheur de l’absurde et de la dérive la plus totalement épidémiquement dérivante et contaminante et parodique et incontrôlable et glissante et brouillée et hyper mélangée contre tous les assassins de spontanéité et d’imagination sans cohérence de marché et de rentabilité de fric de télévision politique de peinture convenue de théâtre-verrou insupportable pour un public catéchisme faussement dispo pseudo ouvert mais tellement intolérant marron-verrou dans la cervelle et si anti-contemporain alors l’épidémie est une guerre de la pensée bio-chimique qu’il faut étendre à l’infini en s’infiltrant atomiquement dans tous les blocs nucléaires de l’ordre établi pour une action vive bariolée imprévisible et épidémique…..

Joël Hubaut 1976

Valcanville – Volcanville : visuel  » ARCHEO – EPIDEMIK- BOX  » (co-production Michel Sohier / Joël hubaut, 1976)

17 décembre 2020

[Texte] Sébastien Ecorce, Partout. fragments. dérive

Revoici Sébastien Ecorce – professeur de Neurobio à ICM, Salpètrière, écrivain-poète –, que nous remercions pour ce troisième extrait d’un travail en cours. [Toile de fond : œuvre de C. A Tjoe ; lire son dernier extrait sur LIBR-CRITIQUE]

 

Partout. fragments.
        .dérive.
parfois, nous sortons.
ne savons plus traquer
l’image obscure
.la chambre secrète.
fais moi un signe. érotise un brin.
mais. au lieu de. sans danger.
           Fugueuse.
elle gouverne son ordalique
vérité
on y voit passer des larmes
sous les draps des daims
tristes
(…)

3 décembre 2020

[Texte] CUHEL, Bienvenue à USINAREVA !

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , — Fabrice Thumerel @ 21:14

Voici l’incipit de la dystopie à paraître l’an prochain signée CUHEL – que nos Libr-lecteurs connaissent depuis des années…

 

Par un beau matin de la NouvellEre

(on ne dira jamais assez la plénitude d’être désormais et à jamais plongé dans un HorsTemps, de réaliser ce rêve de tous les artistes, s’affranchir du Temps, et tout ça grâce à Mon Cronos, le Maître des horloges, à qui nous devons donc d’être comme des artistes sans  nous prendre la tête avec les Affres-de-la-Création ah ah),

[Intervention correction : New R = BonneHeure !]

ce fut comme une révélation pour l’Homoncule : Pourquoi s’inquiéter, UberRoi veille sur tous et pourvoit à tout ! Dieu nous a envoyé les premières des dix plaies pour nous éprouver, mais dans son immense Miséricorde en même temps il nous a donné UberRoi, ce GrandMagicien qui fait tout ruisseler : les 1001 Merveilles de la MacroEtronomie, ces innombrables crottons et merdrons ! les Grandes Manœuvres des Bienfouteurs de l’Homonculité ! les Lanceurs de flashs qui nous font pleurer de Joie ! les Bastonneurs et Castagneurs qui font triompher l’Ordre-en-Marche !

[Intervention correction : St Uber = New R !]

Gloire à Lui au plus haut des Mieux, et, terre à terre, paix aux homoncules de bonne volonté !

Grâces à Lui qui chaque jour nous donne notre Zone de Confort-et-de-Sécurité !

(Car la première des libertés, comme dit notre GrandFilousophe Hope,
c’est la Sécurité, et l’abandon progressif et arraisonnable de nos libertés,
l’égalité dans la non-liberté, c’est la Fraterniqué !).

Gloire à notre GrandMagicien, GrandGuérisseur et GrandMultiplicateur de pains et profits, de fanions et de horions : Il dit « Croissance », et la Croissance est ;

Il dit « BonneHeure », et la BonneHeure est ;

Il dit « Hiver », et l’Hiver est ;

Il dit « Léthé », et Léthé est ;

Il dit « vaccin », et le vaccin est ;

Il dit « tocsin », et le tocsin est ;

Il dit « purin », et le purin est ;

Il dit « Santé », et la Santé est ;

Il dit « New R », et la New R est ;

Il dit « Usinareva », et Usinareva est !

 

 

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