Dans la rubrique "Le roman contemporain : trajectoires et territoires", qui, depuis le début d’année regroupe une présentation et des articles sur Lucien Suel et Christian Prigent, Libr-critique a le plaisir d’inscrire cette réflexion bataillienne qui opère le dépassement des antinomies lisible/illisible et poésie/roman pour cerner ce que peut être une écriture de l’impossible : le troisième chapitre, intitulé "Écriture et liberté", du court essai que Bernard Desportes va publier en 2010. Rendez-vous sur Publie.net en septembre pour le volume numérique autour de Bernard Desportes.
7 mai 2009
[Manières de critiquer] Le roman contemporain : Écriture et liberté, par Bernard Desportes
8 novembre 2007
[Recherche] La présence (tr)Ou(vr)hante de la femme chez Christian Prigent
[Ce texte entre dans le dossier Christian Prigent que nous constituons peu à peu sur Libr-critique. Il est aussi l’un des chapitres de l’essai [mécano] sans mode d’emploi, essai qui concerne la littérature contemporaine. Ce texte est inédit. En Janvier, dans un livre collectif portant sur Bernard Desportes (éditions Presse Universitaire d’Artois) un article complètera cette première approche, confrontant Bataille, Desportes, Prigent autour de l’abîme du trou de la mère.]
23 septembre 2007
[Revue-chronique] Europe, Dossier Blanchot/Volodine
Europe, n° 940-941 : « Maurice Blanchot/Antoine Volodine », août-septembre 2007, 384 pages, 18,50 € ISBN : 978-2-351-50009-5
On ne peut que saluer le dernier numéro d’Europe, que l’on peut placer à l’enseigne du déshumain (Pierre Fédida) : les planètes Blanchot, Volodine et Kafka nous invitent en effet à sortir de l’humain pour en explorer l’être-autre. Les trois figures marquantes qui jalonnent cet itinéraire anthropoclaste constituent les principales entrées d’une livraison avoisinant les quatre cents pages : le Dossier Maurice Blanchot, le plus important (quelque 190 pages encadrées par Evelyne Grossman), précède celui sur Antoine Volodine (52 pages coordonnées par Frédérik Detue et Anne Roche) et la longue étude de Marc Weinstein, intitulée « Le Monde et l’Immonde. La dém(arist)ocratie de l’être selon Franz Kafka » (50 p.), qui vient clore logiquement le diptyque puisque les deux premiers auteurs s’inscrivent en droite ligne de Kafka.
L’une des tâches de la critique étant de reconsidérer périodiquement une oeuvre en fonction des mutations que connaissent les champs de production et de réception littéraires, la réouverture du dossier Blanchot (1907-2003) est la bienvenue, quatre ans après sa mort. Indépendamment des « ferventes célébrations » ou du « retour d’anciennes polémiques » (p. 3) suscitées par le centenaire de sa naissance, il s’agit d’abord ici de mettre en pratique l’aphorisme derridien, « C’est grâce à la mort que l’amitié peut se déclarer » : loin de toute complaisance, la perspective choisie consiste à tendre vers un être-avec la part inventive, étrange et étrangère propre à l’écrivain et critique. D’où le recours à une démarche endogène, empathique ; ainsi, contrairement à l’approche poéticienne qui fait du texte un objet de savoir, Christophe Bident invoque-t-il une lecture subjective qui fait prévaloir « la qualité d’une expérience » (102).
Pour ce qui est de la réévaluation, il se pourrait que Thomas Régnier ait raison : « Il se pourrait pourtant que l’inactualité de Blanchot aille de pair avec un autre mode de présence qui, s’il n’est pas visible, n’en est pas moins réel » (18). Ce qui est certain, c’est l’importance de Blanchot pour Leslie Kaplan, auteure de L’Excès-L’Usine (P.O.L, 1987), ou encore les échos de cette oeuvre chez quatre écrivains d’Amérique latine, Juan Villoro, Macedonio Fernandez, Salvador Elizondo et Mario Bellatin. Au fil des articles, cette oeuvre est du reste mise en relation avec celles de Mallarmé, Kafka, Bataille, Paulhan, Malraux, Beckett… Plus précisément, ressort des études sur l’érotisme (Karl Pollin) et l’écriture fragmentaire (Leslie Hill, Annelise Schulte Nordholt), des analyses comparatives ou portant sur des textes particuliers (Evelyne Grossman, Christophe Bident, Jonathan Degenève, Jean-Louis Jeannelle, Curt G. Willits, Ayelet Lilti), l’entre-deux qui régit l’ écriture blanchotienne : entre vie et mort, lumière et obscurité, puissance et impuissance, sensibilité et abstraction, masculin et féminin, possible et impossible, oeuvrement et désoeuvrement, pensée et travail de la langue, discours et écriture, liaison et déliaison…
Quant au dossier sur Volodine (né en 1950), qui paraît peu après, non seulement son seizième livre (Songes de Mevlido, Seuil, août 2007), mais encore le volume collectif dirigé par Anne Roche et Dominique Viart (Écritures romanesques : Antoine Volodine. Fictions du politique, Caen, Lettres Modernes Minard, vol. 8, 2006), la première monographie (Lionel Ruffel, Volodine post-exotique, Nantes, éditions Cécile Defaut, 2007) et le premier colloque international (Frédérik Detue et Katia Dmitrieva, « Le Post-exotisme d’Antoine Volodine », Moscou, avril 2006), il se concentre sur la littérature post-exotique, qui, selon Pierre Ouellet, « est la géopolitique imaginaire de cette claustration généralisée, de cette incarcération universelle même à ciel ouvert, de cette séquestration totalitaire même à l’air libre, bref, de cet emprisonnement à la fois réel, onirique et mnésique de l’homme et de la femme dans un monde et une histoire en apparence sans issue » (214). Dans un entretien de 1999, l’écrivain lui-même donnait cette définition : « le post-exotisme, c’est concrètement, écrire des livres qui surgissent comme d’une langue étrangère, mais sans référence à une terre situable sur la carte » (L’Humanité, 7 octobre 1999). La puissance d’attraction de l’univers volodinien est due à son étrange familiarité : s’il a pour horizons l’Histoire récente et la littérature de genre (la science-fiction en particulier), en revanche il met en place un inquiétant « système d’humanité-animalité » (242) qui fait penser à Novarina ou Desportes. Reste à s’interroger sur la portée d’une telle oeuvre : l’inventivité onomastique et la virtuosité narrative suffisent-elles à rendre la langue étrangère, à la faire délirer, pour le dire en termes deleuziens ? – plus radicalement : peut-il y avoir littérature étrangère dans une langue classique ?
9 avril 2007
10 octobre 2006
[vlog] La communauté invisible, entretien Michel Giroud avec Philippe Boisnard
>> Suite des entretiens avec Michel Giroud à la résidence Trame-Ouest. Aujourd’hui, ouverture à la communauté invisible. De Rabelais à internet, qu’est-ce qui se trame entre les hommes, qu’est-ce qui anime leurs relations et en quel sens, cela crée-t-il une forme de communauté ? C’est à partir de ces questions que Michel Giroud réinterroge la question du « milieu » éditorial français et ouvre à des perspectives peu perçues pour le moment.
26 septembre 2006
[Entretien] Bernard Desportes avec Fabrice Thumerel
Cet entretien est une introduction au colloque Bernard Desportes qui aura lieu à l’Université d’Artois. C’est une véritable exploration de la littérature du XXème siècle qui s’y instaure, à partir des questions de Fabrice Thumerel.
Bernard Desportes : Pour qu’il y ait bilan sans doute faudrait-il que j’aie le sentiment d’avoir affaire à quelque chose d’achevé… Or je ne considère pas les 15 volumes de Ralentir travaux comme une entité, mais plutôt comme une «oeuvre» morcelée, éclatée, fragmentaire, en quelque sorte un élément hybride que je revendique néanmoins comme prenant place au sein du travail publié sous mon seul nom. Fragment de mon propre travail donc, mais «oeuvre» de compromis. Celui très précisément qu’il m’a fallu passer entre l’action et l’écriture. Compromis issu d’une histoire et d’un engagement social et littéraire singuliers..
