Libr-critique

21 avril 2007

[chronique spéciale élections] à propos de Changer tranquillement la France et de avril-22

[présentation générale de Changer tranquillement la France de toutes nos forces, c’est possible, du coll. Inculte]
[présentation générale de Avril-22, ceux qui préfèrent ne pas, coord. par Alain Jugnon]
inculte_election.jpg [Cette chronique, qui problématise Changer tranquillement la France et Avril-22, est en fait une analyse de certains enjeux du rapport entre littérature, politique et peut-être démocratie]
Engagement ? — François Bégaudeau dans Devenirs Roman, exprime dans son article Les engagés ne sont pas légion, que la littérature a un problème face à la question politique, au sens où la question du politique dépasserait “le seuil de tolérance” que la littérature pourrait accepter, et en ce sens elle en serait trop “hétérogène”, au point que la littérature ne pourrait pas “suturer” l’écart qui pose en distance cette problématique.
avril_22.png Avec la sortie d’une part de Changer tranquillement la France de toutes nos forces c’est possible, par le collectif Inculte dont F. Bégaudeau fait partie, et d’autre part Avril-22, ceux qui ne préfèrent, aux éditions Le grand souffle, apparaît justement deux formes possibles de compréhension du rapport entre la littérature et le politique.

Lorsque l’on fait face d’un côté au livre publié par Inculte, de l’autre au livre publié par les éditions Le grand souffle, si tous les deux posent à la fois l’exigence d’une forme d’engagement politique et le rapport entre politique et littérature voire philosophie pour le second, toutefois, ils se présentent chacun d’une manière différente. Il me semble, et c’est ce que je vais essayer de montrer, que ces deux démarches hétérogènes dans la forme, toutefois rejoignent une même question qui pourrait se poser en rapport à celle de la démocratie liée à la littérature tel que Derrida l’a posée, au sens où “l’affirmation sans limite de ce droit inconditionnel à une pense affranchie de tout pouvoir, et justifiée à dire ce qu’elle pense publiquement […], c’est une figure de la démocratie, sans doute, de la démocratie toujours à venir, par delà ce qui lie la démocratie à la souveraineté de l’État-nation et de la citoyenneté” [Inconditionnalité ou souveraineté, ed. Patakis].
Donc, il va s’agir de comprendre en quoi, l’expression tant critiquée de F. Bégaudeau, de littérature engagée aurait peut-être un sens, à réfléchir ici historiquement, au lieu de renvoyer à la fin des avant-gardes. En quoi l’engagement de la littérature : 1/ ouvre une condition de possibilité de compréhension du politique, une condition peut-être même nécessaire à toute forme de pensée démocratique, 2/ implique aussi simultanément, une forme d’effet, de performativité, certes infime, mais réelle, par rapport à la manière dont s’articule le langage au niveau politique ?
littérature et politique : la reprise de la question du roman — Le livre d’Inculte, s’il laisse apparaître quelques saillies liées à la signature d’auteurs [mais j’y reviens], cependant tient davantage de la création collective d’un objet que l’on pourrait définir comme une fiction politique. Ce livre n’est pas en-dehors de la littérature, de même que le dernier livre publié par F. Bégaudeau, A. Bertina et O. Rohe chez Gallimard : Une année en France. En ce sens, parlant d’Une année en France — qui porte sur trois événements qui ont marqué la société française entre 2006 et 2005 — face à la première question de Thierry Guichard pour Le matricule des anges (“Pourquoi avoir fait ce livre, qui vous éloigne un peu (encore que…) de la littérature ?”), leur réponse commence par cette reprise du doute : “tout est dans le encore que… Nous n’avons pas le sentiment que ce livre nous éloigne de la littérature”. Cette indication entre en écho avec ce qu’énonce F. Bégaudeau dans Devenirs Roman, alors qu’il semblerait entendu que dès lors qu’il y a écriture sur l’époque, sur la question de la société, sur la politique, on s’échapperait en quelque sorte de la littérature pour se positionner dans l’essai, la critique sociale, la réflexion philosophique, il serait possible selon lui de suturer l’écart entre littérature et politique. Ainsi les trois auteurs exposent que la question politique peut être abordée au coeur même du travail littéraire, et ceci impliquant alors sans doute d’expérimenter de nouvelles formes de fictionnalisation.
Le livre sur les élections, Changer Tranquillement la France, correspond à une même perspective, tout à la fois dans l’écriture, liaison entre plusieurs écrivains sous le mode de la disparition des signatures, donc suite fragmentaire dans le flux, et construction d’une fiction. S’agit-il d’un roman ? Approfondissons …

20 avril 2007

[création] Fiction politique (ép. 5), A_K_S

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mini2.jpgRésumé : a été montré un certain nombre de documents qui précise une fiction politique. Une fiction politique est un assemblage qui met en évidence les traits fictionnels du politique, et ceci selon un travail de documentation. Le travail de documentation ne vise pas d’abord et avant tout, les images, mais la logique des énoncés. Le véritable document tient aux logiques de discours, de représentation qui déterminent les documents visibles. La fiction politique en travaillant à partir des logiques de discours et en les dévoilant, montre alors la nature même des documents. Ici visuels.

[Les épisodes 1 & 2 montraient la forme de pouvoir liée à N. Le pouvoir est lié aux mots qui sont des émotions, qui font peur, qui impliquent donc un certain type de comportement à leur écoute. Nous avons aussi compris que tout énoncé, qu’il soit de N. ou d’un quidam, enveloppait les conditions d’un contexte élocutoire. Et enfin est apparu que la puissance des mots de N. était liée à son usage de la technique, lui permettant de voir où sont ses adversaires. En quelque sorte de les traquer.]
[Dans les épisodes 3 & 4, tandis que N. rejoint Paris grâce à la technique, on s’aperçoit, en découvrant d’un coup S. que N. possède un contrôle technique de l’ensemble du territoire. S. est suivi par des caméras de vidéo-surveillance, qui l’analyse en temps réel et taille réelle. Toutefois le vrai pouvoir n’est pas dans la technique visible, dans les instruments, mais dans la structure même du discours et de sa logique d’appropriation de toute chose pour en faire des symboles. Là réside on le comprend le pouvoir de N.]
[épisode 5 : mais que fait F. pendant ce temps-là ? Quelle peut être sa réaction ? …]

[épisodes 1 & 2] [épisodes 3 & 4 ]

planche_fiction_5.jpg
[cliquer sur l’image pour voir]

16 avril 2007

[création] Fiction politique, A_K_S

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , , — rédaction @ 5:51

visuel.jpg[L’Agence_Konflict_SysTM nous offre à lire les deux premiers épisodes de Fiction politique, un travail qui croise le roman-photo, les schémas_X_pensées, et l’analyse politique.]
[voir un schéma_X_pensée]
[Pour voir les visuels, cliquer sur l’image.]

fiction_planche1.jpg fiction_planche2.jpg

4 janvier 2007

[Texte] « Nouvelle année » : une date est un prétexte de L’Agence_Konflict_SysTM

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 9:09

[L’Agence_Konflict_SysTM nous propose pour la bonne année le schéma_X_pensée n°6. « Il s’agit d’un travail de traduction de schémas, selon un processus d’expansion sémiotique et de traduction symbolique/graphique » nous écrit-il en nous faisant parvenir ses deux visuels.]
politik_6.jpgschema_stylo160.jpg

30 novembre 2006

[audio] HP-process, voice_flux#11

HP-process développe une poésie sonore qui se construit dans un rapport entre voix et ordinateur. Tandis qu’Hortense Gauthier travaille la voix, A_K_S saisit celle-ci en live par ordinateur et retraite, retexture, découpe, sample, amplifie, expanse les ondulations sonores. Le résultat est une poésie électronique proche de la musique concrète. En relation avec des recherches développées par Joachim Montessuis et son label Erratum, cependant, il y a chez HP-process une dimension qui appartient aux recherches de la musique électro-acoustique à laquelle A_K_S a été formé originellement. Leur dernière apparition publique date de novembre 2006 au 8ème symposium de musiques et d’art numérique au CAPC de Bordeaux.

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8 novembre 2006

[Vlog] Petites-annonces Zapping#2 par Agence_Konflict_SysTM [A_K_S]

Filed under: UNE,videopodcast — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 12:39

[Dans le cadre de la manifestation Zone Numérique, qui aura lieu lors du 8ème Symposium des Arts sonores et multimédias le 18 novembre 2006, à Bordeaux à l’initiative d’André Lombardo, nous allons mettre en ligne des créations de certains invités. Seront présents le 18 novembre au CAPC Musée d’Art Contemporain de Bordeaux : Tibor Papp, Joachim Montessuis, Valérie Gérardin, Anne-James Chaton, Jacques Donguy & Etienne Brunet, François Lagarde & Michel Giroud, Agence_Konflict_SysTM, Yvan Etienne & Brice Jeannin, Gilles Grand, HP-process. Action-Introduction de André Lombardo.]

Agence_Konflict_SysTM, [petites-annonces] zapping#2 [3 mn]

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