Libr-critique

8 décembre 2020

[Chronique] Christophe Esnault, Benoît Toqué n’est pas encore un produit de consommation courante

Benoît Toqué, Habiter outre, éditions Supernova, collection « Dans le vif », novembre 2020, 68 pages, 15 €, ISBN : 978-2-490353-47-7. [Frais de port offerts si vous le commandez chez l’éditeur – car disponible en librairie seconde quinzaine de janvier 2021]

 

Des vidéos nous permettent de voir et d’entendre Benoît Toqué lire ses textes à la librairie Le Monte-en-l’air, à La Maison de la poésie ou à Nuit remue. J’écris « lire » et je pourrais évoquer une lecture théâtralisée ou une lecture jouée pour ainsi éviter d’utiliser l’attendu « il performe » (trop bien ta performance (je n’achète jamais de livres, signe sur mon bras en plâtre, je le revendrais sur eBay si tu deviens un produit de l’industrie du livre)).

Dans Habiter outre, on peut se reconnaître. « Je préfère angoisser sur la fin du mois dès le début du mois. Je suis à découvert dès le début du mois, comme ça c’est fait ». Comme tout le monde je lis les livres que je n’ai pas eu le temps d’écrire.  Là on tient LE LIVRE que l’on va pouvoir offrir à ceux qui nous sauvent la vie quand on déménage et qui sont les seuls à nous aider. L’auteur (ou / et son double) déménage seul et en métro (avec une brouette et en fauteuil roulant (enfin presque)). C’est pour ça que l’on lit des livres. Rencontrer une solitude plus grande que la nôtre. L’auteur ne nous la joue pas façon violon et pathos, il n’est pas seul, son autodérision et son humour sont pour lui de supers amis.

Paris Habitat c’est sûr ils vont commander le livre par palettes et dégainer le partenariat. Parce que l’auteur nous offre aussi une grosse série de fragments sur ses voisins et surtout sa voisine (tout le monde veut le 06 de la voisine (partenariat 2 avec les opérateurs de téléphonies)). Nouvelles commandes par palettes (et conteneur maritime).

L’auteur ne s’en cache pas, il cherche une collocation et affûte ainsi sa langue de poète dans une oralité sexy qui lui ouvrira toutes les portes : « Ca serait parfait si tu étais similaire » / « Je voudrais vraiment trouver quelqu’un qui s’applique à moi ». On ne me trouvera pas sympa de citer ces deux phrases extraites d’une de ses (très drôles !!) petites annonces. C’est parodique, oui, tout le monde a compris, mais, conseil d’ami, c’est en écrivant ce genre de phrases que l’on chope le prix du Livre Inter.

Je n’ai pas évoqué l’architecture du texte ni l’excellente/hilarante page où l’auteur (son double ?) est contraint de travailler le soir d’une programmation immanquable aux Instants Chavirés qui ouvre vite sur une question philosophique urgente. La poilade est peut-être la philosophie de l’auteur.

Benoît, à propos de ton découvert. Baisse le curseur tout en bas. Et fonce !!

15 novembre 2020

[News] News du dimanche

Dans-le-monde-d’après-le-11-septembre-2001… dans-le-monde-post-démocratique… dans-le-monde-d’après-la-crise-sanitaire…

Où en sommes-nous au juste ? Dans le monde d’après le monde d’après le monde d’après ?

Il n’y a plus d’après : le monde du post- est celui du déni ou du repli, celui du comme-si – celui des dominants.

Le monde réel – le nôtre ! – est celui dans lequel il nous faut défendre concrètement nos libertés, à commencer par celle d’agir pour la survie du vivant, laquelle englobe celle de lire et de s’exprimer. C’est dans cet esprit qu’il convient de lire notre Libr-12 (Livres reçus) et nos Libr-brèves

Libr-12 (Livres reçus : automne 2020)

► 591, revue internationale, éditions Terracol, n° 8, 290 pages, 18 €.

► Bénédicte GORRILLOT dir., L’Héritage gréco-latin dans la littérature française contemporaine, Droz, Genève, 544 pages, 48 €.

â–º Julien BLAINE, La Cinquième Feuille. Aux sources de l’écrire et du dire. Édition établie par Gilles Suzanne. Presses du réel/Al dante, 464 pages, 30 €.

â–º Roland CHOPARD, Parmi les méandres, cinq méditations d’écriture, L’Atelier du Grand Tétras, Mont-de-Laval (25), 96 pages, 13 €.

► Pierre ESCOT, Spermogramme, postface de Julien Cendres, éditions Supernova, coll. « Dans le vif », 162 pages, 15 € [disponible début 2021].

► Christophe ESNAULT, L’Enfant poisson-chat, éditions Publie.net, coll. « L’Esquif », 112 pages, 12 €.

► Denis FERDINANDE, L’Arche inuit, Atelier de l’Agneau, coll. « Architextes », St Quentin-de-Caplong (33), 150 pages, 18 €.

► Jean FRÉMON, Le Miroir magique, P.O.L, 336 pages, 21 €.

► Martine GROSS, Détachant la pénombre, dessin de Denis Heudré, Tarmac éditions, Nancy, 60 pages, 12 €.

► Sarah KÉRYNA, Le Reste c’est la suite, Les Presses du réel, coll. « Pli », 88 pages, 10 €.

► Marc-Alexandre OHO BAMBE, Les Lumières d’Oujda, Calmann-Lévy, 330 pages, 19,50 €.

► Benoît TOQUÉ, Habiter outre, éditions Supernova, coll. « Dans le vif », 70 pages, 15 € [disponible début 2021].

Libr-brèves

â–º // 🔴 EN DIRECT // Encore quatre RV à ne pas manquer avec la Maison de la poésie Paris, en partenariat avec l’institut du monde arabe : Les Nuits de la poésie, couvre-feu poétique

Suivez en direct l’événement sur notre page Facebook.
Vous pouvez ensuite retrouver la vidéo à tout moment sur la chaine Youtube de l’Institut du monde arabe !

Les consignes sanitaires ne permettant pas de maintenir la Nuit de la Poésie dans son format initial mais nous avons voulu proposer ce rendez-vous symbolique et numérique qui garde tout son sens dans le contexte actuel.  Rendez-vous les samedis 21 et 28 novembre et 5 et 12 décembre de 22h à minuit en direct sur les pages facebook de Maison de la Poésie et de l’IMA.

Avec notamment :

Les musiciens et chanteurs :  Mohanad Aljaramani, Kamilya Jubran, Sarah Baya, M’hamed El Menjra, Abdallah Abozekry et Baptiste Ferrandis, Omar Haydar, Marc Codsi, Lola Malique, Skander Mliki, Batiste Darsoulant, Sanguebom…

Les comédiens :  Léon Bonnaffé, Violaine Schwartz, Pierre Baux, Majd Mastoura, Clémence Azincourt…

Les poètes et écrivains : Abdellatif Laâbi,  Breyten Breytenbach, Mahmoud Darwich, Charif Majdalani, Fadhil Al Azzawi, Dima Kaakeh, Marc Alexandre Oho Bambe, B40…

Les performeurs : Michelle Keserwany, Zoulikha Tahar, Lamya Yagarmaten…

Les danseurs : Mehdi Kerkouche, Smaïl Kanouté…

â–º On pourra découvrir les magnifiques livres et cahiers d’auteur que propose les éditions Faï Fioc.

â–º Des articles à méditer sur AOC en ces longues soirées de confinement (on peut s’abonner ou s’inscrire pour 3 lectures gratuites) : Jean-Charles Massera, « Le Grand Ménage » ; Mathieu Larnaudie, « Trash vortex » ; Frédéric Sawicki et Olivier Nay, « Sauver le CNU pour préserver l’autonomie des universités » (16/11)…

17 août 2020

[Livres – news] Libr-5

À quinze jours du non-événement qu’on nomme rentrée-littéraire, 5 livres comme des chemins de traverse dans ce no man’s land commercial : Saturne de S. Chiche, SÅ“ur(s) de Ph. Aigrain, Album photo de J. Game, Contrariétés de Benoît Toqué et Centre épique de Jean-Michel Espitallier.

 

► Sarah CHICHE, Saturne, Seuil, à paraître le 20 août, 208 pages, 18 €.

Présentation éditoriale. Automne 1977 : Harry, trente-quatre ans, meurt dans des circonstances tragiques, laissant derrière lui sa fille de quinze mois. Avril 2019 : celle-ci rencontre une femme qui a connu Harry enfant, pendant la guerre d’Algérie. Se déploie alors le roman de ce père amoureux des étoiles, issu d’une grande lignée de médecins. Exilés d’Algérie au moment de l’indépendance, ils rebâtissent un empire médical en France. Mais les prémices du désastre se nichent au coeur même de la gloire. Harry croise la route d’une femme à la beauté incendiaire. Leur passion fera voler en éclats les reliques d’un royaume où l’argent coule à flots. À l’autre bout de cette légende noire, la personne qui a écrit ce livre raconte avec férocité et drôlerie une enfance hantée par le deuil, et dévoile comment, à l’image de son père, elle faillit être engloutie à son tour.
Roman du crépuscule d’un monde, de l’épreuve de nos deuils et d’une maladie qui fut une damnation avant d’être une chance, Saturne est aussi une grande histoire d’amour : celle d’une enfant qui aurait dû mourir, mais qui est devenue écrivain parce que, une nuit, elle en avait fait la promesse au fantôme de son père.

En bref. Ce récit de deuil qui offre une déambulation mélancolique dans un dédale de lieux et de moments, entre réel et imaginaire, est un roman familial singulier dans lequel la quête de soi repose sur l’opposition entre « Je » et « On ».

Un passage : « Toute naissance est la mort naissante d’un idéal : les enfants ne ressembleront jamais trait pour trait à la façon dont leurs parents et leurs grands-parents les ont rêvés. Toute éducation est un échec : les parents et les grands-parents blessent toujours, souvent même sans le vouloir, un enfant ». Peut-être que dans notre famille les choses se passaient d’une manière plus grotesque […] » (p. 134).

 

â–º Philippe AIGRAIN, SÅ“ur(s), Publie.net, coll. « Temps réel », à paraître le 23 septembre, 256 pages, 17 €.

Présentation éditoriale. Je suis en moi comme dans un pays étranger.

On peut naître à soi-même à déjà 38 ans, sans savoir qui on a pu être avant. Avant quoi ? On peut recevoir un jour un mail d’une prétendue sœur dont on se sait dépourvu et espérer sa présence. Pourquoi ? On peut enquêter sur des identités suspectes qui semblent fictives sans parvenir à savoir si ces femmes, soupçonnées d’ébahissement, sont ou non une menace pour la sécurité de l’État. Comment ?

Ces personnages, et bien d’autres, se rencontrent, se cherchent et se découvrent dans le monde de Sœur(s). Il est aussi le nôtre, celui dont le réel a très largement rattrapé les dystopies et les anticipations de la fiction. Celui qui a fait de la solidarité entre les êtres un délit.

Se jouant des genres et des registres, mélangeant l’enquête avec le politique, la technologie et la comédie, la philosophie et la sensualité du désir amoureux, les personnages de Sœur(s) osent réinventer des espaces de vie dans lesquels l’espoir de la fraternité et de la sororité est possible. Dans cette polyphonie de voix, le mystère de l’identité à l’ère de la surveillance généralisée se reconnecte à son essence première : l’humanité de celles et ceux qui se demandent, bien plus légitimement que les services de police, qui suis-je  ?

En bref. Ce récit tripartite se présente sous la forme d’une polyphonie qui permet de porter un regard décalé et critique – ébahi ! – sur « notre grand camp de consommation forcée et de travaux bureaucratisés » (p. 167).

Un passage : « Un intellectuel local demande en quoi consistent les pratiques d’ébahissement dans la ZEL, et cette fois c’est le zadiste, pour l’occasion zéliste, qui répond qu’il s’agit d’apprendre à s’étonner des choses considérées comme les plus naturelles, par exemple les conférences de presse ou la politique sécuritaire » (p. 177).

 

â–º Jérôme GAME, Album photo, éditions de l’Attente, Bordeaux, à paraître le 25 septembre, 144 pages, 13 €.

Présentation éditoriale. Traversant le flux des images qu’on produit et reçoit en continu aujourd’hui et sur lesquelles nos yeux glissent à vive allure, ce livre cherche à ralentir notre regard, à lui redonner une prise concrète sur le monde via une multitude de photopoèmes. Ces images-récits sonnent comme des débuts, ouvrent sur des possibles, invitent à faire un pas de côté hors de la frénésie pour retrouver un regard sensoriel et critique. Dans ce livre comme trempé dans du révélateur poétique, un contrechamp s’ouvre à même la photogénie de la globalisation.

En bref. Dans un monde-immondialisé dynamisé/dynamité par des flux de passagers et de migrants, d’images dont certaines font le tour du monde avec leurs légendes – épopée de l’ère hypermoderne ! –, Jérôme Game interroge le visible par le biais de ses textes ico/ôniques (photopoèmes).

Un passage : « Coca-Cola. Coke zero. / Coca light. 7 Up. Fanta. / Sprite. Diet Sprite. Diet / Pepsi. Pepsi Max. Pepsi / Cola. Dr. Pepper. Mountain / Dew. Hawaiian Punch. / San Miguel. Heineken. / Asahi Super Dry. Kirin / Lager. Tsing Tao Beer. / Carlsberg. Budweiser. / Miller. Nesquik Choco Milk. / Snapple. Lipton Ice Tea » (p. 102).

 

► Benoît TOQUÉ, Contrariétés, éditions du Dernier Télégramme, 25 septembre, 80 pages, 11,50 €.

Présentation éditoriale. L’ écriture de Benoît Toqué est plurielle. Elle alterne entre poésie, récit, autofiction et fiction critique, et Benoît Toqué s’ingénie fréquemment à les hybrider au sein de ses Contrariétés, en cultivant un art de l’écart et du débordement. Tout à la fois journal d’écriture, encyclopédie personnelle des mondes de la création artistique c’est encore un regard sur l’invention de la fiction. Et tout cela n’est pas dénué d’humour.

En bref. Soit un stock – un nuage, comme on voudra – de références culturelles (noms propres, événements et citations)… Le matériau fait l’objet d’un exercice de virtuose : un agencement répétitif souvent loufoque, plein d’humour dans tous les cas.

Un passage : « Il paraîtrait, un éditeur m’a dit ça, que cette accumulation de noms propres croisés dans la scène poétique ou littéraire est carrément agaçant, à la manière d’un name-dropping underground mondain.
Pour un autre éditeur, l’hypothétique publication de mon texte dans sa collection dépend de l’évolution de la série télévisuelle Plus belle la vie.
La vie est fantastique, le plastique aussi » (74).

 

â–º Jean-Michel ESPITALLIER, Centre épique, éditions de l’Attente, Bordeaux, à paraître le 9 octobre, 104 pages, 13 €.

Présentation éditoriale. Récit-documentaire écrit en résidence dans l’agence Ciclic Centre-Val de Loire, autour de films d’archive sur les us et coutumes dans les villages à travers le vingtième siècle, de la première guerre mondiale aux grandes grèves de 1995. Le texte est ponctué de photogrammes et de codes QR qui permettent de visionner les films.

En bref. Non pas l’histoire d’un centre hippique, mais l’épopée illustrée de la région Centre – Val de Loire à partir d’archives du film amateur qui constituent une partie de son « patrimoine mémoriel » (Avant-propos, p. 7). L’extrait ci-dessous donnera un aperçu de la mécanique spitalienne dans un récit qui exhale un parfum aussi envoûtant que celui des Années d’Annie Ernaux.

Un passage : « Plus une époque commémore, plus elle a de choses à se reprocher. Plus elle se souvient du passé, plus elle a de choses présentes à oublier. On commémore. On n’oublie pas de commémorer. On se souvient de ne pas oublier. On n’oublie pas qu’il faut se souvenir de ne pas oublier » (31-32).

29 mars 2020

[News] News du dimanche

Afin de résumer la situation, on peut rappeler ce constat d’Ivar Ch’Vavar, cité dans le post d’hier : nous vivons dans un « monde qui a déjà bien avancé dans son recul… Dans sa Dévastation »… Et pour ce qui est de la situation française, on n’arrête pas le progrès : de l’état exceptionnellement autoritaire on est passé à un liberticide état d’exception – qui du reste ignore désormais la sacro-sainte exception culturelle française : vu l’effondrement économique prévisible du monde de l’édition, on peut signer cette pétition « Pour un soutien massif au secteur du livre »
Ce soir, après un très sérieux (hic !) Salut de CUHEL aux confinés, pleins feux sur deux des livres reçus en mars, puis les mots-croisés insolubles de Marcel Navas.

CUHEL : Salut les confinés !

En distanciel, confinément à la législation RGPD en vigueur,
je vous souhaite une bonne survie !

© Julien Blaine

Aux rêveurs…


 UTOPIA

Se délester de l’inessentiel = détester l’inné sans ciel = Nous marchons vers l’A 16, l’autoroute-du-Bonheur…

Sans métro-boulot-agendo-claudo-dingo, sans shopping-outing-running-meeting-profitising-merchandising, etceterasing = ZEN !

L’humoins va repartir d’un bon pas sur l’humus… Virus humanum est ! Pensum humanum est !

Sur le Mont Golgotha, même le gotha revient aux Vraies-Valeurs – et même les voleurs…

 

God dam, toute BellÂme, toute GrandÉcrivaine et tout GrandÉcrivain est un homo-confinus.


Aux pragmatiques…


TO DO (or not to do, that is the question…)

 

  1. Après avoir tondu son gazon, s’occuper de sa toison (du moins, de celle dont s’occupe habituellement la coiffeuse / le coiffeur) – sinon dans deux mois, le remède sera pire que le mal : avec une invasion de moutons hirsutes et décolorés, le déconfinement sera une déconfiture !
  2. Après s’être lavé moult fois les menottes, s’attaquer à la quadrature du cercle de sa cellule, à savoir aux façons de tourner en rond dans un carré… Avec Simone, en route pour un voyage-autour-de-ma-chambre : sachant que la plus grande pièce de l’appartement mesure 5,50 m x 7,50 m, combien de tours faudra-t-il faire pour atteindre 1 KM ?
  3. Autre problème pour occuper les enfants…
    En s’appuyant sur une image satellite quelconque (car l’important, n’est-ce pas, c’est de voir le réel !), partir de la maison comme point de départ et tracer un cercle de 1 000 m de rayon : quel sera le diamètre de ce cercle ? Son périmètre ?
    Quelles sont les chances (!) d’être contrôlé par la police à l’intérieur de ce périmètre ? En dehors ?
  4. Encore un autre, soyons fous !
    Chercher les statistiques du jour : nombre de personnes testées positives, hospitalisées, en réanimation, décédées… Quelles sont vos chances de survie ?
  5. Un p’tit dernier pour la route…
    Se renseigner sur l’état-du-monde : quelles sont les chances pour que la pandémie soit suivie d’un krach boursico-économique ? pour que d’autres virus déclenchent d’autres pandémies ? pour que réapparaisse la grippe espagnole ? pour que surviennent cet été des catastrophes liées au réchauffement climatique ? pour qu’une nouvelle catastrophe nucléaire se produise dans le monde ? en fRANCE, qui n’a pas de pétrole, pas d’idées, pas de moyens, mais qui a de nombreuses centrales vétustes ? pour que l’on assiste à l’effondrement du monde numérique ? du monde tout court ?
  6. Relisez la fable de notre La Fontaine national, « Le Lion et le Moucheron »… Qu’en déduisez-vous sur la situation actuelle ?
  7. Avec Emmanuelle en huis clos, en rut vers l’Empire des Sens !

Allez, bonne semaine les confinés !


Deux livres reçus en mars 2020 /FT/

► Benoît TOQUÉ, Entartête, performances, Les Éditions extensibles, 110 pages, 12 €, ISBN : 979-10-96187-08-9.

« La tarte à la crème porte une vérité.
Cette vérité pénètre dans une tête.
La mémoire  de la tête se brouille. L’archive
vidéo est là pour parler.
Subrepticement, la vérité que porte la tarte à
la crème a pénétré le réel : et elle lui explose
à la face » (p. 31).

Quel rapport entre le titre du livre et l' »art dégénéré » ? Lorsqu’on ne parle pas allemand, dans « entartete Kunst » on lit « entartête »… Dans la lignée du dadaïsme et du surréalisme (belge), de façon têtue et pointue Benoît Toqué s’interroge sur ce « geste burlesque » d’entarter des têtes (ou tout aussi bien de les enfariner ou de les enfriter !), qui transite de l’espace artistique à l’espace social dans son intégralité : sa trajectoire le conduit de Noël Godin à l’entartauteur de Cosmopolis, Don Delillo, en passant par Laurel et Hardy ou Patrick Sébastien.

Avec brio et humour, le poète et performeur analyse les manières dont on entartête une réalité, exercices pratiques à l’appui.

Mais, bien évidemment, « l’important est de maintenir sa propre idiotie à un taux raisonnable »…

 

 

► Christophe ESNAULT, Ville ou jouir, et autres textes navrants, éditions Louise Bottu, 164 pages, 14 €, ISBN : 979-10-92723-36-6. [Commander]

Quelques topos mis à part – ressortissant au cynisme et romantisme noir de l’homme seul –, on pourra apprécier cette vision de la ville comme « dégénérescence »qui « contamine les corps de son poison », de la cité qui favorise la « confrérie des corps aléatoires ». Mais surtout on retiendra de ce recueil les brèves qui offrent d’irrésistibles saillies satiriques sur notre condition, à méditer en ce temps de confinement : « Qu’est-ce qu’il peut être merveilleux / De penser à tous ces gens / Qu’on a la chance / De ne pas connaître » (85) ; « Se reconstituer, cette urgence de se reconstituer quand on a trop côtoyé l’autre » (95)… Quant à « La Tombe éditoriale », elle est à mettre dans les mains de ceux qui se font encore des illusions sur l’actuel espace littéraire.

Marcel Navas, MOTS CROISÉS INSOLUBLES
Problème n° 2

 Horizontalement

  1. Autrefois elle faisait tapisserie, maintenant elle tricote pour les déshérités. – II. Bruits sourds que font les vieux qui retombent en enfance. Autopsie d’une langue morte. – III. Demi-frère. Jeu narcissique à gain nul. Sanction de père sévère. – IV. Se donne du mal pour avoir l’air authentiquement masochiste. – V. Peut fournir la palette et le pinceau mais pas l’encre. Pas de tout repos pour le guerrier. – VI. Institution qui soutient la famille et console les solitaires. – VII. Va-nu-pieds auquel on refuse le confort des pompes funèbres. Canapé convertible en dollars. – VIII. Vice cruciforme. Fait du tort pendant le sommeil, et parfois tue au grand jour. Période difficile à vivre. – IX. Elle n’a pas eu le temps de faire des conjectures. Sort parfois de son lit mais ne dort jamais sous les ponts. – X. On l’a battu comme plâtre et tiré par les cheveux et pourtant il a survécu. – XI. Animal qui finit mal dans les contes de fées. Panier qui peut servir de chaise quand il est percé. -XII. S’habillent d’un rien et se déshabillent de la même façon.

Verticalement

  1. Homme d’intérieur même quand il se produit à l’extérieur. – 2. Sorte de génuflexion très difficile à faire avec le coude. Font figure de loups dans les bals masqués. – 3. Portion incongrue. Dépenses destinées à faire des économies et qui finalement ruinent. – 4. Pour lui, l’heure de vérité est arrivée très en avance. Histoires d’homoncules. – 5. Tantôt il bat la mesure, tantôt la semelle, et dans les deux cas il est perdant. On suppose qu’elle a un bon fond mais sa forme est indéfinissable. Gros lot dont personne ne veut. – 6. On le copie parce qu’il n’a pas son pareil pour faire l’original. – 7. Point de non-retour dont on revient quand même. – 8. Porté à l’exagération. Moins il en fait et plus il est obscène. – 9. À bout de nerf. Pas le genre de père à boire ni à aboyer. Ils cherchent longtemps et finissent par trouver midi à quatorze heures. – 10. Race de chiens qui ont un air d’homme battu. – 11. A fait ses preuves comme soporifique. Tremblement de mer. – 12. Toujours occupé à faire dérailler le train-train quotidien. Écorchent les oreilles.

 

 

23 février 2020

[News] News du dimanche

En marche vers le printemps avec Christian Prigent en UNE ; et aussi Benoît Toqué, les Festivals (Les BRUISSONNANTES et festival des mots, des rimes et des lyres)…

UNE : RV avec Christian PRIGENT

► Dans le passionnant numéro que la Revue Europe consacre à « poésie et chanson » – qui paraît en date du mois de mars 2020 -, on lira avec grand intérêt la position de Christian Prigent, que résument ces deux courts paragraphes de son article, « La Lyre et la Flûte » : « Avoir recours à la chanson (motif impulseur d’égarement et modèle d’une forme arrangée) sert à ça. La chansonnette sauve la poésie. Lui délace son corset, la dénude. Jarry fait ça. Et Queneau. Prévert, bien sûr (rétif à l’emphase poétique — mais aussi bien à toute rétention surindiquée de l’immédiate émotion). Desnos : Chantefables5, Complainte de Fantômas. Et même Hölderlin, passant des grands hymnes « grecs » et des odes majestueuses, aux bluettes franciscaines flottantes signées Scardanelli.

Soigner façon bonne femme ou cultiver la blessure : ça se passe entre les deux. Quoi, ça ? : écrire dans la poésie une autre sorte de poésie, ennemie (ennemie du dedans). Entre le remède et le poison : pharmakon. Plutôt qu’opposer banalement poésie (savante, profonde, artiste : Hugo) et chanson (populaire, superficielle, artisanale : Béranger) : essayer de penser cet entre-deux que dessine Rimbaud, ce qui s’y articule, pourquoi, comment, poussé par quoi, allant vers où. »

► Christian Prigent à Clermont-Ferrand. Les 19, 20 et 21 mars 2020. Lectures et interventions diverses (librairies, écoles…) dans le cadre de la « Semaine de la poésie ». Programme détaillé sur le site.
Contact : 04 73 31 72 87.

► Christian Prigent à Etables-sur-Mer (22). Le 9 avril 2020, à 19 h. Lecture dans le cadre des « Escales gourmandes ». Au bar Le Tagarin, 15 rue Pasteur, 22680-Etables-sur-Mer. Tél. : 02 96 65 47 35.

► Christian Prigent à Mers-sur-Indre (36). Les 25 (à 19 h) et 26 avril 2020 (à 15 h). Dans le cadre du Festival « livres en fête ». Lectures (« Chino à travers les âges »), avec Vanda Benes. Contact : claire.poulain@ouvaton.org. Tél. : 02 54 31 13 23.

► Christian Prigent à Saint-Brieuc (22). Le 15 mai 2020, à 19 h. A la Maison Louis Guilloux, 13 rue Lavoisier, Saint-Brieuc. Lecture-débat : « Ecrire le peuple aujourd’hui ». Contact : www.louisguilloux.com Tél. : 02 96 61 57 54.

Libr-événements

â–º Jeudi 5 mars à 18H aux éditions Extensibles (44, rue Bouret 75019 Paris) : vernissage du volume 1 d’Entartête, de Benoît Toqué.

► Du 19 au 21 mars, Festival Les Bruissonnantes au Théâtre Le Hangar de Toulouse (11, rue des Cheminots) :

Les Bruissonnantes est un festival dédié aux écritures contemporaines mises en voix, en espace et en mouvement par leurs auteurs. Il vise à faire de la poésie contemporaine la plus exigeante une expérience sensible à partager. Organisé dans le cadre de la manifestation nationale le Printemps des Poètes, il se déroule au théâtre Le Hangar à Toulouse trois soirées durant et donne à entendre « le » poème dans une grande diversité de formes : performances, poésie sonore, lectures intimistes, écritures vocales et musicales. Par ce décloisonnement, il est question d’exposer les enjeux qui traversent les écritures contemporaines dans leur volonté d’inventer ou de révéler un sens concret, polyphonique et sensible.

Artistes invités : Patrick Quillier, Violaine Lochu, Lise Avignon, Sébastien Lespinasse, Eduard Escoffet, Anne Kawala, Les Parleurs, Helved Rüm, La Copule

Réservations vivement conseillées au 05 61 48 38 29

► Du 20 au 22 mars, Festival des mots, des rimes et des lyres :
VENDREDI 20 MARS

 19 h : INAUGURATION autour d’un verre et VERNISSAGE des expositions avec les performances poétiques de P. Cazelles et  C. Quarello. CONCERT Pop Jazz  avec le duo CHRIS ET FRANCK.

SAMEDI 21 MARS

 10 h : LECTURE DIALOGUE entre Valérie Rouzeau et les élèves du collège des Goussons.
11 h 30 : POEMES DE MAURICE CAREME MIS EN MUSIQUE PAR JULIEN JOUBERT chœur des enfants du Conservatoire de Palaiseau dirigé par C. Cavagnac.
14 h : POEMES A LOU d’Apollinaire lecture musicale avec C.Motchidlover et M. Moreno (flûte traversière).
15 h : ARGOTIES de P. Cazelles poésie orale, scandée et totale, jubilante comme un chant primitif.
16 h : Valérie ROUZEAU et Jean-Pascal DUBOST, aussi différentes soient leurs voix, n’en sont pas moins deux vieux complices en poésie. Illes (un « il », une « elle » !) nous donneront à entendre quelques morceaux de leur choix.
16 h : CONTES « Courage ! » avec Hooshang bibliothécaire et conteur à la Médiathèque de Gif.
17 h 30 : LE GRAND CYCLE DE LA VIE ou L’ODYSSEE HUMAINE spectacle de A. Marc – musique: L. Maza, images: Lawrence le poète convoque notre société moderne, ses mythes, ses tabous….
18 h : ATELIER D’ECRITURE thème « le Courage » avec P. Cazelles.
18 h 30 : UN POEME, C’EST UN MATIN QUI CHANTE spectacle déambulatoire avec M.L Cloarec (Cie A vue de nez). Philomina vous entraîne dans l’imaginaire, joue avec  les mots…
19 h 30 : REPAS CONVIVIAL menu Africain 14 € -acras-yasssa-dessert-boisson avec F. Sissoko (Asso ARAN).

21 h : DUKE ET BISON RAVI spectacle concert : l’Ecume des jours de B. Vian – musique de D. Ellington. Avec le sextet jazz KLOE : B. Magnet, F. Accart, P. Sulpice, C. Le Fisher, S. Dounda, R. Schiffmann et  C. Quarello.

DIMANCHE 22 MARS

10 h : BALADE CONTEE ET KAMISHIBAÏ avec S. Thonas et E. Chevaleyre. Découvrez la nature, ses secrets.
12 h : ESCAPADE GOURMANDE une assiette campagnarde (5 €) avec danses et chansons italiennes (AIDA).
14 h : LE PLOMBIER et L’OIE BLEUE nouvelles de B. Vian lecture à haute voix – collectif de Bouche à oreille.
15 h : SONATES Concert  musique baroque française avec  L. Schneider (théorbe) et J.M Canevet  (chant, traverso) et une récitante.
16 h : RENCONTRE avec J. Camus et C. Gonnet découvrez l’art du film d’animation et de la vidéo. Suivi d’un ATELIER LIGHTPAINTING création d’images – pour ados et adultes.
17 h : CAFE POESIE avec P. Cazelles, scène ouverte venez dire, chanter, jouer ! Thème libre ou « Le courage».
18 h 30 : SYBILLE DOUNDA BLUES BAND EN CONCERT suivi de l’Apéro clôture offert.

PASS JOUR : 8 € – PASS FESTIVAL : 20 € – Gratuit  – 12 ans. Ateliers sur inscription participation aux frais 5€.Réservation: contact@tapisvolant.org  – Tel : 06 74 79 96 25 – www.tapisvolant.org
Billetteries en ligne : Francebillet, Billet réduc.
Le Château de Belleville : rue de la ferme de Belleville 91190 Gif-sur-Yvette.

12 septembre 2019

[Chronique] Arpentage de TXT 33 l’Almanach, par Carole Darricarrère

le dire, le lire et le milieu

une proposition d’arpentage de « TXT 33 l’Almanach » par Carole Darricarrère

 

‘ VLAN ! TOC ! VROMB ! CRONCH ! HAN ! VROUM ! ARGH !‘ (SIC)
en Vroum « L’art est lourd et la vie con »
en Argh « Où y a du zen pas de plaisir (proverbe anti-bouddhiste) »
partout le Son & le Volume témoignent du fait que « Le moral des Français continue de chuter »

« AVIS AUX LECTEURS 

Non au bien écrit
(bien né crie mais dérange personne) 

Non au mal écrit
(cri mal poussé dérange pas plus) 

Oui à l’écrit !
(dérangeant des rangs-gens – de lettres) »

C’est séance tenante et vent debout qu’un effet bœuf nous embarque à la conquête de nouveaux territoires aux frontières de l’impensable poétique. Réinventant un no man’s land sur l’étendard d’une contestation ce numéro de TXT fait naître des débris nucléaires de la langue l’actualité d’une rentrée crépusculaire qui ne manque pour autant ni d’énergie ni de répondant et invite le lecteur éclaboussé à de nécessaires réflexions.

Les heureux élus de cette promotion emblématique sont au nombre de 21 dont une forte concentration d’hommes, deux plasticiens (mais pas que) et une photographe. La plus jeune de cette couvée remarquable d’écrivains performers aurait 30 ans et le doyen – il en faut toujours un ou deux – faisant bon poids bonne mesure, 81.

Dès la quatrième de couverture l’estoc d’une citation (Hélène Bessette, 1918-2000) résume outre-tombe une perforation des genres au sabre. Un bouquet d’apôtres préposés à la députation poétique dynamite la question de la limite. Du huis clos d’anciennes chapelles pendouillent vestiges sur le modèle de l’affichage à effet de mur grands contreforts grivois de « craductage », « marchandage », « délectage », « célébrage », « performage » et autant de pochettes surprises à allure de devinettes poétiques. Des partis pris de laboratoire d’expérimentation se suivent tels pains bénis recouvrant la langue de sensations tactiles rivalisant d’audace.

Radical, cinglant, vif, l’air du temps renseignant en première de couverture une fécondation erratique d’atomes de Philippe Boutibonnes, invite à la revanche un courant d’air, un dérèglement du sens instille instable une inquiétude.

33 pronosticages (maître nombre de l’ombre et de l’éveil) donnent le coup de gong d’une prolixe avalanche de contributions que ponctuent comme autant de rafraîchissements au laser les intempestifs graphes vrillés de guingois à main levée tout en grésillements de blancs d’Ena Lindenbaur. L’ensemble invite de concert le tournant à la relève et sonne l’heure d’une  permission de mise en croix.

Burnt to ashes, beau brûlot de tendances que ce bouillon de rapides éclaboussant le réel à coups serrés de lattes, feu dans les étables sur les perspectives. À peine défloré quelque chose gicle ici à moult mains d’un nid de coucous aux allures de commando, une trituration antipoétique éclabousse l’alphabet qui dégouline, en tête les sketches impitoyables d’Aldo Qureshi s’essoufflant en saignées lucides – impayable Mr Bean pris en étau entre la réalité et la réalité essayant sans succès à la manière d’un Bartleby de « ne pas être là » -, enfoncent continument le clou d’une overdose et donnent le la d’une apocalypse now. Le lecteur n’a dès lors d’autre recours, en ces temps de nouvelles croisades d’incivilités, que de laisser les courants le porter à l’extrême d’un ressac l’autre vers les sombres cascades détectées de funèbres destins.

Dans cette « soupe de lettres », Ana Tot ferre l’effet de ronde d’une morale initié par son prédécesseur (Benoît Toqué) pour mieux provoquer le sens le faisant « passer par le fourreau bombé de la griffe », son « hymen à lamoru » est le manifeste lucide d’un désordre nécessaire et consenti « désordre en actes, désordre complet, à savoir un chamboulement de tous ses constituants – sans en oublier un seul – sans quoi son chaos ne serait pas un K.-O., mais une dissolution, un appauvrissement, un frisson, une aporie, une poire » appelant le point final.

Le ver déjà ayant si tard œuvré dans le vers, qu’une littérature en alerte, remplissant son devoir de veille, s’empare tête baissée de la condition humaine jusqu’à la nausée prouve quel degré de lyrisme tragiquement réinventé acte dans l’urgence ici un no future page après page. La poésie y battant comme jamais de l’aile recouvre le tranchant politique d’une résistance annonciatrice qui sait d’une résilience. Un devoir d’inquiétude manifeste au sommet une imminence. Au sommaire, un radeau de la méduse qui n’a pas froid aux yeux hèle la veuve joyeuse (appelons-la la Beautésie) à la noyade dans le bel instinct baroque de le dire.

C’est alors dans un débordement salvateur d’humour au couteau témoignant d’une reptilienne santé caustique cruelle à toute épreuve que le diamant noir d’un épanchement exulte dans l’étranglement à la ligne des Majuscules du Réel pris dans les rets d’une transdéshumanisation perpétrée au jour le jour sans continence ni relâche. Dans l’ordre d’une tuerie, grésillent à mi-temps dans les blancs trucidés de l’entre-deux d’un non-lieu les spasmes d’une déportation des nerfs vers le kairos acousmatique du mur d’en face (Ena L. l’encore du dessin de desseins destinant le vide).

TXT 33 l’Almanach, dans le droit-fil outrageux d’une année décisive, s’avale et s’entend comme un gruau anti-dépresseur triomph’fatal sur l’autel rebelle de l’extrême contemporain où la nouveauté érigée en raison d’état ayant toujours le dernier mot prendrait en otage le souffle poétique pour mieux égorger le sens : COUIC ! (et rire jaune qui peut).

Il va bien falloir s’y faire, en témoigne le staccato de grappes de mots de Jean-Christophe Ozanne : « des choses ch. ont à être faites – faire ceci – à la main en 1 nuit :: Nous sommes venus portant des fagots des paquets des palmes – et assis Juste-Là Nous nous la passons à détacher défaire à ouvrir des liens tirant à part les feuilles < > dessous l‘obscurité qui enveloppe et sous les bulbes > nos mains vont se Mouvoir-Ensuite en vue de mettre ensemble – à nouveau – attrapant tout > en des formes inattendues ».

Avis sans gants aux ‘gens de lettres’, dans ce tronc commun des sons du dire : surtout ne pas se priver de lire coup sur coup au casque « La Promenade » silencieuse si magnétique du « Grand Départ », de l’écrivain libanais Rayas Richa, dont la puissance d’évocation poétique confondante se détache en 5D de son environnement, suivie de la très convaincante parabole de la maladie qui consiste hélas à nommer (« Le dodo et sa glose », Christian Prigent, « Réel, je ne sais ce que c’est. Mon poème parfois le sait. »). Aux autres un « conseil pratique » en forme de coup de poing à suivre ou non à la lettre : « Protégez-vous du printemps (…) Tenez-vous à distance de tout poème qui risquerait de favoriser l’infiltration de la Beauté ineffable du Monde ou la fécondation mystique d’une Parole rendue plus pure. »

Si certaines écritures imprimées ne gagnent effectivement pas à être lues à voix haute (comme le souligne à bon escient Jean-Pierre Bobillot) sinon peut-être en voix off sur France-Culture hors gestuelle par des comédiens professionnels (à chacun sa vocation), il s’avère en retour que les voix flamboyantes de la poésie orale ne gagnent pas toujours à être imprimées ni lues sur le papier – vu le risque encouru d’une désubstantification. La lecture à voix haute dans une société du spectacle étant entendue comme passage obligé et ayant créé une génération spontanée d’écritures qui mobilisent le regard et focalisent l’écoute sur une image et un contenu corporel décisifs ne s’adressant pas forcément aux mêmes loges cérébrales, exit une certaine qualité de silence sur laquelle d’autres auront bâti une œuvre en la sortant confidentiellement de l’ombre. Quel magnifique paradoxe dès lors que ce vain combat de cintres entre ceux-ci et ceux-là alors qu’ils ne travaillent pas au même endroit. Étant entendu que l’écrit reste dans tous les esprits le liant suprême de la postérité, faut-il pour autant couper le son ? Non ! Faut-il l’imprimer coûte que coûte pour avoir le sentiment d’exister ? Cela dépend ! De quoi ? D’un point d’équilibre rarement atteint. Reste qu’une certaine agressivité sous-jacente à ce très ancien dilemme dos à dos de l’ancien et du moderne en son puéril appareil ne fait honneur à personne. Que personnes prononcent le dernier mot afin que ´personne’ soit le remède en puissance de l’étendard qu’est l’habit. Tous ayant à apprendre de chacun, il n’est pas utile de cracher sur la veuve et rien ne sert d’entrer en guerre.

« l’essentiel c’est d’en sortir vivant » dira Bruno Fern, qui occupe très avantageusement les pages 88 à 93 de ce numéro mythique, illustrant peut-être entre tous la voie prometteuse de l’équilibre poétique dénué de tout esprit de revanche : celui qui pense trouvera son assiette entre l’ancien et le moderne, le lire et le dire.

« la notion de cycle est préférable
ou du moins celle de spirale pas forcément ascendante
même si l’on veut travailler les chutes
à la fin il n’en restera plus aucune »

On ne relira non plus jamais assez l’éclatante « improvisation » de Éric Clémens, sorte de pouls du juste milieu qui trouve là les mots & le tonpour le dire, dire le processus qui détaille si impeccablement avec un esprit de synthèse sans défaut cela qui conduit l’enfance du babillage à la lecture puis à l’écriture « au sens fort » sur une échelle positive de déceptions qui traverse la littérature, la philosophie, l’imaginaire, la fiction et le réel pour mieux s’avouer battu mais lucide dans l’état de grande maturité d’un « mentir vrai ».

C’est de préférence sur le mode « doucement Je m’endors » de J.-C. O. que dans cette rave éclaboussé le lecteur lui-même dos à dos à son tour s’endormira. Non sans avoir cédé toutefois à la tentation de tracer timidement quelques parallèles évidentes avec les voix historiques d’anciennes ‘vangardes’ entrées depuis en référence au pinacle des penseurs promus à la transmission pour l’éternité. L’Histoire qui est une formidable donneuse de leçons ne faisant nécessairement que se répéter offre aux générations à venir une chance d’appendre du meilleur et du pire.

K.-DO. de l’Adam à son Eve décapitée, tâtez Terriens du baromètre, le think tank des déconstructeurs poétiques réunis (DPR de l’oralité) ayant décidé yes que la belle bleue ne sera plus jamais ‘bleue comme une orange’mais caca d’oie, et ceci – on l’aura compris – n’étant pas discutable, c’est dans une saturation moche de jours qui aura eu raison de la beauté, entre asthénie folie et suicide (dans une logorrhée finale d’Ettore Labbate qui pense bien tout haut à la Thomas Bernhard), les ailes mitées de trous de balles et pieds et poings liés, que la poésie fait chez TXT sa rentrée décomplexée de grand agitateur de particules et qu’un crépuscule offre le spectacle d’un clap final tandis qu’au point le plus bas sur l’horizon chute inexorablement le moral des Français et que le lecteur lambda épouvanté s’enfuit, bien avant hélas que l’écrivain plasticien Philippe Boutibonnes – par ailleurs premier de couverture – ne nous offre la fabuleuse leçon d’écriture du neuf renouvelé de l’Impérissable («D’atroces eaux ») et ne ferme magistralement la marche (« Beau, c’est-à-dire difficile autant que rare », comme le rappelait très justement Bruno Fern).

TXT, éditions NOUS, Caen, n° 33 [graphisme : Emmanuel Caroux], été 2019, 144 pages, 15 €, ISBN : 978-2-370840-74-5.

26 mai 2019

[News] News du dimanche

Vos RV Libr-critique jusque début juin : au Delaville Café autour de Stéphane Bouquet ; Marie de Quatrebarbes / Peter Gizzi puis Danielle Mémoire à Texture ; La Forêt Blanche à Paris et les Poésies bougées à Nantes ; Bonfanti/Moretti à Lyon ; la Journée d’études des jeunes généticiens et La Nuit remue à Paris…

â–º Mardi 28 mai :

► Mercredi 29 mai, 19H30 : Rencontre avec Marie de Quatrebarbes pour Voguer (P.O.L) et Peter Gizzi pour Archéophonies (Corti).
Librairie Texture : 94, avenue Jean Jaurès – 75019 Paris (01 42 01 25 15).

► Vendredi 31 mai à 19H30, Les liens d’écriture #7 : septième et dernier rendez-vous du cycle de rencontres organisées dans le cadre de sa résidence à la librairie Texture, Christophe Manon reçoit Danielle Mémoire, à l’occasion de la parution de son livre Les Rendez-vous de la marquise (POL).
Librairie Texture : 94, avenue Jean Jaurès – 75019 Paris (01 42 01 25 15).

â–º Du 1er au 14 juin :

â–º Mercredi 5 juin à 19H30, Le Lieu Unique à Nantes (2, Quai Ferdinand Favre) : Poésies bougées – poésies performances.
Avec Sarah Barh, Joël Hubaut, Antoine Boute & Jeanne Pruvot Simonneaux, Aziyadé Baudouin-Talec.

â–º Vendredi 07 juin à 12h15, « Musésie : Birdasse off the Wahl » : rdv au Palais Saint Pierre dans la cour des Beaux-arts de Lyon, où Brice Bonfanti & Michaël Moretti se dédoublent au Musée des Beaux-Arts de Lyon, Palais Saint Pierre. Parcours poétique ou le musée haut bas sans dessus dessous (exorcisme au jardin puis au réfectoire où succèderont Voltairine de Cleyre, foetus de cadette des 7, ekphrasis au resto d’un tableau en réserve, conférences ‘pataphysiciennes & délirantes en salle de conf’…
Durée : 1h. Tarif : 3€ / 1€ + entrée au musée

â–º Vendredi 07 juin :

â–º Samedi 8 juin, 18H, La Nuit remue : Sorbonne, Bibliothèque Ascoli – Escalier C, 2ème étage 17, rue de la Sorbonne. 1, rue Victor-Cousin Paris 5ème Arrondissement.

Attention ! pour des raisons de sécurité, l’inscription est obligatoire. Toute personne souhaitant assister à La Nuit Remue doit s’inscrire au préalable. Clôture des inscriptions : jeudi 6 juin 17h.

Avec Laurent Grisel , Eric Houser, Bérengère Cournut, Stéphane Novak, Marie de Quatrebarbes, Esther Salmona, Christophe Fiat, Véronique Vassiliou, Benoît Toqué, Pascale Petit, David Lespiau, Jean-René Lassalle, Sonia Chiambretto, Cristina de Simone et Sylvain Kassap.

2 septembre 2018

[News] News du dimanche

En cette reprise de septembre, les premiers RV à ne pas manquer : 2e édition du Festival EXTRA ! au Centre Pompidou… Autres RV : avec la revue AOC, avec Manon/Casas, Kéryna/Steurer… le festival « Littéraire, Puissance, etc. »… et NOVARINA…

► Du 5 au 9 septembre 2018 : au Centre Pompidou, 2e édition du Festival Extra ! (Quand la littérature sort du livre), avec Chloé Delaume, Jérôme Game, Cécile Mainardi, Tracie Morris, Benoît Toqué
Et ne manquez pas l’exposition conçue par Gilles Bonnet, Enika Fülöp et Gaëlle Théval : Littéra-Tube

â–º Jeudi 6 septembre 2018 à 19H30 : Les liens d’écriture #1, première rencontre organisée par Christophe Manon dans le cadre de sa résidence à la librairie Texture (94, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris).
Un cycle de six rendez-vous de septembre 2018 à juin 2019 intitulé « Les liens d’écriture » inauguré par Benoît Casas, auteur, traducteur, éditeur, photographe.
Quels rapports un auteur entretient-ils avec la lecture ? En quoi sa pratique personnelle entre-t-elle en résonance avec d’autres pratiques ? Quelle conversation intime et parfois souterraines poursuit-il avec d’autres écrivains, qu’ils soient vivants ou disparus depuis longtemps ?
À chaque rencontre un auteur contemporain est invité à venir partager avec le public son goût pour une œuvre dont la lecture a été déterminante pour lui.

► Vendredi 7 septembre, 19H au Palais de Tokyo à Paris, débat organisé par la revue AOC :
NOUS NE SOMMES PAS DES ENFANTS !

Avec Michel Agier, anthropologue, Eric Baudelaire, artiste, Patrick Boucheron, historien, Françoise Cahen, professeure de lettres, Bertrand Naivin, critique, Yoann Gourmel et Sandra Adam-Couralet, commissaires de l’exposition « Encore un jour banane pour le poisson-rêve » du Palais de Tokyo.
Débat lancé par Sylvain Bourmeau.

« Il suffit d’ouvrir un journal d’il y a vingt ans pour que cela saute aux yeux : l’infantilisation a triomphé. Partout on nous parle bébé et on nous prend par la main. On écrit gros et façon Oui-Oui, des textes de plus en plus courts. Bientôt on entendra la clochette, signe qu’il faudra tourner la page. Au-delà du seul cas des médias, le philosophe Ben Barber a brillamment pointé, il y a quelques années déjà, comment ce processus généralisé d’infantilisation pouvait s’analyser comme l’un des effets les plus marquants du capitalisme à l’ère du marketing. C’est parce que nous ne sommes pas des enfants que nous avons lancé le quotidien d’idées AOC et c’est avec des adultes que nous vous proposons de venir réfléchir et réagir ensemble à l’infantilisation du monde ».

► Vendredi 14 septembre à 19H : lecture de Sarah Kéryna et de Sacha Steurer à Zoème (8, rue Vian 13006 Marseille).

â–º Du 15 septembre au 21 octobre, festival organisé par Littérature, etc dans les Hauts de France : « Littérature, puissance, etc. »

🌳 du 15 au 17 sept. × Sud Artois : Ateliers, rencontre, lecture de Louise Desbrusses

🔥 du 21 au 23 sept. × Pays du Ternois
→ Ateliers, rencontres, lectures de Dominique Sigaud

🌪 du 3 au 5 oct. × Flandre Intérieur
→ Ateliers, rencontres, lectures de Marina Skalova

💥 du 9 au 11 oct. × Terre des 2 Caps et Pays d’Opale

→ Ateliers, rencontres, lectures d’Arno Bertina

💫 du 19 au 21 oct × Lille, dans l’église désacralisée Marie – Madeleine (dans l’ordre d’apparition)
🔜 Vendredi, samedi, dimanche
→ Cabines de puissance de la collection Sorcières de Cambourakis
→ Séances de désenvoûtements de Chloé Delaume
→ Exposition Tiens ils ont repeint d’Yves Pagès
→ Librairie éphémère Librairie Dialogues Théâtre
→ Bar – Restaurant vegan le Liquium

🔜 Vendredi 19 octobre
→ Lecture des 2 textes lauréats de Concours d’écriture Littérature, etc.
→ Performance de Tracie Morris, suivie d’une rencontre avec Abigail Lang et Olivier Brossard (en partenariat avec D’un pays l’autre)

🔜 Samedi 20 octobre
→ Atelier d’écriture par Samira El Ayachi et Sandrine Becquet (sur inscription)

🖍 Atelier jeunesse avec Anthony Huchette et l’association Perluette (sur inscription)
→ Lectures – Rencontres avec Arno Bertina, accompagné de Chloé André
→ Lectures – Rencontres avec Marina Skalova, accompagnée de Marjorie Efther
→ Lectures – Rencontres avec Dominique Sigaud
→ Lectures – Rencontres avec Nathalie Quintane
→ Performances d’Yves Pagès et de D’ de Kabal
→ Projection de courts-métrages avec Eileen Myles, Rosa Luxemburg, Sappho, Virginia Woolf…

🔜 Dimanche 21 octobre
→ Atelier écriture mouvement avec Milady Renoir et Louise Desbrusses

â–º Les 21 et 22 septembre, juste après la parution chez P.O.L de L’Homme hors de lui, RV avec Valère NOVARINA et Dominique Pinon au Théâtre Municipal de Vienne.

31 mai 2018

[News] Libr-News

En attendant l’été, vous attendent : l’agenda de Prigent… les Sorcières de Dunkerque… La Traction poétique… Philippe Boisnard, une superbe soirée Ivy writers, la 12e Nuit remue… Et le 36e Marché de la Poésie, bien évidemment…

Agenda de Christian PRIGENT

— à Paris, le vendredi 08 juin, à 18 h 30 : « TXT 32 : LE RETOUR », à la galerie A Balzac à Rodin, 14 bis rue de la Grande-Chaumière, Paris (M° Vavin). Contact : revuetxt@gmail.com

— à Rennes, le vendredi 15 juin, à 20 h : lecture et discussion autour de la revue TXT, au bar le Mod Koz, 3 bis rue Jean Duhamel, Rennes. Contact : pontcerq@gmail.com 

— à Vulaines-sur-Seine, le dimanche 30 juin, à 15 h : lecture au Musée Mallarmé, 4 promenade Mallarmé, 77870 Vulaines-sur-Seine. Contact : contact@marche-poesie.com

Libr-brèves

â–º Vendredi 1er juin à 19H30, Halle aux sucres de Dunkerque : Conversation + projection + performance (dans le cadre du festival des Bibliothèques de Dunkerque "Fais pas ton mauvais genre")

AVEC : Isabelle Cambourakis – Editrice
Camille Ducellier – Vidéaste
Hortense Gauthier – Performeuse
Anne Larue – Chercheuse, écrivaine

Figure négative et puissante, symbole subversif de la révolte féminine dans les années 70, la sorcière réapparaît aujourd’hui dans les combats féministes, écologistes et anticapitalistes.

Isabelle Cambourakis dirige la collection « Sorcières », qui réunit des textes féministes historiques et contemporains. Camille Ducellier invente des images pour rêver l’obscur, dévoiler les corps et relier le politique au spirituel. Hortense Gauthier postule que « Toutes les sorcières sont des danseuses étoiles ». Anne Larue écrit des essais sur la SF féministe, des articles passionnants sur le mouvement Wicca et des romans médiévaux futuristes.

 

â–º Samedi 2 juin à Blois : cédez à la Traction poétique !

â–º Mardi 5 juin  au Monte en l’air – Paris 20ème à 19H : soirée de lancement de la collection Sur le vif des éditions Supernova dirigée par Stephanie Boubli. Y feront une lecture Benoît Toqué, Francis Lamodière, et Philippe Boisnard accompagné au violon remixé par Pauline Cottaz.

â–º Du 6 au 10 juin : 36e Marché de la Poésie : RV avec Al dante/Presses du réel au stand 110, les éditions de l’Attente au stand 110-112 ; LansKine, 610 (Beurard-Valdoye, Voïca…) ; Publie.net, 506… La revue Place de la Sorbonne est accueillie au stand des éditions Le Temps des Cerises (618)… Au stand Ent’revues, 700-704 : y seront présentes les revues Artichaut, Babel heureuse, Les Carnets d’Eucharis, Chroniques du ça et là, La Moitié du fourbi, Phoenix, La Revue des Belles-Lettres, Teste, Toute la lire.

â–º Soirée Ivy writers le 12 juin à 19H30 au Bistrot des Artistes (Paris) :

â–º Lundi 18 juin à la Maison de la poésie Paris, 21H : "Nouvelles architectures poétiques", avec David Christoffel, Jérôme Game et Laure Gauthier.

â–º LA NUIT REMUE 12e, soirée de lectures avec Fabien Arca, Delphine Bretesché, David Christoffel et Maël Guesdon, Sophie Coiffier, Séverine Daucourt-Fridriksson, A.C. Hello, Philippe de Jonckheere, Ismael Jude, Anne Mulpas, Christiane Veschambre, Gilles Weinzaepflen.
Samedi 23 juin 2018, 19h à la bibliothèque Marguerite Audoux, Paris IIIème : Depuis 2006, Remue Net organise une fois par an ses « Nuits remue », hommage bien sûr à Henri Michaux. Un rendez-vous littéraire incontournable.

24 novembre 2017

[News] Libr-automnales

Jusqu’à demain soir, deux événements recommandés par LIBR-CRITIQUE : Carte blanche aux écritures indociles Al dante ; festival MidiMinuit 2017…

 

â–º CARTE BLANCHE AUX ÉCRITURES INDOCILES
Magma Performing Theatre en partenariat avec les Éditions Al Dante présentent

Lectures – Performances au Théâtre de l’Échangeur à Bagnolet
Du 23 au 25 novembre 2017 à 19h00

DUREE 30 min
Suivi à 20H30 du spectacle ALCOOL de et par Nadège Prugnard.
http://www.lechangeur.org/event/alcool/


À l’occasion de la publication de M.A.M.A.E et autres textes, Nadège Prugnard et les Éditions Al Dante invitent quelques-uns de leurs complices pour une carte blanche.

COMPLICES INVITÉS :
> mardi 21 novembre : Les étudiants de l’École Supérieure d’Art Dramatique Avec la langue de Nadège Prugnard
(extraits et fragments du livre M.A.M.A.E & autres textes)

> jeudi 23 novembre : LAURENT CAUWET à partir de son livre La domestication de l’art, avec le poète Justin Delareux
Laurent Cauwet est responsable de la cellule éditoriale Al Dante (publication de livres, journaux d’interventions poétiques et/ou politiques, organisations de rencontres, festivals et autres manifestations, ouverture de l’espace culturel autonome Manifesten/ Marseille…) depuis 1994.

Né en 1987, Justin Delareux développe une oeuvre polymorphe, contextuelle dans le domaine des écritures, opérant des liens, des collisions, entre la création littéraire, plastique et sonore. Il cherche la justesse dans le geste et dans l’adresse. Directeur de publication et agent de liaison pour la revue PLI.

> vendredi 24 novembre : A.C HELLO à partir de son livre Naissance de la gueule (auteure performeuse)
A.C. Hello pratique la performance et/ou la lecture sur scène. Crée des situations. Elle dessine, peint et écrit. Elle a publié dans de nombreux fanzines et revues (papier ou internet, dont Overwriting, Chimères, Armée Noire…). Expose également. Un passage (rapide mais efficace) dans le collectif L’Armée noire. Elle crée la revue « Frappa » en 2014, revue multimédia visible sur le net, et qui a vocation à exister également en version papier.

> samedi 25 novembre :> AMANDINE ANDRE Impossessions primitives à partir de son livre Quelque chose
Amandine André a créé en 2005 la web radio « À Bout de Souffle » . Elle est co-fondatrice de la web revue « La vie manifeste » (philosophie, politique, littérature, poésie) – un espace d’activisme intellectuel aujourd’hui incontournable sur la toile – qu’elle anime toujours. Elle a écrit de nombreux textes et entretiens sur la danse et publié « Cercle des chiens » (in Attaques, Al Dante, 2012) »
Entrée 6€

â–º Le temps fort de MidiMinuitPoésie #17 aura lieu samedi 25 novembre au lieu unique. Douze heures de lectures, lectures-concerts et performances invitent le public à naviguer dans les univers variés des auteurs, éditeurs et artistes invités.
Entrée libre toute la journée, sauf pour la création inédite réunissant Saul Williams et Mike Ladd à 20h30 samedi 25 novembre.

Avec : Saul Williams & Mike Ladd, Tracie Morris, Les éditions Warm, Stéphane Bouquet, Ply, la revue Nioques et Jean-Marie Gleize, Benoît Toqué, Eva Niollet, Les Fernandez, Nicolas Vargas, Perrine Le Querrec & Ronan Courty, Sophie Loizeau, Thomas Chapelon.

La programmation en détail sur www.midiminuitpoesie.com

7 mai 2017

[News] News du dimanche

En cette soirée de non-événement électoral, si vous voulez changer votre monde de façon originale, faites-le avec de véritables novateurs… Vos RV de mai, donc : exposition à DATABAZ (Angoulême) ; soirée littéraire à Paris autour de Laure Gauthier ; rencontre à Paris avec Suzanne Doppelt ; Benoît Toqué et Antoine Boute à Bruxelles ; exposition Thomas Déjeammes à Tarbes…

 

â–º DATABAZ (100, rue du Gond à Angoulême), exposition du 10 mai au 15 juin 2017 : PARTIES DE L’OPERA, une création d’Olivier Crépin – avec les étudiants de l’ÉESI Antoine Arrinda, Etienne Baron, Mado Chadebec, Marlene C.Kim, Anais Combreau, Roman Lacassagne, Gabriel Louf, Dalia Mansier, Leo Magrangeas, Kane Mooney, Xéni Morgun, Emilie Rolquin, André Valente, Calvin Vigneau, Yunman Zhang

Vernissage le 10 mai 2017 à 18h à DATABAZ

Création transmedia réalisée avec les étudiants de l’EESI dans le cadre d’une résidence partagée EESI / DATABAZ.



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Dans le cadre de sa résidence à l’EESI et à DATABAZ, Olivier Crepin a réalisé deux pièces spécifiques. Elles se situent dans la prolongation de la réflexion qu’il mène sur les formes contemporaines de la bande dessinée – aussi bien en tant que jeune chercheur au sein du Laboratoire d’excellence en Arts (Labex Arts H2H) que dans sa pratique d’auteur et d’éditeur au sein des éditions Rutabaga.

“L’œuvre proposée revisite l’univers des échecs, et trouve des points d’ancrages forts notamment dans la célèbre partie en 17 coups dite « partie de l’Opéra » mais également dans La vie, mode d’emploi de Georges Perec, récit sous contrainte mimant le déplacement de la pièce du cavalier aux échecs ainsi que dans les récits explorant le courant de conscience tels que Ulysse de James Joyce, ou encore Le bruit et la fureur de William Faulkner. L’une de ces pièces, exploitant le support papier de grand format, interroge l’implication du lecteur et les modalités de la bande dessinée exposée. L’autre pièce, au format numérique, lui répond et étend l’univers proposé par la première en nécessitant l’action du spectateur. Il s’agit donc d’une œuvre transmédiatique dont chacune des pièces peut être également perçue comme une œuvre autonome.

L’attention du lecteur-spectateur, ou plus exactement la réflexion sur les degrés d’attention et d’implication dans l’œuvre est au centre de cette création. Thématiquement d’abord , puisque le récit ne se créé vraiment que lorsque l’attention des deux joueurs – personnages principaux du récit – quitte la partie et se reporte tant sur leurs mondes intérieurs que sur leur environnement. Dans le dispositif de l’exposition ensuite, puisqu’il est possible pour chacune des deux pièces d’être survolée, et de n’être le résultat que d’une lecture fragmentaire – le dispositif, morcelé, est spécifiquement conçu pour ça – comme d’être l’objet d’une lecture approfondie des multiples couches attentionnelles qui composent le récit. La lecture numérique proposée ici est d’ailleurs d’emblée présentée comme réceptive si le lecteur-spectateur n’emprunte pas les chemins de traverse mais reste sur la piste principale. Cette réflexion sur l’attention est en effet essentielle car elle est au cœur des deux dispositifs constituants l’oeuvre : le dispositif transmédiatique qui est un dispositif né comme système de captation de l’attention dans un contexte de surproduction et le dispositif de la bande dessinée conçue spécifiquement comme bande dessinée exposée , et non pour être lue au format livre.

Les conditions spécifiques de la résidence et l’implication forte dans l’oeuvre d’un petit groupe d’étudiants très motivés ont permis par ailleurs de faire évoluer le projet dans une seconde direction qui me paraissait fondamentale lorsque l’on parle de récit transmédiatique, ou de coordination d’univers : la notion de dilution de l’auctorialité. Ainsi à partir d’une trame scénaristique construite préalablement s’est noué un véritable dialogue narratif et graphique avec les étudiants impliqués, modifiant en profondeur certains aspects du récit. Ce questionnement crucial est visible d’emblée, puisque l’oeuvre fait le choix d’une polygraphie forte, et de ruptures narratives importantes , renforçant ainsi l’ambiguité entre œuvre unique et récits multiples.” /Olivier Crépin/

â–º Jeudi 11 mai à 20H, centre tchèque de Paris (18, rue Bonaparte 75006) : Recherches, fantaisies et gloses : mouvements dans la pensée musicale. Concert soirée littéraire / organisée en collaboration avec le festival aCROSS.
Programme:

Jean Dussek : La mort de Marie-Antoinette
avec Christophe d’Alessandro, clavicorde

Laure Gauthier : Kas­par de pierre
par Olivier Besson et Benjamin Guillot, comédiens, et
Martin Laliberté, dispositif électronique

François Couperin : 6 pièces de clavecin (La Mont­flambert, Les ombres errantes, l’adolescente, l’âme en peine, le rossignol en amour, la régente)

Interprètes :

Olivier Innocenti, bandonéon
Josquin des Prés : Ave Maria
Diego Ortiz : Ricercari
Jean-Luc Tamby, luth
Christophe d’Alessandro, cla­vicorde

â–º Vendredi 12 mai à 19H RENCONTRE AVEC SUZANNE DOPPELT à l’occasion de la parution de Vak spectra (P.O.L, 11 mai en librairie) – encore un grand Doppelt !

À LA LIBRAIRIE MICHELE IGNAZI

17, RUE DE JOUY

75004 PARIS

01 42 71 17 00


â–º Vendredi 19 mai à 18H30, ISELP Bruxelles (31, Bd de Waterloo)

Performance ENTARTÊTE par Benoît Toqué +
"Lecture Extracosmique, no stress" d’Antoine Boute

>>>>> ENTARTÊTE par Benoît Toqué

" La première fois que je lis l’expression « art dégénéré » écrite en allemand, c’est dans Europeana. Une brève histoire du XXe siècle, de l’écrivain tchèque Patrik OuÅ™edník. En allemand, ça s’écrit entartete kunst. Dans entartete, je lis entarter et tête, ce qui est logique : entarter quelqu’un, c’est lui envoyer une tarte à la crème en pleine tête, la lui étaler sur la face. Je pense à Noël Godin. Je pense à son double fictionnel André Petrescu, l’entarteur du Cosmopolis de Don DeLillo, et à l’adaptation qu’en a faite David Cronenberg pour le cinéma. Je pense à La bataille du siècle, un film de Clyde Bruckman avec Laurel et Hardy. À l’enfritage du premier ministre belge Charles Michel par les Liliths. À l’attaque aux confettis du directeur de la banque centrale européenne Mario Draghi par Josephine Witt. Laurel et Hardy me renvoient quant à eux au duo d’artistes EVA & ADELE , je trouve qu’ils ont comme un air de famille avec les jumelles allemandes. J’achète quelques choux de Bruxelles, je les dispose méthodiquement sur une table, ça forme une histoire. Un enfant débarque, il porte une toge, avec son bâton il dévaste mon château de sable."

Dans le cadre de SYNC! Part 2 HANNAH HOFFMANN par Clovis XV

– Vendredi 19 mai 18h30 > 21h
– L’entrée à un événement (rencontre, projection,…) ou à l’exposition donne accès à toutes les activités liées à SYNC!
– 1,25 €* / 2 €** / 5 € (* Article 27, ** Étudiants)
– Gratuité : Membres, demandeurs d’emploi, < 18 ans, ICOM, IKT

â–º Du 19 au 25 mai, exposition à ne pas manquer de Thomas Déjeammes, l’auteur de la série "DREAMDRUM" sur Libr-critique :



1 mai 2017

[News] Libr-News

En ce 1er Mai, accordons-nous un temps de Libr-réflexion… Et notons des RV stimulants : à Bruxelles autour de la pop culture ; à Paris, avec P. Bouvet et S. Bourmeau ; à Apt, avec J.-M. Gleize ; à la Maison de la poésie Paris, avec F. Matton ; à Caen pour le festival Ici poésie…

Libr-carnet critique /Fabrice Thumerel/

♦ En ce 1er mai, on méditera l’article de Nicolas Roméas, "Bref résumé de la situation (contagion de la maladie psychosociale)".

♦ Larmes des Marie en ce jour de Muguet
                Demos gratos
Fi des grigris républicains
des flonflons et des clochettes
fini de conter fleurette à Marianne
À bas bandeaux et bandits !

♦ En ces temps d’eaux troubles, l’avenir est aux malins ! (1) Rien d’étonnant, donc, à ce que tous les candidats à la présidentielle s’autoproclament anti-système

♦ Que penser d’une République dans laquelle les journalistes qualifient de "battles" aussi bien les matchs de foot que les débats politiques ? D’une République dans laquelle des escrocs peuvent être plébiscités par des citoyens qui confondent cécité et nécessité ? D’une République dans laquelle ces citoyens ont le choix entre la dictature économique et la dictature totale (autoritariste, moraliste… et économique !) ? Car le lepénisme père & fille est à la fois un capitalisme et un nationalisme extrêmes et réactionnaires.
Comme souvent, le désarroi peut pousser un troupeau à se jeter dans la gueule du loup…

♦ Le moralisme anti-FN n’est pas de mise : seules la réflexion et l’action d’un NOUS à refonder sont de nature à endiguer les racines du mal social.

♦ La violence anti-FN n’est pas de mise : elle ne fait que renforcer la violence de l’ordre dominant.

♦ Si le choix du candidat le moins extrême s’impose, il ne permet pas pour autant de faire l’économie d’une réflexion et d’une action cruciales.

♦ Le capitalisme étant entré dans la phase critique de la crise systémique, il ne faut pas compter sur la classe politique pour y remédier. Soit les peuples pèsent de tout leur poids et inventent d’ingénieux moyens d’action, soit l’Ordre néolibéral – celui de la Goldman Sachs et consorts – trouvera comme issue un pouvoir extrême-droitiste.
Sans vertu, il n’y a pas de démocratie, affirmait déjà Montesquieu.

(1) Clin d’œil à Bel-Ami de Maupassant.

Libr-événements

â–º  SYNC! Part 2
➨ HANNAH HOFFMAN par Clovis XV
Du 2.05 au 22.05
Activation Vendredi 5.05 / 18h30-21h
+ Performance Clément Delhomme

➨ Pour la deuxième partie de SYNC!, Clovis XV propose un univers lié au monde de la pop culture. Fiction Pop est à l’origine une édition réalisée par Anastasia Bay et Clément Delhomme. Ces deux artistes ont invité des plasticiens, écrivains ou performeurs à imaginer un univers de papier commun mais purement fictif autour de la figure d’Hannah Hoffman. Un moyen de montrer ce qu’incarne pour le collectif, la notion d’idole. Concept où chacun projette ses envies comme ses névroses. Cette invitation à un imaginaire collectif fera surgir des thèmes qui gravitent autour de la culture pop : la musique, le fanatisme, le féminisme ou encore les psychotropes,…

➨ Cette édition servira de point de départ à la mise en espace d’une exposition activée lors de 3 soirées performatives prenant corps hors de la publication. De plus, une invitation sera faite à d’autres types de communautés rassemblées autour d’une passion commune (archers, joueurs,…) d’amener des indices de leur présence, voire de leur effervescence, au sein des espaces de l’ISELP transformés pour l’occasion en lendemain de meeting ou de messe évangéliste…. à suivre donc !

➨ Clovis XV est un espace dédié à l’art contemporain, ouvert en novembre 2014 à Bruxelles par Anastasia Bay et Julien Saudubray, issus du collectif IDIOM, sur un modèle de galerie non-profit. Ce lieu donne carte blanche à des artistes et commissaires d’expositions afin de découvrir la jeune création actuelle dans des expositions individuelles ou collectives.

➨ Vendredi 12 mai / 18h30: Performance 这是中国 de aalliicceelleessccaannnnee&ssoonniiaaddeerrzzyyppoollsskkii

➨Vendredi 19 mai / 18h30: Performances Antoine Boute et Benoît Toqué

Plus d’infos:
➨ http://bit.ly/2qimmPE
➨ iselp.be
➨ clovisXV.com

â–º Vendredi 5 mai à 19H, Maison de la poésie Paris : Archéologie des médias, Patrick Bouvet & Sylvain Bourmeau ; musique : Térence Meunier.

Avec sa Petite histoire du spectacle industriel, Patrick Bouvet immerge le lecteur au cœur d’une expérience sensorielle singulière : emprunter un roller coaster littéraire pour vivre à vive allure l’implacable avancée des techniques médiatico-politiques, de l’invention de la guillotine aux expositions de Jeff Koons, en passant par la rencontre entre Disney et l’inventeur des V2.

Avec son Bâtonnage, Sylvain Bourmeau tente de faire advenir la poésie à travers ce que Mallarmé considérait comme son envers : « l’universel reportage ». Geste littéraire mais aussi regard critique porté sur l’évolution d’un l’espace public désormais saturé d’informations. L’un comme l’autre procèdent d’une forme poétique d’archéologie des médias.

À lire – Patrick Bouvet, Petite histoire du spectacle industriel, éd. de l’Olivier, 2017 – Sylvain Bourmeau, Bâtonnage, Stock, 2017.

 

â–º Ve 5 mai, de 20H à 23H, Apt : Soirée Cris poétiques, avec Sacha Steurer & Jean-Marie Gleize.

Lectures de Sacha Steurer et de Jean-Marie Gleize, avec une video-projection conçue et réalisée par Giney Ayme. Soirée présentée par Jean de Breyne et Florence Pazzottu. Un partenariat Vélo-Théâtre, l’Ollave et Alt(r)a Voce. Tarif unique 5 euros. Restauration sur place. Réservations au 04 90 04 85 25 ou velos@velotheatre.com. Le Vélo Théâtre Pépinière d’entreprises Route de Buoux 84400 Apt

Ci-dessous le visuel de Giney Aymé, extrait de L’Histoire de la poussière, livre d’artiste constitué uniquement d’originaux et de manuscrits. Ce vendredi, Giney Aymé va projeter une vidéo à l’aveugle, découvrant en même temps que le public la voix de Jean-Marie Gleize.

 â–º Jeudi 18 mai à 19H, François Matton à la Maison de la poésie Paris
François Matton – Exercices de poésie pratique
Rencontre avec l’auteur & lecture par Pierre Baux

« Votre existence manque cruellement de poésie. Ce n’est plus tenable, il est urgent de vous ressaisir. Pour cela, suivez le guide. » Avec ses délicieux Exercices de poésie pratique, François Matton déconcerte en proposant au lecteur de se prêter à de véritables expériences, minimes mais bouleversantes : par exemple retourner le sens ordinaire de la perception, se désidentifier de son corps, disparaître un instant, ronronner d’aise sans plus penser à rien, revenir à notre béatitude première, prendre un bain de présence et devenir l’océan. Avec la même distance amusée que dans ses précédents livres dessinés, il nous invite à « devenir le maître du monde, sa source enchantée, le poète des poètes ».
Le comédien Pierre Baux se fera pour l’occasion professeur-gourou et lira plusieurs de ces exercices de poésie pratique, que François Matton commentera en les reliant à sa pratique si singulière de l’observation et du dessin. Ne vous laissez pas faire : « il est plus que temps de reprendre place dans une vie poétique digne de votre excellence » !

À lire – François Matton, Exercices de poésie pratique, Editions POL, 2017.
À voir – Des aquarelles de François Matton réalisées durant une résidence à Québec seront exposées pendant le mois de mai à la Maison de la Poésie – Scène littéraire.

tarif : 5 € / adhérent : 0 €

â–º Les samedi 13 et dimanche 14 mai, Festival Ici poésie à Caen

 

19 février 2017

[News] News du dimanche

Ce soir, commençons par méditer en souriant avec une nouvelle page du Libr-carnet critique ; suivent nos riches Libr-brèves (Courtoux, revue RIP, soirées Messe’ grise et revue Muscle, Festival Théâtre des images à Bordeaux).

 

Libr-Carnet critique /Fabrice THUMEREL ; dessin de Joël HEIRMAN/

Il n’y a pas d’"affaire Fillon" : juste une saynète d’ « une pièce dont le titre est "La démocratie imaginaire" » – pour le dire à la façon d’Alain Badiou dans À la recherche du réel perdu. Une fois encore, le moralisme n’est évidemment pas un humanisme, mais une posture de dominant qui a tout de même failli fillonner nombre de Belles-Âmes de tous poils.

SYSTÈME.
Il fut un temps – pas si lointain – où il en fallait un à tout prix. Aujourd’hui, il faut être CONTRE-LE-SYSTÈME – et bien entendu le claironner pour se faire attribuer à bon compte le label de "subversif". CONTRE-LE-SYSTÈME au nom de l’Art, la Politique, etc. – bref, à coups de capitales… Ce capitalisme est un moralisme.

♦♦♦♦♦

Sur Facebook – dont la tartufferie est sans égale, le suppôt libéral-puritain n’hésitant pas à excommunier tout membre FBAïe pour la moindre poitrine affichée, fût-elle empruntée à une œuvre d’art -, j’ai reçu une demande d’ami de la part d’une "vraie fille", pas d’une "putain" – rien qu’une "sexy girl" en somme… Comme quoi l’éducation des filles n’est plus ce qu’elle était : elles ont oublié la plus élémentaire des prudences…
Ne sait-elle pas que je suis vieux, sale et méchant ? gras, sadique et pervers ?
Mais de toute façon, le commerce de la Maison étant prospère, l’affaire est close.

J’en dirai même plus…
Sans vouloir dévoiler des faits classés Secret-Défonce, ni sans vouloir vous rendre jaloux, j’avoue qu’en cette nouvelle année qui fait de moi ce qu’on appelle un homme-bien-mûr, huit jours ont suffi pour au moins égaler un quart de siècle de vie sexuelle : 22 propositions indécentes… On n’arrête pas le progrès : Facebook le Grand-méchant-Look !

 

Libr-brèves

â–º À découvrir : l’album de Sylvain COURTOUX, "À notre tour d’en sortir" !

â–º À découvrir : le n° 1 de la revue RIP – Revue critique et clinique de poésie (chronique complète de FT).

â–º MESSE³ GRISE – CELLULES DE DÉGRISEMENTS : collectif chôSe + invité.es / le samedi 25 février 2017 19H, au BUKTAPAKTOP, rue Simonis_Simonisstraat 20, 1050 BRUSSEL_BRUXELLES
Lectures, performances, vidéos

Avec :

Simon Allonneau
Oriane Amghar
Jeanne Bathilde
Mona Convert
Anne Destival
Mathilde Garcia-Sanz
Carole Louis
Benoît Toqué
Mélanie Yvon

+ vidéos
Clara Thomine
Laura Vazquez
Annabelle Verhaeghe

â–º Mercredi 1er mars 2017 : 20h00 : Soirée autour de la Revue Muscle à l’occasion de la sortie du numéro 14 qui réunit un auteur islandais : Eiríkur Örn Norðdahl et une auteure chinoise : Xiao Hanqiu.

Au programme, comme toujours avec Muscle, plusieurs formes courtes :
– Une lecture de Frédérique Soumagne – "autres avions"
– Une lecture vidéo de Eiríkur Örn Norðdahl
– Lecture de la traduction du texte par Arno Calleja et Laura Vazquez
– Une lecture vidéo de Xiao Hanqiu
– Lecture de la traduction du texte par la traductrice du texte : Yuhang Li
– Des lectures vidéo de Ben Lerner, Jason Héroux, Oscar Garcia Serra, et Tao Lin
– Lecture des traductions par Laura Vazquez et Arno Calleja

En présence de la Librairie Histoire de l’oeil

INFOS PRATIQUES
Tarif 3€ + adhésion
Ouverture du bar de 19:30 à minuit et restauration sur place de 19:30 à 23:00.
www.montevideo-marseille.com

â–º Du 7 au 9 mars 2017, Festival Théâtre des images à Bordeaux :

3 avril 2016

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche d’avril, de nouveaux RV intéressants en perspective : RV avec Jean-Michel Espitallier, Suzanne Doppelt ou encore Laura Vazquez… lancement de Cargo 2 (Paris) et de Muscle 9 (Marseille), Lecture chien à Paris, Lucie Taïeb à Marguerite Audoux… Et aussi CANON SCIÉ, Darras/Bianu…

 

â–º Les RV de Jean-Michel ESPITALLIER : • Mardi 5 avril, 18h30, La Machine à lire, Bordeaux (8, place du Parlement). Rencontre autour de ses deux derniers livres (France Romans et Tourner en rond : de l’art d’aborder les ronds-points).
• Mercredi 6 avril, 23h-minuit, France culture. Diffusion de sa nouvelle « création on air ». UN CITOYEN TRES ORDINAIRE (réflexion sur le crime de guerre et la banalité du mal).

â–º Mercredi 6 avril à 18H30 au Monte-en-l’air, lancement de Cargo #2.

 

â–º Mercredi 6 avril, 19H30, Les mercredis de Montévidéo #13 : à l’occasion de la sortie du n°9 de la revue MUSCLE, Vincent Tholomé et Maxime Hortense Pascal proposeront des lectures d’extraits de textes publiés dans la revue.

Vincent Tholomé : Auteur performeur belge, vivant en Belgique, mangeant et buvant belge, s’habillant chinois et pakistanais, se chaussant singapourien, parlant français à ses heures perdues, et écrivant, oui, en français aussi, et quelquefois en anglais, et quelquefois en wallon. En tant qu’auteur, on lui doit quelque chose comme 20 ouvrages mêlant fiction et poésie, oralité et écriture. Comme performeur, on l’aura vu et entendu en solo, duos, etc., dans pas mal de pays, ma foi (USA, Canada, Russie, Allemagne, France, Hongrie, etc.). Pour l’instant, il travaille sur 2 CD, 1 court-métrage et 2 nouveaux livres. On peut aussi entendre ici et là quelques-unes des pièces sonores réalisées avec des musiciens. Par exemple ici, avec le groupe Babils : https://soundcloud.com/user311730096/ugogobabilsvincenttholome

Maxime Hortense Pascal : Écrivain et poète. Vit dans le Sud de la France. Sa production couvre un spectre allant du poème au roman, du vers à des formes plus accidentées. Ses collaborations avec des chorégraphes, des musiciens et des artistes contemporains ( installations, arguments … ) éclairent son travail d’écriture et en approfondissent les marges.

INFOS PRATIQUES :
Montévidéo : 3, impasse Montévidéo à Marseille. Tarif unique 3€ + adhésion / Renseignements et réservations au 04.91.37.97.35.
Ouverture du bar de 19:30 à minuit et restauration sur place de 19:30 à 23:00.
www.montevideo-marseille.com
http://revuemuscle.tumblr.com/

â–º Vendredi 8 avril, à partir de 19H : Lecture chienNi laisse ni muselière ! La Mer gelée aboie le vendredi 8 avril 2016 à la librairie du cinéma MK2 Quai de Loire (7, quai de la Loire, Paris 19ème, M° Jaurès) autour d’un verre et de quelques croquettes… AVEC : Christophe Manon, François Athané, Alban Lefranc…

â–º Vendredi 8 avril à 19H, Bibliothèque Marguerite Audoux (10, rue Portefoin 75003) : Lucie Taïeb lira Safe – à ne pas manquer !

â–º Samedi 9 avril à la Petite Maison (8, rue Godefroy Cavaignac 75 011)

▬▬ CANON SCIÉ â–¬â–¬
Rap & Poésie // Concerts + OpenMic
Samedi 9 Avril à 19H30 – La Petite Maison
Entrée prix libre

"Le rap et la poésie-action sont faits de la même poudre.
Cette soirée pour les mettre dans le même chargeur,
la balle remonte dans la chambre,
mise à feu
les chiens hurlent / détonation /
on s’engouffre dans le canon, scié
Scié pour plus d’impact."

▬▬▬▬▬▬ CONCERTS ▬▬▬▬▬▬

/// MYOTONE (Paul Cirrus + Amosev) – Rap
Avant première leur premier E.P.
https://soundcloud.com/myotone/sibyl-orula

/// BENOIT TOQUÉ – Poétic à tocs.
Plus Hip-Hop que jamais.
https://www.youtube.com/watch?v=4R6SUyDxJFE

/// LAURA GAULARD QUEROL – Urbaine poésie
En balade.
http://lgqrl.net/

/// VLS CREW (Jofa + Spig + Sinya + Farka) – Kickers aiguisés
Prêts à en découdre.
https://www.youtube.com/watch?v=Z8J6-7Szfzo

/// MARIUS LORIS – Poésie-action
S’essouffle et toujours repart.
https://www.youtube.com/watch?v=hT7ii0T8UA8

/// DAISY CREAM – RnB futuriste / trappiste
Crème Royale, surprise totale.

/// LE GROS (Marius Loris + thomamiedaragon) -non bruitisme poésie sonore
Explore.
https://www.youtube.com/watch?v=jmnQ5KNHGA8

/// GIALLARHORN – Electro/Experimental/IDM/Ambiant/Rap
Sur mesure.
https://www.youtube.com/watch?v=FRu3OR0i7ss

/// MARIN – Rap/Râle/Poésie-à-pompe
Master of Ceremony.
https://www.youtube.com/watch?v=4UGqiuw0p-M

▬▬▬▬▬▬ OPENMIC ▬▬▬▬▬▬

Orchestré par Tonton des States
Viens poser.
https://soundcloud.com/tontondesstates/dilla-change-ma-ville

————————–————————–——————
/ 19H30-00H00
/ Entrée sur donation + bouteille d’eau
/ La Petite Maison – 8 rue Godefroy Cavaignac – Métro Voltaire
/ artwork by Michel

â–º Jeudi 14 avril à 19H30, Suzanne Doppelt, sur « la maison visionnée », lecture du travail en cours, dans le cadre de sa résidence. Maison de Victor Hugo, 6 place des Vosges 75004 Paris, standard : 01 42 72 10 16 / Inscription sur réservation : inga.walc-bezombes@paris.fr.

â–º Vendredi 15 avril à 19H, la Bibliothèque municipale de Lyon (2e arrondt) accueille Laura Vazquez.

____________________________

Bibliothèque municipale de Lyon

 

Bibliothèque du 2ème
13 rue de Condé
69002 Lyon 
 

â–º Deux poètes à la Librairie de Paris : rencontre lecture avec Jacques Darras et Zéno Bianu. Les deux poètes entrent dans la collection « Poésie/Gallimard » à l’occasion de son 50eanniversaire.

Mardi 19 avril 2016 à partir de 19 heures

Librairie de Paris
7-11 Place de Clichy – 75017 Paris
Métro Place Clichy

31 janvier 2016

[News] News du dimanche

Programme très chargé ce soir : Pleins feux sur Julien BLAINE, puis sur Frank SMITH ; Libr-brèves ensuite…

 

Pleins feux sur Julien BLAINE

â–º Exposition au Musée-Muséum de Gap, qui dure jusqu’à fin septembre 2016 : Une girafe dans la neige / Spermato Zoo

L’auteur y sera une fois par mois, et notamment :

• sam. 13/02/2016

• sam. 05/03/2016

â–º Du 20 janvier jusqu’au 31 mars : Body Body, exposition collective à la Plaque Tournante – Sonnevallee 99, Berlin.

En février  

â–º Le 3 à 19h00, à la galerie J.-F. Meyer à Marseille, finissage de l’exposition Daniel Van de Velde accompagné du chant de Julien Blaine dans une souche ombrée.       

â–º Le 6 à 15h00, la halle Saint-Pierre à Paris : un Cabaret Dada.                          

En mars

â–º Le Poema festival, du 11 au 13 mars 2016 au Centre  Culturel A. Malraux, scène nationale de Vandœuvre les Nancy.

â–º Les 18 & 19, autour des revues Invece et Mange-Monde à la Médiathèque de Perpignan, à la galerie 13 à Ille-sur-Têt…

En avril

â–º Du 8 au 13, à Tokyo et à Kamakura pour le 40e anniversaire du Doc(k)s spécial Japon, avec la complicité de la revue Delta

â–º À la galerie Jean-François Meyer à Marseille, du 15 avril à la fin du mois : L’huitre & La pomme de terre / Nous sommes dans la purée de 4 pommes de terre

En mai                                                                                                           

â–º Le 02 mai au foyer du théâtre municipal de Caen, présentation de La Poésie à outrance

â–º Le 03 mai : Café des images, Films et discussions sur La Poésie à outrance

â–º Le 04 mai : La Nouvelle Librairie Guillaume  autour des revues, avec André Chabin, Gilles Suzanne et Yannick Butel.

 

Pleins feux sur Frank Smith

Micro résidence du 4 au 11 février 2016 à Marseille (Alphabetville), en collaboration avec la Friche Belle de Mai, la librairie la Salle des machines, Montevideo, Radio Grenouille, La Marelle

Alphabetville développe depuis l’année 2013 un programme de résidences de courte durée, ou micro-résidences, avec des auteurs, critiques, chercheurs ou artistes invités. Ces micro-résidences développent une implication de l’invité sur le territoire, donnent accès pour le public à une meilleure connaissance de l’œuvre, et génèrent des créations à l’issue de ces expériences.

La première résidence de l’année 2016 s’ouvre avec Frank Smith, écrivain, poète et vidéaste.

Frank Smith a publié une douzaine de livres ainsi que de nombreux textes en revues et réalise des films ou « ciné-poésies ». Dernier ouvrage paru : Katrina, Isle de Jean Charles, Louisiane, éditions de l’Attente, juin 2015. Dernier film réalisé : Le Film des questions, janvier 2015, commande du centre Pompidou.

Il est aussi producteur-radio pour France Culture, où il a coordonné l’émission La poésie n’est pas une solution (2012) et co-dirigé le programme culte L’Atelier de création radiophonique, de 2001 à 2011.

Frank Smith est représenté par la Galerie Analix Forever, à Genève, et son travail a été présenté dans de nombreux festivals et centres d’art à travers le monde.

Avec Guantanamo, publié en 2010 au éditions du Seuil (Coll. « Fiction & Cie ») et en 2014 aux États-Unis (traduction de la poète conceptuelle Vanessa Place), sacré meilleur livre de poésie de l’année par The Huffington Post et nominé pour les PEN America Awards, Frank Smith inaugure, à partir de documents et d’archives, une série d’investigations poétiques en phase avec les conflits majeurs du monde contemporain.

Il mène actuellement l’écriture d’un essai d’investigations poétiques intitulé La table des opérations dans lequel est développée en particulier la notion de « co-errance », et prépare les fondations d’un ‘Bureau d’Investigations Poétiques‘.Ces investigations sont d’ailleurs en grande partie décrites dans son dernier livre Fonctions Bartleby (éditions Le Feu Sacré) par la figure du célèbre personnage de Melville. [Bibliographie, activités, actualités : http://www.franksmith.fr/]

Evénements publics

â–º Jeudi 4 février à 18h30 à la librairie la Salle des machines : Lecture d’extraits et présentation de Fonctions Bartleby de et par Frank Smith

« Je pose la question de la formule et je préférerais ne pas dire « je » mais dire au dehors du dehors. Je préférerais ne pas trancher sur le cas Bartleby car la résolution exclue toute question qui l’aura entrainée. Je préférerais ne pas dire « formule » mais « proposition », la proposition de Bartleby, — de même que je préférerais ne pas dire Bartleby mais « B. »

« Alors comment s’y prendre avec ça, sachant que les modes de circulation, de valorisation, d’appropriation de la formule de B. évoluent à chaque lecture et se modifient à l’intérieur ? Une lecture contemporaine de Bartleby, elle préférerait ne pas faire quoi, ne pas dire quoi ? »

Fonctions Bartleby, bref traité d’investigations poétiques, éditions le Feu sacré, 2015

Suivies d’un échange entre Frank Smith et l’écrivain Liliane Giraudon, animé par Colette Tron [La salle des Machines, Friche Belle de Mai, 41 rue Jobin, 13003 Marseille / Informations : 04.94.0496.23 / 04.95.04.95.95]

â–º Mercredi 10 février à 20h00 à Montevideo. Lecture de Katrina, Isle de Jean Charles, Louisiane de et par Frank Smith, augmentée d’une création sonore de Gilles Mardirossian (créé à Paris avec Théâtre Ouvert / Centre National des Dramaturgies contemporaines en novembre 2015). Isle de Jean Charles est une langue de terre située aux confins de la Louisiane. Cette île est la première victime d’une érosion côtière qui ronge la région depuis des siècles, décuplée par les effets des tempêtes et des ouragans qui balaient régulièrement le Golfe du Mexique. Avec elle, une communauté d’Indiens issus de trois tribus ― Biloxi, Chitamacha et Choctaw ― coule doucement. Pêcheurs de père en fils, les Indiens d’Isle de Jean Charles ont comme autre particularité de parler partiellement le français des Cajuns, descendants de Français chassés d’Acadie par les Anglais en 1755 et réfugiés en Louisiane.
On y va. On y passe, un jour…

Lecture suivie d’un échange avec Frank Smith animé par Colette Tron

Tarif : 3€ + adhésion / Renseignements et réservations au 04.91.37.97.35 / Montevideo, 3 impasse Montevideo, 13006 Marseille 

Rencontre professionnelle

« Les écrits du numérique »

Alphabetville, laboratoire des écritures multimédia, et La Marelle, villa des auteurs à la Friche Belle de Mai à Marseille, organisent une journée de réflexion et d’échanges dans le cadre du séminaire « Les écrits du numérique », le 8 février 2016 de 10h00 à 17h00. A l‘occasion de la résidence d’écriture numérique de Matthieu Duperrex, lauréat 2016, accueilli par La Marelle, et de celle de Frank Smith, écrivain accueilli par Alphabetville pour une micro-résidence, dont les temps de présence à Marseille s’entrecroisent, se déroulera une journée de présentation et d’échanges collectifs, à partir de leur création en cours.

Programmes radiophoniques

A écouter sur radio Grenouille 88.8 FM ou sur www.radiogrenouille.com. Deux programmes réalisés par Emmanuel Moreira.

Gaza, d’ici-là, entre le plomb et la langue : entretien avec Frank Smith à propos de Gaza, d’ici-là (éditions Al Dante), accompagné d’une lecture par l’auteur.

Jeudi 4 février à 22h30 et samedi 6 février à 12h00

L’atelier du regard – Frank Smith : avec We can make rain but no one came to ask, il porte son regard sur œuvre de Walid Raad issue de la collection du FRAC PACA

Dimanche 7 février à 10h00 et mercredi 10 février à 13h30 

Alphabetville

Friche Belle de Mai

41 rue Jobin

13003 Marseille

0495049623

alphabetville@orange.fr

www.alphabetville.org

Libr-brèves

â–º On découvrira le blog prometteur d’Anne Galzi, vAriaTion, et notamment sa méditation poétique à partir de plusieurs tableaux : "Un ange passe"

â–º Du 1er au 14 février, ne manquez pas la Bébée Princess d’AnnaO : 12,5 x 12,5, 20 p. – 65 € (Numéroté 1 à 7). Livre d’artiste présenté en exclusivité à la galerie Sophie… etc !, 2 rue Gambey Paris 11.

â–º JEUDI 04 FEVRIER 2016 @ Növo Local, Bordeaux : concert autour de l’improvisation avec

 
 – L’OCELLE MARE (Fr.) https://ocellemare.bandcamp.com/
– KRAUMS NOTHO (Bx)  https://soundcloud.com/kraums-notho
– et PONTEVIA/CHIESA/NASTORG (Bx/Tlse) https://soundcloud.com/mpontevia
 
infos sur les groupes :
 

 

  16 rue Jules Guesde (Place des capucins). 20h30. 5 euros.

 

 un concert de "les potagers natures" : 
 

â–º Jeudi 4 février, 18H-22H, à L’Amour (24, rue Molière à Bagnolet) : MESSE³ ROSE. Lectures et performances de Elitza Gueorguieva – Jeanne Bathilde – Chloé Masson – Mélanie Yvon – Jérémie Buldo – Benoît Toqué – Carole Louis – Nathanaël Ruiz de Infante – Sébastien Montéro – Élodie Petit – Jeanne Moulin.
♦ musique live
♦ Évangile : Matthias Puech / Luci1.0 /Lazy Terms
♦ projection de courts métrages : Ludovic Sauvage, Ethan Assouline, Sabrina Ratté, Nuno Patricio, Joe Hamilton, Laura Gozlan, Sybil Montet, Gregory Chatonsky.

Messe³ Rose =
chôSe est un collectif d’artistes basé à Paris – c’est la base, c’est sans prétention. Mais il est mobile, amovible, rétractable. Ils sont plusieurs. Engendré sous la pluie, sa gestation, on peut parler de sa gestation, on peut dire qu’il a écumé des planchers et fissuré des fondations. Les dimanches : chôSe est endimanché. Ils organisent des messes, des messes terribles, de toutes les couleurs : Messe³, + 1 couleur, on appelle ça comme ça. La première, ça a été une messe basse, noire : Messe³ Noire, elle a eu lieu sous terre, dans les catacombes. Une messe³ c’est un événement : il s’y passe des choses : chôSe fait des choses*. À chaque messe³, on invite des gens à venir faire des choses avec nous – chôSe est mobile, amovible, rétractable, et expansible aussi. Ensuite, chôSe [en fait chôSe à la base c’est un petit nom, comme un pseudo, c’est le diminutif de Chômage & Sexualité] travaille à partir des traces de sa messe³ : ça donne autre chose . Pour la première messe, la Messe³ Noire, ça a donné Messe Noire, une publication papier. Messe peut s’écrire sans « e ». Perhaps it’s messy = Peut-être ça fait désordre. He made a mess in the mess = Il a mis le désordre au mess = à la cantine militaire, ou bien, He made a mess in the mess = il a mis la pagaille dans le désordre. En anglais, mess a aussi l’avantage de pouvoir être un verbe, comme par exemple dans la phrase You’ve messed up my beautiful carpe = Vous avez foiré ma belle carpe. Pardon, faute de frappe : my carpet. Mon beau tapis, vous l’avez souillé. Parce que to mess veut aussi dire souiller, que c’est ça que ça veut dire dans You’ve messed my beautiful carpet – puisque « foirer un tapis », dans un contexte type arts décoratifs, ça marche, mais là. Bon. Pour notre prochaine publication publique : notre prochaine messe³, on aimerait que chôSe sorte de terre, des dessous, et qu’il crève L’Amour : ce serait une Messe³ Rose.

* une chose est : une performance, une action, une installation, un poème sonore, un acte, une conférence performance, une lecture publique, un vrai-faux happening, un poème graphique, une action furtive, un poème action, un powerpoint, un event dans l’event, un reenactment, un texte transgenres, une chanson, une lecture performée, un contre event, un texte exposé, une chanson, une projection vidéo, un poème acousmatique, un geste, une installation performance, un geste, une parole en l’air – une chose est une chose est une chose on n’est pas clivés.

 

17 janvier 2016

[News] News du dimanche

Vos RV de la semaine : rencontre à l’ENSA avec Torlini, Vazquez, Manon et Savitzkaya ; avec Blaine à Lyon ; pour la présentation du dernier numéro de Nioques à la Librairie Tschann (Paris).

 

â–º CHANTIER(S) POETIQUE(S). Rencontre avec Yannick Torlini, Laura Vazquez, Christophe Manon et Eugène Savitzkaya : jeudi 21 janvier à 18h30 à l’ENSA de Bourges.

Ciclic, sur une proposition des éditions Al Dante, invite 5 jeunes poètes à partager leurs travaux et questionnements littéraires, au sein de son Labo de création. Entre novembre 2015 et avril 2016, ils investissent le site livre de Ciclic, pour y déployer leur espace de création et de réflexion.

4 (+ 1) rendez-vous publics, en partenariat avec la médiathèque et l’Ensa, viennent jalonner ce chantier, où chaque poète invite un auteur "aîné". Pour la deuxième soirée, jeudi 21 janvier 2016, Yannick Torlini et Laura Vazquez invitent Christophe Manon et Eugène Savitzkaya, pour un temps de lectures et d’échanges.

Une présentation des auteurs et de la rencontre, par Laurent Cauwet : Lettre 3# – Ouvrir à la parole, au corps de la parole 

Cette soirée en deux parties, qui s’inscrit dans le projet de l’Ensa En lisant en écrivant, prendra tout d’abord la forme d’une interview de Yannick Torlini et Laura Vazquez, en public et en direct sur RadioRadio. Yannick et Laura liront des extraits de leurs œuvres et répondront aux questions des étudiants.

Dans un second temps, ces derniers présenteront leurs invités.
Laura Vazquez a choisi de convier l’écrivain belge Eugène Savitzkaya, dont l’œuvre, parmi les plus importantes aujourd’hui, compte plus de quarante ouvrages, publiés aux éditions de Minuit et chez de nombreux éditeurs indépendants. Il a fait paraître cette année deux livres, l’un de poésie A la cyprine, l’autre romanesque (et assurément l’un des livres qui ont marqué l’année 2015), Fraudeur.
Yannick Torlini invite Christophe Manon. Auteur d’une œuvre poétique parue chez des éditeurs tels que Nous, Le Dernier Télégramme ou Léo Scheer, il a publié aux éditions verdier, en septembre 2015 le très remarqué Extrêmes et lumineux, un roman récompensé par le prix Révélation de la SGDL.

â–º Jeudi 21 janvier à 19H, Le Bal des Ardents à Lyon (17, rue Neuve) : rencontre avec Julien BLAINE, première d’une série consacrée aux revues.

â–º Jeudi 21 janvier 2016 à 19h30, Librarie Tschann : Présentation du Nioques n°15 et lectures/conférence. Avec Amandine André, Philippe Blaizot, Stéphanie Eligert, Jean-Marie Gleize, Julieta Hanono, Virginie Lalucq & Elodie Petit (et Benoît Toqué).

Au sommaire de ce numéro : Caroline Zekri, Nicolas Tardy, Frank Smith, Sacha Niemand, Stéphanie Éligert, Noémie Lothe, Hubert Renard, Claire Guezengar, Guillaume Basquin, Philippe Blaizeau, Franck Fontaine, Elodie Petit, Julieta Hanono, Reinhard Priessnitz traduit par Christian Prigent, Meda Ruian, Bruno Fern, Justin Delareux, Mathias Richard, Marina Bellefaye, Amandine André et Dominique Quélen.

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