Libr-critique

31 janvier 2021

[News] News du dimanche

Après notre édito libr&critique (« Les aplatis »), vous retrouverez avec plaisir une nouvelle aventure d’Ovaine et découvrirez notre sélection de Livres reçus

Édito : Les aplatis

Dans son article publié vendredi dernier dans AOC, « Parole et pollution », Marielle Macé dresse ce constat : « l’actualité récente a souvent révélé, s’il en était besoin, quelque chose comme des états pourris de la parole, pourris à force de déliaisons, de rétrécissements, d’inattention, de bâclage, de négligence, de morgue, de dédain. Des états pourris de la parole politique, de la parole médiatique, et de nos propres échanges, c’est-à-dire des phrases que nous mettons dans le monde et entre nous, dans la rue, dans le travail, sur les réseaux, dans les tweets, ces « gazouillis » ». Comme si l’accumulation des déchets qui polluent notre planète allait de pair avec rien de moins que la déchéance de l’humanité…

Et ce n’est pas tout : ce pourrissement accompagne l’aplatissement de notre Terre, « par la masse énorme, qui grandissait sans cesse, et qu’on n’arrivait absolument pas à éliminer, dont on n’arrivait absolument pas à se défaire, de bêtises, stupidités, imbécillités, idées reçues, clichés, tautologies, discours vides, mots creux, bref de platitudes, le terme s’imposait, oui, de platitudes  qui s’échangeaient à chaque instant et finissaient par avoir un effet »… D’où la situation qui est encore la nôtre selon Leslie Kaplan (cf. ci-dessous) : confinement, évaluations, ennui, « régression générale »… Question : quel avenir pour les aplatis ?

 

Les nouvelles aventures d’Ovaine, par Tristan Felix

Au village, las! plus un seul son de cloche. « Fondues pour faire du chocolat ! »,  soupçonne-t-on avec un soupçon de bave.

Pour résister à la tentation, Ovaine décide d’élever trois cents coqs, avec alarme et tic tac intégré. 

Sous le kiosque enguirlandé, elle les entraîne à sonner du gosier toutes les trois heures.

A vêpres, armé d’un silencieux, un homme osseux soudain s’approche.

D’un coup de glotte pétante, Ovaine déclenche l’alarme. Et tous le coquailler de retentir à toute volée pour couvrir le bruit du silencieux.

Les poules en cacao, gloussantes de ferveur, défilent alors avec leur truc en plumes.

 

Livres reçus (présentations éditoriales)

► Alexander DICKOW, Déblais, Louise Bottu, Mugron (40), janvier 2021, 104 pages, 14 €.  

L’aphorisme (peu importe comme on le nomme) peut être l’image en tout petit du grand système, le « hérisson » de Schlegel ; pourtant il bée aussi vers d’autres fragments, chacun ouvert puisque sériel, un-parmi-les-autres, indéfinitif. Voici un recueil qui essaie de dire des choses vraies, simplement, depuis cette perspective mienne. J’échoue nécessairement, j’espère non sans quelques splendides faux-fuyants. /AD/

 

► Frédéric FORTE, Nous allons perdre deux minutes de lumière, P.O.L, en librairie le 11 février 2021, 80 pages, 13 €.

Nous allons perdre deux minutes de lumière est une phrase entendue par l’auteur à la télévision, prononcée par une présentatrice météo. Frédéric Forte l’a aussitôt perçue comme un titre de livre potentiel. Et plus qu’un titre, comme modèle, matrice d’autres phrases et de vers. Ce livre est ainsi un travail sur la phrase comme objet poétique familier, pour faire du poème une expérience à la fois intime et partageable, une parole à laquelle chacun peut s’identifier. L’idée était bien de confronter cette phrase matricielle à ce qui fait un quotidien, à « l’infraordinaire » cher à Georges Perec, au processus d’écriture même.

La forme du poème est déterminée par la structure même de la phrase (sept mots, douze syllabes), avec sept chants, et chaque chant composé de sept strophes, chaque strophe de douze vers, chaque vers de douze syllabes (dodécasyllabes).

Chaque chant est déterminé par le mot qui lui correspond dans la phrase-titre, de « Nous » à « lumière ». Nous : la communauté humaine ; allons : le déplacement, le mouvement ; perdre : l’échec, la désorientation, la mort ; deux : le couple, la dualité ; minutes : le temps ; de : la provenance, l’association ; lumière : la vue.

Pour les titres de chaque chant, ces mots ont été cryptés en « braille », référence à la perte de lumière mais aussi à une anecdote familiale évoquée dans le chant final.

 

► Leslie KAPLAN, L’Aplatissement de la Terre, suivi de Le Monde et son contraire, P.O.L, en librairie le 18 février, 238 pages, 15 €.

« Tout le monde s’en souvient : ce matin-là au réveil la nouvelle tournait en boucle, quelqu’un était tombé en dehors de la Terre. Pas dans un trou, pas dans une crevasse, pas dans un abîme. »

Ainsi commence le nouveau conte politique, drôle et cruel de Leslie Kaplan, L’aplatissement de la terre, dans la même veine que Désordre. Un ensemble de cinq textes sur le même thème : le monde dans lequel nous sommes est un monde devenu « plat », aplati par le système dominant. Leslie Kaplan imagine, de façons différentes, plusieurs réponses à ce monde, à la recherche d’une « issue » pour reprendre un terme de Kafka. On peut se servir de rêves, de films, ou de livres, de musiques, on peut faire des rencontres, comme cette femme qui « sort du cinéma », ou au contraire se laisser envahir par un « ennemi invisible ». Mais le possible et le commencement sont là, et c’est toujours « encore une fois le monde ».

Le Monde et son contraire est le monologue d’un acteur qui joue le personnage de Kafka, et qui, comme lui, « se bat ». Ce monologue est adapté au théâtre par Elise Vigier, mis en scène notamment à la Comédie de Caen au printemps 2021.

► Ana TOT, Nique, Louise Bottu, Mugron (40), disponible début février, 198 pages, 15 €.

12 septembre 2019

[Chronique] Arpentage de TXT 33 l’Almanach, par Carole Darricarrère

le dire, le lire et le milieu

une proposition d’arpentage de « TXT 33 l’Almanach » par Carole Darricarrère

 

‘ VLAN ! TOC ! VROMB ! CRONCH ! HAN ! VROUM ! ARGH !‘ (SIC)
en Vroum « L’art est lourd et la vie con »
en Argh « Où y a du zen pas de plaisir (proverbe anti-bouddhiste) »
partout le Son & le Volume témoignent du fait que « Le moral des Français continue de chuter »

« AVIS AUX LECTEURS 

Non au bien écrit
(bien né crie mais dérange personne) 

Non au mal écrit
(cri mal poussé dérange pas plus) 

Oui à l’écrit !
(dérangeant des rangs-gens – de lettres) »

C’est séance tenante et vent debout qu’un effet bœuf nous embarque à la conquête de nouveaux territoires aux frontières de l’impensable poétique. Réinventant un no man’s land sur l’étendard d’une contestation ce numéro de TXT fait naître des débris nucléaires de la langue l’actualité d’une rentrée crépusculaire qui ne manque pour autant ni d’énergie ni de répondant et invite le lecteur éclaboussé à de nécessaires réflexions.

Les heureux élus de cette promotion emblématique sont au nombre de 21 dont une forte concentration d’hommes, deux plasticiens (mais pas que) et une photographe. La plus jeune de cette couvée remarquable d’écrivains performers aurait 30 ans et le doyen – il en faut toujours un ou deux – faisant bon poids bonne mesure, 81.

Dès la quatrième de couverture l’estoc d’une citation (Hélène Bessette, 1918-2000) résume outre-tombe une perforation des genres au sabre. Un bouquet d’apôtres préposés à la députation poétique dynamite la question de la limite. Du huis clos d’anciennes chapelles pendouillent vestiges sur le modèle de l’affichage à effet de mur grands contreforts grivois de « craductage », « marchandage », « délectage », « célébrage », « performage » et autant de pochettes surprises à allure de devinettes poétiques. Des partis pris de laboratoire d’expérimentation se suivent tels pains bénis recouvrant la langue de sensations tactiles rivalisant d’audace.

Radical, cinglant, vif, l’air du temps renseignant en première de couverture une fécondation erratique d’atomes de Philippe Boutibonnes, invite à la revanche un courant d’air, un dérèglement du sens instille instable une inquiétude.

33 pronosticages (maître nombre de l’ombre et de l’éveil) donnent le coup de gong d’une prolixe avalanche de contributions que ponctuent comme autant de rafraîchissements au laser les intempestifs graphes vrillés de guingois à main levée tout en grésillements de blancs d’Ena Lindenbaur. L’ensemble invite de concert le tournant à la relève et sonne l’heure d’une  permission de mise en croix.

Burnt to ashes, beau brûlot de tendances que ce bouillon de rapides éclaboussant le réel à coups serrés de lattes, feu dans les étables sur les perspectives. À peine défloré quelque chose gicle ici à moult mains d’un nid de coucous aux allures de commando, une trituration antipoétique éclabousse l’alphabet qui dégouline, en tête les sketches impitoyables d’Aldo Qureshi s’essoufflant en saignées lucides – impayable Mr Bean pris en étau entre la réalité et la réalité essayant sans succès à la manière d’un Bartleby de « ne pas être là » -, enfoncent continument le clou d’une overdose et donnent le la d’une apocalypse now. Le lecteur n’a dès lors d’autre recours, en ces temps de nouvelles croisades d’incivilités, que de laisser les courants le porter à l’extrême d’un ressac l’autre vers les sombres cascades détectées de funèbres destins.

Dans cette « soupe de lettres », Ana Tot ferre l’effet de ronde d’une morale initié par son prédécesseur (Benoît Toqué) pour mieux provoquer le sens le faisant « passer par le fourreau bombé de la griffe », son « hymen à lamoru » est le manifeste lucide d’un désordre nécessaire et consenti « désordre en actes, désordre complet, à savoir un chamboulement de tous ses constituants – sans en oublier un seul – sans quoi son chaos ne serait pas un K.-O., mais une dissolution, un appauvrissement, un frisson, une aporie, une poire » appelant le point final.

Le ver déjà ayant si tard œuvré dans le vers, qu’une littérature en alerte, remplissant son devoir de veille, s’empare tête baissée de la condition humaine jusqu’à la nausée prouve quel degré de lyrisme tragiquement réinventé acte dans l’urgence ici un no future page après page. La poésie y battant comme jamais de l’aile recouvre le tranchant politique d’une résistance annonciatrice qui sait d’une résilience. Un devoir d’inquiétude manifeste au sommet une imminence. Au sommaire, un radeau de la méduse qui n’a pas froid aux yeux hèle la veuve joyeuse (appelons-la la Beautésie) à la noyade dans le bel instinct baroque de le dire.

C’est alors dans un débordement salvateur d’humour au couteau témoignant d’une reptilienne santé caustique cruelle à toute épreuve que le diamant noir d’un épanchement exulte dans l’étranglement à la ligne des Majuscules du Réel pris dans les rets d’une transdéshumanisation perpétrée au jour le jour sans continence ni relâche. Dans l’ordre d’une tuerie, grésillent à mi-temps dans les blancs trucidés de l’entre-deux d’un non-lieu les spasmes d’une déportation des nerfs vers le kairos acousmatique du mur d’en face (Ena L. l’encore du dessin de desseins destinant le vide).

TXT 33 l’Almanach, dans le droit-fil outrageux d’une année décisive, s’avale et s’entend comme un gruau anti-dépresseur triomph’fatal sur l’autel rebelle de l’extrême contemporain où la nouveauté érigée en raison d’état ayant toujours le dernier mot prendrait en otage le souffle poétique pour mieux égorger le sens : COUIC ! (et rire jaune qui peut).

Il va bien falloir s’y faire, en témoigne le staccato de grappes de mots de Jean-Christophe Ozanne : « des choses ch. ont à être faites – faire ceci – à la main en 1 nuit :: Nous sommes venus portant des fagots des paquets des palmes – et assis Juste-Là Nous nous la passons à détacher défaire à ouvrir des liens tirant à part les feuilles < > dessous l‘obscurité qui enveloppe et sous les bulbes > nos mains vont se Mouvoir-Ensuite en vue de mettre ensemble – à nouveau – attrapant tout > en des formes inattendues ».

Avis sans gants aux ‘gens de lettres’, dans ce tronc commun des sons du dire : surtout ne pas se priver de lire coup sur coup au casque « La Promenade » silencieuse si magnétique du « Grand Départ », de l’écrivain libanais Rayas Richa, dont la puissance d’évocation poétique confondante se détache en 5D de son environnement, suivie de la très convaincante parabole de la maladie qui consiste hélas à nommer (« Le dodo et sa glose », Christian Prigent, « Réel, je ne sais ce que c’est. Mon poème parfois le sait. »). Aux autres un « conseil pratique » en forme de coup de poing à suivre ou non à la lettre : « Protégez-vous du printemps (…) Tenez-vous à distance de tout poème qui risquerait de favoriser l’infiltration de la Beauté ineffable du Monde ou la fécondation mystique d’une Parole rendue plus pure. »

Si certaines écritures imprimées ne gagnent effectivement pas à être lues à voix haute (comme le souligne à bon escient Jean-Pierre Bobillot) sinon peut-être en voix off sur France-Culture hors gestuelle par des comédiens professionnels (à chacun sa vocation), il s’avère en retour que les voix flamboyantes de la poésie orale ne gagnent pas toujours à être imprimées ni lues sur le papier – vu le risque encouru d’une désubstantification. La lecture à voix haute dans une société du spectacle étant entendue comme passage obligé et ayant créé une génération spontanée d’écritures qui mobilisent le regard et focalisent l’écoute sur une image et un contenu corporel décisifs ne s’adressant pas forcément aux mêmes loges cérébrales, exit une certaine qualité de silence sur laquelle d’autres auront bâti une œuvre en la sortant confidentiellement de l’ombre. Quel magnifique paradoxe dès lors que ce vain combat de cintres entre ceux-ci et ceux-là alors qu’ils ne travaillent pas au même endroit. Étant entendu que l’écrit reste dans tous les esprits le liant suprême de la postérité, faut-il pour autant couper le son ? Non ! Faut-il l’imprimer coûte que coûte pour avoir le sentiment d’exister ? Cela dépend ! De quoi ? D’un point d’équilibre rarement atteint. Reste qu’une certaine agressivité sous-jacente à ce très ancien dilemme dos à dos de l’ancien et du moderne en son puéril appareil ne fait honneur à personne. Que personnes prononcent le dernier mot afin que ´personne’ soit le remède en puissance de l’étendard qu’est l’habit. Tous ayant à apprendre de chacun, il n’est pas utile de cracher sur la veuve et rien ne sert d’entrer en guerre.

« l’essentiel c’est d’en sortir vivant » dira Bruno Fern, qui occupe très avantageusement les pages 88 à 93 de ce numéro mythique, illustrant peut-être entre tous la voie prometteuse de l’équilibre poétique dénué de tout esprit de revanche : celui qui pense trouvera son assiette entre l’ancien et le moderne, le lire et le dire.

« la notion de cycle est préférable
ou du moins celle de spirale pas forcément ascendante
même si l’on veut travailler les chutes
à la fin il n’en restera plus aucune »

On ne relira non plus jamais assez l’éclatante « improvisation » de Éric Clémens, sorte de pouls du juste milieu qui trouve là les mots & le tonpour le dire, dire le processus qui détaille si impeccablement avec un esprit de synthèse sans défaut cela qui conduit l’enfance du babillage à la lecture puis à l’écriture « au sens fort » sur une échelle positive de déceptions qui traverse la littérature, la philosophie, l’imaginaire, la fiction et le réel pour mieux s’avouer battu mais lucide dans l’état de grande maturité d’un « mentir vrai ».

C’est de préférence sur le mode « doucement Je m’endors » de J.-C. O. que dans cette rave éclaboussé le lecteur lui-même dos à dos à son tour s’endormira. Non sans avoir cédé toutefois à la tentation de tracer timidement quelques parallèles évidentes avec les voix historiques d’anciennes ‘vangardes’ entrées depuis en référence au pinacle des penseurs promus à la transmission pour l’éternité. L’Histoire qui est une formidable donneuse de leçons ne faisant nécessairement que se répéter offre aux générations à venir une chance d’appendre du meilleur et du pire.

K.-DO. de l’Adam à son Eve décapitée, tâtez Terriens du baromètre, le think tank des déconstructeurs poétiques réunis (DPR de l’oralité) ayant décidé yes que la belle bleue ne sera plus jamais ‘bleue comme une orange’mais caca d’oie, et ceci – on l’aura compris – n’étant pas discutable, c’est dans une saturation moche de jours qui aura eu raison de la beauté, entre asthénie folie et suicide (dans une logorrhée finale d’Ettore Labbate qui pense bien tout haut à la Thomas Bernhard), les ailes mitées de trous de balles et pieds et poings liés, que la poésie fait chez TXT sa rentrée décomplexée de grand agitateur de particules et qu’un crépuscule offre le spectacle d’un clap final tandis qu’au point le plus bas sur l’horizon chute inexorablement le moral des Français et que le lecteur lambda épouvanté s’enfuit, bien avant hélas que l’écrivain plasticien Philippe Boutibonnes – par ailleurs premier de couverture – ne nous offre la fabuleuse leçon d’écriture du neuf renouvelé de l’Impérissable («D’atroces eaux ») et ne ferme magistralement la marche (« Beau, c’est-à-dire difficile autant que rare », comme le rappelait très justement Bruno Fern).

TXT, éditions NOUS, Caen, n° 33 [graphisme : Emmanuel Caroux], été 2019, 144 pages, 15 €, ISBN : 978-2-370840-74-5.

17 mars 2019

[News] News du dimanche

Allons à l’essentiel en cette semaine de printemps (non, on ne parlera pas du Printemps-de-la-Poésie !) : des Brèves de UNE pour nous faire méditer… Et des Libr-événements de haut vol…

Brèves de UNE

â–º Quelle relation critique mettons-nous encore en place ? Quels parcours critiques sommes-nous encore véritablement capables d’inventer ? Pour cela aussi, Jean Starobinski (1920-2019) et Jean-Pierre Richard (1922-2019) nous manquent – disparus tous deux en ce mois de mars.

â–º Les éditions Prairial viennent de publier Les NouvellesRévélations de l’Être, d’Antonin Artaud, dans la version originale de juillet 1937. Cette plaquette de trente-deux pages, sans nom d’auteur mais signée « Le Révélé », est ici accompagnée d’un choix de lettres contemporaines de sa parution et d’une intéressante préface signée par Olivier Penot-Lacassagne (« Une extrême déchirure »).

Ce texte n’avait jamais été réédité en dehors des Å’uvres complètes. Petite maison audacieuse, les éditions Prairial le rendent donc à nouveau disponible.

Libr-événements

â–º Jeudi 21 mars à 19h15, Studio de danse de La Rotonde à l’INSA (14 avenue des Arts – 69100 Villeurbanne) : Concert en multidiffusion de créations musicales et poétiques. Marc Favre présente à ses étudiants de l’INSA des extraits de :
Dix mille êtres dedans, Béatrice Brérot
Etroits sont les vaisseaux, Xavier Garcia
Le voyage d’Alice, Bernard Fort
Parole, Bruno Capelle
Enkidou, mon frère d’argile, David Bonnefoux
Sous le pont Mirabeau, Marc Favre

Entrée à gauche de La Rotonde en face du bar / Ouvert à tous.

► Exposition du 23/03 au 27/04 : Suite érotique de Sarah V., pièce sonorisée par Béatrice Brérot.
Gérald Bortoluzi, Marjolaine Larrivé, Claire Paugam, Gérard Mathie, Sarah V. Commissaire d’exposition : Gilles Maignaud.
Vernissage vendredi 22 mars à 18h Galerie B+ (1, rue Chalopin – 69007 Lyon).

► Deux RV à ne pas manquer à la Maison de la poésie de Paris :

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31 juillet 2017

[News/Livres] Libr-vacance (1)

Voici de quoi réussir votre mois d’août : deux festivals à ne pas manquer ; notre Libr-sélection (5 livres présentés) ; LC a reçu, lu et recommande 25 livres.

Libr-événements

â–º Du 1er au 5 août 2017, festival TOURNEZ LA PLAGE à La Ciotat. L’Art Hic&Hoc lance cet été son tout premier festival d’écritures contemporaines : l’événement se déroulera donc simultanément avec le festival de Jazz.
Les événements se dérouleront entre La Boutique, Le Cercle de La Renaissance, la Place Gauthier, La Librairie "Au Poivre d’Âne" et l’angle de la Rue Foch (Arnoux).

On pourra apprécier/découvrir les œuvres de nombreux artistes locaux :
Stéphane Nowak Papantoniou, Julien Blaine, André Robèr, Maxime Hortense Pascal, Claudie Lenzi, Eric Blanco, Nadine Agostini, Cédric Lerible, François Bladier, Patrick Sirot, Lili le Gouvello, Françoise Donadieu, Frédérique Guétat-Liviani, Laurence Denimal, Dominique Cerf, Olivia Rivet (exposition à la Boutique) ainsi que Cassandra Felgueiras, Caroline Derniaux et Zagros Mehrkian, étudiants à l’École Supèrieur d’Art de Toulon, et l’association "Lignes de Partage".

â–º Le Bruit de la Musique #5, Festival d’aventures sonores et artistiques, du 17 au 19 août 2017 à Saint-Silvain-sous-Toulx, Toulx-Sainte-Croix, Domeyrot et La Spouze (Creuse) : avec notamment Laurent Bigot, Lionel Marchetti, Arnaud Paquotte, Sébastien Lespinasse… Pour plus d’informations : ici.

Libr-sélection /FT/

â–º Bohumil Hrabal, La Grande vie, poèmes 1949-1952, traduit du tchèque par Jean-Gaspard Pálenicek, éditions Fissile, Les Cabannes (09), printemps 2017, 136 pages, 24 €, ISBN : 978-2-37171-019-1.

Retour aux origines de l’œuvre, c’est-à-dire à la poésie : "Parce que la société moderne s’est accoutumée aux sensations et aux singularités, le poète mourant se fichera ses lunettes dans le cou et filtrera sa vie à travers le verre embué" (p. 43)… Des formes variées retenons "SUPERSEXDADAISME ?" : "Recherchons vacanciers bénévoles / Séjour payant à Founetainebleau / Entrée génitale amaigrissante" (63)… La belle vie, en somme !

â–º Yoann Thommerel, Mon corps n’obéit plus, éditions Nous, Caen, hiver 2016-2017, 80 pages, 12 €.

Le lecteur est averti : "Il serait bien plus prudent de voir dans ce fatras graphique la manifestation de troubles réactionnels sévères, une forme de défense face aux exigences d’application et de lisibilité imposées par la norme, un poème-refus, allant à l’encontre du modèle attendu" (p. 33). De façon symptomatique, dans ce poème-refus, le corps refuse d’obéir… Un corps qui est lieu de vie, d’envie, d’ennui… lieu de tentation consumériste… et de poésie ! Une poésie litanique et visuelle.

â–º Alain Jugnon, Artaud in Amerika. La Place de la femme dans le plan américain, Dernier Télégramme, Limoges, mai 2017, 80 pages, 12 €.

Ce cinémArtaud met en scène quatre "personnages conceptuels" : "La dame de Shanghai ou Rita Hayworth, André Bazin, Orson Welles et Antonin Artaud". Ces voix se mêlent à celle de l’essayiste pour évoquer/analyser avec brio, entre autres éléments passionnants, telle image-cristal, la langue jaune du fascisme, le rôle de "la femme blanche chez Welles et Artaud" : "c’était la révolution permanente à l’écran et en direct" (p. 69)…

â–º Michel Deguy, Noir, impair et manque, dialogue avec Bénédicte Gorrillot, Argol, coll. "Les Singuliers", hiver 2016-2017, 292 pages, 29 €, ISBN : 978-2-37069-012-8.

Quel animal est donc Michel Deguy ? Détour par l’œuvre de ce poète et revuiste qui figure parmi les écrivains contemporains les plus importants, dans un dialogue dense et intense avec une spécialiste du genre. Une nouvelle pièce de choix dans cette superbe collection qui associe entretiens, inédits et documents divers. Clôturée de fort belle manière par un abécédaire signé par l’auteur lui-même.

â–º Carole Aurouet, Prévert et le cinéma, Les Nouvelles éditions, avril 2017, 128 pages, 10 €.

En quatre chapitres, la spécialiste de Prévert évoque la poésie cinématographique de l’illustre écrivain qui était fasciné par les burlesques américains et par Fantômas : les ciné-textes des années 20-30, son cinéma visible (les grands films des frères Prévert et de Carné/Prévert) et invisible ("scénarios détournés", c’est-à-dire qui n’ont pas abouti à des films tournés). Humour et détournement surréaliste au programme ! Sans oublier que Carole Aurouet a su faire revivre pour nous tout un monde fascinant.

LC a reçu, a lu et recommande

♦ Christian PRIGENT : Chino aime le sport (P.O.L, juin 2017, 176 pages, 18 €) et Ça tourne, notes de régie (L’Ollave, coll. "Préoccupations", été 2017, 70 pages, 14 €) ; La Contre-Attaque, éditions Pontcerq (Rennes), printemps 2017 : dossier Prigent, p. 65-73 et 127-194. [On pourra découvrir leur présentation fin août sur le blog Autour de Christian Prigent]

 

♦ Pierre Bergounioux, Esthétique du machinisme agricole, suivi de Petit danseur par Pierre Michon, Le Cadran ligné, Saint-Clément (19), été 2016, 48 pages, 13 €.

♦ Eric Brognier, Tutti cadaveri, traduit de l’italien par Rio di Maria et Cristiana Panella, L’Arbre à paroles, Amay (45), juin 2017, 48 pages, 10 €.

♦ Hervé Brunaux, Homo presque sapiens, éditions PLAINE Page, Barjols (83), coll. "Connexions", 2015, 44 pages, 5 €.

♦ Rémi Checchetto, Le Gué, Dernier Télégramme, Limoges, printemps 2017, 64 pages, 10 €.

♦ David Christoffel, Argus du cannibalisme, Publie.net, printemps 2017, 104 pages, 12,50 €.

♦ Claro, Crash-test, Actes Sud, août 2015, 236 pages,19,50 €.

♦ Olivier Domerg, Rhônéo-Rodéo, poème-fleuve avec quinze photographies de Brigitte Palaggi, Un comptoir d’édition, Sainte-Eulalie en Royans (26), juin 2017, 144 pages, 15 €.

♦ Jacques Dupin, Discorde, P.O.L, édition établie par Jean Frémon, Nicolas Pesquès et Dominique Viart, juin 2017, 240 pages, 23 €.

♦ Frédéric Forte, Dire ouf, P.O.L, mai 2017, 96 pages, 11 €.

♦ Mihàlis Ganas, Marâtre patrie, traduit du grec par Michel Volkovitch, Publie.net, 2017, 80 pages, 13 €.

♦ Jean-Marie Gleize, La Grille, Contre-Pied (Martigues), coll. "Autres & Pareils", hiver 2016-2017, 32 pages, 4 €.

♦ Mary Heuze-Bern, Rendez-vous à Biarritz, éditions Louise Bottu (Mugron), coll. "Contraintes", juin 2016, 36 pages, 4,50 €.

♦ David Lespiau, Équilibre libellule niveau, P.O.L, mai 2017, 112 pages, 11 €.

♦ Patrick Louguet, Jean, Antoine, Mouchette et les autres… Sur quelques films d’enfance, Artois Presses Université, hiver 2015-2016, 268 pages, 20 €.

♦ Dominique Meens, Mes langues ocelles, P.O.L, novembre 2016, 384 pages, 21 €.

♦ Emmanuelle Pagano, Sauf riverains, Trilogie des rives II, P.O.L, janvier 2017, 400 pages, 19,50 €.

♦ Dominique Quélen, Avers, éditions Louise Bottu, Mugron (40), mai 2017, 116 pages, 14 €.

♦ Sébastien Rongier, Cinématière. Arts et Cinéma, Klincksieck, 2015, 252 pages, 23 €.

♦ Claude Royet-Journoud, La Finitude des corps simples, P.O.L, mai 2016, 96 pages, 13 €.

♦ Robine-Langlois, […], éditions Nous, Caen, octobre 2016, 96 pages, 14 €.

♦ Ana Tot, Méca, Le Cadran ligné, Saint-Clément (19), juin 2016, 72 pages, 13 €.

♦ Antoine Wauters, Nos mères, Verdier, hiver 2013-2014, 154 pages, 14,60 €.

 Bientôt sur LC…

De fin août à fin septembre, vous découvrirez, entre autres :

♦ Créations : Daniel Cabanis, CUHEL, Olivier Matuszewski, Mathias Richard…

Entretiens : Véronique Pittolo, Bernard Desportes, Claude Favre…

Recensions/chroniques : des spéciales sur Véronique BERGEN et sur Philippe JAFFEUX (à propos de leurs trois derniers livres)…
Vous attendent encore : Dictionnaire de l’autobiographie (Champion) ; La Poésie motléculaire de Jacques Sivan (Al dante) ; Patrick Bouvet, Petite histoire du spectacle industriel (L’Olivier) ; Bernard Desportes, Brève histoire de la poésie par temps de barbarie (tentative d’autobiographie), La Lettre volée ; Sébastien Lespinasse, Esthétique de la noyade (PLAINE Page) ; Valère Novarina, Voix négative (P.O.L) ; Nadège Prugnard, MAMAE (Al dante) ; Sébastien Rongier, Les Désordres du monde. Walter Benjamin à Port-Bou (Pauvert) ; Martin Winckler, Les Histoires de Franz (P.O.L)…

14 avril 2013

[News] News du dimanche

Pour ces dernières NEWS du dimanche d’avril (petite pause à partir du 21), le programme est chargé : après un Libr-soutien à Publie.net, gros plan sur le livre de la semaine que nous avons sélectionné pour vous (Jean-Louis Schefer, Monsieur Teste à l’école, P.O.L), la rubrique LC a reçu, lu et recommande (Jean-Michel Espitallier et Ana Tot !), nos Libr-événements (Claude Favre ; Colette Tron à Marseille dans le cadre du "numérique se donne en spectacle") et le regard sur l’actualité du satiriste bien connu des Libr-lecteurs, Joël Heirman – dont on visitera le site. /FT/

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22 octobre 2010

[Revue] LGO, numéro 4

LGO, n° 4, éditions Le Grand Os, été 2010, volume de 116 pages + CD, 15 €, ISBN : 978-2-912528-11-7.

LGO, ça a une identité : c’est l’organe poétique qui donne à voir notre quotidien autrement au moyen d’Agencements Répétitifs Neutralisants (ARN) ; qui passe en revue diverses formes de poésie sonore et de réflexion sur la poésie ; qui a organisé le Festival "Les Perforeilles 2009" – dont on trouvera les échos dans le CD joint à ce stimulant numéro 4.

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26 septembre 2010

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche automnal, l’actualité est dense : Pleins Feux sur Le Grand Os (éditions + revue) ; premier aperçu du 20e Salon de la Revue ; Libr-brèves (Prigent, Bouvet).

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30 avril 2010

[News] Le mai du Grand Os

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Voici le mai du Grand Os, maison d’édition dont nous suivons attentivement les activités.

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23 décembre 2009

[Chronique] Ana TOT, Traités et vanités

Ana TOT, Traités et vanités, Le Grand Os, collection "Qoi", Toulouse, novembre 2009, 128 pages, 15 €, ISBN : 978-2-912528-10-0.

Après avoir collaboré à la revue Hélice (1992-1994) et publié Mottes, Mottes, Mottes (2009), avec Traités et vanités Ana Tot (1968, Uruguay) rassemble la quasi-totalité de ses écrits poétiques en un triptyque édité par les bons soins d’Aurelio Diaz Ronda – dont on ne peut, en ces temps difficiles, que saluer la sagacité et la ténacité.

Si l’écriture d’Ana Tot se révèle fascinante, c’est parce qu’elle est animée d’une perpétuelle tension entre fini et infini, dedans et dehors, matière et esprit, humain et non humain, poésie savante et poésie enfantine… qu’elle réussit à conjuguer la légèreté critique de Prévert (cf. "Chair à canon"), la loufoquerie de Michaux (cf. "Notes sur les hommes-sans-anus"), la singulière immanence des objectivistes…

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13 décembre 2009

[News] News du dimanche

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Cette semaine, en plus de nos Libr-brèves (Durif, Rahmy, soutien à La Quinzaine littéraire) et de notre sélection Libr-fêtes, pleins feux sur Ana Tot, Traités et vanités… /FT/

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