Libr-critique

25 octobre 2020

[News] News du dimanche

En UNE, le poète CUHEL et le dessinateur Joël HEIRMAN reviennent à leur manière sur l’atteinte obscurantiste à l’Ecole de la République. Vous découvrirez ensuite quelques lectures conseillées (Libr-6) et deux Libr-événements

UNE (CUHEL/HEIRMAN)

 

Faut pas s’mentir
faut être réaliste
Nous au gouverdément
on Z’aime les enseignants
on les Z’aime tellement
qu’on les place carrément en première ligne
Honneur aux hussards de la République !
avec un pognon de dingue plein la carlingue
on les Z’aime tellement
qu’on s’est creusé les méninges pour les ménager et leur aménager des carrières de ouf
des conditions de travail foldingues
et tutti-frutti
quelle Passion !

Faut pas s’mentir
faut être réaliste
Nous au gouverdément
on Z’aime les enseignants
sauf les universolitaires
Trêve de laxisme et de causalisme
foutaises foutaises foutaises
d’anamnèses
Tout ça c’est à cause que
maladroite
l’univercécité
est allée droit à gauche
l’univercécité s’est radicalisée
islamo-gauchisée

À bas les fanatiques
la source de nos hic
Faut pas s’mentir
faut être réaliste
contre nos déboires
nous on se contente chaque soir
de prier la Ste Croissance
qui nous dicte ses exigences
Pour qu’elle croisse
sale engeance
diminuez vos créances !

 

Libr-6 (septembre-octobre 2020)

â–º Antoine DUFEU, Sofia-Abeba, suivi de MZR et « Le Train » de Léon Trotski, éditions MF, coll. « Inventions », 176 pages, 15 €.

► Tristan FELIX, Faut une faille, Z4 éditions, 174 pages, 13 €.

► Jean-Paul GAVARD-PERRET, Joguet, Joguette, préface de Tristan Felix, Z4 éditions, 62 pages, 10 €.

► Iegor GRAN, Ces casseroles qui applaudissent aux fenêtres, P.O.L, 142 pages, 13 €.

► Emmanuel TODD, Les Luttes de classes en France au XXIe siècle, Seuil, 1er trimestre 2020, 376 pages, 22 €.

â–º Revue des revues, n° 64 : « Femmes en revues », 172 pages, 15,50 €. [sur la nouvelle recockpitvue COCKPIT Voice Recorder : p. 181-183]

Libr-événements

► 
â–º Colloque « Musidora, qui êtes-vous ? » coorganisé par Carole Aurouet, Marie-Claude Cherqui et Laurent Véray du 18 au 20 novembre 2020 à la Cinémathèque Robert-Lynen et au CNC.
Participeront à ce colloque : Olivier Assayas, Carole Aurouet, Karol Beffa, Anne Bléger, Didier Blonde, Francesca Bozzano, Lucas Bruneau, Emilie Cauquy, Patrick Cazals, Pierre Edouard Clamour, José-Maurice Cherqui, Marie-Claude Cherqui, Marie-Joëlle Cherqui, Anne-Olga de Pass, Béatrice de Pastre, Marc Durand, Yvon Dupart, Hélène Fleckinger, Annette Förster, Christophe Gauthier, Magali Goimard, Anne-Elisabeth Halpern, Myriam Juan, Laurent Mannoni, Camille Paillet, Paola Palma, Pascal Roques, Sébastien Rongier, Michel Saussol, Laurent Véray, Christophe Viart, Michel Viennot et les élèves du conservatoire de musique Jean-Philippe Rameau du VIe arrondissement de Paris.

14 juin 2020

[News] News du dimanche

Ouf ! Peu avant l’été, la vie littéraire dans sa dimension sociale semble se rêveiller pour de bon : les livres débarquent, les événements reviennent… On commencera par découvrir une sélection de 7 livres remarquables (Libr-7), puis nos Libr-évenements

 

Libr-7 (printemps 2020)

► Philippe CHAUCHÉ, En avant la chronique !, éditions Louise Bottu, 174 pages, 16 €.

â–º Jérôme GAME, Album photo, éditions de l’Attente, 144 pages, 13 €.

â–º Jean GILBERT, XX.com, éditions Questions théoriques, coll. « Forbidden beach », 264 pages, 20 €.

► Natacha GUILLER, Mocassin, je me prépare et autres récifs en cours, Nouvelles éditions Place, 80 pages, 10 €.

â–º Manuel JOSEPH, Aubépine, hiatus, Kremlin, Netflix & Aqmi ou les Baisetioles, éditions Questions théoriques, coll. « Forbidden beach », 112 pages, 13 €.

► Mathieu LARNAUDIE, Blockhaus, éditions Inculte, 112 pages, 13,90 €.

â–º Vincent THOLOMÉ, Mon épopée, éditions Lanskine, coll. « Poéfilm », 132 pages, 15 €.

 

Libr-événements

â–º Retrouvez Le Grand Dépotoir de Julien BLAINE à La Belle de Mai à Marseille : l’exposition reprend ce mercredi 17 juin jusqu’au dimanche 9 août.

â–º Chaque lundi jusqu’au 17 août à la Kunsthalle de Mulhouse : Eddie Ladoire, Anna Byskov, Chourouk Hriech, Lena Eriksson, Marianne Marić, Pusha Petrov, Elise Alloin, Katrin Ströbel, Guillaume Barborini, Jan Kopp, Stine Marie Jacobsen, Youssef Tabti.
Le Petit Programme réunit 12 artistes familiers du centre d’art. Ce sont des partenaires fidèles de la programmation de La Kunsthalle. Ce projet inédit et inhabituel leur consacre tour à tour une semaine de carte blanche pendant laquelle ils proposeront chacun un ensemble de trois Å“uvres.

Le Petit Programme de chaque artiste sera visible en ligne, pendant une semaine, sur les réseaux sociaux et le site internet du centre d’art. En parallèle, l’espace de La Kunsthalle sera un lieu de consultation dans lequel les Å“uvres s’accumuleront au fur et à mesure de l’été. Le public pourra se rendre dans l’espace d’exposition pour des visites pas tout à fait ordinaires mais résolument sécurisées.
En reprenant dans ses codes et ses formats les contraintes dictées par la crise sanitaire et ses répercussions sociales, en s’inscrivant dans un temps suspendu et propice à la réflexion, l’équipe de La Kunsthalle espère participer à un vaste débat consacré au monde d’après.

Programme en cours de construction… à suivre en ligne :
> http://kunsthallemulhouse.com/evenement/petit-programme/
> https://www.facebook.com/La.Kunsthalle.Mulhouse/
> https://www.instagram.com/la_kunsthalle_mulhouse
> https://twitter.com/la_kunsthalle

A La Kunsthalle Mulhouse, centre d’art contemporain, les Å“uvres seront diffusées au fur et à mesure des semaines pour composer un ensemble complet à la fin du mois d’août !
En entrée libre du jeudi au dimanche > 15:00 à 18:00 (fermé le 15 août) – sous réserve de réouverture prochaine.

► Du 27 juin au 5 juillet, Festival des écritures bougées à Alfortville (94).

Cette édition du festival des écritures bougées propose à une vingtaine d’artistes, écrivain-es, sculpteur-es, performeurs-ses, chorégraphes, vidéastes, de présenter une vidéo-action, une lecture-vidéo, des images-mots, une lecture-action enregistrée ou en direct visible en ligne samedi 27, dimanche 28 juin, samedi 4 et dimanche 5 juillet 2020 à 18h sur Zoom et en collaboration avec le Centre d’art contemporain La Traverse.

Six titres de films emblématiques rencontrent une chanson qui parle de cinéma et un titre de roman aux allures très cinématographiques, À l’ombre des jeune filles en fleurs, image de la fugacité du désir et de la recherche infinie de l’amour. Toutes ces œuvres parlent d’amour, de tous les amours possibles. À partir de ces titres une infinité de combinaisons se dessinent, huit sont proposés comme autant de films à imaginer.

Décomposés, recomposés, ces titres deviennent des poèmes, des mots isolés les uns des autres, déclencheurs de désir. Parce que les œuvres auxquelles ils font référence viennent d’époques et d’esthétiques différentes, ces titres présentent la vie comme un feu d’artifice sensuel et amoureux. Les mots ici agissent comme des ouvroirs d’images ou de films potentiels. Ils sont à la fois une idée, une lumière, un décor, le personnage central et les figurants.

Film à venir, lecture sans précédent, film impossible, film sans mot, film avec corps qui bougent, lecture à demi-mot, film sonore, images de mots qui bougent, lecture-action nocturne, film typographique, film sans personne, image muettes, lecture chuchotées, film de désir, lecture-marche, film sans image, images météorologiques, images vidées, lecture-démarche, films noirs, images-mots…

Cette année le Festival des écritures bougées aura lieu du fait de ce contexte particulier en ligne, tout en conservant cette même envie de bouger l’écriture. L’évènement à cette occasion sera centré sur le désir et l’amour sous toutes ses formes, la thématique reste ouverte et permet toutes les libertés !
Le festival se déroulera à 18h samedi 27 & dimanche 28 juin 2020 ainsi que samedi 4 & dimanche 5 juillet 2020.
Chaque vidéo ou intervention (lecture, lecture-action) en temps réel sera comprise entre 2 et 10 minutes et accessible en direct sur Zoom.
Les soirées dureront environ 40 minutes chacune, entre quatre et six artistes y participeront selon le temps d’intervention de chacun.

PROGRAMME

Samedi 27 juin 2020 — 18h00

À l’ombre de mes nuits blanches : Yoann Thommerel (Caen), Caroline Kervern (Bruxelles), Mathilde Ganancia (Paris).

À bout du désir : Céline Ahond (Montreuil), Sarah Klingemann (Paris), de Charme, Morgan Azaroff, Alisson Schmitt (Rennes), Bettie Nin (Alfortville).

Dimanche 28 juin 2020 — 18h00

La fille moi non plus : Charlie Jeffery (Paris), Corentin Malvoisin (Paris), Hilary Galbreaith (Rennes).

L’inconnu du botaniste : Elsa Pallarès Hugon (Olot, Espagne), Claire Finch (Paris), Cécile Bicler (Paris).

Samedi 4 juillet 2020 — 18h00

Les ailes de souffle : Adrien Lamm (Paris), Laure Mathieu (Paris), Yaïr Barelli (Paris).

La pleine lune du lac: Barthélemy Bette (Paris), Loris Humeau (Paris), Cécile Paris (Paris).

Dimanche 5 juillet 2020 — 18h00

Sur l’écran noir des jeunes filles en fleurs : Fabrice Michel (Paris), Arnaud Labelle-Rojoux (Paris), Yves-Noël Genod (Paris).

Je t’aime Les nuits : Aziyadé Baudouin-Talec (Paris) , David Evrard (Bruxelles), Lubovda, Valentina Traïanova & Antoine Dufeu (Paris).

3 mai 2020

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de mai, quelques Libr-brèves avant nos rubriques « En lisant, en zigzaguant » et les « Mots croisés insolubles » de Marcel Navas…

Libr-brèves

â–º Sur la crise de l’édition, lire cette intéressante tribune dans L’Humanité.

â–º Ne pas manquer, en deux parties, le long et passionnant entretien entre Laure Gauthier et Guillaume Richez sur Les Imposteurs.

â–º Le numéro 1 de la prometteuse revue COCKPIT créée par Christophe Fiat vient de sortir : « Ici, ça enregistre plein pot. Il y a des dissonances, des larsens, beaucoup d’échos… » Vous y retrouverez, outre le fondateur, Jean-Michel Espitallier, Antoine Dufeu, Thomas Hirschhorn, Manuel Joseph…
Revue COCKPIT : 30 pages, 5 € – 21 passage Dumas 75011 Paris / troisccc@free.fr (sur Facebook : @Asso3C).

En lisant, en zigzaguant…

« Les grandes entreprises se veulent toutes à la pointe de l’innovation ; et insistent en même temps sur leurs lointaines origines […] » (p. 69).

« C’est là une énigme qui intéresse la librairie, la statistique, le féminisme et la logique. D’une part, toutes les enquêtes démontrent que le lecteur d’aujourd’hui – celui qui fait le succès d’un livre – est une lectrice de 50 ans ou plus. D’autre part – nous préférerions l’ignorer mais nous le savons quand même puisqu’il s’en est ouvert à son de trompe –, Yann Moix a peu d’inclination pour les femmes de cet âge. Or le nouveau livre de ce goujat cartonne en librairie » (95).

« L’émotion suscitée par l’incendie de Notre-Dame aussitôt attisée, tisonnée, orchestrée, confisquée, instrumentalisée par les médias et les officiels… les Français unis dans le deuil et les larmes… communion des cÅ“urs… élan collectif… pâââtrimoine… peuple de bâtisseurs… quelle émotion résisterait à tant de mômeries ? Pas le temps de nous étreindre que déjà elle nous écÅ“ure » (137).

« Le risque désormais bien réel – pour ne pas dire la perspective imminente – de l’apocalypse nous empêche de jouir pleinement de notre petite angoisse de mort individuelle. Mais sans doute suis-je trop orgueilleux pour me complaire jamais aux phénomènes de masse » (160).

« Nous n’avons pas besoin d’une intelligence artificielle pour écrire des romans. Il serait plus urgent d’en concevoir une capable de les lire » (197).

Éric Chevillard, L’Autofictif incendie Notre-Dame, éditions de l’Arbre vengeur, 2020, 234 pages, 15 €.

 

Marcel Navas, Mots croisés insolubles

Problème n° 4

Horizontalement

  1. Le plus sûr moyen de percer le secret de la pyramide des âges. – II. Il noie son chien aussi bien que le poisson. Difficile de mettre un nom sur son visage mais on peut toujours lui jeter un verre d’eau à la figure. – III. Il en voit de toutes les couleurs car il a la vue basse. Ne manque pas de reliefs en dépit de sa grande platitude. – IV. Exercice fait à dessein. Décourage les mauvaises volontés. – V. Rares sont ceux qui n’y sont pas passés, fût-ce en force. Désenchantement. – VI. Poils à gratter des moines. Aide à faire des coupes. – VII. Spectaculaire chez les unijambistes. – VIII. Grain à moudre. En un éclair. On peut la tourner en ridicule dès qu’elle a perdu sa virginité. – IX. À force de se faire avoir, elles pourraient bien tomber dans les pommes. Obéit volontiers au doigt mais pas à l’œil. – X. Bon pour les enfants, mauvais pour les vieux. Pas donné aux sourds. – XI. Petite bête très recherchée. Se produit souvent à un croisement très dangereux. – XII. Non seulement elle vous envoie dans le décor mais elle vous y assigne à résidence.

Verticalement

  1. Insensibles aux offres les plus séduisantes. – 2. Ne laissent rien derrière eux quand ils vont de l’avant. – 3. Un faux dur qui pantoufle dans l’ovaire. Lieu imaginaire où se retrouvent les nomades et les exilés. – 4. Il était dans le dénuement mais maintenant il aime le confort par-dessus tout. – 5. Corvéables et taillables à merci mais pas éternellement. On l’a dans le jambon mais pas dans l’os. – 6. Encore un avorton ! Il se débrouille très bien tout seul. – 7. Se dépense beaucoup pour faire rire la galerie. Mode de vie. – 8. Pas franchement olé olé. D’une façon ou d’une autre, il faut le prendre en main. Branche coupée. – 9. Même s’ils contiennent du fer, ils sont difficiles à manger en potage. Tour de piste qui tient du tour force. – 10. À défaut d’avoir les clefs, il fait sauter les verrous. Termine pitoyablement. – 11. Il n’existe que s’il est grand, ou alors c’est un mineur. Se cache parfois très loin en dessous des sous-vêtements, ou ailleurs. – 12. Mortelle surtout pour les blessés légers. Il ne disjoncte que s’il n’est pas au courant.

 

 

 

3 novembre 2019

[News] News du dimanche

En cette première quinzaine de novembre, vos Libr-événements à Nantes (Le Lieu Unique) et Paris (avec notamment le Salon de l’Autre Livre)… Mais auparavant, tous vos RV du séminaire sur « les pratiques d’évaluation dans l’art et par l’art »…

DÉSINVISIBILISER LES PRATIQUES D’ÉVALUATION DANS L’ART ET PAR L’ART », NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2019

Séminaire ouvert au public (Nancy Murzilli)

Master ArTec (également ouvert au Master 2 PCAI, Master 2 Création littéraire et Masters associés)

Séances du 5 novembre au 10 décembre 2019. Le séminaire sera clôturé par une journée d’études le 19 décembre au Centre Pompidou.

ARGUMENTAIRE

Ce séminaire/atelier de recherche-création s’inscrit dans le cadre du projet de recherche-création soutenu par l’EUR ArTeC « Évaluation générale. L’Agence de notation comme dispositif artistique » (https://evalge.hypotheses.org).

Sous l’effet du néolibéralisme et de la révolution numérique, les activités d’évaluation s’emballent, se généralisent deviennent frénétiques et paradoxales. Ce séminaire a pour but d’explorer et de comprendre les problèmes publics spécifiques que soulève la généralisation de l’évaluation. Son objectif n’est pas de faire simplement communiquer les produits de la recherche théorique et de la pratique artistique, mais de faire en sorte que leurs processus s’interpénètrent dans une pratique expérimentale qui les met en acte. Pour ce faire, seront analysés et mis en place des dispositifs artistiques et d’enquête appelés à intervenir en situations institutionnelles réelles afin de désinvisibiliser non seulement ce qu’est l’activité d’évaluation-notation mais aussi ses effets concrets immédiats.

Il s’agira, avec l’intervention de poètes et d’artistes  (Christophe Hanna, Franck Leibovici, Eva Barto, Antoine Dufeu et Natacha Guiller), de se munir d’outils d’évaluation alternatifs à ceux que nous offrent les modèles institutionnels et économiques dominants.

Des activités d’évaluation non orthodoxes seront proposées à toutes les étapes du séminaire.

Le séminaire se conclura par une journée d’études au Centre Pompidou intitulée « Évaluer l’art : commissions, subventionnements, mécénats », qui mettra en perspective les réflexions menées dans les ateliers, où artistes, chercheurs et acteurs du domaine s’interrogeront sur la façon dont sont évalués les œuvres et les projets artistiques dans le cadre des politiques de financement de l’art, sur la pertinence des méthodes de sélection, et sur les alternatives à une évaluation de l’art soumise aux logiques du marché.

PROGRAMME

Séance 1 – mardi 5 novembre, 14h-18h

« Agence de notation »

Rendez-vous : Université Paris 8 Maison de la Recherche salle A2 202, 14h-18h.

Intervenant : Christophe Hanna

Contenu : « Tous évalués ! », c’est à cette injonction, qui nous vise (presque) tous aujourd’hui, que se propose de répondre Agence de notation. Cette agence de notation alternative conçue par Christophe Hanna, se déploie dans le projet de recherche-création « Évaluation générale » dirigé par Nancy Murzilli. Son action consiste à investir des espaces protégés de l’évaluation où n’existe encore aucune forme d’expertise instituée, et de les soumettre à une évaluation d’un autre genre, de façon spectaculaire, sous la forme de performances en public, avec des évaluateurs libres de toute influence et jouant cartes sur table. Durant cet atelier introductif, seront explorées les relations entre écriture et institution à travers l’exemple de l’Agence de notation, dont Christophe Hanna racontera l’histoire. On réfléchira aussi en direct sur ce que peut signifier la notion d’écriture évaluative.

Christophe Hanna est enseignant de littérature et écrivain. Au sein du groupe informel « La Rédaction », il rédige des « rapports » informatifs en inventant des formes procédurielles. Il les publie dans diverses revues (Nioques, Musica falsa, Axolotl, Éc/arts…) ou sous la forme de livres (Valérie par Valérie, Al Dante, 2008 ; Les Berthier. Portraits statistiques, Questions Théoriques, 2012). Christophe Hanna dirige par ailleurs la collection de théorie littéraire « Forbidden Beach » aux éditions Questions théoriques.

Séance 2 – mardi 12 novembre, 14h-18h

« L’addition, s’il vous plaît? »

Rendez-vous : Université Paris 8 Maison de la Recherche salle A2 202, 14h-18h.

Intervenant : Antoine Dufeu

Contenu : Derrière une question aussi triviale, l’entité économique qui émet l’addition est légalement tenue de rendre des comptes, essentiellement un compte de résultat et un bilan. En s’intéressant aux grandes masses qui les déterminent, on se demandera comment il serait possible de les faire évoluer.

Ancien contrôleur de gestion et journaliste auto, Antoine Dufeu est poète, écrivain et dramaturge, professeur, éditeur et revuiste. Depuis 2009, il collabore régulièrement avec Valentina Traïanova sous l’entité Lubovda. Il a fondé la plateforme de recherche Lic en 2012. Il a fondé en 2015 et dirige avec Frank Smith la revue RIP. Il est membre du comité rédactionnel de la revue Multitudes depuis 2015. Il a co-fondé et co-dirigé IKKO (2002-2009) et la revue MIR (deux numéros en 2007 et en 2009). Il est responsable du pôle « écrit » et de l’édition de l’école de design Strate. Avec Fabien Vallos, il a co-dirigé les éditions Mix de 2015 à 2018.

Séance 3 – mardi 19 novembre, 14h-18h

« Art without property,(un)valued art? »

Rendez-vous : au DOC ! dans l’atelier d’Eva Barto (26/26bis rue du docteur Potain 75019 Paris), 14h-18h.

Intervenant : Eva Barto

Contenu : “(…) avoiding description, our character deals with ambivalences stemming from property issues, such as broad definitions of what owning could mean (a legal loophole mastery, a misleading language apparatus, an ambiguous philanthropist posture), on what authorship could reclaim (see plagiarism studies), on how power can leak and decrease (unmanaged time, undisplayed images, unexpected downturns) (…)”

Langue de l’intervention : français

Eva Barto remet en cause les enjeux qu’impliquent la propriété en déstabilisant le statut de l’auteur ainsi que l’économie de production et de diffusion des œuvres. Elle constitue des environnements ambigus, des contextes de négociations apparemment dénués de particularités dans lesquels il est difficile de saisir ce qu’il faut considérer ou laisser pour compte. Les objets qu’elle conçoit sont des emprunts au réel qu’elle copie ou modifie pour leur donner une valeur d’imposture. Le pouvoir revient ici aux parieurs, aux falsificateurs et aux coupables de plagiat. Son travail à fait l’objet de plusieurs expositions personnelles à l’IFAL (Mexico,2013), à La BF15 (Lyon,2014), à Primo Piano (Paris, 2015) et plus récemment à la galerie gb agency (Paris, 2016), au Centre d’Art de la Villa Arson (Nice 2016), au Kunstverein Freiburg (2019) et prochainement au Kunstverein Nuremberg, au LVH Pavillion (Berlin) ainsi qu’à la Galerie Max Mayer (Düsseldorf). Depuis 2018 elle mène une série de réflexions et actions sur le milieu de l’art en tant que monde du travail au sein du groupe La Buse ainsi qu’avec Estelle Nabeyrat sous le format de l’émission ForTune, diffusée par la radio Duuu*.

Séance 4 – mardi 26 novembre, 14h-18h

« « J’ai été sous-diagnostiquée ». Révision chronique des protocoles d’examen clinique »

Rendez-vous : Université Paris 8 Maison de la Recherche salle A2 202, 14h-18h.

Intervenant : Natacha Guiller

Contenu :  Il sera proposé aux participant-es de revisiter et de détourner des formes de récit et de notation, ainsi que des dispositifs d’évaluation procédant du monde de la santé, dans un souci de recyclage, de réappropriation et d’exploitation poétique, publique et immodérée de données personnelles et intimes, sur l’exemple de multiples formes de hacking exercées sur mon propre dossier patient.

Artiste, poète, performeuse, Natacha Guiller (SNG) explore le monde et l’existence à travers des dispositifs artistiques et de communication protéiformes, autobiographiques et parallèles qui génèrent la rencontre, la transmission et une création-témoignage arborescente basée sur le recyclage, la collecte d’archives, le détournement et la transformation des matériaux, l’hybridation d’univers a priori incompatibles ou paradoxaux et la culture du mélange des genres.

Séance 5 – mardi 3 décembre, 14h-18h

« un dessin pour mieux voir »

Rendez-vous : Université Paris 8 Maison de la Recherche salle A2 202, 14h-18h.

Intervenant : Franck Leibovici

Contenu : l’évaluation ne peut être réduite à un effet du néo-libéralisme, de la révolution digitale, ou du contrôle institutionnel. elle est une activité partagée, et routinisée dans nos activités quotidiennes. ainsi, face à une œuvre d’art, pour rendre compte et partager l’œuvre en question avec des amis, nous produisons bien souvent une évaluation en lieu et place d’une description littérale : “j’aime / je n’aime pas”, “cela m’intéresse, cela m’ennuie”. ces moments comptent alors parmi les propriétés de l’œuvre, et sont constitutifs de sa présence au monde, au même titre que ses dimensions, son medium, ou son année de création. rendre visible cette propriété, c’est alors non plus partir des intentions de l’artiste, ni du “projet artistique”, mais des usages réels des œuvres. mais comment la rendre visible ?

franck leibovici est poète et artiste. il a tenté de rendre compte des conflits dits «de basse intensité», sous la forme d’expositions, de performances et de publications, à l’aide de partitions graphiques et de systèmes de notation issus de la musique expérimentale, de la danse, de la linguistique – un mini-opéra pour non musiciens (mf, 2018). il a également publié des correspondances de spams et des discours de 70 heures (lettres de jérusalem, 2012 ; filibuster, jeu de paume, 2013). son travail sur les écologies de l’œuvre d’art a pu prendre la forme d’albums panini, de transcriptions de conversations ordinaires comme de dessins de visualisation – des récits ordinaires (les presses du réel / villa arson, 2014, avec grégory castéra et yaël kreplak) – ou d’installations – the training, an artwork for later and after, biennale de venise, 2017. depuis 2014, franck leibovici travaille avec julien seroussi, à un cycle d’expositions intitulé «law intensity conflicts» et de publications (bogoro, questions théoriques, 2016) autour de l’invention de la justice internationale contemporaine et du premier procès de la cour pénale internationale (cpi) de la haye.

Séance 6 – lundi 9 décembre 17h

« De la finance algorithmique aux circuits opaques de la finance offshore »

séance commune avec le séminaire ARTS & CRISE. L’ÉCONOMIE À L’ŒUVRE. Production, représentation et réception de l’économie dans les arts, PCAI, animé par Martial Poirson.

Rendez-vous : INHA, salle Walter Benjamin, à partir de 17h

Intervenants : Collectif RYBN, rencontre animée par Marie Lecher (Gaîté Lyrique)

Séance 7 – mardi 10 décembre, 14h-18h

« Rendu public des ateliers »

Rendez-vous : Université Paris 8 Maison de la Recherche salle A2 202, 14h-18h

Séance consacrée au rendu public des ateliers au moyen d’une création personnelle ou de groupe  (performance, lecture, présentation d’une création plastique, d’une mini-exposition, etc) qui sera filmée et mise en ligne sur le site (https://evalge.hypotheses.org)

Journée d’études – jeudi 19 décembre, 13h30-19h

« Évaluer l’art : commissions, subventionnements, mécénats »

Rendez-vous : Centre Pompidou Petite salle (13h30-19h00)

Présentation : https://evalge.hypotheses.org/1546

Responsable  :  Nancy MURZILLI, Université Paris 8 : nancy.murzilli@univ-paris8.fr

Libr-événements

► Agenda de Jean-Michel Espitallier : 

• Jeudi 7/11 – 21 h. Iris Purple (tribute to John Giorno). Anne-James Chaton : électronique + texte. Jean-Michel Espitallier : batterie. Avec la voix de Thurston Moore. La MECA, Bordeaux.

• Mardi 19/11, 19h. Le Grand R – scène nationale. Medley Spit (lecture-performance), La Roche-sur-Yon.

• Samedi 23/11, 14h30. World Is A Blues. Avec Kristoff K.Roll. Halle des Douves, Bordeaux.

• Mercredi 27/11, 18h30. À propos de Tourner en rond: de l’art d’aborder les ronds-points (PUF, 2016). ENSCI, 48, rue Saint-Sabin – 75011.

Vendredi 29/11, 20h. World Is A Blues. Avec Kristoff K.Roll. Festival « Et + si affinités ». Le Vent des Signes, Toulouse.

► Du 8 au 11 novembre, Salon de l’Autre livre à Paris :

Avec notamment les éditions Lanskine :

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â–º Le dimanche 17 novembre, 16H à L’Anachronique (42, rue du Mont Cenis 75018 Paris), Laure Gauthier invitera la poète Séverine Daucourt à présenter Transparaître (LansKine, 2019) et à dialoguer avec elle et le public.

► Le mercredi 20 novembre à 19H30, Le Lieu Unique (2, Quai Ferdinand Favre à Nantes), Lecture-concert de Christophe Manon & Frédéric D. Oberland (guitare), suivi d’un entretien animé par Guénaël Boutouillet.

15 janvier 2017

[News] News du dimanche

En ce troisième dimanche de l’année, trois rubriques pour vos découvertes et RV : LC vous recommande ; Libr-brèves ; Libr-événements

Libr-critique a reçu et vous recommande… /FT/

â–º RIP, revue critique et clinique de poésie, 1.1 "Poésie va pas tous mourir", Paris, automne 2016, 15 €, ISBN : 978-2-9557237-0-8.

Antoine Dufeu et Frank Smith lancent cet objet littéraire bien conçu dont le support est mixte (parution annuelle en papier, puis sur le site), avec la volonté de riper poétique et politique. La fragmentation des textes – dans lesquels on navigue grâce à une architectonique subtile – est expliquée dans l’édito : "la littérature a valeur d’expérimentation, d’acte de création • pliage d’un texte sur l’autre"… Car "c’est à plusieurs que s’écrit le moindre poème"… En ces temps tragiques, voici une revue qui donne à penser – avec Deleuze en toile de fond, mais pas seulement.

â–º Corinne Lovera Vitali, Ce qu’il faut, Publie.net, novembre 2016, 184 pages, 17 €, ISBN : 978-2-37177-465-0.

Après les 39 fragments adressés au père dans 78 moins 39, avec Ce qu’il faut, nous entrons dans l’œil de ce cyclone ravageur qu’est la vie : de poésie lente, cet Agencement Répétitif Névralgique (ARN) se développe sans pathos autour de cette tache aveugle qu’est le deuil – celui d’un homme et d’un enfant aimés. On en sort bouleversé.

â–º Christophe Stolowicki, Rhizome, Passage d’encres, "Trait court", décembre 2016, 32 pages, 5 €, ISBN : 978-2-35855-127-4.

Voici des "brèves sans humour, à l’encontre du genre" (p. 17). Autant de lignes de fuite dans le paysage littéraire et artistique moderne. Avec la volonté de dépasser l’alternative entre poésie et prose : "La poésie, le roman tombés en inégale désuétude. Contractant le prosimètre, un genre mixte qui les relève ?" (p. 17). On terminera cette courte présentation destinée à vous mettre l’eau à la bouche par une citation qui rend compte du titre : "Affleure une neuve dramaturgie de longue patience étirant son rhizome, en quelques phrases contractant les années – celle qui a déserté le roman" (p. 21).

Libr-brèves

â–º Pour bien commencer une année, il faut bien se justifier… On écoutera donc "De la justification", que nous propose Sylvain Courtoux en cette première quinzaine de janvier 2017.

â–º Un événement que la réédition de Nous d’Antoine DUFEU : à ne pas manquer !

â–º Avant de codiriger le Colloque international de Cerisy en août prochain ("Jacques Prévert, détonations poétiques"), Carole Aurouet nous présente une bio-bibliographie synthétique du braconnier des Lettres : un parcours très vivant tout en poésie ("La poésie parlée", "La poésie filmée", "La poésie écrite", "La poésie chantée", "La poésie imagée"). Dès vendredi prochain 20 janvier, les passionnés – qu’ils ressortissent à un public large ou spécialisé – pourront se faire plaisir : Jacques Prévert. Une vie, Les Nouvelles Éditions Jean-Michel Place, en librairie le 20 janvier 2017, 224 pages, 10 €.

Libr-événements

â–º Vendredi 20 janvier à partir de 18h30, soirée de lectures, performances, concerts pour fêter un double lancement :

• Le lancement du 1er numéro papier de la revue Frappa, créée par A.C. Hello
• La publication du nouveau livre d’Antoine Boute, Inspectant, reculer, publié aux éditions Onlit

Le Monte-en-l’air
71 rue de Ménilmontant / 2 rue de la Mare, 75020 Paris

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Lectures, performances, concerts de :
• Julien Blaine
• Laura Boullic
• Antoine Boute
• Virginie Grahovac
• A.c. Hello – accompagnée de Thierry Müller (basse/guitare/électrosonic), Laurent Saïet (basse/guitare), Quentin Rollet (saxophone)
• Manuel Joseph, accompagné par motif_r
• Sébastien Lespinasse
• Igor Myrtille
• Elodie Petit
• Chloé Schuiten

+ exposition d’originaux ou reproduction des textes/dessins/photographies des auteur.e.s : Amandine André, François Audemar, Nikola Akileus, Stéphane Batsal, Véronique Bergen, Jérôme Bertin, Julien Blaine, Baptiste Brunello, Laura Boullic, Antoine Boute, Jean-Philippe Cazier, Ivar Ch’Vavar, Christophe Claro, Valentine Crémier-Garce, Robert David Elwood, Cédric Demangeot, Billy Dranty, Jean-Michel Espitallier, Sarah Fisthole, Liliane Giraudon, Virginie Grahovac, Martin Gosset, Benoit Grimalt, Marion Guillet, A.C. Hello, Hugo Hengl, Manuel Joseph, Charlotte Jankowski, Manuel Joseph, Éléonore Lebidois, Élinora Léger, Sébastien Lespinasse, Fabienne Letang, Laurent Cauwet, Bryan Lewis Saunders, Igor Myrtille, Charles Pennequin, Emmanuelle Pidoux, Élodie Petit, Popier Popol (Nathalie), Konrad Schmitt, Chloé Schuiten, Thomas Sidoli, Lucien Suel, Fanny Torres, Cécile Wautelet.

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REVUE FRAPPA

"Frappa a été conçu – rédaction, graphisme, maquette – par A. C. Hello , dont le Clavier cannibale a, il y a un peu moins d’un an, exploré le précédent livre, Naissance de la gueule. Frappa existait déjà en ligne, la voici donc sur papier, riche de 246 pages, pensée mais non préconçue, nullement attifée d’un thème mais parcourue de mille motifs. Comme l’expliquait A.C. Hello dans un entretien, quelque chose de l’ordre de la "bascule", paradoxalement, tient et relie ces textes:
"Ce qui – et encore une fois, c’est quelque chose dont je me suis aperçue bien après – manifestement les rassemble tous, c’est leur travail, peut-être inconscient, sur le basculement. Le mot est instable, la phrase est instable, ou même la pensée est instable, et c’est toujours à deux doigts de se casser la gueule. C’est un équilibre ténu, qu’ils aiment mettre en danger. Et si certains le font sérieusement, je veux dire sur un ton sérieux, la majorité produit ce basculement dans un joyeux désordre branque, même si bien sûr on sent une fêlure qui ébrèche, parfois, cette douce ironie" (entretien donné à Diacritik).
Pensée instable, phrase instable: rien à voir avec une fragilité feinte, bien sûr. Et force est de constater que les textes publiés dans cet impressionnant Frappa (ce fracas frappé?) brillent par l’intelligence instinctive de leur violence. Qu’ils soient signés par A.C. Hello, Martin Gosset, Amandine André, Antoine Boute, Lucien Suel, Charles Pennequin, Baptiste Brunello, Manuel Joseph, pour n’en citer que quelques-uns sur la multitude de participants à cette revue, tous les textes de la revue montent à l’assaut, tranchent, déplacent, résistent. Poésie sonore, mais surtout prise de poésie, prise de heurts, tensions. Une centrale surchauffée. Un état des lieux des affres, de l’égarement, de la résistance." — Christophe Claro.

Liens vers les 2 premiers numéros numériques de Frappa :

http://www.poesie-frappa.com/frappa-1.1/
http://www.poesie-frappa.com/frappa-1.2/

Entretien sur Diacritik :
https://diacritik.com/2015/12/07/la-poesie-frappa-entretien-avec-a-c-hello/

Spot publicitaire :
https://www.youtube.com/watch?v=6vPPD4XjncM&index=9&list=UUoNuEUi7DZ3Dt8y6IVzALig

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INSPECTANT RECULER d’Antoine Boute (Éditions Onlit)

Synopsis : Au lendemain de son mariage avec l’inénarrable Valéria, Freddo se retrouve seul et désemparé. Ça lui pèse tellement qu’il décide d’aller chez les flics: « Bonjour pardon de vous déranger mais ma femme a disparu le jour de notre mariage. ». Avec l’aide de l’inspectrice Karolien, il tente de résoudre cette inquiétante disparition. Or L’enquête, plutôt que d’avancer ou même de piétiner, recule au contraire jusqu’à prendre des dimensions cosmiques.

"Boute est un magicien décomplexé qui préfère extraire des chapeaux du lapin. Avec lui, on est embarqué, cahoté, aucune intimidation, ça marche à cent à l’heure, c’est salutaire, le texte bat la campagne, défriche, et surtout on rit, le texte rit, la syntaxe se marre, c’est un rire cosmique, un rire chamanique et contagieux. (…) C’est ce qui manque à la littérature française." — Christophe Claro.

Présentation du sommaire d’Inspectant reculer par Antoine Boute :
https://www.youtube.com/watch?v=Y_QDgqI_Ic0

â–º Vendredi 20 janvier à 18H30, Librairie L’Échappée Belle à Sète, rencontre-lecture avec Juliette Mézenc pour son dernier livre Laissez-passer (éditions de l’Attente).

â–º Dimanche 22 janvier 2017 à partir de 14h, American Gallery, visite exceptionnelle de l’exposition F. comme faille et Chevrotines : Ayme/ Blaine/Pazzottu
 
Lecture avec ponctuation sonore et déclar’action à 15h
F. comme faille et Chevrotines, deux livres d’artistes aux éditions Rencontres parus en 2016 dans la collection Tête à texte. Exposition du 4 décembre 2016 au 19 février 2017.
œuvres originales de Julien Blaine, de Giney Ayme, et (œuvres à quatre mains) de Florence Pazzottu et Giney Ayme.
AMERICAN GALLERY
54 RUE DES FLOTS-BLEUS 13007 MARSEILLE
bus 83 arrêt anse de la Fausse Monnaie
visites sur rendez-vous : 06 27 28 28 60

 

â–º Mardi 24 janvier 2017 à 19h30 Ivy Writers vous invite à une soirée de LECTURES BILINGUES avec les poètes :

MANUEL DAULL (France)
KATE NOAKES (UK)
et LAURENT GRISEL (France)

24th JANUARY from 19h30: Ivy Writers Paris welcomes French poets Manuel Daull and Laurent Grisel alongside Welsh poet Kate Noakes with translations in French and English by Mary Reilly among others—let us know you are coming!

MARDI 24 janvier 2017 à 19h30
Au bar / 1er étage :
Delaville Café, 34 bvd Bonne Nouvelle 75010 Paris
M° Bonne Nouvelle (ligne 8 ou 9)

 

â–º La cie Stelisto de Tempo présente le vendredi 27 janvier à 20h au Théâtre Massenet (rue Massenet à Lille) // SANS FRONTIERES FIXES //

Réserver : https://goo.gl/forms/FIwAIninSSvba0cj1
Tarifs : 9/6/3 €
Mangez ou buvez un verre en bonne compagnie dès 19h30 !

“Sans Frontières Fixes” est un spectacle à plusieurs voix où nos colères et nos incompréhensions sonnent, où nos peines résonnent, où la poésie et la musique se mêlent et nous lavent, nous enlacent et nous livrent une lueur d’espoir et de Beauté. Les comédiennes Coline Marescaux et Céline Hilbich portent une furieuse envie de refuser les limites absurdes, ses frontières qui nous séparent et nous éloignent de l’autre. Accompagnées du multi-instrumentiste Dorian Baste, elles vous invitent à un concert poétique à la frontière du théâtre inspiré du recueil de Siméon.

"Parce que justement ça sert à ça la poésie, à mettre les pieds du poème dans le plat de l’existence." J-P. Siméon

16 octobre 2016

[News] News du dimanche

Avant que de revenir sur la polémique du Nobel de littérature dans une chronique appropriée, voici la Libr-humeur de CUHEL… Suivent nos Libr-événements : RV avec Julien d’Abrigeon ce mercredi, puis à la Maison de la poésie vendredi soir autour de Spoon River.

 

Libr-humeur /CUHEL/

Il le fallait, Dylan.

Et pourquoi le fallait-il ? Pour faire la nique à Philip Roth… faire le buzz auprès des endormis… Faire plaisir aux membres du jury : vous comprenez, ils sont de la même génération, vieux mytheux, faut les comprendre… Et même Antoine Compagnon, le lendemain sur la ROC (Radio Officielle de la Culture), de confirmer : faut les comprendre… lui qui a fait un bout de route avec eux, il les connaît, il les comprend… Lui l’Antimoderne il comprend le post-postmoderne : faut bien jeter un pavé dans la mare – qu’est-ce qu’on se marre ! -, faut bien touiller dans la marmite des valeurs établies, vive le métissage, le grand brassage du Bric & du Broc… et vive le cap’tain Ad Hoc !

Pour faire braire les Finkielkraut et consorts, certes. Mais aussi les ZinzinActuels, docteurs ès sciences des vents, qui rejettent les z’akadémismes : c’est vrai quoi, faut sortir du livre, faut dépoussiérer la-littérature… Le prix Nobel de littérature doit être hors littérature, c’est sa raison d’être… Et puis d’abord, c’est quoi la "littérature" ? Quelque chose qui ne se vend même plus… Le jury du Nobel n’allait quand même pas inventer un prix du meilleur songwriter… Faut lutter contre les archaïsmes et les conservatismes, éradiquer de la littérature ce qu’il lui reste de littérature, comme il faut débarrasser le libéralisme de toute liberté individuelle et l’humanisme de toute trace un tant soit peu humaine…

 

Libr-événements

â–º Mercredi 19 octobre à 19H30, Librairie Charybde (129, rue de Charenton 75012 Paris) : rencontre avec Julien d’Abrigeon pour son dernier livre – que nous présenterons très bientôt sur LC -, Sombre aux abords (Quidam éditeur).

â–º Vendredi 21 octobre 2016, Maison de la poésie Paris, 20H.
Dans chacun des 243 poèmes de Spoon River Anthology, chef-d’œuvre de la poésie américaine dont on fête le centenaire, s’exprime un mort inhumé dans le cimetière du village, révélant ses souvenirs, rancœurs, désirs… Ce chœur des passions et des caractères valut un immense succès à son auteur Edgar Lee Masters, encensé par ses pairs comme un nouveau Whitman. Les récits distillés dans le recueil dessinent une petite société de l’Illinois au tournant des XIXe et XXe siècles, microcosme de l’humanité.

Célèbre dans le monde entier, Spoon River a connu en France deux traductions, par Kenneth White et Michel Pétris puis Patrick Reumaux, épuisées. La présente version, signée de la nébuleuse Général Instin et parue aux éditions Le nouvel Attila collection Othello, se veut la plus fidèle à l’original. Mais ce livre est davantage qu’une traduction : des cahiers à part proposent des cartes ainsi que des poèmes ajoutés, esquisse d’un cimetière universel.

http://www.lenouvelattila.fr/spoon-river/
Lire l’article de Lise Wajeman sur Mediapart : un trésor poétique exhumé, https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/300916/spoon-river-un-tresor-poetique-exhume et l’enthousiasme du Triangle masqué, blog de libraires http://letrianglemasque.blogspot.fr/2016/07/spoon-river-catalogue-des-chansons-de.html

Avec François Athané, Patrick Chatelier, Antoine Dufeu, José Morel-Cinq-Mars, Cécile Portier, Lucie Taïeb, Benoît Virot & Frank Williams (musicien).
Soirée proposée par remue.net en partenariat avec la Scène du Balcon et la Maison de la Poésie de Paris.

La soirée se terminera avec la dégustation d’une cuvée spéciale Spoon River du domaine de l’Ostal (Lot).

Tarif : 5 € / adhérent : 0 €

Réserver : http://www.maisondelapoesieparis.com/events/spoon-river-dedgar-lee-masters/

28 avril 2016

[News] Libr-brèves

Avis aux curieux : après notre Libr-carte blanche à Antoine Dufeu (nouvelle rubrique), présentation de Leur patient préféré de Violaine de Montclos, puis RV avec la dernière émission de radio de Sylvain Courtoux, le dernier chantier poétique de Bourges et la soirée marseillaise de Jean-Michel Espitallier et Véronique Vassiliou…

Libr-carte blanche à Antoine Dufeu

La récente parution des Chroniques bretton-woodsiennes chez Mix, qui vient de se relancer cette année avec la parution de six livres, a été l’occasion d’interroger Antoine Dufeu le 14 avril dernier à Paris – écrivain bien connu de nos Libr-lecteurs qui codirige désormais la collection "gris" de Mix avec Fabien Vallos.

Entretien avec Fabrice Thumerel : https://soundcloud.com/fabrice-thumerel/libr-carte-blanche-a-antoine-dufeu

â–º Antoine Dufeu, Chroniques bretton-woodsiennes, Mix, 2016, 136 pages, 14 €, ISBN : 979-10-90951-08-2.

Présentation éditoriale. Oui, nous avons décidément besoin de penser à nouveau la politique sinon toute rébellion sera destinée à se transformer tôt ou tard, plus vite que l’ombre qu’elle aura projetée sur les premières heures de ses manifestations, en jetons échangeables dans la première caisse du casino du coin dont la monnaie alors sonnante et trébuchante sera destinée à la couverture des frais de gestion des bonnes œuvres du club resort des anciens présidents de la cinquième république française, lequel n’existe pas à ma connaissance.

Extrait. « Arthur s’imagine seul là haut hurler d’une envie intraitable.
"Bonjour les prix. Bonjour l’argent ! Bonjour la finance ! Bonjour les tulipes ! À quoi sert tout l’argent du monde !" Et encore de crier : "bonjour le fer, le cuivre, le souffre, les diamants. Bonjour les chambres de compensation. Bonjour la spéculation et bonjour l’excitation boursière. Bonjour le paroxysme de la vitesse de circulation de l’argent et de son accumulation en bourse. Bonjour exubérance irrationnelle, irrégularité intrinsèque de l’économie réelle" » (p. 19).

â–º Fabien Vallos, Chrématistique & poièsis, Mix, 2016, 302 pages, 20 €, ISBN : 979-10-90951-05-1.

Ce livre commence avec un problème de nomination de ce que l’on appelle économie et avec la disparition du terme chrématistique. Il pose l’hypothèse qu’il s’agit d’un problème métaphysique d’interprétation du réel et du monde. Le livre continue avec l’hypothèse étrange qui consiste à dire que la disparition du terme chrématistique est en lien avec la transformation substantielle et radicale du terme poièsis. Il pose alors la thèse qu’il y a une source fondamentale pour penser le problème de l’agir et de l’opérativité et pour interpréter ce que l’on nomme une économie de l’œuvre. Enfin ce livre indique des manières de lire l’œuvre moderne et contemporaine en supposant qu’il y a eu, à cet endroit, un irrémédiable tournant : c’est ce que nous appelons critique de la poièsis.
Ce livre pourra être lu de trois manières différentes et conjointes : comme un traité métaphysique de l’opérativité et de la disqualification des agir, comme un traité esthétique pour la lecture moderne du concept de poièsis (autrement dit de l’œuvre et de ses crises) et enfin comme un traité de philosophie politique en vue de faire face à ce qui tient de notre extrême et scandaleux contemporain.

Libr-brèves diverses

â–º Violaine de Montclos, Leur patient préféré, Stock, février 2016, 176 p., 17 €. [17 récits de psychanalystes, parmi lesquels Pierre Streliski, Gérard Bonnet, Michael Larivière, Jean-Pierre Winter.]

À un ogre de livres, antihéros-limite trébuchant à fleur de mots, sur la durée d’une ou l’autre vie épargné l’hôpital. Un assassin en vingt ans de prudente ménagerie extrait de sa cage. Surdoué funambule, qu’un bizutage a tué. Ou « silence contre silence », le circonspect dénouant le taiseux de la fosse à purin où est mort un enfant. Un livre de journaliste, d’écriture inégale, au titre détestablement vendeur. Où cependant dès le premier récit affleure une neuve dramaturgie de longue patience étirant son rhizome, en quelques phrases contractant les années – celle qui a déserté le roman. Alerte centenaire, la psychanalyse investit ses servants chacun d’un « patient-princeps » comme d’un hapax qui le fait roi mendiant. /Christophe Stolowicki/

 

â–º On écoutera avec grand intérêt la deuxième émission radio de Sylvain Courtoux sur Soundcloud : https://soundcloud.com/sylvain-courtoux/les-poetes-vestiaires-poesie-sonore-sarl-emission-du-22-avril-2016

 

â–º Jeudi 28 avril, 18H30, 4e rendez-vous Chantiers poétiques de Bourges : soirée de clôture avec Amandine André, Justin Delareux, A.C. Hello, Yannick Torlini et Laura Vazquez Médiathèque Les Rives d’Auron bd Lamarck BP 18 18001 BOURGES cedex.

â–º Vendredi 29 avril à 19H, RV à Marseille avec Jean-Michel Espitallier et Véronique Vassiliou.

21 février 2016

[News] News du dimanche

Ce soir, pleins feux sur le puissant et poignant témoignage de Patrice Robin, Des bienfaits du jardinage ; RV, ensuite, avec les éditions Mix mais aussi au CNES…

Vient de paraître…

Patrice Robin, Des bienfaits du jardinage, P.O.L, février 2016, 128 pages, 9 €, ISBN : 978-2-8180-3871-0.

Présentation éditoriale. En mars 2014 on a proposé à Patrice Robin une résidence d’écriture dans un établissement Public de Santé Mentale et plus précisément dans le centre horticole implanté en son sein. Il a hésité, d’abord parce qu’il s’imaginait mal écrire sur le jardinage, ensuite et surtout parce qu’il ne se voyait pas passer du temps dans un hôpital psychiatrique à l’heure où sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer depuis huit ans, sombrait dans la démence. Puis il a visité le jardin, rencontré les patients et pensé qu’écrire sur eux lui permettrait peut-être d’écrire aussi sur elle, via leur étrangeté commune, d’écrire sur la vie qu’ils vivaient encore un peu ensemble et ainsi, qui sait, de ralentir, un temps, leur irrémédiable éloignement. Des bienfaits du jardinage dit les allers-retours de Patrice Robin entre elle et eux durant ces quelques mois de résidence, allers-retours entre les vies, celles brisées parfois, tassées souvent, de ces hommes et femmes lourdement médicamentés, celle de plus en plus immobile et silencieuse de sa mère. Des bienfaits du jardinage dit aussi la sienne, déstabilisée, accompagnant sa mère, en fils, vers sa fin, mais aussi l’enregistrant et la prenant en photo, en écrivain, comme il prenait en photo le jardin et recueillait les témoignages de ses usagers. Des bienfaits du jardinage dit son trajet vers ces derniers, lent, difficile, douloureux parfois, puis apaisé enfin, dit surtout comment ils l’ont accompagné, apporté un peu de paix, sans le savoir, tout au long d’un printemps, d’un été et d’un début d’automne.

Note de lecture : Au bord de ma mère… /Fabrice Thumerel/

"Il pousse plus de choses dans un jardin qu’on n’en a semé"
(proverbe serbo-croate cité en exergue).

"Est-ce qu’écrire n’est pas une façon de donner"
(Annie Ernaux, Une femme).

Celui qui a toujours voué une admiration à l’œuvre d’Annie Ernaux finit par rencontrer la même maladie que celle qui a touché la mère de l’écrivaine : Alzheimer – doublée ici d’une "aphasie de Broca" (p. 31). Glacé par le "froid constat" médical (57), le narrateur assiste avec appréhension au "lent mourir" (114) de celle pour qui la compréhension comme la préhension sont problématiques : "elle ne tenait plus rien autour d’elle, ni le fil des heures, […] ni l’ordre des années, […] encore moins celui des mondes" (39)… Dans Des bienfaits du jardinage, nulle écriture de l’entre-deux – de la tension entre Eros et Thanatos – comme chez Ernaux, mais une même volonté de retenir la vie. Et vivre, "c’est être caressé, touché" (Ernaux, Je ne suis pas sortie de ma nuit) : ce que n’oublie pas un fils qui accompagne sa mère jusqu’au bout de sa nuit ! Mais écrire, c’est pour lui une revanche contre cette "incapacité totale à nommer" (31) qui a frappé sa mère, c’est faire fleurir les amandiers (allusion à Camus), c’est la faire passer de la nuit à la lumière (dernières lignes : "Le soleil éclaire son visage, le rend extrêmement pâle. Elle se tient de profil, bras levés, sourit doucement, lèvres closes, entourée de roses rouges").

Cependant, au moment même où il sent sa mère lui devenir étrangère, l’écrivain en résidence se rapproche de ceux qui lui étaient étrangers, les patients d’un hôpital psychiatrique qui s’adonnent au jardinage : "René le bougon", "Abdel l’élégant", "la femme libre", "l’homme à la cuirasse", "Nadia au doux sourire"… Le récit autobiographique se double ainsi de micro-récits de vie, l’auteur d’Une place au milieu du monde (P.O.L, 2014) se révélant attentif aux souffrances de ses compagnons d’infortune, à leurs passions comme à leur façon de parler.

 

Libr-événements

â–º Jeudi 25 février 2016 à 19H : rencontre avec Patrice Robin à la Librairie Le Bateau Livre (154, rue Gambetta à Lille).

â–º Jeudi 25 à 19H, Librairie Ignazi (17, rue de Jouy 75004 Paris) : présentation des nouveautés aux Éditions Mix, avec Gilles A. Tiberghien, Alessandro De Francesco, Antoine Dufeu & Fabien Vallos.

â–º Du 18 au 20 mars 2016, au CNES (2, place Maurice Quentin 75001 Paris) : Faites l’expérience de l’Espace pendant trois jours au siège du Centre National d’Etudes Spatiales transformé pour l’occasion en un lieu peuplé de cyborgs, robots et autres compagnons. Partez à la rencontre d’artistes qui s’inspirent de l’Espace dans un lieu étonnant peuplé de formes de vie hybrides. [Programme détaillé]

Dans la Salle de l’Espace :

Vendredi 18 mars à partir de 20h30 :
– Ex Nihilo de Corinne Frimas et Guillaume Roy
– Bla-Bla-Car de Jeanne Moynot, Anne-sophie Turion et Erik Billabert
– QuiManipuleQui ? de Jean Louis Heckel avec Pascale Blaison, Anne Shreshta et Michel Viso
– Le corps infini… prémisses de Kitsou Dubois avec Léo Manipoud, Thierry Miroglio, Petteri Savokorpi et Anne Sedes

Samedi 19 mars 20h30 :
– Space Audity de Pascal Battus et Angie Eng
– Tatayet astronaute de Michel Dejeneffe
– Prophylaxie de Pamina de Coulon
– Troisième corps de Jeanne Morel, Paul Marlier et Aina Vela
– La Main de l’âme de Didier Petit, Jean Gaudy, Anaïs Moreau et Jean Yves Cousseau

Dimanche 20 mars 16h-18h :
– Idéal Indéfini de Valérie Cordy
– My Dog is My Piano de Antonia Baehr et Frederic Bigot
– CosmOsEroS de Hortense Gauthier
– Apocalypse de Aymeric Descharrières, Fabien Duscombs et Sylvain Kassap

Dans le Caravansérail de l’Espace :

Samedi et dimanche à partir de 14h, en accès libre et gratuit
Artistes, écrivains, scientifiques et machines feront vivre ce lieu avec des œuvres plastiques, des projections, des lectures et des entretiens.
Avec Jakuta Alikavazovic, Gael Baron, l’humanoïde Brioux, David Christoffel, Éric Cordier, Raphaël Dallaporta et Bertrand Rigaux.

11 octobre 2015

[News] News du dimanche

Le mois d’octobre est décidément riche en événements : ActOral (après Marseille, Paris) ; Licet#1 (Dufeu/Vallos) ; rencontre croisée A. Mouton / M. Larnaudie ; soirée J. Blaine, C. Richard et L. Vazquez à Marseille ; exposition photo à Bordeaux, À contre allées.

 

â–º ActOral 2015 : retrouvez Mustapha BENFODIL et Jean-Michel ESPITALLIER sur Radio Grenouille ! Après Marseille, prolongations à Paris :

 

â–º Mercredi 14 octobre 2015 à 19H30, Treize (24, rue Moret 75011 Paris) : Licet#1, soirée Dufeu / Vallos. Licet est organisé par Lic / www.plateformelic.eu [entrée libre]

Licet est un programme de recherche indépendant qui étudie les modalités d’une existence luxueuse.

La première séance regroupe deux interventions, celle de Fabien Vallos sous la forme d’une conférence intitulée « Heidegger et la fin de la philosophie » et celle d’Antoine Dufeu sous la forme d’une lecture.

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« HEIDEGGER ET LA FIN DE LA PHILOSOPHIE »
CONFÉRENCE DE FABIEN VALLOS

« Nous voudrions proposer une lecture de ce que peut bien vouloir « indiquer » le sens du « tournant » et le sens de la fin de la philosophie chez Heidegger.
Nous tenterons d’indiquer que se joue ici l’épreuve d’une faille pour la pensée théorique et pour la modernité. Et dès lors, si le tournant a eu lieu, vers quoi nous regardons. »

Fabien Vallos est professeur de théorie à l’Ensp Arles et directeur du Centre de recherche art & image (CRAI). Il est théoricien, auteur, traducteur, commissaire indépendant et directeur des éditions MIX.

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LECTURE D’ANTOINE DUFEU

Antoine Dufeu lira des extraits d’un livre en cours, « Zéro : zéro », dans lequel il se propose de déconstruire littérairement le mythe de la création monétaire ex-nihilo.

Antoine Dufeu est poète, écrivain et dramaturge. Dernier livre paru, Sic (al dante + Le Triangle, 2015). Il a notamment fondé Lic. www.antoinedufeu.fr

 

â–º Jeudi 15 octobre à 20H, Librairie Atelier (2bis rue du Jourdain 75020 Paris) : rencontre croisée avec Antoine Mouton pour Le Metteur en scène polonais et Mathieu Larnaudie pour Notre désir est sans remède.

â–º Dimanche 18 octobre à 18H, Videodrome 2 (49, Cours Julien 13006 Marseille) : lectures & performances de Julien Blaine, Cécile Richard et Laura Vazquez.

 

â–º « À contre-allées » présente, du 20 octobre au 11 décembre 2015 au salon d’honneur de la gare St Jean de Bordeaux, les œuvres photographiques réalisées par les personnes accompagnées par l’association RUELLE (Relais urbain d’échanges et de lutte contre l’exploitation) dans le cadre d’ateliers photos mis en place avec le concours du photographe Christophe GOUSSARD.

Cette exposition se tiendra dans le salon d’honneur (espace d’attente) de la Gare de Bordeaux Saint-Jean et le vernissage aura lieu le 23 octobre à 11h30.

RUELLE accompagne dans la région bordelaise des victimes de traite des êtres humains, afin de les aider à mettre un terme à la relation d’exploitation qu’elles subissent, quelle qu’en soit la forme : esclavage domestique, délinquance et travail forcés, exploitation sexuelle…

Les ateliers artistiques proposés par l’association se sont révélés être des espaces préservés dans lesquels évolue la pensée entre réalité et utopie. La narration d’une histoire, de leur histoire, participe à l’émancipation des personnes, nous renvoyant, tel un miroir bienveillant, une image de notre société.

Christophe GOUSSARD vit et travaille en Gironde, il est distribué par l’Agence VU à Paris.
Saisie dans des paysages urbains, dans leur intimité ou au travail, sa photographie tente un rapprochement, manifeste, une empathie avec les hommes et les femmes croisés tout près de chez lui ou ailleurs.

Les ateliers et l’exposition ont été financés par le fonds de dotation InPACT, la Drac Aquitaine (Direction Régionale des Affaires Culturelles) et la fondation SNCF.

http://associationruelle.org/

20 septembre 2015

[News] News du dimanche

En bref, quelques RV à ne pas manquer cette semaine : sur Mediapart ; colloque à Rio autour de C. Prigent et P. Alféri ; Café littéraire avec P. Varetz ; lectures de A. Dufeu et de E. Rabu.

 

â–º On saluera l’opération lancée par le club Mediapart : "Écrire aujourd’hui" (parmi les premiers écrivains invités : (Yannick Torlini, Patrick Varetz, Véronique Vassiliou…).

â–º Colloque international "Poésie et interfaces", du 23 au 25 septembre 2015 à Rio (Brésil), autour de Christian Prigent et Pierre Alféri : on retrouvera dans le comité organisateur deux participants au colloque international de Cerisy sur Prigent (Marcelo Moraes et Bénédicte Gorrillot).

â–º Café littéraire avec Patrick VARETZ [ événement Escale des lettres]

Oscillant entre la noirceur lugubre de son écriture romanesque et la fulgurance d’un souffle poétique, Patrick Varetz invoque intarissablement ses fantasmes torturés, ses obsessions les plus chères et ses ténèbres intérieures. Dans Bas Monde il prête sa voix au nourrisson qu’il était (témoin impuissant d’un mariage tari par l’alcool et les ecchymoses), révélant comme un cri de rage social le chaos des origines. Après un passage compulsif en poésie avec Premier mille (recueil composé dans l’hybridité d’un millier de fragments d’existence, d’émotions libres et d’éclats de pensées), le romancier renoue avec les souvenirs de sa Petite vie d’enfant, réveillant entre crainte, culpabilité et colère, la violence de son père, la folie de sa mère, la délicate question de l’amour et celle de la naissance du verbe.

♦ Lundi 21/09 à 19H, Grand Librairie d’Arras (21, rue Gambetta).

♦ Mardi 22 à 20H, Le Moulin d’Or à Lille (15, rue du Moulinel).

♦ Mercredi 23 à 19H, Le Nautilus à Béthune (74, rue Boutleux).

â–º Vendredi 25 septembre à 19H : Antoine DUFEU lira SIC à la Librairie Michèle Ignazi (17, rue de Jouy 75004 Paris) ; Emmanuel RABU relira Futur fleuve à Khiasma (15, rue de Chassagnolle 93260 Les Lilas).

14 juillet 2015

[Livre – chronique] Antoine Dufeu, Sic

Tandis qu’Antoine Dufeu est à Avignon jusqu’à demain avec Concordan(s)e, penchons-nous sur son dernier dispositif critique.

Antoine Dufeu, Sic, suivi de Zastava ? Je répondis (si) sottement, éditions Al dante / Le Triangle, juin 2015, 72 pages, 8 €, ISBN : 978-2-84761-745-0.

 

Si et seulement si

Si l’on suivait "les lignes de chemin de fer du monde entier, de pays en pays et de continent en continent, pour tenter d’esquisser une histoire universelle politique et économique – qui sait populaire – de ces cent cinquante et quelques dernières années" (p. 63) ?…

SI – Intertexte Critique.

SItuation Internationale Critique.

Sic est un ARN poétique/géopolitique centré sur Tony Chicane, citoyen du monde dont l’état dépend des variations dramatiques internationales, simple mortel dont la tentation de sauter dans le vide est mise en relation avec le déni de grossesse maternel – être de passage : d’Éthiopie en France, en passant par la Bulgarie ; du sexe féminin au masculin ; de vie à trépas…

Cet Agencement Répétitif Narratif s’avère très critique envers l’Europe, "cette zone du monde en pleine crise politique et intellectuelle que d’aucuns tiennent à faire passer pour une crise économique et financière" (58)… L’Europe et ses institutions : sont dénoncés les absurdités et incohérences de l’UNESCO et surtout de l’ONU, qui, prophétise le narrateur, "sera dissoute" (27). Sont passés en revue (satirique) les politiques sécuritaires, l’urbanisme, la justice sociale…

Et si l’on faisait prévaloir l’invention sur la réaction ?

Sic ouvre également des perspectives : et SI on inventait "une harmonie nouvelle entre urbanisme et nature" ? Et SI on bâtissait une organisation internationale pour la répartition des ressources naturelles ?

12 juillet 2015

[News] News du dimanche

Riches dernières NEWS, avant la suite de Libr-vacance et les derniers posts de juillet (coupure fin juillet-fin août) : en UNE, un inédit de Didier Calleja ; dans nos Libr-brèves, colloque Deleuze, festivals divers, Suzanne Doppelt dès septembre en résidence à la Maison Hugo, divers liens à découvrir…

UNE

Découvrez cet inédit de Didier CALLÉJA, "Mon frère, ce salop", de la poésie à vif en vers/prose/images.

Didier Calleja participera au festival de Sète et, contre la suppression du festival poétique de Lodève, à différentes actions avec Julien Blaine et le collectif "Le syndicat des poètes qui vont mourir un jour".

Oui, il y a URGENCE POÉSIE…

 

 

Libr-brèves

â–º Découvrez la playlist des mutantistes (Mathias Richard et alii).

â–º POÉSIE IS NOT DEAD Rue Instin

â–º Découvrez le nouveau site de Contre-mur.

â–º Du 14 au 19 juillet 2015, Concordan(s)e à Avignon, rencontre inédite entre un chorégraphe et un écrivain.

14. 15 juillet I 10h
Jonah Bokaer (chorégraphe) & Antoine Dufeu (écrivain) I Museum Of Nothing

16. 17. 18. 19 juillet I 10h
Fabrice Lambert (chorégraphe) & Gaëlle Obiegly (écrivain) I L’incognito

(les deux duos partagent la matinée avec Mickaël Phelippeau et Michèle Noiret)

La Belle Scène Saint-Denis
(organisé par Théâtre Louis Aragon, scène conventionnée danse de Tremblay et Théâtre Gérard Philipe, Centre dramatique national de Saint-Denis avec le soutien du Conseil Départemental de Seine-Saint-Denis)
La Parenthèse 18 rue des Etudes 84000 Avignon
programme complet sur www.labellescenesaintdenis.com
réservations – informations : 04 90 87 46 81

â–º RÉSURGENCE, festival des arts vivants, Lodève, du 16 au 19 juillet 2015 : programme. [Il se substitue, hélas, au festival de poésie organisé par les Voix vives de Lodève.]

â–º Voix vives de Méditerranée en Méditerranée, festival de poésie, Sète, du 24 juillet au 1er août 2015 : programme.

â–º Du 1er au 11 août 2015, colloque international de Cerisy sur Gilles DELEUZE : programme.

â–º Suzanne DOPPELT à la Maison Victor Hugo (75004 Paris), de septembre 2015 à avril 2016 (programme précis).

1 juin 2014

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de juin, avant de vous donner RV au Marché de la Poésie de Paris, Jean-Paul Gavard-Perret et Périne Pichon vous proposent nos Livres reçus (correspondance de Beckett ; Éric Pessan, Le Syndrome Shéhérazade ; Elsa Boyer, Mister) ; et ne manquez pas nos Libr-événements (Sandra Moussempès à Paris ; projet CAVALCADE de Vincent Tholomé ; expo photo à Libourne avec Thomas Déjeammes).

 

Livres reçus (Jean-Paul Gavard-Perret et Périne Pichon)

Samuel Beckett, Lettres, 1929-1940, trad. de l’anglais (Irlande) par André Topia. Édition de George Craig, Martha Dow Fehsenfeld, Dan Gunn et Lois More Overbeck, Gallimard, en librairie depuis le 20 mai 2014, 800 pages, 55 €.

 

Reprenant l’édition anglaise des lettres de Beckett, cette publication peut sembler déroger à la demande de l’auteur. Il avait accordé à son éditeur et exécuteur testamentaire Jérôme Lindon un avis restrictif à la publication de ses lettres. Seules celles ayant rapport à l’œuvre pourraient être publiées. L’édition anglaise ne respecte pas cette demande. Néanmoins cet ensemble est un pur régal qui ne met à mal ni le génie, ni l’intégrité de l’auteur.

Cette première partie de correspondance (1929-1940) mêle anglais, français, allemand et parfois italien, latin et grec. Le tome dit toutes les difficultés d’un écrivain en devenir qui n’arrive pas à faire publier Murphy (son premier roman) et semble prêt à renoncer au métier d’écrivain : « Je ne me sens pas de passer ma vie à écrire des livres que personne ne lira. Je ne sais même pas d’ailleurs si j’ai envie de les écrire. ».

Au sérieux se mêle souvent la fantaisie. Et celui qui n’est pas encore l’auteur reconnu élabore par sauts et gambades son art poétique. Dans une lettre de 1937 écrite en allemand où l’auteur exprime son insatisfaction à l’égard de la langue : « De plus en plus ma propre langue m’apparaît comme un voile qu’il faut déchirer afin d’atteindre les choses (ou le néant) qui se trouvent au-delà. Étant donné que nous ne pouvons éliminer le langage d’un seul coup, il ne faut rien négliger de ce qui peut contribuer à le discréditer ». Et l’auteur d’ajouter : "Y aurait-il dans la nature vicieuse (viciée) du mot une sainteté paralysante que l’on ne trouve pas dans le langage des autres arts ? ".

Beckett, le plus étonnant des minimalistes, va donc en iconoclaste s’attaquer à la sainteté du vocable et jusqu’à l’épuisement. Les lettres en deviennent l’écho : souvent drôles, elles donnent à la gravité de l’œuvre venue d’un tréfonds inconnu une coloration atypique. /JPGP/

 

â–º Éric Pessan, Le Syndrome Shéhérazade, éditions de l’Attente, avril 2014, 248 pages, 19 €, ISBN : 978-2-36242-046-7.

On raconte des histoires.

On se raconte des histoires.

Le Syndrome Shéhérazade, de Eric Pessan, raconte comment on se raconte et on raconte des histoires. Ces textes brefs qui constituent chacun une petite histoire sont disposés en une suite à première vue aléatoire. Pour la forme, on peut penser à Nouons-nous, d’Emmanuelle Pagano. Quant au fond, il est variable, entre scène de couple, préoccupations pubères, anecdotes, bruits de rues et collages de citations. Notons qu’entre chaque fragment le narrateur diffère. Pourtant, il arrive qu’au détour d’une page on rencontre à nouveau tel sujet énonçant telle histoire. Pas de fin dans ces petits récits, mais une instance : juste raconter pour survivre…

 

On raconte des histoires pour ne pas mourir.

Tant qu’on écrit, tant qu’on parle, tant qu’on écoute, on est en vie, on peut espérer connaître l’amour. C’est le syndrome de Shéhérazade, on s’invente 1001 histoires par peur du silence définitif. /PP/

 

â–º Elsa Boyer, Mister, P.O.L, mai 2014, 144 pages, 12 €, ISBN : 978-2-8180-2100-2.

Mister est une créature ambivalente, pas vraiment humaine. Mister est un anonyme, sans regard, portant toujours des lunettes noires. On ne sait pas bien si « Mister » est un surnom ou une appellation donnée par le staff et son équipe de football à cet entraîneur mystérieux. Son humanité, il semble l’avoir bradée pour atteindre son ambition : créer une équipe de champions. Tous les moyens sont bons, et les rumeurs recouvrent l’entraînement singulier de Mister. Le problème, c’est le staff, pas toujours d’accord avec ses pratiques presque magiques, c’est l’argent, incontestable moyen de pression et d’accélération dans le monde du sport, c’est l’image des joueurs, à donner à boire aux supporteurs fétichistes. Mais avec Mister et contre eux se battent aussi des forces ancestrales, des divinités primitives, animales. Elles violentent cet être sans regard tout en lui donnant assez de force pour élever son équipe, et avec elle, un chant du cygne, violent et efficace. Car, avec l’étrange histoire de « Mister » et de ses joueurs de football, une partition s’invente, où se percutent des rythmes primitifs avec les grandes puissances de l’argent et de la publicité.

C’est cette équipe qu’il veut, des nerfs en vrac, des muscles comme des plantes, tronc, tige, liane, et l’argent qui entre en réaction violente avec les corps. /PP/

 

 Libr-événements

â–º Le 5 juin à la librairie Texture, 19h30 : autour de Sandra MOUSSEMPÈS (94, Avenue Jean Jaurès 75019 Paris).

Dans le cadre de sa résidence à la librairie, Sandra Moussempès interrogera pour cette troisième soirée le lien poésie/oralité plus particulièrement autour du livre CD Acrobaties dessinées, en compagnie d’Antoine Dufeu (écrivain) et de Valentina Traïanova (performeuse, plasticienne).

Comment donner à entendre autrement ses propres écrits…

Elle présentera quatre extraits du livre et du CD Beauty Sitcom qui l’accompagne, parus aux éditions de l’Attente (dont un duo "virtuel" avec la poète K.Prevallet) + d’infos ici
Présentation du livre par les éditeurs :
"Une place singulière est faite au monde de l’imaginaire et du féerique à travers l’écran où s’entremêlent poésie, prose, fiction et enquête. Sandra Moussempès nomme ce qui échappe au genre, esquisse le portrait malléable d’un récit en mutation continue dans l’élasticité brumeuse du temps qui passe. Avec le CD Beauty Sitcom, dans une ambiance post-punk liquide elle révèle d’une voix idyllique les abysses bleutés d’une pièce de vers performative."

Antoine Dufeu et Valentina Traianova présenteront une double performance "surprise" en réponse à sa proposition.

â–º Projet CAVALCADE
Un film expérimental réalisé par Gaetan Saint-Remy adapté du livre Cavalcade, poème anthropophage, de Vincent Tholomé et des performances Cavalcade de Vincent Tholomé et Maja Jantar.
LIBR-CRITIQUE soutient ce projet original : merci de les aider à produire ce film via la plateforme de financement participative : www.kisskissbankbank.com/cavalcade

â–º Stéphane Klein, directeur artistique du Printemps Photographique de Pomerol, et l’association Images et lumière seront très heureux de vous accueillir le vendredi 13 juin 2014 à partir de 18 heures pour l’inauguration de l’exposition Écritures photographiques qui aura lieu dans les locaux de l’imprimerie GIP à Libourne au 3 rue Firmin Didot.

En présence des photographes : Alain Bèguerie, Jean-Luc Chapin,Thomas Déjeammes (celui-là même qui a initié le projet DREAMDRUM sur LC !), Frédéric Desmesure, Claude Pitot, Mélanie Gribinski, Stéphane Klein, Frédéric Lallemand et Loïc Le Loë.

17 avril 2014

[Chronique] Antoine Dufeu, Blancs, par Périne Pichon

On découvrira ci-dessous un curieux livre-web, la dernière création d’Antoine Dufeu…

Antoine Dufeu, Blancs, CNEAI, printemps 2014, 6 €, ISBN : 2-912483-80-8.

Présentation éditoriale

Blancs est un livre exposition. Il peut prendre toute forme diffusable connue ou non à ce jour et, au gré des publications, être imprimé ou au format numérique, gratuit ou payant. Il peut être diffusé et numéroté de manière aléatoire à l’occasion d’expositions dont il pourra servir de prétexte. Blancs puise dans la matière des articles de presse que l’auteur, sous son propre nom ou sous celui de l’un de ses hétéronymes, Marius Guérin, a publié sur le site Caradisiac depuis mars 2006 mais aussi dans celle de leurs commentateurs.

Le Cneai publie trois premières formes de Blancs :

Version : 2014-3-1-A-A
Livre au format 11×16,5 cm (à la Française) diffusé et vendu par le Cneai. Cette version comprend une sélection de liens url renvoyant à autant d’articles.

Version : 2014-3-1-B-B
Fichier pdf au format 29,7×21 cm (à l’Italienne) diffusé gratuitement par le Cneai et l’auteur à partir de leurs sites respectifs, www.antoinedufeu.fr). Cette version reprend les liens de la version 2014-3-1-A-A. Pour chaque article, un des commentaires a été tiré au sort et mis en exergue.

Version : 2014-3-1-C-C
Magazine au format 22×28 cm diffusé et vendu sur le site Blurb. Cette version reprend les liens de la version 2014-3-1-A-A. À partir de chaque lien url sont extraits un ou des mots transformés en image ; chaque lien crédite alors chaque image correspondante.

 

Note de lecture

 

Dommage qu’il n’existe pas de papier susceptible de nous mener directement à une page web d’un clic du doigt. C’est l’impression que peut laisser Blancs à son ouverture, un livre qui se prolonge dans l’univers internet.

La couleur étant annoncée, la tentation est grande, après quelques clics, de laisser tomber l’ordre aléatoire donné par le livre pour naviguer sur les pages virtuelles de son homologue web. Antoine Dufeu, enrôlé comme chroniqueur pour le site Caradisiac, fait bondir son lecteur de lien en lien, principalement depuis sa rubrique « Minuit Chicanes » posté chaque soir à 22H, et quelques autres…

Provoquer le commentaire semble faire parti du jeu :

« Minuit chicanes est un drôle d’espace qui ne semble pas vous laisser indifférent. J’ai tendance à estimer que même lorsque des efforts de forme sont expérimentés (comme ici), des forçages sont à l’œuvre (comme ) ou encore des raccourcis condensés sont tentés, cela n’est jamais suffisant. Heureusement, souvent, vos commentaires accompagnent, complètent, amendent le projet de dérapage nocturne commun. »

« Caradisiac », quand on ouvre la page, peut surprendre. Pourtant, le mot lui-même annonce la donne : sur « caradisiac », on parle automobile, ce qui ne peut que porter à faire des tours de langue. Sur Caradisiac, surtout, on teste l’espace web, on tâte les potentialités de la page virtuelle. Le « dérapage » suppose un décalage, relativement involontaire – il y a des dérapages contrôlés –, autrement dit une sortie des sentiers battus, dans l’inconnu.

La « toile » est un gigantesque écran, où chacun peut aussi bien lire qu’écrire ; un espace hors temps, où revenir en arrière est possible, tout comme faire des bonds dans le temps. Les liens auxquels renvoient les articles permettent de penser le mot comme un objet virtuel, un fil qui en entraîne d’autres dans sa vibration sur la toile. « Ici » et « là », non seulement appartiennent au texte, mais renvoient réellement à une autre place, et à un autre jour dans le passé. Blancs, en tant que livre, ne serait alors que la présentation d’un itinéraire possible parmi d’autres sur Caradisiac. A moins qu’il ne prolonge le débat sur la pérennité du format papier, le livre Blancs peut aussi apparaître comme une trace concrète et préhensible de ce qui est écrit sur le web.

 

En suivant la piste d’Antoine Dufeu sur Caradisiac, on retrouve des collages de textes (http://www.caradisiac.com/Minuit-chicanes-La-vraie-vie-est-d’avoir-une-voiture-amie-56685.htm), de photos, de vidéos (http://www.caradisiac.com/Minuit-chicanes-55595.htm). Parfois, l’amorce qui les accompagne est si légère qu’elle semble juste être prétexte à ouvrir un débat. Dommage que les commentateurs se répètent souvent sans chercher à prolonger un peu plus celui-ci, sans songer à user un peu plus ce pré-texte. La plasticité de la page web s’en trouve cependant soulignée : la possibilité de rajouter une note, un avis, une question, bref de reprendre le débat existe toujours. Encore une fois, on pense à l’éternelle Bibliothèque de Babel de Jorge Luis Borgès, mais aussi au Livre de Sable qu’il imagine, un livre qui mute, se dissout et se transforme sans cesse, qui n’a ni fin ni commencement. Or, Blancs, dans son titre et dans sa forme, annonce un retour à la page blanche, une dissolution du texte. L’écrit est éphémère. Ou plutôt il est l’outil d’une expérience soit dans la création, soit dans la lecture (et en un sens, on peut imaginer une dissolution du texte dans la lecture ou dans les lectures).

Cependant, un espace blanc est également une invitation au remplissage. Le texte est alors non seulement vivant mais mutant, il peut disparaître pour réapparaître sous une nouvelle forme, s’amputer, s’allonger, se transformer. Réciproquement, dans un monde virtuel soumis à des mutations, un objet peut devenir texte aussi bien qu’un texte objet. Finalement, Blancs est une ouverture à des jeux de transformations infinis.

17 février 2013

[News] News du dimanche

Après être allé faire un tour du côté de chez P.O.L (avec notamment Edith Azam, Décembre m’a ciguë), on s’intéressera aux livres reçus (La Revanche de la pelouse, de Rosmarie Waldrop ; Ago d’Antoine Dufeu ; n° 8 de la revue Avant-poste). Parmi les Libr-événements : Séance qui vive et Soirée Al dante… De quoi attendre le printemps ! /FT/

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24 novembre 2012

[Revue – news] Al dante / Attaques, n° 1

Attaques, # 1, Al dante, automne 2012, 272 pages, 23 €, ISBN : 978-2-84761-805-1.

Depuis le redémarrage de sa maison d’édition, Laurent Cauwet conduit tambour battant son chantier Al dante (on mesurera le chemin parcouru depuis cet entretien de l’automne dernier). La rencontre de ce soir – à partir de 19H à la Librairie-galerie Le Monte-en-l’Air (71, rue de Ménilmontant / 2 rue de la Mare 75020 Paris ; tél. : 01 40 33 04 54) – permettra d’entendre, outre la lecture par Bernard Desportes de son sublime L’Éternité, la présentation du premier et corrosif numéro d’Attaques (avec, entre autres, une lecture d’Amandine André : boucle des "Cercles de chiens"). Découvrons cette livraison d’une grande densité…

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