Dans-le-monde-d’après-le-11-septembre-2001… dans-le-monde-post-démocratique… dans-le-monde-d’après-la-crise-sanitaire…
Où en sommes-nous au juste ? Dans le monde d’après le monde d’après le monde d’après ?
Il n’y a plus d’après : le monde du post- est celui du déni ou du repli, celui du comme-si – celui des dominants.
Le monde réel – le nôtre ! – est celui dans lequel il nous faut défendre concrètement nos libertés, à commencer par celle d’agir pour la survie du vivant, laquelle englobe celle de lire et de s’exprimer. C’est dans cet esprit qu’il convient de lire notre Libr-12 (Livres reçus) et nos Libr-brèves…
Libr-12 (Livres reçus : automne 2020)
► 591, revue internationale, éditions Terracol, n° 8, 290 pages, 18 €.
► Bénédicte GORRILLOT dir., L’Héritage gréco-latin dans la littérature française contemporaine, Droz, Genève, 544 pages, 48 €.
â–º Julien BLAINE, La Cinquième Feuille. Aux sources de l’écrire et du dire. Édition établie par Gilles Suzanne. Presses du réel/Al dante, 464 pages, 30 €.
â–º Roland CHOPARD, Parmi les méandres, cinq méditations d’écriture, L’Atelier du Grand Tétras, Mont-de-Laval (25), 96 pages, 13 €.
► Pierre ESCOT, Spermogramme, postface de Julien Cendres, éditions Supernova, coll. « Dans le vif », 162 pages, 15 € [disponible début 2021].
► Christophe ESNAULT, L’Enfant poisson-chat, éditions Publie.net, coll. « L’Esquif », 112 pages, 12 €.
► Denis FERDINANDE, L’Arche inuit, Atelier de l’Agneau, coll. « Architextes », St Quentin-de-Caplong (33), 150 pages, 18 €.
► Jean FRÉMON, Le Miroir magique, P.O.L, 336 pages, 21 €.
► Martine GROSS, Détachant la pénombre, dessin de Denis Heudré, Tarmac éditions, Nancy, 60 pages, 12 €.
► Sarah KÉRYNA, Le Reste c’est la suite, Les Presses du réel, coll. « Pli », 88 pages, 10 €.
► Marc-Alexandre OHO BAMBE, Les Lumières d’Oujda, Calmann-Lévy, 330 pages, 19,50 €.
► Benoît TOQUÉ, Habiter outre, éditions Supernova, coll. « Dans le vif », 70 pages, 15 € [disponible début 2021].
Libr-brèves
â–º // EN DIRECT // Encore quatre RV à ne pas manquer avec la Maison de la poésie Paris, en partenariat avec l’institut du monde arabe : Les Nuits de la poésie, couvre-feu poétique
Suivez en direct l’événement sur notre page Facebook.
Vous pouvez ensuite retrouver la vidéo à tout moment sur la chaine Youtube de l’Institut du monde arabe !
Les consignes sanitaires ne permettant pas de maintenir la Nuit de la Poésie dans son format initial mais nous avons voulu
proposer ce rendez-vous symbolique et numérique qui garde tout son sens dans le contexte actuel. Rendez-vous les samedis 21 et 28 novembre et 5 et 12 décembre de 22h à minuit en direct sur les pages facebook de Maison de la Poésie et de l’IMA.
Avec notamment :
Les musiciens et chanteurs : Mohanad Aljaramani, Kamilya Jubran, Sarah Baya, M’hamed El Menjra, Abdallah Abozekry et Baptiste Ferrandis, Omar Haydar, Marc Codsi, Lola Malique, Skander Mliki, Batiste Darsoulant, Sanguebom…
Les comédiens : Léon Bonnaffé, Violaine Schwartz, Pierre Baux, Majd Mastoura, Clémence Azincourt…
Les poètes et écrivains : Abdellatif Laâbi, Breyten Breytenbach, Mahmoud Darwich, Charif Majdalani, Fadhil Al Azzawi, Dima Kaakeh, Marc Alexandre Oho Bambe, B40…
Les performeurs : Michelle Keserwany, Zoulikha Tahar, Lamya Yagarmaten…
Les danseurs : Mehdi Kerkouche, Smaïl Kanouté…
â–º On pourra découvrir les magnifiques livres et cahiers d’auteur que propose les éditions Faï Fioc.
â–º Des articles à méditer sur AOC en ces longues soirées de confinement (on peut s’abonner ou s’inscrire pour 3 lectures gratuites) : Jean-Charles Massera, « Le Grand Ménage » ; Mathieu Larnaudie, « Trash vortex » ; Frédéric Sawicki et Olivier Nay, « Sauver le CNU pour préserver l’autonomie des universités » (16/11)…















Au biplan réacteur de clichés surexposés, superposés, en butte au gel, en proie au sel (cum grano), au champ contrechant de pure poésie, celle culminant en cette pénultième fin de siècle qui « dérape par happés d’Europe » d’un coup de dés. De prince des poètes déprisant son art pour celui qui lui adviendrait à pic de ténèbres. De l’Autre qui faute d’avoir vécu a eu raison dans tous ses mépris, brassé son sang, d’outre-tombe sans commissions. Le cliché de destins croisés. De sépulcre en sépulture délasser culture.
dominant : prosaïque s’engonçant dans l’habit taillé sur mesure pour les touristes de Gomorrhe, quitte à retailler les pieds. Celle de Jean-Luc Lavrille, quand il y recourt (« une voix // off / poursuit / poussières et suies // l’image / soudain / de la // diphtonguïté sexuelle » dont une liesse, une hardiesse essuie le dimorphisme) se tronçonne par seule nécessité, rétrécissement aortique de ce qui ne s’avorte en ce jardin d’orties, hachures de virulence. Non vains jeux de langue spatiale mais son ressort mis à nu, à nue, annuités payées cash.
Sur le prurit d’un agacement léger dansant comme la cigale, un fourmillement de pensées naines que l’écriture draine, enchaîne, enchâsse, un contingent de joyaux distribués dans l’alternance en escalier, dans le beat à deux temps têtu trompeur d’un hard rock qui d’un texte pleine page en note un peu verticale respire – ne pas se fier à l’apparence lisse binaire d’un livret alternant pleine page son corps principal et en notes ménageant du blanc son corps cadet, nous frustrant du corps puce en bas de page de vraies notes que des astérisques distribués au pénultième hasard appellent, rappellent, appelants comme l’oiseau mutilé, de tout un corpus critique chaotique prédateur. Astérisques échus à point innommé, nommés astéroïdes que « qui a jamais vu[s] de ses yeux vu ? » confond volontiers avec « météorites, astres et météores » ; alunis de préférence dans le corps principal, incestueux s’égarant parfois dans les notes et qu’absorbe par exception une torrentielle chute.
torons de nacre, d’un en deux de corps un en corps deux encordé sur l’à pic et sur l’aléatoire. Corneille en prose, racine carrée. Dans la retraite, dans le retrait, dans l’amalgame les thèmes s’emboîtant, en dérive au cours long épique, Odyssée ou exode contemporains, par voie de terre de déserts pavée de plages. De « syntaxe déréglée », « dissémination de virgules », de déprise en déconstruction, à mi-chemin du rêve et de la résidence d’écriture dans une Cordoue plus imaginaire que rêvée, un verbe défectif pour salut, un « dépourvoir » pour ultime vue sinon la préhistorique anfractuosité de roche où loger sa sacoche d’écrivain vagabond – le récit du non-récit expansé, rétréci, enrichi de café en café, cinq à sept, de trois supplémentaires cahiers.
cela et ensuite ce qu’ils produisent : des cerises, des kiwis…
auteurs de l’intranquille vous saluent.
archi = excès, débordement…
tend à l’excès dans la retranscription sonore de ses textes : les lisant, il dégrade les syllabes par sa vitesse d’élocution et finit sans plus pouvoir respirer…