Georges-Arthur Goldschmidt, En fond de vie – d’après Anton Reiser de Karl Philipp Moritz, 83 pages, 12 €, ISBN : 978-2-350-18304-6. [Lire la présentation de la collection]
Préface de Isabelle Grell
"On ne lit au fond que pour trouver la certitude du semblable comme une preuve de soi par autrui." D’entrée de jeu, le ton est donné. En connaissance de cause, Georges-Arthur Goldschmidt (1928) a choisi son livre, sachant que l’enfer, c’est les autres. Qu’on n’existe dans la vie réelle que par le regard d’autrui, comme dirait l’autre, de vingt-trois ans seulement son aîné, dans son Saint Genet, comédien et martyre. Anaïs Nin qui, avec Georges-Arthur Goldschmidt et Anton Reiser, partage cette obsession du corps, dans la honte comme dans le plaisir, dans l’onanisme et la jouissance, elle aussi, se rendait compte "que les gens ne jugent pas la littérature objectivement comme une œuvre d’art. Un livre est presque entièrement jugé selon le besoin d’une personne, et ce à quoi les gens réagissent, c’est ou bien à un reflet d’eux-mêmes, un miroir à plusieurs faces, ou une élucidation de leur époque, un intérêt porté à leurs problèmes, leurs craintes ou une atmosphère familière qui les rassure par sa familiarité."