Libr-critique

15 novembre 2020

[News] News du dimanche

Dans-le-monde-d’après-le-11-septembre-2001… dans-le-monde-post-démocratique… dans-le-monde-d’après-la-crise-sanitaire…

Où en sommes-nous au juste ? Dans le monde d’après le monde d’après le monde d’après ?

Il n’y a plus d’après : le monde du post- est celui du déni ou du repli, celui du comme-si – celui des dominants.

Le monde réel – le nôtre ! – est celui dans lequel il nous faut défendre concrètement nos libertés, à commencer par celle d’agir pour la survie du vivant, laquelle englobe celle de lire et de s’exprimer. C’est dans cet esprit qu’il convient de lire notre Libr-12 (Livres reçus) et nos Libr-brèves

Libr-12 (Livres reçus : automne 2020)

► 591, revue internationale, éditions Terracol, n° 8, 290 pages, 18 €.

► Bénédicte GORRILLOT dir., L’Héritage gréco-latin dans la littérature française contemporaine, Droz, Genève, 544 pages, 48 €.

â–º Julien BLAINE, La Cinquième Feuille. Aux sources de l’écrire et du dire. Édition établie par Gilles Suzanne. Presses du réel/Al dante, 464 pages, 30 €.

â–º Roland CHOPARD, Parmi les méandres, cinq méditations d’écriture, L’Atelier du Grand Tétras, Mont-de-Laval (25), 96 pages, 13 €.

► Pierre ESCOT, Spermogramme, postface de Julien Cendres, éditions Supernova, coll. « Dans le vif », 162 pages, 15 € [disponible début 2021].

► Christophe ESNAULT, L’Enfant poisson-chat, éditions Publie.net, coll. « L’Esquif », 112 pages, 12 €.

► Denis FERDINANDE, L’Arche inuit, Atelier de l’Agneau, coll. « Architextes », St Quentin-de-Caplong (33), 150 pages, 18 €.

► Jean FRÉMON, Le Miroir magique, P.O.L, 336 pages, 21 €.

► Martine GROSS, Détachant la pénombre, dessin de Denis Heudré, Tarmac éditions, Nancy, 60 pages, 12 €.

► Sarah KÉRYNA, Le Reste c’est la suite, Les Presses du réel, coll. « Pli », 88 pages, 10 €.

► Marc-Alexandre OHO BAMBE, Les Lumières d’Oujda, Calmann-Lévy, 330 pages, 19,50 €.

► Benoît TOQUÉ, Habiter outre, éditions Supernova, coll. « Dans le vif », 70 pages, 15 € [disponible début 2021].

Libr-brèves

â–º // 🔴 EN DIRECT // Encore quatre RV à ne pas manquer avec la Maison de la poésie Paris, en partenariat avec l’institut du monde arabe : Les Nuits de la poésie, couvre-feu poétique

Suivez en direct l’événement sur notre page Facebook.
Vous pouvez ensuite retrouver la vidéo à tout moment sur la chaine Youtube de l’Institut du monde arabe !

Les consignes sanitaires ne permettant pas de maintenir la Nuit de la Poésie dans son format initial mais nous avons voulu proposer ce rendez-vous symbolique et numérique qui garde tout son sens dans le contexte actuel.  Rendez-vous les samedis 21 et 28 novembre et 5 et 12 décembre de 22h à minuit en direct sur les pages facebook de Maison de la Poésie et de l’IMA.

Avec notamment :

Les musiciens et chanteurs :  Mohanad Aljaramani, Kamilya Jubran, Sarah Baya, M’hamed El Menjra, Abdallah Abozekry et Baptiste Ferrandis, Omar Haydar, Marc Codsi, Lola Malique, Skander Mliki, Batiste Darsoulant, Sanguebom…

Les comédiens :  Léon Bonnaffé, Violaine Schwartz, Pierre Baux, Majd Mastoura, Clémence Azincourt…

Les poètes et écrivains : Abdellatif Laâbi,  Breyten Breytenbach, Mahmoud Darwich, Charif Majdalani, Fadhil Al Azzawi, Dima Kaakeh, Marc Alexandre Oho Bambe, B40…

Les performeurs : Michelle Keserwany, Zoulikha Tahar, Lamya Yagarmaten…

Les danseurs : Mehdi Kerkouche, Smaïl Kanouté…

â–º On pourra découvrir les magnifiques livres et cahiers d’auteur que propose les éditions Faï Fioc.

â–º Des articles à méditer sur AOC en ces longues soirées de confinement (on peut s’abonner ou s’inscrire pour 3 lectures gratuites) : Jean-Charles Massera, « Le Grand Ménage » ; Mathieu Larnaudie, « Trash vortex » ; Frédéric Sawicki et Olivier Nay, « Sauver le CNU pour préserver l’autonomie des universités » (16/11)…

22 mars 2018

[News] Libr-News

Avant de noter les tout prochains Libr-événements à réserver ("Poésie au corps", Brosseau/Mellano, Christian Prigent à la Maison de la poésie) , commençons avec les sonorités de Sandra Moussempès…

â–º Vidéo de la dernière performance de Sandra Moussempès : "Écrire l’art" (Kunsthalle de Mulhouse, 18 mars 2018).

â–º Samedi 24 mars à 17H, Université de Paris III : Poésie au corps

â–º Rappel : 

 

â–º Samedi 07 avril, à 18 h, à la Maison de la Poésie de Paris, 157 Rue Saint-Martin, 75003 Paris (01 44 54 53 00). Autour de Christian Prigent, Trou(v)er sa langue, actes du colloque de Cerisy « Christian Prigent ». Table ronde avec Alain Frontier, Bénédicte Gorrillot, Christophe Kantcheff, Fabrice Thumerel. Lectures avec Vanda Benes et Charles Pennequin. Réservation : ici.

Avant des lectures détonantes, la soirée débutera par une table ronde où, en synergie avec Christian Prigent, quelques participants au volume collectif issu du colloque de Cerisy aborderont de façon inattendue l’œuvre majeure de cet escripteur qui troue le mur des discours dominants qu’on appelle « réalité », ce Moderne carnavalesque à la sauce TXT qui dégèle Rabelais pour parler caca, ce sexcriveur qui aime taquiner un Eros cosmicomique…

18h – Table-ronde avec Alain Frontier, Bénédicte Gorrillot, Christophe Kantcheff, Christian Prigent & Fabrice Thumerel

20h – Lectures de Charles Pennequin et du duo Christian Prigent & Vanda Benes

    

À lire – Bénédicte Gorrillot et Fabrice Thumerel dir., Christian Prigent : trou(v)er sa langue, Hermann, 2017.

Christian Prigent, Ça tourne. Notes de régie [Carnets de Grand-mère Quéquette, Demain je meurs et de Météo des plages], éditions de l’Ollave, 2017.

Chino aime le sport, P.O.L, 2017.

Charles Pennequin, Les Exozomes, P.O.L., 2016.

 

 

4 mars 2018

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de mars, RV avec deux festivals importants, EXPOÉSIE + "Camouflages" (organisé par Pan! à Limoges)… Mais tout d’abord, l’agenda printanier de Christian Prigent… Mais aussi : Mathieu Brosseau, Sandra Moussempès, François Rannou…

AGENDA printanier de Christian PRIGENT

â–º À lire, de Christian PRIGENT : "Sonnets Les Mâtines", revue Catastrophes ; "La Poésie sur place" (entretien avec Olivier Penot-Lacassagne), dans Olivier Penot-Lacassagne & Gaëlle Théval dir., Poésie & performance, éditions Cécile Defaut, février 2018, p. 175-187.

â–º A Dunkerque : le dimanche 18 mars, à 15 h, à lmoussema Halle aux Sucres, route du Quai Freycinet, Dunkerque (03 28 64 60 63). Lecture, avec Vanda Benes. Dans le cadre des « Dimanches des Arts Urbains ». www.halleauxsucres.fr  

â–º A Strasbourg : le vendredi 23 mars, à 17 h, à la librairie Kleber, 1, rue des Francs-Bourgeois, Strasbourg. Autour de Chino aime le sport (P.O.L, 2017). Lecture et discussion. Avec Vanda Benes. Dans le cadre du festival POEMA (03 83 25 26 45, cieescalier@free.fr)

â–º A Paris : le samedi 24 mars, à 17 h, à la bibliothèque universitaire Sainte-Barbe, 4 rue Vallette, 75005-Paris (01 56 81 76 00.) Lecture et discussion. Avec Vanda Benes. Dans le cadre de « La Poésie au corps ». Réservations : bsb-invit@liste.univ-paris3.fr

â–º A Binic : le samedi 31 mars et le dimanche 1er avril, au Festival « Les Escales », 2 Quai de Courcy, 22520-Binic (secretariatdesescales@gmail.com). Signature, lecture, discussion.

â–º A Paris : le samedi 07 avril, à 18 h, à la Maison de la Poésie de Paris, 157 Rue Saint-Martin, 75003 Paris (01 44 54 53 00). Autour de Christian Prigent, Trou(v)er sa langue, actes du colloque de Cerisy « Christian Prigent ». Table ronde avec Alain Frontier, Bénédicte Gorrillot, Christophe Kantcheff, Fabrice Thumerel. Lectures avec Vanda Benes et Charles Pennequin. Réservation : www.maisondelapoesieparis.com

 

â–º A Caen : le samedi 14 avril à 17 h, à l’Artothèque, Palais Ducal, Impasse Duc Rollon, 14000-Caen (02 31 85 69 73). Lecture et discussion. Avec Vanda Benes.

Libr-événements

â–º Du 7 au 24 mars 2018, 17e Festival EXPOÉSIE à Périgueux, dont vous trouverez ci-dessous l’essentiel du programme. Pour plus d’infos : ici.

07/03/2018
11 h 30
Lecture de Tita Reut
Librairie les Ruelles, Périgueux
07/03/2018
14 h 00
Cinéma jeune public : « Paul Éluard – 13 films-poèmes »
Cap Cinéma, Périgueux
07/03/2018
18 h 30
Conférence d’Emmanuèle Jawad + documentaire de Laurence Garret
Médiathèque de Trélissac, Trélissac
08/03/2018
12 h 30
« Jeudi du Musée » : rencontre avec Joël Ducorroy,
Musée d’art et d’archéologie du Périgord, Périgueux
08/03/2018
18 h 00
Vernissage de Carole Lataste + performance
Galerie L’App’Art, Périgueux
08/03/2018
19 h 00
Vernissage de Fred Lagarde + expo « créations poético-plastiques »
Centre culturel de la Visitation, Périgueux
08/03/2018
20 h 00
Soirée de créations poético-gastronomiques
Préfecture de la Dordogne, Périgueux
09/03/2018
10 h 00
« Cinexpoésie »
Lycée Jay de Beaufort, Périgueux
09/03/2018
14 h 00 – 19 h 30
Salon des Revues et des petits Éditeurs de Création + performances et animations
Musée d’art et d’archéologie du Périgord, Périgueux
10/03/2018
11 h 00 – 18 h 00
Salon des Revues et des petits Éditeurs de Création + performances et animations
Musée d’art et d’archéologie du Périgord, Périgueux
10/03/2018
19 h 30
« Bouche à oreille », cabaret de poésie gourmande
Guinguette de Barnabé, Boulazac
13/03/2018
20 h 00
« Paterson », film de Jim Jarmusch
Cap Cinéma, Périgueux
14/03/2018
17 h 30
Remise des prix Expoésie Jeunesse + lecture + vernissage
Médiathèque Pierre Fanlac, Périgueux
15/03/2018
19 h 00
« Noir », d’après Christophe Tarkos, par Flore Audebeau et David Chiesa
Galerie verbale Le Paradis, Périgueux
16/03/2018
16 h 30
Dédicace de Jean-Pierre Bobillot
Libraire la Mandragore, Périgueux
16/03/2018
18 h 30
Film : Bernard Heidsieck, la poésie en action
L’Arche, Périgueux
16/03/2018
21 h 00
Concert de Forever Pavot
Le Sans Réserve, Périgueux
17/03/2018
10 h 00
Rencontre avec Véronique Vassiliou
Château des Izards, Coulounieix-Chamiers
17/03/2018
14 h 00
« Poésie ville secrète »
Couloir de bus face à la Tour Mataguerre, Périgueux
17/03/2018
16 h 45
« Le journal du brise-lames » + vernissage de Hey!
Espace culturel François Miterrand, Périgueux

â–º Jeudi 8 mars à 19H30, Librairie Charybde (129, rue de Charenton 75012 Paris) : rencontre avec Mathieu Brosseau pour son dernier livre, CHAOS.

â–º Du 9 au 31 mars à Limoges : Camouflages

â–º Dimanche 18 mars à 16H : lecture de Sandra Moussempès, organisée par la Kunsthalle Centre d’art contemporain de Mulhouse. Réservations : 03 69 77 66 47. La Fonderie | 16 rue de la Fonderie – Mulhouse

â–º Samedi 24 mars, 17H, à l’occasion de la sortie du prochain livre de François Rannou, La Pierre à trois visages (d’Irlande), RV à L’Anachronique :

14 janvier 2018

[News] Christian Prigent : trou(v)er sa langue, soirée à la Librairie Charybde

Mercredi 31 janvier à 19H30, Librairie Charybde (129, rue de Charenton 75012 Paris) : Christian Prigent : trou(v)er la langue, soirée autour de Christian Prigent animée par Hugues Robert, avec également les deux directeurs du volume issu des Actes du colloque international de Cerisy, Bénédicte Gorrillot et Fabrice Thumerel. Rencontre, lectures et débat dans un lieu magique pour tous les passionnés de ce qui s’appelle littérature.

"À partir de quel point d’inquiétude et d’énigme (de déception du sens)
formons-nous notre fiction de réel ? D’où vient et de quelle nature est la force
qui traverse la masse des informations (dites réalité) et des "sensations"
(dites réel) pour les reconfigurer dans une forme/sens (style, écriture) qui fasse effet
de vérité ?" (extrait inédit du "Journal", décembre 2013, p. 473 du volume).

Depuis 1969 où il fait paraître son premier livre, La Belle Journée, Christian Prigent s’est fait un nom si bien que, quelques soixante quatre livres plus tard et deux cents textes publiés hors volume, il est maintenant reconnu comme l’une des voix majeures de la création littéraire (notamment poétique) contemporaine des quarante dernières années. Aucun colloque ne lui avait été consacré en propre jusqu’à celui organisé en 2014 au Centre Culturel International de Cerisy-la-Salle : cette somme de 556 pages qui vient de paraître il y a quelques mois a réparé ce manque et constitue par ce fait même un ouvrage immédiatement charnière pour l’approche de l’œuvre. Le titre nous plonge d’emblée dans la poétique prigentienne : pour l’écrivain, trouver sa langue présuppose de trouer le tissu des discours constitués qu’on prend ordinairement pour le réel. Il lui fallait "une langue qui fasse de l’air" – de l’R "(merdRe !)". L’"effort au style" est quête "d’épiphanie" (Ça tourne, p. 55).

Il s’agissait d’abord, en rassemblant les meilleurs spécialistes de cet écrivain, de dresser une premier bilan sur les recherches déjà engagées, surtout à partir des années 1985-1990, et portant sur quarante-cinq ans d’écriture, que la réflexion ait concerné Christian Prigent en tant qu’auteur d’une œuvre personnelle protéiforme expérimentant tous les domaines (poésie, essai, roman, théâtre, entretien, traduction, chronique journalistique, lecture de ses textes) et dont il a su déplacer les frontières, mais aussi en tant que revuiste passionnée, lié à un grand nombre de livraisons poétiques, théoriques, artistiques, et ayant lui-même co-fondé la revue d’avant-garde TXT (1969-1993), avec la volonté de démarquer un espace éditorial différentiel par rapport à Tel Quel. Le fil conducteur de la langue, tant ouvertement réfléchie par l’écrivain dans ses essais ou ses fictions, récits et poèmes, s’imposait. L’autre objectif était d’ouvrir de nouveaux champs de recherche et d’infléchir vers des nouvelles directions une réception qui jusqu’à présent était restée trop soumise à la force de théorisation auctoriale de Prigent et dont il n’est pas si facile de s’émanciper, tant les formulations sont solides – on pense au prisme des lectures maoïsto-lacano-Bakhtiniennes très développées par l’auteur dans ses essais réflexifs, en particulier d’avant 1990, et dont il s’émancipe lui-même progressivement depuis quelques années.

L’ouvrage se veut original aussi par sa facture plurivocale délibérée. En effet, les interventions d’écrivains – de l’auteur même et de ses amis de TXT présents au colloque – dialoguent avec les entretiens d’artistes (acteurs, cinéaste, peintre) et avec les interventions de journalistes et d’universitaires français et étrangers du monde entier (États-Unis, Japon, Brésil notamment), tous spécialistes du champ littéraire actuel, commentateurs de longue date de Christian Prigent ou voix critiques plus récents. Les genres sont mêlés (inédits d’écrivains, entretiens, essais et communications universitaires) comme les supports (textes, dessins, photogrammes) à l’image de la convivialité et de la mixité qui a été celle du colloque et qui transparaît à l’état vif, en particulier dans les « entretiens ».

© Portrait de Christian Prigent par Judith Prigent (2013) et de Valère Novarina par Christian Prigent (1978).

â–º Bénédicte Gorrillot et Fabrice Thumerel dir., Christian Prigent : trou(v)er sa langue. Avec des inédits de Christian Prigent (Actes du Colloque international de Cerisy), Paris, Hermann, collection "Littérature", mai 2017, 556 pages, 34 €, ISBN : 978-2-7056-94-10-4.
SOMMAIRE : ici.

â–º Derniers livres de Christian Prigent : Ça tourne. Notes de régie [Carnets de Grand-mère Quéquette, Demain je meurs et de Météo des plages], éditions de l’Ollave, été 2017, 68 pages, 14 €.
Chino aime le sport, P.O.L, été 2017, 176 pages, 18 €. [« En I (Les Enfances Chino, 2013), Chino grimpait la côte "enfance". En II (Les Amours Chino, 2016), il dévalait la pente des "amours". En III (Chino aime le sport), il renroule sur la bobine "histoire" les fils de ses émois sportifs »].

31 juillet 2017

[News/Livres] Libr-vacance (1)

Voici de quoi réussir votre mois d’août : deux festivals à ne pas manquer ; notre Libr-sélection (5 livres présentés) ; LC a reçu, lu et recommande 25 livres.

Libr-événements

â–º Du 1er au 5 août 2017, festival TOURNEZ LA PLAGE à La Ciotat. L’Art Hic&Hoc lance cet été son tout premier festival d’écritures contemporaines : l’événement se déroulera donc simultanément avec le festival de Jazz.
Les événements se dérouleront entre La Boutique, Le Cercle de La Renaissance, la Place Gauthier, La Librairie "Au Poivre d’Âne" et l’angle de la Rue Foch (Arnoux).

On pourra apprécier/découvrir les œuvres de nombreux artistes locaux :
Stéphane Nowak Papantoniou, Julien Blaine, André Robèr, Maxime Hortense Pascal, Claudie Lenzi, Eric Blanco, Nadine Agostini, Cédric Lerible, François Bladier, Patrick Sirot, Lili le Gouvello, Françoise Donadieu, Frédérique Guétat-Liviani, Laurence Denimal, Dominique Cerf, Olivia Rivet (exposition à la Boutique) ainsi que Cassandra Felgueiras, Caroline Derniaux et Zagros Mehrkian, étudiants à l’École Supèrieur d’Art de Toulon, et l’association "Lignes de Partage".

â–º Le Bruit de la Musique #5, Festival d’aventures sonores et artistiques, du 17 au 19 août 2017 à Saint-Silvain-sous-Toulx, Toulx-Sainte-Croix, Domeyrot et La Spouze (Creuse) : avec notamment Laurent Bigot, Lionel Marchetti, Arnaud Paquotte, Sébastien Lespinasse… Pour plus d’informations : ici.

Libr-sélection /FT/

â–º Bohumil Hrabal, La Grande vie, poèmes 1949-1952, traduit du tchèque par Jean-Gaspard Pálenicek, éditions Fissile, Les Cabannes (09), printemps 2017, 136 pages, 24 €, ISBN : 978-2-37171-019-1.

Retour aux origines de l’œuvre, c’est-à-dire à la poésie : "Parce que la société moderne s’est accoutumée aux sensations et aux singularités, le poète mourant se fichera ses lunettes dans le cou et filtrera sa vie à travers le verre embué" (p. 43)… Des formes variées retenons "SUPERSEXDADAISME ?" : "Recherchons vacanciers bénévoles / Séjour payant à Founetainebleau / Entrée génitale amaigrissante" (63)… La belle vie, en somme !

â–º Yoann Thommerel, Mon corps n’obéit plus, éditions Nous, Caen, hiver 2016-2017, 80 pages, 12 €.

Le lecteur est averti : "Il serait bien plus prudent de voir dans ce fatras graphique la manifestation de troubles réactionnels sévères, une forme de défense face aux exigences d’application et de lisibilité imposées par la norme, un poème-refus, allant à l’encontre du modèle attendu" (p. 33). De façon symptomatique, dans ce poème-refus, le corps refuse d’obéir… Un corps qui est lieu de vie, d’envie, d’ennui… lieu de tentation consumériste… et de poésie ! Une poésie litanique et visuelle.

â–º Alain Jugnon, Artaud in Amerika. La Place de la femme dans le plan américain, Dernier Télégramme, Limoges, mai 2017, 80 pages, 12 €.

Ce cinémArtaud met en scène quatre "personnages conceptuels" : "La dame de Shanghai ou Rita Hayworth, André Bazin, Orson Welles et Antonin Artaud". Ces voix se mêlent à celle de l’essayiste pour évoquer/analyser avec brio, entre autres éléments passionnants, telle image-cristal, la langue jaune du fascisme, le rôle de "la femme blanche chez Welles et Artaud" : "c’était la révolution permanente à l’écran et en direct" (p. 69)…

â–º Michel Deguy, Noir, impair et manque, dialogue avec Bénédicte Gorrillot, Argol, coll. "Les Singuliers", hiver 2016-2017, 292 pages, 29 €, ISBN : 978-2-37069-012-8.

Quel animal est donc Michel Deguy ? Détour par l’œuvre de ce poète et revuiste qui figure parmi les écrivains contemporains les plus importants, dans un dialogue dense et intense avec une spécialiste du genre. Une nouvelle pièce de choix dans cette superbe collection qui associe entretiens, inédits et documents divers. Clôturée de fort belle manière par un abécédaire signé par l’auteur lui-même.

â–º Carole Aurouet, Prévert et le cinéma, Les Nouvelles éditions, avril 2017, 128 pages, 10 €.

En quatre chapitres, la spécialiste de Prévert évoque la poésie cinématographique de l’illustre écrivain qui était fasciné par les burlesques américains et par Fantômas : les ciné-textes des années 20-30, son cinéma visible (les grands films des frères Prévert et de Carné/Prévert) et invisible ("scénarios détournés", c’est-à-dire qui n’ont pas abouti à des films tournés). Humour et détournement surréaliste au programme ! Sans oublier que Carole Aurouet a su faire revivre pour nous tout un monde fascinant.

LC a reçu, a lu et recommande

♦ Christian PRIGENT : Chino aime le sport (P.O.L, juin 2017, 176 pages, 18 €) et Ça tourne, notes de régie (L’Ollave, coll. "Préoccupations", été 2017, 70 pages, 14 €) ; La Contre-Attaque, éditions Pontcerq (Rennes), printemps 2017 : dossier Prigent, p. 65-73 et 127-194. [On pourra découvrir leur présentation fin août sur le blog Autour de Christian Prigent]

 

♦ Pierre Bergounioux, Esthétique du machinisme agricole, suivi de Petit danseur par Pierre Michon, Le Cadran ligné, Saint-Clément (19), été 2016, 48 pages, 13 €.

♦ Eric Brognier, Tutti cadaveri, traduit de l’italien par Rio di Maria et Cristiana Panella, L’Arbre à paroles, Amay (45), juin 2017, 48 pages, 10 €.

♦ Hervé Brunaux, Homo presque sapiens, éditions PLAINE Page, Barjols (83), coll. "Connexions", 2015, 44 pages, 5 €.

♦ Rémi Checchetto, Le Gué, Dernier Télégramme, Limoges, printemps 2017, 64 pages, 10 €.

♦ David Christoffel, Argus du cannibalisme, Publie.net, printemps 2017, 104 pages, 12,50 €.

♦ Claro, Crash-test, Actes Sud, août 2015, 236 pages,19,50 €.

♦ Olivier Domerg, Rhônéo-Rodéo, poème-fleuve avec quinze photographies de Brigitte Palaggi, Un comptoir d’édition, Sainte-Eulalie en Royans (26), juin 2017, 144 pages, 15 €.

♦ Jacques Dupin, Discorde, P.O.L, édition établie par Jean Frémon, Nicolas Pesquès et Dominique Viart, juin 2017, 240 pages, 23 €.

♦ Frédéric Forte, Dire ouf, P.O.L, mai 2017, 96 pages, 11 €.

♦ Mihàlis Ganas, Marâtre patrie, traduit du grec par Michel Volkovitch, Publie.net, 2017, 80 pages, 13 €.

♦ Jean-Marie Gleize, La Grille, Contre-Pied (Martigues), coll. "Autres & Pareils", hiver 2016-2017, 32 pages, 4 €.

♦ Mary Heuze-Bern, Rendez-vous à Biarritz, éditions Louise Bottu (Mugron), coll. "Contraintes", juin 2016, 36 pages, 4,50 €.

♦ David Lespiau, Équilibre libellule niveau, P.O.L, mai 2017, 112 pages, 11 €.

♦ Patrick Louguet, Jean, Antoine, Mouchette et les autres… Sur quelques films d’enfance, Artois Presses Université, hiver 2015-2016, 268 pages, 20 €.

♦ Dominique Meens, Mes langues ocelles, P.O.L, novembre 2016, 384 pages, 21 €.

♦ Emmanuelle Pagano, Sauf riverains, Trilogie des rives II, P.O.L, janvier 2017, 400 pages, 19,50 €.

♦ Dominique Quélen, Avers, éditions Louise Bottu, Mugron (40), mai 2017, 116 pages, 14 €.

♦ Sébastien Rongier, Cinématière. Arts et Cinéma, Klincksieck, 2015, 252 pages, 23 €.

♦ Claude Royet-Journoud, La Finitude des corps simples, P.O.L, mai 2016, 96 pages, 13 €.

♦ Robine-Langlois, […], éditions Nous, Caen, octobre 2016, 96 pages, 14 €.

♦ Ana Tot, Méca, Le Cadran ligné, Saint-Clément (19), juin 2016, 72 pages, 13 €.

♦ Antoine Wauters, Nos mères, Verdier, hiver 2013-2014, 154 pages, 14,60 €.

 Bientôt sur LC…

De fin août à fin septembre, vous découvrirez, entre autres :

♦ Créations : Daniel Cabanis, CUHEL, Olivier Matuszewski, Mathias Richard…

Entretiens : Véronique Pittolo, Bernard Desportes, Claude Favre…

Recensions/chroniques : des spéciales sur Véronique BERGEN et sur Philippe JAFFEUX (à propos de leurs trois derniers livres)…
Vous attendent encore : Dictionnaire de l’autobiographie (Champion) ; La Poésie motléculaire de Jacques Sivan (Al dante) ; Patrick Bouvet, Petite histoire du spectacle industriel (L’Olivier) ; Bernard Desportes, Brève histoire de la poésie par temps de barbarie (tentative d’autobiographie), La Lettre volée ; Sébastien Lespinasse, Esthétique de la noyade (PLAINE Page) ; Valère Novarina, Voix négative (P.O.L) ; Nadège Prugnard, MAMAE (Al dante) ; Sébastien Rongier, Les Désordres du monde. Walter Benjamin à Port-Bou (Pauvert) ; Martin Winckler, Les Histoires de Franz (P.O.L)…

12 mai 2016

[Entretien] Entretien avec Jean-Marie Gleize (Création et critique 1, par Emmanuèle Jawad)

Emmanuèle Jawad. Le texte littéraire est illisible « c’est un fait que nous devons nous- même accepter, que surtout nous devons sans cesse justifier : l’illisibilité n’est qu’une forme particulière de la lisibilité, c’est le mode de lisibilité spécifique aux objets écrits qui se donnent pour littéraires, pour être reçus comme tels… »1. « L’opaque est aussi une arme critique. Une arme critique poétique et/ou politique »2. D’autre part, l’activité d’écriture s’apparente à un travail que vous qualifiez « d’investigation-élucidation ». Comment s’opère le travail sous ces angles, travailler à l’élucidation/travailler dans l’opacité ? Peut-il se rapporter aux deux régimes de textes théoriques et poétiques ou se réfère-t-il plus à l’un qu’à l’autre axe d’écriture ?

Jean-Marie Gleize. De fait, j’ai été conduit à m’interroger sur ce qu’on désigne comme « l’illisible ». Et parce que c’est une accusation courante, et parfois violemment stigmatisante à l’égard de l’écriture poétique, (accusation dont il faut sans cesse se justifier), et parce qu’il fut un temps non si lointain (les années soixante-soixante-dix, l’époque des néo-avant-gardes triomphantes) où l’illisibilité était l’objet d’une revendication et d’une théorisation liées au désir de subversion des usages normés, au travail de transgression des codes génériques. Le textualisme telquelien et ses prolongements théoriques adjacents n’avaient d’autre sens que d’explorer et de chercher à imposer les voies d’un « scriptible » généralisé, impliquant dévalorisation du lisible. Enseignant la littérature, donc essentiellement la lecture de notre tradition littéraire, et tentant d’expliciter cette expérience partagée dans un travail de reprise écrite, j’ai été simplement conduit à ce constat que j’ose à peine formuler en raison de son évidence : l’illisibilité (dans tous les cas, même en dehors des moments ou des œuvres où elle est stratégiquement présentée comme un outil ou une arme) n’est qu’une forme particulière de lisibilité, spécifique aux objets conçus comme « littéraires » et donc issus d’un travail formel, quel qu’il soit. Racine n’est pas plus lisible que Gongora, Nerval pas plus lisible que Mallarmé, Ponge pas plus lisible qu’Artaud, etc. Tous les textes littéraires sont illisibles, ils supposent tous que le lecteur fasse l’effort d’accéder à leur régime de lisibilité particulière. Reste que chaque projet d’écriture entretient, en effet, avec l’opacité ambiante (le caractère in-sensé du réel, la réalité comme « totalité de signes noirs ») une relation singulière qui infléchit, instruit, une certaine relation au langage, une relation plus ou moins directe, plus ou moins complexe aux éléments constituants de ce réel, de ce présent, de ce qui se présente, de ce qui fait obstacle. Pour ce qui me concerne, de même que je considère la lecture comme cheminement vers le lisible (le devenir lisible du texte illisible), de même je considère l’écriture (ceci n’est peut-être valable que pour mon propre projet), comme processus d’élucidation (fragile et provisoire, donc sans doute « interminable ») d’une réalité douteuse, obscure, opaque, insaisissable. Ecriture et lecture conçues ainsi comme les deux faces d’un même geste, d’une même confrontation critique avec le réel et la langue. A cet égard, donc, pas vraiment de différences entre les deux pratiques (théorique et de création).

EJ. Dans Tarnac, un acte préparatoire3, la section 11 intitulée « construire des cabanes » (titre repris partiellement dans votre dernier livre Le livre des cabanes4) se structure notamment dans la réitération de trois propositions : « il faut construire des cabanes » / « utiliser les accidents du sol »/ « Faire de chaque phrase un poste de tir » (avec des modifications lors des différentes reprises de cette dernière proposition dans la section). Dans quelle mesure ces propositions et en particulier la construction de cabanes, relèvent-elles à la fois d’un engagement de l’écriture et du champ politique ?

J. – M. G. « Faire de chaque phrase un poste de tir » serait en quelque sorte la proposition qui condense ce qu’impliquent trois autres propositions récurrentes en effet dans mes deux derniers livres. Ces trois propositions « poétiques-politiques », si vous voulez, sont les suivantes :

Oui, nous habitons vos ruines, mais

Il faut construire des cabanes

et : – J’utilise pour écrire les accidents du sol

Les deux premières formules ont à voir avec la problématique de l’habiter, et du déshabiter.

La première (« oui, nous habitons vos ruines, mais ») s’achève abruptement sur un « mais ». Il faut considérer d’abord l’origine factuelle de cet énoncé : une inscription à la peinture rouge à l’intérieur d’un bâtiment abandonné. On peut imaginer que ce sont des squatters qui ont inscrit sur le mur cet énoncé correspondant littéralement à leur présent immédiat : l’abri provisoire dans une bâtisse en ruine. Constat littéral, et socialement généralisable : oui, certains d’entre « nous » habitent l’inhabité-inhabitable, sous les ponts des périphériques, dans des bâtiments insalubres, des friches et des terrains vagues, des bidonvilles auxquels on donne le nom de « jungles » (comme à Calais). Plus généralement encore, il s’agit du constat selon lequel « nous » habitons, oui, un certain système économique et social caractérisé par l’inégalité, l’injustice, l’exploitation, la ségrégation, l’exclusion, etc., une certaine organisation des choses et de l’espace qui nous est donnée comme inéluctable (il n’y a pas d’alternative au règne du marché, au pouvoir de la finance, au capitalisme mondialisé), en un mot un certain ordre des choses qu’il nous est permis de regarder, de façon critique, comme un vaste champ de ruines. Le « mais » qui clôt ce constat et reste en suspens, indique qu’il y a, qu’il y aurait, pour « nous », peut-être, sans doute, une autre façon d’habiter. Que d’abord il s’agit, peut-être, sans doute, de déshabiter ces ruines, que ce ne sont pas les nôtres.

C’est le point, ce « mais », où peut s’articuler le second des énoncés : « il faut construire des cabanes ». Il sonne comme un mot d’ordre. C’est en tout cas quelque chose comme une injonction intérieure qui peut s’entendre aussi comme un propos plus général, un encouragement à donner une consistance, une dimension de résistance, à ce « mais » de la formule précédente. Que sont alors ces cabanes ? Des constructions provisoires et éphémères, des lieux d’accueil et de passage, des seuils. Je ferai ici rapide arrêt sur deux expériences extérieures au matériau du cycle, mais non sans liens forts avec lui :

Sur le terrain « académique », j’ai considéré le Centre d’Etudes Poétiques dont j’étais responsable à l’Ecole normale supérieure de Lyon, comme une cabane à l’intérieur d’une institution dont les structures sont relativement rigides et le mode de fonctionnement assez conventionnel ou traditionnel. Dans ce cadre je savais que la liberté, la pleine autonomie, dont jouissait cette cabane, était fragile et pouvait un jour être détruite. Elle fut détruite, effectivement.

Un autre exemple direct pour moi de cabane ce sont les revues, les structures éditoriales autonomes et parallèles, qui accueillent les pratiques d’écriture mineures ou marginales, comme la poésie par exemple. Ces cabanes sont des abris nomades. Ma revue Nioques a connu une existence discontinue, cinq éditeurs successifs en vingt-cinq ans d’existence…

Ce mot d’ordre « Il faut construire des cabanes » se trouve d’abord dans le volume Tarnac, un acte préparatoire, en écho à l’installation dans ce village de Tarnac, en Haute Corrèze, sur un plateau au centre de la France, d’une communauté ou « commune » de militants libertaires, en rupture d’organisation politique, travaillant dans cette marge, une marge géographique et idéologique, à imaginer, à expérimenter, très concrètement, des formes-de-vie alternatives, à tenter de penser ou de re-penser les termes d’une perspective révolutionnaire. La notion de cabane, dans le contexte forestier et reculé de Tarnac, dialogue avec cette pratique communautaire, très explicitement politique ou alter-politique.

De même, dans une certaine actualité française, concernant le territoire et un certain nombre de décisions autoritaires, voire arbitraires, concernant son aménagement, nous pouvons avoir à l’esprit les cabanes qui ont proliféré par exemple à Sivens, dans le département du Tarn, à l’occasion d’un projet de barrage, ou à Notre Dame des Landes, en Loire Atlantique à l’occasion d’un projet d’aéroport, cabanes construites et défendues par des centaines d’opposants à ces projets.

De ces cabanes je dirai aussi qu’elles sont des lieux d’autonomie, des lieux aussi autonomes que possible, autonomes dans les limites du possible, mais en aucun cas des lieux de fuite ou d’isolement, des « refuges » au sens tristement passif et défensif de ce terme. Elles sont au contraire des lieux pour inventer de nouvelles façons d’agir et d’être, des lieux d’échange et de partage, ou si l’on veut des bases de résistance à partir desquelles penser et préparer des actions à venir, des lieux pour penser le présent qui vient.

Il y a enfin cette troisième formule, qui complète les deux précédentes :

J’utilise pour écrire les accidents du sol

Cette formule substitue à la notion d’objet (de l’écriture), celle de trajet, de l’écriture comme projet-trajet. L’écrire est ici conçu comme un parcours, une traversée, une traversée du réel, de l’opacité du réel, dont la forêt est une figure essentielle dans ces textes. La formule « il faut construire des cabanes » a pour corolaire « il faut détruire les cabanes ». Elles ne sont pas seulement susceptibles d’être détruites par l’ennemi (alors on les reconstruit aussitôt ailleurs, plus loin), elles doivent aussi pouvoir être détruites ou abandonnées par ceux qui les ont construites, parce que l’important est de se déplacer, de faire en sorte que la cabane ne se transforme pas en demeure. Que les portes ne se ferment jamais. Ou ne soient jamais que des points de passage. De même que l’écriture ne saurait être confondue avec le figement dogmatique d’un discours (fût-il poétiquement immédiatement reconnaissable comme tel, fût-il politiquement acceptable comme tel). Utiliser pour écrire les accidents du sol implique que ce déplacement permanent tienne le plus grand compte du terrain, des obstacles, des contextes, des irrégularités du réel, de ce qui survient et s’interpose, en un mot des circonstances. D’où la prose, une prose irrégulière, hétérogène, circonstancielle. Impliquée.

EJ. Votre cycle d’écriture se construit dans l’assemblage, l’agencement et le montage d’un matériau hétérogène. La mise en place de dispositifs de montage s’apparente-t-elle à un geste critique ? Plutôt qu’une théorie vous évoquez « une recherche en actes ». Cela pourrait-il faire lien entre réflexion critique et pratique d’écriture ?

J-M.G. Oui, je ne suis pas très enclin à désigner ma réflexion critique sous la catégorie « théorie » ou « pratique théorique ». Cette dimension de mon travail est sans doute fondée sur une imprégnation théorique (qui s’est constituée au cours de la période dite structuraliste, dans le contexte où nous reconsidérions notre corpus littéraire à la lumière des sciences humaines, linguistique, sémiotique, marxisme, psychanalyse…), mais si je parle d’imprégnation c’est qu’il s’agit de fondations, de données avalées, assimilées et comme nécessairement « oubliées » pour travailler utilement dans ce que je désigne plus volontiers comme un travail de recherche : une fois encore « recherche critique », « recherche en acte » et écriture comme « actes de recherche » sont indissolublement liées. L’écriture comme suite d’actes, pensés comme tels, comme « actes préparatoires », soumis à de fragiles mots d’ordre (ceux d’une littérature impliquée) : « faire de chaque phrase un poste de tir », « utiliser pour écrire les accidents du sol », « construire/détruire les cabanes », « habiter/déshabiter », « aller vers un arbre », « manger un poisson de source », etc., cette écriture en mouvement (en permanente transformation-conversion) est donc, en effet, comme on peut le constater en lisant à la suite la séquence inachevée que constitue le cycle (inauguré par le livre Léman en 1990), sans doute essentiellement une écriture de montage, prenant en charge et les disposant, en les réécrivant ou pas, un matériau hétérogène déjà là, intérieur au texte ou extérieur, prélevé sur le « chant général » des êtres et des choses, sur les « dépôts », comme les nommait mon ami Denis Roche, de savoir, de techniques, d’informations diverses s’imposant comme notre contexte.

EJ. Pourrait-on parler d’un travail d’écriture qui mettrait en jeu deux axes de recherche : un axe « documental » qui se rapporterait à ce travail en prise avec un matériau hétérogène, le travail de montage, et un axe qui relèverait de la simplification ?

J-M.G. Ces deux axes sont en effet essentiels, mais il me faut ici préciser qu’ils se succèdent, dans la chronologie de mon travail, avant d’être mis en jeu simultanément. Dans cette histoire, l’opération « simplificatrice » a sans doute un peu changé de sens et de fonction. En 1987 j’ai publié aux éditions Seghers, dans une collection que dirigeaient alors Mathieu Bénezet et Bernard Delvaille, un livre intitulé Simplification lyrique. Il s’agissait (du moins je voulais le croire) d’une liquidation de ce qui pouvait rester pour moi de gestes accomplis en référence à quelque chose comme « la poésie » : le poème, le vers, le double jeu de la prose et du vers. Les armes que je mettais en œuvre, pour « attaquer » (comme à l’acide un métal) ce qui pouvait subsister des « charmes » séduisants du lyrisme (poésie et lyrisme étant supposés radicalement synonymes), étaient la réduction syntaxique, la compression du vers et du phrasé, la condensation minimaliste et atonale, l’effacement autant que possible des repères référentiels, des noms propres (même si, je m’en aperçois aujourd’hui en relisant ces pages lointaines, cet effacement était très loin d’être radical). Dans ce titre Simplification lyrique, le substantif jouait donc contre l’adjectif, il y avait à mes yeux comme une alliance de mots, la « simplification » devait avoir pour conséquence une « sortie » du territoire « poésie », me permettant d’aborder un nouvel espace, d’ouvrir un chantier de prose(s) hors qualification générique. Comme si ce livre avait eu pour signification première d’être un exorcisme inaugural. Pour autant la « simplification » n’a pas cessé d’agir comme opération de base dans mon travail ultérieur : elle a été associée à tout ce qui se présente au titre de la « nudité », considérée comme un principe. Le second volume du cycle aux éditions du Seuil a pour titre Le principe de nudité intégrale, et se définit explicitement comme une suite de « manifestes ». La nudité dans ce que je tente de faire, est un autre nom de la simplification, qui elle-même est un autre nom de l’intention littérale. Nudité, procédures de dénudation (tendanciellement « intégrale » mais comme telle impossible) accompagnent la visée réaliste (ou plutôt « réeliste », comme je préfère dire, pour éviter toute assimilation aux procédures de la représentation réaliste élaborées par les romanciers du XIXe siècle). Simplification, littéralité, nudité viennent donc s’allier à cet autre ensemble de procédures qu’on peut en effet comprendre comme des gestes de montage. Les sept livres du cycle sont d’abord des « journaux d’expériences », ou encore des dispositifs consignant (légendant) un certain nombre d’  « actes » de recherche (tentatives d’élucidation, procédures enquêtrices) et des résultats (ou des bribes de résultats incertains). L’enquête se construit par regroupement de données ou pièces (textes, documents divers, informations puisées à des sources diverses, hétérogènes) en dossiers (cf. par exemple dans Néon, le chapitre « Ouverture du dossier le réel »). Actes : recueils de procès-verbaux, de témoignages. Un peu comme les dossiers de l’art conceptuel, ou encore les documents (écrits, photographiés ou filmés) décrivant et enregistrant les actions de certains body artists (Gina Pane par exemple). Le problème est pour moi d’inventer un système de notation adéquat à la démarche en cours. Collage, montage, échantillonnage sont dans ce contexte des procédures privilégiées : manipulation d’éléments prélevés dans une archive textuelle ou autre, image photographique ou dessinée (graffitée), multiplication des procédures de saisie (ou de description) du réel en autant de dispositifs ou d’ « installations » que de situations en cause. « Dans tous les cas / les distinctions courantes du dedans et du dehors disparaissent / & la liaison des choses (idées, mots) / (…) seuls maintenant comptent / les lois du montage / et le jeu (théâtral) des roues » (Néon, p. 51). Ce que j’appelle « prose en prose » est en somme l’ensemble de cette action enquêtrice ou de témoignage, et les gestes et procédures souples et provisoires tendant à « se conformer » à ce qui a lieu (faits, circonstances, accidents et incidents). Dans ce travail, les blocs se rencontrent un peu comme les plaques tectoniques sous l’écorce terrestre, ou les masses d’air chaud et d’air froid dans l’atmosphère ; plaques et masses dont on nous dit que leurs points de rencontre sont des lieux de crise (plis, tremblements, soulèvements, orages, ouragans…). Il est clair que j’attends quelque chose de ces frottements, de ces collisions, que cela modifie quelque chose et donne accès à ce qui resterait, autrement, sans doute inaccessible. Les deux axes (simplification/montage) ne se contredisent pas, ils se soutiennent l’un l’autre, ils s’entre-tiennent.

EJ. Dans un entretien avec Benoît Auclerc intitulé « Quelque chose a lieu dont le sens est inaccessible » (L’illisibilité en questions, p. 141), vous évoquez votre rapport à Christian Prigent dans ce qui vous lie (« même espace de références – idéologiques, politiques, littéraires », « engagement critique » semblable) et dans ce qui fait différence, écart, divergence (vos textes de création). Cette distinction fortement marquée ne correspondrait-elle pas à la présence de deux pôles distincts de recherche : vers une torsion et vers une simplification de la langue ?

J-M.G. Oui, je me suis souvent étonné de cette proximité que j’ai objectivement avec Christian Prigent, nous avons le même âge, nous avons été nourris aux mêmes sources vives, Tel Quel, Francis Ponge, Denis Roche, l’engagement politique à l’extrême gauche (ceci dit trop vite), et nous en avons, semble-t-il, tiré des conclusions pratiques (quant à l’écriture) très différentes. Christian Prigent part d’un double constat : le premier est que toutes les langues dont nous pouvons disposer sont étrangères, la première de ces langues étrangères étant notre langue dite maternelle, celle qui nous est donnée, c’est-à-dire imposée, qui existe avant nous, hors de nous. Corollaire : je n’ai pas de langue propre, ma relation à cette langue maternelle est d’emblée une relation de mal-être ; cette langue est inapte à exprimer ce qui me spécifie ou me constitue ou me traverse, je ne puis m’exprimer en cette langue, exprimer ce qui en moi fait appel ou poussée, inconscient corps, désir, pulsion… Le second des constats est que les formes (littéraires) héritées, codifiées, sont inaptes à dire l’expérience du réel (du chaos du réel, de l’informe et de l’innommable). Ces constats je les partage absolument. Mais pour Christian il en résulte une théorie de l’écriture comme « mécriture » ; il s’agit de maltraiter cette langue et secondairement ou parallèlement ces conventions littéraires héritées, génériques, rhétoriques. Il va donc scander, en vers ou en prose, physiquement travailler la voix de l’écrit, tordre (vous parlez de torsion, oui, il s’agit bien d’une relation violente à cette langue imposée), jusqu’à épuisement du rythme. Pour ce qui me concerne au contraire, je ne mets pas (du tout) l’accent sur la nécessité de travailler la langue dans le sens de sa défiguration, de sa transfiguration violente ou ludique. Il ne s’agit pas de faire bouger la langue en la mettant sous transfusion archaïsante, ou patoisante, ou dialectale ou argotique, de la ré-animer en la forçant au rythme ou en la branchant sur des rythmes corporels plus ou moins sauvages (les « sauts d’harmonie inouïs » de Rimbaud), il s’agit, au contraire, de tendre à ce que la bande dessinée a théorisé comme la « ligne claire » : « En littérature, écrit Hocquard, la ligne claire correspond au texte immédiatement lisible, à la syntaxe simple, aux mots et aux tournures déjà investis d’une signification familière. Bref, une technique minimale de représentation qui donne l’impression de la transparence et propose une lecture irrécusable. » Soit un usage de la langue qui nous conduise au bord de l’insignifiant-énigmatique. Il y a sans doute beaucoup plus (ou au moins autant) de violence dans cette littéralité-là (neutralité ou platitude littérale descriptive, constatative, notative, factuelle) que dans les torsions ou contorsions verbales du lyrisme pulsionnel. La ligne claire est toujours doublée par la ligne noire. « Plus le texte est clair, plus on y sent le poids d’une obscure menace. » Deux voies qui sont également légitimes, bien sûr. Je crois qu’on ne choisit pas vraiment. Je ne fais que constater que seule la seconde était pour moi praticable. J’écris un français neutre, ou neutralisé, simple, ou simplifié, qui ressemble au français standard, c’est mon dialecte (et mon idiolecte).

EJ. Le travail semble se poursuivre dans la pratique et l’examen des opérations de simplification vers des écritures littérales, objectives : poésies « documentales », poésies « sans qualités », postpoésies. Christophe Hanna situe Littéralité (livre qui rassemble en un volume le dyptique Poésie et figuration et A noir. Poésie et littéralité) dans une « histoire littéraire alternative », et suggère dans sa préface que « l’articulation poésie et figuration/poésie et littéralité montre chez leur auteur un effort pour échapper à cette dialectique poétique-critique ». Les écritures se rapportent à des « processus », des « opérateurs » permettant de «capter ou susciter du discours » et de le « retraiter ». De quelle manière vous rapprochez-vous de cette analyse de votre travail et des enjeux qui le traversent ?

J. – M. G. Oui, un acheminement engagé « vers » des écritures documentales-dispositales, revendiquant un héritage « objectiviste ». Ainsi effectuant une « sortie » interminable hors des frontières d’un genre (où l’on est incessamment reconduit par l’institution, d’où la formule paradoxale d’une « sortie interne », jamais décisive), pour un après (c’est pourquoi je parle de « postpoésie »). Ce que j’entends dans le regard que Christophe Hanna porte sur mon travail (Christophe Hanna dont je veux rappeler qu’il est à mes yeux non seulement un théoricien des nouvelles écritures mais un inventeur de formes d’une originalité radicale), c’est qu’il y décèle une postulation qui ne s’est révélée pour moi que progressivement, chemin faisant, celui de l’abandon de la posture « poéticienne » (supposant une formalité poétique instituée et de type « ontologique rétrospective ») au profit d’une observation de pratiques « en acte » et en contexte, conçues comme autant de « disciplines personnelles », singulières, au profit, donc, d’une prise en compte de la « multiplicité des usages locaux » (et non de « La Langue »), et d’un ensemble de pratiques plurielles (et non de « La Poésie »). Geste impliquant une reconfiguration et une redistribution du champ « poésie » et l’attention à ce que l’on pourrait appeler ses « pouvoirs » de multiplication ou d’intensification de notre rapport aux choses, au monde, aux autres ; il s’agit dès lors moins de poétique que de pragmatique, voire de politique. Cette inflexion, pragmatique-politique, appartient à la fois au travail théorique de Christophe Hanna et aux mutations (que j’appelle aussi en un sens très concret « conversions ») de mon travail d’écriture : Tarnac et Le Livre des cabanes sont en effet tournées vers l’évocation de nouvelles « formes de vie », vers l’inscription du possible ou des possibles, vers ce qui peut se comprendre comme le présent actif de notre désir d’émancipation, l’à venir, un présent qui vient et fait trace dans nos brouillons acharnés. Je voudrais insister sur le fait d’un travail collectif, même si ce collectif n’est pas constitué ou revendiqué comme tel (nous avons quitté les eaux de l’avant-gardisme tardif des années soixante et soixante-dix) : la communauté des enjeux est patente, entre ce que j’essaie d’avancer et ce que cherchent à formuler tous ceux qui pensent une poétique alternative, et plus largement une autre théorie de l’art, du côté des éditions Questions théoriques. Christophe Hanna est de ceux-là. Ainsi nos « actes ou textes » (c’était un titre générique que donnait Francis Ponge pour l’ensemble de ses écrits, contre « charmes ou poèmes » de l’académicien Valéry) peuvent-ils être entendus comme des « actes préparatoires », ou encore comme les témoins d’un « activisme » impénitent.

1 GLEIZE, Jean-Marie, « Obscurément », in Bénédicte Gorrillot et Alain Lescart dir., L’illisibilité en questions, Presses Universitaires du Septentrion, 2014, p. 37.

2 Id., « Opacité critique », ibid. , p. 48.

3 Id., Tarnac, un acte préparatoire, Le Seuil, coll. « Fiction&Cie », 2011.

4 Id., Le Livre des cabanes, ibid., 2015.

21 février 2016

[Création] Michel Deguy, La Fête chez Eco [Hommage à Umberto Eco]

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 10:05

Nous tenons à remercier Michel Deguy de nous avoir proposé – via Bénédicte Gorrillot, avec laquelle il fait bientôt paraître un volume d’entretiens aux éditions Argol – ce texte publié en 2006 et repris en hommage à l’écrivain Umberto Eco (1932-2016) sous le titre "La Fête chez Eco".

 

La Fête chez Eco

Umberto, ton idole dans nos mémoires
d’hôte faunesque renaissant mallarméen
enjouant tes amis sur les pipeaux du soir
nous hanta tout cet été ménippéen

Mon esprit trop français monoglotte
et qu’on dit de l’escalier,
d’étrange Étranger, mais pas de Mantinée,
qui a perdu l’audace de faire chœur au Banquer

Salue avec retard le génie de ton lieu,
l’accordéon, le feu grégeois sur les terrasses
la girandole aux marronniers, où excella
la chère miscellanée

Et rend grâce, même si pauvre en rimes,
à ton art de fondre en une seule bouche
satire et satyre
toi qui ne tardas point, comme fit Socrate, sur le seuil

Martine éjouie veillait dans l’ombre
sa boîte de Pandore photographe sut te prendre
et maintenant bien rendre ta rouge effigie

et à elle notre amitié
notre reconnaissance

Michel Deguy, « Fête », in Le Sens de la visite, Stock, 2006, p. 116.

 

20 septembre 2015

[News] News du dimanche

En bref, quelques RV à ne pas manquer cette semaine : sur Mediapart ; colloque à Rio autour de C. Prigent et P. Alféri ; Café littéraire avec P. Varetz ; lectures de A. Dufeu et de E. Rabu.

 

â–º On saluera l’opération lancée par le club Mediapart : "Écrire aujourd’hui" (parmi les premiers écrivains invités : (Yannick Torlini, Patrick Varetz, Véronique Vassiliou…).

â–º Colloque international "Poésie et interfaces", du 23 au 25 septembre 2015 à Rio (Brésil), autour de Christian Prigent et Pierre Alféri : on retrouvera dans le comité organisateur deux participants au colloque international de Cerisy sur Prigent (Marcelo Moraes et Bénédicte Gorrillot).

â–º Café littéraire avec Patrick VARETZ [ événement Escale des lettres]

Oscillant entre la noirceur lugubre de son écriture romanesque et la fulgurance d’un souffle poétique, Patrick Varetz invoque intarissablement ses fantasmes torturés, ses obsessions les plus chères et ses ténèbres intérieures. Dans Bas Monde il prête sa voix au nourrisson qu’il était (témoin impuissant d’un mariage tari par l’alcool et les ecchymoses), révélant comme un cri de rage social le chaos des origines. Après un passage compulsif en poésie avec Premier mille (recueil composé dans l’hybridité d’un millier de fragments d’existence, d’émotions libres et d’éclats de pensées), le romancier renoue avec les souvenirs de sa Petite vie d’enfant, réveillant entre crainte, culpabilité et colère, la violence de son père, la folie de sa mère, la délicate question de l’amour et celle de la naissance du verbe.

♦ Lundi 21/09 à 19H, Grand Librairie d’Arras (21, rue Gambetta).

♦ Mardi 22 à 20H, Le Moulin d’Or à Lille (15, rue du Moulinel).

♦ Mercredi 23 à 19H, Le Nautilus à Béthune (74, rue Boutleux).

â–º Vendredi 25 septembre à 19H : Antoine DUFEU lira SIC à la Librairie Michèle Ignazi (17, rue de Jouy 75004 Paris) ; Emmanuel RABU relira Futur fleuve à Khiasma (15, rue de Chassagnolle 93260 Les Lilas).

5 juillet 2015

[News] News du dimanche

Ce soir, 2e livraison de LIBR-VACANCE et présentation du colloque de Cerisy sur PONGE…

LIBR-VACANCE

Profitez de ce temps de "vacance" pour explorer un site riche de centaines d’auteurs et de deux milliers de posts / remonter la UNE…

Libr-vacance : chaque semaine, des infos et des idées de lectures. Pour ce dimanche, voici l’actualité et les (re)lectures de deux écrivains.

â–º Bernard DESPORTES (écrivain, collaborateur de Libr-critique) : est en train de travailler à la troisième version de son prochain roman (volumineux).

Lectures en cours :
Camoes : Les Lusiades – trad. Roger Bismut (Bouquins)
Isaac Babel : Œuvres complètes – trad. Sophie Benech (Le Bruit du temps)
Nicolas de Staël : Lettres (Le Bruit du temps)
Oe Kenzaburô : L’Ecrivain par lui-même, entretiens – trad. Corinne Quentin (Philippe Picquier)

Relectures :
Virgile : L’Enéide – trad. André Bellecourt (Bartillat)
Henri Michaux : Poteaux d’angle (Poésie/Gallimard)
Léon-Gontran Damas : Pigments / Névralgies (Présence Africaine)

Lectures :
Elisabeth Van Rysselberghe : Lettres à la Petite Dame (Gallimard)
Hermann Broch : Le Tentateur – trad. Albert Kohn (Gallimard)
Lao She : Gens de Pékin – trad. Paul Bady et autres (Folio)
Claude Lévi-Strauss : Le Regard éloigné (Plon)
Ingeborg Bachmann : Poèmes – trad. François-René Daillie (Actes Sud)
Claudio Magris : A l’aveugle – trad. J & M-N Pastureau (L’Arpenteur)

â–º François RANNOU (écrivain) : en plus de ses responsabilités chez La Lettre volée (Bruxelles) et sur Publie.net

  • En projet : lecture polyphonique d’un texte pour 40 voix (& écriture de la suite de La Chèvre noire + un essai décoiffant sur André du Bouchet). 

    Relectures : Marcelin Pleynet ; Le propre du temps & Devant le temps de Georges Didi Huberman…

  • Recommandations : Cité dolente de Laure Gauthier (qui vient de paraître aux éditions Châtelet-Voltaire)

    et la prochaine résidence du compositeur Aurélien Dumont à La Scène nationale de Quimper.

Colloque international de Cerisy – Francis Ponge : ateliers contemporains (24-31 août 2015)

En 1975, au Centre Culturel International de Cerisy, Philippe Bonnefis et Pierre Oster organisaient, en présence de Ponge, un colloque titré "Ponge inventeur et classique" (dont les actes d’abord parus en 10/18 ont été réédités par les éditions Hermann dans la collection Cerisy/Archives) qui éclairait la proximité de l’écrivain aux démarches des néo-avant-gardes de l’époque (de Tel quel à Digraphe) et abordait son œuvre selon les approches en vogue de la "nouvelle critique" (poétiques formalistes, d’inspiration linguistique ou rhétorique). Quarante ans plus tard, il paraît indispensable de faire le point sur la place de cet auteur majeur dans le paysage littéraire, artistique et universitaire contemporain.

En France, le climat théorique et critique a évolué, de même que la connaissance objective de l’œuvre, désormais accessible dans la Bibliothèque de la Pléiade et augmentée par les annexes précieuses des Pages d’ateliers (Gallimard, 2005) ou par le corpus assez large des correspondances publiées de Ponge (avec Camus, Mandiargues, Paulhan, Thibaudeau, Tortel). Ce corpus ne cesse de s’enrichir (Correspondance avec Prigent en cours de publication) et permet d’observer la "fabrique" d’une figure et d’une posture de poète (ou de non-poète) dans le champ clos d’un paysage (liens avec les confrères, les amis, les éditeurs, les revues, etc.). Il convient aussi de prendre la mesure de ce qui continue de faire signe — et parfois leçon — pour nombre de (jeunes) écrivains ou artistes (peintres, sculpteurs, musiciens), voire pour les acteurs toujours plus nombreux à mettre en scène ses textes.

À l’étranger, les traductions de Ponge se multiplient (notamment en Amérique latine ou au Japon) et imposent d’interroger les modalités nouvelles de la réception de cet auteur. Tout aussi remarquable est l’insertion de l’écrivain dans le corpus académique (utilisation systématique dans les "ateliers d’écriture" ou programmes scolaires). Ponge reste donc au cœur des ateliers les plus contemporains de la création et de la réflexion: il convient d’évaluer les raisons d’une telle actualité et d’en préciser les différentes modalités.

Comité organisateur :

Lionel Cuillé : Jane Robert Chair in French Studies, Webster University, Saint-Louis, USA – cuilleli@webster.edu

Jean-Marie Gleize, Professeur Émérite, École Normale Supérieure de Lyon – France – gleizejeanmarie@gmail.com

Bénédicte Gorrillot : Maître de Conférences, Université de Valenciennes- Composante de recherche CALHISTE – France – bgorrillot0474@orange.fr
(†) Gérard Farasse : Professeur Émérite, Université de la Côte d’Opale – France

Retrouvez le programme et le bulletin d’inscription ici

CALENDRIER PROVISOIRE (renseignements complémentaires) :

Lundi 24 août
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants

Mardi 25 août
Matin:
Situations (I)

Jean-Marie GLEIZE: Ouverture du colloque
Stéphane BAQUEY: Le colloque de Cerisy en 1975, actes: textualismes en présence du phénomène Ponge
Jean-Charles DEPAULE: Francis Ponge au travail – (re)tenir, lâcher prise

Après-midi:
Texte (I)
Michel COLLOT: Le parti pris des lieux
Sophie COSTE: "Par le mot par commence donc ce texte": une matrice à l’œuvre?

Texte (II)
Nathalie BARBERGER: Araignées
Thomas SCHESTAG: Fastigiée: au cœur du Soleil de Francis Ponge

Soirée:
Francis Ponge dans l’atelier des peintres
Présentation des œuvres exposées, par Christine CHAMSON et Frédérique NALBANDIAN

Mercredi 26 août
Matin:
Rhétoriques (I)
Marie FRISSON: De vers et prose(s): le prosimètre de Francis Ponge
Bénédicte GORRILLOT: Du proême antique aux proêmes pongiens

Après-midi:
Rhétoriques (II)
Jean-Marie GLEIZE: Poète pas très

Rhétoriques (III)
Jean-Luc STEINMETZ: Ponge en personnes: la formule et le lieu
Aziz JENDARI: Du premier Ponge au Parti pris des choses, jeux et enjeux de la satire

Jeudi 27 août
Matin:
Ponge / cinéma
Philippe MET: Ponge et Bresson, ou comment (ne pas) faire l’âne

Situations (II)
Elisabeth CARDONNE-ARLYCK: Émotions de Ponge
François BIZET: L’heure végétale

Après-midi:
À L’IMEC (Abbaye d’Ardenne, Caen)
Présentation des archives, par Typhaine GARNIER et Claire PAULHAN

Soirée:
À L’IMEC (Abbaye d’Ardenne, Caen)
Lectures, par Pierre BAUX et Jean-Marie GLEIZE

Vendredi 28 août
Matin:
Correspondances (I)
Benoît AUCLERC: Présentation: bilan sur les correspondances
Didier ALEXANDRE: Francis Ponge et Gabriel Audisio: réflexions autour de la correspondance de  Ponge
Pauline FLEPP: Francis Ponge-Jean Paulhan: l’échange épistolaire comme "jeu d’abus réciproque"

Après-midi:
Correspondances (II)
Alain PAIRE: Les Jardins-Neufs de Jean Tortel
Benoît AUCLERC: "Avoir assez vécu pour voir apparaître des gens comme vous": la correspondance avec Christian Prigent
Jean-Marie GLEIZE: La correspondance Ponge-Dupin: présentation du travail d’édition de Gérard Farasse

Soirée:
Lectures de textes et d’extraits de correspondances de Francis Ponge, par Pierre BAUX et Jean-Marie GLEIZE (avec le soutien de la Fondation d’Entreprise La Poste)

Samedi 29 août
Matin:
Ponge / Autres auteurs
Joëlle GLEIZE: Francis Ponge et Claude Simon: une "rectification continuelle"
Olivier GALLET: Jaccottet: la réserve Ponge
Michel MURAT: Ponge objectiviste?

Après-midi:
Ponge / étranger (I) – USA / Europe
Vincent BROQUA: Lectures anglo-américaines de Francis Ponge
Lionel CUILLÉ: Made in USA: écocritique de Ponge
Luigi MAGNO: Ponge et l’Italie. Hapax, détours

Dimanche 30 août
Matin:
Ponge / étranger (II) – Brésil
Adalberto MÜLLER: Ponge vu par les choses: réalisme spéculatif, perspectivisme, traductions
Marcelo Jacques de MORAES: Mange-t-on une figue de parole?

Après-midi:
Ponge / étranger (III) – Japon
Yu KAJITA: Ce que de l’œuvre de Francis Ponge révèle sa réception japonaise
Marguerite-Marie PARVULESCO: Ponge dans la perspective des kanshi japonais: écriture, lecture et traduction
Asako YOKOMICHI: Les traductions de Ponge en japonais

Lundi 31 août
Matin:
Lionel CUILLÉ, Jean-Marie GLEIZE & Bénédicte GORRILLOT: Conclusions

24 mai 2015

[News] News du dimanche

Après la UNE : "Christian PRIGENT dans tous ses éclats", nos riches Libr-événements : à Marseille, mercredi Montévidéo #20 avec la revue MUSCLE ; en Seine-Saint-Denis, dialogue entre Franck Smith et Georges Didi-Huberman ; et les RV avec le Général Instin à ne pas manquer.

 UNE : Christian PRIGENT dans tous ses éclats

â–º Retour sur "Le désir de littérature, en somme" (soirée Remue.net animée par Bénédicte Gorrillot et Fabrice Thumerel, autour de Christian Prigent et de Bruno Fern, vendredi 22 mai 2015, de 20H à 22H) : vidéos de Vanda Benes.

Extrait 1 ; extrait 2 ; extrait 3.

â–º Christian Prigent, La voix de l’écrit. Lectures et entretien sur la littérature, Lycée Ernest Renan Saint-Brieuc (amphi Mona Sohier-Ozouf), lundi 1er juin 2015, de 18H à 19H30. http://www.lycee-renan.fr/index.php…

â–º LA VILLE BRÛLE, BERLIN SERA PEUT-ÊTRE UN JOUR
Rencontre avec Christian Prigent (auteur), Patrick Suel (libraire) et Marianne Zuzula (éditrice) autour du livre Berlin sera peut-être un jour de Christian Prigent (éditions La ville brûle, 2015)
Le mercredi 17 juin 2015 à 19 h à l’Institut français de Berlin http://www.institutfrancais.de/…/berlin-sera-peut-etre-un-j…

â–º On consultera avec intérêt le Fonds Prigent à l’IMEC (Institut Mémoires de l’édition contemporaine).

 

Libr-événements

â–º Mercredi 27 mai 2015, les mercredis de Montévidéo #20, de 19h30 à minuit pile

20h15 : Sortie de la revue MUSCLE # 5, avec Simon Allonneau, Arno Calleja & Laura Vazquez.

MUSCLE est une revue de poésie bimestrielle. C’est une feuille pliée qui accueille deux auteurs par numéro – et donc deux textes courts : des textes d’étrangeté, souvent occupés à penser, souvent préoccupés par l’invention de formes.

MUSCLE souhaiterait que chacun de ses textes soit lu dans sa densité et dans sa beauté propre mais qu’aussi la lecture de l’un puisse vriller la lecture de l’autre, ou encore, que la lecture des deux puisse créer un troisième texte, hybride, mental, possible. Ce serait comme une expérience. MUSCLE se voudrait une expérience de lecture miniaturisée et aimerait constituer patiemment, numéro après numéro, une petite bibliothèque très portative de textes expérimentaux, intensifs, inventifs.

La pièce d’Antoine Boute "Forêt/massage/peuple", sera diffusée dans le Hall de Montévidéo.

INFOS PRATIQUES : 3, impasse Montévidéo à Marseille, entrée Libre (+ adhésion) ; durée : 45min environ. Renseignements et réservations au 04.91.37.97.35.

 

â–º Mardi 2 juin à 19H, "La Mémoire brûle", Archives nationales (59, rue Guynemer à Pierrefitte-sur-Seine – 93) : en résidence, Franck Smith invite Didier Didi-Huberman. On se souvient des vers de Baudelaire : « Je brûle de peindre celle qui m’est apparue si rarement et qui a fui si vite, comme une belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit. Comme il y a longtemps déjà qu’elle a disparu »… Dans cette conférence (avec projections d’images), Georges Didi-Huberman proposera quelques éléments d’une réflexion en cours sur la question des soulèvements : pourquoi, mais aussi depuis quoi, se soulève-t-on contre un certain état du temps présent ? À la question du « pourquoi » répond celle du désir, bien sûr. Alors on « brûle » de désir, on « brûle » de former l’image de son désir (ce qu’Ernst Bloch appelait le Principe Espérance) en vue de le réaliser dans la pratique. À la question du « depuis quoi » répond celle de la mémoire. Mais comment penser le fait que l’on puisse « brûler » (désirer) de mémoire ?

Cette conférence sera suivie d’une discussion publique entre Georges Didi-Huberman et Frank Smith.

 

â–º Du 4 au 7 juin 2015, rue Dénoyez (75020 Paris), ne manquez pas les RV avec le Général Instin. LE PROGRAMME (pour plus de détails, voir Remue.net)
Pour plus de détails sur les participants, visualiser le dossier de presse.

Chaque soir,
de 18h à 20h : sonorisation de la rue, atelier, tracts, installations
de 20h à 21h30 : conversations, performances, lectures

En continu : expos, street-art

Jeudi 4 juin  : Paul Ardenne (critique d’art et muséologue) & Stany Cambot (plasticien et architecte) ; Anne Kawala (écrivain performeuse) ; Marc Perrin (écrivain performeur) ; Poésie is not dead (François NotDead, Michel Bertier, Gaetan Saint-Remy, Nâzim Boudjenah, poésie-vidéo-son) ; Sadhus (Tim, Fred, Pedrô !, musique)
Vendredi 5 juin  : Véronique Mesnager (commissaire d’expositions) & street-artistes ; Maja Jantar & Vincent Tholomé (artistes-auteurs performeurs) ; Christophe Caillé+Séverine Batier+Dominique Cassagne+Sylvain Granon+Alice Letumier (écrivain et comédiens) ; Maël Guesdon & Marie de Quatrebarbes (écrivains) ; Poésie is not dead (François NotDead, Michel Bertier, Gaetan Saint-Remy, Nâzim Boudjenah, poésie-vidéo-son) ; Sadhus (Tim, Fred, Pedrô !, musique)
Samedi 6 juin  : Eric Hazan (écrivain et éditeur) & Maxime Braquet (historien, spécialiste de Belleville) ; Philippe Aigrain (écrivain) ; Curtis Putralk (artiste et poète) ; a rawlings & Maja Jantar (artistes pluridisciplinaires) ; François NotDead (performeur)
Dimanche 7 juin  : Patrick Boucheron (historien) & Camille de Toledo (écrivain) ; Curtis Putralk (artiste et poète) ; Emmanuèle Jawad (écrivain)  ; Cécile Portier (écrivain) ; Sadhus (Tim, Fred, Pedrô !, musique) 

15 mai 2015

[News] Le désir de littérature, en somme

Vendredi 22 mai à 20H, Maison de la Poésie, "Le désir de littérature, en somme" (157, rue Saint-Martin 75003 Paris) : Christian Prigent avec Bruno Fern, Bénédicte Gorrillot et Fabrice Thumerel. Dix mois après le colloque international de Cerisy, "Christian Prigent : trou(v)er sa langue" – et trois livres publiés de l’auteur (dont un avec B. Fern et T. Garnier) -, à l’invitation de nos amis de Remue.net, cette rencontre autour de l’écrivain – dont les lectures ponctueront le débat – vise à débattre/échanger sur quelques questions essentielles, à esquisser quelques mises au point et perspectives.

Dans sa contribution à l’ouvrage collectif L’Illisibilité en questions (Bénédicte Gorrillot et Alain Lescart dir., éditions du Septentrion, 2014), "Du sens de l’absence de sens", Christian Prigent opère ainsi la distinction entre le discours philosophique et le discours littéraire :

« L’expérience du sens, on ne la fait pas directement face à la vie qu’on mène mais face aux discours qui nous disent quelque chose de cette vie. Je perçois du sens quand je lis un ouvrage de philosophie, un essai savant, une analyse politique. Et quand je perçois ce sens je perçois généralement aussi ce que son bâti rationnel et la positivité des énoncés qui le construisent ont de décevant. Au moment même où je saisis son sens, je perçois l’inadéquation de ce sens à la façon dont le monde, moi, singulièrement, m’affecte. Autrement dit : la lisibilité du propos me le fait, dans une large mesure, éprouver comme du parler "faux". Et cette épreuve est même sans doute ce qui fait lever en moi le désir d’un autre mode d’approche de la vérité, d’une autre posture d’énonciation, d’un autre traitement des moyens d’expression : le désir de littérature, en somme. »

Une vingtaine d’années après Ceux qui merdRent et Une erreur de la nature, qui dressaient déjà un constat alarmant sur l’état d’un espace social et d’un champ littéraire régis par les sommations de clarté/transparence/lisibilité (comment s’étonner alors de la démission de certains qui écrivaient ?), qu’en est-il de ce désir de littérature ?

Pour Christian Prigent, la réalité n’est pas bandante, toujours recouverte d’oripeaux économiques, médiatiques, politiques ou artistiques, toujours occultée par des paravents idéologiques et culturels : écrire ne peut avoir trait à Éros qu’en déchirant les voiles, en biaisant les discours écrans. Le poète, qu’il écrive en vers ou en prose, est un emmerdReur qui en a marre de positiver avec les pensées-Carrefour et qui rompt donc les amarres avec le monde tel qu’il paraît, brise les -ismes, s’éloigne des isthmes qui le rattachent au plancher du terre à terre. Non pour embarquer vers l’Éther, mais pour viser l’inatteignable point zéro du réel : trouer les chromos, faire déraper les signifiants et les signifiés, et ainsi nous faire jouer/jouir de la langue et ses monstres

Quels sont les monstres de la langue ? Qu’est-ce qui la rend monstrueuse ? Eros, Thanatos… l’impossible, l’innommable, la Chose, le Ça, la folie, le Rien, l’im-monde, le corps, l’âme, le Carnaval, la patmo…
Est monstrueuse toute langue qui excède la Langue, la débonde sans abonder dans son sens ; toute langue dans laquelle le "réel" vient trouer la "réalité", la dé-naturer.

 

Le poète Bruno Fern, qui a été marqué par son professeur Jude Stéfan, participera au débat et lira quelques-uns de ses textes. L’auteur de Reverbs (Nous, 2014) et du Petit Test (Sitaudis, 2015) – dans lesquels il retraite des matériaux discursifs en se fixant des contraintes, qu’il nomme "machines à fabriquer des grains de sable" – se retrouve dans la conception prigentienne de l’illisibilité : dès lors qu’on s’efforce d’écrire – au sens fort du terme -, s’impose "la fatalité de l’obscurité".

26 avril 2015

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche d’avril, après un Pleins feux sur Christian Prigent, nos riches Libr-événements : Annocque à Paris, exposition Doppelt (Paris), 9e édition du fiEstival (Belgique), Ernaux au CNL et Varetz à Lille. [LC sera présent sur plusieurs fronts…]

 

Pleins feux sur Christian PRIGENT

â–º Vendredi 22 mai à 20H, Maison de la Poésie, "Le désir de littérature, en somme" (157, rue Saint-Martin 75003 Paris) : Christian Prigent avec Bruno Fern, Bénédicte Gorrillot et Fabrice Thumerel. Dix mois après le colloque international de Cerisy, "Christian Prigent : trou(v)er sa langue" – et trois livres publiés de l’auteur (dont un avec B. Fern et T. Garnier) -, à l’invitation de nos amis de Remue.net, cette rencontre autour de l’écrivain vise à débattre/échanger sur quelques questions essentielles, à esquisser quelques mises au point et perspectives.

Entre autres questions, devant les pratiques actuelles de lire et d’écrire, les invités poseront, ensemble et séparément, des questions à « l’illisibilité en questions » à l’intérieur de « la langue trou(v)ée » de Christian Prigent, qui a publié en 2014 La Langue et ses monstres, recueil de vingt essais portant sur des écrivains de la « modernité » (de Sade à Christophe Tarkos, en passant par Gertrude Stein, Burroughs, Bernard Noël, etc…).

â–º Autour de Christian Prigent : sur le blog, chroniques sur La Langue et ses monstres (P.O.L, nov. 2014), Berlin sera peut-être un jour (La Ville brûle, mars 2015) et Pages rosses : craductions (avec B. Fern et T. Garnier, avril 2015).

â–º Mise en ligne de la revue d’avant-garde TXT : grâce au travail de José Lesueur, qui a lancé un blog dédié à cette revue désormais historique, nous en sommes au supplément au n° 12.

 

Libr-événements

 

â–º Mercredi 29 avril 2015 à 19H30, Librairie La Belle Lurette (26, rue Saint-Antoine 75004 Paris) : rencontre avec Philippe Annocque pour sa Vie des hauts plateaux (Louise Bottu).

 

â–º Suzanne Doppelt, Amusements mécaniques VERNISSAGE LE JEUDI 7 MAI À 19H

/ Exposition du 7 mai au 6 juin 2015. Ouvert du lundi au vendredi de 14h à 19h. [LC assistera au vernissage]

LOCO / L’ATELIER D’ÉDITION: 6, rue Charles-François Dupuis, 75003 Paris, France. T. 01 40 27 90 68

ÉDITION : ANNE ZWEIBAUM (anne.z@latelierdedition.com) / ÉRIC CEZ (eric.c@latelierdedition.com)

 

â–º "neuF. Qu’est-ce qui est neuf ? Qu’est-ce que le neuf ? Et quel est son rapport à l’ancien ? Interroger la racine et la cime. Se nourrir du minéral et du fruit. Voir comment l’horizon se dessine déjà dans les pas que nous plantons sur la terre à chaque instant…"
(Dante Bertoni)

La 9e édition du fiEstival se déroulera :
INdoor : du 7 au 10 mai 2015 à l’Espace Senghor & à la Boutique maelstrÖm 4 1 4
OUTdoor : à partir du 3 mai à la Boutique maelstrÖm 4 1 4 et en ville ! (infos ci-dessous)…

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LES INVITÉS D’HONNEUR de cette 9e édition seront :
Serge Pey (FR) . Chiara Mulas (IT) . Laurence Vielle (BE) . Antoine Wauters (BE) . Charles Ducal (BE) . Jean-Marc Desgent (CA) . Troy Von Balthazar (USA) . Petr Váša (CZ) . Félix Jousserand (FR) . Daniel De Bruycker (BE) . Ivan Tirtiaux (BE) . Détachement International du Muerto Coco (FR) . Rimbaud Mobile (FR) . Les éditions du Dernier Télégramme (FR) & le Belgium Bordelio (WA-BXL-VL)
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INFOS PRATIQUES :
P.a.f. : 7€ prix plein / jour – 5€ tarif réduit – PASS 4 jours : 25€ (prévente 20€)
Contact : info@fiestival.net – www.fiestival.net – Tél : 02 230 40 07 – Gsm: +32(0)498 60 72 53
Réservations : Espace Senghor – 362, chaussée de Wavre, 1040 Etterbeek – info@senghor.be – Tél : 02 230 31 40
et à la Boutique maelstrÖm 4 1 4 – 364 chaussée de Wavre, 1040 Etterbeek – ouvert du mercredi au samedi de 14h à 19h

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PROGRAMME :

DAY #-1
DIMANCHE 3 MAI 2015 – 16h
"Thé des écrivains, 1"
Boutique maelstrÖm 4 1 4

Lectures et sorties de nouveautés dans le piétionnier de la Place Jourdan : le Dimanche 3 mai c’est le “Day – 1”, une sorte de pré-pré-lancement des fiEstivités à l’occasion de la sortie des nouveaux titres de la collection “Bruxelles se conte” et d’autres titres (Arnaud Delcorte, Milady Renoir, Karen Guillorel, Kenny Ozier-Lafontaine, Christophe Lombardi…)

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DAY #0
MERCREDI 6 MAI 2015 – 20h
PIANOFABRIEK – 35 rue du Fort – St Gilles

En pré-ouverture du fiEstival, poésie et musique avec : Pierre Guéry (FR), Fabrice Caravaca (FR), Frédérique Soumagne (FR), Olivier Orus (FR), Aliette Griz (FR) Marc Guillerot (FR), et Célestin De Meeûs (BE)

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DAY #1
JEUDI 7 MAI 2015 > 18h
"la Preuve par (le) neuF, I"
Espace Senghor

Lectures, performances poétiques et multimédias – Salle 1900

18h00 > Inauguration et apéritif musical dinatoire (piétonnier)
Au cours de l’inauguration : lancement du nouveau livre/CD de Laurence Vielle (BE) “Ouf”

20h00 > "Poésie soufie. Le rituel des renversements ou la montagne secrète du soleil". Performance inédite de poésie-action et danse sufi par Serge Pey (FR), Chiara Mulas (IT) et Abdeslam Michel Raji (FR).

Poetry set de Marco Parente (IT) dans le Bar du Senghor

21h00 > "Spinoza in China". Marc Perrin (FR) nous livre la sortie de son tout nouveau livre avec cette performance accompagné en musique (contrebasse et objets) par Benoît Cancoin (FR).

21h20 > "Jin". le poète Tom Nisse (LU) rend hommage à la volonté d’émancipation, d’égalité et au courage des femmes kurdes. Accompagné par Nicolas Ankoudinoff (BE) au saxophone.

Poetry set de Marco Parente (IT) dans le Bar du Senghor

22h00 > "Aporie.org". Antoine Wauters (BE) nous livre pour la première fois le texte et performance « Aporie.org », une exploration du rapport à internet, les réseaux dits sociaux et les nouvelles technologies.

22h20 > "Fuen", création multimédia de Luvan (FR) et de Thomas Giry (BE) aux synthés.

Innovation : dans les interludes, dans le bar du Senghor, l’artiste et chanteur Marco Parente (IT) réalisera un Poetry set avec de multiples voix de poètes du passé et du présent…

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DAY #2
VENDREDI 8 MAI 2015 > 18h
"la Preuve par (le) neuF, II"
Espace Senghor

Lectures, performances poétiques et multimédias – Salle 1900

18h00 > Apéritif musical dinatoire (piétonnier)

20h00 > "Je suis toujours neuf Book Performance". Une performance-livre et performance d’une vie, en plusieurs langues (turc, anglais, français) de ÇiÄŸdem y Mirol (TU) et Nestor (BE).

20h20> "Rise Up ! Femmes poètes de la Beat Generation". Performance poétique et musicale de Ruby-Théâtre (FR) de et avec Mirabelle Wassef (FR) et Séverine Morfin (FR) au Violon Alto et pédales d’effets. Textes inédits en français.

Poetry set de Marco Parente (IT) dans le Bar du Senghor

21h00 > "Le nouveau monde amoureux de Newton". Performance de Boris Crack (FR) avec des poèmes qui tentent de se réapproprier de manière iconoclaste la révolution scientifique que constituent les découvertes de Newton ainsi que son destin solitaire sur un mode décalé. Accompagné à la contrebasse par Ghislain Gabrelle (FR)

21h20 > "Tempête". Lectures de textes inédits du poète québécois Jean-Marc Desgent (CA) accompagné à la guitare et à la basse par Gauthier Keyaerts (BE).

Poetry set de Marco Parente (IT) dans le Bar du Senghor

22h00 > "New". Troy Von Balthazar. En finale de la soirée, chansons et poèmes inédits du chanteur Troy Von Balthazar (USA), chanteur du groupe Chokebore. Il présentera également son premier bookleg, avec pour la première fois des textes traduits en français !

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DAY #3
SAMEDI 9 MAI > 11h
"Belgium Bordelio"
Espace Senghor

Big FiEsta et Rassemblement ! dans tout l’Espace Senghor
Le samedi est LE jour du rassemblement annuel rituel… Où toutes les activités deviennent moins formelles, où les publics se croisent et où les artistes et le public partagent tout : le temps, la poésie, la nourriture, et une Slam-Jam finale…

11h00 > 14h00 Ateliers d’écriture Kalame Pour adultes et enfants à partir de 7 ans.

15h00 > 16h00 Les Habits neufs de l’Empereur (jeune public et adultes). Création originale pour le fiEstival.
Laurence Vielle il y a un an a réécrit à sa façon Les cygnes sauvages. Une version poétique, musicale, avec la musique de Bertrand Binet (guitares, voix) et Vincent Granger (clarinettes, voix). Pour le fiEstival «NEUF», ils nous racontent à trois les habits neufs de l’empereur. Le spectacle est composé des deux contes réenchantés, revisités par leur univers où les mots et la musique nous emmènent dans une scansion, une envolée, un lyrisme mêlé d’actualité. L’empereur demande des habits neufs, les plus beaux du royaume. L’empereur exige. On l’appelle aussi «le roi nu». Nous vous racontons cela. Pour tous les âges et toutes les âmes.
Accompagnement artistique: Hélène Ninerola
une coproduction de stoc ! asbl, la cie carcara et le fiestival 9

16h00 > La Roue des Poètes “Belgium Bordelio” Sur le thème de la “Babel des langues” plus de 30 poètes (dont certains néerlandophones et francophones ayant participé à l’anthologie “Belgium Bordelio”) se réuniront dans une vaste Roue composée de 9 emplacements qui constitueront autant de “stations”. Un itinéraire poétique pour le public circulant d’un emplacement à l’autre… Certains de ces emplacements seront de véritables installations artistiques et performances qui durent tout le long de cette Roue, avec notamment “Glossolalie” de Frédéric Dumond (FR) et “Butho An Neuf” de BramP (BE) et Eugenio Sanna (IT).

18h00 > Petr Váša – performance de l’artiste tchèque Petr Váša, artiste de poésie visuelle et sonore, ayant inventé tout un langage propre… Dans les jardins du Senghor.

18h30 > Banquet poÉthique… Buffet préparé par l’équipe de maelstrÖm et par les artistes et poètes invités, buffet qui bénéficie également d’une participation grandissante des commerçants (restos, snacks, etc.) du quartier Jourdan. Un grand classique et un moment de convivialité.

20h30 > 0h00 Méga Slam-Jam Finale…
La Slam-Jam, présentée par Milady Renoir (BE) et Andy Fierens (BE), sera lancée par le slameur français Félix Jousserand et par quatre des meilleurs slameurs belges : Joy, Youness Mernissi, L’Ami Terrien et Volauvent. La Jam est également ouverte au public, par inscription sur place ! Avec accompagnement musical par la Troupe Poétique Nomade. Dans le courant de la Jam, nous découvrirons aussi le Prix Paroles Urbaines 2015 section Slam !

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DAY #4
DIMANCHE 10 MAI > 10h15
"Thé des écrivains, 2"
Espace Senghor

10h15 > 11h45 Petits matins de la poésie – pour enfants. La Bellone.
Première collaboration avec les Midis de la poésie pour ce détachement matinal à la Maison du Spectacle La Bellone. “LES MORTS RIGOLOS”, par Victor, Lucas et Antoine Boute (BE) : Lucas (5 ans) et Victor (7 ans) n’arrêtent plus de questionner leur papa (Antoine) à propos de la mort.

13h30 > 17h00 Masterclass-e avec Hubert Haddad et Christine Van Acker. Maison d’Erasme.
Le Réseau Kalame & la Maison d’Érasme invitent Hubert Haddad et Christine Van Acker à animer une masterclass-e Et un atelier d’écritureS dans un détachement du fiEstival à la Maison d’Érasme (Bruxelles). Inscriptions obligatoires et limitées à 20 personnes.

… et à l’Espace Senghor…

15h00 > 18h00 La Hutte des petits musiciens. Piétonnier – Espace Senghor.
Installation avec des matériaux de récupération et animation pour enfants (0 à 6 ans) par Dadadoum avec Laetitia Lowie (BE) et Akram Haissoufi (MA).

16h00 > Thé des écrivains #2…
Présentations et lectures d’extraits de nouveaux livres publiés par maelstrÖm et l’Arbre à paroles : Neuvaines de Daniel De Bruycker (BE), Le Chevalier rouge de Luvan (BE), Delia on my mind de Kenan Görgün (BE), Le Livre de Wod & Snobble de Martin Wable (FR), Mille gouttes rebondissent sur une vitre de Otto Ganz (BE) et S’éclipser de Aliette Griz (BE)…

19h > Concert de clôture…
Avec grande joie nous accueillerons le chanteur belge Ivan Tirtiaux autour de la sortie de son nouvel album L’ENVOL (OCTAVE de la Musique pour la Chanson Française 2015).
http://www.ivantirtiaux.com/

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FiEstival OUTdoor : du 3 au 10 mai

…when poetry comes to town!

Le fiestival s’exporte dans la ville.
Les moments phares 2015 pour l’OUTdoor :
Programme détaillé : www.fiestival.net

1. Dimanche 3 mai dans le piétonnier de la Place Jourdan Lectures et sorties de nouveautés. C’est le “Day – 1”, une sorte de pré-pré-lancement des fiEstivités à l’occasion de la sortie des nouveaux titres de la collection Bruxelles se conte et d’autres titres (Arnaud Delcorte, Milady Renoir, Karen Guillorel,
Kenny Ozier-Lafontaine …).

2. Mercredi 6 mai à 20h au Bar Le Viaduc
En pré-ouverture du fiEstival : poésie et musique. Pierre Guéry (Fr), Fabrice Caravaca (Fr), Frédérique Soumagne (Fr), Olivier Orus (Fr), Marc Guillerot (Fr), Aliette Griz (Fr) et Célestin De Meeûs (Be).

3. Jeudi 7, vendredi 8 et samedi 9 mai à partir de 13h
– Le Détachement International du Muerto Coco. Une caravane se déplacera dans la ville de Bruxelles (Marolles, Flagey, St Gilles) et s’installera pour accueillir le public qui assistera à des lectures [z] électroniques. Une expérience vivifiante de la poésie !
– D’autres toi.
Poèmes et dessins à emporter à prix libre par le MEDEX muséum, le musée éphémère de l’exil.

4. Samedi 9 mai de 11h à 16h
La Rimbaud Mobile.
Une vieille mais tenace voiture emporte avec son conducteur 4 poètes (Laurence Vielle, Pierre Guéry, Tom Nisse, Jean-Marc Desgent) et 1 musicien (Gauthier Keyaerts) qui parcourent la ville de Bruxelles jusqu’au piétonnier de la Place Jourdan (Senghor) pour y essaimer la poésie !

5. Dimanche 3 mai, jeudi 7 mai et vendredi 8 mai de 16h à 19h : Novellus. Dispositif 9.0.
Aliette Griz (Fr) et Anne Versailles (Be), depuis le Centre-Ville, vont écrire des histoires qui progressent à des rythmes différents autour de la question du Neuf. Ces histoires, le public les entendra et les lira sur un écran disposé dans la Boutique-Librairie maelstrÖm 414.

6.
Jeudi 7 mai et vendredi 8 mai à 18h dans le piétonnier Jourdan : Participe Présent.
Performance de Vincent Matyn-Wallecan (Be). Action socio-poétique où l’artiste va dessiner les contours de plusieurs personnes (poètes, artistes et public) sur un même support et en garder une image unique composée par les traces de la multitude…

 

â–º Lundi 11 mai 2015, 19H au CNL (53 rue de Verneuil, 75007 PARIS) : présentation de l’ouvrage issu du colloque Annie Ernaux, le temps et la mémoire (éditions Stock), animée par Francine Best et Francine Dugast, avec la participation d’Annie Ernaux, des interventions de Christian Baudelot, Pierre-Louis Fort, Raphaëlle Leyris, Capucine Ruat, et des lectures de Dominique Blanc. [Cerisy ERNAUX sur LC]

Réservation obligatoire
auprès de edith.heurgon@ccic-cerisy.asso.fr

 

â–º Le , Librairie Le Bateau Livre : rencontre avec Patrick Varetz pour son dernier livre, Petite vie (parution le jour même chez P.O.L), qui constitue la suite de Bas monde.

Patrick Varetz est né en 1958 à Marles-les-Mines, dans le Pas-de-Calais, où il a passé sa première nuit dans un carton à chaussures (pointure quarante-et-un). Il vit et travaille à Lille, dans le Nord, à quelque cinquante kilomètres de là.

La rencontre sera animée par Fabrice Thumerel (Université Artois / Libr-critique).

 

22 juin 2014

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche estival, en UNE : Nathalie Quintane. Suivent nos Libr-événements : autour de Christian Prigent ; VOIX D’INSURGÉS (RANO, RANO), de Raharimanana.

UNE : Nathalie Quintane

 â–º Nathalie Quintane, Descente de médiums, P.O.L, printemps 2014, 192 pages, 14,50 €, ISBN : 978-2-8180-2026-5.

"L’attention involontaire est le propre de la poésie" (p. 115).

C’est à une descente que, cette fois, nous invite la facétieuse Nathalie Quintane : vers ses rêves, ses méditations…

Et si l’on pouvait photographier les contenus de pensée, que gagnerait-on ? La littérature atteindrait-elle sa fin (son accomplissement ou sa disparition) ?

Poursuivant son interrogation sur le visible comme sur le lisible, l’auteure regrette la survalorisation du lecteur qui a succédé à celle de l’auteur ; repose le principe du dispositif/montage postmoderne : "- Je n’ai rien créé, rien composé / – Mais, à la rigueur, on mêle des matières, et cela fait un tout quelconque" (90)…

â–º Bénédicte Gorrillot et Alain Lescart, L’Illisibilité en questions, Actes du colloque de San Diego, avec Michel Deguy, Jean-Marie Gleize, Christian Prigent, Nathalie Quintane, Presses Universitaires du Septentrion, Université de Lille III, mai 2014, 316 pages, 28 €, ISBN : 978-2-7574-0741-7. [Nathalie Quintane, "Un présent de lectures troublées (plus que de textes illisibles)", p. 49-58 ; chap. 4, "Nathalie Quintane : poudre de succession", p. 175-207]

Fait notable, Nathalie Quintane fait partie des quatre figures majeures de l’espace poétique actuel retenues par cette somme importante : celle qui, entrée dans le champ en fin de siècle, est pour Christian Prigent une représentante de la poésie surfaciale entretient de passionnants dialogues avec Alain Farah, puis deux de ses aînés (Prigent et Gleize), sur son "désamorçage des avant-gardes", ses rapports à la langue, aux frontières génériques, à l’histoire… Ce qui ne l’empêche pas, dans "Un présent de lectures troublées", de dresser une mise au point critique sur les pratiques postmodernes : La post-modernité "ne vaudra pas, du moins, tant que ceux qui y souscriront avec plus ou moins de fracas ne le feront que pour passer leur contrebande conservatrice" (p. 51) ; « Certains "dispositifs" actuels changeraient de paradigme en mimant l’inclusion (mais mimer n’est pas miner), et même une hyper-inclusion – présence trop appuyée de la langue dominante, présence gênante d’une langue qui avoue si l’on veut bien se souvenir que gêner vient de gehir (avouer) » (53). La sortie du style et du sens demeurant toutefois cruciale à ses yeux, elle se penche ensuite sur les "mondes poétiques" d’Anne Parian.

On terminera sur "les paradoxes de la transparence" propres à Nathalie Quintane selon Agnès Disson : caractérisés par une écriture plane, ses dispositifs critiques – qui suivent ces trois opérations : prélever/relever/éponger – sont animés par la tension entre lisible et illisible, (re)connu et inattendu.

Libr-événements

â–º Du lundi 30 juin au lundi 7 juillet 2014 / Christian Prigent : trou(v)er sa langue, colloque international de Cerisy sous la direction de Bénédicte Gorrillot, Sylvain Santi et Fabrice Thumerel

♦ Modification du programme : Nous avons le regret d’enregistrer les forfaits de Tristan Hordé, de Vincent Vivès et de Daniel Dezeuze ; le mardi 1er juillet après-midi, c’est donc Dominique Brancher qui intervient ("Dégeler Rabelais. Mouches à viande et mouches à langue dans l’œuvre de Christian Prigent") et le vendredi 4 juillet après-midi Typhaine Garnier, " L’écrivain aux archives ou le souci des traces : « c’est quoi qu’on a été, qu’on est, qu’on sera ? » (Commencement, POL, 1989, p. 27). "
♦ Il reste des forfaits à la journée : 35 €/jour déjeuner compris ou 54 € déjeuner et dîner compris.
Pour une participation uniquement aux séances il est demandé 16 €/jour (soit 8 € par matinée ou après-midi).
A cela il convient d’ajouter la cotisation associative obligatoire ramenée au tarif étudiant de 10 € pour les personnes de région.
S’inscrire au préalable en renvoyant le bulletin qui se trouve à la page suivante du site internet : http://www.ccic-cerisy.asso.fr/bulletininscription.html, en réglant les frais de cotisation et de séance(s) ainsi qu’en précisant ses dates de venues.

CCIC – Tél : 02 33 46 91 66 / Fax : 02 33 46 11 39

Blog Autour de Christian Prigent : après la mise en ligne du premier recueil de l’auteur, La Belle Journée (1969), l’article de Typhaine Garnier ("La Trouvaille de la langue") et des actualités diverses, sont prévus dans la quinzaine à venir une Bibliographie générale (work in progress), un after-Cerisy, la publication d’un Carnet inédit sur La Météo des plages, la mise en ligne d’un entretien sur Bataille d’abord paru dans Les Temps Modernes

â–º DU 24 JUIN AU 28 JUIN 2014, Le Tarmac (75020 Paris) : VOIX D’INSURGÉS (RANO, RANO). Madagascar 1947, un lieu et une date qui ne sont guère présents dans les manuels scolaires.

Madagascar 1947. Une révolte, une répression, des dizaines de milliers de morts et un énorme silence suivi de polémiques sur les chiffres, de controverses et d’implications politiques qui survivent encore aujourd’hui. Oubli des uns, silence des autres, amnésie savamment entretenue et souvenirs souvent tus… une chape de douleurs et d’amertume est venue plomber le passé raturé et la mémoire blessée… Une faille dans l’histoire et la géographie de la Grande île.

Pourtant certains de ces rebelles qui ont osé défier l’ordre colonial sont encore vivants, et c’est à leur rencontre que sont allés Pierrot Men, le photographe, Tao Ravao le musicien et Raharimanana l’écrivain. Artistes jusqu’au bout des mots, des images et des notes, les trois créateurs malgaches ne prétendent pas à l’histoire mais à l’écoute des témoignages de ces hommes qui ont vécu cette date qui fait tache.

Ils ont conjugué leurs talents pour inscrire l’Histoire dans le présent, réhabiliter la parole perdue, vaincre le déni, enseigner aux générations suivantes, partager la fièvre des derniers survivants, montrer leurs visages, faire entendre leurs voix. Rano, rano… une formule magique utilisée hier par les insurgés. Rano, rano… une formule qui entend aujourd’hui garder la mémoire.

Représentations à 20h00 sauf le 28 juin à 18h00
Mercredi 25 juin, à l’issue de la représentation, rencontre En Echo animée par Bernard Magnier avec Raharimanana

DISTRIBUTION
texte, voix et mise en scène Raharimanana
musique Tao Ravao
photographie PierrotMen
conseil artistique Thierry Bedard

BIOGRAPHIE(S)
LES LIVRES DE RAHARIMANANA SONT ÉDITÉS AUX ÉDITIONS VENTS D’AILLEURS
Les livres de Raharimanana sont édités aux éditions Vents d’ailleurs

Réservations sur le site du Tarmac : http://www.letarmac.fr/la-saison/spectacles/p_s-rano-rano/spectacle-63/calendrier/

8 juin 2014

[News] News du dimanche]

Dans les NEWS de ce soir, spécial Christian PRIGENT et un RV exceptionnel avec Claude FAVRE. Enfin, LC vous guide dans l’espace gigogne de ce qui, hélas, s’appelle toujours "Marché de la poésie"…

 

Autour de Christian Prigent

â–º AGENDA estival de Christian PRIGENT

15 juin. Marché de la poésie, Place Saint-Sulpice, Paris. Christian Prigent sera de 14 h 30 à 16 h 30 sur le stand des éditions FICELLES (STAND 503).

17 juin | Rencontre, débat
Christian Prigent. «Une soirée d’amour martial» à Paris 14e

Christian Prigent. «Une soirée d’amour martial» (DCL épigrammes de Martial, chez POL). Lecture/discussion à la Librairie «À Balzac à Rodin», 14 bis, rue de la Grande Chaumière, Paris 14e, M° Vavin. Le jeudi 17 juin à 18 h 30

18 juin | Lecture
Christian Prigent à Pantin

Christian Prigent à Pantin
Mercredi 18 juin 2014 à 20 heures, dans le cadre du festival « Côté court » : projection de Variation Chino, film de Sol Suffern et Rudolf Di Stefano (2014, 15 minutes) et lecture de Christian Prigent : Visions de Chino. Au Ciné 104, 104 avenue Jean Lolive, 93500 Pantin, métro : Eglise de Pantin (ligne 5).

Du lundi 30 juin au lundi 7 juillet : participation au premier colloque international de Cerisy consacré à son œuvre, "Christian Prigent : trou(v)er la langue" (dir. : B. Gorrillot, S. Santi et F. Thumerel). [Il reste quelques places pour les curieux]

Toute l’actualité de Christian Prigent, des textes et documents inédits, des articles de recherche, des chroniques sur le blog Autour de Christian Prigent : vous y trouverez le programme complet du colloque, la réédition de son premier recueil La Belle Journée – devenu quasiment introuvable -, une synthèse sur l’aventure TXT, un article de Typhaine Garnier sur "la trouvaille d’une langue"… et bientôt, l’entretien de l’auteur paru dans Les Temps Modernes sur Bataille, une Bibliographie générale complète…..

â–º L’ensemble d’essais et d’entretiens de Christian Prigent, intitulé SILO, consultable et téléchargeable sur le site de pol éditeur vient d’être enrichi de trois textes : [ http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=feuilletons&numauteur=160&numfeuilleton=13&numpage=21&numrub=12]
1— "Aux grands Anamorphoseurs" (essai)
La mode des anamorphoses (vers 1560) comme trace d’une crise dans les modes de représentation. La torsion anamorphosée comme «structure de fiction». Une difficulté de la psychanalyse : Freud et la peinture. L’écriture moderne au delà du principe d’anamorphose.
Exposé au colloque « De l’art les bords », Milan, 1978. Paru dans La Langue et ses monstres, Cadex, 1989. Revu et corrigé en avril 2014.
2— "Du Sens de l’absence de sens" (essai)
La question de l’illisibilité en littérature. Qu’est-ce qu’un texte illisible ? Ecriture et sens du « présent ». L’écriture comme expérience du sens de l’absence de sens.
Exposé au colloque « Liberté, licence, illisibilité poétique », San Diego, USA, 2008 (direction Bénédicte Gorrillot et Alain Lescart. Une version légèrement différente figure dans les actes de ce colloque (L’illisibilité en questions, Presses du Septentrion, avril 2014).
3— "Du Droit à l’obscurité" (entretien)
La littérature et la fatalité de l’obscur. Aux origines de la revue TXT. De Commencement à Demain je meurs : vers une plus grande lisibilité ? Pour qui écrire ? Fiction et pédagogie critique. La peinture comme médiation. Le rapport aux « maîtres ». Narration et voix. Pourquoi et comment des « lectures publiques ». Le style comme puissance de distinction.
Entretien avec Bénédicte Gorrillot. Colloque « Liberté, licence, illisibilité poétique », USA, 2008. Une version abrégée figure dans les actes de ce colloque (L’illisibilité en questions, Presses du Septentrion, avril 2014).

 

Spécial Libr-événement

Les rencontres avec Claude FAVRE étant rares, on ne manquera pas celle-ci, organisée par notre ami libre & critique Sébastien Écorce :

Claude Favre,

 

« VOYOUS »

 

LECTURE-PERFORMANCE

avec Dominique Pifarely (violon).

 

 

samedi 14 juin 2014 à 20h

 

Atelier Natalie Lamotte

10 – 12 rue Louis Marchandise

94400 Vitry sur Seine, Brooklyn

 

un mot j’ai commencé d’étourdissements il arrive que ça, démange un mot mon amour il arrive qu’à parler, ça donne sur la mort, n’est pas rien commencer, pas trop de culbutes, et totems je me joue certains jours à l’envers si vous saviez la langue, la langue et le corps, le corps étrange de l’intérieur qu’interpréter, ça qu’à moitié mais d’alertes je me joue je brouille, les cartes à l’orée de la langue de l’effroi je suis née et protéiforme, arrachée me raconte d’alertes c’est pas dit, c’est pas dit

 

Claude Favre, autour d’A.R.N. et inédits

(Ed. revue des ressources 2014)

© Nathalie Lamotte, série acrylique

 

32e Marché de la poésie Paris, du mercredi 11 au dimanche 15 juin 2014 (place St Sulpice)

 Notons l’hommage à Pierre Garnier jeudi 12 à 17H30 ; les stands de la revue GRUPPEN (501), des éditions de l’Attente (110-112), des éditions Le Grand Os (stand 205), Arbre à paroles et Maelström (209)…

â–º LES ÉDITIONS AL DANTE SERONT PRÉSENTS AU MARCHÉ DE LA POÉSIE, STAND 506.

Programme des événements, signatures et interventions :
– Jeudi 12 juin à partir de 17h, en présence de Julien Blaine & Stéphanie Éligert, présentation du livre "DOC(K)S MORCEAUX CHOISIS (1979-1989).
– Jeudi 12 juin à 19h, STÉPHANE NOWAK PAPANTONIOU lira des extraits de son dernier livre : GLÔÔSSE. + présentation & signature.
– Vendredi 13 juin à partir de 18h, apéro & présentation des nouveautés aldantiennes en présence des auteurs :
AGENDA ROUGE DE LA RÉSISTANCE CHILIENNE de SERGE PEY
VORONEJ – CHOIX de Ossip Mandelstam, traduit par HENRI DELUY
– Samedi 14 juin à partir de 18h, apéro & présentation du livre AVAVA-OVAVA, publié avec La Voix des rroms. En présence des auteurs PIERRE CHOPINAUD, ANINA CIUCIU, LISE FOISNEAU, VALENTIN MERLIN ET SAIMIR MILE.

Sur la scène centrale, le dimanche 15 juin à 17h : "L’Édition de l’oralité", table ronde proposée par l’association Poema, avec Sébastien Lespinasse, Laurent Cauwet, Franck Puja. Modérateur : Jean-Michel Espitallier.

Autres nouveautés :
Poésie/littérature
– "Du bitume avec une plume" de Skalpel
– "Nous avons marché" de Yannick Torlini
– "Consume rouge" de Sylvain Courtoux
– "La sphinge mange cru" de Liliane Giraudon
– "Première ligne" de Jérôme Bertin
– "Le projet Wolfli" de Jérôme Bertin
– "Edie. La danse d’Icare" de Véronique Bergen
Politique
– "Procès d’une homme exemplaire" de Éric Toussaint
– "La démocratie" de Alain Brossat
Gastronomie
– "Cuisine action" de Henri Deluy

Samedi 14 juin
11h Rimbaudmobile, organisée par Poètes dans la Ville, parcours dans différents points de la capitale avec des poètes invités accompagnés du collectif Poésie is not dead (poètes : Vincent Tholomé, Laurence Vielle et Peter Holvoet Hanssen).*
Ouverture au public à 11h30.
14h 30 ans des éditions Bernard Dumerchez avec les poètes Hervé Carn, Zéno Bianu, Thomas Compère-Morel, Anne Mulpas, Jean-Dominique Rey, Yves Jouan, Valérie Schlée, Werner Lambersy, Dominique Dou.
15h Quelle place pour la poésie dans le “marché” de la littérature ? l’exemple de la Grande Bretagne, table ronde organisé par l’Union des Poètes & Cie
Anime par Paul de Brancion, poète et président de l’Union des poètes & Cie
Avec Lachlan Mackinnon, poète et critique littéraire, Jacques Darras, poète et président de Circé, et Brigitte Gyr, poète et vice-présidente de l’Union des Poètes & Cie.
Intervention : Mathias Lair, poète et secrétaire général de l’Union des poètes & Cie
16h Poésie Bassin du Congo : rencontre avec les poètes : Lopito Feijó (Angola), Éric Joël Békalé (Gabon), Michaella Rugwizangoga (Rwanda). Modérateur : Gabriel Mwènè Okoundji
17h Lectures : Poésie chinoise avec Han Bo, Jiang Hao, Jiāng Tāo, Ming Di, Tai E et Zhang Er, lecture organisée par le Festival franco-anglais

18h30 4e Nuit du Marché

Poésie Bassin du Congo

Présentation : Marie Alfred Ngoma
Lectures avec les poètes : Alexandrine Lao (Centrafrique), Thierry Manirambona (Burundi), Jean-Claude Awono (Cameroun)
Concert Bassin du Congo
20h Odette’s Tip (Afrobeat, Groove, Trance, Psychedelic Lounge, Cameroun)
21h Royaume Zipompa Pompa (Rumba- World music, Congo RDC)
Fermeture à 22h30

* Rimbaudmobile III : L’épopée Belge
Samedi 14 juin 2014
Dans une grange à Roche, le collectif Poésie is not dead a retrouvé il y a deux ans la voiture que la famille Rimbaud utilisait pour aller travailler aux champs.
Arthur et Vitalie la subtilisaient régulièrement, sous le nez et la barbe de leur mother, pour aller aux bals des villages alentours et pour leurs virées en Belgique et aux Pays-Bas.
Cet hiver, contre toute attente, elle a quitté sa grange ardennaise pour aller se promener en Belgique sur les pas d’Arthur et de Paul.
Heureusement, nos cousins poètes belges l’ont retrouvé à Bruxelles au n°1 de la rue des Brasseurs, devant l’ancien hôtel nommé A la Ville de Courtrai où se déroula le "drame de Bruxelles".
Cette année, les poètes belges Laurence Vielle, Vincent Tholomé et Peter Holvoet-Hanssen accompagnés par le créateur sonore en direct et en différé Michel Bertier et les vidéastes Anne-Sophie Terrillon et Christophe Acker ont décidé de faire revivre l’aventure abracadabrantesque de la Rimbaudmobile sur le bitume parisien.
Site de la Rimbaudmobile : http://rimbaudmobile.blogspot.fr/

Lectures-Performances dans les espaces publics suivants :
Avec le soutien de Wallonie Bruxelles International et du Fonds Flamand des Lettres
11h00 : Parvis Eglise Saint Eustache, rue Rambuteau près de la sculpture « L’Ecoute » d’Henri de Miller, avec Laurence Vielle et Michel Bertier
14h30 : Place de Furstenberg (près du Musée Delacroix) avec Vincent Tholomé et Michel Bertier
16h30 : Place Stalingrad avec Peter Holvoet-Hanssen et Michel Bertier
Captation vidéo : Anne-Sophie Terrillon et Christophe Acker
Conception et coordination : François Massut pour le collectif Poésie is not dead et l’association Poètes dans la Ville

Dimanche 15 juin
Ouverture au public à 11h30
14h30 Prix Coups de cœur/parole enregistrée de l’Académie Charles Cros
15h45 : Poésie du Bassin du Congo, rencontre avec tous les poètes venus pour l’occasion : Alexandrine Lao (Centrafrique), Thierry Manirambona (Burundi), Jean-Claude Awono (Cameroun), Madina Alima (Congo Brazzaville), Nocky Djedanoum (Tchad), Toussaint Kafarhire (Congo Kinshasa), Lopito Feijó (Angola), Éric Joël Békalé (Gabon), Michaella Rugwizangoga (Rwanda). Modératrice : Dominique Loubao
17h L’édition de l’oralité, table ronde organisée par POEMA. Avec Laurent Cauwet (éditions Al Dante), Sébastien Lespinasse (poète) et Franck Pruja (éditions de L’Attente). Modérateur : Jean-Michel Espitallier
17h45 Performances, de clôture : Patrick Dubost, Lili Frikh, Sébastien Lespinasse
20h Clôture du 32e Marché

9 novembre 2013

[Agenda] Christian Prigent

Passez de 2013 à 2014 avec Christian Prigent, de Saint-Brieuc à Lille, via Paris et Valenciennes.

â–º Lundi 18 novembre 2013, 19h à 21h30, à Saint-Brieuc
 : Rencontre avec Christian Prigent et Vanda Benes, Villa Carmélie
 (55 rue Pinot Duclos à Saint-Brieuc
). Entrée gratuite
. Réservation souhaitable (mais pas obligatoire) au 02 96 33 62 41.

À l’occasion de la parution, en mars 2013, chez POL, de son roman Les Enfances Chino, Christian Prigent ouvrira la boîte à outils de l’écrivain. Il partagera avec nous le matériau d’où part l’écriture (photos, peintures, tableaux, gravure, chansons d’operette…). Il dira comment ce matériau surgit à mesure que le parcours s’invente, comment il devient coloration, tonalité, littérature.

Soirée en trois parties : La fabrique Chino. Guest star : Philippe Boutibonnes, microbiologiste, peintre, dessinateur, écrivain, philosophe, cycliste.

Lectures à une et deux voix (Vanda Benes et Christian Prigent). Chansons (Vanda Benes accompagnée au piano par des élèves du Conservatoire de Saint-Brieuc). Projections commentées (Christian Prigent et Philippe Boutibonnes).

â–º Samedi 23 novembre 2013, dans le cadre de Citéphilo 2013.

 

14h30 > 16h30 : Projection de La belle journée (1h07, coul., 2010)
en présence de la réalisatrice :
Ginette Lavigne, réalisatrice, monteuse
A également réalisé : La nuit du coup d’Etat, Lisbonne, avril 1974 (2001), Un voyage en Israël (2008), Jean-Louis Comolli, filmer pour voir ! (2013)
Christian Prigent, poète, romancier, essayiste
A notamment publié : La vie moderne. Un journal (POL, poésie, 2012), Les enfances Chino (POL, roman, 2013) 
Présentation : Jacques Lemière, Institut de sociologie et d’anthropologie, CLERSE (UMR 8019 CNRS), Université Lille 1
Monteuse (notamment des films de Jean-Louis Comolli, L’Affaire Sofri, la série des films sur Marseille, et beaucoup d’autres), Ginette Lavigne est aussi réalisatrice. Dans La Belle Journée, elle se met au défi de la réalisation du film sur et avec un poète, Christian Prigent, sur son monde et sur son œuvre, à partir (texte et chansons du film) d’extraits de quatre ouvrages de l’écrivain : Commencement (1989), Une phrase pour ma mère (1996), Grand-mère Quéquette (2003), Demain je meurs (2007), tous parus chez POL. Rigoureux et inventif travail cinématographique, qui sera reçu en tant que tel, et aussi, parfaite introduction à la rencontre-lecture avec Christian Prigent, qui suivra, deux heures plus tard, à la Médiathèque Jean Levy de Lille.

 

 
Palais des Beaux-Arts – grand auditorium – Place de la République – Lille
 
18h30 > 20h30 : Christian Prigent ou l’acte poétique
En partenariat avec les médiathèques de Lille
Christian Prigent, poète, romancier, essayiste
A notamment publié : La vie moderne. Un journal (POL, poésie, 2012), Les enfances Chino (POL, roman, 2013) 
Présentation : Gérard Briche, professeur de philosophie à l’Ecole Supérieure d’Art de Tourcoing
L’homme qui parle scande les phrases, éclate les mots, triture la langue. Cet homme, c’est Christian Prigent, et il dit de la poésie. Mais cette poésie passe par le corps – littéralement. Car c’est dans l’acte que la poésie, la vraie, advient. Dans cet acte, dans cette performance, c’est toute la réalité matérielle qui passe, et d’abord la réalité biographique du poète. Ainsi la poésie est-elle pétrie de toute la matière de la vie, et jusqu’à ses aspects les plus triviaux, mais les plus rigolos aussi. Christian Prigent : la poésie, c’est d’abord ce qu’on imagine être le plus étranger à la poésie.
 
Médiathèque Jean Lévy – 32/34 rue Edouard Delesalle – Lille

â–º Trois jours avec Christian Prigent à la Maison de la Poésie de Paris, du 28 au 30 novembre 2013 : voir le programme.

â–º Lecture/conférence de Christian Prigent : "Martial, grande brute !" (quelle traduction contemporaine de l’obscène latin ?).

" Rapide, vacharde, pittoresque, rigolote, souvent obscène, toujours à la fois savante et désinvolte, la poésie épigrammatique de Martial s’inscrit dans la tradition, mineure mais vivace, d’une poésie non idéaliste qui « sent l’homme » quotidien. Du coup, elle tente l’effort de traduction des « modernes » de toutes les époques. Les 650 textes que j’ai essayé de « recycler » dans une forme méticuleusement métrée et travaillée par la distance des anachronismes paraîtront chez POL en avril 2014." (C. Prigent)

Dans le cadre du séminaire de MASTER 1 & 2 "L’obscénité en perspective : antiquité/ modernité", le jeudi 12 décembre 2013 de 11H à 13H – Université de Valenciennes , Site du Mont Houy, Bâtiment Matisse, Salle 208 -, B. Gorrillot invitera Christian Prigent, l’un des grands poètes français actuels, à l’occasion de la publication prochaine de sa traduction de DCL épigrammes de Martial (Paris, P.O.L, 2014). Cours ouvert à tous.

â–º Début 2014, les éditions P.O.L mettront en ligne sur leur site une sélection d’essais et d’entretiens de Christian Prigent – parmi lesquels les quatre que nous avons réalisés ensemble entre 2001 et 2013.

En plus de "Passage des avant-gardes à TXT" (dans Francis Marcoin et Fabrice Thumerel dir., Manières de critiquer, Artois Presses Université, 2001, p), trois entretiens publiés sur Libr-critique :

* "L’Incontenable Avant-Garde", 6 décembre 2006 ;

* "De TXT à Fusées", 16 mai 2008 ;

* "Christian Prigent, un ôteur réeliste", 14 mars 2013.

â–º Du lundi 30 juin (19H) au lundi 7 juillet 2014, premier colloque international de Cerisy sur l’œuvre de Christian PRIGENT : "Christian Prigent : tou(v)er sa langue", sous la direction de Bénédicte Gorrillot, Sylvain Santi et Fabrice Thumerel. [Lire la présentation détaillée et le programme complet]

Argumentaire. Comme ancien directeur de la revue d’avant-garde TXT (1969-1993) autant que par l’ampleur et la diversité de son œuvre personnelle, Christian Prigent (né en 1945) fait l’objet, depuis 10 ans, de multiples publications, rencontres, journées d’étude, enregistrements, mises en scène et films. D’où l’opportunité d’organiser un colloque international qui permette d’établir un premier bilan des réflexions proposées sur cet écrivain et d’ouvrir d’autres perspectives de lecture.

Le réel est ce que l’écrivain affronte, face auquel il essaie de trouver sa langue. Or ce réel est pour lui, comme pour Lacan, ce qui "commence là où le sens s’arrête". C’est encore le réel pulsionnel du corps qui défait les voix, comme chez Artaud ou Bataille. Marqué par la négativité de la Modernité, Prigent ne cesse donc de trouer la langue, les représentations admises aussi bien que l’histoire littéraire. Et il problématise violemment la légitimité du geste créateur. Mais il invite aussi à un salut du poétique inattendu en ce début de siècle qui continue volontiers à liquider, avec les avant-gardes, les genres millénaires, les engagements politiques et les utopies esthétiques. Les livres de Christian Prigent proposent ainsi une "trouée", au sens de la promesse d’une embellie. Car s’y opère peut-être le miracle d’avoir forcé l’expression juste du réel, voire de soi ?

27 octobre 2013

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche d’octobre, nous entrons dans le maelström automnal : VUAZ de V. Tholomé et Tout dort en paix, sauf l’amour de Claude Chambard (livres reçus) ; Agenda Christian Prigent ; Citéphilo et Festival NEXT autour de Lille, "Paroles d’éditeurs" à Merdignac, Sandra Moussempès à la Maison de la poésie de Paris (libr-événements).

Livres reçus (Fabrice Thumerel)

â–º Vincent Tholomé, VUAZ, éditions Maelström, coll. "CompAct", Bruxelles, automne 2013, 108 pages, 8 €, ISBN : 978-2-87505-158-5.

Si Bernard Heidsieck avait son Vaduz, Vincent Tholomé, lui, a son VUAZ.

Cependant, il ne s’agit pas ici de partitions, mais de trois marches  – lyriques/bucoliques/épiques.

Et zou, et zou, au fond du trou,
au fond de l’existence,
VUAZ.

 Prenez et tenez en tous sens ce livre relevant à la fois de la poésie visuelle et de la poésie orale,

et laissez-vous emporter par le flux de ce rythme capricant.
Prenez votre souffle,
et par monts et par vaux,
prenez votre envol
entre brailleries et "langue bébé"…

"Blagueurs de VUAZ.
Les 3000 et 2 fois 15 matins.
Les 8 3 et 14 ans millénaires passés ensemble.
Dans le trou.
La faille.
Le fond.
Le tout au fond à l’ombre."

 

â–º Claude Chambard, Tout dort en paix, sauf l’amour, Un nécessaire malentendu V, éditions Le Bleu du ciel, Coutras (33), automne 2013, 112 pages, 16 €, ISBN : 978-2-915232-88-2. [Site de l’auteur]

"Vivre, c’est comme écrire, mais sans pouvoir rien corriger" (António Lobo Antunes).

Que ceux qui, à la seule considération du titre, soupçonneraient une quelconque cuculerie, se rassurent en lisant ne serait-ce que la page 17 : "Oui, tout dort en paix, sauf l’amour, me disais-je, pris par une redoutable envie de pisser"… Ou 17 : "C’est la mi-nuit, les sexes sont sur les tombes, ils regardent la nostalgie & les bougies & le canal & le vent secoue tout vers le bas & les sexes rétrécissent & ma tête pèse sur les vagues gonflements & prend les baisers rouges"… Dans ce "récit incontinu" ressortissant à la proésie (p. 51), nous fascine un art subtil de l’ellipse et du télescopage, du figuré comme de l’incongruité, un phrasé mêlant affects et percepts, souvenirs et visions hallucinées, réflexions et évocations. Écrire pour Claude Chambard : "Comme un saut dans le vide                               de la langue" (69). Son livre : "l’histoire enfouie en moi & dont personne ne comprendra rien" (87). Une archéologie de la mémoire – sensible et culturelle – que rend encore plus critique le jeu de notes en fin de volume.

 

Agenda : Christian PRIGENT

â–º Samedi 23 novembre 2013, dans le cadre de Citéphilo 2013.

14h30 > 16h30 : Projection de La belle journée (1h07, coul., 2010)
en présence de la réalisatrice :
Ginette Lavigne, réalisatrice, monteuse
A également réalisé : La nuit du coup d’Etat, Lisbonne, avril 1974 (2001), Un voyage en Israël (2008), Jean-Louis Comolli, filmer pour voir ! (2013)
Christian Prigent, poète, romancier, essayiste
A notamment publié : La vie moderne. Un journal (POL, poésie, 2012), Les enfances Chino (POL, roman, 2013) 
Présentation : Jacques Lemière, Institut de sociologie et d’anthropologie, CLERSE (UMR 8019 CNRS), Université Lille 1
Monteuse (notamment des films de Jean-Louis Comolli, L’Affaire Sofri, la série des films sur Marseille, et beaucoup d’autres), Ginette Lavigne est aussi réalisatrice. Dans La Belle Journée, elle se met au défi de la réalisation du film sur et avec un poète, Christian Prigent, sur son monde et sur son œuvre, à partir (texte et chansons du film) d’extraits de quatre ouvrages de l’écrivain : Commencement (1989), Une phrase pour ma mère (1996), Grand-mère Quéquette (2003), Demain je meurs (2007), tous parus chez POL. Rigoureux et inventif travail cinématographique, qui sera reçu en tant que tel, et aussi, parfaite introduction à la rencontre-lecture avec Christian Prigent, qui suivra, deux heures plus tard, à la Médiathèque Jean Levy de Lille.

 

 
Palais des Beaux-Arts – grand auditorium – Place de la République – Lille
 
18h30 > 20h30 : Christian Prigent ou l’acte poétique
En partenariat avec les médiathèques de Lille
Christian Prigent, poète, romancier, essayiste
A notamment publié : La vie moderne. Un journal (POL, poésie, 2012), Les enfances Chino (POL, roman, 2013) 
Présentation : Gérard Briche, professeur de philosophie à l’Ecole Supérieure d’Art de Tourcoing
L’homme qui parle scande les phrases, éclate les mots, triture la langue. Cet homme, c’est Christian Prigent, et il dit de la poésie. Mais cette poésie passe par le corps – littéralement. Car c’est dans l’acte que la poésie, la vraie, advient. Dans cet acte, dans cette performance, c’est toute la réalité matérielle qui passe, et d’abord la réalité biographique du poète. Ainsi la poésie est-elle pétrie de toute la matière de la vie, et jusqu’à ses aspects les plus triviaux, mais les plus rigolos aussi. Christian Prigent : la poésie, c’est d’abord ce qu’on imagine être le plus étranger à la poésie.
 
Médiathèque Jean Lévy – 32/34 rue Edouard Delesalle – Lille

â–º Lecture/conférence de Christian Prigent : "Martial, grande brute !" (quelle traduction contemporaine de l’obscène latin ?).

" Rapide, vacharde, pittoresque, rigolote, souvent obscène, toujours à la fois savante et désinvolte, la poésie épigrammatique de Martial s’inscrit dans la tradition, mineure mais vivace, d’une poésie non idéaliste qui « sent l’homme » quotidien. Du coup, elle tente l’effort de traduction des « modernes » de toutes les époques. Les 650 textes que j’ai essayé de « recycler » dans une forme méticuleusement métrée et travaillée par la distance des anachronismes paraîtront chez POL en avril 2014." (C. Prigent)

Dans le cadre du séminaire de MASTER 1 & 2 "L’obscénité en perspective : antiquité/ modernité", le jeudi 12 décembre 2013 de 11H à 13H – Université de Valenciennes , Site du Mont Houy, Bâtiment Matisse, Salle 208 -, B. Gorrillot invitera Christian Prigent, l’un des grands poètes français actuels, à l’occasion de la publication prochaine de sa traduction de DCL épigrammes de Martial (Paris, P.O.L, 2014). Cours ouvert à tous.

 Libr-événements

â–º Du 6 au 26 novembre 2013, autour de la métropole lilloise, Citéphilo : "Pseudo. Ressemblances et faux-semblants". Avec cette année, le Japon comme invité d’honneur. Rens. : 03 20 55 66 34. On notera d’ores et déjà les RV du mercredi 13 novembre : "Les identités numériques" ; Vincent Descombes, "Les Embarras de l’identité". [Programme]

â–º Exposition "Paroles d’éditeurs" de Mélanie Gribinski à la médiathèque de Mérignac du 25 octobre au 16 novembre 2013.
Les Éditions de l’Attente, L’Atelier de l’agneau éditeur, les Editions Finitude, Le bleu du ciel, Gaïa et le Castor Astral exposent des livres, livres d’artistes, manuscrits et autres objets rares, introuvables, inédits ou jamais vu…
Rencontre le 8 novembre à 19h en présence des Editions Finitude.

â–º Du 15 au 30 novembre 2013, Festival NEXT (métropole lilloise, Courtrai et Tournai). Avec en particulier la dernière création de Jan Fabre, Tragedy of a friendship (© photo en arrière-plan).

â–º Jeudi 21 novembre 2013 à la Maison de la Poésie de Paris, 19H-20H : "Résurgences momentanées des sensations visuelles", lecture performée de Sandra Moussempès. En écoute : https://soundcloud.com/user9376239
Infos :
http://www.maisondelapoesieparis.com/programmes/y/2013/mois/11/

 

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