Libr-critique

2 janvier 2019

[Chronique – News] Hommage à P.O.L, par Fabrice Thumerel

Il y a un an aujourd’hui, disparaissait Paul Otchakovsky-Laurens (1944-2017), l’éditeur unanimement salué qui avait fondé sa maison P.O.L en 1983 : celui-là même qui a publié d’emblée Novarina, mais a répondu à Prigent qu’il ne serait jamais son éditeur, avant du reste de le publier en 1989… Qui a publié Novarina et Prigent, mais aussi des auteurs considérés comme beaucoup plus commerciaux…Celui-là même qui entretenait une relation tellement singulière à « ses » auteurs qu’il a participé à de nombreuses manifestations en leur présence – voire, financièrement, aux colloques internationaux de Cerisy sur les oeuvres de Prigent et de Novarina – et que sa mort a laissé un vide dont ont pu témoigner bon nombre d’entre eux (Christian Prigent, Dominique Fourcade, Patrick Varetz, entre beaucoup d’autres)…


Paul Otchakovsky-Laurens avec Christian Prigent en juin 2013

La kyrielle d’hommages a eu pour inévitable corollaire un certain nombre de réductions et simplifications. De sorte qu’il a été, est encore nécessaire d’établir quelques mises au point. Ci-dessous, quelques courts extraits d’un chapitre paru en 2002 dans Le Champ littéraire français au XXe siècle. Éléments pour une sociologie de la littérature (Armand Colin) : « La Dualité d’un éditeur de littérature générale singulier (P.O.L) » – étude pour laquelle j’avais réalisé deux entretiens semi-directifs (septembre et novembre 2001). Peu de temps auparavant, Paul Otchakovsky-Laurens n’avait pas trouvé de meilleure réponse à Pierre Bourdieu et son équipe, qui, à la suite d’une étude sur « la révolution conservatrice dans l’édition », l’avaient classé dans le « ventre mou » de l’édition, que de leur envoyer deux caisses de livres pour qu’ils se fassent une opinion de première main. Et l’éminent sociologue de le remercier dans une lettre quelque peu embarrassée…

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La diversité des choix éditoriaux correspond à une conception très souple, très éclectique de la littérature : l’éditeur partagé entre textes lisibles et textes illisibles les plus divers était un lecteur qui, après s’être nourri des classiques, a découvert différentes formes de « modernité ».
Les prises de position de Paul Otchakovsky-Laurens sont en harmonie avec sa position : loin de tout cynisme, ses options stratégiques sont plus ou moins confusément orientées en fonction de l’intérêt de sa maison comme de ses goûts. (Et ces choix subjectifs, au cours de notre entretien de septembre, il les a défendus avec conviction). […]

En fait, dès le début, P.O.L est structurellement ambivalent : « fou » de littérature sans pour autant, comme le confie Jean-Paul Hirsch, méconnaître « le principe de réalité », il fait appel aux Flammarion pour se donner les moyens de devenir un véritable éditeur de littérature générale — et d’éviter ainsi de se cantonner, comme de nombreux petits éditeurs, dans une « niche éditoriale » qui vise tout au plus la viabilité. Avec le soutien financier des Flammarion, puis d’Antoine Gallimard et de J.-J. Augier, il se consacre totalement à sa passion. Autrement dit, il investit dans son entreprise et son argent et son énergie. C’est ce qui le rapproche du petit éditeur. Autres points communs : l’absence de moyen de diffusion propre, sa façon de se définir comme « un chasseur solitaire », ses pratiques éditoriales. Et aussi les caractéristiques de sa production, et en particulier la place qu’il réserve à la poésie, placement très risqué. Pour le reste, P.O.L se situe dans un entre-deux : entre petites maisons et plus grandes.

Le plus frappant est que, tout en défendant les valeurs les plus nobles du métier, il se pose en commerçant contre tout discours éthéré (cf. entretien de septembre 2001). […] Rien d’étonnant, donc, à ce que Paul Otchakovsky-Laurens souscrive à la définition que Pierre Bourdieu donne de l’éditeur, personnage double qui, possédant une compétence à la fois artistique et commerciale, « doit savoir concilier l’art et l’argent, l’amour de la littérature et la recherche du profit, dans des stratégies qui se situent quelque part entre les deux extrêmes, la soumission réaliste ou cynique aux considérations commerciales et l’indifférence héroïque ou insensée aux nécessités de l’économie ». D’autant que, sans aucun cynisme, mais par nécessité — question de survie ! — autant que par inclination personnelle, il a toujours dû jouer double jeu.

[Ces analyses s’appuyaient sur une base de données (20 000 signes environ) et la reconstitution d’une trajectoire (12 000 signes environ).]

27 octobre 2014

[Texte] Daniel Cabanis, Un alibi

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Merci à Daniel Cabanis pour cette fiction tangente au débat d’hier soir, "L’art n’est-il qu’un objet de luxe ?"

 

 

UN ALIBI

 

 

Certes j’ai la gueule du coupable idéal mais, voyez-vous, mon corps est innocent.

 

Le samedi 16 mars, en début d’après-midi, comme j’avais des projets de bricolage (les étagères du cagibi, en attente depuis plus d’un an), je suis allé au BHV pour acheter perceuse, vis et autres bricoles. Je pense que j’ai manqué de conviction car je n’ai rien acheté. Rue de Rivoli, je suis tombé sur Adam Lorgelay (un ami, écrivain et critique d’art) venu s’assurer que son dernier essai, L’Art en sommeil, était en bonne place au rayon librairie du BHV. On est allé voir ensemble. Le livre d’Adam ne s’y trouvait pas. Il en a été contrarié, et a réclamé sur un ton sec des explications à la responsable. Ah, elle a dit, ici cher monsieur L’Art en sommeil n’intéresse personne, les gens préfèrent l’art vivant, disons réveillé. J’ai trouvé assez piquante l’insolence de cette libraire, mais je ne m’en suis pas mêlé. Adam est resté coi, incapable de répliquer. Il était furieux. Je l’ai tiré par la manche et Allons boire un coup, j’ai dit. On a traîné au bistrot pendant deux heures et une dizaine de bières. Tu comprends, le marketing et la finance ont planté l’art, m’a dit Adam ; c’est un désastre, les artistes sont à poil maintenant. Et après ? j’ai dit (car pour moi, nus ou emmitouflés, qu’ils crèvent les artistes !). Adam a développé son point de vue. Tandis qu’il déblatérait, je pensais trous chevilles étagères ; je me reprochais d’avoir abandonné mon bricolage. Finalement il m’a proposé de faire un tour dans les galeries du Marais. On y est allé. Fatigant. Vers dix-neuf heures, on a échoué galerie Plon, dans le vernissage des Pastels récents de Jeg Falotta. Un artiste bidon, petit faiseur narcissique, m’a soufflé Adam, mais il est coté. Il y avait du monde en effet. Adam connaissait des gens et m’a planté là. J’en ai profité pour filer. Je suis retourné au BHV, au rayon livres. La libraire était encore là. J’ai demandé conseil, pour un roman. Elle a éludé, puis m’a vendu Fatrasie mineure. Oui, de la poésie ! Tout ça est vérifiable.

26 octobre 2014

[News] News du dimanche

Cette fin d’octobre est marquée par la polémique qui clive le champ artistique : art/argent, art/pouvoirs, création/fondations (Vuitton, Cartier, Ricard, etc.), liberté créatrice/sponsoring… Après un billet en UNE qui pose quelques questions et analyses, nos Libr-événements : exposition "Présents" à Bordeaux ; RV Asile 404 à Marseille ; HP process à La Rochelle ; Thomas Déjeammes à Bordeaux ; 4e édition de la Zone d’Autonomie Littéraire à Montpellier.

 

UNE : L’art n’est-il qu’un produit de luxe ? [voir la pétition]

Suite à la pétition initialement parue sur Mediapart et relayée par Sitaudis – pétition qu’ont signée plusieurs auteurs liés, entre autres, à Libr-critique -, la polémique enfle sur les réseaux sociaux, bon nombre d’artistes et de poètes se sentant visés… Et de contre-attaquer : en un temps de cynisme et d’opportunisme, à bas les moralistes ! d’ailleurs, n’y a-t-il pas des brebis galeuses parmi les signataires ? des sans-gêne qui profitent des subsides de l’état ! vive l’autonomie sacrée de ces sans-grade que sont les artistes ! vive leur mission sacrée de combat, quel que soit le lieu… Cette polémique qui rappelle celle qui avait opposé Christian Prigent aux poètes de la nouvelle génération groupés autour de Java est vive pour des raisons éclatantes : elle touche aux nouvelles pratiques du milieu, aux rapports à l’argent, aux pouvoirs…

Le débat porte en fait sur les actuelles contradictions du champ artistique tout entier comme du sous-champ poétique en particulier.

L’inauguration en grande pompe de la fondation Louis Vuitton ne fait que mettre en évidence le rôle que joue désormais le mécénat privé dans un champ qui, subissant par ailleurs l’emprise des médias, est en voie d’hétéronomisation – comme le soulignait Pierre Bourdieu dès les années 90. En cette période de crise où, pour les artistes et les poètes qui ne peuvent bénéficier d’un emploi sécurisé et d’un salaire suffisant, les subventions et les sources de revenus se font plus rares, assurément la seule planche de salut semble être celle que lui tendent des fondations comme Vuitton, Cartier ou Ricard. There is no alternative – paraît-il…

Toutefois, cette option n’est pas sans poser problème : non seulement un tel soutien influe indirectement sur la production artistique, mais surtout il obéit à une stratégie visant à subordonner l’art au champ du pouvoir économique. (Dépendre des institutions n’a plus le même impact aujourd’hui : le propre de la démocratie n’est-il pas de favoriser la pluralité artistique ?). Si la contradiction a toujours caractérisé la position des artistes, écrivains et intellectuels, il en est une qui n’est pas tenable aujourd’hui : peut-on se prétendre subversif quand on est recyclé/digéré par le Marché ? peut-on se prétendre d’extrême-gauche/révolté/rebelle quand on est de fait au service des dominants ? À cet égard, sont emblématiques les prises de position de Christophe Fiat, qui oppose l’écrivain libéral à l’écrivain subventionné, valorisant le premier selon une logique révolutionnaire-conservatrice reniant les conquêtes de la modernité. Mais faisons fi des certitudes pour nous poser une question essentielle, à laquelle il y a sans doute de multiples réponses : quel artiste/poète réussit vraiment à subvertir les canaux "offerts" par les puissances d’argent ?

Fabrice Thumerel

 Libr-événements

â–º L’exposition "Présents" a lieu à Rezdechaussée jusqu’au 23 novembre (Bordeaux) : elle accueille les pièces d’une vingtaine d’artistes. Réflexion sur l’œuvre et ses filiations, les interférences en art. Cette proposition fait écho à un quartier historique de Bordeaux ouvert sur les échanges et de tradition antiquaire, aujourd’hui en pleine mutation.
Le temps de quelques semaines, l’espace de Rezdechaussée organise une pluralité de pièces hétérogènes, en privilégiant l’éclectisme, l’accumulation et l’équivoque. De la « mise en réserve » à la « libération » des pièces, de petits arrangements témoigneront des relations poétiques, narratives, fétichistes, quelquefois humoristiques que nous entretenons avec les objets.
 
Avec les pièces de William Acin /Emmanuel Aragon / Bruno Baratier / Lucie Bayens / Cécile Bobinnec / Thomas Déjeammes / Virginie Delannoy / Patrice de Santa Coloma / Patrick Hospital / Judit Kurtág / Véronique Lamare /Emmanuelle Leblanc / Christophe Massé / Bruce Milpied / Franck Noël / Krunoslav Ptičar / Nathalie Ranson / Michèle Rossignol/ Stéphanie Tréma / Vincent Vallade.
Avec la participation des antiquaires de la rue Notre-Dame à Bordeaux, Pol Hervé Guirriec, Le Village Notre-Dame, Antiquités Pipat, et de la Librairie La Machine à Lire, place du Parlement à Bordeaux.

Installation sonore de Kraums Notho : samedi 15 novembre à 17h30 et 18h 30
Ouvert du mercredi au dimanche, de 13 à 19 h
Nocturnes tous les jeudis , vendredi 14 et samedi 15 jusqu’à 21 h
Rezdechaussée,
Lieu d’intention artistique, 66 rue Notre-Dame Bordeaux
en savoir plus : ici 

â–º Mardi 28 octobre à 20h30, Asile 404 (135, rue d’Aubagne à Marseille – 13006) : MAKHNO (rock psyké éléctique) et Mathias Richard.

â–º Du 4 au 15 novembre 2014 à La Rochelle (10 bis rue Amelot) : TRANSLATION. À travers une installation interactive et des photographies numériques, HP Process développe un projet intermédia sur la vitesse, l’espace-temps et les effets de la mobilité sur la perception.

Des dizaines de travellings de paysages filmés lors de voyages sont agencés dans une scénographie immersive, telle une spirale aux dimensions mouvantes, où la géographie est éclatée en de multiples calques. C’est par sa dérive, ses mouvements et son immobilité de l’espace que le spectateur va générer aussi bien le son que les mouvements des vidéos. Celles-ci se transforment et se dégradent selon des logiques de dilatation, d’expansion, de compression des couleurs et des pixels, de fourmillements de lignes et de points. Le spectateur interagit aussi avec des données liées aux transports (horaires, distances, gares, aéroports…) et recompose une poésie mobile des flux contemporains. L’installation est ainsi une plongée dans les vibrations de la vitesse et dans les diffractions temporelles et spatiales produites par les déplacements, les connexions, les translations. Elle invite à inventer de nouvelles trajectoires et met en relief les paradoxes de l’hyper-mobilité contemporaine.

Les photographies sont des images capturées dans le flux numérique de la vidéo générative. Les paysages ainsi saisis déploient leur épaisseur, donnant à voir la matière spatiale et temporelle de l’instant diffracté et compacté par la mémoire. Chaque photographie est unique car produite par les variations infinies du programme.

TRANSLATION, projet de "live cinema" infini, tente de traduire l’empreinte visuelle et sonore que laissent les voyages dans la rétine et la mémoire, en explorant la matérialité du numérique. A travers un jeu sur la lumière, les pixels et les couleurs, l’œuvre tend vers une déconstruction et une abstraction de la géographie, selon une esthétique hallucinatoire et hypnotique. C’est une expérience cinétique et sensible du paysage, qui devient un espace mental où territoires, mémoire et données s’agencent pour ouvrir à de nouvelles perceptions.

Ce projet a bénéficié d’une bourse de création de la DRAC Poitou-Charentes et du soutien de AADN (Lyon), dans le cadre des résidences VIDEOPHONIC.

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HP PROCESS est un duo composé de Philippe Boisnard & Hortense Gauthier. Depuis 2006, ils développent des créations intermédias, performances poétiques numériques, installations interactives, vidéos, photos, créations sonores. La poésie, dans ses dimensions textuelles et numériques, mais aussi visuelles et sonores, est au coeur de leur démarche. Entre déconstruction du langage, jeux typographiques et récupération de données, ils inventent des dispositifs d’écriture interactifs, participatifs ou performatifs, qui mettent en jeu réseau, technologies mobiles et territoires. Ils définissent leur démarche par le concept PAN (POÉSIE ACTION NUMÉRIQUE), à travers lequel ils interrogent le rapport entre corps, langage, espaces et technologie.

Présents pendant la durée de l’exposition, des visites de groupes, enrichies de rencontres/conférences seront mises en place avec eux.

http://www.carre-amelot.net/expositions/index.php?fract=translation

 â–º Vendredi 7 novembre à 11H : Thomas Déjeammes expose sous la tente (lieu indépendant pour l’art : 28, rue Bouquière à Bordeaux).

Introduction à l’exposition de Thomas Déjeammes.

Un jour j’ai aperçu quelques morceaux de photographies déchirées. Ici à Bordeaux nous sommes dans un petit monde et chacun possède son petit monde aussi. Les choses qui s’amoncèlent et celles qui se volatilisent. Un jour j’ai trouvé dans un tiroir des bouts de moi par dizaines, coupés des autres bouts du monde. Je me suis pensé qu’un jour il devrait se trouver un temps pour rassembler ce temps: celui qui était perdu, ma vie, et celui qui devait faire greffe pour qu’elle se passe avec d’autres vies. Le temps a passé. J’ai rassemblé toutes autres choses que des photographies. Il devait y avoir de la chair, de la passion, des rêves et quelques autres fragments de cellules poreuses à accompagner vers l’exit ou le révélateur.

Et puis un jour j’ai aperçu des photographies de Thomas Déjeammes et je me suis pensé tout de suite qu’elles ressemblaient forcément à mes rêves. Pas aux beaux que je ne fais pas, mais à ceux qui sont la Tentative. Alors j’ai aimé ce travail violemment, comme si je me mettais à nu. Dans ce que nous pouvons tous lire pour comprendre nos vies d’un coup, il y a des bouts des uns et des autres. Je crois que c’était cela. La Vie. La mienne.
Je vais aller plus loin si je peux dans cette déchirure apercevoir la découpe sur sa tranche et vous parler plus tard de ce Travail.
Christophe Massé.

â–º 22 novembre 2014, salle Pétrarque à Montpellier, de 14H30 à 23H, 4e édition Zone d’Activité Littéraire ; contact : 06 61 11 05 05 (R. Vischi) / asso.squeeze@gmail.com

INTERVENTIONS SCÉNIQUES :                                   IMPLANTATION LITTÉRAIRE :



TEXTE EN COURS – Retour sur soi                                       Librairie SCRUPULE

LA RAFFINERIE – Lecture échographique                             Éditions AL DANTE

JORDI CARDONER – Contes déjantés                                   Éditions LUNATIQUE

JÉRÔME BERTIN – Lecture                                                    Éditions CAMERAS ANIMALES

SYLVAIN COURTOUX – Lecture sonore                               Éditions L’ARACHNOÏDE

PAUL SUNDERLAND – Lecture undercroûte                        Revue NAWAK

MICHEL CLOUP – Concert solo                                             Série Z existentielle – C. SIÉBERT

MATHIAS RICHARD – Poésie performance                          Galerie LE MAT

BLEU SILEX – Blues urbain

OLIVIER BKZ – Automne amoureux à Pandémonium

RITTA BADDOURA – Poésie performance

ORION SCOHY – Contre-performance littéraire

ZISSIS THE BEAST – Punkab névro-poésie

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