Libr-critique

13 avril 2020

[News] Libr-News

L’interdiction de tout événement in vivo n’empêche pas les RV intéressants, et même galvanise la créativité des acteurs de l’espace culturel : en témoignent nos Libr-brèves… Ensuite, nos rubriques « Libr-ludique » et « Mots-croisés insolubles » (Marcel Navas)…

Libr-brèves

â–º Sur le site de Poema, découvrez « In situ », avec chaque semaine un écrivain à l’honneur : après Christophe Manon, Anne-James Chaton…

â–º Quelques liens pour d’infinies lectures confinées : L’autofictif de CHEVILLARD abrite également un Journal de confinement, Sine die, chronique du confinement (à ce jour, 24 livraisons, en plus d’une « Lettre de Prosper Brouillon ») ; l’atelier ouvert de Joachim Séné, avec plus de 1 100 textes (« Journal éclaté », « Nuits », etc.) ; le blog de Christophe Grossi,  parmi ses Déboîtements, vous propose un « VITAL JOURNAL VIRAL » (pour l’instant, du 15 mars au 11 avril 2020)…

â–º Le dernier numéro de La Vie manifeste, « Comment s’en sortir sans sortir ? » – dont le titre est à la fois un clin d’Å“il à Ghérasim Luca et à un slogan actuel –, vous propose dix Objets poétiques critiques montés et mixés par Emmanuel Moreira : un journal de confinement débouche sur un univers carcéral… une liste de to-do/not to do… De la confrontation des pratiques du pouvoir en France, en Italie, en Russie, en Israël, ou encore aux USA, résulte la constatation que l’état libéral-sécuritaire est devenu la norme occidentale, la lutte contre le covid-19 ayant succédé à la lutte contre le terrorisme… la prosopopée coronarienne permet une diatribe contre la mondialisation… On y trouve encore un montage de voix critique, des chansons, avec en particulier deux détournements (une comptine et le Chant des partisans)… Bref, dans la position de son choix, vite on écoute…

â–º Évidemment, si vous tapez le nom de ce lieu, même correctement orthographié en deux mots, vous allez immanquablement tomber sur des pratiques agréables certes, mais qui n’ont rien à voir… Or, ce serait bien dommage, car il y a à voir et à écouter dans cette nouvelle revue lancée par six femmes créatrices (Brigitte Baumié, Béatrice Brérot, Flora Moricet, Madeleine Pénigaud, Fanny Riou aka Farhann et Esther Salmona) : « Curieuse de toutes tentatives littéraires pour faire bouger ces lignes, cunni lingus, est une revue poétique, queer et féministe pour laquelle le corps, la langue, la poésie émettent des messages éminemment politiques que personne ne peut ignorer ». Cette phrase est extraite d’un manifeste, pratique poétique qui revient peu à peu – qu’on se doit de lire.

Du masculin et du féminin, donc, mais plus largement : de la multiplicité et de l’inventivité du vivant… Du point de vue poétique, biologique et linguistique. N’oubliez pas d’écouter les textes de Gertrude Stein, Virginia Woolf et Béatrice Brérot.

« Mais que font le genre et la langue à la poésie ? »Â â€“ oui !

Libr-ludique…

â–º Devinette proposée par notre contributeur Daniel Corona – dont la série « Essor de la fourmilière d’art » va se poursuivre jusqu’en mai.

Mis à l’isolement forcé pour cause d’épidémie, ce roi est devenu fou… il s’agit de
1 – Louis II de Bavière
2 – King Lear de Stratford sur Avon
3 – Marcel 1er de Navacelles

â–º Patrick Beurard-Valdoye recommande ces deux modèles de masques pour courses en grandes surfaces, en cas de pénurie en pharmacies, et dans l’attente de la réouverture des cabarets. [© Marcel Janco]

 

Marcel Navas, MOTS CROISÉS INSOLUBLES

Problème n° 3

Horizontalement

  1. On ne les verra pas davantage si on les prie d’aller se faire voir ailleurs. – II. Grand-père soi-disant fondateur de la maison mère. Divertissement qui a surtout la valeur d’un avertissement. – III. Liste des commissions. Commissures des lèvres. N’a pas pris une ride. – IV. Objet d’usage courant qui pourtant ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval. – V. Il ne perd pas son temps mais il ne le donne pas non plus. Liaison capitale. – VI. Même coupé, la barbe ! Dès lors qu’il fait souche, il n’est plus tout à fait un homme-tronc. Bas morceau du cochon. – VII. S’il n’était pas tombé de la dernière pluie, il ne se serait pas évaporé comme ça dans la nature. – VIII. Sa laideur ne l’a pas empêché de finir en beauté. – IX. Propos de table qui ressemblent à des salades d’avocats. – X. Il ne faut pas manquer d’air pour penser à y faire son trou. Chemin de croix de la couturière. – XI. Une fois qu’ils ont la bague au doigt ils perdent la tête et s’en est fini pour eux de la belle vie. Espéranto des bovidés. – XII. Même gâteux, il est encore capable de créer la surprise.

Verticalement

  1. Elles rongent leurs freins dans des goulots d’étranglement. – 2. Grand amateur de professionnelles. Produit du soulagement. – 3. Elle prétend souvent qu’elle n’est pas cuite mais elle est rarement crue. Conquête spéciale. – 4. Auteur de romans policés. Il n’a rien dans le crâne mais se permet quand même de faire front. – 5. Vieux sacs où le tapissier garde ses semences. – 6. Rend fiévreux les chercheurs. Quand on ne l’a pas sur les bras, on l’a dans le dos et ce n’est pas mieux. Début d’un amour fou. – 7. Pas réputées pour se serrer la ceinture de chasteté, au contraire. Spécialiste en généralités. – 8. Poussé à la roue. À peu près aussi utile qu’un gynécologue chez les anges. – 9. Brillant sujet. Il faut qu’ils prennent des gants mais sûrement pas des moufles. – 10. Éclaire les égarés de jour comme de nuit. Il n’a jamais assommé personne en dehors de ses heures de service. – 11. Il faut les multiplier pour aboutir à une conclusion. – 12. Il a compétence pour chapeauter les manÅ“uvres du général hiver. Vin de kermesse.

12 janvier 2020

[News] News du dimanche

Pleins feux sur les deux livres remarquables qui vont paraître ces jours-ci : Cinéma de l’affect, de S. Moussempès, et Cow-boy de Jean-Michel Espitallier. Puis nos Libr-événements, dont certains sont liés à ces livres.

UNE : les deux livres – remarquables ! – de la semaine

Les deux livres à la UNE cette semaine ont pour points communs d’avoir fait l’objet d’une édition soignée (bravo aux éditions de l’Attente et à Inculte !) et de traiter de fantômes : Sandra Moussempès poursuit sa spectrographie/spectrophonie ; quant à Jean-Michel Espitallier, il se lance au galop à la poursuite de son fantôme de grand-père…

► Sandra MOUSSEMPÈS, Cinéma de l’affect. (Boucles de voix off pour film fantôme), éditions de l’Attente, à paraître le lundi 13 janvier 2020, 104 pages, 13 €, ISBN : 978-2-36242-085-6. [Commander]

Ce volume qui résume toute l’entreprise de Sandra Moussempès est à lire en écoutant l’album Vox Museum, qui ressortit à « la poétique de l’audio-poème » : la voix est le médium de l’affect et nous plonge de façon hypnotique dans une boîte à fantômes et à fantasmes. D’un entremêlement de notations, de graphiques, de photos et de voix, surgissent aussi bien « l’amoureux errant de ce dédale » qu’une figure familiale, l’impressionnante cantatrice sicilienne Angelica Pandolfilni, maîtresse de Toscanini.

Impossible de s’en tirer, envoûté que l’on est par ce « conte de fée psychique », ce « théâtre mental », ce « Muséum des tessitures flottantes »…

► Jean-Michel ESPITALLIER, Cow-boy, éditions Inculte, à paraître le mercredi 15 janvier 2020, 144 pages, 15,90 €, ISBN : 978-23-60840-22-9. [Commander]

« Les mythologies des familles sont des constructions en équilibre instable,
agencements de petits faits pas vrais, récits au tamis,
tris sélectifs et bricolages pour que l’histoire présente bien.
Il y a les braves types surexposés sur les commodes.
Il y a les drôles de loustics enfouis au fond des tiroirs.
La gloire ou le passage à la trappe. Pour mon grand-père Eugène,
ce fut la seconde destination » (exergue, p. 9).

Comment faire pour saisir un fantôme, c’est-à-dire une figure familiale reléguée aux oubliettes ? Et pourquoi mener l’enquête ? Comment / que raconter quand on ne sait rien ou presque ? C’est là que commence l’écriture, nous suggère Jean-Michel Espitallier : faire parler le silence… non pas combler le vide, mais jouer avec, flirter avec le trou béant, faire affleurer le je d’un jeu avec le temps (et) des origines…

Écrire, pour le poète, c’est traverser la nuit-des-temps, « les filtres de la famille » et « des souvenirs de souvenirs » (115), les représentations scolaires et socioculturelles les plus diverses – parmi lesquelles les univers de Flaubert, Zola, Mallarmé, Proust, Apollinaire, Giono, ou encore les récits d’aventure, les westerns et L’Odyssée de l’espace de Kubrick –, pour évoquer l’absent de tout bouquet familial, « le cow-boy qui se retourne [et] ne tarde pas à se faire flinguer par la sédentarité des familles rurales » (96)… C’est ici réussir une attachante (anti)mythobiographie.

Libr-événements

► Le jeudi 23 janvier à 21 heures, la Cav’Po de Toulouse, 6 € ; RÉSERVER
Sandra Moussempès (poète performeuse) : Dans son nouveau livre, Cinéma de l’affect (Boucles de voix off pour film fantôme), qui vient de paraître aux éditions de l’Attente, elle accorde une place prépondérante à la voix en tant que dispositif sonore et amoureux via ses propres mémoires vocales archivées et son lien avec son ancêtre, la célèbre cantatrice Angelica Pandolfini. Elle lira des passages de ce nouveau livre et donnera à entendre en miroir sonore des extrais de sa création vocale Vox Museum (Editions Jou).
◊ RV également le 6 février à 19h30 : Lecture-dédicace à la libraire Charybde Ground Control.

► Mercredi 15 janvier à 19H, L’arbre à Lettres Bastille (62, rue du Faubourg Saint-Antoine 75012 Paris) : Lancement de Cow-boy avec Jean-Michel Espitallier.

► Mardi 14 janvier, Les Champs Magnétiques (80, rue du RV 75012 Paris) : « Explorer, avec Benoît Casas – Toutes les distances de langage ». Organisé par Luc Benazet et Benoît Casas.

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22 décembre 2019

[News] News du dimanche

Et si la trêve des confiseurs était celle des Libr-lecteurs ? Découvrez donc une nouvelle sélection de livres reçus parus en cette fin d’année ou qui vont être publiés début 2020… Et pour bien commencer 2020, des premiers RV hauts en couleur !

Libr-10

► Jacques ANCET, Amnésie du présent, éditions Publie.net, automne 2019, 210 pages, 19 €.

► Paul de BRANCION, Tu veux savoir comment je m’appelle ? suivi de 0.1.0 désorientation, Lanskine, automne 2019, 48 pages, 10 €.

► Pierre CHOPINAUD, Enfant de perdition, P.O.L, à paraître le 3 janvier 2020, 576 pages, 24,90 €.

► Johan GRZELCZYK, Données du réel, éditions Ni fait ni à faire, automne 2019, 110 pages, 10 €.

► Douin de LAVESNE, Trubert, un fabliau de la fin du XIIIe siècle, éditions Lurlure, Caen, 200 pages, 19 €.

► Jacques JOUET, Dos, pensée (poème), revenant, P.O.L, décembre 2019, 480 pages, 24,90 €.

► Sandra MOUSSEMPÈS, Cinéma de l’affect (Boucles de voix off pour film fantôme), éditions de l’Attente, Bordeaux, à paraître le 13 janvier 2020, 104 pages, 13 €.

► Fabrizia RAMONDINO, Retours, trad. de l’italien par Emanuela Schiano di Pepe, éditions Publie.net, novembre 2019, 152 pages, 14 €.

► Ritournelles : 20 ans de création littéraire transversale, Le Bleu du ciel, Libourne, automne 2019, 200 pages, 20 €.

► Senna Hoy, revue de poésie en anglais et en français, publiée par Luc Bénazet et Jackqueline Frost, n° 1, décembre 2019, 4 €.

Libr-événements

â–º

► Le vendredi 17 janvier 2020, retrouvez Béatrice BRÉROT à La Balançoire :

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6 octobre 2019

[News] News du dimanche

Notre nouvelle sélection LIBR-10, après quelques Libr-événements : RV Ivy writers ; avec Maxime H. Pascal ; 29e Salon de la Revue ; Stéphane Bouquet à Lyon ; Soirée des Canulars à Lyon…

Libr-événements

► MARDI 8 OCTOBRE 2019 à 19h30 Ivy Writers vous invite à une soirée de LECTURES BILINGUES avec les poètes Heather Hartley, Pascale Petit et Françoise Favretto : Delaville Café (34 bvd bonne nouvelle 75010 Paris).

â–º Samedi 12 octobre, dans le cadre de la Fête de la science, lecture de Maxime Hortense Pascal à Barjols : L’Usage de l’imparfait (éditions Plaine Page).

â–º Du 11 au 13 octobre, au 29e Salon de la Revue, Espace des Blancs-Manteaux :

â–º Mercredi 16 octobre à 17H, Grand Amphi de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon : Stéphane Bouquet intervient dans le cadre d’une journée d’études de la Station d’arts poétiques, programme d’enseignement, de recherche et de création vers l’écriture poétique.

► Vendredi 18 octobre à 19H30, Lyon :
Libr-10 (automne 2019)
► Jacques BROU, La Histoire du Hommenfant, Tinbad, 144 pages, 18 €.
â–º Jacques CAUDA, Profession de foi, ibidem.
► Virginie GAUTIER & Mathilde ROUX, Paysage augmenté, Publie.net, sans numérotation, 12 €.
► Louis ROQUIN, Journaux de sons : 1998-2016, Les Presses du réel/al dante, 544 pages, 30 €.
► Jacques SIVAN, Notre mission, ibidem, 408 pages, 27 €.
â–º Marina SKALOVA, La Chute des comètes et des cosmonautes, L’Arche, 96 pages, 13 €.
► Christophe TARKOS, Le Petit Bidon et autres textes, préface de Nathalie Quintane, P.O.L, 224 pages, 9,50 €.
â–º Andrew ZAWACKI, Sonnetssonnants, traduit de l’anglais par Anne Portugal, Joca seria, 80 pages, 7,50 €.
► PLI, n° 10, 12 €.
â–º L’Écriture du Je dans la langue de l’exil, sous la direction de Isabelle Grell-Borgomano et Jean-Michel Devesa, EME éditions, Louvain-la-Neuve, 358 pages, 36 €.

29 août 2019

[Livres] Libr-vacance 4

Pour terminer en beauté cet été 2019,  une dernière invitation à méditer-rêver-pester de façon libr&critique à partir de sept livres publiés en 2018-19 et signés Bobillot, Brérot, Chaton, Mézenc, Nowak-Papantoniou, Taïeb et Vipaldo… L’occasion de présenter l’essentiel de ces Å“uvres remarquables dont nous n’avions guère pu parler encore. [Libr-vacance 3]

â–º Jean-Pierre BOBILLOT, Prose des rats. Textes pour la lecture/aXion, Atelier de l’Agneau, St Quentin-de-Caplong, 2e édition revue & augmentée, coll. « Architextes », 96 pages, 17 €, ISBN : 978-2-374280-22-6.

Le [Ra] dans tous ses états… Quel Rat-fût ! C’est « comm’ le Réel sans les fiXions »…

Le texte est un accélérateur de particules lexicales sur l’axe paradigmatique afin de créer des calembours tous azimuts : « Mot-rat… toire / Mot-rat… tomique / Mot-rat… via / Mot-rat… Venise / Mot-rat… vagine… Mot-rat… crédit / Mot-rat… lité »… Ce poètàraz-du-rat est par ailleurs grand amateur de litanies – ah lITANIE ! (Cf. « Poème trop long » : « C’est comm’… »).

Avec ces bobillards, vive l’oRATlité poétique !

â–º Béatrice BRÉROT, La Suite infinie du monde est dans le colimaçon, Barjols (83), éditions Plaine page, coll. « Calepins », 2018, 98 pages, 12 €, ISBN : 979-10-96646-16-6.

mais la po.é.sie
elle vit
putain
la po.é.sie
elle vit
ailleurs que dans les salons
la po.é.sie
elle explose la langue
les sons
la respiration
la poésie
c’est un corps
la poésie
c’est un corps caverneux
surgi du chaos
elle branle l’univers (p. 91).

Pour celle qui écrit « dans le beat / de notre génération » (90) et qui allie poésie & musique, la suite infinie du monde est dans le colimaçon poétique qui en inventorie les éléments par télescopages de blocs compacts, nuages de mots ou litanies. Nous sommes transportés sur le bord du vivant par une vision cosmologique du corps et du monde humain.

« ce corps / où tu manges / où tu bois / où tu marches / où tu nages / ce corps / où tu glisses / où tu lâches / où tu parles /où tu froid / ce corps / ton corps / tu y tiens » (49).

Dans ce monde aliénant, par la poésie réinventons nos « cartographies intérieures » (17).

â–º Anne-James CHATON, L’Affaire La Pérouse, P.O.L, printemps 2019, 160 pages, 16,90 €, ISBN : 978-2-8180-4723-1.

On savait le poète attiré par le narratif/fictif depuis Elle regarde passer les gens (Verticales, 2016), superbe fresque historique multibiofictionnelle. Avec L’Affaire La Pérouse, Anne-James Chaton procède un peu à la manière de Pierre Bayard, alliant ludique et théorique. Narrer, n’est-ce pas toujours (s’)interroger ? Le texte hypothétique atteint son summum de loufoquerie dans l' »Addendum n° 2″ : comme s’il avait suffi au célèbre explorateur français d’adopter un tas de précautions aussi farfelues les unes que les autres pour se prémunir des dangers qui l’ont fait disparaître en 1788… Un exemple de loufoque, dès la page 39 : « Une fois identifié, le suspect sera soumis à un interrogatoire dont les questions ont été élaborées avec le concours du poète Charles Baudelaire« …

Pour son plus grand plaisir, le lecteur se perd dans un dédale de références et d’hypothèses (22 exactement, de l’accident au suicide) et ne peut qu’apprécier un exercice de virtuose consistant à mêler tons, styles et modes/modèles narratifs (de l’épique au dramatique… S’y rencontrent chansons, genre policier, robinsonnade…).

â–º Juliette MÉZENC, Des espèces de dissolution, éditions de l’Attente, printemps 2019, 168 pages, 16 €, ISBN : 978-2-36242-080-1.

En un temps où ressurgit le discours eschatologique, où la disparition des espèces fait l’actualité – de toutes les espèces, y compris l’espèce humaine –, vite de l’air… c’est bon, c’est beau… de l’air ! Dans une dernière partie qui constitue un hymne à la vie, la scriptrice en vient à ce qui s’appelle vraiment découvrir, non pas l’existence tel le Roquentin de La Nausée, mais la respiration : « pour la première fois de ma vie je respirais, mais respirer c’est l’affaire de toute une vie, respirer c’est l’affaire, la grande affaire de la vie, ce n’est pas rien , c’est phénoménal, c’est la merveille des merveilles, et personne pour s’extasier, ou même s’étonner, personne pour consacrer une fresque ou même une trilogie ou ne serait-ce qu’un roman, un court roman, à la respiration, j’en étais stupéfaite […] » (p. 140).

Ce punctum est l’aboutissement d’une ascèse cosmologique : disparition / rumination / absorption mentale / « puits d’espace-temps » (82)… Alice ultra-moderne, je/il/elle traverse, non pas le miroir, mais diverses strates de réalité virtuelle : nul lapin blanc dans un paysage virtuel tout droit issu des jeux vidéos, mais « un panneau qui parle », Miss Fluo, des « femmes-chevreuils », des « femmes-marmotes »…
Allez, rendez-vous au mont Mézenc (cf. p. 104) !

â–º Stéphane NOWAK-PAPANTONIOU, Nos secrets sont poétiques, Presses du réel/Al dante, printemps 2019, 64 pages, 10 €, ISBN : 978-2-37896-060-5. [Écouter « une déclinaison sonore de Nos secrets poétiques« ]

Celui qui préfère l' »histoyr » à l’histoire ne va pas nous faire le coup du roman, mais nous proposer une poétique du secret, lequel se révèle par ailleurs politique et érotique : « Le secret se raconte mais le secret n’est pas un spectacle. Il ne se raconte pas comme une histoire avec une dissimulation et une révélation. Ça c’est pour les polichinelles, les détectives ou les psychologues » (p. 23). Cet inventif agencement répétitif est animé par une série de tensions entre masque et révélation, visible et invisible, mensonge et vérité, lisible et illisible, jusqu’à nous perdre dans un espace voilé/dévoilé – érotique, donc.

► Lucie TAÏEB, Peuplié. Fragments Fredinand, suivis du Cahier de Liesl Wagner, éditions Lanskine, printemps 2019, 136 pages, 15 €, ISBN : 979-10-90491-85-4.

Le peuple y est-il ?
« le peuple n’y est pas » (p. 103).

« Ma poésie s’est peupliée ? » Le peuple déplié dans un arbre à Paroles… Une histoire d’amour tragique aussi.

Ça commence comme au bon vieux temps, par un « Liminaire » indiquant la provenance des fragments et du cahier d' »Ã©crits post-mortem & posthumes ». Suivent des textes qui attestent que nous sommes des « héritiers de la déraison hölderlinienne » (66), mais aussi d’inventifs axiomes, et même un drôle de « nopéra furtif » (47-49)… Terminons par une phrase extraite de la lettre au « cher Fritonnant », car elle pose un problème poétique central : « Ã  quoi bon avoir lu et digéré les avant-gardes du siècle passé pour en finir avec ces platitudes » (122)…

► Jules VIPALDO, Le Banquet de plafond, éditions Tinbad, 2018, 148 pages, 18 €, ISBN : 979-10-96415-11-3.

« Quels lecteurs espérer dans  un futur analphabète
(un futur de « trous du cul ») ? » (p. 23).

Ce Banquet de plafond est évidemment bas de caisse – au niveau du plancher des rats et des souris. Et tant pis pour la « RATputation » d’un auteur « anti-confort triste » que l’on apprécie pour « son rythme de scieur effréné, ses ruptures de ton inopinées », « ses phrases qui déraillent, son fatras fantaisiste », « ses formules gauches, ses proverbes à la noix, ses aphorismes claudicants, sa littéralité glissante et gauloise, et, plus généralement, de son envahissante culanthropie ! »

12 mai 2019

[News] News du dimanche

Après une UNE PRIGENT / TXTet une nouvelle sélection de parutions Libr-10, un tour du côté de Frank Smith et nos Libr-événements

UNE : PRIGENT / TXT, par Fabrice Thumerel

► PRIGENT Christian, Poésie sur place, Les Presses du réel/al dante, 112 pages + CD, 15 €.

« Lire des textes en public n’est pas déclamer la poésie mais l’effectuer sur place. »

.Le poète consacré fait le point sur sa poétique de la lecture dans un volume/CD qui regroupe quatorze créations datées de 1977 à 2018 – dont trois inédites. Il nous appartient donc de lire en écoutant ou d’écouter en lisant ces « partitions composées pour des lectures-performances » : « La Leçon de chinois » (1977), « Litanies » (1981), « Pnigos » (1985), « Liste des langues que je parle » (1997), « Mon trésor » (1985), « Je ne suis pas un monstre » (1985), « Ex-fan des seventies » (1981 et 2016), « Marche pour les sans-papier » (inédit, 2014), « Clélie avec Sade » (inédit, 1984), « Le Rhétoricien malade » (inédit, 1985), « NCIS » (2010), « 11 x 11 » (2009), « 104 slogans » (2008), « Zoorthographe d’usage » (2018).
Dans sa postface, Christian Prigent a raison de rappeler en ce temps du Tout-scénique que la lecture poétique ne va pas de soi : c’est une tension entre symbolique (l’espace des significations) et sémiotique (le matériau sonore). À nous d' »Ã©couter comment, respiré, scandé et sonorisé, le mouvement articulé des significations jouit d’être habité par une motilité sémiotique qui le défait pour le refaire sans cesse autrement. »

► Jeudi 16 mai 2019, 19h, Christian Prigent à Lyon. Lecture et discussion. Avec la revue LIGNES. A la librairie Le Bal des Ardents, 17, rue Neuve, Lyon 69001. Contact : 04 72 98 83 36.
Christian Prigent, « Cochonnerie d’écriture », dans Lignes, n° 57 : « Puritanismes : Le néo-féminisme et la domination », automne 2018, pp. 9-18.

En cette époque qui préfère les draineurs aux dragueurs, fuyant les malsaines moiteurs pour privilégier le lisse, l’inodore et l’insipide, celui qui incarne haut et fort la modernité avant-gardiste ne pouvait que réagir au mouvement #balanceton porc et fustiger une névrose puritaine qui n’est que la face moralisatrice de l’immoral capitalisme.
Tout d’abord, en guise de préliminaire, cet irrésistible avertissement ironique :
« Prudence, petit homme : tu es coupable, forcément coupable. Pas violeur, certes. Harceleur ? Non plus. Mais à l’occasion séducteur sur fond d’autorité professorale ou de prestige littéraire. Suborneur, alors ? sans doute (retenu, mais foncier). Aimant du sexe l’inavouable, l’excessif, le complice avec l’abjection. Mesurant au jour le jour la différence entre l’expansion inextinguible du fantasme et la petite misère sexuelle courante. Emberlificoté par conséquent dans les fils de névrose noués par cette mesure. Pervers à proportion de cette névrose. Balançable, donc, pour peu que tu mettes un bout de nez ou de sexe dehors. »
Cependant, grand amateur des aspérités et impuretés en tous genres propres à toute véritable expérience – fût-elle scripturale -, ce « petit homme » ne fait pas dans la prudente retenue : contre l’hygiénisation de notre relation au corps comme au sexe, contre la naturalisation homogénéisante de la langue comme de son usage poétique, l’horrible trouvailleur (Le Pillouër) en appelle à l’ordure et… à Artaud ! Que sont ces néo-puritains ? « Des chiens, qui pensent immédiatement avec la terre ».
Quant à la grotesque régression nommée « Ã©criture inclusive » – qui en fait occulte les causes sociopolitiques des différences sexuées -, elle fait l’objet d’un traitement comique dans « Zoorthographe d’usage », cette « sotie pour deux voix » que l’on retrouve dans Poésie sur place.

► Jeudi 30 mai 2019, 20 h, Christian Prigent à Amsterdam. Lecture. A la fondation PERDU, Kloveniersburgwal, 86, Amsterdam. Tel. : 0031-20 422 05 42.

â–º Après la reprise de TXT (n° 32), le numéro 33 va paraître en septembre : on peut d’ores et déjà y souscrire au prix de 13 € l’exemplaire au lieu de 15 (régler par chèque à Typhaine Garnier : 21, allée des saules 14200 Hérouville-Saint-Clair).

Libr-10 (printemps 2019) /FT/

► Attaques, #2, Les Presses du réel/al dante, 544 pages, 27 €.

► Julien BLAINE, Le Livre, Les Presses du réel/al dante, 196 pages, 17 €.

â–º Le MINOT TIERS, Des miroirs et des alouettes, La Ligne d’erre, Orthez, 200 pages, 13 €.

â–º Clemente PADIN, De la représentation à l’action, Les Presses du réel/al dante, postface de Julien Blaine, 112 pages, 13 €.

► Jacques PRÉVERT, détonations poétiques, sous la direction de Carole Aurouet et de Marianne Simon-Oikawa, Actes du colloque international de Cerisy, Garnier, 356 pages, 35 €.

► Marie de QUATREBARBES, Voguer, P.O.L, 96 pages, 13 €.

â–º Angel QUINTANA, Lorca et le cinéma, Nouvelles éditions Place, coll. « Le Cinéma des poètes », 112 pages, 10 €.

► Patrice ROBIN, Mon histoire avec Robert, P.O.L, 128 pages, 13 €.

â–º Marianne SIMON-OIKAWA, Les Poètes spatialistes et le cinéma, Nouvelles éditions Place, coll. « Le Cinéma des poètes », 112 pages, 10 €.

► Poésie néerlandaise contemporaine, anthologie réalisée et préfacée par Victor Schiferli, Le Castor Astral, 334 pages, 20 €.

Du côté de Frank Smith…

Libr-événements

â–º Mercredi 15 mai, 19H au Monte-en-l’Air (71, rue de Ménilmontant 75020 Paris), lancement du n° 9 de la revue La Moitié du Fourbi.

â–º Jeudi 16 mai à partir de 18H30 à L’Atelier Chalopin (3, rue Chalopin 69007 Lyon), Catherine Grangier et Béatrice Brérot vous attendent pour fêter la sortie de deux livres en un : on pourra écouter les textes qui seront lus et découvrir de nouvelles sérigraphies de Catherine Grangier.

► Du 16 au 22 mai à Toulon, 11e Festival Les Eaudivives : programme complet.

► Samedi 18 mai à 16H :

â–º Les 18 et 19 MAI, de 14h à 20h, les éditions de l’Atelier de l’Agneau seront “dans la rue” (stands) de l’école polytechnique, pour “quartier du livre du 5° » ; et au marché de la poésie du 5 au 9 juin stand 615 avec plein de dédicaces + lectures/présentations des nouveaux livres et de la revue L’Intranquille (de 18h à 20h au café de la Mairie Place St Sulpice le samedi 8 juin).

17 mars 2019

[News] News du dimanche

Allons à l’essentiel en cette semaine de printemps (non, on ne parlera pas du Printemps-de-la-Poésie !) : des Brèves de UNE pour nous faire méditer… Et des Libr-événements de haut vol…

Brèves de UNE

â–º Quelle relation critique mettons-nous encore en place ? Quels parcours critiques sommes-nous encore véritablement capables d’inventer ? Pour cela aussi, Jean Starobinski (1920-2019) et Jean-Pierre Richard (1922-2019) nous manquent – disparus tous deux en ce mois de mars.

â–º Les éditions Prairial viennent de publier Les NouvellesRévélations de l’Être, d’Antonin Artaud, dans la version originale de juillet 1937. Cette plaquette de trente-deux pages, sans nom d’auteur mais signée « Le Révélé », est ici accompagnée d’un choix de lettres contemporaines de sa parution et d’une intéressante préface signée par Olivier Penot-Lacassagne (« Une extrême déchirure »).

Ce texte n’avait jamais été réédité en dehors des Å’uvres complètes. Petite maison audacieuse, les éditions Prairial le rendent donc à nouveau disponible.

Libr-événements

â–º Jeudi 21 mars à 19h15, Studio de danse de La Rotonde à l’INSA (14 avenue des Arts – 69100 Villeurbanne) : Concert en multidiffusion de créations musicales et poétiques. Marc Favre présente à ses étudiants de l’INSA des extraits de :
Dix mille êtres dedans, Béatrice Brérot
Etroits sont les vaisseaux, Xavier Garcia
Le voyage d’Alice, Bernard Fort
Parole, Bruno Capelle
Enkidou, mon frère d’argile, David Bonnefoux
Sous le pont Mirabeau, Marc Favre

Entrée à gauche de La Rotonde en face du bar / Ouvert à tous.

► Exposition du 23/03 au 27/04 : Suite érotique de Sarah V., pièce sonorisée par Béatrice Brérot.
Gérald Bortoluzi, Marjolaine Larrivé, Claire Paugam, Gérard Mathie, Sarah V. Commissaire d’exposition : Gilles Maignaud.
Vernissage vendredi 22 mars à 18h Galerie B+ (1, rue Chalopin – 69007 Lyon).

► Deux RV à ne pas manquer à la Maison de la poésie de Paris :

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9 décembre 2018

[News] News du dimanche

Les Libr-lecteurs continuant à offrir des livres contre vents et déments, on pourra trouver des suggestions de lecture dans toutes nos NEWS… Tout de même, une nouvelle sélection Libr-7. On pourra même découvrir des extraits des livres reçus « en lisant, en zigzaguant »… Et ne manquez pas non plus nos Libr-événements (Prigent, revue Catastrophes…).

Libr-événements

â–º Christian PRIGENT vient de recevoir son grand Prix de la poésie remis par l’Académie Française : le poète seul face aux habits verts…

â–º RAPPELS : l’Exposition Novarina à Thonon s’achève ce samedi 15 décembre ; celle sur la poésie numérique à Paris reprend le 12 janvier.

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Libr-7 : LC a reçu et recommande…

â–º Béatrice BRÉROT, La Suite infinie du monde est dans le colimaçon, Plaine page, coll. « Calepins », 98 pages, 12 €.

â–º Viviane CIAMPI, Du bleu autour, Plaine page, « Connexions », 68 pages, 10 €.

► Guillaume CONTRÉ, Discernement, éditions Louise Bottu, 120 pages, 14 €.

â–º Tarik HAMDAN, Rire et gémissement, Plaine page, « Connexions », 80 pages, 10 €.

â–º Claudie LENZI, Les Possibles, Plaine page, « Calepins », s. p., 10 €.

► Bruno NORMAND, Les Extrémités, Lanskine, 88 pages, 14 €.

â–º Nicole PEYRAFITTE, LandscOpe, Plaine page, « Calepins », 42 pages, 10 €.

En lisant, en zigzaguant…

► Véronique Bergen, Tous doivent être sauvés ou aucun (éditions ONLIT, automne 2018) :
« Ce n’est qu’au prix de la mort de l’homme que la planète aura chance de survivre ; la sélection naturelle cosmique exige son éradication »…

► Béatrice Brérot, La Suite infinie du monde est dans le colimaçon :

► Tarik Hamdan, Rire et gémissement :
« La peur
Fabrique des esclaves

L’argent
Fabrique des esclaves

L’espoir
Fabrique des esclaves

L’amour
Fabrique des esclaves

Toutes les religions
Fabrique des esclaves

Les idées
Fabrique des esclaves

Le pouvoir
Fabrique des esclaves

â–º Charles PENNEQUIN, Gabineau-les-bobines (P.O.L, novembre 2018) :
« Nous voulons vivre où ça chauffe. Où ça bouillonne. C’est notre volonté. Personne ne peut contredire cela. C’est une volonté commune de bouillonner. Que tout le monde ait tout le temps chaud. Chaud à en crever même ».

â–º Boualem SANSAL, Le Train d’Erlingen ou La Métamorphose de Dieu (Gallimard, août 2018) :
« Dis-moi comment, partant d’une situation normale, nous sommes arrivés à ça, marcher sur la tête comme des poireaux ? » (p. 27).
« La seule digne et grandiose réponse à la fin du monde est de se taire, de relever le menton et de vivre l’air de rien » (34).

2 décembre 2018

[News] News du dimanche

Pour terminer l’année en beauté : RV avec Béatrice Brérot ; les invités d’Ivy writers et de l’Escale des Lettres… Stéphane Nowak Papantoniou, Christophe Hanna, le peintre Mathias Pérez…

â–º RV avec Béatrice Brérot : dimanche 16 décembre 17h, Cabaret poétique, avec Cédric Lerible et Kevin Prost (Le Périscope : 13 rue Delandine 69002 Lyon) ; mardi 18 décembre 19h30, Mardis de la poésie, Maison de la poésie Rhône-Alpes (33 avenue Ambroise Croizat 38400 Saint-Martin-d’Hères).

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16 septembre 2018

[News] News du dimanche

« Reprise », dites-vous ? Mais quelle prise avez-vous sur le « Réel » ?
« Rentrée », dites-vous ? Parce que vous étiez partis ? Où cela ? – « Je reviens vers vous », dites-vous…
Ah ces Français, toujours à l’école… De grands enfants, non ?
Et cette « rentrée », vous la voulez « littéraire »… C’est-à-dire conforme aux canons de ce qui est estampillé « littérature », aux modes de ce qui s’appelle « la vie littéraire » – celle qui se ressent sur les plateaux de TV, dans les studios de la radio, en lisant les gros titres rescapés de la presse… Drôle, non ?
Et quel est mon « ressenti littéraire » en cette « rentrée littéraire » : un effet d’étrangeté… ça existe, ça ? /FT/

Agenda de Christian PRIGENT

► Radio Ritournelles a enregistré quelques « TXT » (anciens et nouveaux) invités en juin 2018 au Marché de la poésie de Paris.

â–º Où l’on retrouve le duo de choc Vanda Benes / Christian Prigent le 28 septembre à La Passerelle, scène nationale de St Brieuc

► Écho au n°32 de TXT, RV le 13 octobre à Caen

Libr-événements

â–º Mardi 18 septembre à 19H, L’Arbre à Lettres Bastille (75012) : rencontre avec Jean-Michel Espitallier pour son poignant récit de deuil, La Première Année (Inculte). On y reviendra tout bientôt…

â–º Jeudi 20 septembre à 19h, Galerie Elizabeth Couturier (25 rue Burdeau 69001 Lyon), Exposition – Rencontre avec Nadège Druzkowski et Béatrice Brérot autour de leur livre :
dix mille êtres dedans est un poème, un long poème à lire. C’est aussi un poème symphonique à écouter (sonorisé par l’auteur), un texte radicalement vivant, auto-généré, arborescent, lâché sur les chemins de la pensée et ceux de la Terre.

► Vendredi 21 septembre à 19H, Librairie Michèle Ignazi (17, rue de Jouy 75004) : lancement de De toutes pièces (Quidam éditeur), signé Cécile Portier. On y reviendra bientôt également.

► À partir de ce dimanche 23 septembre, exposition Albert Aymé

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► Mardi 25 septembre à 19H, Tropismes Librairie à Bruxelles : rencontre avec Véronique Bergen pour son dernier roman, qui ne manque pas de chien, Tous doivent être sauvés ou aucun (ONLIT éditions).

26 août 2018

[News] Libr-vacance 2018/2

Tandis qu’on nous serine que « c’est la rentrée » – « littéraire », entre autres -, efforçons-nous de nous maintenir encore un peu en état de libr-vacance : avec tout d’abord la rubrique « En lisant, en zigzaguant », puis avec douze invitations à la lecture…

En lisant, en zigzaguant…

â–º Philippe BOISNARD, Vie et mort d’un transsexuel [dystopie ultramoderne] :
« Je suis la nouvelle Eve, le fantasme incarné
Je suis la nouvelle chair, virale et délectable
Je suis ton désir, au plus profond de l’absence du désir
Je suis le futur de ton corps dès lors
que tu me baises
Je suis la nouvelle Eve, la nouvelle ère,
le corps mutant qui peut sauver l’humanité […] ».

« L’altérité de la chair est déclencheur des fantasmes de la différence, des fantasmes qui déclenchent les angoisses. La différence est intrusion dans la sécurité qui nous est nécessaire. Ils ont été le cancer de notre humanité, notre immunité les a pulvérisés. Au karsher, nettoyer tout espace de leur présence, au napalm les brûler vif dans la moindre contrée » (Editions Supernova, été 2018, p. 46 et 79).

► Béatrice BRÉROT, Dix mille êtres dedans [épopée cosmopoétique] :
« dedans dix mille êtres dedans
en terre les mots
dedans dix mille êtres dedans
ont terre à dire
en boucle
tourne tourne
pas toujours rond dans la tête
tourneboule en tête à terre
tourneboule bulbe s’accumule
pelote pelotonne aux pliures
encoincements
empilements de vésicules » (COLOR GANG, été 2018, p. 31).

Libr-12 : LC a reçu, lu et vous recommande

* Pascal Durand et Tanguy Habrand, Histoire de l’édition en Belgique : XVe – XXIe siècles, Les Impressions Nouvelles, Bruxelles, mai 2018, 576 pages, 26 €.

* Revue des Sciences Humaines, Université de Lille III/Presses du Septentrion, n° 329 : « Orphée dissipé. Poésie et musique aux XXe et XXIe siècles », printemps 2018, 296 pages, 28 €.

* La Revue des revues, n° 59, printemps 2018, 128 pages, 15,50 €.

* Frédéric ACQUAVIVA, The 120 days of music, Les Presses du réel/Al dante, été 2018, s.p., 15 €.

* Éric ARLIX, Terreur, saison 1, Les Presses du réel/Al dante, printemps 2018, 96 pages, 10 €.

* Béatrice BRÉROT, Dix mille êtres dedans, estampes de Nadège Druzkowski, éditions COLOR GANG (66), été 2018, 64 pages, 13 €.

* Jalal EL HAKMAOUI, Ce que je n’ai pas dit à Bob Dylan, Les Presses du réel/Al dante, printemps 2018, 48 pages, 8 €.

* Jean-Michel ESPITALLIER, La Première Année, éditions Inculte, août 2018, 192 pages, 17,90 €.

* Christophe HANNA, Argent, éditions Amsterdam, août 2018, 264 pages, 20 €.

* Michèle MÉTAIL, Le Cours du Danube, Les Presses du réel/Al dante, été 2018, s. p., 17 €.

* Antoine SIMON, C’est Rimbaud qu’a foutu la merde, Parole Auteur, Toulon, 154 pages, 12 €.

* Frédéric VALABRÈGUE, George Brecht, histoire d’un effacement, Les Presses du réel/Al dante, été 2018, 120 pages, 15 €.

16 juillet 2018

[News] Libr-vacance 2018 / 1

Plus que jamais, en ce temps de saturation médiatique, c’est le moment d’entrer en vacance : ce premier volet de Libr-vacance vous invite à méditer avec Leslie Kaplan sur/avec Mai 68, à lire une sélection de livres très récents, à rendre hommage à Christophe Marchand-Kiss, et vous donne RV au festival de poésie Voix vives…
Face à la liesse de ce 14-Juillet à double révolution, faut-il suivre le flaubertien fleuve humain auquel fait allusion Jean-Claude Pinson dans son dernier livre, LÀ (L. – A., Loire-Atlantique)  ? « Flaubert, qui n’aimait pas la foule, écrit à Louise Colet que, néanmoins, "les jours d’émeute", il se sent "enivré par une poésie humaine, aussi large que celle de la nature, et plus ardente" »…

UNE : le Mai 68 de Leslie Kaplan, du chaos au chantier…

Leslie Kaplan, Mai 68, le chaos peut être un chantier, P.O.L, mai 2018, 80 pages, 9 €.

Il était un temps où l’espace social français n’était pas saturé par une seule obsession, l’invasion des "Migrants", que seul peut chasser cet antidote magique, la Victoire-des-Bleus… Une Coupe du monde quand la coupe est pleine, des Bleus contre les bleus à l’âme, le Mondial contre les ravages de la mondialisation…

« Et alors "quelque chose se passe"
qui remet en cause l’ordre normal, habituel, les choses en l’état, le surplace, apparemment calme, en fait violent, la répétition du mensonge […]
en mai 1968, c’est l’absence de hiérarchie
au contraire, c’est l’égalité, la liberté réciproque
la parole est partout, dans tous les milieux, chez tout le monde » (p. 39).

« ET ALORS vient la question : tout ça s’est fait dans des mots, paroles, dialogues
est-ce suffisant pour une révolution ? certes non
une révolution suppose un changement du cadre de pensée établi
mai 1968 a été un mouvement de contestation du cadre actuel, de la société capitaliste marchande
un mouvement très fort, général
et après 68, il y a eu une "reprise en main" terrible
un retour en force de la société de consommation

les paroles vivantes ont été "récupérées", c’est-à-dire : sont devenues des clichés » (p. 47-48).

Ces clichés, nous les avons tous en tête sous forme de slogans : "Faites l’amour, pas la guerre !" ; "Il est interdit d’interdire !" ; "L’imagination au pouvoir !" ; "La beauté est dans la rue" ; "Prenons nos désirs pour des réalités !" ; "Soyons réalistes, demandons l’impossible"… Mais, dans sa conférence interrompue par quelques personnages tout droit issus de ses textes, Leslie Kaplan insiste autant sur la chape de plomb du régime gaulliste que sur la prise de parole : mutisme des dominés… silence sur les opprimés… silence sur la France de Vichy, la guerre d’Algérie… Contre une certaine doxa selon laquelle Mai 68 est avant tout une révolte hédoniste et consumériste, un soubresaut individualiste, l’auteure nous invite à penser 2018 grâce à ce mouvement anticapitaliste : plutôt que de nous laisser engluer dans un individualisme de masse et un identitarisme de mauvais augure, retrouvons notre puissance d’étonnement, un désir de singularité qui passe par l’altérité !

Libr-15 : LC a reçu, lu et vous recommande

♦ Philippe ANNOCQUE, Seule la nuit tombe dans ses bras, Quidam éditeur, à paraître en août 2018, 152 pages, 16 €.

♦ Julien BLAINE, De quelques tombeaux de feus mes amis & de feue mon amie, Au coin de la rue de l’Enfer (04), mai 2018, 54 pages, 13 €.

Julien BLAINE, Catalogue de l’Exposition 1968/2018 = 1/2 siècle & Julien Blaine = 3/4 de siècle, Marseille, édition im/paires et éditions Galerie Jean-François Meyer, mai 2018, 64 pages.

♦ Philippe BOISNARD, Vie et mort d’un transsexuel, éditions Supernova, juin 2018, 86 pages, 10 €.

♦ Comité restreint, L’Inclusion qui va, éditions Louise Bottu, mai 2018, 128 pages, 7 €.

♦ Christophe ESNAULT, Mordre l’essentiel, éditions Tinbad, printemps 2018, 336 pages, 26 €.

♦ Bruno FERN, Suites, éditions Louise Bottu, juin 2018, 162 pages, 14 €.

♦ Laurent GRISEL, Journal de la crise de 2008, éditions Publie.net, printemps 2018, 272 pages, 20 €.

♦ Pierre MÉNARD, Comment écrire au quotidien. 365 ateliers d’écriture, Publie.net, 2018, 450 pages, 24 €.

♦ Cécile PORTIER, De toutes pièces, Quidam éditeur, à paraître en août 2018, 180 pages, 18 €.

♦ Jean-Claude PINSON, LÀ (L. – A., Loire-Atlantique). Variations autobiographiques et départementales, éditions Joca Seria, Nantes, juin 2018, 280 pages, 19,50 €.

♦ Olivier QUINTYN, Implémentations/implantations : pragmatisme et théorie critique, Questions théoriques, 2018, 320 pages, 18 €.

Revue des Sciences Humaines, Université de Lille III, n° 329 : "Orphée dissipé. Poésie et musique aux XXe et XXIe siècles", printemps 2018, 296 pages, 28 €.

♦ Marc-Émile THINEZ, L’Éternité de Jean, éditions Louise Bottu, juillet 2018, 140 pages, 14 €.

♦ Patrick VARETZ, Rougeville, éditions La Contre Allée, Lille, printemps 2018, 96 pages, 8,50 €.

 Libr-brèves

â–º En hommage à notre ami Christophe Marchand-Kiss (1964-2018), qui nous a quittés trop tôt, sur Libr-critique on pourra (re)lire un extrait de Mère/instantanés et une chronique sur l’un de ses textes publié sur Publie.net en 2009.

â–º Bien que ce festival méditerranéen ait bien changé, RV à Sète du 20 au 28 juillet : avec notamment Béatrice Brérot, Sébastien Dicenaire, Frédérique Guétat-Liviani, Jean-Luc Parant et Pierre Tilman.

27 mai 2018

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de mai, Libr-parole à la Librairie CHARYBDE ; puis, quelques Libr-brèves : Rancière, "Ut declamatio poesis", Salon de la revue de théâtre, Béatrice Brérot, Marina Skalova…

Libr-parole : La Librairie CHARYBDE vous invite…

Mercredi 30 mai, nous recevrons Olivier Rolin pour évoquer plusieurs jalons-clé de son oeuvre, son obsession pour la géographie, son tropisme russe et ses interrogations sur l’histoire et les utopies. Une belle soirée en perspective.

Le jeudi 31 mai, nous accueillerons à nouveau avec joie Dov Lynch pour fêter la parution de "Hauts-fonds" aux éditions du Seuil (note de lecture par Charybde 2 ici), où l’on suit la trajectoire de Klem, ex-policier revenu des camps avec son certificat de dénazification, quittant précipitamment Vienne par le Danube en avril 1945 alors que la ville tombe aux mains de l’Armée rouge. Après le remarquable "Mer noire" qui avait à la fois conquis Charybde 2 (note de lecture ici) et Charybde 7 (note de lecture ), "Hauts-fonds"  épouse les codes du roman d’espionnage pour mieux s’en dessaisir et révéler, de la bascule d’un camp vers l’autre, ce qui reste de la vie d’un homme bringuebalé par l’histoire, les souvenirs, la détresse et l’espoir.

Le jeudi 7 juin, si vous avez envie de découvrir à quoi ressemble le corner Charybde de Ground Control et l’émission de radio qui y est associée, nous recevrons sur place (au 81 rue du Charolais, à 400 m de notre librairie), dans le cadre de la semaine Slow Food qui s’y déroule, le géographe Gilles Fumey, étonnant spécialiste de la géopolitique de l’alimentation, à partir de 18 h 00.

Enfin, le vendredi 8 juin, dans le cadre du Paris des Libraires, nous fêterons le retour en littérature de François Muratet, pour son ouvrage "Tu dormiras quand tu seras mort" récemment paru aux éditions Denoël. L’auteur était pour notre plus grand regret resté silencieux depuis son magistral et prémonitoire "La révolte des rats" paru chez Serpent Noir en 2003 et nous nous réjouissons particulièrement de ces retrouvailles.

Le jeudi 13 juin nous recevrons Tarik Noui dont le "À nos pères" nous avait tant réjoui il y a quelques années, pour fêter la publication de son superbe  "Et seuls les chiens répondent à ta voix" (note de lecture par Charybde 2 ici), une étonnante anthropologie poétique du pouvoir de la voix comme de son impuissance, avec les éditions sun/sun.

Le mercredi 27 juin Nicolas Jaillet, que nous connaissions entre autre pour son roman "La Maison", mais qui est également parolier, musicien et chanteur nous fera l’honneur d’un petit concert.

Libr-brèves

â–º Mercredi 30 mai à 19H30 : rencontre avec Jacques Rancière, "Les Temps modernes", Librairie Le Merle moqueur (51, rue de Bagnolet 75020 Paris).

â–º Vendredi 1er juin à 18H30 : dans le cadre de la Périphérie du Marché de la poésie (#22), "Ut declamatio poesis" = exposition Michel Goulet ; Julien d’Abrigeon en poésie-action… (Ut pictura poesis 45, rue de la Folie Méricourt 75011 Paris).

â–º Les 2 et 3 juin : salon de la revue de théâtre, organisé par la revue Frictions et La Générale Nord-Est…

â–º Jeudi 7 juin à 19H, Béatrice Brérot aura le grand plaisir de partager les textes de "splAtch !" (paru fin août 2017) et ceux de "la suite infinie du monde est dans le colimaçon" (mai 2018)…
Librairie le Bal des ardent s: 17 rue Neuve 69001 Lyon (04 72 98 83 36).

â–º Samedi 9 juin à 19H : Marina Skalova à la Maison de la poésie Paris :

21 janvier 2018

[Livres] Libr-kaléidoscope (2), par Fabrice Thumerel

Le principe du Libr-kaléidoscope : revenir de façon essentielle sur des livres importants parus dans les quinze derniers mois mais qu’on n’a pu présenter jusqu’ici… Ce soir, on appréciera les écritures critiques de Véronique Bergen, Béatrice Brérot, Laure Gauthier, Emmanuèle Jawad ; Vincent Tholomé / Xavier Dubois… [Libr-kaléisdoscope 1]

â–º Véronique BERGEN, Jamais, éditions Tinbad, automne 2017, 124 pages, 16 €.

Jamais est constitué d’une heure de logorrhée qui s’achève ainsi : « Le seul vocable que je tiendrai en réserve et calerai entre mes joues, c’est "jamais" »… Jamais ne s’arrête la narratrice, qui, d’emblée, s’inscrit dans le sillage de Beckett : dépeupleuse, cette polyglotte dont le prénom est révélateur (« "Sarah" et "ça rate" sont logés à la même enseigne ») laisse débonder un discours marqué par les déraillements isotopiques et les télescopages. Entre cette folle de mère enfermée entre les murs de l’hôpital et une fille maniaque du Verbe vogue la galère d’un babil solipsiste qui nous emporte sans que jamais l’on puisse résister.

â–º Béatrice BRÉROT, splAtch !, Color Gang, Saint-Génis-des-Fontaines, été 2017, 48 pages, 20 €.

Voici, dans un superbe livre grand format aux couleurs vives, un agencement répétitif critique (ARC) qui explore avec fracas (splAtch !) et tout en glissements phonétiques et sémantiques les chutes et bévues de notre monde immondialisé. Tandis que nous tripaliumons, d’autres gèrent les flux et pratiquent "le terrorisme du flouze"… Ainsi sommes-nous emportés par la tempête TINA : "tina c’est l’argent roi pour les puissants de ce monde / tina c’est la production de richesses par les pauvres pour les riches /tina c’est un programme où la misère le chômage sont nécessaires"…

â–º Laure GAUTHIER, Kaspar de pierre, éditions La Lettre volée, 52 pages, 14 €.

Kaspar Hauser (vers 1812 – 1833), "l’enfant placard", enfant trouvé / "enfant troué", ne peut qu’intéresser la poésie : "Muré = sans expérience = cœur pur = verbe premier = poésie !"…
Kaspar Hauser, "l’enfant sans source et sans delta" : "Combien d’autopsies poétiquement menées, peau douce et œil pur ?"

Pour Kaspar Hauser, cette ballade musicale, cette magnifique "incantation sans liturgie" par un je/il (jl) "sans mots"… Un agencement répétitif névralgique (ARN) troué d’"abnormités de langage" lexicales et syntaxiques. Pour notre plus grande sidération !

â–º Emmanuèle JAWAD, En vigilance extérieure, Lanskine, automne 2016, 84 pages, 12 €.

Selon Emmanuèle Jawad, la poésie doit faire le mur… pour mieux voir – dans la mesure et la démesure… Depuis Faire le mur, précisément, et aussi Plans d’ensemble, volumes parus en 2015, elle allie poétique et politique : montages et télescopages dénoncent une société de flux qui n’est libérale que pour les capitaux ; pour les dominés et déclassés, ce ne sont que murs, barrières et frontières… Son écriture insidieusement objective est un dispositif poétique érigé contre un dispositif politique : "dispositif de filtre restrictif permis / de circulations reconduites de biens et / de personnes barrière sécuritaire barrière / électronique mur-béton barrière de sable / fossés d’eau sel obstacle barrière mur" (p. 36)…

â–º Vincent THOLOMÉ (textes et voix), Xavier DUBOIS (guitare) et Klervi BOURSEUL (guitare), KAAPSHLJMURSLIS, éditions Tétras Lyre, Liège, livre de 56 pages + CD, 14 €.

"+ + +  nous vivotons hallucinotons petites loupiotes petits fanaux dans le jour hallucinant jour et nuit perdus perdus dans nos rêves"…
Écriture sismographique, étrangeté électro-acoustique, bégaiements et babil enfantinesque se conjuguent dans cette descente en deça du bon-sens. Infantivité et animalité caractérisent ces "fictions déglinguées mi-tragiques et mi-comiques" dont le titre, censé être emprunté à la langue lettonne, est imprononçable : "KAAPSHLJMURSLIS signifie la sensation d’enfermement que l’on peut parfois ressentir dans les transports en commun bondés. Mot parfaitement approprié, à nos yeux, pour désigner notre travail en hôpital psychiatrique" (p. 6).

24 septembre 2017

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche automnal, retour sur les livres reçus en été que recommande LC (et pas encore recensés), puis nos premiers Libr-événements d’octobre : Novarina ; F. Smith, L. Giraudon & J. Game ; S. Moussempès & A. Boute.

Libr-critique a reçu cet été, a lu et vous recommande (20 titres)

♦ Julien d’ABRIGEON, P.Articule, Plaine page

♦ Véronique BERGEN, Gang blues ecchymoses, Al dante ; Luscino Visconti. Les Promesses du crépuscule, Les Impressions Nouvelles ; Hélène Cixous. La Langue plus-que-vive, Honoré Champion

♦ Patrick BEURARD-VALDOYE, Le Vocaluscrit, Lanskine

♦ Jean-François BORY, Terminal Language, Plaine page

♦ Béatrice BRÉROT, SplAtch !, Color Gang

♦ Fabrice CARAVACA, Mon nom, Plaine page

♦ Laurent CAUWET, La Domestication de l’art. Politique et mécénat, La Fabrique éditions

♦ Jacques DEMARCQ, Suite Apollinaire, Plaine page

♦ Kadhem KHANJAR, Marchand de sang, Plaine page

♦ Sandra MOUSSEMPÈS, Colloque des télépathes, éditions de l’Attente

♦ Nadège PRUGNARD, M.A.M.A.E & autres textes, Al dante

♦ Sophie SAULNIER, Le Massicot, éditions Le Lampadaire

♦ Sébastien RONGIER, Les Désordres du monde. Walter Benjamin à Port-Bou, Pauvert

La Poésie motléculaire de Jacques Sivan, Al dante

♦ Frank SMITH, Le Film de l’impossible, Plaine page

♦ Nicolas VARGAS, A-vanzar, Plaine page ; V.H.S (Very Human Simplement), Lanskine

♦ Martin WINCKLER, Les Histoires de Franz, P.O.L

Libr-événements

â–º Samedi 7 octobre, Collège des Bernardins (20, rue de Poissy 75005 Paris) : Une poétique du devenir / Valère Novarina. Réservations : frederique.herbinger@collegedesbernardins.fr

Si l’art n’est pas d’abord considéré en tant que création d’œuvres d’art mais comme manière d’être au monde, intéressant tout homme et toute société, si la foi n’est pas seulement considérée en tant que doctrine mais comme vérité vécue, capable d’illuminer et de transformer le monde, alors, loin d’être seulement en rapport d’interaction, d’interdépendance ou de ressemblance, l’art, la foi et le politique sont une même dynamique, une unique réalité vivante.

La présence de jeunes artistes réunis autour du thème du devenir, et celle de l’écrivain, metteur en scène, peintre et dessinateur, Valère Novarina, donneront un tour concret à la réflexion de ce colloque qui vient conclure deux années de recherche du séminaire Esthétique et théologie.

PROGRAMME

Matin – Centre Sèvres

  • 10h30 – 11h15 La théologie, l’art, le politique : quelle question ? Quelle recherche ?
    Alain Cugno
    , philosophe, professeur au Centre Sèvres, co-directeur du département de recherche Parole de l’Art au Collège des Bernardins
  • 11h15 – 12h Le sens tactile de la théologie
    Patrick Goujon
    , professeur en théologie spirituelle et dogmatique au Centre Sèvres
  • 12h – 13h Présentation de l’exposition Devenir au Collège des Bernardins en mars 2018
    Sophie Monjaret
    , artiste
  • 13h – 14h30 Pause déjeuner

Après-midi – Collège des Bernardins

Comment l’œuvre littéraire de Novarina, parce qu’il sait être un "inactuel", parvient à se dégager des sujets brûlants de l’actualité pour les inscrire dans un mouvement plus vaste, et ainsi à faire le pari d’un renouvellement des images de l’homme. Laure Née

  • 14h30 – 15h15 L’unité dynamique de la théologie, de l’art, du politique : ce que créer veut dire
    Jérôme Alexandre
    , docteur en théologie, co-directeur du département de recherche Parole de l’Art au Collège des Bernardins
  • 15h15 – 16h Valère Novarina : le pari du devenir
    Laure Née
    , agrégée de Lettres et docteur en littérature
  • 16h – 16h15 Pause
  • 16h15 – 17h15 Projection, « Ce dont on ne peut parler, c’est cela qu’il faut dire  ». Film de Raphaël O’Byrne sur Valère Novarina
  • 17h15 – 17h45 La parole ouvre la pensée
    Table ronde autour de Valère Novarina
      Avec :

    Jérôme Alexandre, docteur en théologie, co-directeur du département de recherche Parole de l’Art au Collège des Bernardins
    Dominique de Courcelles, directrice de recherche au CNRS au sein du centre Jean Pépin-École normale supérieure Ulm
    Alain Cugno, philosophe, professeur au Centre Sèvres, co-directeur du département de recherche Parole de l’Art au Collège des Bernardins
    Laure Née, agrégée de Lettres et docteur en littérature
    Valère Novarina, écrivain, metteur en scène, peintre et dessinateur

â–º Vendredi 13 octobre à 20H, RV à la Maison de la poésie Paris :

â–º Maison de la poésie Paris, Lecture-performance vendredi 20 octobre – 20h : Sandra Moussempès & Antoine Boute, « Paranormal & Biohardcore »

Dans Colloque des télépathes Sandra Moussempès nous plonge dans une ère victorienne aux accents gothiques avec les sœurs Fox qui communiquent avec les esprits. En parallèle, l’auteure convoque un autre ère, tout aussi étrange, celle des années 69-71 à Hollywood, temple des sectes hippies et des starlettes en devenir.
Dans Opérations biohardcore, Antoine Boute décrit une galerie de personnages hétéroclites sur le point de faire la révolution “biohardcore”. Ces personnages créent des utopies loufoques temporaires, et tentent tous de réveiller le chaman qui sommeille en eux.
Ce soir, ces deux poètes et écrivains proposent une lecture croisée mêlant chants, performances et audio-poèmes autour des liens étranges entre états modifiés de conscience, communication avec les esprits et nécessité de tendre vers le noyau dur du vivant, “le hardcore de la vie”.
À lire – Sandra Moussempès, Colloque des télépathes & CD Post-Gradiva, éd. de l’Attente, 2017 – Antoine Boute, Opérations biohardcore, éd. des Petits Matins, 2017.
tarif : 5 € / adhérent : 0 €

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